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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 08:55

Suite à notre article sur les « primes à certains enseignants », nous avons reçu un courrier que nous diffusons volontiers dans son intégralité. Ce commentaire détaillé émane de notre collègue Froment que nos fidèles lecteurs connaissent bien puisqu’il nous éclaire souvent de ses réflexions avisées notamment dans le domaine économique.

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Depuis quelques temps, le ministre X. Darcos multiplie les annonces de primes à diverses catégories d’enseignants. On ne citera, pour mémoire, que les dernières :

Prime d’installation de 1 500 € pour les jeunes professeurs, majoration de l’indemnité des directeurs d’école avec versement d’une partie fixe variable de 200 à 600 €, prime de 400 € aux 60 000 maîtres de CE1 et CM2 pour le surcroît de travail lié à l’évaluation des élèves…

Certes, les heureux bénéficiaires des « largesses de l’Etat » ont toute raison de se montrer satisfaits de cette aubaine qui leur tombe du ciel. D’ailleurs, leur surprise est d’autant plus grande que certaines de ces gratifications n’ont même jamais l’objet de revendications.

L’objet n’est pas d’analyser, ici, les conséquences sociales ou relationnelles de ces primes qui semblent injustes à certains et qui peuvent engendrer des susceptibilités néfastes à l’organisation du travail en équipe…

 Attachons-nous au strict point de vue économique et financier de ces mesures. N’oublions pas qu’elles arrivent après d’autres mesures telles les heures supplémentaires défiscalisées ou les premières annonces de salaire au mérite dans certains corps de fonctionnaires.

La première réaction consiste à considérer que ces différentes mesures financières ont un effet immédiat sur le pouvoir d’achat de leurs destinataires. En ce sens, elles sont particulièrement les bienvenues en ces temps difficiles.

Mais ce serait avoir la mémoire courte et la vue handicapée par une myopie paralysante que de ne pas voir le danger qu’elles représentent pour l’ensemble des enseignants, y compris pour les attributaires.

Le problème ne se pose pas, comme on peut parfois l’entendre, pour la retraite. En effet, depuis 2005, indemnités et primes des fonctionnaires entrent en partie dans le calcul des points et offrent droit à pension complémentaire.

Les premiers effets négatifs de ces primes en tous genres vont se faire sentir clairement lors des prochaines négociations salariales entre les partenaires sociaux.

Depuis plusieurs années, gouvernements et syndicats s’opposent sur la base de calcul de l’augmentation des salaires. 

Pour les syndicats, il convient de prendre en compte le taux d’inflation afin de préserver le pouvoir d’achat des salariés.

Le gouvernement veut intégrer le GVT (Glissement Vieillesse Technicité) dans les augmentations de salaire. C’est évidemment une interprétation tendancieuse. Les augmentations de salaires sont des évolutions de la valeur du point ou une augmentation générale permettant, à ancienneté et fonction égale, une augmentation du pouvoir d’achat. L’ancienneté et les promotions sont des actes de carrière.

Chaque année, des discussions à n’en plus finir butent sur la prise en compte de ces augmentations de salaire liées au déroulement de carrière des fonctionnaires. Finalement, un compromis souvent « imposé » met un terme aux négociations et le pouvoir d’achat est rarement totalement assuré.

Rappelons-nous les propos du ministre du budget Eric Woerth qui, en décembre 2007, déclarait qu’une « augmentation générale est une augmentation anonyme ». Et il ajoutait, lors des négociations salariales de la Fonction publique :

"Il y a beaucoup de gens aujourd'hui, de fonctionnaires, 75%, qui ont bénéficié à un titre ou un autre d'augmentations qui ont été très au-delà du chiffre de l'inflation".

"Il faut regarder ceux qui ont perdu, garantir ceux-là dans un mécanisme sur lequel il faut qu'on se mette d'accord avec les organisations syndicales, très transparent, qui fasse qu'aucun fonctionnaire ne perde de pouvoir d'achat."

"On doit discuter aussi des mesures catégorielles, des heures supplémentaires, du rachat des comptes épargne-temps, de la rémunération au mérite"

 Nous n’y échapperons pas cette année encore. Et naturellement, le gouvernement voudra intégrer les primes dans la masse salariale et sera enclin à considérer qu’elles sont déjà un premier « acompte » de l’augmentation des salaires. Ce qui n’est le cas que pour une minorité.

Comme les discussions concernent collectivement les enseignants, c’est l’ensemble d’entre eux qui risque d’être pénalisé par les quelques mesures accordées à quelques-uns.

C’est là que se situe le piège et il faudra toute la force de conviction des organisations syndicales pour ne pas s’y laisser enfermer. Ce ne sera pas facile…

Espérons ne pas avoir à regretter ces primes d’un jour qui peuvent, à tout moment, être remises en cause…

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

Frédéric 16/11/2008 11:04

Dans le 53, le SNUIPP rappelle les consignes pour la grève du 20 novembre :
_ Le directeur ou la directrice n’a pas à constituer de listes de grévistes dans son école parce qu’il ou elle prend le risque de se tromper. En effet, les collègues qui déclarent leur intention d’être gréviste le font dans une démarche individuelle et peuvent changer d’avis.
_ Le directeur (trice) peut collecter les déclarations d’intentions mais n’est PAS OBLIGE(E) de le faire. Si il le fait, c’est pour transmettre à l’administration. Il ne  transmet pas à la mairie. C’est à l’administration de le faire.
 
http://53.snuipp.fr/spip.php?article847
N'y a-t-il pas contradiction avec les consignes du SNUIPP 59 que nous transmet Karine ?Faudrait que les différentes sections accordent leurs violons.On n'y comprend plus rien !

Dedel 15/11/2008 23:09

Je reconnais bien là la fougue de la jeunesse, Henri. Tu t'emportes pour rien. Que contient ce texte qui puisse te mettre dans cet état ?Il signifie seulement que le jeune directeur peut faire des erreurs liées à son inexpérience. Aidons-le à ne pas en commettre.Il signifie aussi que nous n'avons pas à aider l'administration à mettre en place un service d'accueil dont le but est de casser la grève.Tu vois, Henri, pas de quoi fouetter un chat.

Henri 15/11/2008 15:49

Un exemple supplémentaire, s'il en était besoin, de la façon dont on infantilise ("jeunes collègues directeurs et faisant fonction") à l'heure actuelle les personnes et dans le cas présent les enseigants ou les dirlo' : agiter en permanence des chiffons rouges, brandir des gros mots derrière lesquels on se garde bien de mettre du sens (qu'y-a-t-il d'illégal dans ces démarches au regard des textes ? "on" se garde bien de nous le dire !), et surtout une manière de déstabiliser les décisions : que diable ! ne sommes-nous pas adultes ? et aptes à assumer nos choix légitimes ?Fort heureusement, "contacté, le SNUipp-FSU" a pu tirer de l'embarras ces brebis égarées deavnt les méchants loups-blancs que sont les "potentats locaux"!Ce discours est pitoyable et lamentable ! En quoi la remontée auprès des IEN du nombre de collègues grévistes par les dirlo' est-il une atteinte à quoi que ce soit ? Merci de répondre !

merlin 15/11/2008 10:22

Le même syndicat " demande" ( heureusement il n'impose pas!) au dirlo volontaires de renvoyer au Snuipp du département le nombre de grévistes de l'école. Les non-grévistes peuvent-ils porter plainte pour dénonciation?PS: en quoi le fait d'avoir été déclaré gréviste est-il gênant? 1/ on assume ses positions.2/ l'Administration saura qui est géviste ou non puisque chacun doit se déclarer gréviste ou non pour le retrait de salaire.

Karine (59) 14/11/2008 14:48

Aucun rapport avec l'article. Je voulais simplement faire part du mail que nous envoie le SNUipp 59. Je pensais que nous devions indiquer le nombre de grévistes..."Grève et Service minimum d’accueilLe la directeur-trice n’a pas à comptabiliser, à pointer et à transmettre à la hiérarchie le nombre de supposés grévistes ainsi que la liste des supposés grévistes (supposés car jusqu’au matin de la grève, chacun peut revenir sur sa décision).
Les directeurs qui le feraient, en toute bonne foi ou par « respect » d’une injonction hiérarchique, seraient dans l’illégalité, tout comme ces supérieurs hiérarchiques qui se prendraient pour des potentats locaux. Chaque collègue « fiché dénoncé » serait en droit de porter plainte. Ce rappel semble nécessaire car nombre de jeunes collègues directeurs et faisant fonction, de prime abord abusés par leur IEN, ont ensuite contacté le SNUipp-FSU pour demander des renseignements et vérifier la légalité des injonctions."

mat pu j.prevert 11/11/2008 23:14

Bien que n'ayant pas de grandes compétences en matière économique, je suis plutôt d'accord moi aussi avec l'analyse qui est faite ici.Je pense même que ces augmentations sous forme de primes ne sont pas le fait du hasard et qu'elles sont une façon de ne pas encourir le risque de ne pas tenir ses promesses. Rappelez-vous : N. Sarkozy avait annoncé qu'il reverserait aux fonctionnaires la moitié des gains que procureraient les suppressions de postes. Je ne sais si le compte y est mais il pourra dire qu'il est sur la bonne voie.Anne-Marie

Ewen 10/11/2008 12:37

D'accord avec l'analyse.De l'argent on en trouve quand il faut, voir http://www.rue89.com/220 000 euros pour surveiller l'opinion et les enseignants !

Dedel 10/11/2008 09:14

Je souscris à cette analyse. Ce n'est pas de ctte façon que nous rattraperons les 7 % de perte du pouvoir d'achat depuis 2000. Ce n'est pas non plus notre conception du dialogue social. Il nous faut une véritable revalorisation générale au plus vite et non du saupoudrage personnalisé.A ce propos, le SNUipp a publié le communiqué suivant :"Le ministre de l’Education Nationale vient d’annoncer l’attribution d’une prime « exceptionnelle » de 400 euros aux enseignants des écoles faisant passer les évaluations dans les classe de CE1 et CM2.
Cette annonce effectuée sans aucune concertation est sans doute un premier résultat de l’annonce d’une journée de grève unitaire dans les écoles le jeudi 20 novembre. Après l’attribution d’une prime pour les directeurs d’écoles et les nouveaux recrutés, le ministre reconnaît partiellement l’alourdissement et la multiplicité des tâches demandées aux enseignants.
Pour autant cette mesure ne peut tenir lieu de revalorisation pour tous les enseignants des écoles puisqu’elle ne concernera que 60 000 enseignants sur les 300 000 professeurs des écoles. Elle est prise sans aucune discussion avec les organisations syndicales et témoigne d’une curieuse conception du dialogue social. Ce n’est pas en égrainant une succession de mesures particulières que le ministre peut réduire le décalage important entre le niveau de qualification des enseignants et leur niveau de rémunération.
Le ministre ne veut-il pas par ces annonces surprises cacher son embarras sur les 6000 suppressions de postes annoncées dans les écoles alors que 20 000 élèves supplémentaires sont attendus à la rentrée prochaine ? Le ministre ne cherche-t-il pas à esquiver les questions de fonds sur lesquelles il est interpellé avec la suppression des RASED ou l’avenir de l’école maternelle ?
Ce sont ces questions pour lesquelles les enseignants, soucieux de justice sociale et de réussite de tous les élèves, exigent l’ouverture de discussions. Ce sont aussi ces questions qui seront au cœur de la journée de grève du jeudi 20 novembre."