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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 23:00


Xavier Darcos a présenté, lors d’une conférence de presse, le 22 janvier, un point d’étape des mesures de l’année écoulée et le programme d’action 2009.


"Réformer l’école c’est la condition indispensable pour la rendre plus juste. L’intérêt des élèves, l’attente des familles, la considération due au monde enseignant : telles sont les trois préoccupations permanentes de tout ministre de l’Éducation nationale", a déclaré en préambule Xavier Darcos.

 

Le ministre a rappelé que la suppression de la carte scolaire et la scolarisation de 10 000 enfants handicapés supplémentaires chaque année en milieu scolaire ordinaire avait contribué à ouvrir l’école à la diversité sociale et au respect de l’autre. Il a aussi plaidé en faveur de la loi instituant un Service minimum d’accueil (SMA) financé par l’État et organisé par les communes. Une mesure qui permet aux parents d’exercer librement leur activité professionnelle les jours de grève à l’école.

 

Il a souligné "la richesse des opérations menées dans le cadre de la dynamique "Espoir banlieues" pilotée par Fadela Amara". Parmi ces opérations, les écoles de la deuxième chance et les internats d’excellence feront partie des priorités de développement.

 

Une amélioration professionnelle et de nouvelles perspectives pour les enseignants

 

L’amélioration du pouvoir d’achat depuis 2007 se poursuivra avec l’amélioration des déroulements de carrière. Parmi les points d’amélioration :

Ø  une meilleure rémunération grâce à la défiscalisation des heures supplémentaires ;

Ø  la création d’une plate-forme téléphonique d’aide et de conseil. Elle a permis de répondre aux demandes de 21 000 enseignants.

 

De nouvelles perspectives seront offertes grâce à la revalorisation des carrières et une élévation de leur niveau de recrutement. Dès 2010, les enseignants seront recrutés au niveau Master 2. Le ministre a également précisé qu’il mettrait en place un dispositif de bourses au mérite et de complément de bourses sociales pour ouvrir et valoriser le métier. Xavier Darcos a également rappelé la mise à disposition d’un "Pass enseignant" leur permettant l’accès gratuit aux musées et monuments nationaux.

 

L’école primaire

Le ministre a rappelé que la réforme de l’école primaire s’est attachée à prendre en compte les élèves en difficulté grâce à :

Ø  de nouveaux programmes plus courts, plus lisibles, recentrés sur les connaissances fondamentales ;

Ø  un dispositif national d’évaluation des acquis des élèves en français et mathématiques pour les CM2 et les CE1 ;

Ø  une nouvelle organisation de la semaine avec le samedi libéré ;

Ø  l’accompagnement éducatif pour les élèves en difficulté avec deux heures d’aide individualisée par semaine et des stages de remise à niveau pendant les congés scolaires pour les CM1 et CM2 ;

Ø  un nouveau traitement de la difficulté scolaire avec le redéploiement de 3 000 professeurs de Rased (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) : 1 500 redéployés dans des écoles en difficulté et 1 500 affectés en surnombre dans une ou deux écoles en difficulté.

Concernant l’école maternelle, Xavier Darcos souhaite lui donner un "nouvel élan" en proposant :

Ø  un guide des programmes à destination des parents qui sera diffusé au mois de mars 2009. Un guide réalisé en partenariat avec l’Association générale des enseignants des écoles maternelles (Ageem) ;

Ø  un plan national de formation à l’entrée dans le métier et de formation continue pour les enseignants en exercice.

 

La rénovation de la voie professionnelle

 

56 % des élèves de BEP ne poursuivaient pas jusqu’en bac pro, avant la mise en place de la réforme de la voie professionnelle, a rappelé Xavier Darcos. Le ministre s’est félicité que depuis la mise en place des nouvelles mesures, 67 000 jeunes se sont inscrits dans le nouveau cycle de référence en 3 ans (au lieu de 4) pour l’obtention du bac pro en 2008. Ce cycle sera progressivement généralisé à la rentrée 2009.

 

Le plan d’action 2009

 

Après le tour d’horizon des réformes engagées, le ministre de l’Éducation a présenté les chantiers qu’il engagera, "en accord avec le président de la République", au cours des prochains mois.

 

Concertation élargie sur la réforme du lycée. "La priorité, c’est de relancer la concertation sur la réforme du lycée", a-t-il déclaré. Richard Descoings, missionné dans ce sens, devra élargir le cercle des consultations avec de nouveaux acteurs : "l’ensemble des lycéens, les professeurs, les familles et la société civile." "Nous pouvons prendre du temps pour repenser l’organisation des enseignements au lycée", a déclaré Xavier Darcos.

 

Démocratiser l’information sur l’orientation. Dès la rentrée 2009, un service d’aide à l’orientation sera accessible par téléphone et internet tous les jours de la semaine jusqu’à 20 heures. Ce service sera placé sous la houlette de l’Onisep et composé de conseillers d’orientation psychologues (Copsy). Objectif : permettre aux parents de toutes origines sociales de bénéficier des informations sur les formations les plus prestigieuses.

L’action des conseillers d’orientation sera renforcée dans les établissements qui connaissent les problèmes d’insertion professionnelle et les "décrochages" scolaires les plus lourds.

 

Des solutions pour enrayer l’absentéisme. Quelques 150 000 jeunes sortent chaque année des lycées sans qualification ni diplôme. En 2007, 2,4 % des collégiens, 4,6 % des lycéens et 10,9 % des lycéens professionnels étaient absentéistes. Il y a une "forte corrélation", selon Xavier Darcos, entre l’absentéisme et l’échec scolaire. "L’absentéisme est un véritable fléau", a déploré le ministre qui annonce des mesures comme :

 

Ø  le recrutement, sans délai, de 5 000 places de "médiateurs de réussite scolaire" sur des emplois contrats aidés. Ils seront implantés dans les établissements dès mars 2009. Leur mission : établir un lien entre l’école et les familles ;

Ø  l’action sera concentrée sur les 100 établissements les plus exposés. L’objectif est de diminuer de 30 % le nombre d’élèves absentéistes.

 

Lutter contre la violence. 1,6 incidents graves pour 1 000 élèves sont relevés. Xavier Darcos a exprimé sa volonté de voir les professeurs mieux protégés et mieux formés pour réagir efficacement à des situations de violence. Il a plaidé notamment pour une plus grande efficacité des procédures disciplinaires et la diffusion d’un code de la paix scolaire à l’intention des élèves dans les collèges et les lycées.

 

Des pistes de travail telles que des mesures d’utilité collective de réparation (travaux d’intérêt généraux) sont à l’étude. Xavier Darcos propose de débattre de ces propositions dans les semaines qui viennent avec les chefs d’établissements et le Conseil supérieur de l’éducation.

 

Ouverture d’une académie en ligne. A côté des 30 académies physiques, une académie en ligne sera créée à la rentrée prochaine. Ce service permettra de télécharger gratuitement l’intégralité des enseignements du cours préparatoire à la terminale. Outre la possibilité donnée aux parents de suivre le travail scolaire de leurs enfants, l’objectif est aussi de mettre à la disposition des adultes qui ont interrompu leur parcours scolaire des ressources pédagogiques leur permettant de se préparer à certains examens. Ce service assurera aussi l’accès à certaines langues rares. Cette académie en ligne offrira par ailleurs une aide scolaire à distance par le biais d’une plate-forme téléphonique et sur internet.

………………………………………………………………

Nulle référence dans cette longue conférence de presse à la moindre action en faveur des directeurs d’école. Nulle allusion à une quelconque modification du fonctionnement de l’école primaire dans le plan d'action 2009...

Ainsi que nous l’avons écrit dans nos précédents articles, la réforme des EPEP ne sera pas mise en chantier en 2009. Il y a, d’ailleurs, peu de chances qu’elle voie le jour d’ici la fin du quinquennat (mai 2012).

Dans un prochain article, nous tenterons de montrer pourquoi cette réforme, pourtant indispensable, est politiquement impossible à mettre en œuvre.  

 

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 22:34


Les instits retraités iront-ils se substituer aux enseignants en grève le 29 janvier ? La question se pose après le courrier envoyé aux enseignants du 1er degré retraités de Loire-Atlantique par l'inspecteur d'académie leur demandant de participer au service d'accueil mis en place dans les écoles en application de la loi sur le SMA.

 

 

La lettre de l'IA de Loire-Atlantique aux retraités

   

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Nantes, le 9 janvier 2009

 

               L’Inspecteur d’Académie,

               Directeur des Services Départementaux

               de l’Education Nationale

 

               à

 

               Mesdames et Messieurs les enseignants du 1er degré

               partis en retraite en 2006, 2007 et 2008

 


Objet
 : mise en place du service d’accueil dans les communes.

Loi du 20-08-08 sur le droit d’accueil.

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

Afin d’aider les familles qui ne peuvent pas faire assurer la garde de leur enfant, la loi du 20-08-08 prévoit l’organisation, par les communes, d’un service d’accueil pour les écoles dans lesquelles 25% ou plus des enseignants sont absents à l’occasion d’une grève.

 

Les communes éprouvent des difficultés à trouver suffisamment de personnel compétent pour l’encadrement des enfants, et Monsieur le Ministre de l’Education Nationale a demandé aux inspecteurs d’académie de leur apporter leur aide en ce domaine.

 

Je m’adresse à vous pour vous demander si, compte tenu de votre expérience professionnelle, vous accepteriez de participer à l’organisation du service d’accueil, dans votre commune ou dans une autre, dans les conditions définies par la commune.

 

Si c’est le cas, je vous remercie de me répondre au moyen du coupon réponse ci-dessous. Votre nom et votre adresse seront alors portés à la connaissance des mairies qui rechercheront des personnes compétentes pour le service d’accueil.

 

Je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de mes sentiments distingués.

                                                                                  

L’Inspecteur d’Académie

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« Voilà une idée qu’elle est bonne », aurait dit Coluche…

Utiliser les enseignants retraités pour assurer la garderie… pour casser la grève…

Pourquoi pas, demain, les réquisitionner pour remplacer les enseignants malades ou en stage… ? Mais c’est bien vrai… voilà une mesure qui répond aux objectifs de la RGPP… Suffisait d’y penser…

 

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 13:24

Nous avons reçu un courrier de notre collègue Froment que nos fidèles lecteurs connaissent bien pour la pertinence de ses connaissances économiques dont il nous gratifie régulièrement.

Le texte qu’il nous adresse aujourd’hui est entièrement consacré aux EPEP. Nous l’accueillons volontiers dans nos colonnes tout en précisant que ses propos ne sont que le reflet d’une analyse toute personnelle.

 

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Depuis quelques mois et notamment depuis l’annonce d’une proposition de loi portant création d’EPEP, le débat a changé de nature. Les discussions souvent animées sur les sites et forums Internet tournent davantage autour des EPEP que du statut de directeur.

 

Parmi les collègues favorables aux EPEP, on n’en trouve guère qui se déclarent totalement satisfaits de la proposition déposée par les parlementaires UMP. Plusieurs points sont soulevés et notamment la présidence du conseil d’administration qui pourrait être confiée au maire. D’autres reproches sont également adressés aux auteurs de ce texte. Pour simplifier le débat, nous les passerons sous silence aujourd’hui.

A l’intérieur du débat, tenants et opposants d’un statut d’établissement s’affrontent. Les premiers font une contre-proposition qui reprend généralement la thèse du GDID. Les seconds manifestent une hostilité de principe que l’on retrouve essentiellement dans les instances syndicales.

 

Toujours pour simplifier le propos de ce jour, je ne m’attacherai qu’à mettre en parallèle les deux projets : celui des députés et celui du GDID (c’est ainsi que nous l’appellerons pour raison de commodité).

 

Si tous deux dressent le même constat : absence de personnalité morale et juridique, d’autonomie financière,  de moyens, faible attractivité de la fonction, décharges d’enseignement insuffisantes…etc., la philosophie de création d’établissement public diverge fortement entre les deux projets.

 

Schématiquement (avec le risque d’être forcément réducteur…), disons que, dans son essence même, le projet du GDID est un instrument offrant de meilleures conditions de travail aux directeurs dans le cadre d’une reconnaissance effective de la fonction (définition des missions, décharge de cours, amélioration indiciaire…). L’EPE (appellation GDID) disposerait d’une réelle autonomie budgétaire et doterait les écoles d’une plus grande égalité de traitement entre communes. Le directeur serait président du CA…

L’objectif de ce projet est double : améliorer le fonctionnement de l’école et les résultats des élèves.

 

 

La logique de la proposition de loi présentée par les trois parlementaires est différente. Certes, nous l’avons dit, le constat de départ est le même. Mais l’objectif visé est tout autre.

Il suffit de se référer aux propos tenus par M. Frédéric REISS, député, auteur de la proposition de loi portant création d’EPEP lorsqu’il a présenté un avis devant l’Assemblée Nationale le 16 octobre 2008.

 

« L’une des conséquences pratiques de l’absence d’autonomie de l’école est que la gestion des emplois de vie scolaire du primaire est assurée par les établissements du second degré, dotés de la personnalité juridique nécessaire ».

[…]

« Le présent avis se nourrit de la conviction du rapporteur que « l’effet chef d’établissement » sur la réussite des élèves d’une école primaire, d’un collège ou d’un lycée est une réalité ».

« Si l’on veut que les unités pédagogiques de l’enseignement primaire et secondaire puissent tenir les engagements fixés par le Parlement, de nouvelles responsabilités doivent être confiées aux directeurs d’école et aux chefs d’établissement ».

[…]

« Le directeur d’école n’a pas, contrairement aux chefs d’établissement du secondaire, la qualité de représentant de l’État. Il est placé sous l’autorité de l’inspecteur de la « circonscription scolaire ».

[…]

« Le directeur n’est qu’un enseignant parmi les autres qui ne bénéficie que d’un statut de fonction ne lui donnant aucun pouvoir hiérarchique sur ses collègues instituteurs ou professeurs des écoles. Il n’intervient ni dans l’évaluation ni dans aucun acte de gestion des enseignants, lesquels relèvent de l’IEN. Ainsi, la notation est du ressort de l’IEN, qui vient inspecter un enseignant en moyenne tous les trois à cinq ans. D’ailleurs, c’est aux IEN qu’il revient, théoriquement du moins, de veiller à la mise en œuvre, dans les écoles primaires, des politiques éducatives définies par l’État, en jouant non seulement un rôle de « contrôleur », mais aussi et surtout un rôle de conseil en matière pédagogique. Or cette dernière fonction, qui est capitale, est loin d’être assurée par les inspecteurs, faute de temps et d’effectifs : environ 1 300 inspecteurs ont la responsabilité de 53 000 écoles publiques et de plus de 300 000 enseignants… Ce constat a fait dire à certains interlocuteurs du rapporteur que l’école primaire ne pourra assumer son rôle de premier vecteur de l’égalité des chances que si l’on donne aux directeurs d’école, qui côtoient les enseignants au quotidien, un statut ou si l’on augmente, de manière significative, le nombre d’inspecteurs ».

[…]

« Il faut bien constater que l’école primaire souffre d’un manque d’esprit collectif que le directeur, qui n’a ni responsabilités ni pouvoirs réels à l’égard de ses collègues enseignants, peine à insuffler.

Certes, il existe un organe de concertation et de coordination pédagogique qui aurait pu faire évoluer les mentalités : le conseil des maîtres […]. Mais, en réalité, celui-ci fonctionne comme une enceinte de « négociations diplomatiques » qui tend à ralentir la mise en œuvre de solutions pédagogiques innovantes et adaptées aux difficultés constatées ».

[…]

« Mais il y a plus grave encore. L’absence de statut consacrant l’autorité hiérarchique du directeur d’école est l’une des explications de l’échec de la mise en place des cycles d’apprentissage au niveau de l’enseignement primaire.

Qui d’autre que le directeur aurait dû assurer la déclinaison des temps d’apprentissage et du service d’enseignement en fonction des besoins des classes et de tel ou tel groupe d’élèves ?

Il n’en a rien été, car les directeurs d’école ne disposent pas des moyens leur permettant de faire entrer dans les faits une politique qui a été définie il y a plus de 15 ans ».

[…]

« Pour autant, la création d’un statut est-elle de nature à régler le problème, crucial, de la contribution d’une direction renforcée à l’amélioration des performances de l’école primaire ?

C’est sous cet angle qu’il faut examiner « la plus-value » que pourrait représenter l’élaboration d’un statut des directeurs d’écoles primaires. Or, de ce point de vue, le rapporteur, tout en étant conscient que, selon un sondage réalisé en 2006, 93 % des directeurs interrogés seraient favorables à un nouveau statut, reste persuadé qu’une telle mesure en soi ne permettra pas à l’école primaire d’améliorer ses performances éducatives ».

[…]

« Il est illusoire de penser qu’à elle seule, la création d’un statut du directeur d’école suffira à améliorer les résultats des élèves de l’enseignement du premier degré si, de son côté, le statut de l’école primaire, qui est aujourd’hui un service municipal, ne connaît aucune évolution.

En liant ainsi le bénéfice du statut du directeur à la création des EPEP, on peut penser qu’une bonne partie des directeurs d’école soutiendraient la mise en place de ce qui devrait être un instrument efficace de réorganisation de l’école primaire ».

[…]

« Quant au directeur de l’EPEP, il représenterait l’État au sein de l’établissement et exécuterait les délibérations du conseil d’administration ».

 

 

 

Il apparaît nettement que la loi proposée par les parlementaires vise, certes, à améliorer les « performances éducatives » mais que l’EPEP est « un instrument efficace de réorganisation de l’école ». Evoquant la mise en place des cycles, M. Reiss le dit clairement : un statut permettra de « faire entrer dans les faits une politique définie il y a plus de 15 ans ». Les pouvoirs donnés au directeur lui permettront d’asseoir son autorité sur son équipe. Il fait même allusion à une « autorité hiérarchique » dont « l’absence est l’une des explications de l’échec de la politique décidée par les pouvoirs publics, notamment dans le domaine pédagogique ».

 

Bref, il est évident que la création d’EPEP telle que proposée par les députés n’a pas pour seule ambition de régler le problème de la direction d’école. M. Reiss « reste persuadé qu’une telle mesure en soi [création d’un statut de directeur] ne permettra pas à l’école primaire d’améliorer ses performances éducatives ».

L’objectif est avant tout de redistribuer une partie des attributions des IEN aux acteurs de terrain avec l’assurance ou l’espoir d’une meilleure mise en œuvre des politiques éducatives…

 

Le débat reste entier. Il nous appartient de tout faire pour convaincre les pouvoirs publics de la nécessité de créer des établissements publics tout en prenant davantage en compte les aspirations des directeurs d’école.

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans EPEP
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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 23:03


L’année 2009 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices pour les directeurs...
La direction d’école est totalement absente des débats, des projets ministériels ou présidentiels, exclue des grands chantiers de l'Education nationale... Pour le commun des mortels, la profession ne rencontre pas le moindre problème puisqu’on n’en parle pas et qu’elle ne fait pas parler d’elle…

 

Certes, fin 2008, un léger espoir de voir évoluer la situation a pu être perceptible : 3 députés UMP avaient déposé une proposition de loi visant à la création d’EPEP. Même imparfaits, ces EPEP étaient une avancée vers une reconnaissance de la profession. On rêvait même de pouvoir influencer les parlementaires pour les aider à améliorer leur proposition de loi.

 

Patatras ! La grève réussie du 20 novembre et les manifestations importantes, la mobilisation lycéenne et les résultats des élections professionnelles du 2 décembre ont contribué à affaiblir le ministre et à renforcer les centrales syndicales.

Xavier Darcos n’a eu d’autre choix que de revenir sur certaines réformes pourtant annoncées comme indispensables et capitales (maternelle, RASED, lycée…) et mettre sous l’éteignoir certaines autres en préparation. Ainsi la création d’EPEP « n’était plus d’actualité »… D’ailleurs, l’un des députés co-auteur de la proposition de loi annonçait le report de la discussion initialement prévue en janvier 2009…  

 

Côté syndical, c'est comme si les directeurs n'existaient pas ou plutôt comme s’ils n'existaient plus... Pourtant, il n’y a pas si longtemps, on les caressait dans le sens du poil. Il faut se souvenir combien on les a flattés d'octobre à début décembre 2008... Ils étaient partout présents. Un encart dans le moindre bulletin syndical, une allusion dans la plus petite revue locale… Bref, ils étaient associés à toutes les actions en cours. Leur sort était dépeint comme peu enviable et il apparaissait comme une priorité à prendre à bras-le-corps pour en finir avec cette injustice qui touchait ces collègues méritants...

 

Puis subitement, plus rien. Dès le 2 décembre au soir, le néant. Silence radio. Eh oui, braves directeurs, les élections professionnelles étaient passées... Par pudeur, sans doute, les principaux syndicats ne l’ont pas dit ouvertement mais on pouvait entendre, tant ils le pensaient fort, le message suivant : « Merci d'avoir contribué à conforter nos positions majoritaires et de nous avoir permis d'obtenir des postes de délégués déchargés. Maintenant, chers collègues, vous pouvez rentrer dans le rang... et reprendre vos activités. Rendez-vous en 2011 pour les prochaines échéances professionnelles ». Car dans le contexte de contestation du moment, beaucoup de directeurs, oubliant leur intérêt propre, ont rejoint dans la lutte les syndicats les plus revendicatifs.

 

 

Report de la proposition de loi visant à la création d’EPEP, indifférence des syndicats et silence assourdissant des directeurs probablement décontenancés par tant de désinvolture à leur égard… Tout semble annoncer une énième année supplémentaire de statu quo pour la direction d’école.

 

"En décrétant le changement, l'immobilisme s'est mis en marche et je ne sais plus comment l'arrêter". Cette citation d'Edgar Faure, ministre de l'éducation nationale juste après mai 1968, semble inventée pour coller à la situation des directeurs d’école 40 ans plus tard.

 

Voilà ce que nous écrivions sur ce site en présentant nos vœux à nos lecteurs et que nous pouvons reprendre en ce début d'année 2009.
Immobilisme ? Statu quo ? Sauf pour l'empilement des tâches et des responsabilités... Nul doute, l’hiver sera long pour les directrices et directeurs de ce pays…

 

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 13:54


L’année 2008 aura été marquée, dans le domaine de l’Education nationale, par une rafale d’annonces et de réformes qui ont souvent pris de court les enseignants, bien sûr, mais aussi les organisations syndicales.

Cours du samedi supprimés, nouveaux programmes, aide personnalisée, suppressions de postes, suppression de RASED, propos sur les enseignants de maternelle, annonce de la création d’EPEP, loi SMA, réforme du lycée…etc. Bref, de quoi donner le tournis à l’enseignant le plus serein !

Les médias ont abondamment commenté ce tourbillon de réformes. Pour les uns, la cohérence est évidente. Pour les autres, il ne s’agit que d’un fatras de mesures prises sans réflexion…

 

A coup sûr, ce que l’on retiendra le plus des mesures Darcos, ce sont les suppressions de postes par milliers (25 000 en 2 ans).

Posant le postulat que personne ne souhaite affaiblir les résultats scolaires de la jeunesse de son pays, tout un chacun se pose alors la question suivante : « Les dépenses de la France pour l’éducation sont-elles à ce point supérieures à celles des pays voisins comparables et les résultats scolaires de ses enfants sont-ils jugés à ce point excellents qu’on puisse réduire fortement les coûts sans nuire à la qualité de l’enseignement ? »

 

Sur le plan des dépenses, la réponse est fournie par l’OCDE :

L’Education nationale française dépense 5430 euros en moyenne par élève en primaire et secondaire, les Etats-Unis et la Suisse (8580 euros), les pays scandinaves, l’Autriche, le Canada (6000 à 6400). La moyenne de l’OCDE est 5343.

Pour le primaire, la France dépense 3575 euros, les pays européens 3861. Pour les collèges, 5434 contre 4648. Pour les Lycées, la France, avec 7150 contre 5362, est à égalité avec l’Allemagne, au quatrième rang européen, n’étant dépassée que par le Luxembourg (12 368), la Suisse (10 723) et la Norvège (8576).

La France consacre au primaire et secondaire (BTS compris), 4,2% de son PIB, plus que la moyenne de l’OCDE (3,9%). Mais elle est parmi les pays dont la part scolarisable de la population (5-14 ans) est la plus élevée. La part du privé, 0,3%, est aussi à la moyenne, elle est nettement plus élevée en Suisse, Grande Bretagne et Allemagne.

Les 5-14 ans suivent, au total, 7500 heures de cours contre une moyenne OCDE de 6800; l’écart est surtout important dans le secondaire.

La France compte 19,4 élèves par enseignant dans le primaire (moyenne OCDE 14,1).

On voit bien que  là où l’effort français est bien moindre, c’est dans le primaire. Dans l’ensemble, les temps d’enseignement imposés à nos enfants de 7 à 14 ans, sont parmi les plus élevés. Quant à la taille des classes, c’est encore le primaire, qui est moins bien loti en France qu'à l’étranger.

 

Quant aux résultats scolaires, ils n’ont rien d’exceptionnel. Selon l’enquête Pirls, les résultats sont décevants. 

Selon l’enquête Pisa, La France qui était 10ème en 2003 descend au 17ème rang, si l'on compare les mêmes pays en 2003 et 2006.

 

 

Alors parviendra-t-on à convaincre les enseignants de la nécessité d’une telle réforme ? Aussi, avons-nous essayé d’y voir plus clair et tenté de dénouer le fil rouge qui a guidé Xavier Darcos tout au long de cette année.

L’un de nos membres s’est transformé en petite souris et a ainsi pu assister, incognito, aux réunions préparatoires qui ont abouti à ces mesures.
Voici son récit…

 

 

7 mai 2007 : Nicolas Sarkozy est élu Président de la République.

 

10 juillet 2007, le Premier Ministre lance le chantier de la  "révision générale des politiques publiques" (RGPP). De nombreux pays de l’OCDE ont déjà commencé à réviser leurs politiques publiques. En clair, il s’agit de « rationaliser les dépenses publiques » pour réduire les déficits afin de satisfaire les exigences de Bruxelles. Le moyen le plus efficace, d’ailleurs énoncé par le candidat Sarkozy durant la campagne présidentielle, est de réduire le nombre de fonctionnaires d’Etat. Les consignes données par l’Elysée sont claires : ne pas remplacer un fonctionnaire partant à la retraite sur deux !

 

Automne 2007 : Réunion au « Château » (l’Elysée pour les non initiés) du G7 (les 7 chouchous du Président à savoir Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Xavier Darcos, Eric Woerth, Nadine Morano).

 

Le Président  - Vous savez que dans quelques mois, je vais assurer la présidence de l’Union Européenne. Je veux que la France montre l’exemple et qu’elle diminue fortement ses déficits publics. Nous allons donc appliquer la RGPP. Je veux que chaque ministère me présente un plan d’économies digne de ce nom. Les premières décisions sont prises.

J’ai demandé à Rachida Dati de fermer environ 200 tribunaux : un TGI (Tribunal de Grande Instance) sur  8 et un TI (Tribunal d’Instance) sur 2.

Hervé Morin va poursuivre la réduction des effectifs dans l’Armée. De 2009 à 2014, nous supprimerons 54 000 emplois civils et militaires ainsi que de nombreuses unités (régiments).

J’ai demandé à Roselyne Bachelot de travailler sur la carte hospitalière : création des Agences régionales de santé, fusion d’établissements au sein de « communautés hospitalières publiques », fermeture d’hôpitaux de proximité, de services de chirurgie et de maternité ;

Bernard Kouchner a pour mission l’allègement du réseau diplomatique français : transformation d’une trentaine d’ambassades en postes de présence diplomatique simple à format allégé et simplifié, poursuite de la fermeture des consulats, notamment en Europe ;

Michèle Alliot-Marie a reçu sa feuille de route. Elle doit réformer la sécurité publique : suppression de 9500 postes en 3 ans (6000 dans la police et 3500 dans la gendarmerie).

Elle est également chargée de voir quelles sous-préfectures il est possible de fermer. Nous allons aussi entreprendre une réforme des services déconcentrés de l’Etat afin de réduire les grandes directions départementales ». 

 

S’adressant au ministre de l’Education nationale, le Président déclare : « Toi, Xavier, tu as décidé le non-remplacement d’un enseignant partant à la retraite sur 2 (environ 25 000 sur la période 2008-2009). C’est un bon début, Xavier, mais c’est nettement insuffisant. Je te rappelle que tu es à la tête du plus gros ministère. C’est sur toi que nous comptons le plus pour réduire les déficits… ».

 

Et le Président de conclure : « Voilà, messieurs, votre mission. Elle est impérative. Bousculez vos services, s’il le faut, mais qu’ils fassent preuve d’imagination. Je veux que les premiers résultats soient connus des Européens avant ma prise de fonction à la tête de l’Europe. Et surtout, n’oubliez pas de bien vendre vos réformes ! »

 

De retour dans son ministère, Xavier Darcos réunit ses principaux conseillers techniques ainsi que le conseiller à la communication de son Cabinet.

« Messieurs, je sors d’une réunion au Château. Le Président est furieux. Les mesures que nous avons déjà programmées sont insuffisantes à ses yeux. Je vous laisse une semaine pour m’en présenter de plus ambitieuses. Quant à vous, monsieur le conseiller à la communication, votre rôle consistera à « habiller » ces réformes pour mieux les faire passer aux yeux de l’opinion et des syndicats.

Vous devez tous faire preuve d’imagination et surtout, ayez toujours présentes à l’esprit les 4 lettres R.G.P.P. »


 

Une semaine plus tard, Xavier Darcos réunit ses conseillers...

 

X. Darcos  - Je vous écoute, messieurs. 

 

Le conseiller chargé des collèges  - Je propose une refonte des collèges. Nous pourrions fermer progressivement les petits collèges de moins de 200 élèves en zone rurale, et de moins de 250 en zone urbaine.

 

Le conseiller à la communication  - Pour faire passer cette mesure, vous évoquez tout simplement la mutualisation des moyens dans les départements… On fera faire 2 ou 3 rapports qui montreront la nécessité d’aller dans ce sens.

 

Le conseiller à l’enseignement scolaire  - Monsieur le ministre, nous avons une vaste réforme à vous proposer. Une réforme qui comporte plusieurs volets mais, vous le verrez, tout s’enchaîne de façon très logique.

D’abord, supprimer les cours du samedi matin. Moins d’heures pour les élèves, on se rapproche de la moyenne européenne. Les enseignants conservent leur volume horaire. L’opinion ne comprendrait pas qu’ils travaillent moins.

Ensuite, devons revoir les programmes. Il convient naturellement de les alléger pour répondre à la réduction de l’horaire scolaire.

 

Le conseiller à la communication  - Nous en profitons pour revenir aux fondamentaux. C’est ce que notre électorat attend de nous : des méthodes traditionnelles qui ont fait leurs preuves.

 

Le conseiller à l’enseignement spécialisé  - dans la même logique de réduire l’échec scolaire, nous pourrions demander aux enseignants de prendre en charge les enfants en difficulté, par petits groupes, à raison de 2 heures par semaine, après les cours, le midi ou le soir...

 

X. Darcos  - je vous rappelle, messieurs, que nous devons suivre le fil rouge de la RGPP. C’est la mission que nous confie le Président.

 

Le conseiller à la communication  - Justement, monsieur le ministre… Nous sommes dans le droit fil des obligations de la RGPP… Puisque les enseignants ont 2 heures pour assurer une aide personnalisée, nous pouvons supprimer les RASED qui n’ont plus lieu d’être… Nous économisons 3000 postes par an pendant 3 ans…

 

X. Darcos  - mais c’est génial, messieurs. Vous avez d’autres idées de cet acabit ?

 

Le conseiller à l’enseignement préscolaire  - Nous pouvons probablement récupérer des postes en première année de maternelle. En quelques années, le taux d’accueil des élèves âgés de deux ans est passé de plus d’un tiers à un seulement un cinquième (20,9 % à la rentrée de 2007). Je propose de poursuivre cette évolution.

 

X. Darcos  - Les Français sont attachés à leur maternelle…

 

Le conseiller à la communication  - C’est exact. Aussi, j’ai pensé à un argument qui peut faire mouche. Il vous suffirait de déclarer : "Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?"

 

X. Darcos  - Très juste. Merci. Quoi d’autre ?

 

Le conseiller chargé des regroupements d’écoles  - Pour ma part, j’ai envisagé de relancer les EPEP. En regroupant les établissements, on peut espérer diviser le nombre d’écoles par 2 environ…

 

X. Darcos  - Sujet sensible. Les syndicats s’y sont toujours opposés…

 

Le conseiller à la communication  - Pour éviter qu’on ne prenne cette mesure pour une provocation, nous commanderons là aussi quelques rapports qui iront dans le sens de ceux dont nous disposons déjà. Je suggère que nous demandions à quelques parlementaires de déposer une proposition de loi sur le sujet. Ainsi, ce serait un souhait des représentants du peuple et les syndicats auraient plus de mal à combattre cette réforme…

 

Le conseiller aux relations avec les associations  - Il est possible de grappiller quelques centaines de postes dans les associations qui gravitent autour de l’école notamment en réintégrant les enseignants mis-à-disposition…

 

X. Darcos  - Vous semblez faire fi des réactions syndicales… Les syndicats vont organiser grèves et manifestations.

 

Le conseiller à la communication  - Le risque n’est pas mince, en effet. Aussi, monsieur le ministre, avons-nous pensé qu’il serait temps de créer un service minimum d’accueil dans les écoles. Mais il faut le faire par la loi : la loi SMA. Nous aurons mis les syndicats sous l’éteignoir le jour où le Président pourra affirmer : "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit"…

 

X. Darcos  - Tout cela est excellent, messieurs. Vous avez fait preuve d’imagination pour coller aux impératifs de la RGPP et je vous en félicite. Nous allons nous arrêter là aujourd’hui. Je dois maintenant assister à la réunion du G7. Le Président compte faire le point sur l’avancement de la RGPP…

Je vous laisse une semaine pour me proposer des réformes sur le lycée. Mais attention toujours de la même veine... N’oubliez pas de suivre le fil rouge de la RGPP. Il vous faut travailler à la fois sur la réduction d’heures de cours aux élèves et sur la dotation globale horaire. Il y a là un gisement de postes à récupérer. Mais attention : comme pour le primaire, essayez de trouver une cohérence plausible dans ce que vous me proposerez. Il ne faut pas que nos réformes donnent l’impression de n’exister que pour supprimer des postes… ».

 

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Notre petite souris nous a dit : « Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé serait fortuite ou involontaire... »

Néanmoins, d’après le Canard Enchaîné du 22 octobre 2008, Xavier Darcos aurait confié à ses collaborateurs :

« La plupart des mesures que je prends servent surtout d’habillage aux suppressions de postes. »

 


Le ministre a tellement collé aux impératifs de la RGPP, en suivant le fil conducteur de réduction des déficits qu’il en a oublié que ce fil rouge pouvait ressembler à un élastique…

 

Or, chacun le sait, quand on tire trop sur un élastique, il arrive qu’il casse…


 

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 10:13

A Saint-Lô (Manche), tout est prêt pour accueillir le Président de la République qui a choisi ce lieu « tranquille » pour présenter ses vœux au corps enseignant. Nicolas Sarkozy devrait s’y sentir à l’aise. En effet, La Manche est un départemental rural, Saint-Lô est une des plus petites préfectures de France, majorité départementale UMP, député UMP, mairie UMP.

Au-delà des vœux, le Président prononcera un grand discours sur les réformes en cours à l’Education nationale au moment où Xavier Darcos se voit contraint d’infléchir sa politique sur les sujets les plus controversés (maternelle, RASED, lycée…).


Les syndicats enseignants ont clairement annoncé leur refus de participer aux vœux de Saint-Lô. Au même moment, ils donneront une conférence de presse à Paris.

Sur le terrain, il n’est pas impossible que la visite présidentielle soit troublée par des manifestants locaux. Même si toutes les précautions sont prises pour que soit préservée la sérénité de la cérémonie ainsi que l’explique une enseignante de l’école Calmette et Guérin qui accueillera le chef de l’Etat ce matin :

« Depuis lundi, toute la vie de l’école ne tourne qu’autour de cette visite : coups de téléphone, réunions avec les inspecteurs, pressions de la mairie pour rénover l’école (et oui ! vous n’imaginez pas tout ce qui est possible de faire d’un coup...alors que ça fait des mois que nous réclamons ces travaux !) Nous subissons également des pressions sur notre attitude... nous avons décidé de ne pas nous mettre en grève et de montrer notre professionnalisme, sans cirage de pompe !!! Nous serons extrêmement vigilants sur nos propos, nous ne manquerons pas l’occasion de nous exprimer ! »

 

Nicolas Sarkozy devrait évoquer la réforme du lycée et "faire des annonces" sur ce sujet. Il s'était personnellement impliqué en lançant la réforme à ses débuts le 2 juin 2008. Puis, le 16 décembre, il avait confirmé le report en mettant en avant la nécessité de la concertation.


Le Président annoncera la création d'un Haut commissariat à la Jeunesse qui pourrait, entre autres, se charger de réfléchir à la réforme du lycée, repoussée d'un an.

"L'un des axes du propos présidentiel sera consacré au malaise de la jeunesse. Ce n'est en effet, selon le chef de l'Etat, pas tant la réforme du lycée qui a précipité les jeunes dans la rue qu'une inquiétude liée à leur avenir"

"Il entend s'intéresser aux problèmes de la jeunesse déscolarisée comme à ceux des diplômés qui entrent sur le marché du travail" et pour cela il annoncera la création d'un Haut commissariat sur le modèle du Haut commissariat aux solidarités actives piloté par Martin Hirsch.

L'ancien président d'Emmaüs pourrait hériter de cette nouvelle fonction et trois personnes seront chargées d'y réfléchir à la réforme du lycée. Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, serait nommé au sein de cette équipe de trois personnes.

Il devrait également rendre hommage à l’école maternelle. Son ministre tient depuis plusieurs semaines des propos apaisants sur le sujet.   

 

Le tollé provoqué par les déclarations du ministre sur « les couches », le succès de la carte-pétition maternelle, la grève du 20 novembre, le résultat des élections professionnelles… autant d’éléments qui ont sans doute amené Xavier Darcos à infléchir ses déclarations : « excuses » aux enseignantes de maternelle, réaffirmation que « l’école maternelle accueille aussi les enfants de 2 à 3 ans particulièrement dans les secteurs difficiles ruraux et urbains », signature d’un partenariat avec l’Ageem qui réaffirme « la place essentielle de l’école maternelle au sein du système éducatif français » et qui permettra l’actualisation et la réédition du document « Le langage à l’école maternelle ».

Enfin, dernièrement, le ministre a envoyé une lettre au SNUipp en réponse aux différentes interpellations de ce dernier. Il y déclare notamment : « L'école maternelle est une vraie école, sur le fondement d'une pédagogie et de modalités d'organisation spécifiques prenant en compte les besoins des jeunes enfants" écrit-il. "J'y suis fortement attaché ». Il propose de réactiver un groupe de travail paritaire pour « contribuer à l’élaboration d’un plan national de formation tant initiale que continue, des enseignants de maternelle ». Il revient sur les documents d’accompagnement des programmes de 2002 en indiquant que certains d’entre eux pourront être « repris » et « adaptés ».

Nul doute que le Président aura à cœur de dire, lui aussi, tout le bien qu’il pense de l’école maternelle.

 

Quels seront les autres thèmes abordés par le chef de l’Etat ? Réitèrera-t-il le discours-programme de Périgueux le 15 février 2008 ?  Ce jour-là, le président de la République avait vanté le retour à la mémorisation des connaissances et à l'autorité dans les établissements. "Tout groupe humain, quel qu’il soit, a besoin d’être dirigé. Les équipes enseignantes n’échappent pas à la règle".

 

Evoquera-t-il la proposition de loi portant création d’EPEP déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale en décembre 2008 ? Rappelons que cette proposition de loi qui devait être étudiée en janvier par le Parlement est reportée à « février-mars »…

Benoist Apparu, député (UMP) de la Marne et co-auteur du texte avec Frédéric Reiss (UMP, Bas-Rhin), et Guy Geoffroy (UMP, Seine-et-Marne) évoque un "problème de calendrier" dû au retard pris dans l’examen de certains textes à l’Assemblée nationale. Pour autant, assure Benoist Apparu, "la volonté politique" de mettre en place les Epep reste inchangée. Frédéric Reiss a été désigné rapporteur pour la commission des affaires culturelles. "Il a d’ores et déjà lancé un travail d’auditions", précise Benoist Apparu.

 

Les parlementaires à l’origine de la proposition de loi souhaitent prendre le temps de la concertation, avec l’AMF (association des maires de France) notamment. L’objectif est "de ne pas rééditer les erreurs commises sur le SMA (service minimum d’accueil)".

"Les relations se sont tendues à l’Éducation nationale, ce qui ne simplifie pas la mise en œuvre d’une nouvelle réforme", explique le député de la Marne. "Il est évident aujourd’hui qu’on ne peut pas passer ’à la hussarde’ sur un projet comme celui-ci", estime-t-il. En tout état de cause, poursuit le député, la proposition de loi ne pourra s’appliquer en 2009.

 

Ce communiqué ressemble à s’y méprendre à un enterrement de première classe. Certes, la modification de la Constitution a institué de nouveaux droits aux parlementaires. Mais il ne suffit pas qu’une loi soit votée pour qu’elle entre en vigueur. Encore faut-il que les décrets d’application soient publiés. Et cela, c’est du ressort du Président. Or, en France, au 30 septembre 2008, le taux d’application de la loi était de 24,6 %. Oui, seulement un quart des lois ! Et ce chiffre est en recul par rapport à 2006-2007, où il était de 32,1 %.

 

Le président de la République ne prendra certainement pas le risque de rallumer un nouveau foyer alors qu’il doit éteindre ceux provoqués par sa politique de réduction des effectifs (lire nos précédents articles sur l’application de la RGPP). D’ailleurs, X. Darcos n’a-t-il pas laissé entendre aux syndicats que cette réforme « n’était plus d’actualité ».


Il y a donc fort à craindre que les directeurs d’école seront, à Saint-lô, comme ailleurs, les « oubliés » du discours présidentiel…

 

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 14:56

"En décrétant le changement, l'immobilisme s'est mis en marche et je ne sais plus comment l'arrêter". Cette citation d'Edgar Faure, ministre de l'éducation nationale juste après mai 1968, semble inventée pour coller à la situation des directeurs d’école 40 ans plus tard.

 

 

Certes, même si l’on ne voit rien venir, ne perdons pas tout espoir… Ainsi, chez nos voisins Suisses, dans le canton de Genève, à la rentrée de septembre 2008, les écoles ont été transformées en établissements et dotées d’un directeur...

Une situation qui n’est pas sans rappeler la réforme (en pause) de la création d’EPEP… A la différence près que nos voisins n’ont pas lésiné sur le statut du directeur… Les directeurs français n’en demandent pas tant. Ils se contenteraient de bien moins…

…Mais, dis-moi, M’sieu, c’est loin, la Suisse ?

 

-------------------------------------------

 

 

93 directeurs ont été nommés à la tête des écoles primaires du canton, dont certaines ont fait l’objet d'un regroupement. Ils auront pour mission et responsabilité de gérer :

 

Ø  l'enseignement en concertation avec l’équipe enseignante (gestion du projet d'école, affectation des postes, organisation des classes, planification du conseil des maîtres, gestion du parcours de l'élève, etc.) ;

 

Ø  les ressources humaines et financières de l’école (recrutement des enseignants, accueil des nouveaux enseignants, évaluations périodiques, organisation des remplacements, soutien hiérarchique, plan de formation continue, gestion des absences et congés, etc.) ;

 

Ø  la sécurité des élèves ;

 

Ø  les relations avec les partenaires (autorités cantonales et communales, familles, associations de parents, etc.) ;

 

Ø  le conseil d’établissement.

 

 

Pourquoi ce changement ?

 

Vieux de quarante ans, le système ne répondait plus à l’évolution des quartiers, des établissements. Les besoins d’une autorité de proximité ont clairement été exprimés par les parents. Une enquête santé a aussi montré que bien des enseignants identifiaient leurs problèmes de stress, de manque de soutien, de « burnout » (épuisement professionnel) à l’absence totale d’une telle autorité.

 

Premier bilan

 

La plupart des enseignants sont satisfaits de ce soutien qui permet de renforcer l’autonomie de gestion de leur école et l’insertion dans le quartier. Il est cependant légitime que sur 93 directeurs, certains éprouvent des difficultés. La responsabilité de l’institution consiste à les identifier. Un suivi intensif est ainsi en cours.

 

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Dans quelques jours, notre blog reprendra son activité avec le même souci de qualité et d’indépendance vis-à-vis du pouvoir ou des organisations syndicales. Nos lecteurs, de plus en plus nombreux, continueront d’y trouver informations, réflexions et analyses relatives à tout ce qui touche de près ou de loin à leur métier de directeur d’école.

 

L’équipe rédactionnelle de « Directeurs en lutte » vous présente ses meilleurs vœux pour 2009 et souhaite vivement que cette nouvelle année voie enfin la direction d’école reconnue et dotée d’un statut professionnel.


 

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 18:29


La Cour des comptes publie un rapport thématique intitulé « Les communes et l’école de la République » le 16 décembre 2008.

Ce rapport a été élaboré par un comité rédactionnel et par un comité de pilotage, à partir des enquêtes effectuées par la Cour des comptes et des chambres régionales des comptes.

 

Nous avons décidé d’en publier de larges extraits dans nos colonnes. Notamment ceux qui traitent de l’EPEP et du statut du directeur d’école.

 

 

« Une expérimentation inaboutie : l’EPEP »

 

La Cour dresse le constat de « l’expérience inaboutie de l’établissement public d’enseignement primaire – EPEP » : l’absence de publication du décret d’application déterminant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’EPEP n’a pas permis d’engager des expérimentations et la conduit « à se demander si l’EPEP est toujours d’actualité ».

Il est vrai que depuis de nombreuses années, on assiste à un développement de l’intercommunalité alors que l’organisation des écoles évolue peu.

 

Il faut cependant noter l’augmentation régulière du nombre de RPI (regroupement pédagogique intercommunal), ainsi que la proposition de loi sur les EPEP qui devrait permettre de faire évoluer la situation actuelle des écoles d’au moins 15 classes.

En effet, une proposition de loi relative à la création des EPEP a été déposée le 25 septembre 2008 et devrait être examinée au cours du premier trimestre 2009. Cette proposition a pour but de relancer la mise en place de ces établissements dont l’expérimentation était prévue dans la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales.

Ce projet prévoit la création d’EPEP à partir de 15 classes, et facultative à partir de 13 classes. Les collectivités territoriales auraient également la possibilité de regrouper plusieurs écoles pour permettre la création d’un EPEP.

Ces EPEP seraient dotés d’une autonomie juridique et financière et seraient dirigés par un directeur, qui deviendrait le représentant de l’Etat à l’école et l’interlocuteur unique des collectivités territoriales. La mise en place de ces établissements implique donc nécessairement de réfléchir au statut de ces directeurs d’EPEP notamment par rapport à celui de directeur d’école.

 

Le décret d’application, sur lequel un avis positif a été rendu par le Conseil d’Etat, n’était pas encore publié lors de la rédaction du présent rapport. L’EPEP soulève, en effet, de nombreuses questions relatives au statut de l'école primaire et à celui de ses directeurs, qui ont entraîné des réactions réservées. L’absence d’un lien clairement établi entre les principaux problèmes de l’enseignement du premier degré et les caractéristiques du statut actuel de l'école a été évoquée pour mettre en doute l’intérêt de ce nouveau cadre juridique, de même que l’existence d’autres dispositifs qui permettent d’ores et déjà une organisation spécifique des écoles sans formalisation juridique nouvelle, que ce soit en zone rurale, avec les écoles intercommunales, les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) ou les réseaux d'écoles (RRE), ou bien en zone urbaine, avec les réseaux ambition-réussite.

 

L’absence de publication du décret d’application ne permet pas d’engager des expérimentations. Elle conduit même à se demander si l’EPEP est toujours d’actualité.

Les caisses des écoles ont une « utilité juridique », dans la mesure où les écoles ne disposent pas de la personnalité morale.

La question se poserait en d’autres termes, si l’établissement public d’enseignement primaire (EPEP) voyait le jour. Cette nouvelle entité, disposant de la personnalité morale, deviendrait le porteur juridique de l’ensemble des projets et actions actuellement poursuivis par les caisses des écoles.

 

 

« Les conditions d’exercice de la fonction de directeur d’école »

 

Le cadre de gestion dans lequel s’insèrent les relations entre la commune et ses écoles pourrait être amélioré. La fonction de directeur d’école est aujourd’hui considérée comme peu attractive alors qu’elle recouvre l’exercice d’une responsabilité essentielle pour le bon fonctionnement de l’école et constitue un lien indispensable permettant d’articuler les préoccupations pédagogiques qui sont de la compétence exclusive des enseignants et les questions administratives qui relèvent d’un domaine partagé avec les autorités communales. Cette fonction de direction gagnerait à être redéfinie.

 

Aussi est-il recommandé : aux services de l’Etat concernés de favoriser une résorption des disparités constatées, notamment :

 

Ø  en redéfinissant la fonction de directeur d’école pour que celle-ci soit en adéquation avec les responsabilités administratives qui résultent de la mise en œuvre d’une politique publique partagée impliquant des actions diversifiées.

 

Ø  La fonction de directeur d’école doit en conséquence être redéfinie et mieux organisée dans un cadre institutionnel rénové.

 

 

Rappelant l’accroissement et la diversification des tâches et des responsabilités des directeurs d’école, la Cour formule un double constat :

 

Ø  le régime des décharges de service mobilise des moyens importants et laisse encore [4 directeurs d’école sur 10] à l’écart de l’attribution de décharges spécifiques ;

 

Ø  le nombre de postes vacants illustre la nette désaffectation pour cette fonction.

 

 

A - Les conditions d’exercice de la fonction de directeur d’école

 

1 - L’extension des charges et responsabilités des directeurs

 

La charge de travail et les responsabilités des directeurs d'écoles se sont considérablement accrues au cours des 10 dernières années : le directeur d’école doit non seulement assurer la coordination entre les enseignants, diffuser les instructions, les objectifs et les programmes officiels, gérer l'accueil et la sécurité des élèves, mais il est également l'interlocuteur des parents, du maire, des associations périscolaires ou des aides-éducateurs. Il a donc besoin de temps pour assumer ces tâches importantes dans la vie de l’école.

Les tâches et responsabilités du directeur d’école sont diverses et mériteraient d’être mieux définies. Ce constat a suscité de nombreuses propositions visant à conforter son rôle. Ainsi le rapport de la commission Fauroux a proposé de lui attribuer un statut de chef d’établissement.

Par la suite, le rapport Pair a repris cette suggestion, et a proposé de créer un établissement public d’enseignement du premier degré ayant pour vocation de rassembler les écoles relevant du secteur d’un même collège. Enfin, le rapport Ferrier a proposé de « conforter les directeurs d’écoles dans leurs attributions et d’améliorer leur situation en matière de décharges d’enseignement ».

La volonté affichée d’accorder des décharges aux enseignants acceptant d’assurer les fonctions de directeur d’école se traduit, en pratique, par l’affectation de moyens importants.

 

2 - L’extension des décharges d’enseignement

 

La direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) a ainsi indiqué que 8 996 emplois (soit 2,9 % de l’effectif total des corps d’enseignants) étaient affectés à la rentrée 2005 aux décharges de directeurs d’école. De 2001 à 2005, 1 195 emplois supplémentaires, soit 27 % des emplois créés, ont été implantés au titre de l’encadrement des établissements scolaires.

Par ailleurs, dans les zones  d’éducation prioritaire, les régimes de décharges sont plus favorables que sur le reste du territoire : le surcoût correspondant est estimé par la DGESCO à 500 emplois environ.

Enfin, par une note de service n°2006-104 du 21 juin 2006, une extension du régime actuel des décharges a été décidée en faveur des directeurs des écoles de quatre classes, ce qui a augmenté encore les moyens affectés à cette politique : le coût de cette attribution d’un quart de décharge aux directeurs d’écoles de quatre classes est évalué à 1 700 emplois. Cette réforme laisse toutefois encore à l’écart de l’attribution de décharges spécifiques environ 42 % des directeurs d’école primaire. Il s’agit pour l’essentiel de directeurs de petits établissements.

 

Cette question des décharges est d’autant plus sensible qu’une nette désaffection pour la fonction de directeur d’école se manifeste depuis plusieurs années.

De ce fait, bon nombre d’établissements scolaires demeurent dépourvus d’encadrement. La DGESCO a ainsi indiqué à la Cour que les postes de direction étaient vacants dans 4 196 écoles à la rentrée 2005, même si les fonctions correspondantes étaient généralement assurées par un enseignant chargé de l’intérim pour la durée de l’année scolaire. Parmi celles-ci, 2 913 étaient des écoles de deux à quatre classes, 1 168 des écoles de cinq à neuf classes et 195 des écoles de 10 classes et plus. En définitive, la DGESCO constatait que 69,4 % des postes de direction étaient vacants dans les écoles de deux à quatre classes, ce qui est considérable.

 

Paris : un cas particulier

 

La ville de Paris consent un important effort budgétaire en faveur des directeurs d’écoles. Le recteur de l’académie de Paris indique à cet égard qu’ « une des raisons qui expliquent le financement complémentaire de la part de la Ville de Paris est la part prise par les directeurs à des tâches administratives qu’ils accomplissent dans certains cas pour la commune (décompte des effectifs, service de cantine, service d’études, collecte des participations des parents) ».

L’intervention de la ville de Paris a donc pour résultat que tous les directeurs d’école parisiens bénéficient d’au moins une demi-décharge, quelle que soit la taille de leur école.

 

 

B – La désaffection pour la fonction de directeur d’école

 

S’agissant des directions vacantes, il faut tout d’abord préciser que sont appelés « vacants » les emplois de direction pourvus au titre de l'année scolaire à titre provisoire par des enseignants du premier degré non inscrits sur la liste d'aptitude à l'emploi de directeur d'école ou non nommés à titre définitif selon les dispositifs du décret n° 89-122 du 24 février 1989. Il n’y a donc pas absence d’exercice de fonctions. Ces « vacances » donnent lieu à une nomination d'un enseignant chargé de l'intérim pour la durée de l'année scolaire.

Le nombre d'emplois de directeur d'école maternelle et élémentaire de deux classes et plus, hors écoles spécialisées et hors écoles d’application, ainsi occupés à titre provisoire, a décru depuis 1999.

 

 

sept-08

sept-07

sept-06

sept-05

sept-04

3218

3564

3900

4196

4443

 

 

 

 

 

sept-03

sept-02

sept-01

sept-00

sept-99

4675

4557

4536

4505

4105

 

 

En 2007, les « vacances » représentaient 8 % du nombre des directions ordinaires. L’ensemble des mesures prises en faveur des directeurs d’école depuis 2002 (conditions d’accès, revalorisation indemnitaire et indiciaire) a eu un impact positif sur la situation de la direction d’école.

Les directeurs d’école bénéficient au cours du premier trimestre de l’année scolaire 2008-2009 d’une revalorisation de l’indemnité de sujétions spéciales (ISS) qui était de 1295 euros depuis janvier 2007. Ils vont percevoir une part complémentaire d’ISS versée en une seule fois. Le taux de cette part complémentaire est de 200 € pour les directeurs des écoles comptant de une à quatre classes, de 400 € pour les directeurs des écoles comptant de cinq à neuf classes et de 600 € pour les directeurs des écoles comptant dix classes et plus.

 

La Cour recommande de redéfinir la fonction de directeur d’école, qui recouvre l’exercice d’une responsabilité essentielle pour le bon fonctionnement de l’école et constitue un lien indispensable permettant d’articuler les préoccupations pédagogiques et les questions administratives.

 

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Ce rapport de la Cour des Comptes, pour important qu’il soit, n’est qu’un rapport de plus sur le fonctionnement des écoles et la situation de leurs directeurs.

 

A peine remis au ministre, ne risque-t-il pas de se retrouver très vite aux côtés des nombreux autres rapports qui s’entassent dans les armoires du ministère ?

Il y a tout lieu de le penser pour plusieurs raisons :

-       L’affaiblissement du ministre est tel qu’il a perdu la maîtrise de la communication, élément essentiel dans la mise en place de réformes

-       X. Darcos a marqué un certain nombre de reculs importants sur diverses réformes qu’il présentait comme capitales à ses yeux

 

Enfin, s’agissant particulièrement des EPEP, Claude Thélot, Inspecteur Général de l’Education Nationale, a déclaré que « chacun sait qu’il faut transformer les écoles primaires en établissements publics mais cela ne se fera pas car les syndicats enseignants y sont opposés ».

 

X. Darcos a récemment fait comprendre que, « nonobstant la proposition de loi émanant d’un groupe de trois députés, il n’ouvrirait pas ce dossier ». (cf notre article « X. Darcos : après les annonces, les reculs).

Et comme le déclare très justement Luc Ferry, dans le Figaro : « Malheureusement quand on reporte une réforme, ça signifie en langage politique qu'elle est enterrée ».

 

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:09

Face à la contestation, le ministre est contraint de changer de ton. Aux défilés de lycéens contre les réformes Darcos se sont ajoutées des manifestations de parents et enseignants à l'appel du collectif « L'Éducation est notre avenir ».


Malgré les rodomontades d’après manifestation du genre “même pas peur”, on voit bien que Xavier Darcos semble reculer après chaque manifestation ; ça ressemble de plus en plus à un recul.

Sur Europe 1, à la question de savoir si le ministre allait revoir ses réformes, M. Darcos a répondu : “je ne suis pas ministre de l’hésitation nationale, j’ai un devoir pour les générations futures”. Problème pour le ministre : les générations présentes peinent à imaginer un futur. Quand elles l’entrevoient, c’est d’un mauvais œil.

 

Depuis la grève réussie du 20 novembre, le ministre de l’Education Xavier Darcos a singulièrement modéré le ton. Sans vouloir céder sur le fond de ses réformes, il semble désormais prêt à des concessions.

 

 

La maternelle

 

Confronté à une contestation tous azimuts, le ministre a d’abord tenté de désamorcer la colère dans le primaire. «Si j’ai blessé les enseignants de maternelle parce qu’on a déformé mes propos, je leur présente tous mes regrets et mes excuses», a-t-il déclaré le 3 décembre.

Il ajoute «nous accueillons tous les enfants de trois ans sans exception et là où c’est possible ou nécessaire, nous accueillons les enfants plus jeunes, les 2-3 ans».

 

 

La réforme du lycée

 

Le projet de réforme du lycée se réduit comme peau de chagrin. On verra ce qu’il en est pour la seconde dont le projet final sera présenté mardi prochain. Mais le recul semble réel pour la Première et la Terminale. Alors qu’initialement, il était envisagé de supprimer les filières voilà qu’il déclare que pour «la première et la terminale, nous n’avons pas d’intentions extrêmement novatrices dans ce domaine, parce que vous retrouverez toujours des dominantes, qui sont le professionnel, le technologique, le littéraire, l’économique et les scientifiques, c’est très difficile d’imaginer autre chose».



Le service minimum d’accueil (SMA)

 

Sur ce dossier aussi, X. Darcos a reculé. Recevant les maires très remontés contre ce transfert de charges, il a indiqué que le dispositif serait aménagé pour les petites communes. Les poursuites judiciaires seront abandonnées contre elles.

 

 

Les RASED

 

Il a aussi quelque peu cédé sur la question des maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire. Quelque 3 000 postes vont bien être supprimés en 2009. Mais il a précisé que la saignée s’arrêterait là.

 

 

Les EPEP

 

Lors d’une audience accordée au SE-Unsa le 5 décembre dernier, concernant les EPEP, en réponse à un exemple d’un nouveau passage en force à ne pas commettre, le ministre a fait comprendre que, « nonobstant la proposition de loi émanant d’un groupe de trois députés, il n’ouvrirait pas ce dossier ».

 

 

Comme nous n’avons cessé de l’écrire dans nos derniers articles, le ministre sort considérablement affaibli de la grève réussie et de la mobilisation importante du 20 novembre, de l’échec partiel de la mise en œuvre du SMA le même jour, de la forte contestation des élus, des élections professionnelles qui ont mis en évidence une poussée des votes protestataires…

X. Darcos est donc contraint de battre en retraite sur de nombreux dossiers épineux… Sans oublier la contestation du monde lycéen qui peine à s’arrêter et qui donne des sueurs froides à tout gouvernement… Il faut dire que les ministres de l'Education destitués à la suite de mobilisation lycéenne d'ampleur ne sont pas rares.

 

 

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 16:04


L’inspecteur d’académie des Bouches-du-Rhône, comme plusieurs de ses collègues, passe aux actes et met en demeure les enseignants qui déclarent ne pas mettre en œuvre le soutien aux élèves en difficulté dans le cadre des « 24+2 ».

Extraits : « Je tiens à vous rappeler en effet qu’aucun fonctionnaire n’a la faculté de définir les tâches qu’il souhaite accomplir et celles dont il ne veut pas s’acquitter. Il est tenu de mettre en oeuvre l’ensemble des missions qui sont contenues dans les textes définissant son service. La non exécution de tout ou partie de ces missions s’assimile donc à un service non-fait qui, outre des retraits sur salaire, peut se traduire également par des sanctions disciplinaires. Ainsi, le refus d’assurer les heures de soutien aux élèves en difficulté constitue-t-il une forme de de service non fait qui sera sanctionnée du retrait du trentième du salaire pour chacun des jours où ce service n’aura pas été assuré conformément à l’emploi du temps validé par l’inspecteur de circonscription. (…) Au delà de cet aspect réglementaire, l’attitude qui consiste à pénaliser des élèves, et singulièrement les élèves les plus fragiles est particulièrement choquante : elle est bien peu conforme aux idéaux que les maîtres de l’école primaire se sont attachés à promouvoir depuis toujours. Je demande donc aux quelques enseignants qui seraient tentés par cette attitude inacceptable d’y renoncer, faut de quoi je me verrai contraint d’en tirer toutes les conséquences ».

 

Plusieurs enseignants sont ainsi menacés de sanctions.  Après B. Cazals, c'est Jean-Marc Hostachy, en PACA, qui est mis en demeure de mettre en œuvre l'aide individualisée.

 

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