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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 18:05

 

On se souvient tous de la célèbre formule de Martine Aubry à l’encontre de François Hollande pendant la campagne des primaires socialistes… C’était le 11 octobre 2011 au micro de Jean-Michel Aphatie sur RTL : « Ma grand-mère disait : ‘Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup’ ».

Cette formule ne pourrait-elle s’appliquer à la réforme des rythmes scolaires qui semble se mettre en place dans la précipitation, la confusion, l’improvisation  et dans des conditions pour le moins floues ?

 

La méthode Peillon semble atteindre ses limites. Le ministre qui s’était fait le chantre de la concertation prend des décisions qui s’accommodent mal du principe qu’il défend par ailleurs dans toutes ses déclarations médiatiques.

On avait pu le constater lors de la publication du calendrier scolaire 2013-2014. On se souvient que le texte présenté devant le CSE (Conseil Supérieur de l’Education), instance consultative qui réunit les représentants des acteurs de l'éducation, avait été repoussé par 60 voix contre, 2 abstentions et 1 refus de vote. Ce qui n’a pas empêché le ministre de l’adopter officiellement. « L’intérêt de l’enfant » n’a pas pesé bien lourd face aux lobbies du tourisme… Le travail de lobbying aura eu raison de l’équilibre du calendrier scolaire.

 

Concernant les nouveaux rythmes scolaires, dans un premier temps, Vincent Peillon avait clamé sa volonté de les voir appliqués à la rentrée 2013. Après une levée de boucliers chez les élus, le 20 novembre, François Hollande, avait donné la possibilité d'« étaler » la réforme sur deux ans (2013 et 2014), et annoncé la création d'un « fonds d'amorçage » de 250 millions d'euros réservé au villes prêtes en 2013.

Très vite la crainte de voir la réforme « oubliée » en année électorale a conduit le gouvernement à revenir sur sa décision d’étalement sur deux ans.  L’entrée des communes dans la réforme en 2013 est la règle. Jean-Marc Ayrault a donc arbitré en faveur des partisans du passage rapide aux 9 demi-journées. Une aide financière est prévue uniquement en 2013 pour inciter le maximum de communes à mettre en œuvre les nouveaux rythmes scolaires. Une exception, cependant, pour les communes les plus en difficulté qui opteraient pour une application en 2014.


Quel sera l’objet même de la réforme ? Réduire la journée de classe en assurant une demi-journée de cours le mercredi matin. C’est ce qu’écrit le Premier ministre à l’Association des Maires de France.

Dans sa lettre, le premier ministre rappelle le cadrage horaire qui sera imposé par le décret sur les rythmes scolaires. L'heure normale de sortie de l'école sera maintenue à 16h30, comme François Hollande l'avait souhaité. Mais les élèves n'auront que 5h et demie de cours par jour au maximum. Au final, il reste une heure d'activités périscolaires 4 jours par semaine dont 3 heures à la charge des communes (une heure étant prise par les enseignants).


« Où est passée l'ambitieuse réforme des rythmes scolaires et ses objectifs de réussite pour tous ?"
demande le SNUipp-FSU. "Une journée pratiquement aussi longue, 5 heures 30 au lieu de 6 heures, une demi-journée supplémentaire le mercredi matin, un deuxième trimestre toujours aussi déséquilibré… », déplore le syndicat.

Le 17 décembre, dans un entretien à Libération, Vincent Peillon déclare :

« Je n’ai jamais parlé d’une demi-heure de moins seulement. Le minimum sera de trois quarts d’heure. Avec les projets territoriaux éducatifs, les gens discuteront localement. Si on veut une pause méridienne plus importante, ce sera possible ; si on veut, un après-midi, sortir à 15 h 30 ou à 15 heures parce qu’on a besoin d’une heure et demie pour aller visiter un musée ou pratiquer une activité sportive, on pourra le décider. Mais le minimum, c’est trois quarts d’heure en moins par jour. Certains syndicats demandent que la règle soit la même partout, que tout le monde sorte à 15 h 45. Je pense, au contraire, qu’on peut organiser les choses intelligemment. Là où les enseignants le souhaitent, là où ils peuvent travailler avec les éducateurs ou des bénévoles, on devra laisser davantage de souplesse. »


Lorsqu’on évoque la question de la compensation salariale des enseignants liée aux dépenses supplémentaires engendrée par la demi-journée supplémentaire (déplacements, garde d’enfants…), le ministre répond :

« Une discussion a lieu sur le temps de travail, avec les enseignants du primaire, liée à la réforme des rythmes scolaires. Aujourd’hui, ils doivent, en dehors des vingt-quatre heures de cours, trois heures hebdomadaires. Nous déciderons avec eux de l’utilisation de ces heures : s’investir sur la liaison école-collège, faire de la formation continue par Internet, etc. Enfin, les enseignants du primaire avancent le coût, notamment en transports et garde d’enfants, que représente leur retour à l’école le mercredi matin. Je négocie avec les syndicats pour apporter des réponses matérielles à cette question. Je suis totalement prêt à entrer dans une discussion avec les syndicats sur l’ensemble du métier. Si, en changeant le temps et les méthodes de travail, on répond à l’intérêt des élèves, alors on peut envisager des conséquences salariales. »

 

« Travailler plus pour gagner plus… » Cela sonne comme un air déjà entendu mais qui s’est révélé n’être qu’un slogan sans lendemain pour l’immense majorité des enseignants du primaire.

 

Si le ministre avance l’idée d’utiliser les 108 heures dans des activités de liaison CM2-collège ou de formation continue, Jean-Marc Ayrault semble s’orienter vers une autre utilisation d’une partie de ces heures… Dans son courrier aux maires, il déclare : « Les enseignants interviendront partiellement sur ce temps selon les négociations en cours sur la répartition des 108 heures dues annuellement par les professeurs des écoles. »

Bref ! Des propos qui ne manquent pas d’inquiéter… Le Premier ministre serait-il prêt à mettre des fonctionnaires d’Etat à disposition de la fonction publique territoriale ? Rien d’anormal si les enseignants sont rémunérés sous forme d’heures supplémentaires comme c’est déjà le cas pour les surveillances d’étude ou de cantine. Ce ne serait pas acceptable s’ils devaient assurer des missions pour le compte des communes dans le cadre des 108 heures qu’ils doivent à l’Education nationale.

 

Il appartient au Premier ministre de clarifier ses propos, aux syndicats de veiller au respect des statuts des différentes fonctions publiques et au ministre de l’Education nationale de dissiper le flou qui entoure le projet des rythmes scolaires tant dans leur forme que dans leur application.

 

Autre source d’inquiétude pour les enseignants et notamment pour les directeurs d’école : la mise en place pratique du dispositif qui sous-tend l’implication des collectivités territoriales dans la mise en œuvre de la réforme.

« Pour faciliter la mise en place, le premier ministre annonce "un assouplissement du taux d'encadrement en centre de  loisirs" sous réserve de l'existence d'un projet éducatif territorial validé par les académies. Les Dasen devront aider les communes à élaborer leur projet éducatif » écrit encore Jean-Marc Ayrault.

Quid des directeurs d’école qui risquent de se voir imposer la responsabilité d’un dispositif auquel ils n’auront pas été associés ?

 

Une demi-heure… Trois quarts d’heure minimum… de cours en moins par jour ? L’utilisation des 108 heures ? L’élaboration du projet éducatif local en concertation avec les directeurs d’école, principaux responsables de sa mise en œuvre…

Cela fait beaucoup de zones floues...

 

Que nos dirigeants n’oublient pas les sages paroles de la grand-mère de Martine Aubry : « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup »…

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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commentaires

merlin 03/01/2013 14:24


Avec le Snuipp , il faut toujours décoder: " des avancées sont indispensables"  signifie, il faut que ça bouge... mais pas forcément pour les dirlos. Celui-ci doit animer un CDM renforcé (
le rôle du dirlo au coeur de cette nouvelle instance n'est pas précisé) , il doit s'occuper du pédagogique ( l'administratif revient alors à " l'emploi pérenne") , le pouvoir ultime de décision
reste à l'iEN ( ou CDM renforcé?), pour les dirlos, on lâche éventuellement quelques euros ( que l'on devine rares). Bref, tout ça pour ça? Circulez.


  Dans le futur dispositif Peillon qui va animer nos prochaines réunions, les décideurs seront: l'IEN pour le péda et le Maire ou la communauté de communes pour l'accueil. L' organisation
des transports arbitrera même en N° 1.


  Personnellement, je ne vais pas m'agacer sur un dispositif qui sera de toutes façons arbitré par d'autres. Cette refondation est nulle, mais par qui a-t-elle été porté? Si vous archivez
vos publications syndicales remontez quelques mois en arrière.....


Bonne année 2013...............;!

laurent 29/12/2012 21:35


Plan Educatif Territorial : qui va aider les maires à les rédiger avant validation par le Dasen ? le directeur, bien sûr ! Eh ben non, ce seront les IEN. Le plan sera bien entendu soumis au CE
pour validation. Eh ben non . Notre crédibilité auprès de nos partenaires va en sortir renforcée, c'est certain. Partenaire ou patron ? Plus
besoin de directeur, un bon concierge suffira amplement

Moira377 29/12/2012 16:57


Le choix des mots... Très parlant dans le commentaire de Théo.


"une vraie reconnaissance pour les directeurs"


"des emplois statutaires" pour l'aide pérenne aux directeurs.


Je crains que tout ne soit résumé dans ces deux extraits. Tout le monde entend ce qu'il veut entendre. On ne froisse pas l'interlocuteur. Tous les partenaires autour de la table sont contents.
Tout le monde campe sur ses positions. Mais la rencontre historique a eu lieu. Trinquons !


Bien sûr, on nous dira que le SNUipp a évolué. C'est vrai. Il utilise des mots qui lui brûlaient la langue il y a encore peu : "directeurs", "reconnaissance"... Mais, elle ne plie pas, la bête !
pas question d'un statut pour les directeurs d'école !


Résultats sur le terrain ? Wait and see...

Théo62 29/12/2012 15:30


Info : Rencontre SNUipp - GDID


Direction et fonctionnement de l'école : des avancées sont indispensables
le 18 décembre, lors d'une rencontre entre le SNUipp et le GDID, nous avons constaté des analyses convergentes au sujet de la direction et du fonctionnement de l'école. Faire vivre l’équipe
pédagogique et son projet d’école, faire le lien avec les parents et les partenaires, répondre souvent dans l’urgence aux toujours plus nombreuses demandes administratives, gérer les imprévus
quotidiens de la vie de l’école et ce... en étant la plupart du temps en charge d’une classe, le travail des directrices-teurs d'école est sous très haute tension. Aujourd'hui, les conditions
d'exercice de la fonction se sont alourdies, complexifiées et manquent de temps.
Deux dimensions doivent être creusées
:


-l'amélioration du
fonctionnement pédagogique, éducatif et administratif de l'école.-une vraie reconnaissance des
directrices et directeurs d'école et une amélioration significative des conditions d'exercice.
L'amélioration du fonctionnement de l'école passe par
l'amélioration des conditions d'exercice du travail réalisé par les directrices-teurs et par une meilleure reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres. Pour ce faire, les missions du
directeur se doivent d'être au service des élèves. Une clarification est indispensable. Elles doivent être recentrées autour du fonctionnement pédagogique et éducatif et des
tâches indispensables à la vie de l'école.
Cela passe par
- du temps
supplémentaire de décharge quelle que soit la taille de l'école (direction, travail d'équipe). - une formation spécifique et reconnue :
faire vivre le conseil des maîtres comme une équipe partie prenante du fonctionnement de l'école, être l'interlocuteur reconnu des partenaires de l'école : la mairie, les parents, répondre aux
sollicitations administratives une fois définies les prérogatives de chacun, etc... Tout cela ne s'improvise pas. - une aide pérenne à la direction et au
fonctionnement de l'école par la création d’emplois statutaires, - une reconnaissance financière
(salariale). - la création
d'un outil clair d'aide à la direction d'école regroupant les références des textes en vigueur.

Il ressort une volonté commune de voir ce dossier aboutir à des avancées concrètes à l'heure où le ministre a annoncé des discussions pour le début 2013.

zellof 28/12/2012 14:32


"au final on a gagné quoi ? faut m'expliquer"


La réponse est dans la question, Grégoire : RIEN !!!


Faut pas espérer en avoir plus sur la question du métier avec les discussions qui vont s'engager au premier trimestre. Là encore, tu vas demander "pourquoi" et la réponse est aussi simple.
Peillon nous l'a déjà donnée :
a) les enseignants méritent d'être revalorisés mais "les caisses sont vides"... On le fera dès qu'on le pourra... Certains économistes disent qu'on est parti pour 10 ans de crise...!!!
b) un statut n'est pas possible. D'ailleurs les syndicats enseignants sont contre...


Circulez ! y a rien à voir... 

Gregoire 28/12/2012 12:32


Au 1er jour était le respect des rythmes des petits écoliers pressurisés par une organisation la plus contraignante d'Europe ( le plus d'heures dans le moins de jours )


au 2ème était la reconnaissance de la précarité des conditions de salaires et de travail


bilan :


plus de jours d'école (5) mais sortie pour tous à 16h30 : gain : + 3 h


aucune revalorisation salariale


aucun statut pour le pilote


Donc au final on a gagné quoi ? faut m'expliquer.

Pascal Oudot 23/12/2012 14:36


Il y a un double langage qui devient pénible chez Peillon. Je ne reviens pas sur ce qui est dit sur les rythmes scolaires. C'est inacceptable en l'état. Il doit revoir sa copie.
Sur la revalorisation financière, on a le même double discours. Il reconnaît que les enseignants sont mal payés et qu'une revalorisation des salaires est légitime. Très bien. Mais dans la
seconde qui suit, il dit qu'il le fera quand les finances le permettront. A la saint glinglin...
Plus grave, il dit que les enseignants allemands sont mieux payés mais qu'ils font 35 h par semaine. Et qu'il faut tout prendre. Pas seulement les salaires mais le boulot en plus. Tiens donc
! Les enseignants français n'ont plus rien à faire en dehors des heures devant élèves ? Il se fout du monde !!!


 


Juste. Le reste, prout. Mais ces phrases là sont justes et claires.

Gégé 23/12/2012 14:16


Il y a un double langage qui devient pénible chez Peillon. Je ne reviens pas sur ce qui est dit sur les rythmes scolaires. C'est inacceptable en l'état. Il doit revoir sa copie.
Sur la revalorisation financière, on a le même double discours. Il reconnaît que les enseignants sont mal payés et qu'une revalorisation des salaires est légitime. Très bien. Mais dans la seconde
qui suit, il dit qu'il le fera quand les finances le permettront. A la saint glinglin...
Plus grave, il dit que les enseignants allemands sont mieux payés mais qu'ils font 35 h par semaine. Et qu'il faut tout prendre. Pas seulement les salaires mais le boulot en plus. Tiens donc !
Les enseignants français n'ont plus rien à faire en dehors des heures devant élèves ? Il se fout du monde !!!


En janvier, faut qu'on soit tous unis dans l'action contre tous ces projets mal ficelés qui ne tiennent pas compte des propositions des organisations syndicales. La base doit être entendue. A
nous de nous faire entendre !!! 

laurent 22/12/2012 22:09


Commentaire de henri dans le fil précédent :'' Bref (si je puis dire) :
faut-il s'effrayer ou se faire peur ? (mais je peux me tromper, Laurent) ''


Eh ben, j'ai un peu peur, remarquez, quelle différence fondamentale entre un PE
verrouillé par le DASEN et un projet territorial validé par le même DASEN ? En plus Peillon oublie complètement les Communautés de Communes qui en zone rurale  ont souvent la compétence
enfance jeunesse. L'école est pilotée de façon vestorielle et le vecteur COMCOM sera très puissant. Quid de l'utilité du directeur  dans un tel dispositif ?