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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 22:24

Délaissant pour un temps les arguments de la campagne des municipales, deux anciens ministres de l'Education nationale, l'un de droite, l'autre de gauche, s'en prennent vertement à la réforme des programmes récemment dévoilée par l'actuel locataire de la rue de Grenelle.
Et nos deux anciens ministres ne font pas dans la dentelle : "mensonge", "imposture", "paresse intellectuelle", "vide abyssal"... Bref, on utilise des arguments massue... Faut dire que Jack Lang (ministre de 1992 à 1993 puis de 2000 à 2002) et Luc Ferry (de 2002 à 2004) n'apprécient pas de voir "leur réforme" jetée aux oubliettes après avoir été rendue responsable de tous les maux dont souffre notre école...
 

Appel de Luc Ferry et Jack Lang


 

Non aux nouveaux programmes de l'école primaire !

D'aucuns seront sans doute fort surpris de trouver nos deux noms réunis au bas d'un même appel. En dépit de tout ce qui oppose nos choix politiques et philosophiques, nous avons pourtant les mêmes raisons de penser que les «nouveaux programmes de l'école primaire», rendus publics à la fin du mois de février, risquent de nuire gravement à la santé (déjà bien fragilisée) de notre système éducatif : l'avenir de nos enfants vaut bien une trêve dans nos querelles partisanes. Les parents ne doivent pas être abusés par les promesses d'un «retour aux fondamentaux» et d'une exigence accrue, auxquelles nous adhérons tous : car, sous ces slogans séduisants mais vagues, c'est exactement l'inverse que le ministère de l'Education nationale nous propose aujourd'hui.

On nous annonce des programmes «plus ambitieux», mais, sur l'essentiel, notamment la lecture, l'écriture, l'expression orale, on en rabat comme jamais sur le niveau visé. En fin de CM2, on se contente désormais d'attendre d'un élève qu'il soit capable d'«orthographier un texte simple de dix lignes lors de sa rédaction ou de sa dictée» alors que les programmes de 2002 demandaient qu'il sache rédiger un «récit» au moins deux fois plus long, mais aussi «noter des informations», «rédiger une courte synthèse» des leçons, en respectant, outre les règles d'orthographe et de syntaxe, des critères de clarté et de cohérence du propos. Soyons clairs : savoir tout juste écrire dix lignes sous la dictée ne suffit pas pour suivre une classe de 6e ! Plus grave encore, si possible : malgré les affirmations qui figurent dans la présentation des programmes, les horaires de français ne sont nullement augmentés, mais considérablement réduits par rapport à ceux de 2002 ! En 2002, le programme de français comportait obligatoirement et au minimum deux heures de lecture et d'écriture quotidiennes, auxquelles s'ajoutait le temps consacré à l'expression orale et à l'étude de la langue (grammaire, conjugaison, vocabulaire). Soit treize heures. Il n'en reste plus que dix aujourd'hui ! Du reste, comment Xavier Darcos peut-il prétendre sans sourciller diminuer tout à la fois l'horaire hebdomadaire global (qui passe de 26 à 24 heures en raison de la suppression des heures du samedi matin), augmenter les horaires de sport et de maths, créer une discipline nouvelle (l'histoire de l'art) et, malgré cela, augmenter l'horaire de français ? Disons-le posément mais fermement : il s'agit d'un mensonge.


Paresse intellectuelle
Sur bien d'autres sujets encore, les épaisses ficelles de la com en arrivent à éclipser totalement le fond des problèmes. Pour satisfaire à la démagogie ambiante, on affirme sans vergogne que «programmes courts = programmes centrés sur les fondamentaux», alors qu'il suffit de réfléchir trois minutes pour comprendre qu'à l'évidence c'est l'inverse qui est vrai : plus les programmes sont courts dans le texte officiel, plus ils sont lourds dans la classe. Si vous mettez «la Révolution française» sans autre précision au programme, il est, au sens propre, sans limite. Un bon programme, c'est d'abord un programme qui a le courage de faire des choix et de les expliciter, ce qui suppose un peu d'espace. La première condition de l'efficacité des apprentissages, c'est leur continuité, leur cohérence, d'un jour à l'autre, d'une classe à l'autre, d'un maître à l'autre. Et cela suppose un cadre commun suffisamment clair, qui ne prête pas à une infinité d'interprétations. Le contraire même de ce que l'on découvre ici, dans un texte qui expédie l'apprentissage de la lecture et de l'écriture au CP et au CEI en 15 lignes !

Et quelles lignes ! Jugez vous-mêmes : «Dès le cours préparatoire les élèves s'entraînent à déchiffrer et à écrire seuls les mots déjà connus. Cet entraînement conduit progressivement l'élève à lire de manière plus aisée et plus rapide.» C'est tout pour le CP ! Les nouveaux programmes se vantent avec arrogance d'avoir renoncé à expliciter et à choisir, de sorte que la paresse intellectuelle et le manque de courage se parent ici des dehors du gros bon sens pour lâcher la bride à toutes les lubies pédagogiques. Ce n'est pas non plus parce qu'on ajoute le mot «morale» pour bien donner le sentiment, pas même véridique, d'un «retour à» que l'on améliore en quoi que ce soit le contenu des enseignements. Pis encore, le programme de sciences a été littéralement laminé pour faire place à de bien vagues notions d'écologie...

Vide abyssal
Nous avions ensemble, l'un comme ministre, l'autre comme président du Conseil national des Programmes, piloté le vaste chantier de refonte des programmes de l'école primaire entre 2000 et 2002. Que ce travail puisse et doive être amélioré, nous sommes les premiers à en convenir. Mais qu'on le liquide purement et simplement pour le remplacer par un vide abyssal est proprement consternant. Malgré nos divergences de fond sur d'autres sujets, nous nous étions accordés sur l'idée que l'élaboration des programmes devait être désormais transparente et publique. C'est dans cette perspective que le soin de réfléchir aux contenus d'enseignement fut confié à un groupe de personnalités reconnues, présidé par Philippe Joutard, historien et ancien recteur estimé de tous. Nous voulions ensuite que ces programmes fussent réellement utiles, non seulement aux instituteurs chargés de les mettre en oeuvre, mais aussi - c'est peut-être leur principale fonction - aux auteurs de manuels scolaires pour lesquels ils constituent le cahier des charges. Jusqu'alors, les programmes de l'école se contentaient, comme celui qu'on nous propose à nouveau aujourd'hui, d'être un catalogue de voeux pieux, du genre : «Au CM2 l'enfant maîtrise les principales règles de l'expression écrite, il sait se comporter avec respect avec autrui...», et autres déclarations aussi péremptoires qu'inopérantes. A la place de ces injonctions creuses, nous souhaitions indiquer enfin des progressions concrètes, autant que possible précieuses pour les maîtres débutants, et rassurantes, car stables, pour les plus chevronnés. Disons-le franchement, c'était une petite révolution par rapport à la langue de bois «éducnat» jusqu'alors en vigueur. Tous deux préoccupés par la montée de l'illettrisme, nous étions soucieux que, par-delà la pluralité des méthodes de lecture (il y a des centaines de manuels différents sur le marché de l'édition scolaire !), les programmes fixent enfin un cadre commun, solide et intelligible par tous. Le groupe de Joutard avait fait sur ce point un travail réellement remarquable et innovant. Ce sont tous ces efforts qui risquent d'être anéantis aujourd'hui.

Imposture
Entre autres choix forts, nous avions limité volontairement le programme de grammaire à l'essentiel : en gros, les marques du pluriel («s» et «ent»), la conjugaison, les règles les plus utiles de l'orthographe, le bon usage des «mots de liaison» et quelques autres éléments de bon sens. En contrepartie de cet authentique travail de «réduction aux fondamentaux», nous avions imposé explicitement un temps quotidien incompressible de lecture et d'écriture de deux heures trente par jour aux CP et CE1 et de deux heures par jour du CE2 au CM2, parce que des enquêtes précises de l'inspection montraient que ce temps pouvait varier de 1 à 4 selon l'enseignant ! C'était là une décision aussi inédite que cruciale. Notre conviction était que seule la pratique assidue de l'écriture et de la lecture permet aux enfants de maîtriser la langue, les exercices abstraits d'analyse grammaticale devant être réservés au collège. Les nouveaux programmes menacent de détruire ces apports bénéfiques. La vérité est qu'ils s'en moquent parce que leur seule véritable visée est un affichage politique qui relève d'une catégorie relativement nouvelle : celle du «populisme scolaire», dont on pourra se faire une première idée au travers des quelques exemples que nous avons évoqués et de ceux qui vont suivre.

Comment croire, notamment, comme le prétend sans rire le dossier de presse présentant les nouveaux textes, qu'une réforme des programmes et des horaires, quelle qu'elle soit, puisse, à elle seule, permettre de «diviser par trois en cinq ans le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés» ? Même s'ils étaient sublimes, infiniment supérieurs à ceux de 2002 - ce qui est tout l'inverse -, une telle affirmation relèverait de l'illusionnisme. Il n'est pas un spécialiste du système scolaire pour y croire une seconde tant il est évident que l'échec scolaire relève de bien d'autres paramètres. Un bon programme n'est jamais la condition suffisante du succès : au mieux, et c'est déjà beaucoup, il favorise la réussite du plus grand nombre, quand un mauvais le handicape sévèrement. En revanche, l'opération politicienne est transparente : elle consiste à faire croire à un public ignorant des textes en vigueur, mais qu'une sourde angoisse associée au sentiment diffus que «tout fout le camp» prédispose à avaler la couleuvre, que les programmes élaborés en 2002 étaient «modernistes», écrits dans un jargon incompréhensible, bref, «soixante-huitards» (ce qui pour l'un d'entre nous au moins est un comble !), et qu'il est temps de restaurer les bonnes vieilles recettes du temps de nos aïeux. Succès garanti dans les chaumières. Si c'était vrai, nous signerions peut-être des deux mains (encore que l'idéalisation du passé ne soit jamais un guide sûr), mais c'est en l'occurrence une imposture. On laisse entendre, par exemple, que les actuels programmes d'histoire sont non chronologiques ou qu'ils ne comportent aucune référence aux personnages et aux événements concrets, que la grammaire à l'ancienne, comme on dit des confitures, n'est plus enseignée, qu'on ne fait plus de dictées, de rédactions ni de récitations, etc., mais tout cela est faux, archifaux. Cela fait belle lurette - depuis Chevènement, à vrai dire que l'enseignement de l'histoire est redevenu chronologique et, dans nos documents d'application de 2002, on trouve toutes les références précises aux dates, événements et personnages principaux.

Reniement
On dit encore, comme l'a fait d'ailleurs à juste titre le président de la République, que c'est désormais la nation tout entière qui doit s'intéresser aux contenus d'enseignement et qu'il ne faut plus les réserver à d'obscurs experts au jargon digne des médecins de Molière. Mais de nouveau la réalité est en contradiction radicale avec l'affichage démagogique. S'agissant des nouveaux programmes, nul ne parvient à savoir, pas même les anciens ministres de l'Education que nous sommes, comment et par qui ils ont été rédigés ! Et pour cause. Les groupes d'experts, présidés et composés par des personnalités identifiables et reconnues, ont disparu. Le Conseil national des Programmes a été supprimé, et l'Inspection générale elle-même n'a pas été saisie du dossier ! Est-il raisonnable de laisser de simples conseillers du ministère ou de l'Elysée élaborer dans l'opacité la plus totale des textes voués à régir l'école de la nation pour dix ans au moins et qui concernent des millions de familles et de citoyens ? Prenons un exemple tout à fait concret : dans les nouveaux programmes, décision a été prise sans aucune concertation de diminuer environ par trois le temps consacré à l'enseignement de l'histoire et de la géographie afin de faire plus de place au sport et aux mathématiques : ce choix lourd de menaces ne peut-il être discuté publiquement ? Tous les démocrates ne peuvent que rejeter cette méthode aberrante.

En 2004, Xavier Darcos, alors ministre délégué à l'Enseignement scolaire, publiait avec l'un d'entre nous les programmes élaborés sous l'égide de Jack Lang : belle preuve d'ouverture d'esprit et de continuité. Dans la préface, signée Ferry-Darcos, nous faisions l'éloge de ce travail et nous lui donnions notre imprimatur. Pourquoi ce reniement aujourd'hui sinon pour des motifs de pure communication, parce que le «look réac» plaît, hors de toute réflexion, à un certain électorat. S'il suffisait d'être réactionnaire pour être génial, cela se saurait. Nous en appelons donc à l'honnêteté de Xavier Darcos et à son sens des responsabilités : il faut cesser de bouleverser sans cesse élèves, parents et professeurs à chaque changement de gouvernement ! Il faut au contraire préserver ce qui a été fait de bon par le passé, quelle qu'ait été la majorité de l'époque. Les professeurs ont plus qu'assez de ces changements aussi incessants qu'inutiles. S'il y a quelques points à modifier, qu'on les modifie en conservant l'essentiel, mais qu'on ne sacrifie pas l'intérêt des enfants et des professeurs à des motifs de pure tactique politicienne.

 

 
 
 

Réaction de Xavier Darcos

 

Actuellement en campagne dans son fief de Périgueux pour le deuxième tour des municipales, Xavier Darcos leur a répondu, par l'intermédiaire de son cabinet, que ces nouveaux programmes n'avaient "qu'une ambition : faire en sorte que l'Ecole redevienne l'affaire de tous, récréer un consensus entre les familles et l'école pour que celle-ci ne soit pas seulement l'affaire de spécialistes". Leur but est "d'en finir avec les résultats catastrophiques de la France dans les études internationales"


Il s'agit, a-t-il précisé d'"en finir avec 30 ans de pédagogisme qui a laissé croire qu'on pouvait apprendre en s'amusant". "On peut s'obstiner à penser que l''observation réfléchie de la langue' (terme utilisé dans les programmes de 2002, élaborés par Jack Lang, mis en place par Luc Ferry) vaut mieux que l''apprentissage de la grammaire', mais on a la preuve que ce n'est pas ce qui permet aux élèves d'apprendre à lire, écrire et compter correctement", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le détail des critiques des deux anciens ministres, notamment sur la réduction proportionnelle des horaires de français, l'entourage de Xavier Darcos n'a pas souhaité se prononcer plus avant.

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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Julie 09/05/2008 15:34

Bonjour à tous, Passionnant débat que ces quelques commentaires! Je suis arrivée ici en cherchant des infos sur la réaction de Xavier Darcos à l'appel de Lang et Ferry.  Je suis musicienne intervenante en milieu scolaire, et je m'interesse donc de très près à ces nouveaux et scandaleux programmes 2008. Est d'ailleurs en cours sur mon blog la publication d'un dossier éducation consacré à cette thématique. Je salue les propos d'Ewen, ô combien justes, et tout autant la réaction de nos deux anciens ministres, qui ont su lire entre les lignes et au delà des clivages politiques.J'en profite également pour venir apporter mon soutien à l'auteur de ce blog en ce qui concerne la création du statut des directeurs d'école. Voir d'ailleurs à ce sujet l'article du Monde de l'Education de ce mois ci, traitant d'une part le problème des nouveaux programmes, et d'autre part la lutte des directeurs d'école.Bonne continuation!

ewen 14/03/2008 18:24

Facile de taper sur le Jack, on aimerait un peu plus de fond car le texte de nos deux compères d'un temps a aussi et surtout un contenu !

Véronique Huet 14/03/2008 09:07

un affichage politique qui relève d'une catégorie relativement nouvelle : celle du «populisme scolaire»Jack Lang dénonçant le "populisme"... A mourir de rire !!! A-t-on connu homme politique plus populiste que lui ? Lui qui ne marche qu'aux sondages d'opinion... Lui qui retourne sa veste à la première occasion... Lui qui était prêt à entrer au gouvernement il y a quelques semaines...Jack Lang et Luc Ferry peuvent-ils donner des leçons, eux qui sont orfèvres en immobilisme... Ne manque plus que François Bayrou pour compléter ce magnifique tableau...

Isabelle 14/03/2008 00:56

Tout à fait d'accord avec Ewen. Il serait peut-être temps que les politiques arrêtent de vouloir systématiquement faire leur réforme en matière d'Education nationale. Pour information, le socle commun des connaissances est sorti en 2006; en 2007 des nouveaux programmes ont été sortis, programmes qu'un certains nombre d'inspecteurs n'ont même pas jugés utiles de commenter puisqu'ils savaient déjà qu'on nous préparait encore d'autres programmes pour 2008. Et certains bruits courent disant qu'il y aurait encore de nouveaux programmes l'année prochaine... Sachant que les programmes de 2002 n'ont jamais eu le temps d'être complètement appliqués et qu'ils n'ont jamais été évalués, que les évaluations nationales de CE2 et de 6ème viennent opportunément de disparaître au profit d'évaluations en CE1 et surtout en CM2 qui ne sont pas du tout au point (celles de CM2 ne sont qu'une copie vaguement modifiée et appauvrie de celles de CE2) vous comprenez comment on va faire nous faire croire que le niveau a remonté grâce aux nouveaux programmes...Heureusement, les enseignants ayant un peu de bouteille et ayant déjà subi un certain nombre de réforme savent ce qu'ils ont à enseigner dans leur classe. Il n'en est pas de même pour les nouveaux venus à qui on explique en long et en large des programmes qui sont caduques (actuellement ceux de 2007 qui ne sont qu'un toilettage lexicale de ceux de 2002) et qui devront se débrouiller tant bien que mal face à la réalité du terrain et en l'absence de tout manuel prenant en compte la réforme.Comme nos deux ex-ministres, je pense que les débats populistes sur la place publique qui tendent à faire plaisir aux parents ne peuvent que nuire au travail des enseignants en les faisant plus ou moins passer pour des imbéciles qui ne savent pas ce qui est fondamental à enseigner.

Ewen 13/03/2008 22:51

Isa,Je souhaite vivement que les CP  puissent ne pas accéder aux nombres décimaux avec ou sans la calculette.....ils devront néanmoins s'atteler à la technique de la soustraction si j'ai bien suivi les nouveaux programmes ! On pourrait presque en rire.Je souhaite justement pour ma fin de carrière encore beaucoup de rires d'enfants qui auront la possibilité d'expérimenter en sciences,de s'exprimer en poésie et non de réciter des textes, d'apprendre à parler et à écrire et non de faire de pauvres rédactions, de découvrir avec envie les problèmes ouverts de mathématiques et non de se perdre dans des mécanismes inutiles.... je souhaite enfin un ministre à l'écoute des enseignants et des directeurs, des besoins exprimés et surtout en phase avec le monde d'aujourd'hui car je constate qu'il en est très très loin. La pédagogie n'est pas une affaire de populisme, combien de mômes ne pourront accéder aux fondamentaux, aux vrais, à ceux qui permettent de prendre la parole sans se tromper de mots et sans baisser les yeux, à ceux qui permettent d'exprimer sa pensée par écrit sans confondre l'acte d'écrire avec celui du copiste....parce que des politicards auront décidé, sans consulter, sans prendre le temps du dialogue , sans communiquer avec leurs propres prédécesseurs, de sortir des textes sans 'fondements'.

Isa72 13/03/2008 22:21

tout faux ewen. un simple retour en arrière qui sera le bienvenu ; les enfants qui vont entrer en CP auront peut-être une chance d'être moins nuls en français que ceux nés ces 2 dernières décennies !!! ils sauront peut-être à nouveau compter et faire des opérations avec des nombres décimaux sans calculettes, faire des calculs de périmètres et d'aires, des conversions etc....; et si en plus on remet au programme l'instruction civique et le respect, notre fin de carrière sera finalement peut-être plus facile !pour une fois, M Darcos n'a pas tort !quant à Lang, tout le monde sait qu'il est le champion de la démagogie ! M Ferry, lui, a montré qu'il n'arrivait pas à la hauteur de son célèbre homonyme !

Ewen 13/03/2008 19:18

Il est facile de ne voir que la surface quand les arguments sont très clairement écrits. Luc Ferry et Jack Lang disent des vérités qui méritent d'être répétées à tous ceux qui ne voient que par le petit bout de la lorgnette et aux parents qui, n'étant pas au coeur des problématiques, sont abusés par les mots. Ce qui est très triste c'est que ce sont les gamins les plus défavorisés qui vont le payer.D'autre part, si la période est celle des élections, il faut en parler à Darcos et à son mentor.La réponse de ce ministre est malheureusement aussi minable que son programme sera inefficace.

Vincent Dhalluin 13/03/2008 16:15

Délaissant pour un temps les arguments de la campagne des municipales, deux anciens ministres de l'Education nationale, l'un de droite, l'autre de gauche, s'en prennent vertement à la réforme des programmes récemment dévoilée par l'actuel locataire de la rue de Grenelle.Est-ce bien certain que les 2 compères ne profitent pas de l'élection municipale sachant que Darcosy (*) est en ballotage difficile à Périgueux, lui qui y a toujours été élu au premier tour...(*) C'est ainsi que l'appellent ses adversaires...

Henri 13/03/2008 14:37

Dans le marigot ministériel, les crocodiles se mordent entre eux ! Ils ont "apparemment" été à la tête du ministère de l'Éducation Nationale ; tenter de se dédouaner de ses erreurs en jetant le discrédit sur ses successeurs (quoi que l'on pense et des uns et des autres !) est un des apanages de la "classe dite politique.Ministres, experts, etc...chacun pense à l'école, sur l'école, à propos de l'école...Cela ne relève que de stratégies même pas politiciennes : tout juste petit marketing médiatico-moderne qui devrait laisser les véritables acteurs de terrain de marbre, en attendant que l'on veuille bien un jour leur donner - ou mieux, leur restituer !-  la parole depuis longtemps confisquée, même sous les fallacieux prétextes des consultations programmées...

mat pu j.prevert 13/03/2008 13:54

Que voulez-vous... La nature humaine est ainsi faite que chez les politiques, chacun veut laisser sa trace dans l'histoire... Voilà un épisode qui montre bien que l'intérêt général est très éloigné des préoccupations politiciennes de ces messieurs. C'est désolant !Anne-Marie