Le blog des directeurs qui luttent pour obtenir un statut professionnel.
Nous avons publié la lettre que Ségolène Royal a décidé d'envoyer aux enseignants de ce pays. De nombreuses réactions ont été enregistrées sur son site dont 3 seulement qui traitent du statut des directeurs d'école.
22/03/07 - Réaction de notre collègue Florence
De par les fonctions que vous avez exercées au sein de l'Education nationale, vous connaissez le malaise des directeurs d'école.
En mai 2006, Monsieur Gilles de Robien a signé un protocole d'accord avec un seul syndicat. De fait, il considère que la grève administrative entamée en 1999 doit cesser. Il envisage des retenues sur salaire pour "absence de service fait". Or, ce protocole nous semble totalement insuffisant et même méprisant (51 centimes d'augmentation par jour de notre indemnité de direction).
Depuis 30 ans, tous les ministres ont loué le travail des directeurs. Aucun n'a pris à sa véritable mesure l'ampleur du problème. Tous se sont alignés sur les positions de nos principaux syndicats qui refusent un statut à la profession.
A la demande du Groupement de Défense et des Intérêts des Directeurs d'école (GDID), l'Ifop a consulté l'ensemble des directeurs d'école en octobre dernier. Dans sa synthèse, l'Ifop souligne "le taux de retour exceptionnellement élevé de cette consultation : plus de 10000 réponses"
(http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp).
Les principaux enseignements de cette consultation contredisent, sur des points essentiels, les positions et déclarations du ministre et des syndicats enseignants :
- 93 % des répondants favorables à un statut de directeur
- 76 % favorables à un statut d'établissement
- 95 % souhaitent une définition plus claire des tâches du directeur
- 80 % estiment que les Emplois Vie Scolaire ne pourront pas vraiment soulager leur charge de travail
Conscient que le problème n'est pas réglé, Monsieur Gilles de Robien a invité les partenaires sociaux à de nouvelles tables rondes. Parmi les thèmes proposés par le ministre : le statut du directeur. Hélas, nos représentants le refusent contre l'avis quasi unanime de la profession (93 %). Or, nous pensons que notre reconnaissance passe d'abord par la création d'un statut spécifique.
Nous vous saurions gré de bien vouloir nous donner votre avis sur cette question épineuse et nous informer de ce que vous envisageriez de faire pour répondre aux attentes des directrices et directeurs d'école de ce pays.
24/03/07 - Brigitte56
Quelle belle lettre aux enseignants, mais n'est-ce pas que des mots, de jolis mots d'une sirène qui cherche à charmer ?
Où sont les mots qui montrent une réelle connaissance du statut de l'enseignant ? où parle-t-on de formation initiale, de formation continue, de salaire, d'indemnités de déplacement, de statut de directeur d'école, du statut des chefs d'établissement, de mouvement, de barème, d'inspection, d'enseignants spécialisés, de personnel ATOS... ?
Où sont les mots qui montrent une réelle connaissance des difficultés des élèves ? Le soutien gratuit est-il la seule proposition ? Cela me paraît bien réducteur et bien irréaliste ! Où parle-t-on de programme, d'horaires, de rythme scolaire, d'une prise en charge globale de l'enfant, d'effectif, de scolarisation d'enfants handicapés... et j'en passe !
Pour charmer les enseignants dans leur majorité, je pense qu'il va falloir faire preuve d'une bien meilleure connaissance de ce dossier ! Affirmer son adhésion au principe de laïcité est un bon début, mais il va falloir aller un peu plus loin !
Une enseignante qui respecte énormément l'Education Nationale et ses valeurs.
25/03/07 - Philippe Namor
Tout sympathisant que je suis, et en tant que directeur d'école, je trouve que votre lettre aux enseignants ne répond pas à des attentes importantes telles que :
- l'importance de la sélection et de la formation dans les IUFM (inadmissible qu'un prof stagiaire présente des "kilolitres" aux élèves...!!)
- formation toujours: les enseignants arrivent souvent démunis sur le terrain en raison d'une formation par trop théorique
- l'inégalité primaire - secondaire tant au niveau des enseignants que des directeurs et chefs d'établissement
- les profs de collège ne passent pas assez de temps avec les élèves dans leurs établissements, alors que ceux du primaire en font 27 dans leur école ; n'est-ce pas également une des raisons de la déficience des apprentissages et des comportements en collège
- le statut des directeurs d'école doit changer, évoluer pour être de véritables chefs d'établissement avec des responsabilités clairement établies. Il devient insupportable que le directeur soit infirmier, surveillant, secrétaire, CPE, sans compter les charges horaires de présence devant les élèves (ce que je revendique) alors que ses collègues du secondaire ont des personnels pour chacune de ces missions et n'ont pas de sevrvice d'enseignement.
Soyons plus nombreux à réagir à ce courrier et faisons entendre la voix des directeurs...