Le blog des directeurs qui luttent pour obtenir un statut professionnel.
Madame,
Le 21 novembre 2006, vous avez déclaré sur TF1 : "Nous allons lancer une campagne participative pour que tous ceux qui veulent participer et venir dans le projet socialiste, y apporter des précisions, des idées neuves - n'ayons pas peur des idées neuves - puissent le faire". L'éducation figure en tête des thèmes de réflexion : "L'éducation doit être au coeur de tout et au devant de tout". Vous souhaitez vous appuyer "sur tous ceux qui veulent que ça change en profondeur".
De par votre fonction et celles que vous avez exercées au sein de l'Education nationale, vous connaissez le malaise des directeurs d'école.
En mai 2006, Monsieur Gilles de Robien a signé un protocole d'accord avec un seul syndicat. De fait, il considère que la grève administrative entamée en 1999 doit cesser. Il envisage des retenues sur salaire pour "absence de service fait". Or, ce protocole nous semble totalement insuffisant et même méprisant (51 centimes d'augmentation par jour de notre indemnité de direction).
Depuis 30 ans, tous les ministres ont loué le travail des directeurs. Aucun n'a pris à sa véritable mesure l'ampleur du problème. Tous se sont alignés sur les positions de nos principaux syndicats qui refusent un statut à la profession.
A la demande du Groupement de Défense et des Intérêts des Directeurs d'école (GDID), l'Ifop a consulté l'ensemble des directeurs d'école en octobre dernier. Dans sa synthèse, l'Ifop souligne "le taux de retour exceptionnellement élevé de cette consultation : plus de 10000 réponses"
(http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp).
Les principaux enseignements de cette consultation contredisent, sur des points essentiels, les positions et déclarations du ministre et des syndicats enseignants :
- 93 % des répondants favorables à un statut de directeur
- 76 % favorables à un statut d'établissement
- 95 % souhaitent une définition plus claire des tâches du directeur
- 80 % estiment que les Emplois Vie Scolaire ne pourront pas vraiment soulager leur charge de travail
Conscient que le problème n'est pas réglé, Monsieur Gilles de Robien a invité les partenaires sociaux à de nouvelles tables rondes. Parmi les thèmes proposés par le ministre : le statut du directeur. Hélas, nos représentants le refusent contre l'avis quasi unanime de la profession (93 %). Or, nous pensons que notre reconnaissance passe d'abord par la création d'un statut spécifique.
Nous vous saurions gré de bien vouloir nous donner votre avis sur cette question épineuse et nous informer de ce que vous envisageriez de faire pour répondre aux attentes des directrices et directeurs d'école de ce pays.
Vous remerciant de votre réponse,
Nous vous prions de croire, Madame, en l'assurance de notre profond respect.