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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 23:18


Le 3 avril 2008, nous avions consacré un article à la RGPP. Récemment, un de nos fidèles lecteurs, notre collègue « Pierrot » nous a signalé la sortie du « premier rapport d’étape » de la RGPP. L’occasion, pour nous, de faire le point et d’apporter les clés nécessaires à une meilleure compréhension de cette politique.

 

 

RGPP, pour "révision générale des politiques publiques", processus lancé par Nicolas Sarkozy en juillet 2007.

Il s'agit de redessiner l'organisation de l'administration de l'Etat, dans le seul et unique but de permettre le non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Les justifications avancées sont souvent différentes, s'attachant à l'intérêt général, mais la réalité est bien sûr autre : seules les considérations financières servent de critères à la mise en place de cette RGPP.


Il s'agit par exemple de revoir totalement l'administration de l'Etat dans les territoires, en fermant bon nombre de sous-préfectures, et en réduisant à peau de chagrin les administrations au niveau du département, telles la DDASS, ou la DDE par exemple. Résultat, une perte de proximité, de capacité d'accueil du public, et des territoires ruraux plus encore désertifiés.

Concernant les services de soins, la RGPP vise à renforcer l’efficacité des politiques de santé, ce qui se traduit par la fermeture d’hôpitaux de proximité, dans nos petites villes.

 

Même chose pour les petits collèges, la moitié des bureaux de poste, les lignes de chemin de fer "les moins rentables", les 2/3 des casernes militaires sur le territoire, et la plupart de nos consulats en Europe.

Le 10 juillet 2007, le Premier Ministre lançait le chantier de la 
"révision générale des politiques publiques". Voici ce qu'en disait Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique :

"La recherche de la performance de l’État a conduit de nombreux pays de l’OCDE à réviser leurs politiques publiques, un exercice qui a déjà permis à des Etats comme le Canada de réduire de façon drastique leur déficit, tout en jetant les bases d’une croissance durable.

En France, nous allons conduire une révision des politiques publiques suivant trois exigences : celle de la qualité du service rendu au regard des besoins des usagers, celle de l’intérêt des fonctionnaires et enfin celle d’une rationalisation de la dépense publique.

Pour répondre à ces trois aspirations, nous allons examiner sans réserve et sans tabou l’intégralité des missions exercées par l’Etat et les moyens qui y sont alloués.  Cet inventaire des politiques publiques va permette d’éclairer les choix qui seront faits pour réorganiser les politiques publiques et tenir les engagements budgétaires de la France".

 
En 2008, ministres et conseillers ne parlent pas de rigueur mais de RGPP pour justifier les efforts budgétaires.

Les annonces de mesures se multiplient : 91 en décembre 2007, 166 en avril 2008 et une centaine en juin dernier, nous en sommes actuellement à 374. Cette avalanche ne constitue pas en soi une politique cohérente. Elle n'a pour but que de noyer le citoyen sous l'accessoire.

 

La RGPP s'intéresse aussi, de très près, à l'Education nationale. Dans son « premier rapport d’étape » rendu public à l’issue du Conseil des ministres du 3 décembre dernier, « six mesures remplissent toutes les conditions d’un avancement satisfaisant ».

 

Ø  Nouvelle organisation du temps scolaire au primaire

Ø  Nouveaux programmes de l’école primaire

Ø  Stages de remise à niveau en CM1et CM2

Ø  Mise en place d’une évaluation en CE1 et CM2

Ø  Mise en place des établissements publics d’enseignement primaire (EPEP)

Ø  Mobilisation des enseignants spécialisés

   

On peut se demander ce que vient faire ce catalogue de mesures dans un document concernant la RGPP ?

Seule la création d’EPEP correspond aux critères de la RGPP. Le reste (mise en place de nouveaux programmes, évaluations CE1 et CM2, stages de remise à niveau…) n’est qu’un catalogue de réformes telles qu’en connaît régulièrement l’école.

 

Mais ne manque-t-il pas quelque chose dans ce catalogue ? A y regarder de plus près, on ne voit rien qui fasse allusion aux suppressions de postes. Simple oubli ? Ou volonté de ne pas effrayer les usagers de l'école ?

Bizarre, quand on sait que le seul et unique objectif de la RGPP est de répondre aux exigences de Bruxelles. Et pour atteindre cet objectif, le moyen le plus efficace trouvé par le gouvernement consiste à réduire le nombre de fonctionnaires d'Etat (9 500 policiers et gendarmes dans la Sécurité Publique et 12 000 agents dans l'Education nationale).

 

Les principales mesures de la RGPP ne figurent pas dans le rapport d’étape publié à l’issue du conseil des ministres du 3 décembre. Il s’agit des milliers de suppressions de postes d’enseignants. Mais aussi la « sédentarisation » des RASED, les récupérations de budgets alloués aux associations « amies » de l’Education nationale (OCCE, USEP…). On y ajoutera la suppression annoncée de centaines de petits collèges ruraux… Pourtant, l’essentiel de la RGPP est là ! Seulement, voilà : Le sujet est sensible. Beaucoup plus que dans tout autre ministère car le nombre d’agents touchés est nettement plus important.

 
Pendant ce temps, aucune réflexion n'est menée sur les conséquences de la décentralisation. Rappelons l'augmentation des dépenses des collectivités territoriales : 6,5 % en 2006 et encore 6,9 % en 2007. Les dépenses des collectivités atteignent 209 milliards d'euros contre 270 milliards pour l'Etat...


Chaque année, le nombre de fonctionnaires territoriaux augmente et l'on sait bien que les dérives sont là. Mais il semble plus facile de tailler dans la fonction publique d'Etat que de s'attaquer aux baronnies locales...

Dommage pour le service public, dommage pour nos territoires de campagne, dommage pour les usagers.

 

A bien lire le « premier rapport d’étape », on comprend que les mots sont choisis et la présentation soignée pour ne pas effrayer les citoyens. Curieusement, les mesures les plus importantes sont toujours annoncées en fin de paragraphe, comme si elles étaient secondaires…

 

Exemple 1 : l’essentiel est en fin de paragraphe

 

« Organisées autour de six axes de modernisation, ces décisions redéfinissent les missions de l’Etat, autour d’une véritable priorité pour chaque ministère, comme le développement durable pour le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire ou l’influence de la France pour le ministère des Affaires étrangères et européennes.

Ces décisions améliorent l’utilisation des moyens de l’Etat sur le territoire, pour les concentrer sur les missions opérationnelles, plutôt que sur la gestion des services eux-mêmes. Elles renforcent le service aux usagers, par le développement de guichets uniques et le recours à Internet.

Elles assouplissent et personnalisent la gestion des ressources humaines au sein de l’État, en promouvant une mobilité accrue des fonctionnaires, des carrières plus intéressantes et une meilleure reconnaissance du mérite.

Les décisions de la RGPP vont générer dès 2009 un gain de 30 600 « équivalents temps plein ». Ces décisions structurent le projet de loi de programmation des finances publiques

2009-2011 et permettent ainsi de réaliser 7,7 milliards d’euros d’économies ».

 

Exemple 2 : l’objectif n° 1 de la RGPP est classé 6ème et dernier

 

Ø  Adapter les missions de l’Etat aux défis du XXI ème siècle

Ø  Améliorer les services pour les citoyens et les entreprises

Ø  Moderniser et simplifier l’Etat dans son organisation et ses processus

Ø  Valoriser le travail et le parcours des agents

Ø  Responsabiliser par la culture des résultats

Ø  Rétablir l’équilibre des comptes publics et garantir le bon usage de chaque euro

 

Et encore mieux : le sens des mots a son importance

Ainsi, dans la phrase énoncée ci-dessus : «Les décisions de la RGPP vont générer dès 2009 un gain de 30 600 « équivalents temps plein ».

Autrement dit, les suppressions de postes (par milliers) vont « générer un gain » de postes ! Ou l’art de transformer une perte en gain !

 

On le voit, le « premier rapport d’étape » nous offre un visage souriant de la RGPP. Mais le miroir est trompeur : en réalité, le vrai visage est masqué.

« Un dispositif d’exception pour la RGPP : la transparence sur chaque décision », précise le communiqué de presse.

Transparence ou rideau de fumée… ?

 

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 12:50


Résultats nationaux des élections professionnelles 2008 - CAPN


Syndicats

%

Evolution

Sièges

 

 

2005-2008

 

 

 

 

 

SNUIPP - FSU

47,05%

+ 2,00

          6 (+ 1)

SE-UNSA

22,95%

- 1,61

3

SNUDI-FO

7,81%

+ 0,02

1

SGEN-CFDT

7,42%

- 0,32

         0 (- 1)

SUD EDUCATION

6,39%

+ 0,90

0

SNE - CSEN

2,59%

- 1,08

0

UNSEN - CGT

2,33%

+ 0,31

0

avenir écoles (CGC)

1,38%

- 0,39

0

SCENRAC - CFTC

1,34%

+ 0,25

0

SNEP - SNCL (FAEN)

0,75%

- 0,06

0

 
 

Les élections professionnelles des enseignants se sont déroulées dans le climat fortement marqué par la politique gouvernementale. La concentration des attaques contre l’Ecole et ses enseignants (ou ressenties comme telles) aura incontestablement marqué ce scrutin.

 

 

Un camouflet pour le ministre

 

 

L’analyse des résultats nous fournit plusieurs indications :

 

1 – Participation en hausse

 

Ce scrutin est marqué par une participation en hausse alors qu’elle ne cessait de s’effriter dans les scrutins précédents. Les enseignants ont ainsi opposé un démenti cinglant aux allégations de M. Darcos mettant en doute le caractère représentatif des organisations syndicales.

 

Dans le premier degré, le taux de participation est de 62,8 %, soit par rapport à 2005 une augmentation de 2 points (60,7 % de participation en 2005).

"Cette bonne participation aux élections témoigne de la forte représentativité des organisations syndicales enseignantes, ce dont se félicite le ministre de l’Éducation nationale", souligne Xavier Darcos.

Rappelons cependant les propos tenus sur RTL par  X. Darcos le 20 novembre : " Il y a une résistance des appareils qui n’est pas celle des professeurs. Les professeurs méritent mieux que d’avoir des syndicats dont la fonction principale est d’organiser la résistance au changement". (Relire notre article).

 

 

2 – Progression des syndicats « protestataires »

 

Dans notre article du 22 novembre, nous écrivions : « Toutes les organisations syndicales ont appelé à la grève. Pourtant, toutes n’en retireront pas le même bénéfice. Indéniablement, une prime sera accordée aux syndicats les plus importants. Et parmi eux, ceux qui disposent de moyens conséquents et donc d’une meilleure visibilité médiatique.

En effet, qui a-t-on essentiellement « vu » dans les journaux télévisés ? Les dirigeants des principaux syndicats enseignants, en particulier le « chouchou » des médias, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Il y a fort à parier que le SNUipp en tirera davantage profit que ses concurrents ».

 

Le fossé profond creusé par le ministre entre lui et les enseignants des écoles a poussé ces derniers à lui manifester une nette désapprobation des méthodes utilisées et des réformes entreprises.

Le message est clair : les enseignants ont avant tout voulu signifier au ministre leur exaspération devant l’accumulation de réformes imposées sans concertation ni explication probante : semaine des 4 jours, 108 heures, stages de remise à niveau, aide personnalisée, EPEP… Mais ce qui a le plus cristallisé la colère des enseignants, c’est probablement les milliers de postes supprimés année après année, l’impression que la maternelle allait être sacrifiée et la suppression programmée des RASED… Le tout, pour des raisons plus comptables que pédagogiques.

 

Au SE-Unsa, le bilan est quelque peu entaché de déception. Le syndicat ne récolte pas les fruits de sa volonté « réformiste ».

« Cette situation ne pouvait que créer un terrain électoral difficile pour le syndicalisme réformiste incarné par le SE-UNSA qui avait refusé de dissocier opposition et proposition. Elle favorisait à contrario et le vote radical, et le vote « légitimiste » pour le syndicat déjà le plus représentatif ».

 

C’est ce qu’ont traduit les résultats de l’élection à la CAPN des enseignants des écoles où le SE-UNSA, s’il maintient ses 3 sièges, enregistre une érosion de 1,6 point, le SGEN-CFDT disparait de la commission nationale, tandis que SUD et le SNUIPP progressent logiquement.

 

Au SNUipp, on jubile : « le SNUipp recueille 2% de voix supplémentaires. Il poursuit ainsi de façon continue la progression entamée depuis sa création en 1992. Il devient le premier syndicat dans 12 nouveaux départements.

Ce vote des personnels confie au SNUipp une grande responsabilité pour l’avenir de l’école, des élèves et des enseignants. Les enseignants des écoles ont renforcé ainsi leur confiance dans la capacité du SNUipp à défendre au quotidien l’Ecole et ses personnels, à se mobiliser et à mettre en œuvre une stratégie syndicale qui sait être offensive et force de propositions ».

 

 

Quelles conséquences ?

 

Comme tout politique touché par un désaveu important, le ministre affirme qu’il continuera ses réformes car l’école en a besoin. Néanmoins, comme nous l’avons écrit le 26 novembre, le ministre est durablement affaibli par la grève du 20 novembre, la mise en cause du SMA, la fronde des maires au 91e congrès de l'Association des maires de France (AMF) et maintenant par les résultats des élections professionnelles.
 

Il a déjà présenté des excuses pour ses propos sur les maternelles, donné des gages sur l’avenir des RASED, tenu des propos élogieux sur la représentativité des syndicats et accepté de les rencontrer pour renouer le dialogue…

La prochaine étape se traduira vraisemblablement par une « pause » dans des réformes qui étaient annoncées comme urgentes. C’est probablement le sort que subira la proposition de loi sur la création des EPEP prévue pour être présentée au Parlement en janvier prochain. Le SNUipp ne manquera pas de rappeler à X. Darcos son hostilité à la création d’un statut de directeur.

Le ministre hésitera certainement, pendant quelque temps, à braver une organisation syndicale récemment auréolée d’une victoire aux élections professionnelles…

 

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 10:07


Le 3 décembre, le budget de l’Education nationale était en discussion devant le Sénat. A cette occasion, les questions de sénateurs ont permis au ministre de préciser sa pensée sur divers sujets. Nous avons retenu quelques-uns d’entre eux qui intéressent particulièrement les enseignants.

 

 

RPI et EPEP

Petites écoles primaire en zone rurale

 

M. Gilbert Barbier (Sénateur du Jura RDSE).  - Pour conserver les petites structures menacées par la démographie, on a créé des regroupements pédagogiques intercommunaux, chaque école accueillant les élèves de plusieurs communes par niveau pédagogique.

 

L'émiettement des petites structures présente des inconvénients. Ainsi, les enfants doivent souvent prendre le car quatre fois par jour : le matin pour se rendre à l'école, le soir pour rentrer chez eux, à midi pour l'aller-retour à la cantine. S'ajoute le changement déstabilisant d'école à chaque nouvelle classe. En outre, les maîtres d'un même cycle sont privés d'échanges avec leurs collègues, alors que le partage d'informations est particulièrement utile aux jeunes enseignants. Enfin, la dispersion fait obstacle aux activités collectives, notamment sportives ou artistiques.

 

L'État semble vouloir aujourd'hui concentrer l'offre éducative dans des établissements publics d'enseignement primaire, qui devraient favoriser la gestion mutualisée des moyens dévolus aux écoles maternelles et élémentaires, mais les décrets d'application ne sont toujours pas publiés. Une proposition de loi déposée à l'Assemblée nationale comporte des critères totalement irréalistes dans des secteurs très ruraux, où il faudrait au moins trois RPI pour créer un établissement public d'enseignement primaire d'une quinzaine de classes !

 

Farouchement à attachés aux liens entre communes et écoles publiques, les maires sont hostiles à cette orientation. Pourquoi abandonner les formes consensuelles de regroupement ?

 

Ériger l'école publique en établissement public autonome compliquerait les prises de décision et gênerait la maîtrise des dépenses par les maires.

 

D'autre part, quelles seront les conséquences de ce projet sur la carte scolaire ? Je souhaite que la création de ces établissements publics soit exclusivement fondée sur le volontariat.

Pouvez-vous nous préciser vos intentions ?

 

 

M. Xavier Darcos, ministre.  - En ce qui concerne les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) dans les zones rurales, par lesquels des petites communes peuvent s'associer pour regrouper leurs élèves par classes de niveaux, les inconvénients que vous mentionnez ne sont pas négligeables : il est vrai qu'il n'est pas très bon pour des enfants en bas âge de changer souvent d'environnement, de professeurs, et parfois d'amis. Mais il y aurait aussi beaucoup d'inconvénients à laisser ces enfants dans de petites classes isolées.

L'opportunité de créer un RPI doit être laissée à l'appréciation des élus. Vous avez évoqué la structure existant dans le nord du pays dolois ; je me souviens moi-même de sa mise en place au début des années 1990, lorsque j'étais inspecteur d'académie. Je crois que ce genre de regroupement est dans l'intérêt des collectivités, mais je n'ai pas de doctrine fixée sur la question.

 

Pour ce qui est des établissements publics du premier degré, il est vrai qu'une réforme est depuis longtemps dans nos cartons, et nous déposerons probablement un projet de loi visant à améliorer ce dispositif. Celui-ci est plutôt destiné au milieu urbain qu'au milieu rural : il est beaucoup plus pertinent de regrouper toutes les écoles d'une ville de 35 ou 40 000 habitants autour d'un établissement public, dirigé par un directeur unique, interlocuteur direct du maire, que de regrouper des écoles éparpillées dans les campagnes, où les structures intercommunales suffisent.

 

Nous n'imposerons évidemment pas cette solution. Mais je suis persuadé que l'augmentation du nombre d'établissements publics est une bonne idée, qu'elle permettra de mutualiser les moyens, de doter enfin les écoles primaires d'une structure comptable - vous savez qu'aujourd'hui, pour acheter un timbre, il faut s'adresser à la caisse des écoles... - et de mieux gérer le recours aux intervenants extérieurs. Le directeur sera un enseignant. Je pense qu'il s'agit d'un dispositif très utile, mais il n'est pas question de le généraliser : on créera des établissements publics là où on en aura besoin.

 

 

RASED

Avenir des Rased

 

Mme Françoise Cartron (Sénatrice de la Gironde PS).  - Je souhaite revenir sur un sujet qui nous a déjà beaucoup occupés : la suppression des Rased. Vous avez pu constater l'inquiétude et l'incompréhension des parents et des enseignants à l'annonce de cette mesure. Celle-ci ne semble avoir pour objectif que de compenser la diminution des effectifs.

 

Jusqu'ici les Rased donnaient pleine satisfaction : ils jouaient un rôle très important auprès des élèves en difficulté. Avant de les supprimer, on aurait au moins dû procéder à une évaluation du dispositif, et engager une concertation avec les personnes concernées !

 

Certes, vous avez instauré des heures de soutien personnalisé. Mais je suis désolée de le dire : ce n'est pas la même chose ! A l'origine, telles que vous nous les aviez présentées, les heures de soutien étaient censées répondre à des besoins ponctuels des élèves, des interrogations sur tel ou tel point du programme. Mais le dispositif est dévoyé : en Gironde par exemple, dans ma commune, les heures de soutien sont fixées entre midi et deux heures !

 

M. Xavier Darcos, ministre.  - Ce n'est pas souhaitable.

 

Mme Françoise Cartron.  - Je suis bien d'accord. Pendant la pause du déjeuner, à l'heure où les élèves ont besoin de se ressourcer, comment ce soutien scolaire pourrait-il porter ces fruits ?

Ma question touche donc à un sujet plus général que la suppression des Rased : quelle est la cohérence de votre politique en matière de la lutte contre l'échec scolaire ? Vous remplacez un dispositif qui fonctionne bien par un autre dont les modalités d'applications sont floues. (Marques d'impatience à droite)

 

Après la suppression des maîtres E et G, les 8 000 emplois de Rased restants sont-ils condamnés à disparaître ?

 

Mme Françoise Cartron.  - Que proposerez-vous à ces milliers d'enseignants spécialisés que vous utilisez pour combler les coupes sombres effectuées dans les effectifs de l'éducation nationale, et comment comptez-vous tirer parti de leur savoir-faire ? (Applaudissements à gauche)

 

M. Xavier Darcos, ministre.  - J'ai déjà répondu plusieurs fois, mais je veux bien recommencer : ter repetita placent ! Toute la politique conduite à l'école primaire vise à lutter contre l'échec scolaire, par une meilleure organisation des programmes, l'instauration d'heures de soutien, une campagne éducative dans les zones d'éducation prioritaire, des évaluations, l'amélioration du management des inspections. Nous sommes partis du constat que 15 % des élèves arrivent en sixième avec de grandes difficultés scolaires. Un fils d'ouvrier a sept fois plus de chances de ne pas savoir lire à l'âge de 10 ans qu'un fils de cadre ! C'est bien beau de dire que l'école républicaine fonctionnait parfaitement jusqu'à mon arrivée, mais est-ce cela, la République ? (Protestations à gauche, marques d'approbation à droite)

 

Avec 380 000 professeurs du premier degré et 12 000 membres des Rased, ce n'est pas parce que nous décidons d'affecter certains de ces derniers là où l'on a le plus besoin d'eux que les difficultés vont exploser et que nous abandonnons la lutte contre l'échec scolaire ! C'est une vue de l'esprit ! (Mêmes mouvements) Je comprends que cette réforme agace et gêne, mais j'en ai vu d'autres ! Je persiste à penser que l'échec scolaire doit être traité globalement, non par des personnels spécialisés, mais par l'ensemble des enseignants et des intervenants : c'est ma doctrine de fond. Je reconnais qu'elle n'est pas facile à vendre ! Mais je la défends de bonne foi. Je n'ai pas voulu cette réforme parce que je serais à 3 000 postes près !

 

Mme Christiane Demontès (Sénatrice du Rhône PS).  - Trop, c'est trop !

 

M. Yannick Bodin (Sénateur de la Seine-et-Marne PS).  - Le taux d'encadrement des élèves va chuter !

 

M. Xavier Darcos, ministre.  - Vous m'avez déjà dit la même chose l'année dernière, mais vous verrez : à la rentrée 2009, le taux d'encadrement sera le même. Nous réduirons les effectifs en ne renouvelant pas certains emplois, sans que cela affecte le face-à-face des enseignants et des élèves.

Je reconnais, madame Cartron, qu'il n'est pas bon que les heures de soutien aient lieu pendant la pause méridienne. Nous sommes encore dans une phase d'adaptation, mais après un an les choses iront mieux. Je fais confiance aux enseignants. Cette mesure peut d'ailleurs être appliquée différemment selon les lieux : je reviens de Normandie où les deux heures de soutien sont réparties entre le lundi et le jeudi en fin de journée, et tout se passe très bien.

 

Je le répète : la première mission de l'école primaire est de lutter contre l'échec scolaire.

 

 

Ecole maternelle

Xavier Darcos s'excuse

 

Xavier Darcos a présenté ses excuses lors du débat sur le budget de l'éducation nationale au Sénat. "L'école maternelle est une véritable école, qui accueille la totalité des enfants de 3 ans : c'est bien pourquoi nous l'avons dotée d'un vrai programme d'enseignement ! Quand j'ai dit, en réponse à une question sur la scolarisation des enfants dès 18 mois, qu'il ne fallait pas confondre le métier d'enseignant à la maternelle avec celui de puéricultrice, certains y ont vu une remise en cause des maîtres de maternelle ; mais telle n'était pas du tout mon intention, et si je les ai blessés, je m'en excuse auprès d'eux !"

 

Le 3 juillet 2008, il avait déclaré en commission au Sénat : "Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?"

 

Le 3 décembre, à propos de la scolarisation à deux ans, en réponse au sénateur PS Jean-Luc Fichet, Xavier Darcos a annoncé son intention de geler la situation. "La scolarisation des tous petits pose deux types de questions. D'abord, est-elle utile à l'enfant et permet-elle d'améliorer les résultats scolaires ? Je n'ai pas d'avis définitif sur le sujet car les multiples controverses n'ont pas permis de trancher le débat. En revanche, l'école maternelle a ses programmes et ses ambitions et la scolarisation des tous petits risquerait de modifier la nature même de cette école. En second lieu, que faut-il faire pour les enfants de 18 mois à 3 ans ?..." Dans l'attente de solutions collectives pour l'accueil des plus petits, le statu quo prévaudra… Il se situe ainsi en retrait par rapport au rapport Papon demandant la suppression de la scolarisation à deux ans. Saura-t-il pour autant résister à la tentation d'utiliser les crédits de celle-ci pour d'autres taches ?

 


Les IEN s'interrogent

 

La suppression des Rased, les débats sur la maternelle…, tout cela crée des tensions qui interrogent les inspecteurs de l'éducation nationale (IEN). Venues des régions, plusieurs déclarations témoignent de l'ambiance morose chez ce corps chargé en première ligne de faire appliquer les décisions du ministre.

 

Ainsi des inspecteurs du Nord expliquent que "les crispations du terrain sont très fortes, les IEN sont parfois des cibles privilégiées et faciles… En ce qui concerne le service d’accueil en cas de grève, les IEN souhaitent rester dans l’application du Texte et ne pas être amenés à interroger les maires".

Dans le Val d'Oise, les inspecteurs estiment que "au-delà de la suppression des Rased, la compréhension globale de la politique éducative est actuellement problématique : mise en place des EPEP, suppression des IUFM et de la formation initiale, interrogations sur la formation continue, devenir de la scolarisation des enfants de deux ans, évolution du système de remplacements, perspectives pour l’éducation prioritaire, …  L’absence de lisibilité globale génère une légitime inquiétude chez les enseignants, inquiétude qui compromet la sérénité nécessaire à la qualité des apprentissages. En outre, la multiplication des indemnités et des primes alimente une logique de division des personnels incompatible avec le travail d’équipe dont l’école a impérieusement besoin pour assurer la cohérence des parcours scolaires".

 

Elections professionnelles

Selon les premières informations, la participation serait en hausse par rapport à 2005… Résultats vendredi 5 décembre.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 09:21

 

 

RASED

Mercredi 3 décembre, la pétition qui recueille plus de 200 000 signatures sera remise au ministère. Les organisations signataires appellent les enseignants franciliens à se réunir devant le Sénat à 9heures à l'occasion du vote du budget. Le Snuipp organisera des rassemblements dans les départements.

 

A Paris c'est un mouvement collectif de désobéissance qui apparaît. Les sections parisiennes du Snuipp, de Sud, de la Cgt et de CNT appellent les enseignants à généraliser la suspension de l'aide personnalisée en solidarité avec les Rased (des dispositifs d'aide spécialisée supprimés partiellement à la rentrée 2009).

 

Le SMA  en examen…

"Je m’étonne donc que le Président de la République cède à cette facilité consistant à stigmatiser Paris faute de reconnaître la dimension improvisée et potentiellement dangereuse de ce texte de loi". Bertrand Delanoë répond aux propos de N Sarkozy sur le service minimum d'accueil (SMA). Il rappelle que "le congrès des Maires de France réuni depuis deux jours, a fait apparaître de manière évidente les difficultés rencontrées par toutes les communes françaises, quelles que soient leur taille et leur tendance politique, pour mettre en œuvre le SMA". Xavier Darcos a d'ailleurs annoncé qu'il recevra mardi 2 Jacques Pélissard, président de l'Association des maires de France.

 

Les syndicats reçus par Darcos

"Le climat est en train de changer" dit-on rue de Grenelle. "A partir de la semaine prochaine, nous recommençons les discussions syndicales sur tous les sujets, il n'y a pas de sujet tabou" a déclaré Xavier Darcos lors du Salon de l'éducation. Après le succès de la manifestation du 20 novembre, les syndicats du primaire lui avaient envoyé un "préavis" de 5 jours.

 

Les associations complémentaires reçues par Darcos

Lors de l’inauguration du Salon Européen de l'Education ce vendredi matin 28 novembre 2008, le Ministre de l'Education nationale, Monsieur Xavier Darcos, a rencontré les responsables nationaux des Associations éducatives complémentaires de l'Enseignement public. Il s'est engagé à les faire recevoir dans les meilleurs délais « afin de répondre à leurs attentes, renouer le dialogue, et trouver ainsi des solutions garantissant le développement des activités des associations éducatives, indispensables à des millions d'enfants et de jeunes ».

Les associations éducatives prennent acte de cette affirmation du Ministre.

Le 6 octobre les associations complémentaires, comme les Cemea, la Foeven, les Francas, la JPA, la Ligue de l'enseignement, l'OCCE, avaient reçu un courrier annonçant une coupe d'un quart de leur subvention et la suppression du financement de nombreux postes : 350 dès l'an prochain.

 

Les élections professionnelles

A quoi servent les syndicats enseignants ? La réponse pourrait être donnée le 2 décembre à l'occasion des élections des représentants des enseignants dans les commissions administratives paritaires.

Deux points seront particulièrement à observer.

 

Le premier c'est le taux de participation. Sa baisse régulière ces dernières années va-t-elle stopper ou s'accélérer ? En 1999, 77% des enseignants du premier degré avaient voté. Ils n'étaient plus que 61% en 2005. Cette évolution n'est sans doute pas pour rien dans les décisions gouvernementales. On a vu récemment le ministère fuir le dialogue syndical. L'élection a lieu au moment où le ministre promet de le reprendre. Nul doute donc qu'il n'ait les yeux braqués sur ces résultats. Un faible taux de participation l'encouragerait à les ignorer.

 

Le second relève du rapport de force. En 2005 on avait assisté à une érosion sensible du Sgen Cfdt (-2%) au bénéfice du Se-Unsa dans le secondaire, du Snuipp au primaire. Il est vrai que les syndicats ont mené des mouvements unitaires ces derniers mois. Mais des pommes de discorde demeurent.

En pleine mutation accélérée du système éducatif, cette élection arrive aussi au moment où le système de cogestion de l'Ecole est mis à mal. C'est dire son importance.

 

Fonctionnement

Le fonctionnement des commissions administratives paritaires est basé sur deux principes :

ü  Le paritarisme : Les C.A.P. comprennent un nombre égal de représentants de l'administration et des organisations syndicales de fonctionnaires. La durée de leur mandat est de trois ans.

ü  Le rôle consultatif sur certains textes et décisions. Les avis ou les propositions émis par les C.A.P. ne lient pas l'administration qui conserve son pouvoir de décision.

Elles sont, comme toute instance paritaire, un espace privilégié au sein duquel se développe le dialogue social qui est une des garanties fondamentales énoncée par le statut général des fonctionnaires.

 

Attributions

Ces commissions interviennent aux différentes étapes de la vie professionnelle. Elles se prononcent sur les décisions qui interviennent dans le déroulement de votre carrière professionnelle : recrutement (titularisations ou refus de titularisation, nominations au choix, intégrations), affectation, notation, mutation, détachement (sauf détachements de droit), disponibilité (sauf disponibilité de droit), mobilité, formation, licenciement (pour insuffisance professionnelle, suite à un refus de réintégration après disponibilité), ainsi qu'en matière disciplinaire (sauf avertissement et blâme). On distingue les décisions d'ordre individuel et les décisions d'ordre collectif.

Les commissions administratives paritaires académiques traitent des sujets relevant de la compétence du recteur, alors que les C.A.P. nationales

 

Ces élections revêtent une importance capitale pour les organisations syndicales car elles sont le reflet de leur représentativité. En effet, cette dernière ne peut plus être mesurée par le nombre d’adhérents tant celui-ci a fondu depuis 20 ans.

Il s’agit donc pour les enseignants de se prononcer sur les programmes des différents syndicats appelés à nous représenter lors des négociations sur la défense des retraites, des salaires, des conditions de travail…

 

Pour les directeurs d’école, un critère supplémentaire guidera leur vote : quel syndicat pour les représenter ? Le choix est restreint. Il sera déterminant pour l'avenir de leur combat... 

En effet, peu nombreux sont les syndicats soucieux de soutenir l’idée d’un statut pourtant plébiscité par 93 % de la profession lors de la consultation IFOP / GDID en septembre 2006.

 

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 21:46

L’un de nos collègues nous transmet copie de la lettre que chaque directeur du Nord a personnellement reçue par la Poste. Nous la reproduisons intégralement.

Décidément, les directeurs sont très courtisés en ce mois de novembre… Dommage que les élections professionnelles ne se déroulent que tous les 3 ans… On aimerait qu’elles aient lieu plus souvent…

 

Cher(e) collègue directeur, directrice

 

Vous avez sans doute, comme nous, pu lire sur un site Internet dont les animateurs, dont nous respectons au demeurant les positions, relaient les infos sur nos boîtes électroniques d’école, que le SE-UNSA ne s’intéresserait pas à la situation des directrices et directeurs d’école !

 

Comment peut-on écrire cela ?

 

Retour en arrière

Le SE-UNSA, à l’origine de la grève administrative des directeurs d’école, signe, en mai 2006, le protocole sur la direction d’école.

Et alors, c’est la bronca !

Le SE-UNSA est attaqué de toutes part, les mails pleuvent, les appels téléphoniques aussi.

Puis vient la rentrée scolaire :

Les 260 directrices et directeurs d’école de 4 classes qui sont maintenant déchargés trouvent que, finalement, le SE-UNSA a peut-être bien fait de signer.

Les collègues qui ricanaient face aux 15 euros, ricanent plus silencieusement quand les 15 deviennent 30 puis de 45 à 90 euros en ce début d’année scolaire.

Ceux qui dénonçaient le recours à des contrats précaires n’ont pas tous dit « non », loin s’en faut, et la seule question qu’on nous pose maintenant au sujet de ces aides administratives, c’est : « comment on fait pour en avoir quand on n’en a pas ? ».

 

Alors bien sûr, si nous avons signé, ce n’est pas parce que nous étions satisfaits, mais parce que ce à quoi nous étions arrivés par la négociation méritait d’être engrangé.

 

Pour autant, le SE-UNSA continue de porter la revendication de plus de temps pour les directeurs et les directrices ; la bataille sur la décharge de service d’aide personnalisée en atteste.

 

Le SE-UNSA considère aussi que l’ISS de direction doit être la même pour tous (200€ par mois).

 

Le SE-UNSA revendique enfin que l’aide administrative devienne un véritable métier de secrétariat administratif et que les EVS qui le souhaitent puissent être pérennisés sur leur poste.

 

Alors, pourquoi ne pas avoir communiqué sur la situation des directrices et directeurs d’école, qui sont nos premiers relais au moment des élections professionnelles ? Par masochisme ? Non, bien entendu !

 

Quatre arguments ont présidé à cette décision qui a été mûrement réfléchie et prise de manière consensuelle :

 

ü  Nous n’avons pas voulu traiter ce bulletin « spécial élections » par l’entrée catégorielle : le SE-UNSA est le syndicat de tous les enseignants quelle que soit leur spécificité,

 

ü  A un moment de son histoire où l’école subit des attaques d’une intensité qu’elle n’a jamais connue, il nous a semblé que nous devions coller au plus près de l’actualité : remise en cause de la laïcité, 108 heures et aide personnalisée, service minimum d’accueil, défense de l’école maternelle et des RASED, dénonciation du budget et de son impact sur la carte scolaire, salaires, carences du remplacement !

 

 

ü  Nous n’avons pas voulu nous tromper d’adversaires. Nous avons privilégié notre analyse des dossiers traités et les revendications du SE-UNSA. Nous avons refusé de tomber dans le piège gouvernemental du « diviser pour mieux régner ».

 

ü  Enfin, le rôle charnière de la directrice, du directeur d’école est à notre sens à ce point évident au niveau de la dynamique d’équipe, au niveau de la prise en compte de la difficulté de chaque élève, au niveau de l’organisation du service, au niveau des relations avec les différents acteurs de l’école, que loin de considérer que les directrices et directeurs ne sont nulle part dans ce bulletin, nous considérons, nous, au contraire, qu’ils sont partout !

 

 

Nous aurons d’ici quelques jours, quelques semaines, à discuter, à échanger sur la mise en place programmée des EPEP (établissements publics d’enseignement primaire). Nous aurons l’occasion de répéter tous les dangers que cela représente pour l’école et les équipes pédagogiques.

 

A ce moment-là, et plus que jamais auparavant, les collègues qui auraient voulu que l’Education nationale fasse une place privilégiée ( !) aux directrices et directeurs d’école se rendront compte à quel point le gouvernement aura utilisé leurs aspirations pour, finalement, mettre en place une structure où ils n’auront plus leur place, où la satisfaction de quelques « heureux élus », se fera au détriment de l’intérêt du plus grand nombre. Le SE-UNSA reste et restera plus que jamais attentif à la situation des directrices et directeurs.

 

Sentiments les plus cordiaux et respectueux.

L’équipe départementale du SE-UNSA (59)

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 14:00

 

 

L’histoire ne se répète pas mais elle bégaie… C’est du moins ce que peut constater tout bon observateur de l’Education nationale.

Dans ce ministère, la règle est immuable dans le « jeu » auquel se livrent le ministre et les représentants syndicaux. Tôt ou tard, le vent tourne. L’état de grâce ne dure jamais bien longtemps. Les syndicats savent qu’il leur faut faire le dos rond jusqu’à ce jour où le ministre sera suffisamment affaibli.

 

 

Un ministre affaibli

 

Pour X. Darcos, le 20 novembre restera une date maudite. Jusqu’à lors, tout semblait lui réussir. On le disait « bien vu » du président et même « premier ministrable ». Mais voilà, le ministre sort doublement affaibli de cette dernière grève.

 

Affaibli par la forte mobilisation des enseignants (relire notre article précédent), le ministre est « sommé » par « ultimatum » d’engager sous les 5 jours des négociations avec les syndicats. Le coup est rude à encaisser pour un ministre qui rappelait son opposition à toute forme de cogestion.

 

Affaibli par le camouflet infligé par de nombreux maires de France qui ont bravé la loi les obligeant à assurer le service minimum d’accueil. En effet, la mise en place du SMA s’avère très laborieuse en cas de grève importante.

 

Le ministre est si affaibli qu’il renonce à se rendre au 91e congrès de l'Association des maires de France (AMF), qui se tient à Paris du mardi 25 au jeudi 27 novembre, où 7 000  élus attendent de pied ferme le président de la République, qui s'exprimera devant eux jeudi.

 

X. Darcos a jeté l’éponge. Son directeur de cabinet aussi. C'est donc un recteur qui sera présent. « Le ministre de l'Education, selon Jacques Pelissard, président de l'Association des maires de France, a eu peur de se faire huer par les élus locaux à cause du service minimum ». Selon Pelissard, « c'était à l'Etat et non aux mairies d'organiser l'accueil nécessaire des enfants les jours de grève ».

 

 

Des syndicats renforcés

 

Comme nous l’avons écrit dans notre précédent article, tous les syndicats ne retireront pas le même bénéfice de l’affaiblissement du ministre. On le voit, trois syndicats se sont réunis en intersyndicale pour adresser un « ultimatum » à X. Darcos qui a répondu : « bien entendu, le dialogue continuera ».

 

Afin de maintenir la pression, un collectif (réunissant entre autres les principaux syndicats de l’Education, des lycéens, des parents d’élèves) organise une journée de manifestations partout en France le mercredi 10 décembre, sans appel à la grève.

 

«Il n’y a pas d’appel à la grève ce jour-là», précise Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.

 

«L’idée est de dire: l’éducation est notre avenir. Le gouvernement ne veut pas l’entendre. Le 10 décembre, faisons masse pour dire et redire que l’Education est notre avenir et qu’elle ne se fera pas sans moyens, pas sans dialogue, pas sans associations, etc.», a expliqué Luc Bérille, secrétaire général du SE-Unsa.

 

 

La surenchère du SNUipp

 

Si les organisations syndicales « jouent collectif », elles n’en oublient pas moins que dans quelques jours, le 2 décembre, chacune d’entre elles sera jugée non plus sur sa capacité à mobiliser mais sur le nombre de suffrages obtenus aux élections professionnelles.

C’est là que s’invite la question du pouvoir et se construit le rapport de forces entre syndicats mais aussi dans les négociations avec le ministère.

 

Le SNUipp qui entend maintenir, voire accentuer, son leadership dans le premier degré met les bouchées doubles pour apparaître comme l’opposant le plus ferme à la politique menée par X. Darcos. Il veut profiter de l’affaiblissement inespéré du ministre pour lui faire mettre le second genou à terre et revenir sur ses projets : EPEP, RASED, suppressions de postes…

 

Aussi, le SNUipp n’hésite pas à faire de la surenchère pour apparaître comme l’élément moteur de l’intersyndicale, le fer de lance du syndicalisme radical. Pour ce faire, il multiplie les initiatives.

 

Le SNUipp 75 a appelé les enseignants des écoles parisiennes à "faire grève" jeudi afin "d'organiser un comité d'accueil à Xavier Darcos" qui doit inaugurer ce jour-là le Salon de l'Education porte de Versailles. Mais s’y rendra t-il ?

 

Sur le plan national, le Snuipp invite l'intersyndicale à organiser une journée de grève avant le 10 décembre

« A l'issue de la manifestation du 20 novembre, Xavier Darcos avait annoncé qu'il allait discuter avec les syndicats. Ceux du primaire, le Se-Unsa, le Snuipp, le Sgen, avaient émis un "préavis de négociations" de 5 jours. "Ce préavis expire mercredi 26 novembre", note l'intersyndicale. "Nous n’avons à ce jour aucune proposition de rencontre avec le ministère" ».

 

Du coup le SNUipp propose une nouvelle journée de grève unitaire aux organisations syndicales avant le 10 décembre et met cette proposition en débat parmi les personnels.

 

 

Bref, le SNUipp a fait sien l’adage suivant lequel il faut battre le fer tant qu’il est chaud... Mais attention : la roue tourne vite… Il suffit d’une grève de trop, mal suivie, mal comprise par l’opinion et la tendance se renverse…

 

 

Disons-le, cependant, on aimerait retrouver cette même ardeur au combat dans la défense des directeurs d’école qui ont exprimé massivement leur volonté de reconnaissance de leur métier par un statut professionnel.

 

On peut regretter que l’action du SNUipp ne se développe le plus souvent que pour maintenir le statu quo au lieu de faire évoluer l’école pour l’adapter au XXIème siècle.

 

C’est malheureusement le cas, notamment, dans la création des EPEP où il nous semble qu’il y aurait matière à négocier pour améliorer la proposition de loi plutôt que d’en exiger le retrait pur et simple. Mais, pour cela, peut-être faudrait-il commencer par écouter et entendre les enseignants sur le terrain et ne pas se contenter de motions présentées par une minorité dans des assemblées squelettiques…

 

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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 14:13

 

A l’issue de cette journée de grève, attendue par les uns, redoutée par les autres, le temps est venu d’en dresser le bilan et d’en tirer les conséquences.

   

Le bilan  

Si comme au lendemain de tout mouvement, les chiffres avancés par les syndicats et le gouvernement ne concordent pas, en revanche, les deux parties s’accordent sur un point : la grève a été très suivie dans le primaire et les manifestations ont connu un vif succès.

Le recteur de Paris, Maurice Quénet admet que «c'est une grève importante, une grève dont il va falloir décrypter le sens» car les participants sont «beaucoup plus que ce que je pensais», a-t-il ajouté.

A la mi-journée, le ministère de l’Éducation nationale communiquait les taux de participation à la grève :

  • Moyenne pondérée enseignants 1er degré : 48,62%
  • Moyenne pondérée enseignants du 2nd degré : 21,26%

Pour éviter toute polémique inutile, le ministère de l’Éducation nationale s’est engagé à publier, à l’unité près, le nombre de retenues sur salaire correspondant au nombre de grévistes effectivement constatés.

 

Côté manifestations, les cortèges étaient impressionnants. La police reconnaît 160 000 manifestants, soit le double du cortège du 19 octobre. Les syndicats les estiment à plus de 200 000. Au-delà de la bataille des chiffres, le ministre sait que ses réformes ne sont pas appréciées par une très grande partie des enseignants. Le matin même, X. Darcos déclarait sur RTL : « organiser de manière systématique des grèves est démodé… Il y a une résistance des appareils qui n’est pas celle des professeurs. Les professeurs méritent mieux que d’avoir des syndicats dont la fonction principale est d’organiser la résistance au changement  ». Le désaveu est clair.

 

Les conséquences

La première conséquence est un « ultimatum » au ministre

Les syndicats ne se contentent pas de crier victoire. Trois d’entre eux, le SNUipp-FSU, le SE-UNSA et le SGEN-CFDT adressent au ministre un « ultimatum » pour l’ouverture de discussions dans les 5 jours, sous la forme d’un “préavis” de négociations.

« Au cœur de la mobilisation du 20 novembre, la grève des enseignants du 1er degré s’inscrit comme l’une des plus massives de ces dernières années.

Près de 70 % d’entre eux ont cessé le travail et manifesté pour :

 - que cessent le mépris, les mesures unilatérales imposées dans la précipitation et sans aucun dialogue social : EPEP, IUFM, SMA, …
 - exiger un autre budget qui permette de faire face à la hausse des effectifs et de transformer l’école pour favoriser la réussite de tous les élèves
 - le maintien des RASED
 - que soit reconnue et respectée l’école maternelle
 - un véritable dialogue social, le respect du paritarisme et des droits syndicaux,.

Le message transmis par toute une profession aujourd’hui, est massif, net et déterminé.

A l’issue de cette journée, l’urgence est désormais au dialogue social et à l’ouverture de négociations.

Sans réponse de sa part, l’intersyndicale SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNUIPP-FSU, en tirera toutes les conséquences et proposera aux personnels de nouvelles actions pour contraindre le ministre à prendre en compte leurs revendications ».

 

La deuxième conséquence sera vraisemblablement une « pause » dans les réformes.

Bien qu’il s’en défende, le ministre devra intégrer cette grève dans le rythme des réformes. Pas plus que ses prédécesseurs, X. Darcos ne pourra ignorer le sérieux avertissement que viennent de lui adresser les enseignants. Il sera contraint de mieux associer les partenaires sociaux aux changements qu’il impose à l’école. Et, s’il ne le faisait pas, l’Elysée se chargerait de lui en rappeler la nécessité.

Un retour rapide dans l’histoire récente de notre pays suffit à nous convaincre qu’un ministre de l’Education nationale est vite rattrapé par la rue…

En juillet 1984, suite à des manifestations de grande ampleur, le projet de loi élaboré par Alain Savary pour créer un « grand service public, laïque et unifié de l’éducation nationale », est finalement retiré.

En janvier 1994, un million de personnes manifestent à Paris pour défendre l'école publique. François Bayrou, alors ministre de l'Education, fait face à la fronde des personnels de l'enseignement publique et des partisans de la laïcité, avec la réforme de la loi Falloux. Suite à cet échec, le projet est retiré et F. Bayrou s’installe dans une cogestion et un immobilisme qui lui sont encore reprochés de nos jours.

En mars 2000, Claude Allègre est remplacé par Jack Lang au ministère de l'éducation, à la suite de grandes manifestations.

Nous aurions pu ajouter les mésaventures rencontrées par d’autres ministres de l’Education nationale (Luc Ferry…).

  

 

La troisième conséquence concerne les prochaines élections professionnelles.

   

Toutes les organisations syndicales ont appelé à la grève. Pourtant, toutes n’en retireront pas le même bénéfice.

Indéniablement, une prime sera accordée aux syndicats les plus importants. Et parmi eux, ceux qui disposent de moyens conséquents et donc d’une meilleure visibilité médiatique.

En effet, qui a-t-on essentiellement « vu » dans les journaux télévisés ? Les dirigeants des principaux syndicats enseignants, en particulier le « chouchou » des médias, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Il y a fort à parier que le SNUipp en tirera davantage profit que ses concurrents.

Il faut reconnaître que le calendrier a été superbement maîtrisé par ces professionnels de la manifestation : organiser une telle grève à 10 jours du scrutin ne peut que souligner l’ardeur combattante des plus gros bataillons aux yeux des électeurs… Bien joué. Dommage pour les « petits » syndicats qui n’ont pas les mêmes possibilités de se faire entendre dans les médias.

 

 

Cette grève peut-elle avoir des conséquences pour les directeurs ?

 

La question peut paraître incongrue. Cependant, une « pause » dans les réformes pourrait compromettre ou repousser la seule véritable mesure susceptible, à terme, d’avoir une incidence directe sur le statut des directeurs et qui doit être discutée début 2009 à l’Assemblée nationale : la création des EPEP. Certes, nous l’avons déjà écrit, cette proposition de loi ne nous satisfait pas pleinement. Certains points méritent d’être éclaircis, d’autres modifiés ou précisés. Néanmoins, elle est une avancée considérable et correspond au souhait exprimé par une immense majorité de directeurs, lors de la consultation IFOP / GDID, puisque l’école serait enfin dotée d’un véritable statut et dirigée par un directeur lui-même reconnu comme chef d’établissement.

Rappelons que cette réforme est jugée inacceptable par certains syndicats dont le SNUipp. Notons que dans son communiqué sous forme d’ultimatum, l’intersyndicale place les EPEP en première ligne du dialogue social. Autant dire que le ministre, affaibli par la réussite de la grève du 20 novembre, pourrait être conduit à quelques concessions et notamment sur ce sujet épineux qui rencontre l’hostilité de ces syndicats.

Les directeurs qui attendent depuis si longtemps une reconnaissance autre que verbale pourraient être les victimes collatérales de ce conflit.

 

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 13:49


La revalorisation des enseignants  

Dans une interview vidéo accordée au site Internet de l’Express, Xavier Darcos évoque les efforts financiers consentis pour revaloriser les enseignants… en ces termes :

« Les professeurs ont eu un gain de salaire très important dans ces dernières années grâce en particulier au recours des heures supplémentaires, que un jeune professeur qui commence va toucher une prime de 1500 €, qu’un professeur qui fait 3 heures supplémentaires va gagner 4400 €, c’est pratiquement un 13ème mois, voire un 14ème »

 

Inutile de dire que le site de l’Express a chauffé après de telles déclarations. Devant l’afflux de commentaires, les journalistes de L'Express rappellent alors le cabinet du ministre qui reconnait la confusion mais à demi-mots :

"C'est un exemple des efforts de ce qui a été fait depuis le début de l'année pour les enseignants en termes de revalorisations des gratifications. Le salaire à 4400 euros ne va évidemment pas concerner tous les enseignants. Ce salaire ne s'applique qu'à certaines situations. On peut arriver à 4 400 euros dans certains cas si on ajoute au salaire, la prime et les trois heures supplémentaires."

En effet, le ministre avait certainement dans un procédé judicieux gonflé ce salaire en y rajoutant la prime de 1500 euros que touchent en deux temps les professeurs enseignant pour la première année.

  

La « sédentarisation des Rased » 

Le ministre explique que 3000 postes sur 11 000 sont sédentarisés (des enseignants spécialisés qui aidaient les élèves en difficulté retournent dans les classes), et non supprimés, ce qu'il a répété à l'Assemblée lors du vote du budget de l'enseignement 2009, plaidant pour une "expérimentation d'un an". "Ce que nous voulons c'est que les Rased soient affectés dans les établissements où on a besoin d'eux", expliquait-il dans une interview vidéo à L’Express.fr le 20 octobre.

 

Là aussi, l’Express corrige quelque peu les propos du ministre :

En parlant de sédentarisation, Xavier Darcos joue sur les mots: dans les faits, les 3000 postes de Rased sont bien supprimés, les 3000 enseignants concernés cessant toute activité "spécialisée" en petits groupes avec des élèves en difficulté. Luc Ferry, prédécesseur de Xavier Darcos au ministère, avait d'ailleurs déjà affirmé sur Europe 1 en septembre dernier que le ministère souhaitait supprimer des postes de Rased pour des raisons comptables. Preuve supplémentaire de la volonté du ministère de diminuer les effectifs des Rased, la formation des maîtres E et G, les enseignants spécialisés des Rased, a été suspendue.

 

Sur la prime de 1 500 € versée aux débutants, les journalistes apportent également un correctif aux affirmations du ministre :

"Cette prime -versée en deux temps- pour les débutants est une totale nouveauté", confirme le cabinet de Xavier Darcos. Cette prime concerne uniquement les professeurs enseignant pour la première année, 25 000 en tout. Il a toutefois existé par le passé un autre dispositif, "la prime d'installation," de 10 000 francs par an.

 

 

On le voit, le ministre n’est pas à quelques arrangements près quand il s’agit de justifier sa politique… Et pour ce faire, Xavier Darcos ne rechigne pas à manier un langage direct et volontiers polémique. Il est effectivement coutumier des petites phrases qui, il le sait, seront reprises par les médias. En voici un petit florilège… non exhaustif :

 

Réunions syndicales sur temps de travail

"Je demande simplement aux syndicats de tenir leurs réunions à un autre moment que pendant les cours, puisqu'ils n'ont à effectuer que 24 heures de cours pendant la semaine !"

Bras de fer avec les syndicats

"Il y a, d'un coté, les gens normaux, de l'autre, les syndicalistes".

"Il y a un sujet sur lesquels les syndicalistes n'ont pas besoin d'investir : ce sont les banderoles. Ce sont les mêmes depuis quarante ans, et elles commencent toujours par "Non à...""

Temps de travail et résultats scolaires

"Nous avons les meilleurs résultats au bac quand il y a le moins d'heures de cours, du fait des grèves..."

 

Pourquoi ces petites phrases plutôt toniques ? Xavier Darcos en fournit lui-même l’explication :

 "La guerre éclair est une nécessité dans l'Education. Si on ne va pas vite, on ne fait rien."

 

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 23:09

L’annonce a fait l’effet d’une bombe : la Délégation à la communication - commune aux deux ministères - prévoit de consacrer 100 000 euros en 2009 à la « veille de l’opinion » pour le compte du ministère de l’éducation et 120 000 euros pour celui du ministère de l’enseignement supérieur. « Flicage des profs », « repérage des récalcitrants » ou banalité d’un travail d’information au service de l’action publique ?
   

En réalité, ce sont les termes utilisés dans le cahier des charges qui ont fait particulièrement réagir.

« Les objectifs de ce dispositif de veille » : « Identifier les thèmes stratégiques ; identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion ; repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau ; décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation ; repérer les informations…etc. »

« Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un “risque opinion” potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués », précise l’appel d’offre.

« Outre la presse, les “sources surveillées” sont sur Internet: sites “commentateurs” de l’actualité, médias en ligne, sites de syndicats, de partis politiques, sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion, moteurs généralistes, forums, blogs, pages personnelles, appels et pétitions en ligne… »

 
Le ministère de l’éducation se justifie : « Ça  fonctionnait déjà quand on est arrivés au ministère ». « C’est comme une sorte d’extension des traditionnelles revues de presse. Cela existe dans la plupart des ministères. C’est la “Delcom (la délégation à la communication) qui reçoit ces synthèses… et qui nous les synthétise à son tour parce que nous n’avons pas le temps de tout lire ».

 
La Delcom indique : « Ce n’est pas
une démarche de censure et de contrôle mais une démarche d’écoute et de compréhension de l’opinion qui s’exprime sur le Net. Il n’y aucun fichage, pas de liste nominative. On ne cherche pas l’identité des gens, même si certains se manifestent volontairement en tant qu’auteurs »

 
Thierry Saussez, directeur du service d’information du gouvernement (SIG) affirme qu’il « comprend » que le « langage des professionnels » (surveiller, cible, alerte, etc..) puisse « hors contexte » être mal perçu. « Ça existe depuis des années ». « C’est parfaitement transparent, cela passe par des appels d’offres publics sur quelque chose qui est sur Internet, donc qui est public. Il s’agit de regarder tout ce qui peut avoir un impact sur les politiques publiques, dans les médias, sur internet et dans l’opinion, directement auprès des Français.»

Et pourquoi recourir à de coûteux appels d’offres ?  « Parce que les ministères n’ont pas les ressources humaines pour réaliser ce type de travail », répond Thierry Saussez.

 
Les principaux syndicats d’enseignants, peu suspects de sympathie envers le ministre, se montrent plutôt modérés dans leurs réactions.

 
Interrogé par Associated Press, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, déclare « Parler d’une volonté de fichage des militants me parait être une surinterprétation » et ajoute : « Le ministère veut simplement anticiper pour adapter sa propagande. Le reproche que je pourrais surtout faire, c’est qu’on dépense un argent fou, pas pour l’intérêt général, mais pour l’intérêt du ministre… ».

 
Luc Bérille, secrétaire général du SE-UNSA publie le communiqué suivant : « Les fonds publics ont-ils pour objectif de financer la propagande ? Que le ministère soit attentif à l’évolution de l’opinion est une chose, mais que l’objectif annoncé de cette veille informatique soit de prévenir toute remise en cause ou critique de sa politique en est une autre. » Et il ajoute : « A ceux qui en douteraient, le ministre de l’Education nationale vient de prouver qu’il peut avoir de la ressource, y compris financière, lorsqu’il le décide. Le SE-UNSA constate que la chasse systématique aux dépenses qui, lorsqu’il s’agit des personnels et des élèves, se traduit par des milliers de suppressions d’emplois et des restrictions massives des crédits budgétaires, peut souffrir des exceptions lorsqu’il s’agit d’un service du ministre. »

 
Le Sgen-CFDT reste tout aussi mesuré : « Plutôt que de tenter d’observer les conversations sur le net, nos ministres de tutelle seraient mieux inspirés d’utiliser une partie de ces sommes au développement du dialogue social qui seul permet à la fois d’entendre les attentes des personnels et de trouver les moyens d’y répondre ». Et il s’interroge : « Nos ministres n’envisagent donc pas d’autres moyens de connaître l’opinion et les attentes de leurs personnels que par la surveillance des échanges sur le net ? ».


 

« L’école, ça commence à trois ans »

Interrogé au Sénat lors des questions au gouvernement, Xavier Darcos a tranché officiellement en faveur de la suppression de la scolarisation à 2 ans. "L'école, ça commence à trois ans".

Le ministre avait déclenché une levée de boucliers en septembre, quand il s'était publiquement interrogé sur l'opportunité de recruter à bac+5 pour les écoles maternelles "des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches".

"J'ai dit à ce moment-là que ce n'était pas respecter les professeurs d'écoles maternelles que de vouloir leur donner des fonctions qui relevaient de la puériculture", a-t-il corrigé, interrogé lors de la séance des Questions au gouvernement du Sénat.

"Il faut que nous posions la question simple: qu'est-ce que nous faisons de enfants de un à trois ans ? Est-ce que c'est à l'école qu'il faut les mettre ou est-ce qu'il faut des dispositifs de transition comme tous les pays modernes l'ont fait ? ", a-t-il interrogé, avant de proposer sa propre réponse: "l'école maternelle à trois ans, c'est très bien. Avant, il faut trouver des structures d'accueil différentes qui soient adaptées aux besoins de ces enfants."

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 08:55

Suite à notre article sur les « primes à certains enseignants », nous avons reçu un courrier que nous diffusons volontiers dans son intégralité. Ce commentaire détaillé émane de notre collègue Froment que nos fidèles lecteurs connaissent bien puisqu’il nous éclaire souvent de ses réflexions avisées notamment dans le domaine économique.

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Depuis quelques temps, le ministre X. Darcos multiplie les annonces de primes à diverses catégories d’enseignants. On ne citera, pour mémoire, que les dernières :

Prime d’installation de 1 500 € pour les jeunes professeurs, majoration de l’indemnité des directeurs d’école avec versement d’une partie fixe variable de 200 à 600 €, prime de 400 € aux 60 000 maîtres de CE1 et CM2 pour le surcroît de travail lié à l’évaluation des élèves…

Certes, les heureux bénéficiaires des « largesses de l’Etat » ont toute raison de se montrer satisfaits de cette aubaine qui leur tombe du ciel. D’ailleurs, leur surprise est d’autant plus grande que certaines de ces gratifications n’ont même jamais l’objet de revendications.

L’objet n’est pas d’analyser, ici, les conséquences sociales ou relationnelles de ces primes qui semblent injustes à certains et qui peuvent engendrer des susceptibilités néfastes à l’organisation du travail en équipe…

 Attachons-nous au strict point de vue économique et financier de ces mesures. N’oublions pas qu’elles arrivent après d’autres mesures telles les heures supplémentaires défiscalisées ou les premières annonces de salaire au mérite dans certains corps de fonctionnaires.

La première réaction consiste à considérer que ces différentes mesures financières ont un effet immédiat sur le pouvoir d’achat de leurs destinataires. En ce sens, elles sont particulièrement les bienvenues en ces temps difficiles.

Mais ce serait avoir la mémoire courte et la vue handicapée par une myopie paralysante que de ne pas voir le danger qu’elles représentent pour l’ensemble des enseignants, y compris pour les attributaires.

Le problème ne se pose pas, comme on peut parfois l’entendre, pour la retraite. En effet, depuis 2005, indemnités et primes des fonctionnaires entrent en partie dans le calcul des points et offrent droit à pension complémentaire.

Les premiers effets négatifs de ces primes en tous genres vont se faire sentir clairement lors des prochaines négociations salariales entre les partenaires sociaux.

Depuis plusieurs années, gouvernements et syndicats s’opposent sur la base de calcul de l’augmentation des salaires. 

Pour les syndicats, il convient de prendre en compte le taux d’inflation afin de préserver le pouvoir d’achat des salariés.

Le gouvernement veut intégrer le GVT (Glissement Vieillesse Technicité) dans les augmentations de salaire. C’est évidemment une interprétation tendancieuse. Les augmentations de salaires sont des évolutions de la valeur du point ou une augmentation générale permettant, à ancienneté et fonction égale, une augmentation du pouvoir d’achat. L’ancienneté et les promotions sont des actes de carrière.

Chaque année, des discussions à n’en plus finir butent sur la prise en compte de ces augmentations de salaire liées au déroulement de carrière des fonctionnaires. Finalement, un compromis souvent « imposé » met un terme aux négociations et le pouvoir d’achat est rarement totalement assuré.

Rappelons-nous les propos du ministre du budget Eric Woerth qui, en décembre 2007, déclarait qu’une « augmentation générale est une augmentation anonyme ». Et il ajoutait, lors des négociations salariales de la Fonction publique :

"Il y a beaucoup de gens aujourd'hui, de fonctionnaires, 75%, qui ont bénéficié à un titre ou un autre d'augmentations qui ont été très au-delà du chiffre de l'inflation".

"Il faut regarder ceux qui ont perdu, garantir ceux-là dans un mécanisme sur lequel il faut qu'on se mette d'accord avec les organisations syndicales, très transparent, qui fasse qu'aucun fonctionnaire ne perde de pouvoir d'achat."

"On doit discuter aussi des mesures catégorielles, des heures supplémentaires, du rachat des comptes épargne-temps, de la rémunération au mérite"

 Nous n’y échapperons pas cette année encore. Et naturellement, le gouvernement voudra intégrer les primes dans la masse salariale et sera enclin à considérer qu’elles sont déjà un premier « acompte » de l’augmentation des salaires. Ce qui n’est le cas que pour une minorité.

Comme les discussions concernent collectivement les enseignants, c’est l’ensemble d’entre eux qui risque d’être pénalisé par les quelques mesures accordées à quelques-uns.

C’est là que se situe le piège et il faudra toute la force de conviction des organisations syndicales pour ne pas s’y laisser enfermer. Ce ne sera pas facile…

Espérons ne pas avoir à regretter ces primes d’un jour qui peuvent, à tout moment, être remises en cause…

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