Le blog des directeurs qui luttent pour obtenir un statut professionnel.
Cher Monsieur,
Vous avez récemment déclaré que l'éducation serait le premier des 6 points (les 6 "E") autour desquels s'articulerait votre programme.
De par les fonctions que vous avez exercées au sein de l'Education nationale, vous connaissez le malaise des directeurs d'école.
En mai 2006, Gilles de Robien a signé un protocole d'accord avec un seul syndicat. De fait, il considère que la grève administrative entamée en 1999 doit cesser. Or, ce protocole nous semble totalement insuffisant et même méprisant (51 centimes d'augmentation par jour de l'indemnité de direction). C'est vraiment mal reconnaître un métier dont les responsabilités et les charges administratives ne cessent de s'alourdir.
De votre passage au ministère, vous gardez la réputation d'un homme attaché au dialogue avec les partenaires sociaux. A plusieurs reprises, des parlementaires ont attiré l'attention des gouvernements, allant jusqu'à déposer des amendements pour la création d'un statut de directeur d'école. En vain. A chaque fois, les ministres ont cédé aux pressions des syndicats enseignants qui affirmaient que "les directeurs ne veulent pas d'un statut" et que passer outre leur volonté serait considéré comme un "casus belli".
Las de n'être ni entendus, ni écoutés, les directeurs se sont organisés en association : le GDID (Groupement de Défense des Intérêts des Directeurs d'école). En octobre 2006, à la demande du GDID, l'IFOP a consulté l'ensemble des directeurs d'école. Dans sa synthèse, l'Ifop souligne "le taux de retour exceptionnellement élevé de cette consultation : plus de 10 000 réponses"
(http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp)
Les principaux enseignements de cette consultation contredisent, sur des points essentiels, les positions et déclarations du ministre et des syndicats enseignants :
- 93 % des répondants favorables à un statut de directeur
- 76 % favorables à un statut d'établissement
- 95 % pour une définition plus claire des tâches du directeur
Conscient que le problème n'est pas réglé, Gilles de Robien a invité les partenaires sociaux à de nouvelles tables rondes. Parmi les thèmes proposés par le ministre : le statut de directeur. Hélas, nos syndicats continuent de le refuser contre l'avis quasi unanime de la profession (93 %) qui pense que notre reconnaissance passe d'abord par la création d'un statut spécifique.
Même si l'on est, comme vous, favorable au dialogue social, force est de constater le divorce qui s'est installé entre les principaux syndicats enseignants (SNUipp-FSU, SE-Unsa, Snudi-FO, Sgen-CFDT) et les directeurs.
Nous estimons que les prises de position des organisations syndicales ne traduisent plus la volonté des directeurs mais qu'elles sont le reflet de l'idéologie qui habite les dirigeants de ces syndicats.
Du fait de l'absence de représentativité de nos "représentants", le dialogue social a atteint ses limites. Cette attitude est inacceptable car elle est source d'immobilisme pour toute une profession. Il incombe aux politiques d'assumer leurs responsabilités pour améliorer le fonctionnement de l'école. En effet, bon an, mal an, plusieurs milliers de directions restent vacantes et sont "imposées malgré eux" à des enseignants "faisant fonction" voire à des sortants d'IUFM.
En ce début 2007, le malaise persiste. L'administration procède aux premières retenues sur salaire pour "absence de service fait" alors que les directeurs exercent la totalité de leur fonction. Il devient urgent de trouver une solution à ce problème qui n'a que trop duré.
Nous avons récemment interrogé le député que vous êtes. Nous n'avons reçu aucune réponse à ce jour. Nous nous adressons, maintenant, au candidat déclaré à l'élection présidentielle avec l'espoir d'être entendus.
Nous vous saurions gré de bien vouloir nous donner votre opinion sur cette question épineuse et nous informer de ce que vous envisagez pour répondre aux attentes des directrices et directeurs de ce pays.
Vous remerciant de votre réponse, nous vous prions de croire, cher Monsieur, en l'assurance de notre profond respect.