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La méfiance envers les partis de gauche traditionnels a gagné le corps enseignant, autrefois bastion du PS (Libération 30/01/07).
Fini le bon vieux temps où la plupart des enseignants militants convaincus, votaient à gauche sans se poser de questions. Aujourd'hui, ils sont plus partagés.
Pour André Robert, professeur de sciences de l'éducation à Lyon-III, il est manifeste que le monde enseignant est aujourd'hui nettement moins fidèle aux partis de gauche traditionnels (PS et PCF) que dans les années 80. Une majorité d'enseignants vote en effet pour les partis de gauche, mais on constate un certain tassement de ce soutien depuis le pic des années 70 et 80.
En 2002, Lionel Jospin n'avait recueilli que 19 % des voix enseignantes. Les candidatures dissidentes de Christiane Taubira (8 %) mais aussi et surtout de Jean-Pierre Chevènement (15 %), dont le discours sur l'école républicaine avait porté auprès de cette cible, ayant rencontré un beau succès. Les trois candidats d'extrême-gauche réunis avaient obtenu à l'époque 11 % des voix, ajoutant à la dispersion à gauche des suffrages étudiants et surclassant très largement Robert Hue (4 %).
Alors que l'élection s'annonce très serrée, le vote des 860 000 enseignants revêt une importance stratégique. Ils ont lâché Jospin en 2002. Voleront-ils, cette année, au secours de Royal ?
Rien n'est moins sûr si l'on en croit les résultats de l'étude réalisée par l'Ifop début février pour "Le Monde de l'Education" et LCP-AN :
S. Royal : 31 %
F. Bayrou : 27 %
N. Sarkozy : 19 %
D. Voynet : 5 %
M.G. Buffet : 4 %
O. Besancenot : 4 %
J. Bové : 3 %
J.M. Le Pen : 3 %
Bayrou à 27% d’intentions de vote chez les enseignants talonne Ségolène Royal, donnée à 31% chez les enseignants.
Seulement 17% se disent inquiets par le député béarnais, alors que 36% ont peur de la candidate socialiste, et 60% de Nicolas Sarkozy. En fait, les enseignants, lassés par les vagues de réformes successives, ont envie de tout sauf d'être secoués. Néanmoins, si le candidat centriste séduit le monde enseignant, les profs restent massivement fidèles à la gauche. Au second tour, selon la même enquête, la candidate socialiste remporterait 62% de leurs suffrages, contre 38% pour Nicolas Sarkozy. Le jugement des enseignants sur les ministres de l'Education successifs La note 20 signifie que vous estimez que la personnalité a été un excellent Ministre de l’Education, la note 0 qu’elle a été un très mauvais Ministre, les notes intermédiaires servant à nuancer le jugement. Jack Lang 11 % Moyenne générale : 8,4/20. Un mauvais résultat qui tend à souligner "une non-maîtrise des compétences attendues", à moins que ce soit "un travail trop superficiel". En queue de classe : François Fillon (7/20), comme Gilles de Robien, puis Xavier Darcos (7,3/20), Luc Ferry (8/20) et Claude Allègre (8,3/20).
François Bayrou 10,4 %
Ségolène Royal 8,4%
Claude Allègre 8,3 %
Luc Ferry 8 %
Xavier Darcos 7,3 %
Gilles de Robien 7 %
François Fillon 6,9 %
Mauvaises notes pour les ministres
Quant à Ségolène Royal, avec 8,4/20, elle s'inscrit juste dans la moyenne. Les deux têtes de classes sont Jack Lang, crédité de 11/20 et François Bayrou, avec 10,4/20. Ces deux derniers doivent avoir le triomphe modeste car leurs passages au ministère ont été marqués par une volonté d'apaisement.