Le blog des directeurs qui luttent pour obtenir un statut professionnel.
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Jean-Philippe, directeur de l’école de Chaintreaux (77), nous transmet copie d’un courrier co-signé par 96 enseignants et envoyé à l’IEN de la circonscription de Nemours (sud Seine-et-Marne).
Ce texte est un ensemble de propositions faites à l’Administration pour gérer les « 108 heures ». Nous le publions intégralement ci-dessous.
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Le 21/05/2008
Objet : gestion des 108 heures.
Madame L'Inspectrice de l'Education Nationale,
Nous voulons porter à votre connaissance les éléments suivants :
1) le seul texte officiel (décret n°2008-463 du 15 mai 2008) publié à ce jour n'est qu'un cadrage quantitatif et non qualitatif des horaires (la durée de la semaine scolaire est fixée à 24 heures d'enseignement scolaire pour tous les élèves ; les élèves rencontrant des difficultés d'apprentissage peuvent bénéficier en outre de 2 heures d'aide),
2) l'organisation des 108 heures ainsi dégagées n'est pas précisée (la répartition 24h pour le travail en équipe, 18h d'animation pédagogique, 6h de conseil d'école et 60h d'aides aux élèves en difficulté, n'est qu'un relevé de conclusions entre le ministre et 2 des 3 syndicats majoritaires),
3) le calendrier imposé ne permet pas d'envisager avec sérieux et esprit de responsabilité la mise en place d'un dispositif en direction des élèves en difficulté,
4) dans cette précipitation, l'Inspection Académique fait référence à une circulaire de rentrée qui n'existe pas (le BOEN n°15 du 19 avril 2008 comme l'indique l'IA est en réalité du 10 avril 2008),
5) les textes précisent que les projets doivent être élaborés en Conseil des Maîtres et non sur proposition de l'Inspecteur d'Académie (propositions à géométrie variable en fonction des départements...),
6) aucun texte à ce jour ne précise les obligations de service des personnels,
7) un dispositif d'aide ne peut être subordonné à l'organisation de transports, de cantine, de garderie...,
8) le temps d'aide proposé peut « rallonger » la journée de l'enfant à l'école,
9) requérant l'accord des familles ce dispositif n'est pas obligatoire, ce qui porte en germe la remise en cause des valeurs fondamentales de l'École de la République,
10) externaliser la prise en charge de la difficulté scolaire (cf stages de « remise à niveau ») met en danger l'existence des RASED (peu ou pas cités dans les textes) dont une nouvelle organisation devrait être proposée.
11) nous sommes convaincus que la difficulté scolaire doit être envisagée pendant le temps scolaire,
12) la réussite des élèves n'est pas proportionnelle au temps de présence de l'enfant à l'école (cf le temps de présence à l'école des enfants chez nos voisins européens : moins de temps = plus de réussite...),
13) réduire la lutte contre l'échec scolaire à des pratiques pédagogiques en excluant les facteurs socio-culturels et affectifs est un leurre en direction des familles,
14) les enfants les moins en difficulté dans certains secteurs se verront proposer la même offre que les enfants les plus en difficulté (donc plus de temps enseignant/élève),
15) les charges des personnels ne seront pas les mêmes en fonction de leur affectation (maternelle/ZIL/élémentaire/RASED...),
16) que 24 heures face aux élèves semble pouvoir établir une certaine équité entre enseignants du premier degré et enseignants du second degré,
En considération des points énoncés ci-dessus, sachant que les textes nous autorisent à l'expérimentation et que l'Inspection Académique considère que l'année scolaire 2008/2009 constituera, à l'évidence, une année de transition ; nous proposons d'utiliser pour l'année scolaire à venir les 108 heures ainsi dégagées comme suit :
l 6 heures de conseil d'école
l 24 heures de travaux en équipes pédagogiques incluant les conseils des maîtres (actuellement non comptabilisés dans le temps de travail)
l 18 heures d'animation pédagogique
l 60 heures pour engager une réflexion collective sur:
l l'évaluation des dispositifs existants
l le repérage le mieux ciblé des difficultés
l le travail en équipe, condition de la réussite de ce dispositif (associant RASED, enseignants spécialisés, MAZEP,...)
l la nécessaire formation des enseignants à la difficulté scolaire.
l la nécessaire formation des enseignants à la scolarisation des élèves handicapés (la circulaire de rentrée insiste sur « l’appui et l’aide pédagogique aux enseignants qui accueillent dans leur classe des élèves handicapés sont une priorité »).
l la mise en oeuvre des nouveaux programmes.
l la mise en place d'outils de travail liés à ces nouveaux programmes pour les élèves en difficulté.
et organiser avec les différents partenaires impliqués dans cet enjeu majeur un dispositif réfléchi, concerté, ambitieux.
Lettre écrite par des directeurs et des enseignants de la circonscription de Nemours et cosignée par 96 enseignants de la circonscription.
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