Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 09:45

Darcos : «Il faut faire de l'école à l'école !»

Dans Le Figaro, le ministre de l'Éducation lève le voile sur les grandes lignes de son plan pour l'école primaire. Nicolas Sarkozy devrait détailler la réforme dans les prochaines semaines.

LE FIGARO. Vous expérimentez aujourd'hui le dispositif du service minimum. Combien de villes vont-elles jouer le jeu ? 
Xavier DARCOS. Environ 1 900 communes, qui représentent 8,5 millions de Français, ont décidé d'accueillir les enfants dont les enseignants font grève. On y dénombre aussi bien de grandes villes, telles que Toulouse, Le Havre, Saint-Malo, que des communes plus rurales. Toutes témoignent du même engagement : faciliter la vie des familles durant les jours de grève. Je déplore cependant de ne pas retrouver dans cette liste de ville dont le maire est socialiste. À dire vrai, il n'y a pas de seuil absolu à partir duquel cette première expérience pourrait être considérée comme un succès ou un échec. C'est une première étape, qui ne peut que s'améliorer par la suite, quand les communes auront pris l'habitude du dispositif. Il faut d'ailleurs rappeler que 81 % des électeurs souhaiteraient que leur maire mette en place un système d'accueil des enfants en cas de grève. D'autant plus que le mécanisme financier est très simple, et neutre pour les communes puisque l'État finance ce service à partir des sommes retenues sur les salaires des enseignants grévistes. 

Faudrait-il que les enseignants déclarent réellement à l'avance s'ils feront grève ou pas ?   
C'est ce que nous dira le résultat de cette journée.  

Où en est la réforme de l'école primaire lancée à l'automne ? 
Il faut faire de l'école à l'école ! Notre plan pour l'école primaire vise à dresser les objectifs avec clarté sur ce que doivent savoir les enfants au primaire. Il faut en finir avec le sabir des circulaires et des instructions pédagogiques. Avant, les enfants d'ouvriers ou de paysans partageaient la même culture que les enfants de bourgeois. Tous devaient connaître la date du bap­tême de Clovis, savaient placer les fleuves sur une ­carte et connaissaient les départements. Aujourd'hui, on a perdu ces repères-là. Ce qui est important, c'est aussi, bien sûr, la maîtrise de la langue. Notre projet prévoit aussi la suppression des cours le samedi matin. Les élèves français reçoivent, en moyenne, une cen­taine d'heures de cours de plus que leurs camarades étrangers. Je veux qu'on revienne à des semaines moins chargées pour la grande majorité des élèves, et que les heures dégagées par la suppression des cours le samedi matin servent à proposer un soutien scolaire aux 20 % d'enfants en grande difficulté. Car la vraie performance d'un système scolaire, ce n'est pas d'amener 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac mais d'assurer la réussite de tous ses élèves. 

Vous vouliez aussi que les parents puissent accéder plus facilement au contenu des programmes ? 
Je travaille actuellement à la rédaction de programmes plus courts, plus lisibles, qui seront distribués aux parents en début d'année. Il est grand temps de revenir à un consensus entre la famille et l'école et de retrouver une culture partagée entre les générations. Ce qui manque, c'est que chacun comprenne ce que la nation attend de son école.  

Comment faire évoluer les carrières des enseignants lorsqu'ils n'ont plus la foi ? 
Le travail que je veux entreprendre à partir des constats que formulera la commission Pochard vise, justement, à redonner aux enseignants le plaisir et la fierté d'exercer leur métier. Cela étant, je crois qu'il est nécessaire de réfléchir aussi à la mise en place de passerelles vers d'autres fonctions pour ceux qui ont envie d'entreprendre une seconde carrière.
  
  


 

Le rapport Attali "libéralise" l'Ecole

Remis le 23 janvier au président de la République, le rapport Attali consacre une large place à l'Ecole. Sa première décision vise à ce que " tout élève maîtrise avant la fin de la sixième le français, la lecture, l’écriture, le calcul, le travail de groupe, l’anglais et l’informatique" ce qui passe pour lui par une réécriture du socle commun. 
Les autres propositions reprennent des thèmes à la mode à droite : autonomie des établissements, évaluation des profs par les "usagers", libre choix des établissements. L'ancien "sherpa" de François Mitterrand a récupéré également l'idée d'un service civique des jeunes en l'adaptant au collège.

Rappelons l'objectif assigné à J. Attali : proposer des mesures pour "doper la croissance". Si l'incidence du libre choix des établissements pour doper la croissance ne saute pas aux yeux, en revanche, on voit nettement l'aspect idéologique qui sous-tend cette proposition...

 

 

 
 

 

La mise en place concrète du service minimum dans les écoles semble bien compliquée et les couacs s’accumulent. Après les maires de Lyon et de Chambéry qui récusent les affirmations du ministre, plusieurs collègues (départements 06, 51, 59, 62, 69, 71...) nous ont fait part de "bizarreries". Dans certains cas, les villes ne sont pas volontaires mais se retrouvent sur la liste publiée sur le site du ministère... C'est le cas que relate le journal "Nord-Eclair" dans son édition du 23 janvier.

 

"Ainsi, hier midi, le ministère de l’Éducation nationale, qui affirme que plus de 1 600 communes de toute la France sont volontaires pour l’expérimentation, a publié la liste des villes concernées sur son site Internet (www.education.gouv.fr). Sauf qu’à y regarder d’un peu plus près, quelques-unes étaient plus « désignées » que « volontaires ». À la mairie de Wasquehal, qui figurait sur la liste, on assure ainsi « ne même pas avoir été interrogé » sur l’éventuelle participation de la ville.
À Marcq-en-Baroeul, qui figure aussi sur la liste officielle du ministère, l’administration semble ne pas être allée au bout du courrier adressé par Bernard Gérard, député-maire UMP de la commune, « qui a signifié que, pour le 24 janvier, les délais étaient trop courts et qu’il n’était pas souhaitable de mener l’expérimentation au vu des modalités proposées », nous apprennent ses services. À Linselles, c’est par la presse que les services municipaux ont appris qu’ils étaient « volontaires » pour le service minimum. « Nous nous sommes basés sur des réponses écrites et orales », expliquait l’inspection académique de Lille, hier soir, évoquant « des déclarations d’intention ».

À Lambersart, par contre, Marc-Philippe Daubresse persiste et signe sur le volontariat de sa commune pour participer à l’expérimentation. Et si le député-maire UMP de Lambersart a dit «oui» à Xavier Darcos, c’est avant tout parce que « c’est une expérimentation et que cela permettra de voir si c’est faisable ou pas ». Marc-Philippe Daubresse, seul maire volontaire de la métropole lilloise si l’on excepte les communes de Faches-Thumesnil et d’Haubourdin (présentées comme « volontaires en attente de confirmation » par l’inspection académique de Lille, ndlr), a également insisté sur les conditions qu’il dit avoir posées avant d’accepter : « Que le service se limite à un service d’accueil et de garde et que cela soit fait sur la base du volontariat des personnels de mairie. » Finalement, hier soir, sur le site de l’Éducation nationale la liste officielle des communes « volontaires » ne comportait plus les noms de Marcq-en-Baroeul, Linselles et Wasquehal..." Nord-Eclair 23/01/2008

 

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 09:13

 

Que faire des deux heures du samedi matin libérées par le ministre ? Dans une dépêche AFP, le Snuipp rend compte des discussions avec le ministre. "L'organisation collective du temps scolaire dégagé sera mise en oeuvre par le conseil des maîtres et sera intégrée dans le projet d'école, validée par l'inspecteur" a précisé le secrétaire général du Snuipp, Gilles Moindrot. Un quart des heures sera réservé au travail en équipe sans élèves.

Rappel : le ministre, sous la pression du président de la République, a décidé de supprimer les cours du samedi matin. En réalité, l'une des 3 heures est déjà libérée de cours et correspond aux samedis vaqués par les élèves. Il restait donc 2 heures en moyenne annuelle. Or, ces deux heures hebdomadaires supprimées ne le seront pas pour les instituteurs, qui devront organiser du soutien pour les 15% d'élèves les plus en difficulté.

L'utilisation de ces deux heures a fait l'objet de concertations entre le ministre et 3 syndicats (SNUipp, SE-Unsa et Sgen-CFDT). Après plusieurs rencontres, un accord semble se dessiner "comme l'idée selon laquelle il ne s'agira pas forcément, pour les élèves en difficulté, de deux heures hebdomadaires. Cela pourra être moins, cela pourra ne pas être forcément pendant toute l'année scolaire. Ce sera variable, en fonction des besoins identifiés des élèves". Le ministère serait également favorable à ce "qu'un quart des deux heures soit consacré au travail en équipe ou à la formation" et donc ne soit pas du temps "en présence des élèves", selon Gilles Moindrot (SNUipp).

Alors comment s'organisera l'utilisation de ce temps libéré pour les élèves ? Gilles Moindrot fournit un début de réponse : "L'organisation collective du temps scolaire dégagé sera mise en oeuvre par le conseil des maîtres", donc au niveau de chaque école, "et sera intégrée dans le projet d'école, validée par l'inspecteur".

Chacun le pressent : cette organisation reposera essentiellement sur le directeur qui devra gérer des positions diverses dans son école. Il devra faire le point sur les élèves nécessitant du soutien, répartir les moyens, trouver un équilibre entre les classes qui ont des niveaux différents et un nombre d'enfants en difficulté pas toujours équivalent. Il lui faudra expliquer le dispositif aux familles pour qu'elles acceptent de reprendre leurs enfants à des heures qui ne sont pas forcément les mêmes pour toute la fratrie. Le directeur devra également rendre des comptes à l'IEN sur l'utilisation individuelle de chaque enseignant, sur leur implication dans le dispositif, sur le travail réalisé "hors la présence des élèves"...

Bref, en fait "d'organisation collective mise en oeuvre par le conseil des maîtres", il s'agira, avant tout, d'un travail supplémentaire pour le directeur d'école. Une nouvelle charge non reconnue et non rémunérée. Travailler plus... mais pas pour gagner plus !

 

En guise de sourire, nous joignons une réflexion de Sylvain Grandserre, enseignant et auteur de "Ecole droit de réponse" (Hachette 2007).

 

On savait la majorité présidentielle actuelle fortement influencée par l’apport spirituel des chanteurs yé-yé. Cela se confirme jusqu’en matière éducative, puisqu'un vieux refrain a ressurgi sous les préaux : « Mais oui, mais oui, l'école est finie... le samedi matin » ! 
C’est sans doute parce qu’elle est la plus apte à occuper notre « temps de cerveau disponible » que la chaîne TF1 a été choisie pour être miraculeusement transformée en chaîne éducative sur laquelle le ministre est venu présenter cette décision (27/09/2007). Drôle d’époque tout de même où nous voilà, contre notre gré, retenus un soir au poste… 
Ce choix de la suppression de la classe le samedi matin, électoraliste et tactique (il fallait atténuer l’annonce de la suppression de plus de 11 000 postes dans l’Education nationale), a surpris, tant par sa nature (on croyait qu'il fallait « travailler plus » !) que par sa forme : pas de concertation ni de dialogue, des acteurs mis devant le fait accompli ; mais à quoi bon quand on a raison ! La preuve ? Les sondages sont formels : enfants, parents et même enseignants voient d'un bon oeil cette suppression. Alors, finie aussi l’école comme institution dont la mission dépasse la simple satisfaction des intérêts particuliers. Comme toujours, au pays des aveugles, les borgnes sont rois, mais les rois de quoi ? 
Peu après qu'ait été diffusée la nouvelle, quelques-uns se sont interrogés : où recaser les heures disparues ? En effet, une année scolaire comprend 24 samedis travaillés par les élèves, soit l'équivalent de 12 jours d'école et donc de 3 semaines de classe par an. Allait-on toucher aux congés d'été, quitte à ouvrir une guerre civile entre juillettistes et aoûtiens ? Ou bien raccourcir les petites vacances qui représentent déjà le minimum dont ait besoin un enfant pour récupérer (marrant ça, à l'heure où certains répètent que l'école n'est plus qu'un lieu de distraction et d'amusement, il semblerait qu'on s'y fatigue encore !) ? Ou pourquoi ne pas mettre en place un dispositif dans l'air du temps depuis plus de dix ans : faire classe le mercredi matin ? Seul problème mais de taille pour cette dernière proposition : si l'on peut d'avoir du monde à la barrière le samedi midi pour emmener les enfants en week-end à la mer ou à la montagne (ne me dites pas que tous n'y vont pas, on en aurait entendu parler tout de même !), les choses sont différentes le mercredi. 
Qui pour récupérer les bambins un midi en milieu de semaine ? Du coup, toutes les communes auraient dû assurer des services de restauration, des activités sportives et culturelles avec le personnel conséquent et même par endroit, garantir ramassage scolaire et garderie ! Bref, le choix du transfert des heures de classe s'avérait cornélien avant que le ministre, tel Alexandre devant le noeud gordien ne tranche : « les trois semaines de classe je vous en fais cadeau, il y a déjà trop d'école, trop de cours, les autres pays ont des élèves qui font moins d'heures que nous et qui ne me semblent pas, quand je les regarde, des sots ! ». 
Attention, cette générosité soudaine révèle tout de même des limites : les enseignants eux, devront assurer soutien et aide aux élèves les plus en difficulté le samedi matin. L'idée n'est pas stupide, peut être discutée mais interpelle quelque part d’autant plus que pour justifier cette décision clientéliste le ministre Darcos pédale depuis dans la justification pédagogique comme d’autres dans la semoule. 
Raison de plus pour s’interroger : 
- Sur quels critères se fera le choix des élèves convoqués ? On sait bien que contrairement aux apparences, il n'est pas forcément pertinent de regrouper dans un réflexe d'homogénéité maladroit les élèves en grande difficulté. Mieux vaut des groupes plus ouverts, plus hétérogènes, pour créer un peu de dynamique et rompre avec une vision ghettoïsée de la différenciation pédagogique. 

- Comment désigner les bénéficiaires de cette offre sans les mettre à l’index ? En effet, il n’est pas sûr que les heureux gagnants – parents inclus - soient ravis d’être ainsi distingués. Cela peut s’apparenter à une punition comme quand nous étions sanctionnés et devions revenir faire un travail supplémentaire pendant nos heures de colle. 
- Sur quelles bases réglementaires se fera cette venue supplémentaire ? Quand bien même l’enseignant parviendrait à organiser son groupe du samedi, quelle garantie aura-t-il que ce sont bien les élèves ainsi visés qui seront les bénéficiaires de ces heures supplémentaires ? Que faire si un élève non prévu se présente à la porte de l’école ? Là encore on ne peut ignorer que toute offre éducative libre bénéficie en premier à ceux qui en ont le moins besoin ! Y aura-t-il un contrat passé entre la famille et l’école ? Et quelle valeur aura-t-il en cas de non-respect ? 
- D’autres questions se bousculent aux portillons de nos réflexions : Que va-t-il se passer en maternelle ? Va-t-on là aussi prévoir un dispositif identique pour des enfants de 3 ou 4 ans ? Que faire si une classe se trouve dépourvue d’élèves en grande difficulté ? Sera-t-il possible d’intervenir auprès d’autres élèves et pourquoi pas dans une autre école ? Par ailleurs, que vont devenir les RASED, les Réseaux d’Aide et de Soutien aux Elèves en Difficulté ? Car si l’enseignant titulaire de la classe assure cette mission cela pourrait justifier leur disparition… Pratique quand on cherche à supprimer des emplois dans les services publics ! 
- Un dernier problème semble être à nouveau passé à la trappe. L'étendue des notions à étudier et des compétences à acquérir ne cesse de croître. Le programme n'est plus un catalogue dans lequel on pourrait piocher mais un référentiel exhaustif que nul ne parvient à faire étudier dans sa totalité. Pourtant, prise isolément, chaque partie du programme mérite qu'on s'y intéresse, qu'il s'agisse de la littérature de jeunesse, de la prévention routière, du secourisme ou de l'informatique pour ne parler que des récents apports. Bref, pourra-t-on apprendre toujours plus en toujours moins de temps ? Car la suppression de la classe le samedi matin équivaut, sur les huit années de primaire, à la perte sèche de 24 semaines d'école ! Soit les deux tiers d'une année ! De plus, à l’heure où nos élèves passent autant de temps devant la télévision qu’en classe, et où les rythmes des adultes et des enfants se confondent trop souvent, la semaine de quatre jours est une incitation au dérèglement biologique ! En effet, il y aura trois soirs par semaine où il n’y aura pas classe le lendemain. Soit pour certains, trois prétextes par semaine pour tester leur résistance à l’endormissement !

Puisque la décision de supprimer le samedi matin semble irrévocable, espérons qu’on trouvera des réponses à toutes ces questions si l’on veut que la venue de certains élèves soit vécue comme une chance et non comme une stigmatisation. Mais cela se fera-t-il sans relancer la formation continue, sans recruter le nombre nécessaire de professeurs ? Comment ne pas être suspicieux et inquiets quand le Premier ministre lui-même affirme que : « la réforme de l’Etat supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’Etat” ? Faut-il comprendre : moins d’enseignants et moins de moyens pour moins d’éducation ?

 

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 10:05

RTL - 11 janvier 2008 – Journal de 7 heures présenté par Christophe Hondelatte et Sophie Orange.

 

Ch Hondelatte – « C’est Noël après Noël pour les 14 000 chefs d’établissement, proviseurs et principaux de collèges et leurs adjoints.

- Sophie Orange : Ils viennent de recevoir une prime de 750 €, 375 € pour leurs adjoints. Bonjour Armelle Lévy. C’est vous qui nous révélez cette information ce matin sur RTL. Pourquoi ce cadeau du Ministère de l’Education nationale ?

- Armelle Lévy : Oui, cette décision, elle a été prise directement à Matignon, juste avant les vacances de Noël et elle vise à récompenser leur présence et leur efficacité. Les chefs d’établissements et leurs adjoints ont fait face aux divers mouvements lycéens. Ils luttent contre la violence scolaire. C’est donc vécu comme une récompense du travail fourni.
Cette prime ne concerne pas les directeurs d’école qui n’ont pas du tout le même statut. D’ailleurs, ils ne sont pas au-dessus de leurs collègues, alors que pour être principal de collège ou proviseur de lycée, il faut passer un concours particulier.

- Sophie Orange : Et que pensent les profs de cette prime ?

- Armelle Lévy : Cette prime suscite des réactions très vives dans les salles de profs.

- Christophe Hondelatte : En salle des profs, ça jase… Hein, Armelle Lévy ?

- Armelle Lévy : Oui, au moment où les augmentations sur les salaires piétinent dans la fonction publique, cette récompense ne plait pas à tout le monde. Les enseignants sont, à vrai dire, plutôt vexés, à l’image de Daniel Robin co-secrétaire national du SNES.

- Daniel Robin : Si on résume les primes de Noël vues par le ministère de l’Education nationale, les chefs d’établissements 750 €, les adjoints 375 € et les autres personnels zéro… Et où le message commence à être, en particulier, inacceptable, c’est que cette prime est motivée par leur présence et leur efficacité. Sous-entendu, si nous, on a zéro, c’est parce qu’on n’est pas présent et pas efficace. Et ça, c’est un message que nous avons bien entendu et qui provoque des réactions fortes, en particulier des personnels enseignants. Il y a un sentiment d’une totale injustice. Nous, on ne serait pas contre que tous les enseignants, sans exception, touchent 750 € le mois prochain.

- Armelle Lévy : Et Daniel Robin jette de l’huile sur le feu. Il s’étonne que les chefs d’établissements touchent 750 €  de prime et leurs adjoints deux fois moins.

- Daniel Robin (SNES) : Moi, je trouve ça extraordinaire. C’est sans doute que les adjoints travaillent 2 fois moins que les chefs. Ben, écoutez, moi, je sais pas… ou qu’ils ont fait 2 fois moins d’efforts et qu’ils ont été 2 fois moins présents…

- Armelle Lévy : En tout cas, si le gouvernement espérait, avec cette prime, diviser pour mieux régner, c’est gagné. Philippe Guittet le responsable du SNPDEN qui représente les chefs d’établissements apprécie la récompense et met les points sur les « i ».

- Philippe Guittet (SNPDEN): Ça fait toujours plaisir. On était quand même dans une période difficile avec les mouvements lycéens, les problèmes de violence… Donc, il y a une demande qui est très forte sur les chefs d’établissements. Nous n’avons pas l’impression d’être achetés si c’est cela que veulent dire certains…

- Armelle Lévy : Cette prime du gouvernement divise donc les personnels de l’Education et le 24 janvier vous ne verrez pas manifester les chefs d’établissements aux côtés des enseignants dans les rues pour défendre les salaires dans la fonction publique, leur statut les oblige à ouvrir leurs collèges et leurs lycées les jours de grève et d’assurer la sécurité des élèves.

 

Confirmation du ministère qui a fourni les explications suivantes :

"Ils ont eu à gérer le mouvement lycéen et doivent mettre en place les heures de travail après l'école décidées par le gouvernement", a-t-on commenté dans l'entourage de Xavier Darcos.

On a fait valoir en outre qu'étant cadres, les proviseurs et leurs adjoints ne bénéficient pas des heures supplémentaires.
A titre d'exemple, on a cité le cas d'un professeur certifié faisant deux heures supplémentaires chaque semaine durant l'année, qui gagne 2.300 euros nets contre 2.000 euros nets avant l'exonération de charges votée cet été. A cela s'ajoute 300 euros d'impôts en moins, les heures supplémentaires étant exonérées d'impôts.

 
Dans les écoles maternelles et élémentaires, aucun risque de division puisque gouvernement et syndicats sont d’accord pour mettre tous les personnels dans le même sac… N’oublions pas que pour les principaux syndicats du primaire, les directeurs d’école sont des enseignants-comme-les-autres… Donc pas de prime de Noël qui viendrait récompenser leur présence et leur efficacité…

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 09:05

Comme nous le disions dans notre précédent article (Ecoles : service minimum expérimenté dès le 24 janvier), Xavier Darcos s'est lancé dans une véritable course contre la montre pour mettre en place le service minimum dès la prochaine grève. Les réactions des communes, les premières concernées, n'ont pas tardé. Le président de l'AMF (Association des Maires de France) a manifesté son opposition de principe, estimant qu'il appartient à l'Education nationale de régler ses problèmes tout en reconnaissant l'attente des parents (électeurs en mars prochain) demandeurs d'un service de garde de leurs enfants les jours de grève.
 

Le 8 janvier, le Ministère a envoyé aux Recteurs et aux Inspecteurs d'académie une note de "mise en place d'un service minimum d'accueil dans les écoles". Nous en reproduisons quelques éléments :

« Les Inspecteurs d’académie informeront les communes des mouvements sociaux dont ils auront connaissance et leur transmettront les données statistiques qu’ils sont en mesure de communiquer sur les précédents mouvements afin d’apprécier l’ampleur du mouvement à venir et que la commune puisse définir de manière la plus adaptée la forme et l’ampleur du service qui sera mis en place.
A cette fin, les Inspecteurs d’académie pourront notamment établir un tableau prévisionnel des classes et des écoles qui pourraient être fermées au vu des précédents conflits sociaux et qui sera communiqué aux communes concernées.
Les directeurs d’école restent, comme c’est le cas actuellement, responsables de l’information des familles sur les mouvements de grève au sein de leur école. En particulier, un affichage sur les portes extérieures des écoles ou sur les panneaux apposés à l’extérieur au minimum 48 heures avant le commencement du mouvement de grève est souhaitable

 

Le service minimum rencontre l'opposition des communes

Après l'association des maires de France, c'est l'Association nationale des directeurs de l'éducation des villes (Andev) qui proteste contre la proposition ministérielle d'inviter les communes à instaurer un service minimum dans les écoles en cas de grève contre une subvention publique prélevée sur les retenues sur salaire des grévistes.

L'Andev, qui regroupe les responsables éducatifs des grandes villes, estime  le projet " tout à fait regrettable". "Cette mesure constitue véritablement une première et met en lumière l'incapacité de l'éducation nationale à exercer dans ce domaine ses responsabilités d'employeur public" poursuit Claudine Paillard, présidente de l'Andev. "En mettant à la charge des communes le service minimum, le MEN évite ainsi une difficile discussion avec les organisations syndicales d'enseignants,  qu'il reporte ainsi sur les communes. Celles ci devront si elle souhaitent mettre en place ce service, négocier de leur côté avec les organisations syndicales de leur personnel". Une discussion qui ne sera pas partout facile… L'Andev relève "l'embarras" dans lequel les municipalités vont se trouver entre les pressions des personnels éducatifs et les parents.

Mais l'Andev critique aussi la conception qu'a l'Etat du rôle éducatif des collectivités locales. "En mandatant les communes pour le faire à sa place, elle renvoie une fois de plus les communes à un rôle éducatif limité, essentiellement lié à la fonction de garderie, de service à la famille, "périphérique " à l'école sans projets ni objectifs pédagogiques… Plutôt ainsi que de se défausser de sa responsabilité sur les communes, il aurait été plus courageux et efficace, de travailler à un véritable service minimum unifié portant sur l'ensemble des temps de l'enfant. Car organiser le service minimum sur l'école mais ne pas prévoir le fonctionnement de la restauration pose, il faut le rappeler, pour de nombreuses familles tout autant de difficultés. Les communes demanderont–elles à l'éducation nationale d'assurer l'accueil en restauration en cas de grève de leur personnel ? "

  
Communiqué de Claudine Paillard, présidente de l'ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l'Education des Villes) :

 

"La réflexion sur la mise en place d'un service minimum qu'il s'agisse des temps scolaire péri et extra scolaire, au vu de l'impact pour les enfants et leurs familles en cas de grève est tout à fait légitime.

Pourtant, la proposition demandant aux communes d'assurer ce service à sa place sur les horaires de classe, est une innovation ministérielle tout à fait regrettable.

L'AMF et l'AMGVF ont très vite réagi aux premiers propos évoquant cette piste de travail. L'annonce hier de sa mise en place, ou tout du moins de la possibilité pour les communes volontaires d'être remboursées du coût induit de l'organisation d'une "garderie", dès la prochaine grève de la fonction publique le 24 Janvier, montre combien les réactions des Maires ont peu été écoutées.
Cette mesure constitue véritablement une première et met en lumière l'incapacité de l'Education Nationale à exercer dans ce domaine ses responsabilités d'employeur public. En mettant à la charge des communes le service minimum, elle évite ainsi une difficile discussion avec les organisations syndicales d'enseignants, qu'elle reporte ainsi sur les communes qui devront si elle souhaitent mettre en place ce service, négocier de leur côté avec les organisations syndicales de leur personnel. L'Education Nationale considérerait-elle qu'il existe ainsi une plus grande efficacité au niveau local ? L'Education Nationale en évitant ce dialogue syndical, se débarrasse aussi d'une autre question. En considérant qu'elle n'est pas "compétente" pour assurer sur ces temps une "garderie" elle évite d'imposer aux enseignants d'effectuer un simple accueil sans ambition ce jour-là de "faire classe", tout du moins dans les conditions habituelles. En mandatant les communes pour le faire à sa place, elle renvoie une fois de plus vers l'idée que le rôle éducatif des communes reste essentiellement lié à celui de garderie, de service à la famille, "périphérique" à l'école sans projets ni objectifs pédagogiques.

Qu'en sera-t-il des écoles où un enseignant ne fait pas grève ? Ne devra t-il accueillir que les enfants de sa classe et enseigner, un service minimum étant mis en place pour les autres élèves, qui ne bénéficieraient alors que d'une "garderie" municipale ?

Cette mesure ministérielle qui reste optionnelle (on ne voit pas d'ailleurs comment elle pourrait devenir obligatoire), met de toutes façons d'ores et déjà les communes dans une position embarrassante quels que soient leurs choix.

Si elles assurent l'accueil des enfants elles se trouveront face aux éventuelles oppositions de leurs propres agents et à leur volonté d'exercer eux-mêmes leur  droit de grève (lorsqu'il s'agit de mots d'ordres communs à la FPE et FPT). Elles connaîtront aussi des difficultés organisationnelles, particulièrement pour l'élémentaire où elles ne disposent pas de personnel qualifié disponible sur le temps scolaire pour exercer ce rôle. Elles risquent enfin de connaître l'opposition de certains enseignants qui leurs reprocheront de "briser leur mouvement".

Pour celles qui n'organiseront pas d'accueil, ce sont les parents qui feront pression sur elles et éventuellement d'autres catégories d'enseignants favorables, ceux-là, à faire assurer par le personnel municipal le service minimum.

Au vu de ces difficultés incontournables, la promesse de remboursement des frais engagés (qui seraient comptabilisés au nombre d'élèves accueillis et non sur la base des coûts réels…) par l'Etat, pèse peu sur les décisions municipales d'organiser ou non un service minimum. Leurs décisions seront plutôt liées aux équilibres à trouver entre leurs capacités organisationnelles, les négociations avec le personnel et représentants syndicaux, les relations avec les familles et délégués de parents d'élèves, ainsi qu'avec les enseignants et directeurs d'écoles. Le résultat aléatoire de cet équilibre continuera d'alimenter les disparités territoriales vis-à-vis desquelles pourtant  le ministère affiche sa volonté de les réduire !

 

Plutôt ainsi que de se défausser de sa responsabilité sur les communes, il aurait été plus courageux et efficace, de travailler à un véritable service minimum unifié et portant sur l'ensemble des temps de l'enfant. Car organiser le service minimum sur l'école mais ne pas prévoir le fonctionnement de la restauration pose il faut le rappeler pour de nombreuses familles tout autant de difficultés. Les communes demanderont-elles à l'Education Nationale d'assurer ce service en cas de grève de leur personnel ?"
     

Dans un article de Libération, le maire de Paris, Bertrand Delanoëa annoncé que sa municipalité refusait d’organiser un service minimum pour accueillir les enfants en cas de grève des enseignants.
«Nous ne pouvons pas demander aux fonctionnaires municipaux de casser la grève de fonctionnaires nationaux», a affirmé Bertrand Delanoë sur RTL. «M. Darcos, sur ce sujet, s’y prend très mal. Il faut traiter les sujets avec beaucoup plus de sérieux et, surtout quand il s’agit de l’école, penser aux enfants, aux parents, aux enseignants. Ce n’est pas la bonne méthode, ce que propose M. Darcos», a-t-il ajouté.
   

Eric Ferrand (PS), adjoint au maire chargé de la vie scolaire, dénonce une «véritable provocation». Selon lui, les collectivités locales «n’ont aucunement vocation à se substituer aux enseignants pour la sauvegarde du service public de l’Education». En cas de grève, «nous n’avons pas de solutions alternatives», a indiqué l’adjoint. «La solution, c’est que le gouvernement évite la grève et qu’il retire son projet de suppression de postes dans l’Education nationale».

Jugeant «pernicieux et même méprisant d’aller imaginer que l’on va utiliser les salaires des uns pour payer les autres à casser une grève», l’adjoint à la vie scolaire souligne que les agents municipaux «sont des fonctionnaires», et que «la grève du 24 janvier est une grève de la fonction publique».
     

 

Les parents de la Fcpe estiment que "ce ne sont pas quelques jours de grève programmés qui compromettent la qualité du service public mais bien les remplacements non assurés" et rappellent les taux minimum d'encadrement :  un animateur pour 8 enfants en maternelle et un pour 12 en élémentaire.
                                                                       Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 13:11

Le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a demandé, mardi 8 janvier, la mise en place d'un service minimum d'accueil dans des écoles maternelles et élémentaires dès le 24 janvier, jour de grève dans l'éducation nationale. "Il est demandé aux recteurs et inspecteurs d'académie de participer à son expérimentation [du service minimum], avec les maires des communes volontaires, dès le 24 janvier prochain, date de grève nationale à l'éducation nationale", indique ainsi une circulaire de M. Darcos. Le ministre avait jusqu'ici annoncé la mise en place de ce service, contesté par les syndicats, pour la rentrée 2008.

"Le financement de ce service sera assuré à partir des fonds correspondant aux retenues sur salaire des enseignants grévistes", lit-on dans cette circulaire communiquée à la presse mardi. La somme prévue est de 90 euros de un à quinze élèves accueillis et 90 euros de plus par tranche de quinze élèves supplémentaires. En contrepartie, les communes volontaires devront assurer un accueil durant les heures normales d'enseignements, soit six heures par jour.

   
Après l'interview (sur RTL) de Gérard Aschiéri, sur ce sujet, Il était évident que le gouvernement ne rencontrerait aucune difficulté à mettre en oeuvre son projet de service minimum.

Nous vous invitons à relire l'article que nous avions publié le 12 décembre 2007 et intitulé : « Quand Gérard Aschiéri, patron de la FSU, reçoit une leçon de militantisme en direct sur RTL »

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 14:47

Vendredi 14 décembre 2007, Eric Gross, inspecteur général de l'éducation nationale, a remis à Christine Albanel et Xavier Darcos, respectivement ministres de la Culture et de l'Education, un rapport de « vingt propositions et huit recommandations pour renouveler et renforcer le partenariat Education - Culture - collectivités locales en faveur de l'éducation artistique et culturelle»...

"Le changement ne peut se concevoir que s'il est accompagné par une volonté politique opiniâtre, érigeant l'éducation artistique et culturelle en grande politique publique dotée de moyens correctement évalués". En concluant par cette phrase son rapport sur l'éducation artistique et culturelle, l'inspecteur général Eric Gross ne cache pas que ses recommandations nécessiteront des efforts pour être appliquées.

L'objectif n'est pas mince : introduire enfin dans toute l'Ecole, tout le temps, de la culture et des arts. Et Eric Gross préconise de s'appuyer sur les outils de la culture, c'est-à-dire le numérique, et sur une pédagogie qui éveille l'intelligence. Pour lui, cette éducation passe pour lui par un véritable partenariat entre l'Etat et les collectivités locales, entre l'Education et la Culture. C'est dire qu'introduire culture et arts dans l'Ecole nécessite de changer l'Ecole…

On relèvera encore l'attention qu'Eric Gross apporte aux aspects concrets : obligation pour tout élève d'avoir visité le patrimoine local et par suite redéfinition de ce qu'est la visite scolaire et création des structures propres à accueillir les élèves ; gestion des droits sur les œuvres numériques et utilisation de l'exception pédagogique ; doter chaque établissement d'un projet culturel et artistique.
 

RÉCAPITULATIF DES VINGT PROPOSITIONS ET DES HUIT RECOMMANDATIONS DU RAPPORT
 

VINGT PROPOSITIONS

Proposition 1 : évaluer, au moment des épreuves orales d’admission des concours de recrutement, le goût et les compétences des candidats dans le domaine artistique et culturel, et ce non seulement pour les concours de professeurs des écoles, mais aussi pour les concours de l'agrégation et du CAPES, à tout le moins dans les disciplines relevant des humanités.
  
 
Proposition 2 : systématiser le partenariat en formation initiale IUFM-DRAC ; prévoir pour chaque stagiaire une formation obligatoire en éducation artistique et culturelle (hors dominante) et privilégier la diffusion et la généralisation des actions les plus efficientes; réanimer les certifications complémentaires en art ; prévoir dans le futur Master enseignant des «crédits art et culture» qui continueraient à mobiliser les formations en partenariat.
 

Proposition 3 : mettre en œuvre les pôles régionaux d'éducation artistique et culturelle afin de doter chaque rectorat d'un programme de formation reposant sur la coopération avec les structures artistiques et culturelles.
 

Proposition 4 : développer la formation continue des enseignants par le réseau des établissements culturels, avec le soutien des crédits de formation de l’éducation nationale.
 

Proposition 5 : dans le cadre d’un partenariat renforcé et d’une véritable ambition de formation, accorder pour les professeurs la gratuité d’accès aux musées (34) et aux monuments nationaux (environ 100) dépendant du ministère de la culture, et renforcer les mises à disposition de professeurs dans les services éducatifs des établissements culturels.
 

Proposition 6 : confirmer la gratuité pour la majeure partie de la ressource numérique publique et permettre la baisse du prix de la ressource payante grâce à la croissance du nombre des abonnements.
 

Proposition 7 : mettre en œuvre l’exception pédagogique créée par la loi DAVDSI de façon simple, claire, et sûre à la fois pour les usagers et les ayants droits; pour ce faire, préciser par un décret le champ de certaines notions utilisées par la loi et introduire par la voie législative un mode unique de gestion pour l’usage des œuvres: la gestion collective obligatoire.
 

Proposition 8 : refonder un grand portail public de l’éducation artistique et culturelle fédérant ressources publiques et ressources privées, validées juridiquement et scientifiquement. La présence sur ce portail vaudra label et recommandation. Les développements du portail permettront aussi aux enseignants de bénéficier de conseils techniques et juridiques, et d’échanger leurs expériences.
 

Proposition 9 : créer au centre national du livre, en partenariat avec le Louvre, le Centre Pompidou, le musée du Quai Branly et éventuellement d’autres structures, un fonds d’intervention destiné à encourager les projets d’édition en éducation artistique et culturelle. Ce fonds, appelé librairie de l’éducation artistique et culturelle, devrait être dès 2008 doté d’un budget de 100 000 euros.
 

Proposition 10 : mettre à profit la révision du cahier des charges et des missions des chaînes publiques pour renforcer les dispositions concernant l'accès à l'art et à la culture ; inciter France Télévisions à renforcer et diversifier son offre VOD (vidéo à la demande) pour l'éducation artistique et culturelle; fédérer l'offre du groupe sur le site de France 5, dont l'identité éducative et culturelle est forte.
 

Proposition 11 : doter progressivement au moins chaque établissement du second degré d’un véritable projet d’éducation artistique et culturelle au sein de son projet d’établissement; fonder ce projet sur le partenariat avec les institutions culturelles et sur le développement au sein de l’établissement de lieux culturels: médiathèque, lieu d’exposition, et même quasi ciné-club : intégrer le développement de ces lieux dans les programmes de construction ou de rénovation. Enfin, articuler les projets d’établissement autant que possible à des projets de territoire (bassin scolaire, bassin d’emploi).
 

Proposition 12 : dans l’intérêt du partenariat entre structures culturelles et établissements scolaires, lui-même garant de la qualité des propositions artistiques, convaincre les partenaires sociaux de supprimer l'obligation que l'artiste soit rémunéré par l'établissement d'enseignement, ou, à défaut, l'assouplir considérablement en admettant l'intervention d'artistes rémunérés par une structure culturelle.
 

Proposition 13 : promouvoir, dans le cadre du projet d'établissement et du projet de territoire, des projets d'éducation artistique et culturelle largement collectifs.
 

Proposition 14 : «revisiter» la visite scolaire pour la revaloriser et améliorer son impact pédagogique; encourager les efforts des institutions pour se doter de structures d'accueil innovantes; mobiliser un volant d'emplois aidés pour recruter des médiateurs formés à l'accueil des élèves; créer une journée nationale de la visite scolaire où toutes les institutions tiendraient porte ouverte pour les classes.
 

Proposition 15 : inscrire la mission d’éducation artistique et culturelle dans les contrats de performance des établissements publics du ministère de la culture et de la communication et dans les cahiers des charges des structures artistiques subventionnées.
 

Proposition 16 : consacrer le rôle de partenaires à plein titre des collectivités locales dans l’objectif de généralisation; favoriser, pour ce faire, des dispositifs contractuels globaux et ambitieux, en particulier contrats locaux d’éducation artistique (CLEA) et plans départementaux de développement culturel. Encourager la contractualisation, encore très partielle, avec les régions.
 

Proposition 17 : signature d’un protocole entre les ministres, d’une circulaire interministérielle et, dans chaque académie, d’une convention entre l’Etat et les collectivités territoriales; tenue au minimum, dans chaque académie de deux réunions générales par an: en septembre, moment de la rentrée culturelle et scolaire, et en juin.
 

Proposition 18 : pour améliorer la prise en charge de l'enjeu et marquer l'importance qui lui est donnée, créer au sein de la direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO) une délégation à l'éducation artistique et culturelle pouvant être l'interlocuteur institutionnel de la DDAI du ministère de la culture et de la communication, avec un délégué directement placé auprès du directeur général.
 

Proposition 19 : évaluer l'éducation artistique et culturelle à travers un livret personnel de l'élève, véritable carnet de bord de son parcours, qui ferait l'objet d'un entretien au brevet et au baccalauréat; permettre aussi cette évaluation dans le cadre des disciplines et des épreuves existantes : par exemple, veiller à ce qu'un des trois sujets proposé au baccalauréat pour l'épreuve de philosophie invite à une réflexion philosophique su l'art et la culture.
 

Proposition 20 : pour identifier, valoriser et mobiliser l'ensemble des moyens consacrés par l'Etat à l'éducation artistique et culturelle, les regrouper, dans la loi de finances, au sein d'un document de politique transversale dotée des indicateurs de performance adéquats.
  

 

HUIT RECOMMANDATIONS

Recommandation 1 : pour poser les bases d'un dialogue et d'une coopération, organiser, à la rentrée 2008, à l'institut national d'histoire de l'art, avec le partenariat de l'Ecole du Louvre, un colloque réunissant universitaires, conservateurs, et enseignants du secondaire et du primaire.
 

Recommandation 2 : créer une section histoire de l'art aux concours de l'agrégation et du CAPES, en donnant à cette discipline un sens élargi à la musique, au théâtre et au cinéma; affecter les professeurs recrutés à des fonctions de formation dans les IUFM ainsi qu'à des missions de coordination, d’animation et d’expertise dans les académies.
 

Recommandation 3 : assurer l’approche pluridisciplinaire de l’éducation à l’image en la traitant dans les programmes à la manière d'un «thème de convergence», à l'imitation des thèmes de convergence définis dans les nouveaux programmes scientifiques des collèges (avril 2007).
 

Recommandation 4 : pour développer l'offre des écoles territoriales de musique, de danse et de théâtre, assurer la mise en œuvre rapide de la loi du 13 août 2004, par un effort conjoint de l'Etat, des régions et des départements pour lever les difficultés, voire les blocages subsistants; pour développer l'offre des écoles d'art, assurer la multiplication des ateliers beaux-arts avec le soutien des collectivités territoriales.
 

Recommandation 5 : favoriser l'appropriation pour les familles, aux fins de l'apprentissage d'une pratique artistique, des dispositions de la loi du 26 juillet 2005 sur les services à la personne.
 

Recommandation 6 : se donner comme objectif que tout élève de France, au cours de sa scolarité, ait eu la possibilité de visiter les trésors culturels de sa région, mais aussi quelques-unes des institutions culturelles majeures de la nation.
 

Recommandation 7 : créer (sur l’Ile Seguin ?) un centre national d’accueil capable d’héberger 500 élèves pour de courts séjours dédiés à la visite des institutions culturelles majeures.
 

Recommandation 8 : à l'exemple de premières initiatives exemplaires, favoriser le mécénat des projets d'éducation artistique et culturelle.
 
  

Dans son rapport, Eric Gross indique qu’il s'agit de “donner à la société française l'impulsion décisive pour qu'elle accorde, dans l'éducation de ses jeunes, la même place à la culture et aux arts que celle qu'elle a fini par accorder au sport”. Il avance des propositions à destination des élèves, des professeurs et des institutions, estimant qu'”il ne s'agit plus seulement d'une éducation à l'école et par l'école, mais aussi d'une éducation à la culture par la culture”.

Xavier Darcos et Christine Albanel communiqueront ensemble et de manière globale sur ce sujet “à la fin du mois de janvier”. En effet, les deux ministres doivent désormais décider conjointement de la suite concrète à donner à ses propositions.

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 18:01

Nous publions ci-dessous de larges extraits du rapport remis récemment par Alain Bentolila au ministre Xavier Darcos.

Titre du rapport : LA MATERNELLE : AU FRONT DES INÉGALITÉS LINGUISTIQUES ET SOCIALES
  

UNE ECOLE À PART ENTIÈRE

Le paradoxe de l’école maternelle actuelle, c’est l’illusion sur laquelle elle repose. Illusion issue de ses performances passées, à l’époque où elle était en avance sur son temps. Epoque de dynamisme, même de militantisme pédagogique innovant de ses enseignants, époque où elle était l’objet d’une attention particulière. La maternelle vit aujourd’hui sur ses acquis. Suivie par la quasi-totalité des enfants bien que non-obligatoire, surpeuplée, elle fait illusion aux parents qui y voient ce qu’elle montre le mieux : de la bienveillance, de la présence dans le tissu social, une forme d’encadrement, des productions d’élèves joliment mises en scène. Elle fait illusion à certains enseignants qui pensent créer une pédagogie active et efficace fondée sur l’interaction, la participation, l’action en classe. Elle fait enfin illusion à l’institution elle-même qui n’ose pas évaluer vraiment la maternelle d’aujourd’hui et ce qu’elle « produit en termes d’apprentissage et d’acquisition ».

Afin de garantir la spécificité de la maternelle il nous apparaît légitime de revoir la configuration des cycles de l’école primaire. Les classes de maternelle composeraient ainsi institutionnellement le cycle 1, le CP et le CE1 le cycle 2, et les CE2, CM1 et CM2 le cycle 3.

Refonder l’école maternelle comme une école à part entière, c’est définir fermement ses objectifs, ses missions et fonctions, ses programmes propres, la formation soutenue et approfondie de ses professeurs et lui donner un encadrement spécifique. Cela devrait passer, selon nous, par son inscription claire dans le cadre de l’obligation scolaire.

Une double obligation : celle des parents de scolariser leur enfant, celle également de la République de préparer au mieux la réussite scolaire des élèves qui lui sont confiés.

Si le taux d’inscription en école maternelle avoisine en effet les 100%, on sait toutefois que le taux de présence en classe au quotidien est souvent aléatoire pour de nombreux enfants, quasi inexistant le samedi matin.
L’obligation scolaire à 3 ans révolus, c’est aussi pour l’Ecole une manière de montrer son engagement pour la réussite.

L’école maternelle a souvent privilégié ce qui se voit, s’expose, s’affiche, au plus grand plaisir des parents et des élèves. Le « bien vivre » a parfois pris le pas sur le « bien apprendre ».

L’organisation et la rotation du travail en petits groupes, qui sont une nécessité pédagogique, ont souvent des conséquences très inquiétantes sur les temps réels d’apprentissage à l’école maternelle. Les séquences où l’apprentissage s’effectue sous le contrôle attentif et lucide de l’enseignant sont en fait extrêmement réduites. Rares sont en réalité les classes où un exercice écrit de graphisme ou de numération est proposé chaque jour et à tous les élèves. Les emplois du temps et la rotation des ateliers en maternelle sont donc à revoir, le temps de concentration quotidien pour chaque élève doit absolument être augmenté de manière significative. S’ajoute à cela le fait que les activités sont fréquemment construites autour d’un thème au lieu de s’articuler sur des progressions de compétences à travailler.
Il conviendrait enfin de mieux maitriser la durée et l’organisation d’activités « périphériques » qui finissent par diluer les véritables séquences d’apprentissage. Les temps de collation, de déplacements, d’habillage, de passage aux toilettes, d’attente des parents, doivent s’équilibrer et se répartir dans les temps de récréation. Ces activités peuvent être parfois éducatives, mais elles ne représentent pas des apprentissages scolaires. La sieste en Petite Section et le temps de repos en Moyenne et Grande Sections se confondent ; sous prétexte de réveil échelonné, certains élèves dorment une grande partie de l’après-midi.
A l’heure du « zapping » généralisé et bruyant, on ne saurait trop rappeler, notamment à l’école maternelle, les vertus du silence en pédagogie.

 

LA MAITRISE DE LA LANGUE : ENJEU PRIORITAIRE

Sous les effets conjugués de l’affaiblissement de la médiation familiale et de la perversité des modèles sémiologiques imposés par un monde médiatique de plus en plus cynique, bien des enfants arrivent à la porte de l'école de la République en situation d'extrême insécurité linguistique et de terrible déficit culturel. Pour eux, l'école maternelle constitue la première et la dernière chance de médiation dans un parcours d'apprentissage qui en a été jusque-là privé.

Pour eux, l'école maternelle doit mettre en jeu avec volonté, obstination et constance une pédagogie, non pas palliative, mais compensatrice : elle se doit de tenter de réhabiliter au plan sémiologique, culturel et linguistique une part importante des enfants qui lui sont confiés. Si elle y renonçait, elle viderait de leur sens les mots de justice et de démocratisation scolaire ; mots d'un discours alors démagogique cachant mal l’entrée précoce dans un couloir qui mène inéluctablement à l'illettrisme et à l'exclusion.

Le langage dont disposent certains élèves à la veille d'entrer au cours préparatoire est souvent incompatible dans ses structures même avec une entrée sans rupture dans le monde de l'écrit. Ne l'oublions pas, apprendre à lire n'est pas apprendre une langue nouvelle : c'est apprendre à coder différemment une langue que l'on connaît déjà.

 

APPRIVOISER LA LANGUE ÉCRITE

Il est indispensable que l'École puisse, en partie au moins, combler ce gouffre en les habituant progressivement à se « frotter » à du vrai langage écrit ; en d'autres termes, il convient de les familiariser peu à peu avec la « voix des textes ». La maîtresse (ou le maître parfois) lira de véritables textes écrits, contes merveilleux bien sûr, poèmes et récits de vie, mais aussi textes d'explication ou de réflexion autour d'un thème adapté aux intérêts des enfants. Elle devra choisir des textes aussi éloignés que possible de la langue orale familière afin de bien marquer la spécificité de l'écrit : ce n'est pas en effet quand il tente de restituer la connivence de l'oral que l'écrit dévoile le mieux sa singularité. Ces écrits doivent être lus avec autant de conviction que de talent. L'enseignant, livre en main, doit donner voix au texte comme un musicien donne vie à une oeuvre. À ce propos, il conviendrait que la formation des maîtres comporte un entraînement sérieux à la diction maîtrisée de poèmes, de prose ou de pièces de théâtre.

 

LES DROITS ET LES DEVOIRS DE LA COMMUNICATION

L’École, avouons-le, s'est fort peu occupée de la maîtrise de la communication orale. Il faut bien reconnaître qu'en matière de communication orale, les démarches pédagogiques ne sont pas faciles à mettre en œuvre : elles supposent en effet des moyens et une formation dont peu de maîtres disposent. Sauf à accepter que certains enfants s'engagent dès le début de leur scolarisation dans le long couloir qui conduit à l'illettrisme, l'École, et en tout premier lieu l'école maternelle, doit faire de la maîtrise de la communication un de ses objectifs principaux.

 

DES MOTS POUR APPRENDRE À LIRE

A six ans, quand il arrivera au cours préparatoire, un enfant devra posséder dans sa tête un répertoire de quelque 2500 à 3000 mots. La connaissance des correspondances entre lettres et sons lui permettra de se servir de son propre dictionnaire de mots oraux en « traduisant » en sons le mot qu’il découvre en lettres. Ce n’est pas le fait de déchiffrer qui peut être responsable d’une lecture dépourvue d’accès au sens, mais c’est le déficit du vocabulaire oral qui empêchera certains enfants d’accéder au sens des mots écrits. L’une des missions essentielles de l’école maternelle est donc de mener un travail patient et obstiné pour enrichir le vocabulaire des enfants de mots propres au langage écrit, notamment pour les moins favorisés. C’est une des conditions essentielles qui permettra à un élève d’apprendre à identifier les mots et à les comprendre.

 

DES SONS POUR APPRENDRE À LIRE

Il faut favoriser et garantir le développement d’habiletés réflexives sur la langue, sa phonologie, et les correspondances existant entre sa dimension orale et sa réalité écrite.

 

LA CONSCIENCE SYNTAXIQUE POUR CONSTRUIRE LE SENS

Comprendre suppose certes la capacité d’identifier chacun des mots, mais aussi la volonté de les « mettre ensemble » pour construire lucidement une expérience globale, cohérente et homogène. La découverte du principe syntaxique nous paraît ainsi faire partie intégrante des apprentissages de la maternelle.

 

DEVENIR ÉLÈVE

Il n’est pas rare de constater en maternelle qu’un élève se mette à pleurer lorsque le maître lui fait remarquer qu’il s’est trompé. Souvent l’ATSEM termine ou corrige un travail pour présenter un résultat honorable aux parents. D’une façon générale la non prise en compte de l’erreur comme fondement de l’apprentissage conduit à des pratiques accumulatives : « plus ils en feront, plus ils retiendront ». Or ce n’est pas parce que les élèves sont très jeunes qu’il ne faut pas essayer de leur faire prendre conscience de la façon dont ils fonctionnent, les aider à découvrir pourquoi ils se trompent, comment ils peuvent s’améliorer et leur faire constater que les autres aussi se trompent, font des erreurs et que c’est en s’entraidant qu’on se dépasse.

 

L’ECOLE À DEUX ANS

Impatience éducative et déficit de la médiation familiale sont sans doute à l’origine de la scolarisation de plus en plus précoce des enfants. La seule question qui mérite d’être posée est la suivante : comment assurer, à un moment crucial du développement d’un enfant, une qualité d’accueil et d’accompagnement qui lui donne les meilleures chances d’épanouissement ? Accueillir à l’école toute une journée des enfants de 2 ans, c’est détourner l’école maternelle de sa mission véritable ; c’est la transformer en garderie pendant la majorité de leur séjour scolaire. Disons les choses clairement : l’école maternelle n’apporte pas actuellement une réponse satisfaisante et honorable à des enfants de deux ans qui sont à un moment crucial de leur développement. Comment peut-on en effet imaginer que 30 enfants réunis dans une salle de 50 à 60m2, confiés aux bons soins d’une institutrice qui n’a pas été formée pour cela, puissent trouver des conditions favorables à leur développement psychologique, linguistique et social ? L’école maternelle doit donc se désengager progressivement d’une mission qui n’est pas la sienne.

 

UNE FORMATION DIGNE DES ENJEUX DE L’ÉCOLE MATERNELLE

Il est proprement aberrant que l’on propose une formation identique à une enseignante qui devra accompagner des bambins de 3 à 6 ans dans leur développement linguistique, intellectuel et moteur et à celle qui aura à inculquer des connaissances à des préadolescents de 10 ou 11 ans. Toute refondation de l’école maternelle passe aujourd’hui par une réforme en profondeur de la formation de ceux qui veulent y enseigner. L’école maternelle doit se choisir avec lucidité. On n’y entre pas par hasard ou en espérant que l’enseignement y sera plus facile et la vie plus douce. C’est donc en imposant des contenus de formation spécifiques et ambitieux que l’on marquera le respect dû à cette partie essentielle de notre école et que l’on suscitera des vocations lucides.
La spécialisation « école maternelle » ou « école élémentaire » pourrait se concevoir comme l’habilitation des langues vivantes, elle donnerait la priorité à l’enseignant qui possède cette spécialisation pour une affectation sur les niveaux de classe déterminés.

Lors des demandes de mutation, l’enseignant pourra privilégier soit le vœu optionnel « maternelle ou élémentaire », soit le vœu géographique. Cette question essentielle d’une formation pertinente pour exercer en maternelle vaut aussi pour le personnel d’encadrement. IEN et conseillers pédagogiques devraient se voir proposer un module obligatoire les préparant à encadrer efficacement les enseignants de l’école maternelle. A tout le moins, toute équipe de circonscription devrait comporter un conseiller pédagogique spécialisé en école maternelle.

 

CONCLUSIONS

1 - Affirmer que la maternelle est une école à part entière et non « entièrement à part » en rendant obligatoire la scolarité dès trois ans révolus.

 

2 - Présenter clairement les objectifs prioritaires de l’école maternelle et détailler pour chacune des trois années des programmes et les progressions spécifiques.

 

3 - Se désengager progressivement de la scolarisation à deux ans.

 

4 - Rendre obligatoire une formation spécifique d’au moins 50 heures pour les enseignants qui se destinent à l’école maternelle. Ce module sera proposé aussi bien en formation initiale que continue.

  

5 - Prendre en compte de manière significative l’école maternelle dans la formation des cadres : IEN et CP ; on veillera à placer un CP spécialisé dans chaque équipe de circonscription.

 

6 - Organiser des rencontres individuelles obligatoires avec les parents en début d’année et chaque trimestre.

 

7 - Organiser la classe afin que chaque élève bénéficie chaque jour de plusieurs ateliers dont au moins un atelier d’apprentissage animé par l’enseignant.

 

8 - Lire aux élèves des textes de qualité deux fois par jour avec exploitation pédagogique et constituer progressivement un patrimoine culturel commun (liste de textes pour l’école maternelle).

 

9 - Enrichir, de façon régulière et progressive, le stock lexical de chaque élève ; constituer un « trésor lexical » dans chaque classe : un mot nouveau par jour.

 

10 - Faire de la maîtrise de la langue l’objectif essentiel de l’école maternelle ; mettre en place des ateliers spécifiques, obligatoires et quotidiens permettant :

- la mise en évidence des droits et devoirs de la communication.

- l’éveil puis la maîtrise de la conscience phonologique.

- la sensibilisation à l’organisation syntaxique.

- un entraînement rigoureux aux gestes graphiques.


 

11 - Garantir le repérage et le suivi des enfants présentant des troubles spécifiques de langage.

 

12 - Faire des classes de 20 élèves maximum dans les zones d’insécurité linguistique. Veiller à la stabilité des enseignants et exiger des projets d’écoles qui prennent en compte la diversité culturelle.

 

13 - Mettre en place d’un programme de mobilisation des étudiants pour renforcer la médiation individuelle pour les élèves en difficulté de langage hors temps scolaire.

 

14 - Evaluer le degré de maîtrise de la langue dans ses différentes dimensions à la fin de la grande section afin d’éclairer les choix de rythme et de progression au CP.

 

15 - Favoriser la création, la conception et la diffusion d’outils (manuels et multimédias) spécifiques aux apprentissages en maternelle.

 

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 08:46

Le Figaro l'annonce : dès l'année scolaire 2008-2009, les parents auront accès sur Internet aux résultats des tests CE1 et CM2 de chaque école. Cette information aidera les parents à choisir  l'école de leurs enfants. Elle facilitera la mise en concurrence des établissements. Cette décision semble prise au moment où, en Angleterre, ce service est vivement critiqué. "Au mieux ce classement (des établissements) montre simplement où les riches vivent. Au pire, il démoralise des écoles qui travaillent dur pour apporter une éducation de qualité à des jeunes qui en ont été privés" soulignait début décembre un chef d'établissement.

En dévoilant les résultats par établissement, le ministre ne craint pas de mettre les enseignants et les écoles en concurrence.

C’est une petite révolution qui se prépare dans les écoles primaires. Elle consistera à afficher de manière transparente, probablement par Internet, le niveau des élèves de CE1 et de CM2, par école et cela au niveau national. Chaque année, les écoliers de ces sections sont évalués. C’est grâce aux résultats de ces tests nationaux qu’on déplore par exemple que 15% des petits Français entrent en 6e sans savoir lire.

Les temps changent donc. Au plus tard pendant l’année scolaire 2008-2009, il sera possible de connaître le niveau en maths et en français des élèves de telle école,à l’image de ce qui se passe en Grande-Bretagne. Cette réforme s’intègre dans le plan lancé par Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, pour réduire l’échec scolaire dans le primaire. Selon le Haut Conseil de l’Éducation, 15% des élèves qui entrent au collège ont non seulement de graves lacunes dans le domaine de la lecture, de l’écriture mais aussi en mathématiques, un chiffre qu’il s’agit de ramener à 5% d’ici à trois ans.

Détecter les élèves en difficulté

L’une des mesures emblématiques est la suppression des cours le samedi matin, un temps qui sera utilisé pour aider de manière personnalisée les élèves en difficulté. Mais le ministre veut aussi donner à l’école les moyens de connaître sa propre efficacité. En clair, y instiller la culture du résultat. Certes, les élèves sont déjà évalués. En particulier, en début d’année scolaire, les élèves de CE1 passent une batterie de 70 items en français et en mathématiques en deux séances. Il s’agit, par exemple, de dictées de syllabes, de petites additions, des compréhensions de lecture ou encore de mots mal écrits à corriger. Une deuxième batterie de tests permet d’approfondir les difficultés pour les élèves qui n’ont pas su répondre correctement à certains exercices cibles.

En réalité, il s’agit actuellement de détecter les élèves en difficulté. «Nous avons transmis les résultats à l’inspecteur d’académie, explique une enseignante du Val-d’Oise. Par ailleurs, j’ai pris l’initiative de signaler aux parents si leur enfant présentait des difficultés à l’issue de ce test.» Les écoles sont aussi censées transmettre les résultats au conseil d’école. Ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là. «On ne nous a rien communiqué, alors qu’on devait nous réunir», proteste Valérie, mère d’élève. Des tests similaires sont également pratiqués en CM2.

Mais les nouveaux tests que vont mettre en place les services de l’Éducation nationale seront passés non plus en début d’année, mais en milieu d’année. Ils permettront non plus de détecter des difficultés, mais de juger le niveau atteint, en fonction d’une définition très précise des connaissances qu’un élève doit avoir acquises en fin de CE1 et de CM2. Cette perspective attire certains parents. «J’ai trois enfants dans l’école, je serai la première à regarder !», confie une mère, qui estime avoir «le droit le plus strict» de savoir quel est le niveau de l’école de ses enfants. Certains enseignants sont plus circonspects. «Cela pourrait stigmatiser des écoles et les entorses à la carte scolaire pourraient se multiplier si on affiche les résultats», s’inquiète l’un d’entre eux. Car si la carte scolaire dans le primaire résiste encore, les différences d’une école à l’autre vont forcément donner des idées aux parents. «C’est important d’être informé sur le niveau de l’école de son enfant», explique une autre mère d’élève.

 

 

Angleterre : Les évaluations nationales vivement critiquées

"Au mieux ce classement (des établissements) montre simplement où les riches vivent. Au pire, il démoralise des écoles qui travaillent dur pour apporter une éducation de qualité à des jeunes qui en ont été privés". Sur BBC News, le président du syndicat des chefs d'établissement n'a pas de mots assez durs sur le système national d'évaluation. Pourtant les résultats des tests nationaux pour les écoliers de 11 ans viennent d'être publiés et le gouvernement se félicite d'une montée régulière du niveau dans 54% des écoles. 80% des jeunes ont atteint le niveau attendu.

Le problème c'est que ces bons résultats paraissent quelques jours après la publication de Pisa qui est marquée par une nette dégringolade pour l'Angleterre. Enfin 5 écoles, parmi les plus cotées, ont été convaincues de tricherie. En effet, comme ce classement est utilisé par les familles pour sélectionner leur école, il est important pour les écoles d'être bien classées et une forte pression s'exerce sur les enseignants, particulièrement dans les écoles des quartiers défavorisés. Des incidents similaires se sont produits également aux Etats-Unis.

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 09:08

Après avoir dévoilé son intention de publier sur Internet les résultats des évaluations de CE1 et CE2 dans le but de permettre aux familles de mieux choisir leur école (lire notre article), Xavier Darcos propose une réforme de l'inspection des enseignants.

Les inspecteurs pourraient eux-mêmes faire cours pour tester le niveau des élèves

 

Ce sera bientôt fini, la présence discrète de l’inspecteur au fond de la classe. Il viendra souvent et pourrait vérifier lui-même les connaissances.

Xavier Darcos n’en finit plus de tenter de réformer l’école. L’autre chantier de l’évaluation auquel il se consacre concerne non plus les élèves mais les enseignants eux-mêmes. Il ne limitera pas à l’école primaire mais bien à l’ensemble de l’enseignement. Comment juger le travail des profs ? C’est l’éternel problème de l’éducation. C’est aussi l’un des points centraux des travaux de la commission présidée par le conseiller d’Etat Marcel Pochard et chargée de préparer un Livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant. On le sait, contrairement à ses prédécesseurs, le ministre se moque du choix des méthodes pédagogiques. Pragmatique, il veut des résultats. L’une des pistes est tout d’abord de raccourcir les délais entre deux inspections d’enseignant. Actuellement en moyenne de cinq ans, il pourrait s’agir de le diviser par deux. Pour cela, le ministre n’exclut pas d’augmenter le nombre d’inspecteurs et de les recentrer sur leur fonction principale.

Surtout, une nouvelle méthode d’inspection est à l’étude. Il s’agirait non plus d’inspecter seulement l’enseignant, mais également les élèves, ce qui permettrait de juger du résultat d’un enseignement et de voir si les enfants ont ou non acquis des connaissances avec leur professeur. « Juger un enseignant en fonction du résultat des élèves est très arbitraire, déplore Luc Bérille secrétaire général du SE-Unsa. Car cela dépend en grande partie de la situation de l’établissement dans une zone sensible ou pas ». « Nous tiendrons naturellement compte des lieux et des zones géographiques où se dérouleront les inspections », explique-t-on au ministère.

L’initiative séduit en tout cas cette enseignante qui veut bien jouer le jeu « si l’inspecteur prend aussi le temps de dialoguer avec nous, de comprendre nos difficultés voire de se tenir régulièrement informé de nos problèmes ».

Dans le secondaire, la commission Pochard réfléchit également à l’articulation entre la note dite pédagogique, arrêtée par les inspecteurs, et la note dite administrative, arrêtée, elle, par le recteur, sur proposition du chef d’établissement. Cette dernière qui compte pour 40% de la note globale évalue notamment le rôle joué par l’enseignant au sein de l’établissement, son sens du travail en équipe et la qualité de ses relations avec l’ensemble de ses interlocuteurs.

A.Sé (Le Figaro - 17/12/2007)

 

Mercredi 19/12, Alain Bentolila remet son rapport sur l'école maternelle réalisé à la demande du ministre. Une occasion supplémentaire pour Xavier Darcos d'afficher une idée nouvelle de réforme. Voici les premières réflexions livrées par Alain Bentolila

 

Vers une scolarisation obligatoire dès 3 ans

L 'école pourrait-elle devenir obligatoire dès trois ans au lieu de six ? C'est une des propositions d'Alain Bentolila. Ce linguiste rend un rapport au ministre de l'Education dans lequel il se penche sur l'école maternelle. Pour le conseiller du ministre, la maternelle est à la base de toute notre éducation.

"Les graines de l'illettrisme en germe dès la maternelle"

Toute notre scolarité dépend-elle de la maternelle ? C'est en tout cas l'avis d'Alain Bentolila, linguiste et conseiller du ministre de l'Education Xavier Darcos. Il doit remettre ce mercredi un rapport où l'école maternelle est particulièrement visée. Parmi ses points faibles : des maternelles devenues "garderies", des enseignements déstructurés et des instituteurs peu ou mal formés. Comme mesure phare, Alain Bentolila propose donc de rendre la scolarité obligatoire dès l'âge de trois ans au lieu de dix pour notamment éviter l'absentéisme.

"On rentre dans l'école obligatoire. Nous faisons en sorte que cette école ne soit pas une école pour laquelle les obligations des parents passent en premier par rapport à l'obligation scolaire. Nous voulons affirmer très clairement qu'elle a ses propres apprentissages et ses obligations et ses contraintes. Un enfant vient pour apprendre le métier d'élève" explique Alain Bentolila en avant-première sur RTL.

Une quinzaine de propositions de réforme sera présentée au ministre. Le linguiste propose ainsi des ateliers en petits groupes, dans lesquels le maître lirait des histoires aux enfants. Car si certains rencontrent des problèmes de lecture au CP, c'est avant tout parce qu'ils manquent de vocabulaire et maîtrisent mal l'expression orale selon le linguiste. "Quand on rate son apprentissage de la lecture et de l'écriture par déficit de la langue orale, tout le reste s'enchaine. Je ne suis pas loin de penser que le couloir qui mène à l'illettrisme à 17 ans commence à l'école maternelle. Les graines de l'illettrisme sont déjà là en germe. Donc, il faut donner à l'école maternelle toute son importance. Elle est la condition même du refus de la fatalité" explique Alain Bentolila.

Il préconise aussi de mieux former les enseignants et leurs inspecteurs, qui sont souvent d'anciens profs du second degré.

Relire les propositions de Xavier Darcos

 

 

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 10:43

Xavier Darcos le 11 décembre 2007

Au cours de sa conférence de presse, le mardi 11 décembre 2007, Xavier Darcos a annoncé son programme de travail et d'action pour le second trimestre de l'année scolaire 2007-2008. Plusieurs annonces concernent directement l'école primaire. Nous les relatons ci-après.  

Un nouvel horizon pour l'école primaire

Aujourd'hui, environ 15 % des élèves qui quittent l'école primaire connaissent de graves lacunes dans les domaines de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Cette proportion est d'autant plus préoccupante qu'elle souligne une forme d'exception française : dans l'enquête internationale PIRLS, dont les résultats ont été publiés fin novembre, la France se classe en dessous de la moyenne des pays comparables de l'O.C.D.E. et en dessous de la moyenne européenne, alors même qu'elle est l'un des pays où le nombre d'heures de cours est le plus élevé et la scolarité la plus précoce.

Cette situation peut être expliquée par la conjonction de trois facteurs :

  • L'institution scolaire ne parvient pas à corriger efficacement les inégalités liées à l'origine sociale des élèves ;
  • L'école a connu une inflation considérable du nombre de ses missions, au détriment des savoirs fondamentaux ;
  • Les moyens d'évaluation dont dispose aujourd'hui l'institution scolaire ne sont pas assez fiables pour lui permettre d'analyser ses propres difficultés et d'y répondre.

La lutte contre l'échec scolaire doit être le premier objectif de l'école primaire. Les mesures proposées par le ministre de l'Éducation nationale visent un objectif précis : diviser par trois le nombre d'élèves en difficulté au cours des 5 prochaines années. Cela suppose de poursuivre trois grands axes :

Réorganiser le temps scolaire pour le mettre au service de la réussite des élèves
  • A la rentrée 2008, la semaine des élèves s'étendra du lundi au vendredi. Elle se composera d'un socle de 24 heures d'enseignement obligatoire consacrées aux apprentissages fondamentaux et de 2 heures complémentaires d'aide personnalisée qui sera destinée aux élèves en difficulté.
  • Les deux heures d'aide personnalisée, libérées grâce à la suppression des cours le samedi matin, font toujours partie de l'obligation de service des enseignants. Des discussions se tiennent actuellement avec les représentants des personnels enseignants du premier degré pour déterminer la manière dont le service des enseignants intègrera cette réorganisation. Les textes de cadrage national seront arrêtés au 1 er trimestre 2008 et seront mis en œuvre à la prochaine rentrée.
  • Les élèves qui, à la fin d'école primaire, rencontrent de grandes difficultés dans la maîtrise du langage, de la lecture ou de l'écriture, auront la possibilité de participer à des séquences de remise à niveau entre la fin du C.M.1 et le commencement de la scolarité au collège. Ces séquences vont être expérimentées dès cet été dans le cadre de l'école ouverte.
Donner à l'école des objectifs clarifiés

Les programmes scolaires du primaire sont en cours de réécriture afin de donner à l'école des programmes clairs, lisibles par tous, favorisant la liberté pédagogique des maîtres tout en définissant avec précision des objectifs d'apprentissage pour chaque année scolaire. Ces nouveaux programmes seront présentés dans le courant du premier trimestre de l'année civile 2008.

  • Ces programmes donneront une priorité absolue à l'apprentissage de la langue française, de la lecture et de l'écriture tout au long de la scolarité primaire.
  • Ils feront l'objet de toutes les consultations nécessaires et seront, en outre, soumis à l'avis de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l'Assemblée nationale et de la commission des Affaires culturelles du Sénat. Ils seront publiés en mai 2008 et mis en œuvre à la rentrée 2009 pour l'ensemble des niveaux.
Donner à l'école les moyens de connaître son efficacité
  • Il est nécessaire de disposer d'un véritable système d'évaluation des performances afin de mesurer les acquis des élèves, d'informer les familles et de permettre aux écoles et aux enseignants de se situer et de déterminer les objectifs attendus.
  • Les deux évaluations nationales témoins qui serviront à mesurer les acquis des élèves au C.E.1 et au C.M.2 seront en place pour l'année scolaire prochaine. Leurs constats seront rendus publics par école dès la rentrée 2009 et pourront servir de référence à tous les élèves et à tous les enseignants pour la maîtrise des objectifs fondamentaux en français et en mathématiques.

Incitation à la création d'un service minimum d'accueil en temps de grève

Le droit de grève reconnu aux enseignants est un droit fondamental, qui doit être reconnu et garanti. Mais la défense des intérêts professionnels, dont la grève est un des moyens, ne saurait cependant remettre en cause le droit des familles de poursuivre leur activité professionnelle lorsque leurs enfants n'ont pas cours.

Dans les établissements du second degré, les personnels d'encadrement organisent l'accueil des élèves durant les jours de grève. Les élèves peuvent donc, ces jours-là, fréquenter normalement leur établissement scolaire. La situation, cependant, est différente pour les écoles primaires, pour lesquelles l'opportunité de la mise en place d'un accueil est laissée à l'appréciation des municipalités et des équipes enseignantes.

Il existe par conséquent une très forte variété de situations sur le territoire français, dont résulte une très forte inégalité entre les familles qui bénéficient d'un service minimum d'accueil pour leurs enfants, et celles qui doivent assurer elles-mêmes leur garde ces jours-là, parfois au détriment de leur vie professionnelle.

En prévision du mouvement de grève du 20 novembre dernier, Xavier Darcos avait demandé aux recteurs de veiller, en liaison avec les services départementaux de l'Éducation nationale et les collectivités locales, à ce que les familles disposent de l'information la plus rapide et la plus complète sur l'état de fonctionnement de l'école ou de l'établissement scolaire de leur enfant. Il avait également indiqué le souhait qu'une solution d'accueil des enfants soit mise en place, chaque fois que possible.

Pour la rentrée 2008, Xavier Darcos souhaite rendre possible un service minimum d'accueil dans les écoles. Pour cela, le ministère de l'Éducation nationale engagera, au cours des prochaines semaines, une discussion avec les représentants des collectivités locales, des familles, et les partenaires sociaux, pour définir les modalités de ce service minimum

Ces discussions porteront notamment :

  • Sur la manière de prévenir les conflits afin que la grève ne constitue que le moyen d'ultime recours
  • Sur l'information des familles et des collectivités qui ont le droit de connaître suffisamment de temps à l'avance si l'enseignant de leur enfant est présent ou en grève
  • Sur la mise en place du service minimum d'accueil qui pourra être assuré lors des grèves.

Afin que la mise en place du service minimum d'accueil ne coûte ni aux contribuables, ni aux collectivités locales, tout ou partie des retenues sur salaires opérées les jours de grève pourront être reversées aux communes volontaires qui participeront à l'organisation de ce service minimum d'accueil.

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article