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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 18:27

Tous les collègues qui ont adressé à François Bayrou une copie du courrier des "directeurs en lutte", ont reçu de son équipe de campagne, ce jour, la réponse suivante :

 

"Merci d’avoir pris la peine de nous écrire et de nous faire part de vos interrogations.

François bayrou est favorable à la création d’un statut pour les directeurs d’école. Il s’engage à étudier ce sujet de près si il est élu : le statut, la formation, les missions, les responsabilités et la protection juridique des directeurs d’école. Cela suppose notamment la mise en place d’un nouveau système de décharge d’enseignement pour les directeurs. Ces dispositions s’appliqueraient également aux instituteurs et aux professeurs des écoles exerçant les fonctions de directeur d’école au sein d’écoles à classe unique.

Le ministre actuel de l’Education nationale a lancé une réforme du décret de 1950, comportant l’officialisation et l’extension des services sur plusieurs établissements et sur plusieurs communes ; l’enseignement dans plusieurs disciplines ; l’éventualité pour TZR d’être affectés entièrement dans une autre discipline ; le risque de majoration d’une heure de service en cas de dédoublements, ou de petits groupes ; des menaces sur les décharges pédagogiques ; la disposition que les disciplines en épreuves facultatives ou optionnelles au baccalauréat ne donneraient plus droit à l’heure de première chaire.
Les enseignants sont farouchement contre ces nouvelles dispositions.
Toute réforme doit se faire en concertation avec les enseignants ; une réforme imposée d’en haut, autoritairement, sans concertation ni dialogue échouera forcément.

Bien cordialement,
Elodie
L'équipe de campagne de François Bayrou
"

 

Cette réponse est importante. Les propos ont le mérite de la clarté. Nous tenons à remercier François Bayrou de l'attention qu'il manifeste à notre égard. C'est un signe fort d'encouragement à poursuivre notre action de communication auprès des détenteurs de pouvoir (élus, médias...).

 

Néanmoins, cette lettre ne suffit pas à nous rassurer pleinement sur les intentions de François Bayrou. On a souvent vu de bonnes idées rester au placard, faute de volonté d'affronter les obstacles. Nous avons plusieurs raisons de nous montrer dubitatifs voire sceptiques sur la réalisation de ces mesures.

 

D'une part, ce texte ne constitue pas un engagement formel de la part du candidat à la présidentielle. Il exprime une position, une conviction peut-être. François Bayrou ne fait que "s'engager à étudier ce sujet de près s'il est élu". De la position à l'application, il y a une marge...

 

D'autre part, et cela est autrement plus préoccupant, les propos maintes fois répétés de François Bayrou sur l'impossibilité "d'imposer une réforme" ne nous inclinent pas à penser qu'il aurait le courage, la volonté de créer ce statut de directeur d'école.

 

Au cours de l'émission "A vous de juger" sur France 2 le jeudi 15 février, François Bayrou a longuement expliqué ses erreurs lors de son passage au ministère de l'Education nationale. Il a appris, dit-il, qu'on ne peut réussir en passant en force. Il a acquis la conviction qu'il fallait nécessairement négocier avec les syndicats et organisations représentatives. Sa méthode est louable, cela va sans dire.  Mais pour le sujet qui nous concerne, la création d'un statut, du fait de l'hostilité affirmée des syndicats, renoncer à les heurter ne pourrait conduire qu'à l'immobilisme.

 

Extrait de l'émission "A vous de juger" du 15/02/07

Arlette Chabot : "Vous avez été ministre de l'Education d'Edouard Balladur. [Elle lui montre une photo représentant une manifestation monstre]. Là, on voit la 1ère manif. C'était le changement de mode d'aide à l'enseignement privé. Comme bon ministre de l'Education, vous vous êtes payé une grosse manif...

 

François Bayrou : 1 million de personnes...

 

A.C. - 1 million de personnes... C'est pas mal...

 

F.B. - C'est pas mal. C'est assez bien un record...

 

A.C. - Vous vous y êtes mal pris pour imposer cette réforme ?

 

F.B. - Oui,  c'est de ma faute. C'est de ma faute... Je crois que, sur le fond, l'idée n'était pas une idée horrible de permettre aux communes de réparer le toit des écoles privées... C'était tout à fait jouable et d'ailleurs, ça se fait sous des voies un peu biaisées mais... j'ai voulu passer en force. J'étais très jeune comme vous voyez. Je n'ai pas su résister aux pressions de tous ceux qui disaient  : "il faut le faire, il faut leur montrer"... Et j'avais aussi un côté un peu bravache, comme ça...

 

A.C. - Béarnais...

 

F.B. - J'aimais bien le combat, voilà... La pointe de l'épée... Je me suis trompé, ça a donné 1 million de personnes dans la rue. J'ai bien appris. J'ai beaucoup regretté parce que... je suis un enfant de l'école publique, je suis un professeur de l'école publique...

 

A.C. - Vous avez enseigné 10 ans, c'est bien ça ?

 

F.B. - J'ai enseigné 10 ans et donc... c'était pour moi quelque chose de... de... d'extrêmement enraciné en moi... Et tout d'un coup, ceux qui étaient mes amis ont cru que j'avais oublié, simplement pour des raisons politiques ou politiciennes... Ce n'était pas le cas et donc j'ai beaucoup appris et je me suis juré, une fois pour toutes, que le passage en force n'appartiendrait pas à mes choix, que c'était d'ailleurs impossible de le réussir".

 --------------------

 

De ce jour, raconte Claude Allègre, dans un de ses livres, les syndicats ont eu porte ouverte au ministère de François Bayrou. Il ajoute même que la Secrétaire générale d'un syndicat du Secondaire y aurait eu un bureau et une ligne téléphonique...

 

Les syndicats enseignants majoritaires ont maintes fois dit, répété et écrit leur hostilité à la création d'un statut de directeur d'école. Ils n'ont pas craint d'affirmer que ce serait un "casus belli".

Face à cette intransigeance, la méthode Bayrou atteint ses limites. Entre les 93 % de directeurs favorables à un statut et les organisations syndicales farouchement opposées à ce changement, s'il est élu, en souvenir des difficultés rencontrées, nous pensons que François Bayrou choisira la paix sociale.

 

Soucieux, cependant, d'accorder du crédit à sa réponse, nous allons demander à François Bayrou de préciser sa pensée et sa méthode en cas d'opposition probable et avérée des syndicats enseignants à la création d'un statut de directeur d'école.

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Published by Les directeurs en lutte - dans Position des élus
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commentaires

Alicia Nourat - Maternelle Kléber 19/02/2007 14:34

J\\\'apprécie la réponse de F. Bayrou. Il affirme qu\\\'il est favorable à un statut. C\\\'est déjà un pas de fait dans notre direction. Mais j\\\'aimerais un engagement plus net de sa part.
"...

Sébastien 17/02/2007 23:26

Et Sarkozy ? Et Royal ? Ils ne répondent pas ? On ne les intéresse pas ? Les directeurs, c'est pas leur problème ? On est plusieurs dans ma circo à leur avoir écrit. Rien ! Aucune réponse. Même pas un accusé réception ! Je vais leur envoyer mail sur mail. Un par jour !

Sébastien 17/02/2007 09:46

Pourquoi ne pas lui faire confiance ? Il a pris une certaine indépendance de ton et d’esprit depuis quelque temps. Je comprends les collègues qui doutent de sa volonté. Je sais qu’il est souvent passé pour un « mou ». Les « guignols de l’info » ne l’ont pas l’aidé…
Je veux y croire.
 

Alicia Nourat - Maternelle Kléber 17/02/2007 08:47

Lors de son passage au ministère de l’EN, il n’a strictement rien fait pour ne pas risquer de froisser les syndicats enseignants.
Sa grosse manif lui a tellement fait peur qu'il a compris la leçon et, comme il le dit, il ne bravera plus les syndicats. Fini le "côté bravache"...
Problème : nos syndicats sont si peu réformateurs qu'on risque vite de sombrer dans l'immobilisme le plus total. Hormis, peut-être, quelques mesurettes qui ne dérangent personne...

Pierre Blandy 16/02/2007 22:50

Moi, je le pense courageux. Il n'a pas hésité à s'affirmer face aux mastodontes que sont le PS et l'UMP.
Evidemment, ses déclarations laissent craindre qu'il ne soit amené à renoncer devant l'hostilité des syndicats.
On dit qu'il a changé. Lui, nous dit qu'il ne veut rien imposer... Alors, oui, on peut émettre quelques doutes sur la création d'un statut.

Arthur 16/02/2007 22:35

Je reconnais bien là, l'habileté du candidat Bayrou. Sa tactique lui réussit bien, puisque le voilà propulsé au rang de 3ème homme. Reconnaissons-lui quand même le mérite de se prononcer pour un statut. Plus facile à dire qu'à réaliser. Surtout quand on n'est pas au pouvoir...