Le blog des directeurs qui luttent pour obtenir un statut professionnel.
Dans sa réponse aux collègues qui ont suivi l'appel des "directeurs en lutte" à interroger les candidats à la présidentielle, François Bayrou se prononce en faveur d'un statut de directeur d'école.
Souhaitant quelques éclaircissements sur la position du candidat, l'une de nos collègues de l'équipe de "directeurs en lutte" a adressé le courrier à François Bayrou :
Néanmoins, cette lettre ne suffit pas à nous rassurer pleinement sur les intentions de François Bayrou. On a souvent vu de bonnes idées rester au placard, faute de volonté d'affronter les obstacles. Nous avons plusieurs raisons de nous montrer dubitatifs voire sceptiques sur la réalisation de ces mesures.
D'une part, ce texte ne constitue pas un engagement formel de la part du candidat à la présidentielle. Il exprime une position, une conviction peut-être. François Bayrou ne fait que "s'engager à étudier ce sujet de près s'il est élu". De la position à l'application, il y a une marge...
D'autre part, et cela est autrement plus préoccupant, les propos maintes fois répétés de François Bayrou sur l'impossibilité "d'imposer une réforme" ne nous inclinent pas à penser qu'il aurait le courage, la volonté de créer ce statut de directeur d'école.
Au cours de l'émission "A vous de juger" sur France 2 le jeudi 15 février, François Bayrou a longuement expliqué ses erreurs lors de son passage au ministère de l'Education nationale. Il a appris, dit-il, qu'on ne peut réussir en passant en force. Il a acquis la conviction qu'il fallait nécessairement négocier avec les syndicats et organisations représentatives. Sa méthode est louable, cela va sans dire. Mais pour le sujet qui nous concerne, la création d'un statut, du fait de l'hostilité affirmée des syndicats, renoncer à les heurter ne pourrait conduire qu'à l'immobilisme.
Les syndicats enseignants majoritaires ont maintes fois dit, répété et écrit leur hostilité à la création d'un statut de directeur d'école. Ils n'ont pas craint d'affirmer que ce serait un "casus belli".
Face à cette intransigeance, la méthode Bayrou atteint ses limites. Entre les 93 % de directeurs favorables à un statut et les organisations syndicales farouchement opposées à ce changement, s'il est élu, en souvenir des difficultés rencontrées, nous pensons que François Bayrou choisira la paix sociale.