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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 09:33

Juste avant de nous prononcer, jetons un coup d'oeil rapide sur la politique scolaire des deux finalistes dans leur région respective...

 

Ségolène Royal et l'école en Poitou-Charentes

 

"L'éducation est au cœur des priorités de la région" proclame le site Internet du Conseil régional. C'est aussi ce que montre le budget régional où l'éducation et la formation sont les premières dépenses (400 M). Pour autant le Conseil régional met en avant sa maîtrise du budget : une baisse de l'endettement, des économies, un taux d'endettement et une pression fiscale inférieurs à la moyenne nationale. Poitou-Charentes ferait partie du "carré vertueux" des 4 régions les mieux gérées.

 

Pourtant certaines dépenses nous ont fait sourire. Ce fut le cas en juin dernier quand le Conseil régional a décidé d'offrir à chaque interne une paire de… charentaises ! (les mêmes internes bénéficient depuis 2004 du prêt d'un ordinateur portable). Passons outre : le budget régional aligne des dépenses que l'on retrouve ailleurs : la gratuité des manuels scolaires et du matériel professionnel, le haut débit dans tous les lycées (un petit exploit quand même dans une région rurale), des actions de lutte contre le décrochage, un développement rapide et soutenu de l'apprentissage… Où trouver la "patte" de S. Royal ? 

 

La politique éducative de S. Royal a pourtant un élément unique. La présidente du Conseil régional a innové en 2005 avec "le budget participatif lycéen" (BPL), maintenant généralisé auprès des 93 lycées et EEA de la région. L'idée est résumée dans un slogan où on reconnaîtra des thèmes de la campagne présidentielle : "Partager les décisions pour prendre les bonnes. Décider ensemble pour agir juste".

 

Plutôt que de décider ce qui est bon pour les établissements, le Conseil régional a mis en place une procédure consultative qui à terme devrait concerner 10% du budget. Chefs d'établissement, mais aussi professeurs, personnels non-enseignants, parents d'élèves, lycéens sont invités à choisir ensemble les projets qu'ils estiment prioritaires pour mieux vivre et travailler au lycée. La consultation s'organise en deux réunions. Durant la première, les participants travaillent en sous-groupes et formulent des propositions. Les demandes sont ensuite chiffrées par les services régionaux. Lors d'une seconde réunion, les participants débattent des projets prioritaires. Proviseur ou lycéen, chacun dispose de 10 voix qu'il peut affecter librement sur les projets présentés. Le Conseil régional adopte les demandes par ordre de priorité.

 

Le BPL peut financer des projets d'amélioration de la vie lycéenne. Ainsi un lycée poitevin a acquis avec cet argent un mini bus, un établissement des Deux Sèvres a investi dans un journal lycéen. Le BPL sert aussi à aménager ou équiper des locaux. Un EREA a fait construire un préau, un lycée a aménagé un terrain de basket, un autre une maison des lycéens. Le BPL peut aussi financer des projets inter-établissements comme une aide aux échanges culturels.

 

Mais le BPL semble aller plus loin. Il favorise l'investissement dans la vie de l'établissement, le dialogue entre les différents acteurs (professeurs, lycéens, parents etc.) et finalement la qualité du climat scolaire. Il semble aussi marquer un style personnel et un rapport plus démocratique au pouvoir. "Après avoir vanté les mérites de la Démocratie Participative, Madame la Présidente innove avec la Démocratie Silencieuse. Le silence, voilà bien pour Madame la Présidente, le meilleur débat démocratique" estime l'opposition UMP. "La démocratie participative est devenue une réalité dans notre région, avec par exemple la généralisation des budgets participatifs des lycées, qui permettent de faire des choix au plus près des attentes de celles et ceux qui vivent et travaillent dans les établissements" répond la majorité PS. Ce qui est sûr c'est que les deux opinions ont droit de parole. Dans la région de S. Royal le débat est autorisé.

 

 

Nicolas Sarkozy et l'école dans les Hauts-de-Seine

 

Un budget richement doté. N. Sarkozy a succédé à Charles Pasqua à la tête d'un département qui a une caractéristique forte : c'est le département le plus riche de France. Aussi, même si l'éducation n'est pas la priorité du conseil général (c'est le logement), les collèges (ils sont une centaine) bénéficient de 102 millions de dépenses d'investissements et 9 millions pour le soutien scolaire. Isabelle Balkany pilote l'action éducative du département.

 

Le département mise sur les nouvelles technologies. Le conseil général soutient un  projet de télévision éducative sur Internet, le Canal éducatif à la demande. Celui-ci commence à diffuser des cours gratuits sous format vidéo pour le collège et le lycée. Le département a également un projet d'ENT, l'Environnement numérique des collèges 92. Pour le moment il est seulement en expérimentation dans 6 collèges. 

 

L'autre particularité du département c'est le soutien scolaire. Il prend différentes formes : ateliers pédagogiques regroupant une quinzaine d'élèves pour construire un projet, études du soir, fréquentées par 8 000 collégiens, 2 soirs par semaine pour aider aux devoirs ou revoir ses méthodes. Il y a aussi Premis, un ensemble d'ateliers qui visent à développer l'estime de soi chez les jeunes en leur faisant réaliser quelque chose de concret. Pour les élèves les plus en difficulté, le conseil général teste un "internat pour la réussite" qui accueille 18 élèves.

 

On y met les moyens. Le département paye directement les médiateurs éducatifs. La particularité des Hauts-de-Seine c'est que le conseil général apporte des compléments de rémunération aux principaux et aux enseignants qui contribuent à ces dispositifs. Ainsi l'autorité du président du conseil général peut-elle s'étendre sur chaque établissement.

 

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 21:38

Nous le révélions mardi 17/04 dans un article intitulé "Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", le SNUipp se fait maintenant le chantre du dispositif EVS contenu dans le protocole signé en mai 2006 par le seul SE-Unsa.

Et pourtant... le SNUipp l'a fortement critiqué ce "dispositif censé masquer le chômage". Il n'avait pas de mots assez durs pour dénoncer ce "renforcement de la précarité" qui ne correspond pas "aux besoins et aux attentes" des directeurs et serait même "une charge supplémentaire" pour eux...

D'ailleurs, dans sa pseudo-consultation de "l'ensemble de la profession", les résultats sont très nets pour rejeter cette mesure : "Pour 63 % des réponses, le recrutement d’un emploi de vie scolaire (E.V.S) pour assister le directeur dans l’accomplissement de tâches matérielles et d’accueil pour le fonctionnement de l’école n’est pas une mesure acceptable".

 

Alors comment expliquer le revirement soudain du SNUipp ? Aurait-il organisé une nouvelle consultation des enseignants ? Que nenni ! Et pourquoi maintenant alors que le dispositif touche à sa fin ? Ce syndicat aurait-il toujours un train de retard ?

 

La direction du SNUipp a été contrainte de faire le constat amer qu'elle n'avait pas été suivie par ses troupes. En effet, sa consigne de ne pas engager d'EVS est restée lettre morte. Les directeurs se trouvent dans un tel dénuement matériel que beaucoup d'entre eux ont saisi l'opportunité d'obtenir une aide pour mener à bien leur fonction.

La direction du SNUipp sait également que les contrats EVS arrivent à terme en juin 2007 et que nombre de ses adhérents vont faire grise mine en voyant disparaître ce moyen supplémentaire, même s'il est imparfait et insuffisant à leurs yeux. Et il faudra bien essayer d'obtenir un ersatz "des personnels aux fonctions pérennes et qualifiées avec un statut de droit public" réclamés en vain par le SNUipp, sinon la base risque de gronder...

 

Cette volte-face inattendue du SNUipp démontre, s'il en était encore besoin, à quel point ce syndicat manque de vision claire et globale du système éducatif. Il navigue à vue, au gré des vents et des courants, balloté entre les prises de position de ses dirigeants et les réactions de ses adhérents de moins en moins nombreux.

 

Un exemple :

 

La création du corps des PE

"Le SNUipp n’a jamais cautionné le dispositif qui a instauré la division et qui a bradé, pour les PE, le droit au logement d’une part et la retraite à 55 ans d’autre part"

"Dès sa création, le SNUipp a relancé le débat avec la profession sur cette question et a engagé l’action : plusieurs grèves à l’initiative du seul SNUipp, notamment le 20 janvier 98 et le 30 avril 98 et une manifestation nationale SNUipp et SGEN le 1er février 98".

Le SNuipp a maintenant intégré cette nouvelle donne au point de faire de la surenchère : "Les situations salariales des enseignants, dans le contexte actuel de régression du pouvoir d’achat, rend plus urgente la nécessité de reconstruction d’une grille unique pour le corps des PE dont l’indice terminal 782 puisse être accessible à tous".

 

Ainsi, on le voit, le SNUipp a un mode de fonctionnement plutôt curieux : sa réaction première est d'être systématiquement "contre" les propositions qui n'émanent pas de lui ou lorsqu'il n'a pas été associé à leur préparation. Dans un deuxième temps, il cherche et énonce des arguments pour se justifier.

 

Il est cependant des cas où le SNUipp prend des positions par pure idéologie sans même argumenter son choix. Ainsi, son refus de statut pour les directeurs d'école ne fait l'objet d'aucun débat et n'est assorti d'aucune explication.

Jusqu'en septembre 2006, le SNUipp se contentait de dire et d'écrire : "les directeurs d'école ne veulent pas de statut". Cette affirmation gratuite valait parole d'évangile...

Hélas, en septembre 2006, le bel ordonnancement a volé en éclats lorsque le GDID a posé la question du statut lors de la consultation Ifop... 93 % des directeurs ont réduit à néant le seul argument du SNUipp ! Depuis, il ne l'utilise plus et s'est trouvé (démocratiquement...) un autre cheval de bataille pour mener à bien sa croisade incidieuse anti-directeur : institutionnaliser le conseil des maîtres décisionnaire !

 

Devant le flop provoqué par cette nouvelle demande,  la question se pose de savoir si le revirement au sujet du dispositif EVS n'est pas purement tactique...

Si les EVS ne sont pas reconduits, ne risque-t-on pas de voir, de nouveau, les directeurs manifester un vif mécontentement ? Dans ce cas, l'objectif inavouable du SNUipp ne serait-il pas de tuer dans l'oeuf toute tentative de relancer un mouvement revendicatif qui pourrait déboucher sur un... STATUT ?

 

Alors, pilotage à vue ? Oui, mais avec une vue perçante...?

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 16:43

Neuf mois après avoir vilipendé le protocole signé par le seul SE-Unsa, le SNUipp se déclare maintenant un inconditionnel de la mesure phare : l'emploi d'EVS comme aide administrative du directeur.

Le SNUipp n'avait pas de mots assez durs pour disqualifier cette mesure : personnel précaire, non formé, dont le seul but est de faire baisser le chômage et qui sera une charge pour le directeur...

 

Nous avons retrouvé la diatribe lancée par le SNUipp juste apès la signature du protocole...

 

Recrutements de contrats aidés (EVS)

1er juin 2006   -        Le SNUipp 06 appelle au boycott.

La circulaire de l'IA qui est arrivée dans les écoles invite les équipes à demander un Emploi Vie Scolaire, sous la forme de "contrats d'avenir" (CAV), qui se verra confier les fonctions d'assistance administrative au directeur et, éventuellement, d'aide à la scolarisation d'élèves handicapés. "Cette circulaire précise aussi que les directeurs se verront associés au recrutement des "contrats aidés".

Nouvelle "conséquence" de la signature du protocole d'accord sur la direction d'école, signé par le seul Se-Unsa...  

Transformer les directeurs d'école en agents recruteurs de personnels à statut précaire ne relève en aucun cas d'une quelconque "revalorisation" des fonctions de direction mais vise plutôt à en faire des acteurs de l'accélération de la précarité du travail. A l'heure où les mobilisations collectives viennent de faire reculer le gouvernement sur son projet de CPE, comment pourrait-on accepter l'arrivée massive dans les écoles de personnels précaires, d'autant qu'aucune perspective d'embauche ni de formation, n'est même envisagée ? Rappelons que le SNUipp-FSU a toujours revendiqué des créations de postes statutaires pour le secrétariat, les BCD, l'accompagnement des enfants porteurs de handicaps...

Si le manque de moyens aussi bien pour la direction d'école que sur l'accueil des enfants en situation de handicap est une fois de plus pointé par le Ministère, celui-ci cependant n'apporte pas les réponses adéquates en proposant une fois de plus de recruter un personnel aussi précaire et non formé. Le SNUipp ne peut cautionner un tel dispositif.

 

L'école n'a pas pour vocation de contribuer à faire baisser artificiellement le taux de chômage par des illusions d'emplois qui seront d'abord une charge supplémentaire pour les directeur.

La lutte victorieuse contre la CPE vient à peine de se terminer. Il serait incohérent de laisser la précarité de l'emploi se frayer un chemin par des voies détournées et encore plus incohérent d'y prendre part.

Outre le renforcement de la précarité, cette circulaire pose de nombreux problèmes :

  • Seul l'avis du directeur est demandé. Nous rappelons que pour nous, ce sont les conseils des maîtres qui garantissent la prise en compte de l'avis de l'ensemble de la profession. Il est donc primordial que ceux-ci puissent discuter de cette question et écrivent une motion expliquant le refus de la précarité et rappelant les besoins de l'école.
     
  • Les équipes se retrouvent face à un choix difficile alors que c'est à l'administration de prendre ses responsabilités quant au recrutement des personnels.
      
  • Aucune instance paritaire n'a pu discuter de la mise en place de ce dispositif et donc exiger un recrutement transparent et équitable.

Nous considérons que l'annonce de recrutement par les EPLE de 50 000 EVS pour le premier degré, sans aucune négociation préalable, constitue une nouvelle provocation inacceptable. Nous avons souligné, à plusieurs reprises, les importants risques juridiques que représente cette responsabilité et déploré qu'aucun moyen n'ait été dégagé pour parvenir à des solutions beaucoup plus efficaces et neutres.

 

Le SNUipp-FSU 06 appelle donc les collègues et les directeurs à ne pas être demandeurs d'EVS et donc, à ne pas participer au recrutement ou au licenciement de ces personnes.

 

Quelques mois plus tard, le SNuipp faisait le point sur la mise en place des EVS dans les écoles. Il se montrait très critique.

"Les démissions restent également nombreuses, par exemple le département de Paris a enregistré 52 démissions d'EVS en contrat d'aide à l'emploi entre le 5 octobre et le 24 novembre pour un total de 115 postes.

Plus aucun emploi de vie scolaire ne sera en fonction fin juin 2007. Pas d'engagement ministeriel au-dela du 30 juin 2007. Tous les contrats d'emploi de vie scolaire (EVS) prendront fin au 1er juillet 2007".

 

Que s'est-il passé depuis ? Le SNUipp s'est intéressé aux personnels précaires qui s'étaient portés volontaires pour ces postes. Des recrues faciles pour gonfler les effectifs du syndicat.

Et chemin faisant, la mesure a trouvé grâce aux yeux du SNUipp. Bien sûr en y mettant les formes, en dénonçant la précarité des emplois... mais en fermant les yeux sur les autres critiques argumentées de juin 2006 : Oubliée l'absence de formation... Oubliée la charge supplémentaire pour le directeur... Oublié le camouflage des chiffres du chômage...

 

Et c'est ainsi que le SNUipp peut faire sienne la maxime : "Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis".

 

 

11 avril 2007   -        Le SNUipp 59 demande le maintien du dispositif.

 

Les EVS "direction" mobilisés

Les Aides administratives à la direction d'école (EVS) du bassin de Douai se sont réunies le mercredi 11 avril pour évoquer leur avenir. Les responsables du SNUipp-FSU du secteur ont été conviés pour décliner la position des organisations syndicales non signataires du protocole sur la direction d'école.

 

 

A ce jour, aucune certitude ni aucune information ne peuvent renseigner sur ce qu'il adviendra d'un dispositif qui avait été mis en oeuvre pour permettre au gouvernement d'annoncer la baisse du chômage, tout en apportant une pseudo réponse aux revendications des écoles sur le dossier de la direction.

De l'avis général, la pertinence de ces emplois n'est plus à prouver aussi bien du côté des EVS que de celui des personnels chargés de direction qui réclament, de façon quasi unanime, le maintien du dispositif et même sa pérennisation par la création d'un CDI.

Un cahier de doléances est en cours de rédaction par une délégation des personnes présentes, il sera transmis aux écoles dès sa finalisation. D'ores et déjà, la décision de s'adresser à tous les EVS du département a été prise. Des collectifs existent déjà dans les autres départements : le SNUipp-FSU met ses moyens de diffusion à la disposition des EVS pour créer les liens nécessaires sur tout le territoire.

Le SNUipp-FSU Nord demande à tous les collègues chargés de Direction de transmettre cette information à la personne qui a été recrutée sur l'emploi administratif de leur école.

Les EVS demandent le soutien de toute la profession pour que leurs revendications soient entendues. Il est urgent d'agir !"

 

Le SNUipp, on s'en souvient, était à deux doigts de signer le protocole avant d'y renoncer face à la bronca des directeurs. Regrette-t-il d'avoir laissé le SE-Unsa apparaître comme le seul syndicat à apporter des "avancées à engranger" ?

Il est amusant de lire que de "l'avis général, la pertinence de ces emplois n'est plus à prouver aussi bien du côté des EVS que de celui des personnels chargés de direction qui réclament, de façon quasi unanime, le maintien du dispositif...".

Quand ça l'arrange, le SNUipp associe à sa décision l'avis des directeurs, sans le leur avoir sollicité, bien entendu... Est-il certain de ce qu'il avance ? A-t-il consulté les "personnels chargés de direction" ? Qu'il nous permette de lui rappeler la consultation Ifop organisée par le GDID... 

Quelle sera la prochaine étape des changements opérés par les dirigeants du SNUipp ? L'approbation des autres mesurettes contenues dans le protocole ? Possible sinon probable.

Et comme ce ne sont pas des imbéciles, ils peuvent encore changer d'avis sur d'autres sujets concernant la direction d'école...

Qui sait si, prochainement, ils ne se prononceront pas pour le projet de statut de directeur élaboré par nos amis du GDID ?

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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 22:23

Notre article relatif au congrès du SE-Unsa au cours duquel "la liste conduite par Luc Bérille, secrétaire général sortant, a été réélue avec 98,59% des voix et 1,41% d'absention" a suscité beaucoup de réactions (commentaires et courriers). Nous avons donc décidé de revenir sur ce sujet qui semble passionner de nombreux collègues.

 

Le SE-Unsa a publié un supplément (n° 105) de 15 pages à sa revue "l'enseignant". Les deux dernières pages sont consacrées à des témoignages de participants au congrès. L'un d'eux est particulièrement intéressant. C'est celui du Secrétaire académique de la branche jeunes enseignants à Amiens :

"Ce qui m'a le plus impressionné, c'est l'aspect très démocratique des commissions, à travers les amendements et les votes.J'apprécie la disponibilité des uns et des autres, d'appartenir à un syndicat ouvert à la discussion. Je ne m'attendais pas à une telle démocratie !"

 

Nul doute que ce représentant du SE-Unsa est très sincère dans sa déclaration. Il prend pourtant soin de citer à deux reprises le terme "démocratie". Manifestement, il en a été très surpris. Comme si c'était presque anormal qu'un syndicat soit démocratique...

Page 13, un dessin nous montre un Jacques Chirac ébahi par le score de la liste de Luc Bérille et qui déclare : "Alors là, moi je dis... RESPECT !!" Il est vrai que notre président n'avait été élu qu'avec 82 % des voix en 2002... 

 

On trouve donc dans ce journal à la fois une grande fierté de ce score (que nous avions qualifié d'albanais) et une grande surprise de tant de démocratie.

 

Un tel résultat ne peut que laisser perplexe. Cette élection est une caricature de la démocratie. L'organisation d'élections ne vaut pas garantie de démocratie.

Jusqu'en 1989, les pays du bloc de l'Est se disaient démocraties populaires. La Chine se dit démocratique. Les Etats-Unis qui pratiquaient l'esclavage puis la ségrégation se considéraient comme des démocraties.

Comme nous l'indiquions dans notre précédent article, une démocratie a besoin d'une opposition forte pour être vivante.

 

Michel, directeur Parisien, nous reprochait notre article et nous a écrit : "... Il est malsain de jouer la division syndicale à l'heure où le syndicalisme se porte mal... Tous ensemble, disait-on autrefois ! La fraternité n'est pas qu'un concept. Elle est une valeur qui se démontre chaque jour surtout avec ceux qui sont différents de nous...".

N'oublions pas, Michel, que le SE-Unsa s'est mis à dos la quasi totalité des directeurs et l'ensemble des syndicats du premier degré lorsqu'il a décidé de signer, seul, le protocole en mai 2006.

N'oublions pas, Michel, que 93 % des directeurs se sont exprimés clairement en faveur d'un statut dans la consultation Ifop organisée par le GDID en septembre dernier.

La fraternité, certes, mais pas à sens unique. La fraternité suppose d'abord le respect. Or, l'attitude du SE-Unsa envers les collègues directeurs est pour le moins irrespectueuse pour ne pas dire injurieuse.

 

Un autre collègue a laissé le commentaire suivant : "...Attention, après l'antiparlementarisme, l'antisyndicalisme fait le lit de l'extrêmisme que ni vous ni moi ne souhaitons voir arriver. On peut avoir des idées différentes sur la direction, sur la signature du protocole..."

Il est sain, dans une démocratie, de dénoncer les incohérences ou les dysfonctionnements des assemblées, du gouvernement ou des syndicats. Et, ce n'est pas faire preuve d'antisyndicalisme que de contester les représentants syndicaux et leurs orientations néfastes à notre profession.

Il est tout de même extraordinaire que dans le supplément de 16 pages consacré au congrès de La Rochelle, ne figure aucun paragraphe relatif au problème des directeurs. Ce fut pourtant l'un des points importants de cette année scolaire : signature du protocole, réunions de travail au ministère sur les EPEP et le statut d'emploi, retenues sur salaire... Que sont devenus les directeurs d'école, adhérents du SE-Unsa, qui avaient crié au scandale lors de la signature du protocole par leur syndicat ? Ont-ils préféré le quitter sachant qu'ils ne pourraient le réformer de l'intérieur ni, peut-être même, s'y faire entendre ? Ceux qui sont restés ont-ils changé d'opinion ? Ont-ils été convaincus par l'équipe dirigeante ? On n'ose imaginer qu'ils aient été hypnotisés lors du vote du congrès...

Page 10, dans le paragraphe concernant la demande d'une négociation, on trouve en tout et pour tout l'expression suivante : "les revendications pour la direction d'école... ont été au coeur des débats".

Encore faut-il savoir de quelles revendications exprimées il s'agit : celles du SE-Unsa, nous les connaissons ; elles ne nous satisfont pas. Celles des directeurs, elles sont connues, elles ont été confirmées lors de la consultation Ifop. Le SE-Unsa continue de les ignorer superbement, faisant fi de toute fraternité et de démocratie.

 

Comment ne pas penser à ce joli mot de Woody Allen, repris par Michel Audiard : "La dictature c'est "ferme ta gueule !", la démocratie c'est "cause toujours !" ?

Cette conception de la démocratie serait-elle celle du SE-Unsa ?

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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 14:07

Notre correspondant de la "Pravda des directeurs" revient sur la réunion du Politburo du SE-Unsa qui s'est tenue fin mars dans sa datcha de La Rochelle.

 

"Dans une allégresse unanimement partagée et la joie de construire des lendemains qui chantent pour les camarades chargés de direction, le Soviet Suprême du SE-Unsa a été démocratiquement réélu par 98,59 % des voix, confirmant la confiance absolue que nous avons tous dans la voie dessinée infailliblement par son chef bien-aimé, Luc Bérillovski.

 

Dans l'organe officiel du SE-Unsa, nous avions eu droit à cette bonne nouvelle :

"Le congrès national du SE-UNSA s'est déroulé à La Rochelle, du 27 au 29 mars. La liste conduite par Luc Bérille, secrétaire général sortant, a été réélue mercredi, avec 98,59% des voix et 1,41% d'absention. Parmi les neuf secrétaires nationaux, trois entament leur premier mandat.

Le congrès a permis au Syndicat de faire le bilan de son activité, de dégager des perspectives, d'affirmer ses orientations. Ce congrès aura été celui de l'engagement pour changer l'École, celui de la clarté de l'orientation syndicale réformiste et d'une alternative aux autres organisations syndicales".

 

 

La tenue du congrès, tous les trois ans, est toujours l'occasion de dresser le bilan des actions engagées, des luttes conduites sur le terrain, des avancées obtenues et des échecs éventuels.

98,59% des voix pour et 1,41% d'absention ! Cela signifie 0 voix contre ! Aucune contestation, aucun opposant, aucun vote contraire...  Depuis la fin de l'ex-URSS, on appelle cela un score albanais !

 

Où donc est passé l'esprit critique cher aux enseignants ? Imagine-t-on, en 2007, en France, une organisation sans opposition ? Du jamais vu !  Dans la pratique, l'équilibre institutionnel qui régit un syndicat ou un parti politique, est assuré par une majorité de gestion et une opposition qui joue le jeu de sentinelle vigilante.

Chacun sait bien que la démocratie ne peut exister sans opposition. Or, la démocratie est indispensable dans toute organisation, qu'elle soit syndicale ou politique. C'est la légimité de ne pas penser pareil, c'est l'organisation du débat permanent, c'est le refus des décisions occultes, c'est le respect de la critique de la minorité...

  

Quel est donc ce bilan exceptionnel dont pouvait se prévaloir la précédente équipe dirigeante pour bénéficier d'un tel consensus à l'issue de ce congrès ?

 

     - la mise en échec du gouvernement sur l'expérimentation des EPEP ? Le décret a été publié.

     - l'impossibilité pour le ministre de réformer les programmes ? Gilles de Robien a publié les textes sur la lecture, le calcul, la grammaire, le vocabulaire, les leçons de mots...

     - la réduction des suppression de postes ? Les prévisions ministérielles sont devenues effectives.

     - l'annulation des sanctions financières à l'encontre des directeurs ? Des centaines de collègues ont été victimes de retenues de salaire pour absence de service fait.

     - une recrudescence soudaine d'adhésions nouvelles ? Le SE-Unsa subit une inexorable baisse de ses effectifs.

 

Dans ces conditions, comment analyser l'engouement des votants pour l'équipe dirigeante du SE-Unsa ?

 

Il faut revenir quelques mois en arrière... Mai 2006 : le SE-Unsa, seul syndicat à signer le protocole et à emporter le pactole !

Rappelez-vous les formidables "avancées à engranger" : les décharges assurées par des stages filés pour les écoles de 4 classes, les EVS dont le contrat s'arrêtera dans 2 mois, le vade-mecum tant attendu, les 51 centimes d'euro par jour...

Et ce n'est pas tout : Avec effet rétroactif au 1er janvier 2007, le doublement de l'augmentation de l'ISS, soit 1 euro par jour... (les médecins généralistes ont fait mieux).

 

Les voilà donc ces conquêtes syndicales qui font passer par pertes et profits les quelques déboires mentionnés ci-avant.

 

Les supporters de l'OM ou du PSG le savent bien : on ne change pas une équipe qui gagne ! 

 

"Gloire à toi, Petit Père des camarades chargés de direction ! Continue de nous montrer le chemin de la Vérité !"

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 22:01

Le 11 janvier 2007, notre article intitulé "Appel à solidarité, lettre ouverte au SNUipp" plaçait ce syndicat face à ses responsabilités.

Nous écrivions alors au secrétaire national du SNUipp :

"Permettez-nous de vous rappeler que le SNUipp est l'un des acteurs principaux de l'action de "blocage administratif" sans avoir pris soin d'expliquer aux collègues la différence notoire entre "grève" et "blocage" sur un plan strictement juridique. Cet "oubli" est fâcheux car il est à l'origine de situations délicates pour de nombreux directeurs".

[...]

Si nous vous rejoignons sans peine pour exprimer notre colère et dénoncer ces sanctions iniques, en revanche, nous sommes en total désaccord avec deux de vos affirmations largement répandues dans la presse syndicale.

La première nous semble irresponsable. C'est votre insistance à minimiser les risques. Ainsi, le SNUipp 66 écrit : "Le Ministre oserait-il sanctionner des milliers de directeurs engagés dans l'action ?" On en voit le résultat aujourd'hui.

La seconde est franchement risible. Est-il sérieux de laisser croire à une solidarité des collègues adjoints ? Que penser de la lettre-type à destination de l'IA que le SNUipp 66 met à disposition des directeurs ?"

 

Trois mois plus tard, les faits nous ont, hélas, donné raison : des centaines de collègues ont subi une retenue sur salaire.

Le SNUipp n'a pu que constater les dégats. Rien n'y a fait : ni ses rassemblements squelettiques devant les inspections académiques, ni son défilé de "mille délégués à Paris", ni ses courriers de protestation... Toutes les actions ont fait "pschitt" !

Néanmoins, le SNUipp persévère dans la gesticulation. Il incite maintenant les directeurs à demander un recours à l'administration. Sans y croire une seconde, comme en témoigne notre collègue Marie-Hélène (cf lettre publiée le 27 mars) :

"...Je pensais naïvement que les syndicats, et particulièrement le SNUIPP, avaient pour raison d'être la défense des intérêts des travailleurs,  et au lieu de ça, vous me proposez d'implorer la clémence... pardon, de solliciter un recours gracieux.

 
De plus vous précisez que celui-ci sera sans doute refusé, et que nous pourrons alors faire une démarche auprès du Ministre..."
 
 
Ainsi, le SNUipp a adressé ce type de courrier aux collègues sanctionnés :
 

Recours sur le retrait de salaire

L’intitulé indiqué sur les fiches de paie du mois de janvier concernant le retrait de salaire évoque : "journée d’absence non rémunérée". Nous vous conseillons d’écrire un courrier rapidement aux services de l’inspection académique pour demander le reversement du 1/30 puisqu’il ne s’agit pas d’une absence.

Le courrier pourrait se formuler de la façon suivante :

"J’ai l’honneur de solliciter le reversement du trentième retiré sur mon salaire du mois de janvier pour absence non rémunérée. En effet, je peux faire la preuve de ma présence dans mon école tous les jours du mois de décembre. Je vous prie d’effectuer le remboursement de mon dû dans les plus brefs délais. Veuillez recevoir, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, l’expression de mes sentiments les plus respectueux."

Il serait souhaitable que nous disposions d’une copie de votre courrier.

 

Et le SNUipp croit tellement peu en son action que certaines sections départementales prennent les devants et ajoutent :

"Suite au retrait injuste d’un 1/30 du salaire de janvier, le SNUipp 85 a organisé une caisse de soutien qu’elle mettra à disposition si le recours n’aboutit pas".

"Direction : après les sanctions, la solidarité continue.

Caisse de solidarité : à ce jour près de 2000 euros ont été récoltés. Les dons viennent de tout le département et sont versés par toutes les catégories et pas seulement les directeurs. Continuez. Le reversement se fera en toute transparence" (SNUipp 06).

 

Le 11 janvier, nous écrivions aussi :

"Est-il sérieux de laisser croire à une solidarité des collègues adjoints ? Que penser de la lettre-type à destination de l'IA que le SNUipp 66 met à disposition des directeurs ?

"Les directeurs d'école n'ayant pas encore rendu l'enquête 19 sont à nouveau soumis à des pressions dans un courrier adressé cette fois à la demande du Recteur. L'ensemble de l'équipe pédagogique de l'école tient à vous manifester son indignation. 

Les problèmes liés à la direction et au fonctionnement des écoles restent entiers. Ils concernent l'ensemble des enseignants des écoles. L'action de blocage est une action collective".

 

Puisque le blocage des documents était une action collective, les retenues sur salaire sont-elles également assumées par la collectivité dans les Pyrénées Orientales ? Le SNUipp 66 a-t-il mis en place un système de solidarité ? 

 

De même, le 14 décembre 2006, le SNUipp 65 et le Sgen-CFDT 65 publiaient un communiqué commun dans lequel on pouvait lire :

"Le SNUipp 65 et le Sgen-CFDT 65 proposent avec amertume aux collègues encore en blocage d’arrêter cette action qui pourrait les mettre en difficulté individuellement sans perspective de défense juridique syndicale.

 

 

Parallèlement, le SNUipp 65 et le Sgen-CFDT 65 vont organiser une campagne de solidarité financière pour soutenir les collègues qui feront, malgré tout, le choix de continuer le blocage et qui nous le feront savoir".

 

Qu'en est-il de la solidarité promise dans les Hautes-Pyrénées ? Le SNUipp et le Sgen ont-ils reversé les sommes retenues aux directeurs qui ont poursuivi le blocage ? 

 

Collègues directeurs, ne désespérez pas, "le dossier n'est pas clos", comme nous le rappellent avec insistance le Se-Unsa et le SNUipp.

Tellement vrai que le SNUipp 85 l'écrit de nouveau en ces termes :

 

"Fonctionnement d’école : Le dossier de la direction d’école n’est pas enterré. La réalité de la vie des écoles impose à tous du temps pour la faire fonctionner. Il n’est pas possible de s’appuyer sur la bonne volonté des uns ou des autres pour remplir des missions toujours plus lourdes et plus complexes. Il est encore moins acceptable de concevoir, par le biais d’un statut, la mise en place d’un chef "superviseur" qui serait le maillon souhaité par le ministère et qui d’ailleurs n’aurait pas forcément les moyens de faire fonctionner l’école dans de meilleures conditions".

 

"La réalité de la vie des écoles impose à tous du temps pour la faire fonctionner".

Un chef-d'oeuvre de langue de bois ! Une pure merveille que ne renierait pas le maître en la matière, le grand Jack Lang...

Quelle belle phrase ! 

"La réalité de la vie des écoles...", ça commence fort !

"... impose à tous du temps pour la faire fonctionner". Que désigne ce tous ? Et faire fonctionner quoi ? La réalité de la vie des écoles ?

  

Nous avons droit, évidemment, à la tirade sur le statut qui conduirait inexorablement au "p'tit chef"... qualifié de "superviseur" !

Ne manque que le couplet sur le "conseil des maîtres décisionnaire" pour que le tableau soit complet. Un oubli, sans doute... mais qui sera vite réparé.

Remercions le SNUipp de nous faire sourire de temps à autre pour oublier nos petites misères quotidiennes... 

 

Le SNUipp voudrait-il détourner l'attention et faire oublier ses échecs à "défendre" les directeurs ? Après avoir "tout" essayé et échoué, il est maintenant dos au mur. Il ne lui reste plus qu'à honorer ses derniers engagements : organiser la campagne de solidarité quitte à casser sa propre cagnotte s'il le faut...

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 21:42

Depuis 1991, la Direction de l’évaluation et de la prospective conduit régulièrement des enquêtes auprès des enseignants du premier et du second degré public afin de mieux connaître leur appréhension du métier.

Cette large enquête, d’une très grande richesse, couvre de nombreux aspects des parcours des enseignants du premier degré et confirme des traits récurrents de la profession.

 

 

 

Interrogés sur l’existence d’un «malaise » qui serait véhiculé par la presse ou les médias, 9 enseignants sur 10 ont le sentiment qu’il existe, et 63 % se sentent personnellement concernés.

La première cause de ce sentiment de malaise serait, à leurs yeux « la non-prise en compte des difficultés concrètes du métier » (68 %).

Au deuxième rang se situe « la dégradation de l’image des enseignants dans la société » (50%).

Et, enfin, la troisième raison qui expliquerait ce malaise est « le sentiment d’impuissance face à l’idéal de réussite de tous » (48 %).

Parmi les autres raisons, « l’accumulation des tâches administratives » concerne logiquement beaucoup plus les directeurs d’école (55 % contre 29 % en moyenne).

 

Rester professeur des écoles toute sa vie ?

Un tiers des professeurs des écoles a le projet de cesser d’enseigner de façon temporaire ou définitive, à une échéance moyenne de neuf années. Les jeunes envisagent de cesser d’enseigner à une échéance moyenne de quinze ans environ et les 32-40 ans de dix ans.

Pour ceux qui envisagent de quitter le métier d’enseignant du premier degré, la première raison tient d’abord au sentiment de « dévalorisation du métier » (40 %). Le « comportement des élèves » vient ensuite (36 %). En troisième raison, le « manque de reconnaissance de leurs capacités et de leur investissement » (35 %). Au quatrième rang des raisons qui pourraient justifier le départ de l’enseignement primaire, l’« absence de perspectives d’évolution de carrière » touche également les 32-40 ans (48%).

 

L'enquête le fait apparaître très nettement : Les principales raisons évoquées par les enseignants qui projettent de quitter l'enseignement du premier degré sont avant tout le manque de reconnaissance du métier, que ce soit de la part de la société ou des membres de l'Éducation Nationale, puis l’absence de perspective d’évolution de carrière, l’évolution du comportement des élèves et enfin, la recherche d’un salaire plus élevé. On remarquera à nouveau la prégnance des questions de reconnaissance.

 

Ces considérations concernent l'ensemble des enseignants du premier degré. L'enquête Ifop réalisée par le GDID montre que les directeurs sont encore plus sensibilisés à cette notion de reconnaissance, de considération et d'absence d'évolution de carrière.

 

Directeur d’école, une fonction liée à l’ancienneté et à la situation géographique

Un peu plus de un enseignant sur cinq assure des fonctions de directeur, dont 55 % sans aucune décharge, 29 % avec un quart de décharge, 10 % une demi-décharge et 6 % avec une décharge totale. La fonction de directeur apparaît reliée avec l’ancienneté, le sexe, la localisation : ainsi, 32%des enseignants âgés de 49 ans et plus sont directeurs d’école, proportionnellement davantage les hommes que les femmes, surtout dans l’élémentaire. En milieu rural, 28 % des directeurs exercent leur fonction sans décharge, contre 7 % en milieu urbain, mais le nombre de classes à cours multiples y est deux fois plus élevé qu’en milieu urbain. La taille des classes diffère également : 64 % ont entre 10 et 24 élèves en milieu rural, contre 48%en milieu urbain.

 

Le 29 mars dernier, dans un article relatif à la revalorisation des carrières, nous avions évoqué la percée importante des directeurs d'école dans le corps des chefs d'établissement du second degré. Ces collègues seraient-ils enclins à quitter leur corps d'origine si leur fonction était correctement reconnue, valorisée, aidée et mieux payée ? 

 

Le rôle capital des syndicats enseignants

Les syndicats enseignants gagneraient à réfléchir à ces notions qualitatives exprimées par les enseignants en général et les directeurs en particulier. Leur rôle est d'essayer d'apporter des remèdes au malaise profond qui traverse le corps enseignant. 

La création d'un corps de directeurs permettrait, pour le moins :

 - de mettre un terme à la crise de la direction d'école et de pourvoir les milliers de postes vacants

 - d'offrir une perspective d'évolution de carrière à l'ensemble des enseignants du 1er degré

 

Cette première mesure ne suffirait pas à elle seule à guérir le malaise enseignant, mais elle contribuerait, sans aucun doute, à le réduire. Cependant, pour réussir dans cette noble entreprise, nos syndicats doivent commencer par se mettre véritablement à l'écoute de la base et faire fi de toute idéologie. Ce n'est pas vraiment dans leur culture. Une vraie révolution reste à faire. Nous devons les y aider ou les y contraindre.

 

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 08:17

            Robien impose aux syndicats un statut de directeur d'école

 

"Restrictions budgétaires, carte scolaire, décret EPEP, programmes, avant de faire ses valises le ministre de l’Education nationale multiplie les mauvais coups contre l’école. En apportant de mauvaises réponses au problème de la direction d'école, c'est le corps enseignant que l'on divise. Ce statut est un mauvais coup porté à l'école !" Telles sont les premières réactions syndicales.

 

Retour sur un conflit vieux de 7 ans

Le 27 mars dernier, le ministre de l'Education nationale rappelait aux députés qui l'avaient interpellé sur le statut des directeurs d'école les différentes mesures contenues dans le protocole d'accord signé par un seul syndicat en mai 2006.

A la suite de cet accord censé mettre un terme à 7 années de grève administrative, Gilles de Robien a organisé des groupes de travail largement boycottés par les principaux syndicats enseignants.

Depuis quelques semaines, le ministre multiplie les circulaires et impose sa marque sur les programmes du primaire. En l'absence de concertation, les syndicats demandent aux candidats à la présidentielle de prendre l'engagement d'abroger les dernières "mesurettes Robien".

  

Publication de l'arrêté au Journal Officiel de la République

C'est dans ce contexte, que le J.O. du 31 mars 2007 publie l'arrêté de création d'un statut de directeur d'école. Ce statut s'inspire, dans son esprit, du projet élaboré par une association nationale de directeurs - GDID - qui avait commandé une étude à l'IFOP à la rentrée de septembre 2006. Les résultats étaient très nets : à la quasi unanimité (93 %) les directeurs se sont prononcés pour la création d'un statut.

Le statut publié par Gilles de Robien précise les responsabilités et pouvoirs des directeurs. Il fixe les conditions de nomination, crée une nouvelle grille de rémunération et institue un régime spécifique de décharges tenant compte non plus du nombre de classes mais du nombre d'élèves. 

Concernant ce dernier point, il reprend dans ses grandes lignes les propositions du GDID.

Gilles de Robien indique dans un communiqué à l'AFP que Nicolas Sarkozy s'est engagé, s'il est élu, à convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée nationale en juillet afin de voter le collectif budgétaire nécessaire à l'application de cette réforme dès septembre 2007.

Le ministre chiffre à 650 millions d'euros la création des 3500 postes nécessaires à améliorer le service de décharge des directeurs et à 110 millions d'euros l'augmentation des indemnités (ISS et points indiciaires).

  

Les réactions syndicales ne se font pas attendre

Pour les syndicats, ce texte qui n'a fait l'objet d'aucune demande de leur part et qui n'a été ni négocié ni même évoqué lors des dernières rencontres avec le ministre est "une véritable déclaration de guerre aux enseignants des écoles".

 

Luc Berille Secrétaire Général du Se-Unsa et Gilles Moindrot son homologue du SNUipp-FSU crient au scandale... Leurs organisations se sont toujours montrées hostiles à la création d'un statut de directeur d'école.

Pour Luc Berille, ce dernier "coup de jarnac" de Robien est un mauvais coup porté au suivi du protocole. "Les directeurs d'école ont davantage besoin de temps que de statut".

"Alors que personne ne sait encore quel sera le paysage politique à venir, Gilles de Robien, à quelques semaines de son départ du ministère, continue, seul, de tracer les contours d’une école mal orientée" déclare Gilles Moindrot qui estime que "le fonctionnement des écoles passe avant tout par la reconnaissance officielle du conseil des maîtres décisionnaire afin de favoriser le travail en équipe et d'aider le collègue chargé de direction sur qui pèsent actuellement de trop lourdes responsabilités".

 

L'inter-syndicale appelle l'ensemble de la profession à une grève de 2 jours immédiatement après la fin des vacances de la zone B, les jeudi 3 et vendredi 4 mai. Le préavis de grève stipule que l'action est reconductible jusqu'à promesse d'abrogation de l'arrêté par les candidats à la présidentielle.

 

Réaction des directeurs

La surprise est totale chez les enseignants qui ne s'attendaient pas à un tel revirement de situation et qui ont peine à y croire. Les premières réactions laissent place à un scepticisme ambiant assez général. Pour Jocelyne Fisher, directrice dans le XVème arrondissement de Paris, "c'est un rêve qui se réalise et une lutte de 20 ans qui aboutit enfin".

L'AFP n'a pas réussi à contacter Thierry Fabre, directeur d'école et secrétaire du GDID. 

Lire l'arrêté du journal officiel.

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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 22:51

Gilles de Robien accélère... Le temps lui est compté. Il le sait. Il passe la surmultipliée pour laisser une trace de son passage au ministère. Alors qu'il affirmait ne pas vouloir engager de nouvelles réformes, il multiplie les circulaires : calcul, grammaire, vocabulaire, EPEP, statut d'emploi...

Rien ne peut l'arrêter. Ni les avis défavorables du CSE, des partenaires sociaux, de l'association des maires de France. Il multiplie les textes comme d'autres avalent les kilomètres. Il ne semble pas ressentir la fatigue. L'impopularité le galvanise. Les difficultés le stimulent. Rien ni personne ne pourra le stopper dans son élan. Sauf le scrutin universel qui aura raison de lui...

   

Les syndicats s'inquiètent de la boulimie de réformes de ce ministre infatigable...

Après avoir estimé que les nouveaux programmes des cycles 2 et 3 présentés par Robien au CSE du 2 avril ne changeaient pas grand-chose, le Snuipp en fait une lecture plus critique.

En effet les projets de programmes introduisent les thèses du ministre, par exemple les leçons de grammaire et de vocabulaire, dans les programmes. Ainsi au cycle 3, les textes précisent que "l'acquisition du vocabulaire fait l'objet de séances spécifiques qui visent à donner aux élèves des outils d'analyse permettant de comprendre des mots nouveaux… (Les élèves) doivent avoir appris systématiquement du vocabulaire". Le calcul mental, la grammaire font l'objet de consignes et d'horaires spécifiques.

Communiqué du SNUipp-Fsu 

"Le ministère de l’Education Nationale a mis à l’ordre du jour du Conseil Supérieur de l’Education du 2 avril des modifications des programmes de l’école primaire. Celles-ci n’ont donné lieu à aucune consultation permettant de recueillir l’avis des enseignants ou de l’ensemble des chercheurs.

Sur plusieurs points, elles introduisent des conceptions passéistes des apprentissages, en contradiction avec les exigences actuelles d’une pédagogie et d’une école pour tous les élèves.

Avant son départ, le Ministre cherche en fait à confirmer dans les programmes, les circulaires déjà parues.

Le SNUipp interviendra avec force auprès du ministère pour que les programmes actuels ne soient pas modifiés.

Paris, le 29 mars 2007"

 

Autre façon de laisser sa marque... : Nommer un Monsieur vélo !

 

Il s'agit de "promouvoir l'utilisation du vélo dans différents champs disciplinaires" et de "sensibiliser les personnels et, en premier lieu les enseignants aux avantages de l'utilisation de ce mode de locomotion". Pour appliquer ces mesures urgentes et indispensables, le ministre vient de nommer un "conseiller pour le développement de la pratique du vélo en milieu scolaire".

 

Communiqué de presse du ministère 29/03/2007

 

Comme annoncé le 19 février 2007 à Marseille lors de la présentation de l'opération « A chacun son Tour », Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a nommé l'Inspecteur d'Académie Georges Ascione, conseiller pour le développement de la pratique du vélo auprès du Directeur Général de l'Enseignement Scolaire.

 

Il est également conseiller technique Education nationale auprès de Claire Petit, déléguée interministérielle à la sécurité routière.

Le conseiller pour le développement de la pratique du vélo devra :

1. promouvoir l'utilisation du vélo dans différents champs disciplinaires (éducation physique et sportive, éducation à la sécurité routière, éducation au développement durable, technologie)

2. étudier les équipements et les infrastructures nécessaires à l'utilisation du vélo pour se rendre à l'école : il pourra ainsi être un interlocuteur pour les académies et les collectivités territoriales qui souhaitent développer cette pratique en toute sécurité

3. sensibiliser les personnels et, en premier lieu les enseignants aux avantages de l'utilisation de ce mode de locomotion.

 

Robien écrit aux candidats à la présidentielle pour leur vanter son bilan

 

Gilles de Robien ministre UDF de l'Education, qui n'a pas encore dit qui il soutiendrait à l'élection présidentielle, a envoyé vendredi une lettre aux douze candidats pour leur vanter son bilan et "enrichir" leur réflexion.

"J'ai souhaité vous transmettre le bilan de la politique menée au service de l'Ecole pendant les sept cents jours au cours desquels j'ai eu l'honneur de travailler à la réussite des jeunes Français et à la mobilisation d'un million et demi de fonctionnaires dont j'ai pu mesurer l'engagement", écrit Gilles de Robien.

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Le ministre, qui devrait annoncer le candidat qu'il soutient "dans les jours qui viennent" selon son service de presse, énumère ses objectifs : "redonner sa place à la transmission des savoirs", "promouvoir l'égalité des chances", "clarifier les missions de l'Ecole et lui donner les moyens de se moderniser avec pragmatisme".

A son actif, selon lui, "un effort sans précédent pour la recherche", "une organisation profondément rénovée", "une relance de l'éducation prioritaire et le développement de l'aide scolaire aux élèves qui en ont le plus besoin".

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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 13:45

Depuis juin 2006 et l'appel des "directeurs en lutte", 52 députés ont posé une question écrite au gouvernement sur le statut des directeurs d'école. Ces parlementaires se répartissent proportionnellement de façon assez équitable entre PC (1), PS (20), UDF (2) et UMP (29). 

 

Liste mise à jour :

 

M. Lachaud Yvan  -  UDF  -  Gard  -  08/05/07
M. Bois Jean-Claude  -  PS  -  Pas-de-Calais  -  01/05/07
M. Terrasse Pascal  -  PS  -  Ardèche  -  17/04/07
M. Voisin Gérard  -  UMP  -  Saône-et-Loire  -  10/04/07
M. Peiro Germinal  -  PS  -  Dordogne  -  10/04/07
M. Garrigue Daniel  -  UMP  -  Dordogne  -  03/04/07
M. Boisserie Daniel  -  PS  -  Haute-Vienne  -  20/03/07
M. Masdeu-Arus Jacques  -  UMP  -  Yvelines  -  13/03/07
M. Glavany Jean  -  PS  -  Hautes-Pyrénées  -  13/03/07
M. Blessig Emile  -  UMP  -  Bas-Rhin  -  13/03/07
M. Nesme Jean-Marc  -  UMP  -  Saône-et-Loire  -  06/03/07
M. Guillaume François  -  UMP  -  Meurthe-et-Moselle  -  06/03/07
M. Emmanuelli Henri  -  PS  -  Landes  -  27/02/07 
M. Lamy François  -  PS  -  Essonne  -  27/02/07
M. Weber Gérard  -  UMP  -  Ardèche  -  27/02/07 et 24/04/07
M. Mathis Jean-Claude  -  UMP  -  Aube  -  20/02/07
Mme Lignières-Cassou Martine  -  PS  -  Pyrénées-Atlantiques  -  20/02/07
M. Hamel Gérard  -  UMP  -  Eure-et-Loir  -  20/02/07
M. Huwart François  -  PS  -  Eure-et-Loir  -  13/02/07
Mme Imbert Françoise  -  PS  -  Haute-Garonne  -  06/02/07
M. Charroppin Jean  -  UMP  -  Jura  -  06/02/07
Mme Tabarot Michèle  -  UMP  -  Alpes-Maritimes  -  06/02/07
Mme Gaillard Geneviève - PS  -  Deux-Sèvres  -  30/01/07
M. Roques Serge  -  UMP  -  Aveyron  -  23/01/07
M. Vialatte Jean-Sébastien  -  UMP  -  Var  -  16/01/07
M. Perrut Bernard  -  UMP  -  Rhône  -  26/12/06
M. Perruchot Nicolas  -  UDF  -  Loir-et-Cher  -  26/12/06
Mme Darciaux Claude  -  PS  -  Côte-d'Or  -  19/12/06 et 13/02/07
M. Masse Christophe  -  PS  -  Bouches-du-Rhône  -  19/12/06
M. Birraux Claude  -  UMP  -  Haute Savoie  -  19/12/06
M. Charroppin Jean  -  UMP - Jura  -  12/12/06 et 10/04/2007 
M. Thomas Jean-Claude  -  UMP - Marne  -  12/12/06
M. Roy Patrick  -  PS  -  Nord  -  12/12/06
M. Raoult Eric  -  UMP - Seine-Saint-Denis  -  12/12/06
Mme Briot Maryvonne  -  UMP - Haute-Saône  -  28/11/06
M. Mesquida Kléber  -  PS  -  Hérault  -  28/11/06
M. Lecou Robert  -  UMP - Hérault  -  21/1106
M. Vanneste Christian  -  UMP - Nord  -  21/11/06
M. Remiller Jacques  -  UMP  -  Isère  -  21/11/06
M. Glavany Jean  -  PS  -  Hautes Pyrénées  -  07/11/06
M. Abelin Jean-Pierre  -  UDF  -  Vienne  -  03/10/06
M. Bono Maxime  -  PS  -  Charente-Maritime  -  26/09/06
M. Merville Denis  -  UMP  -  Seine-Maritime  -  19/09/06
M. Boisserie Daniel  -  PS  -  Haute-Vienne  -  12/09/06
M. Schreiner Bernard  -  UMP  -  Bas-Rhin  -  22/08/06
M. Bocquet Alain  -  PC  -  Nord  -  15/08/06
M. Viollet Jean-Claude  -  PS  -  Charente  -  15/08/06
Mme Adam Patricia  -  PS  -  Finistère  -  01/08/06
M. Kucheida Jean-Pierre  -  PS  -  Pas-de-Calais  -  25/07/06
M. Vachet Léon  -  UMP  -  Bouches-du-Rhône  -  11/07/06
M. Paul Christian  -  PS  -  Nièvre  -  11/07/06
Mme Tanguy Hélène  -  UMP  -  Finistère  -  04/07/06
M. Mourrut Etienne  -  UMP  -  Gard  -  27/06/06
Mme Pons Josette  -  UMP  -  Var  -  27/06/06
M. Victoria René-Paul  -  UMP  -  Réunion  -  20/06/06

 

Avant de quitter ses fonctions, Gilles de Robien vient d'adresser une réponse (identique) à l'ensemble des parlementaires qui l'ont interpellé sur le sujet du statut des directeurs d'école.

 

"En vue de répondre au problème posé par le nombre de vacances de postes de directeur d'école à la rentrée scolaire (4 443 en 2004, 4 196 en 2005 et 3 900 à la rentrée scolaire 2006, soit 8,8 % du total des emplois de direction ordinaire de deux classes et plus), un certain nombre de mesures ont été mises en oeuvre depuis quelques années. Pour répondre à la revendication des directeurs d'école de bénéficier de plus de temps pour se consacrer aux tâches induites par leur fonction, un plan d'amélioration qui consistait à abaisser le quart de décharge à chaque directeur d'école a été appliqué tout d'abord aux écoles de six classes, en 1996 et ensuite aux écoles de cinq classes dès 1997. Puis, en 2002, une modification du décret du 24 février 1989 relatif aux directeurs d'école a facilité et élargi les conditions d'accès aux fonctions de direction. Il a aussi été procédé à deux revalorisations successives de l'indemnité de sujétions spéciales servie aux directeurs d'école en 2002 et en 2003. La réflexion entamée au cours du dernier trimestre 2005 en concertation avec quatre organisations syndicales afin d'étudier l'ensemble des mesures possibles qui seraient de nature à améliorer les conditions d'exercice des directeurs d'école a débouché sur la signature d'un protocole d'accord relatif aux directeurs d'école entre le ministre et le secrétaire du SE-UNSA le 10 mai 2006. Ce protocole d'accord étend, à compter du 1er septembre 2006, le quart de décharge aux écoles de quatre classes. Cette décharge est rendue possible grâce à la modification introduite dans les stages en responsabilité des professeurs des écoles stagiaires (PE2). En effet, les stagiaires devront désormais effectuer un stage en responsabilité dans la même classe à raison d'une journée par semaine durant toute l'année scolaire (trente jours). Ce stage, dit « filé », permettra de couvrir le quart de décharge des directeurs de quatre classes. Il prévoit également, pour les directeurs non déchargés, l'attribution d'une décharge de rentrée scolaire de deux jours fractionnables à prendre dans les quinze jours qui suivent la rentrée des élèves. Le protocole précise aussi qu'un régime de décharges bonifiées doit être appliqué aux directeurs des écoles du réseau « ambition réussite ». L'indemnité de sujétions spéciales (ISS) bénéficie d'une revalorisation de 20 %. Cette dernière présente un taux annuel de 1 110,53 euros ce taux est majoré de 20 % en zone d'éducation prioritaire (ZEP). Enfin, le protocole prévoit une série de mesures destinées à aider les directeurs dans l'exercice de leurs fonctions. Il s'agit : du recrutement d'emplois de vie scolaire (EVS) sur des contrats d'avenir. Le recrutement est réalisé en relation avec l'ANPE, et le directeur est associé à la procédure de recrutement ; de la rédaction à l'intention des directeurs d'école d'un vade-mecum sous forme de fiches portant sur la responsabilité, les obligations et les compétences des directeurs ; de l'établissement par les autorités académiques en relation avec les collectivités territoriales d'un plan de modernisation de l'équipement informatique et des accès internet. Par ailleurs, depuis le dernier trimestre 2006, les négociations ont été réouvertes avec les organisations syndicales. Deux groupes de travail ont été mis en place et chargés, le premier, d'étudier l'ensemble des questions liées à l'organisation de l'école et le second, d'une réflexion sur le métier de la direction d'école et sur le statut des directeurs d'école".

      

  

 

 

 

 

 

 

    

Gilles de Robien
                                

           

                    

Nos commentaires et annotations sur la copie du ministre :

 

      - Prenez le temps de lire entièrement les questions. Votre lecture en diagonale est trop sélective.

     - Développez votre argumentation, notamment, sur la question du statut. Les députés vous demandent "quelles mesures vous comptez prendre sur l'institution d'un véritable statut de directeur d'école". Votre réponse est incomplète et nettement insuffisante.

     - Attention au "hors sujet". Cela vous arrive trop fréquemment. Aux députés qui vous interrogent sur le décret instituant l'expérimentation EPEP, vous énumérez les mesures contenues dans le protocole d'accord signé en mai 2006 avec le SE-Unsa. Vous tombez dans le même travers lorsqu'un parlementaire vous demande de revenir sur les retenues de salaire pour absence de service fait.

     - Personnalisez vos courriers. Vous envoyez la même réponse à tous les députés qui vous ont écrit sans tenir compte de la formulation de leurs questions.

 

 

Nous remercions les collègues qui, de tous les départements, ont répondu à notre appel et ont pris quelques minutes de leur temps pour recopier notre courrier et l'envoyer à leur député.

Grâce à tous, nous avons maintenu la pression sur les élus, attiré l'attention sur les problèmes de la direction et montré notre farouche détermination à poursuivre notre combat pour une véritable et indispensable reconnaissance de notre métier.

Notre lutte continue même si elle est difficile. N'oublions pas que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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