Le blog des directeurs qui luttent pour obtenir un statut professionnel.
Dans son hebdomadaire "Action Syndicale" du 23/01/06, le Sgen-CFDT 59-62 dénonce le projet de décret instituant une expérimentation concernant la création d'EPEP (Etablissements Publics d'Enseignement Primaire).
"Il est certain qu'aucune amélioration ne concernera les directeurs qui ne sont pas responsables de l'EPEP (donc la grande majorité des directeurs actuellement en place). Quant aux responsables, c'est flou !", conclut le Sgen-CFDT. Rappelons que nous partageons ses critiques. Nos précédents articles en attestent.
Le Sgen-CFDT poursuit : "Le ministère profite des difficultés de mobilisation des directeurs et surtout de la division des personnels. Entre les associations corporatistes dont la seule ambition semble être de "casser du syndicat" et le SE qui, à notre sens, a signé seul un compromis nettement insuffisant, le Sgen-CFDT continue à revendiquer trois priorités : du temps de décharge supplémentaire, une reconnaissance financière digne, de la formation continue.
Le Sgen-CFDT (avec le SNUipp-FSU et le Sden-CGT) organise des réunions de bassin pour faire le point sur la mobilisation et envisager d'autres actions (les dates et les lieux ont été envoyés par mails aux écoles)".
Ainsi, le Sgen-CFDT attribue la responsabilité de la faible mobilisation au SE-Unsa et "aux associations corporatistes dont la seule ambition semble être de "casser du syndicat".
Certes, pour ce qui concerne la division orchestrée par le SE-Unsa, rien à ajouter. En signant seul le protocole, ce syndicat a tourné le dos aux revendications des directeurs et a contribué à mettre fin à la grève administrative avec les conséquences que l'on sait. Depuis, le SE-Unsa fait cavalier seul et est en but aux critiques incessantes de ses concurrents.
Quant aux "associations corporatistes", il n'est nul besoin d'être grand clerc pour savoir qui est visé... Suivez mon regard... Il s'agit bel et bien du GDID !
Aux yeux des syndicats, en commandant une consultation à l'IFOP, le GDID a jeté un pavé dans la mare. Pensez donc ! Jusque-là, il était facile de parler au nom des directeurs et de leur faire dire parfois même l'inverse de ce qu'ils pensent. Exemple : "les directeurs ne veulent pas d'un statut".
Mais, le GDID est-il, pour autant, le méchant diviseur de la profession ? Certainement pas. Peut-on lui reprocher d'avoir permis aux directeurs de s'exprimer sur leur métier, leur vécu, leur avenir, leurs problèmes, leurs aspirations ? Ceux-ci ont répondu massivement et avec enthousiasme. Ce fait a été largement souligné par l'institut d'enquêtes.
C'est cette consultation qui a fait apparaître les syndicats en complet déphasage par rapport aux collègues. Au lieu de se saisir des résultats et d'en tirer certaines conséquences, les responsables syndicaux se sont obstinés avec une détermination teintée d'idéologie pour se maintenir dans une ligne de conduite erronée.
Avaient-ils des doutes sur la fiabilité de la consultation, qu'il leur était (est encore) facile d'en organiser une autre. Si le GDID a pu le faire avec ses faibles moyens, une telle enquête est à la portée des syndicats enseignants. Les instituts ne manquent pas sur la place publique (BVA, CSA, LH2, IPSOS, TNS-SOFRES, IFOP, OPINION-WAY...). Que ne l'ont-ils pas réalisée pour mieux connaître leur base ?
Certes, les résultats les auraient placés en délicate position... Ils le savent. Mais, les appareils syndicaux ne sont pas propriété des équipes dirigeantes. Ou elles représentent la profession et se mettent à son service, ou elles laissent la place. Ceux de leurs membres qui ne se sentent pas ou plus en accord avec les souhaits exprimés par la profession doivent (ou devraient) se mettre en accord avec leur conscience. C'est aussi cela, la démocratie. Au lieu de rassembler la profession, les syndicats s'en sont séparés un peu plus. La division n'est pas entre directeurs (93 % expriment leur désir d'être reconnus par un statut). Le clivage se situe entre les directeurs et les responsables syndicaux. C'est en cela que ce sont, eux, les diviseurs. Et c'est en cela qu'ils font le jeu du ministre.