Le blog des directeurs qui luttent pour obtenir un statut professionnel.

Le 26 mai dernier, un collègue des Pyrénées-Orientales nous avait transmis le questionnaire de la consultation organisée par la section départementale du SNUipp auprès de l’ensemble des directeurs du 66. Nous en avions fait un article intitulé « le SNUipp 66 consulte les directeurs ».
Nous publions ci-dessous les résultats de cette fameuse consultation que ce même collègue vient de nous faire parvenir. Nous l’en remercions vivement.
Avis à nos lecteurs :
En noir, le texte du SNUipp 66 et en bleu nos commentaires.
CONSULTATION DES DIRECTEURS DES Pyrénées-Orientales
Le dépouillement des réponses des directeurs des PO a eu lieu mercredi dernier au siège du SNUipp 66.
64 collègues directeurs nous ont retournés cette consultation qui donne les résultats suivants :
Nous sommes surpris du faible taux de réponses dans une consultation de terrain. Le département compte près de 300 écoles. Manifestement, les directeurs se méfient des opérations médiatiques de leurs représentants.
- 67 % (soient 43 collègues) revendiquent pour leur école un temps de décharge supplémentaire
Bizarre ! Si l’on comprend bien, un tiers des collègues de ce département seraient satisfaits de leur temps de décharge… Ce résultat, à lui seul, devrait faire prendre conscience aux dirigeants locaux de ce syndicat que leur consultation n’est pas très crédible.
- 71 % (46 collègues) réclament le remplacement des contrats aidés par de véritables emplois statutaires (11 demandent l’abandon du dispositif)
- 87,5 % (56 collègues) estiment que le protocole sur la direction n’a pas mis fin au conflit (5 sans opinion et 2 favorables au protocole)
On aurait pu s’attendre à un résultat proche des 100 %. A moins que les 13 % qui se déclarent satisfaits du protocole ne soient en fait que des collègues syndiqués au SE-Unsa venus jouer les trouble-fête dans la consultation du SNUipp…
- 67 % (43 collègues) pensent que la seule pression des directeurs ne saurait suffire pour améliorer le fonctionnement de l’école et l’amélioration des conditions de travail et de salaire des directeurs.
Seulement 67 % ??? La question telle que posée conduit inévitablement à la réponse espérée…
La création d’un statut de directeur est une revendication minoritaire : 37,5 % (24 collègues) sont pour, 46,8 % (30) sont contre, 15,6 % (10) ont coché la case "Sans Opinion"), 75 % (48 collègues) trouvant même le cadre actuel le mieux adapté à la réalité et à la structure des écoles !
Le statut est cependant un élément clivant: 28,1 % (18 collègues) en font « la priorité des priorités » alors que 37,5 % (24) classent cette revendication en dernière position.
Enfin, la voilà la sacro-sainte question que voulait poser le SNUipp et il obtient la réponse qu’il voulait. Ainsi les 93 % de directeurs favorables à un statut en septembre 2006 (IFOP / GDID) ont fondu comme neige au soleil printanier des belles Pyrénées…
Le SNUipp affiche, sans complexe, le beau résultat suivant : 24 collègues sont pour le statut et 30 y sont opposés ! Et toujours sans le moindre complexe, il en tire la conclusion que « la création d’un statut est une revendication minoritaire ». Il se glorifie même d’avancer que 48 collègues trouvent «le cadre actuel le mieux adapté à la réalité et à la structure des écoles ! »
64 réponses, 24 pour le statut, 30 contre, 48… Quelle valeur statistique accorder à de tels chiffres ? Rappelons au SNUipp que l’Ifop avait enregistré 10 094 réponses…
Rappelons au SNUipp que l’enquête de l’Ifop portait sur l’ensemble des écoles du territoire, petites ou grandes, rurales ou urbaines… et non sur un terrain local.
Rappelons que la consultation du GDID a été confiée à un institut indépendant, référence dans l’univers des sondages.
Rappelons au SNUipp que l’enquête de 2006 a été menée selon des principes scientifiques rigoureux garantis par le recours à un grand institut.
Les priorités des collègues restent dans l’ordre: les décharges, les rémunérations et l’allègement des tâches tandis que la formation et les emplois de vie scolaire sont relégués en fin de liste.
Le SNUipp enfonce des portes ouvertes…
Concernant les rémunérations, l’augmentation du nombre de points d’indice est privilégié contrairement aux passages hors contingent ce qui marque une réelle volonté de ne pas être dissocié du reste de la profession.
Que les collègues préfèrent des points d’indice qui valent augmentation immédiate pour tous à un hypothétique passage hors contingent… est-ce vraiment surprenant ?
De là à en tirer la conclusion que cette réponse « marque une réelle volonté de ne pas être dissocié du reste de la profession »… il y a un pas que le SNUipp franchit un peu trop rapidement. Ne faisons dire aux résultats que ce qu’ils disent.
93,7 % (60 collègues) approuvent la revendication du SNUipp 66 concernant les « 60h » qui doivent selon nous être comptées en décharge de service pour l’ensemble des directeurs.
Disons que ces collègues sont reconnaissants au SNUipp d’avoir suivi leur demande.
Enfin les actions qui obtiennent le plus de suffrages pour peser sur les choix gouvernementaux et départementaux sont dans l’ordre :
- prioriser en différant l’accessoire que l’on n’a pas le temps de faire.
- saisir le maire systématiquement par écrit de toute question relative à la sécurité.
- refuser de s’impliquer et de faire ce qui est de la compétence des communes.
- organiser des journées médiatisées
En résumé, un refus affirmé de toute pression administrative mais des interventions auprès des élus et de l’opinion publique à travers les médias !
Un regret toutefois: une participation limitée des collègues (près d' 1 directeur sur 4 a répondu à cette consultation).
Oui, c’est ce que nous écrivions plus haut… Cette consultation n’est franchement pas un gros succès pour le SNUipp
Le Snuipp 66 organisera au mois d’octobre un stage syndical « spécial direction d’école » qui nous permettra de continuer à échanger et d’élaborer un calendrier d’actions.
Peu de temps avant les élections professionnelles… Voilà qui traduit une bonne maîtrise du calendrier.
Par ailleurs, cette étude est révélatrice de l’effroi qu’a pu causer la consultation Ifop dans l'univers syndical : la vérité saisissante qu'elle exprimait sur le divorce entre les directeurs et les syndicats d'enseignants les a certainement beaucoup blessés.
La comparaison inappropriée entre l'étude Ifop et cette pseudo consultation du SNUipp révèle deux choses : les syndicats ont mal digéré les résultats de l'enquête Ifop, et surtout, enseignement sociologique intéressant, on voit que lorsqu’on est dans l'impasse, on est prêt à tout, y compris au ridicule.
Enfin, cette consultation surprise est la preuve que les syndicats ne reculent devant aucune tentative de manipulation de ceux qu'ils sont censés représenter.