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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 14:00

 

 

L’histoire ne se répète pas mais elle bégaie… C’est du moins ce que peut constater tout bon observateur de l’Education nationale.

Dans ce ministère, la règle est immuable dans le « jeu » auquel se livrent le ministre et les représentants syndicaux. Tôt ou tard, le vent tourne. L’état de grâce ne dure jamais bien longtemps. Les syndicats savent qu’il leur faut faire le dos rond jusqu’à ce jour où le ministre sera suffisamment affaibli.

 

 

Un ministre affaibli

 

Pour X. Darcos, le 20 novembre restera une date maudite. Jusqu’à lors, tout semblait lui réussir. On le disait « bien vu » du président et même « premier ministrable ». Mais voilà, le ministre sort doublement affaibli de cette dernière grève.

 

Affaibli par la forte mobilisation des enseignants (relire notre article précédent), le ministre est « sommé » par « ultimatum » d’engager sous les 5 jours des négociations avec les syndicats. Le coup est rude à encaisser pour un ministre qui rappelait son opposition à toute forme de cogestion.

 

Affaibli par le camouflet infligé par de nombreux maires de France qui ont bravé la loi les obligeant à assurer le service minimum d’accueil. En effet, la mise en place du SMA s’avère très laborieuse en cas de grève importante.

 

Le ministre est si affaibli qu’il renonce à se rendre au 91e congrès de l'Association des maires de France (AMF), qui se tient à Paris du mardi 25 au jeudi 27 novembre, où 7 000  élus attendent de pied ferme le président de la République, qui s'exprimera devant eux jeudi.

 

X. Darcos a jeté l’éponge. Son directeur de cabinet aussi. C'est donc un recteur qui sera présent. « Le ministre de l'Education, selon Jacques Pelissard, président de l'Association des maires de France, a eu peur de se faire huer par les élus locaux à cause du service minimum ». Selon Pelissard, « c'était à l'Etat et non aux mairies d'organiser l'accueil nécessaire des enfants les jours de grève ».

 

 

Des syndicats renforcés

 

Comme nous l’avons écrit dans notre précédent article, tous les syndicats ne retireront pas le même bénéfice de l’affaiblissement du ministre. On le voit, trois syndicats se sont réunis en intersyndicale pour adresser un « ultimatum » à X. Darcos qui a répondu : « bien entendu, le dialogue continuera ».

 

Afin de maintenir la pression, un collectif (réunissant entre autres les principaux syndicats de l’Education, des lycéens, des parents d’élèves) organise une journée de manifestations partout en France le mercredi 10 décembre, sans appel à la grève.

 

«Il n’y a pas d’appel à la grève ce jour-là», précise Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.

 

«L’idée est de dire: l’éducation est notre avenir. Le gouvernement ne veut pas l’entendre. Le 10 décembre, faisons masse pour dire et redire que l’Education est notre avenir et qu’elle ne se fera pas sans moyens, pas sans dialogue, pas sans associations, etc.», a expliqué Luc Bérille, secrétaire général du SE-Unsa.

 

 

La surenchère du SNUipp

 

Si les organisations syndicales « jouent collectif », elles n’en oublient pas moins que dans quelques jours, le 2 décembre, chacune d’entre elles sera jugée non plus sur sa capacité à mobiliser mais sur le nombre de suffrages obtenus aux élections professionnelles.

C’est là que s’invite la question du pouvoir et se construit le rapport de forces entre syndicats mais aussi dans les négociations avec le ministère.

 

Le SNUipp qui entend maintenir, voire accentuer, son leadership dans le premier degré met les bouchées doubles pour apparaître comme l’opposant le plus ferme à la politique menée par X. Darcos. Il veut profiter de l’affaiblissement inespéré du ministre pour lui faire mettre le second genou à terre et revenir sur ses projets : EPEP, RASED, suppressions de postes…

 

Aussi, le SNUipp n’hésite pas à faire de la surenchère pour apparaître comme l’élément moteur de l’intersyndicale, le fer de lance du syndicalisme radical. Pour ce faire, il multiplie les initiatives.

 

Le SNUipp 75 a appelé les enseignants des écoles parisiennes à "faire grève" jeudi afin "d'organiser un comité d'accueil à Xavier Darcos" qui doit inaugurer ce jour-là le Salon de l'Education porte de Versailles. Mais s’y rendra t-il ?

 

Sur le plan national, le Snuipp invite l'intersyndicale à organiser une journée de grève avant le 10 décembre

« A l'issue de la manifestation du 20 novembre, Xavier Darcos avait annoncé qu'il allait discuter avec les syndicats. Ceux du primaire, le Se-Unsa, le Snuipp, le Sgen, avaient émis un "préavis de négociations" de 5 jours. "Ce préavis expire mercredi 26 novembre", note l'intersyndicale. "Nous n’avons à ce jour aucune proposition de rencontre avec le ministère" ».

 

Du coup le SNUipp propose une nouvelle journée de grève unitaire aux organisations syndicales avant le 10 décembre et met cette proposition en débat parmi les personnels.

 

 

Bref, le SNUipp a fait sien l’adage suivant lequel il faut battre le fer tant qu’il est chaud... Mais attention : la roue tourne vite… Il suffit d’une grève de trop, mal suivie, mal comprise par l’opinion et la tendance se renverse…

 

 

Disons-le, cependant, on aimerait retrouver cette même ardeur au combat dans la défense des directeurs d’école qui ont exprimé massivement leur volonté de reconnaissance de leur métier par un statut professionnel.

 

On peut regretter que l’action du SNUipp ne se développe le plus souvent que pour maintenir le statu quo au lieu de faire évoluer l’école pour l’adapter au XXIème siècle.

 

C’est malheureusement le cas, notamment, dans la création des EPEP où il nous semble qu’il y aurait matière à négocier pour améliorer la proposition de loi plutôt que d’en exiger le retrait pur et simple. Mais, pour cela, peut-être faudrait-il commencer par écouter et entendre les enseignants sur le terrain et ne pas se contenter de motions présentées par une minorité dans des assemblées squelettiques…

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

Dedel 27/11/2008 13:47

Tout à fait de ton avis, Henri
"Nous savons aussi qu'une réforme remisée au placard est en mesure de resurgir ultérieurement ailleurs et sous d'autres formes !"
Tu as raison de le souligner : rien n'est jamais définitement acquis. On (je veux dire tous les enseignants grâce à leur mobilisation le 20/11) a marqué des points. En rugby, on dirait qu'il faut transformer l'essai.
A nous de rester vigilants, prêts à nous mobiliser de nouveau s'il le faut, à ne pas accepter de nouvelles dérives méprisantes... Si on sait rester unis, on peut raisonnablement penser qu'il se méfiera avant de prendre de nouvelles mesures contre l'école et ses personnels.
PS : tu vois Henri qu'il nous arrive parfois de partager les mêmes idées.

PouK 27/11/2008 09:10

Affaibli... Tout ça tient à peu de choses. C'est vrai qu'il est dans une mauvaise passe en ce moment et que les syndicats sortent plus forts de la dernière grève. On sait qu'il faut peu de choses pour que les effets bénéfiques s'annulent rapidement, une grève qui marche mal, par exemple.
N'empêche que dans l'EN, on a rarement vu un ministre se refaire une santé après avoir vacillé. C'est surtout psychologique, cette affaire de rapports de forces. On sait bien que les syndicats ne sont pas puissants en France. Mais ils ont quand même pris un ascendant très net sur le ministre.
Lui, au contraire, a perdu de sa superbe aux yeux de l'opinion. Et ça compte aussi beaucoup en politique. Henri rappelle, à juste titre, que le ministre dispose de la durée d'une législature. Oui mais n'oublions pas que les gouvernements ont toujours peur de ce qui peut se passer dans l'EN. On y trouve de gros bataillons capables de se mobiliser et donc de créer un sentiment de malaise dans la société qui finit par donner une mauvaise image du climat ambiant. Jamais bon pour une équipe en place.
Il n'est que voir l'exemple de Rachida Dati. Adulée par le président puis devenue gênante... Le même scénario ne peut être exclu pour un ministre de l'EN.

stéphan 27/11/2008 08:51

Darcos affaibli, à voir...
Je crois vraiment qu'il faudra savoir dissocier la forme du fond.
Qu'il tempère ses provocations tant mieux (mais n'est-ce pas tactique), qu'il recule sur les suppressions postes ou les EPEP, c'est une autre histoire.
Du côté syndical, il faut attendre début 2009 pour avoir une idée de leur combativité, car aujourd'hui on est en pleine surenchère électorale.
Les positions de chacun risquent de changer après le 2.
- si le SNUipp prend de l'avance, le SE ne sera-t-il pas tenté de choisir une autre stratégie?
- qu'en sera-t-il si l'abstention se renforce, si dans des départements le quorum ne sera pas atteint...?
Je pense que c'est cela qu'attend Darcos. On est encore trop loin de la présidentielle pour que le gouvernement recule (surtout que Sarko n'est pas loin d'un remaniement...)
PS. rappelez-vous le mouvement sur les retraites.

VALMORI Patrick 27/11/2008 08:32

Pour faire écho au contenu de l'article et notamment sur la mauvaise image de Darcos auprès des maires (le SMA est passé par là...), je relève cette dépêche :

Environ 2.000 maires, qui assistaient mercredi à un débat sur les réformes à l'école dans le cadre du congrès de l'Association des maires de France, ont quitté la salle pour protester contre l'absence du ministre Xavier Darcos, retenu à Bordeaux pour une réunion européenne.
"Devant le mépris dont nous sommes l'objet, je propose que nous quittions l'auditorium", avaient lancé le maire de Saint-Martin-d'Hères René Proby (divers gauche), puis celui de Périgueux Michel Moyrand (PS), victorieux de M. Darcos aux dernières municipales.
Mardi, lors de l'ouverture du congrès, le Premier ministre, François Fillon, avait été sifflé lorsqu'il avait évoqué le SMA (service minimum d'accueil) dans les écoles.
M. Fillon était accompagné de huit membres de son gouvernement, mais son ministre de l'Education, Xavier Darcos, était absent, ce qu'avaient déjà reproché en privé des congressistes.

henri 27/11/2008 06:26

"Et il est tombé dans le panneau comme un novice..."
Peut-être est-il bon de tempérer cet optimisme ou ce constat ! une grève même bien suivie peut à la longue faire "flop" !
- sur le terrain purement politique, c'est-à-dire celui sur lequel les lois ou décrets ont des "chances" d'être retoqués, le vide est flagrant ! le gouvernement et donc le ministère actuel sont face à une opposition totalement inexistante (je ne m'attarde pas, vous l'avez compris !) ;
- il a également la durée pour lui (celui d'une législature) et les différents pôles du pouvoir entre les mains (Assemblée Nationale, Sénat) ;
Va-t-il s'inquiéter ? L'avenir nous le dira !
Nous savons aussi qu'une réforme remisée au placard est en mesure de resurgir ultérieurement ailleurs et sous d'autres formes ! Il n'est, dans bien des domaines, que de voir ce que sont devenues des mesures annoncées, puis "annulées" et, coucou, les revoilà un jour !
Par ailleurs, difficle de qualifier un ministre de "novice" ou d'imbécile : il est assez entouré de conseillers,  de secrétaires, etc... pour penser que d'autres font, en douce et en coulisses, le travail véritable et à long terme ! Les ministres passent, mais dans les bureaux ministériels ces mêmes personnes demeurent...

Delphine IA78 26/11/2008 17:45

Il s'est fait avoir, notre brave ministre... A malin, malin et demi...
Les syndicats ont l'habitude d'user les ministres puisque si les ministres ont une durée de vie assez courte à la tête de leur ministère, les dirigeants syndicaux, eux, ont une longévité exceptionnelle. N'oublions pas qu'ils élus puis réélus avec des taux frisant les résultats de l'ex-URSS...
Ils ont bien combiné leur coup en attendant une saturation des réformes chez les enseignants pour organiser une bonne grève bien dure juste avant des élections professionnelles. Forcément, tous les syndicats ne pouvaient que s'y mettre...
Et il est tombé dans le panneau comme un novice...