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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:06

 

A quoi servent les différents rapports remis au gouvernement ? La question mérite d’être posée tant on a l’impression que les ministères n’en tiennent aucun compte. C’est le cas dans l’Education nationale.

 

Dans un rapport publié le 12 mai et intitulé " L'éducation nationale face à l'objectif de la réussite de tous les élèves ", la Cour des comptes préconise d'investir davantage dans l'école primaire et dans l'accompagnement des élèves en difficulté.

La France fait " en proportion moins d'efforts en direction du primaire" alors qu'il s'agit du "moment le plus important pour l'élève ", déplore Didier Migaud. Dans ses recommandations, le rapport de la Cour des comptes préconise d'"accroître la part des financements allouée à l'école primaire, en privilégiant le traitement de la difficulté scolaire".

Or, on apprend que, dans le même temps, le ministre de l’Education nationale demande aux recteurs « de dégager les gisements d'emploi possibles » pour répondre à l’exigence gouvernementale de supprimer 16 000 postes en 2011.

Le document ministériel énumère tous les « leviers » possibles pour encore et toujours dégraisser le mammouth.

 

Les mesures les plus faciles ont déjà été prises :

-       suppression de postes de remplaçants à tel point que certaines académies doivent faire appel à des vacataires (étudiants, retraités)

-       suppression de certaines options en lycée

-       baisse du taux de redoublement

-       baisse de l’offre de scolarisation des moins de trois ans

-       suppression d’enseignants spécialisés (maîtres E et G, RASED)

-       préparation du bac professionnel en 3 ans au lieu de 4

-       réforme du lycée

-       réforme de la formation des enseignants

 

En trois ans, 50 000 postes ont été supprimés. En 2012, 80 000 auront été détruits. Le plus difficile est à venir car la saignée a été si forte qu’il faut maintenant faire preuve de la plus grande imagination pour trouver quelques traces de gras sur le dos du mammouth.

Les IA sont chargés d’explorer toutes les pistes pour supprimer des postes dans les 3 années à venir. Oublié le rapport de la Cour des Comptes. Oublié le classement PISA. Seule doit être prise en compte la règle comptable du « un sur deux » qui est devenue la politique éducative de l’Education nationale.

 

Certaines mesures drastiques concernent la suppression de collèges de moins de 400 élèves, la réduction de personnels administratifs en EPLE, la rationalisation de l’offre éducative en lycée ou de formation en lycée professionnel… Nous nous attacherons, ici, à ne décrire que les mesures touchant le premier degré.

 

Schéma d’emplois 2011 – 2013

 

Contexte : mobiliser les gisements d’efficience visant à respecter la contrainte du non remplacement d’un départ sur deux pour la période 2011/2013, sans dégrader les performances globales.

 

Les gisements d’efficience peuvent relever :

-       de décisions nationales à caractère réglementaire déclinées au niveau académique (ex des mesures relatives au temps de travail des enseignants)

-       de la mobilisation de certaines marges identifiées dans les académies, aidée et accompagnée solidairement par l’administration centrale, qu’il s’agisse de finalités nouvelles à atteindre ou des  différentes modalités pour y parvenir (ex taille des classes, remplacement, traitement des enseignants hors les classes et des décharges…)

 

A partir des différents éléments disponibles depuis RGPP 1, une mission IGF a conduit des études depuis septembre 2009 avec quatre académies sur le rendement de leviers « à la main des académies »

Les pistes identifiées ne constituent pas une liste fermée : chaque académie peut la compléter par des leviers qu’elle estime être en capacité de mobiliser.

 

 

Principales marges de manœuvre recommandées par le ministère : les leviers académiques identifiés

 

L’augmentation de la taille des classes

 

Le relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture

« L’augmentation de la taille moyenne des classes a un impact direct et très important sur les besoins en E.T.P. dans le premier degré. La définition et l’utilisation des seuils d’ouverture et de fermeture de classes peuvent contribuer efficacement à une augmentation du nombre moyen d’élèves par classe.

En théorie, une augmentation de 1 élève par classe en moyenne devrait se traduire, au niveau national, par une économie de près de 10 000 classes, soit un peu plus de 4% du contingent total. »

 

La réduction du nombre d’écoles

« La fermeture de petites écoles est progressive sur le moyen terme et peut encore progresser, en accord avec les communes concernées. En effet,  à la rentrée 2009, on recensait 4 971 écoles à classe unique et 11 538 écoles avaient une ou deux classes, soit 23,56 % des écoles. Le nombre de RPI a augmenté ces dix dernières années : il est passé de 4 636 à 4 879 mais dans certaines académies, des regroupements de ce type devraient être développés. »

 

La réduction du besoin de remplacement et ouverture du vivier de remplacement

« Il s’agit pour l’académie d’explorer une voie qui consiste à organiser tout ou partie des sessions de formation continue en dehors des pics d’absence (automne et printemps) ou mieux, en dehors du temps scolaire (mercredi après-midi et pendant les vacances scolaires) »

« Une piste d’optimisation du coût en emplois du remplacement réside dans le recours à des non titulaires en substitution à des titulaires pour assurer une part du remplacement, les non titulaires présentant une ressource plus flexible dont le rendement est proche de 100 %. »

 

La baisse de la scolarisation des enfants de moins de trois ans

« Il s’agit pour les académies de mesurer les gains en emplois qui peuvent être générés par une baisse de la scolarisation à deux ans lorsque celle-ci peut être considérée comme le « fruit de l’histoire » et ne correspond pas aux objectifs d’égalité des chances assignés à cette politique. Cette mesure s’adresse essentiellement aux académies dont le taux de scolarisation à deux ans excède significativement le taux moyen national. »

 

Sédentarisation des enseignants « hors la classe »

 

RASED

« La durée de l’enseignement scolaire dans le premier degré est désormais fixée à vingt-quatre heures hebdomadaires dispensées à tous les élèves auxquelles s’ajoutent deux heures d’aide personnalisée en très petits groupes pour les élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Cet effort représente l’équivalent de 16 000 postes d’enseignants entièrement dédiés à aider les élèves qui en ont le plus besoin.

Dans ce nouveau contexte, la contribution des enseignants spécialisés des RASED doit évoluer.

 

Plusieurs scénarios doivent être examinés :

 

-       suppression des seuls maîtres G (non-remplacement des départs en retraite et affectation en classe) et poursuite de la politique de sédentarisation des maîtres E dans les écoles où la difficulté scolaire se manifeste le plus (sans économie) ;

-       suppression des maîtres G et des maîtres E ; pour ces derniers, il convient d’estimer quel est le besoin de maîtres E maintenus en « surnuméraires » dans les écoles, voire dans des structures ad hoc (milieu rural par exemple) ;

-       un troisième scénario intègre, en plus du scénario précédent, la mise en extinction des psychologues scolaires.

 

Coordination / Animation pédagogique

S’agissant des conseillers pédagogiques ou « faisant fonction » (environ 3 620 emplois), le ratio d’encadrement moyen est de 89 enseignants par conseiller et le ratio le plus élevé de 116 enseignants par conseiller. Il est probable que la « bonne cible » nationale est comprise entre les deux. Aussi, vous est-il demandé de procéder à un examen de l’activité des conseillers pédagogiques et de leur productivité.

 

Pour les personnels affectés à d’autres fonctions (animation, coordination, activités au profit d’autres organismes), la pertinence de ces missions doit être réévaluée.

Cela concerne plus précisément :

 - Les enseignants affectés à l’enseignement à l’extérieur des écoles (1 987,5 emplois)

 - Les personnels en situations diverses (MAD, fonctions exceptionnelles, PACD/PALD, décharges syndicales) (1 783,5 emplois)

 

Ce vivier doit être recentré sur les missions prioritaires du système éducatif et constitue une véritable marge.

 

Intervenants en langue étrangère (intervenants extérieurs et assistants étrangers)

Depuis plusieurs années, le cursus des professeurs des écoles leur permet d’être habilités à enseigner les langues vivantes à l’école. Ce sera également le cas des professeurs des écoles recrutés à compter de la rentrée 2010.

Il convient donc de s’interroger sur le potentiel des personnels extérieurs à l’école destinés à l’enseignement des langues vivantes.

 

 

Les premières réactions n’ont pas tardé.  

 

C'est le SNPI Fsu, syndicat des inspecteurs, qui réagit le plus sévèrement aux documents ministériels, "Il est nécessaire que chaque inspecteur refuse mensonges et manipulations ainsi que le soutien à une politique de démantèlement de la fonction publique aux conséquences désastreuses… Jusque-là n’avaient été tentées que des transformations partielles ; cette fois-ci, c’est un ensemble de mesures dont les conséquences seront désastreuses pour la réussite scolaire des élèves. Le système éducatif déjà ébranlé par les mesures précédentes n’a jamais été aussi gravement menacé".

 

La Fnaren, une association qui réunit des enseignants des Rased, dénonce les nouvelles suppressions de postes envisagées. "Supprimer de nouveaux postes aurait pour conséquence immédiate de voir s'élever encore le nombre d'élèves en grande difficulté scolaire et de détériorer le climat des écoles".

 

Pour le SE-Unsa, "tous les postes Rased devront donc être maintenus : ceux tenus par des titulaires Capa-Sh, par des faisant fonction ainsi que les postes vacants".

 

Enfin le Snuipp, souligne les contradictions entre le projet ministériel et les attentes de la société. "Alors que la Cour des comptes vient de dénoncer l’insuffisance du pourcentage du PIB consacré à l’école primaire et d’indiquer que le nombre d’élèves poursuit son augmentation, le ministre demande… l’examen et le chiffrage d’hypothèses inacceptables et insupportables pour l’avenir des élèves. "

"Il s’agit avec le schéma d’emploi 2011-2013 d’une véritable hémorragie d’emplois envisagée dans les écoles élémentaires et maternelles qui n’a qu’un but : ne pas remplacer un enseignant sur deux partant en retraite".

"Enseignants, parents, élus et citoyens doivent pouvoir connaître les conséquences des décisions prises en matière budgétaire. Le SNUipp rappelle qu’il demande l’abandon du dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part en retraite. Dès le mois de juin, il appelle les enseignants des écoles à participer aux initiatives qui seront décidées en faveur de l’emploi. Il proposera à toutes les organisations et associations partenaires de tenir une initiative d’ampleur nationale en faveur de l’école ".

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 11:51

 

Les chiffres viennent de tomber : le déficit public de la France a représenté 7,5% de son PIB en 2009, tandis que le poids de la dette a atteint 77,6%, annonce l'Insee.

Nicolas Sarkozy prépare un plan de rigueur qui ne dit pas son nom. Réunis par le chef du gouvernement, les ministres ont été priés de trouver des solutions « sans dépenser plus » pour faire face aux contraintes de leur ministère.

 

Ainsi, Brice Hortefeux a été le premier à réduire les dépenses engagées pour le confort et la sécurité de certaines personnalités dont les anciens ministres. C’est ainsi que Rachida Dati a été privée de sa 607 de fonction, de son chauffeur et de ses gardes du corps.

 

Au ministère de l’Education nationale, la situation est plus préoccupante puisque 16 000 postes sont déjà supprimés cette année. Parmi ceux-ci, 9182 emplois de stagiaires PE2 dans le cadre de la nouvelle formation des enseignants. Affectés pour l’essentiel sur les décharges des écoles à 4 classes. Problème pour l’Etat dont la signature du protocole en 2006 l’oblige à assurer les décharges administratives des directeurs de ces écoles au même titre que les autres de 5 classes et plus. Quadrature du cercle pour les IA  car on sait que le gouvernement ne mettra pas un euro supplémentaire pour régler ce problème inédit.

Luc Chatel invite les recteurs à respecter la signature de l’Etat (protocole De Robien) et leur demande de  garantir une décharge à partir de 4 classes. Pour y parvenir, un plan de « solidarité » sera proposé aux syndicats dans les prochaines semaines avant son application à la rentrée de septembre 2010.

Les premières indications vont dans le sens d’un partage des « moyens mis à la disposition de tous les directeurs déchargés ». Ainsi, les décharges complètes abandonneraient 1 jour par semaine et les ½ décharges se verraient amputer d’un jour toutes les 2 semaines. Selon les premiers calculs du ministère, les directeurs d'école de 4 classes devraient tous pouvoir bénéficier d'une journée de décharge par semaine. Un véritable casse-tête pour les IEN…

 

Les premières réactions syndicales n’ont pas tardé. Le SE-Unsa, signataire du protocole, est le plus virulent et « exige que le ministère applique les textes qu’il a signés ».

 

Lire le communiqué du SE-Unsa

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 22:06
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Le département du Nord expérimentera cette année l'application d'aide à la gestion et au pilotage de l'affectation des élèves pour l'entrée au collège.

L'objectif de ce projet est de :

-       Gérer l’affectation des élèves en 6° en tenant compte des mesures prises pour l’assouplissement de la carte scolaire

-       Dématérialiser le dossier d’entrée en classe de 6° de collège public

-       Simplifier les procédures

-       Disposer d’indicateurs départementaux sur l’affectation

 

1° Phase : la constitution dans BE1D de la liste des élèves entrant au collège du 22 mars au 31 mars

-       Le directeur d’école sélectionne dans BE1D les élèves susceptibles d’entrer au collège (sortants de CM2…)

-       Le directeur d’école valide et transmet la liste des élèves sélectionnés à l’IA (du 22 mars au 26 mars)

-       L’IA valide et transfère le fichier constitué de l’ensemble des listes des élèves des écoles (y compris l’école virtuelle) de BE1D  dans l’application AFFELNET (du 29 au 31 mars)

 

2° Phase : du 1er avril au 23 avril Collecte des demandes des familles.

1° étape : Mise à jour des informations concernant l’élève

-       Le directeur d’école édite dans AFFELNET 6° la fiche de liaison volet 1 des élèves susceptibles d’entrer au collège et la transmet aux  responsables de l’élève du

-       Les responsables de l’élève mettent à jour les données concernant l’élève notamment son adresse à la rentrée scolaire

-       Le directeur d’école saisit dans AFFELNET 6° les données modifiées par les parents.

 

2° Phase : du 26 avril au 14 mai Collecte  des demandes des familles et saisie des vœux dans Affelnet

2° étape : La demande d’affectation en collège par les familles

-       Le directeur d’école édite  le volet 2 pré-rempli de la fiche de liaison avec le collège de secteur correspondant à l’adresse de l’élève et le fait parvenir aux familles.

-       La famille  exprime ses souhaits concernant la(les) langue(s), le régime ainsi qu’une éventuelle demande de dérogation . (Date butoir de retour des demandes des familles et des dossiers de dérogation le 5 mai)

-       Le directeur d’école saisit dans AFFELNET 6° les informations portées sur le volet 2 (jusqu’au 14 mai)

PREMIER CONSEIL DES MAÎTRES DU 26 AVRIL AU 30 AVRIL

DEUXIEME CONSEIL DES MAÎTRES DU 17 MAI AU 21 MAI

 

3°phase l’affectation du 7 au 10 juin

Edition de listes des élèves affectés :

-      dans le département à IA DSDEN

-      par collège d’affectation à Principal IEN

-      par école d’origine à Directeur IEN

E
dition de la liste des élèves n’ayant pas obtenu de vœu hors secteur 



Ainsi que le dit le projet, l'un des objectifs est la simplification des procédures. Certes, pour l'Administration, probablement. Pour les directrices et les directeurs d'école, cela reste à prouver...

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 12:09

Mercredi 20 janvier, des parents et enseignants de Seine-Saint-Denis ont manifesté sous les fenêtres du  ministre de l’Education nationale pour lui signifier leur ras-le-bol de voir de plus en plus de maîtres absents non remplacés. A l’appui de leur exaspération, une comptabilité des jours sans cours (1 738 jours d’absences non remplacées depuis septembre 2009).

La grippe H1N1 puis la gastro en sont-elles les seules causes ? Comme nous l’avons souvent dénoncé, les suppressions de postes liées au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux en sont la raison principale. Pour les syndicats d’enseignants, à force de restrictions budgétaires, « on a attaqué l’os ». Pour le ministère, rien à voir avec les moyens.

 

Invité de Jean-Pierre Elkabbach, sur Europe 1, Luc Chatel a annoncé qu'il allait « travailler avec les organisations syndicales sur plusieurs pistes » pour améliorer le système de remplacement des enseignants absents. Le ministre a ensuite détaillé les trois pistes, qui, selon lui, devraient apporter une solution au problème dénoncé par les parents et les enseignants :

 

Une plus grande réactivité. « Aujourd'hui, on remplace trop lentement les professeurs absents », il y a « un délai de carence de 14 jours, pendant lesquels le lycée doit se débrouiller avec un professeur absent » et « c'est seulement au bout de 14 jours que le rectorat intervient, il faut que dès le premier jour les autorités académiques soient mobilisées », a expliqué le ministre.

 

Rappelons que ce délai de carence n’existe pas dans le premier degré et que la situation n’est pas meilleure pour autant. Combien de classes sans maîtres ? Combien de journées perdues ? Combien de surcroît de travail et de fatigue pour les enseignants qui doivent accueillir ces élèves ? Combien de difficultés supplémentaires pour les directeurs d’école qui doivent gérer dans l’urgence l’absence d’un collègue ?

 

Une plus grande souplesse. « Si vous avez un manque de professeurs de mathématiques à Paris et que vous avez des professeurs de mathématiques disponibles à Créteil, et bien les professeurs de Créteil ne peuvent pas aller à Paris. Donc on va assouplir ce dispositif » entre académies, a ajouté Luc Chatel.

 

Cette souplesse ne permettra que quelques arrangements à la marge… Tous les départements connaissent les mêmes difficultés, la même pénurie de moyens de remplacement.

 

Un vivier de remplaçants. « Troisième exemple : nous devons diversifier et enrichir notre vivier de remplacement, par exemple avec des partenariats avec Pôle emploi, en mobilisant ici ou là de jeunes retraités de l'Education nationale ou en travaillant avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours », a poursuivi le ministre.

 

Cette troisième piste ressemble étrangement à l’agence nationale du remplacement que souhaitait créer Xavier Darcos et que Luc Chatel ne jugeait pas pertinente.  

 

Interrogé pour savoir si les difficultés de remplacement n'étaient pas une conséquence des suppressions de postes de professeurs, le ministre a répondu : « Non, ce n'est pas un problème nouveau, il est nettement antérieur à la question de la réduction des postes dans l'Education nationale ».

Il est vrai qu’en 2005, déjà, François Fillon pensait améliorer une situation jugée délicate. En 2008, Xavier Darcos avait promis la création d’une agence nationale du remplacement que Luc Chatel n’a pas jugée pertinente. Le ministre de l’Education nationale attend pour la fin du mois un rapport interne, avec un état des lieux et des recommandations.

 

Certes, le problème est récurrent, mais faut-il un nouveau rapport pour constater que la situation ne fait que se dégrader d’année en année et qu’elle devient critique depuis que le gouvernement s’est lancé dans une politique idéologique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Politique justifiée en quelques mots par Luc Chatel au micro d’Europe 1 : « Les professeurs ne sont pas assez payés dans notre pays… Moins d’enseignants mieux rémunérés, telle est la politique que nous menons. »

Explication bien courte qui méritait d’être développée. En effet, seuls les débuts de carrière seront concernés par des augmentations de salaire. Rien pour l’immense majorité des enseignants en place.

Il est regrettable que des journalistes aussi chevronnés que Jean-Pierre Elkabbach ne réagissent pas devant de telles affirmations, se contentent de vagues explications et ne cherchent pas à obtenir une meilleure information…

 

Il se dit aussi que courant février, une circulaire ministérielle autoriserait les directeurs d’école, les principaux de collège et les proviseurs de lycée à rechercher des remplaçants (piste n° 3) pour pallier les insuffisances de l’Administration…

On voit tout de suite les limites d’une telle démarche. Qui ? Quand ? Comment ? Avec quels moyens ? Quels contrats ? Bref, un beau bricolage pas du tout à la mesure du problème…

 

Chef de rayon « bricolo bricolette » ? La nouvelle mission confiée aux directeurs d’école ?

 

Relire nos derniers articles sur le sujet :

-       La règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans le collimateur de la Cour des Comptes

-       Une cause du malaise enseignant : la faillite du remplacement des maîtres absents

 

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 10:04

Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation nationale, et Odile ROZE, Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, viennent de remettre un rapport intitulé «Troisième note de synthèse sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ». Cette note permet à l’Inspection générale de donner son avis sur "la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire".

 

La semaine de quatre jours.

 

Elle fatigue élèves et enseignants. Les temps de dialogue avec les parents sont plus difficiles.

il se confirme que, de l’avis général des enseignants, le temps manque pour faire tout le programme d’enseignement. Le rapport invite le ministre à agir en installant la classe le mercredi matin. « Il est indispensable de lutter contre les habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures, qui déconcentrent les élèves et qui font perdre beaucoup de temps sur les apprentissages ».

 

Les 60 heures d’aide personnalisée.

 

"Le bilan est positif ", mais… les effets sur la réussite des élèves ne se voient pas franchement. Les directeurs, les enseignants et les parents sont contents ("sauf quelques centaines d’opposants déclarés"). L’aide est "vécue comme un privilège", mais "l’apport pédagogique de l’encadrement n’a certainement pas été à la hauteur des attentes". L’aide personnalisée ne permet d’infléchir que les difficultés légères.

Le rôle des directeurs d’école a été localement déterminant pour faire en sorte que la réflexion des enseignants soit d’abord pédagogique. La mission avait recommandé de supprimer, après cette première année de mise en place, le temps accordé pour l’organisation, sauf pour les directeurs d’école. Ce temps peut en effet être pris sur le temps de concertation institutionnel.

 

Les évaluations CM2 et CE1

 

L’IG concède que l’opposition syndicale a rencontré un "écho indéniable" auprès des enseignants. Mais grâce à l’investissement des IEN (et malgré les "points faibles" de l’application nationale), 70% des résultats sont remontés pour les CM2, 85% pour les CE1.

 

Les nouveaux programmes

 

S’ils ne sont plus remis en cause, dit le rapport, il apparaît que les enseignants ne maîtrisent pas l’organisation du travail en « modules » de temps dont la durée et le rythme n’entrent pas dans les routines hebdomadaires. Les enseignants ne programment pas assez  "rigoureusement" les répartitions.

 

Les stages de remise à niveau

 

Les enseignants "prennent conscience de l’intérêt financier et pédagogique" de ce dispositif, même si certains se comportent en "mercenaires". Mais l’IG confesse qu’aucun bilan qualitatif ni quantitatif n’est disponible, sauf quelques "bilans déclaratifs". "Il conviendrait donc d’évaluer l’effet de ces stages"…

 

Les relations IEN / enseignants

 

Les IEN étant fortement incités à aller au contact des enseignants pour la mise en œuvre de la réforme ou pour "contrer les opposants",  la "relation hiérarchique s’est renforcée" et "le succès des réformes a apaisé les tensions" malgré la "désinformation" des élus du personnel hostiles "par principe" aux réformes…

 

Aide aux élèves en difficulté

 

Le  rapport pointe la plus grande confusion dans l’articulation entre les différentes aides : aide individualisée, prise en charge par les RASED désormais "recentrés", autres dispositifs subsistant (PPRE, accompagnement éducatif, réussite éducative…). Les RASED ne jouent pas assez "le rôle de conseil auprès des enseignants attendu d’eux". Le rapport rappelle donc que le PPRE doit être davantage une "référence du projet d’aide global" qu’un dispositif spécifique et supplémentaire.

 

L’organisation de l’enseignement primaire

 

L’IGEN constate que les IEN croulent sous les tâches administratives et les injonctions, et souhaite qu’ils se recentrent sur leurs missions de contrôle et d’animation pédagogique, dans le cadre d’une circonscription où leurs conseillers seraient mieux reconnus par une "évolution de leur cadre réglementaire" et de leurs indemnités.

Le rapport recommande de "déconcentrer" une partie de leurs tâches sur les écoles, en modifiant le statut des écoles pour leur donner une existence juridique d'établissement  (les EPEP).

Les IG notent également l’évolution du rôle du directeur d’école et sa difficulté à arbitrer les conflits et à jouer un rôle plus grand dans la "mise en œuvre de la politique de l’Etat", faute de statut hiérarchique.

 

Ci-dessous, l’extrait du rapport concernant la création des EPEP et le rôle du directeur d’école.

 

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Cette année exceptionnelle par le nombre et la simultanéité des réformes a été d’une exigence exceptionnelle pour l’implication personnelle des cadres qui ont mobilisé toute leur force d’engagement, de loyauté et de conviction.

Jusqu’où peut-on aller encore dans la mobilisation des IEN, pour mener de front les tâches d’encadrement pédagogique induites par les nouvelles mesures, le suivi des organisations des écoles et des services des enseignants, l’affinement des inspections à la suite des évaluations, l’accroissement des journées de formation à organiser, la négociation avec les autorités locales sur les temps scolaire et péri-scolaire, le dialogue avec les équipes sur les projets d’école, le suivi des élèves qui relèvent d’un projet particulier ou d’une autorisation, le dialogue avec les parents en situation de conflit avec l’école, etc. ?

Sachant que toutes les réformes aboutissent à augmenter l’information disponible à traiter et la demande d’individualisation de la relation ? Sachant que la qualité de la mise en œuvre des réformes dans la durée est étroitement liée à la qualité de la présence et de l’exigence de l’inspecteur auprès des directeurs d’école et des enseignants ?

 

La réponse est dans la « déconcentration » d’une partie de leurs tâches au niveau des écoles, à la condition de donner à ce niveau une existence juridique et fonctionnelle, qu’il n’a pas actuellement, et dans la consolidation des équipes de circonscription.

 

Les écoles, la gestion du temps et la direction d’école

 

Le besoin d’asseoir la réforme de l’enseignement primaire dans un cadre institutionnel plus solide est manifeste.

Les premières observations faites à ce sujet sont confirmées par le constat de l’élargissement du rôle du directeur, de l’absence de maîtrise de l’institution sur la gestion du temps à l’école et de l’accoutumance des esprits à l’idée de donner un statut à l’école.

 

Le rôle du directeur évolue et le système de décharges devient obsolète.

Les nouvelles mesures élargissent le champ du travail en équipe : pour la répartition des enseignements des nouveaux programmes, pour l’organisation de l’aide personnalisée, pour l’utilisation de l’évaluation, pour les projets de remédiation, pour la réorientation des projets d’école, pour les échanges de service qui sont en augmentation.

 

Or la position du directeur en coordonnateur de ses pairs n’est pas toujours facile. Aux conflits habituels sur la constitution des classes et sur la répartition des services s’ajoutent désormais les divergences sur le positionnement horaire de l’aide personnalisée, sur le maintien des intervenants extérieurs dans le temps scolaire.

 

Le système de décharges devient obsolète et sans doute inéquitable du point de vue de l’adaptation de la décharge à la réalité des fonctions exercées. Est-il justifié que le directeur d’une école primaire de neuf classes en regroupement pédagogique concentré (RPC), qui accueille de l’accompagnement éducatif, un stage de remise à niveau, peut-être bientôt un jardin d’éveil, n’ait qu’un jour de décharge comme le directeur d’une simple école de quatre classes qui ne fait rien de particulier ?

Par ailleurs, est-il encore acceptable que le directeur d’école ait plusieurs « employeurs » et souvent au moins deux, l’Etat et le maire, et que, dans cette circonstance, le maire puisse s’opposer à ce que le directeur mette en œuvre une politique de l’Etat ?

 

La gestion du temps à l’école se complique.

Le temps d’ouverture de l’école comporte actuellement des activités sous responsabilité de l’éducation nationale et des activités sous responsabilité municipale ou associative, des activités sur temps scolaire (jours de classe) et hors temps scolaire (mercredi et vacances scolaires). Toutes ces activités mobilisent des enseignants, à titre obligatoire (temps de service) ou facultatif (heures supplémentaires et vacations), dans un cadre public ou privé.

La participation des directeurs à ces activités, indépendamment de leur participation personnelle en tant qu’enseignant, pose le problème de leur mobilisation involontaire (induite par le volontariat des autres) et de leur responsabilité pendant le temps d’ouverture de l’école au-delà du temps de classe et d’aide personnalisée.

Il devient nécessaire de redéfinir le temps de l’école. Au-delà des aspects juridiques, c’est bien d’un problème politique qu’il s’agit : celui de la cohérence pédagogique et éducative que l’on veut donner à l’ensemble des activités organisées pour les élèves au sein de leur école.

 

Le statut de l’école

 

La création de l’établissement public d’enseignement primaire (EPEP) donnerait aux inspecteurs un relais au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration et elle leur permettrait de retrouver du temps pour le pilotage pédagogique et l’encadrement personnalisé des enseignants.

Des inspecteurs, constatant que le temps disponible pour les inspections se réduit, sont en attente de la création d’EPEP dans leur circonscription ; des projets sont préparés, en lien notamment avec des créations de RPC dans les zones rurales.

 

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Ce rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale est important. Il ne se contente pas de dresser un bilan des réformes entreprises par Xavier Darcos, il fait également des suggestions pour améliorer le fonctionnement de l’école.

A noter, d’ailleurs, que cette note de synthèse met, une nouvelle fois, l’accent sur la nécessité de doter l’école et son directeur d’un statut. En ce sens, elle relance le débat et contraint le nouveau ministre à réfléchir sur une réforme qui s’avère indispensable malgré les fortes oppositions syndicales. Espérons que ce énième rapport sur les difficultés rencontrées par les directeurs d’école ne restera pas, comme les précédents, lettre morte. Il en va de la survie de notre école publique.  

 

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 10:08

La semaine aura été marquée par le discours du Président de la République le 22 juin à Versailles et le lendemain par le remplacement de Xavier Darcos par Luc Chatel.

 

Devant les parlementaires, Nicolas Sarkozy n’a fait qu’effleurer le domaine de l’Education en citant la réforme du lycée. Par rapport aux discours précédents, le propos est un peu court. Les syndicats n’ont l’affirment : le gouvernement ne considère plus l’Education nationale comme une priorité.

 

Pour le Sgen-CFDT, "la seule véritable annonce pour les secteurs de l'éducation, la jeunesse et la recherche, c'est le maintien de l'objectif comptable de non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Cette décision contredit dans les actes la volonté d'investir sur l'Éducation que prétend porter le discours".

Les réactions de l’Unsa vont dans le même sens : « l’Ecole n’est plus une priorité : elle devra faire plus avec des moyens diminués. Le président de la République a parlé de changement : l’Ecole n’en connaîtra pas. Sa situation, par les choix budgétaires imposés, ne peut que se détériorer. Le prochain budget l’annonce déjà : c’est une mauvaise nouvelle pour l’avenir ».

 

Il est vrai que les inquiétudes des syndicats sont confortées par les déclarations de Xavier Darcos dans un entretien à La Tribune :

« L'Éducation nationale a le premier budget de la nation, avec 60,4 milliards d'euros de crédit en 2010, et 1,2 million de fonctionnaires », souligne-t-il. « Cette dimension nous donne une responsabilité particulière lorsqu'il s'agit de participer à la maîtrise des dépenses publiques. C'est pourquoi j'ai proposé de ne pas renouveler 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. »

Sur l'ensemble d'une carrière, un poste d'enseignant représente un coût cumulé de 1 million d'euros. Les 16.000 postes supprimés constituent donc près de 16 milliards d'euros de dépenses en moins sur quarante ans, souligne-t-on rue de Grenelle. Précisément, "il s'agit de 600 postes d'agents administratifs et de 14.000 postes d'enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l'enseignement privé (à hauteur de 1.400)".

 

Ces propos, tenus le jour du remaniement ministériel apparaissent aux yeux des commentateurs comme une ultime provocation de Xavier Darcos. Luc Chatel, nouvellement nommé ministre de l’Education, se serait bien passé d’un tel message d’accueil.

Le nouveau locataire de la rue de Grenelle ne peut espérer compter sur la bienveillance des syndicats enseignants. Ces derniers l’ont tout de suite fait savoir.

Le Snes parle de "provocation", évoque "une dégradation de la formation" puisque les emplois supprimés correspondent aux stages IUFM et calcule que "les stagiaires dans le second degré assurent aujourd’hui 8 heures de cours hebdomadaires, soit l’équivalent de 4.500 emplois". Le SNES appellera les personnels à se mobiliser dès la rentrée pour construire un mouvement d’ampleur contre ce projet de budget et recherchera en ce sens la plus large unité syndicale possible.

Le Snuipp s'indigne : "Comment comprendre que la formation professionnelle des enseignants soit réduite à la portion congrue, que les lieux de formation que sont les IUFM soient remis en cause, que la formation en alternance risque d’être réduite à un simple compagnonnage au moment où le métier d’enseignant requiert une plus grande professionnalité pour favoriser la réussite de tous les élèves ? Comment comprendre que des lauréats des concours 2010 puissent être responsables de classes sans avoir jamais effectué de stages en responsabilité dans leur cursus ?"

L'Unsa relève les contradictions des discours présidentiels. "L'investissement éducatif devrait être une priorité : il aura été, de budget en budget, abandonné. Les budgets traduisent la réalité des convictions".

Pour le Sgen "le ministre change, les suppressions de postes s'aggravent. Plus que jamais le Sgen-CFDT sera mobilisé dès la rentrée prochaine pour obtenir les conditions nécessaires aux réformes de progrès social qui s'imposent pour l'École et les personnels de l'Éducation. »

 

Reste la personnalité de Luc Chatel dont la nomination a créé la surprise. A l’inverse de son prédécesseur, le nouveau ministre n’est pas un homme du sérail. Il ne s’est d’ailleurs jamais exprimé sur l’éducation.

Sa nomination comme ministre de l’Education nationale et le maintien de sa mission de porte-parole du gouvernement sont interprétées comme la récompense d’une fidélité sans faille au service de Nicolas Sarkozy.

Il a sans aucun doute bénéficié également du peu d’attrait de ce poste très risqué dans lequel « on est grillé au bout de deux ans », selon Richard Descoings, le très médiatique directeur de Sciences-Po Paris.


Pour l’instant, Luc Chatel n’est connu du grand public que pour ses interventions ponctuées de « euh… euh… » et de longs silences… lors de points de presse en tant que porte-parole du gouvernement largement rapportés par Canal+ dans son « Grand journal ».

Une autre vidéo a fait le tour d’Internet en février 2008. On y voyait Luc Chatel, Secrétaire d’Etat à la consommation, brandissant la revue « 60 millions de consommateurs », et semblant apprendre par ce média l’envolée des prix…

« Comme vous, j’ai été extrêmement choqué par les résultats de l’enquête de 60 millions de consommateurs. J’ai été choqué parce que évidemment je fais mes courses comme vous, à Chaumont, et je me suis rendu compte que les prix augmentent. » Une image pas très valorisante.

 

La désignation de Luc Chatel a tout pour surprendre. Son parcours, sa méconnaissance des sujets et du monde de l’éducation… font que sa nomination peut être interprétée comme le fait que l'Éducation Nationale n'est plus une priorité pour le gouvernement.

Impressionné par Nicolas Sarkozy, formé à son école et s’inspirant dans sa ville de la stratégie présidentielle, Luc Chatel est considéré comme un « proche » du Chef de l’Etat.

 

De fait, beaucoup considèrent déjà que la politique éducative n'est plus décidée rue de Grenelle mais Faubourg Saint Honoré.... Et la feuille de route est déjà connue : 16.000 suppressions de postes à l'Education en 2010.

D'aucuns estiment pourtant que l'élu de province a les compétences requises pour gérer les dossiers délicats. Il a su mener à bien le plan automobile pour tenter de sortir ce secteur du marasme économique et œuvrer pour une sortie de crise chez Heuliez, l'équipementier automobile des Deux-Sèvres en redressement judiciaire, et Continental, le fabriquant de pneumatiques de Clairoix. A son actif, également, la gestion du dossier délicat de La Poste, qui s'apprête à devenir une société anonyme malgré la crise.


Le passage de l'Industrie à l'Education, deux mondes où le dialogue avec les syndicats est primordial mais souvent tendu, devrait donc être plus facile. Lors de la cérémonie de passation de pouvoir ce mercredi le tout nouveau ministre de l'Education nationale a affirmé qu'il prendrait «le temps de l'écoute».

Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour savoir si le gouvernement considère l’éducation comme une priorité nationale, selon les promesses du candidat Sarkozy durant sa campagne présidentielle. Les premières décisions de Luc Chatel seront décisives de ce point de vue.

 

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 15:49


Dans un communiqué, le SNE-CSEN se félicite d’avoir obtenu un avantage substantiel dans l’accélération de la carrière des directeurs d’école.

  

« Grâce à la pugnacité du SNE-CSEN face aux nombreuses pressions de certaines organisations pour empêcher que la promesse faite par le Ministre en novembre 2008 (voir pièce jointe) ne soit tenue, la circulaire permettant l'attribution aux directeurs d'un point supplémentaire au barème pour l'accès à la Hors Classe, est enfin arrivée dans les Inspections Académiques.

Sans flonflon, ni ballon, le SNE continue son action ! »

 

Nous reproduisons un extrait de cette circulaire ministérielle datée du 2 avril, envoyée aux Inspecteurs d'Académie.

 

« Objet : Avancement à la hors classe des professeurs des écoles à la rentrée scolaire 2009.

 

Réf : Décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 relatif à l’avancement de grade dans les corps des administrations de l’Etat.

 

J’appelle votre attention sur les conditions d’accès à la hors classe des professeurs des écoles pour l’année 2009/2010.

Les modalités indiquées dans la note de service n° 2006-078 du 11 mai 2006 publiée au BOEN n° 20 du 18 mai 2006 continueront à servir de référence pour la campagne de promotions 2009.

Je vous demande toutefois d’être particulièrement attentif à la situation des directeurs d’école, éléments essentiels de la qualité du pilotage et de l’animation au sein des écoles. Pour mieux reconnaître leur investissement professionnel, vous pourrez ainsi, dès cette année, leur attribuer un point supplémentaire pour le calcul du barème à la hors classe […] ».

 

 

Les premières réactions n’ont pas tardé. Ainsi, sous la plume de Yvon Guesnier, la CGT Educ’Action 06 réagit :

 

« Hors classe des P.E. : Non à la division !


Le Ministère donne la possibilité  aux IA, à partir de cette année, de donner 1 point pour l'accès à la Hors Classe pour les Directeurs-trices, mais sans, bien entendu, augmenter le contingent de cette dernière... Ce qui revient à donner un "avantage" à une certaine catégorie de collègues par rapport à d'autres catégories, sans que cela ne coûte rien, en clair aider à la "revalorisation" de la fonction de directeur-trice en prenant sur l'ensemble des collègues... Méthode connue et de plus en plus souvent employée...


Est-ce choquant ?


Pour la Cgt-Educ'Action ce qui est choquant c'est la hors classe elle-même !

 
Nous sommes favorables à 2 échelons supplémentaire atteignables par tous et toutes et à une accélération des promotions par le passage des collègues issus du corps des instits au rythme le plus rapide et hors barème, les échelons de fin de carrière. Et ce pour permettre au maximum de collègues de partir au moins au 11° échelon et de ne pas "entrer" en concurrence avec les collègues issu-e-s directement du corps des P.E.

 […]
C'est le premier élément d'une remise en cause s'un barème général au profit d'un premier pas vers une individualisation chère au Ministre, comme cela existe dans le second degré ! En clair à terme la hors classe laissée à l'appréciation des IA... La "gueule du client"...
 

 

Je divise, tu divises, il-elle divise, nous divisons, vous divisez, ils-elles profitent !!! »

 

 

A l’autre bout du pays, Bruno ROBIN (secrétaire départemental de la FSU 59), réagit doublement. D’abord pour attaquer le SNE, ensuite pour entonner, lui aussi, le thème de « la division pour mieux régner »…

Formule classique pour ne pas avoir à répéter que les directeurs sont des « enseignants-comme-les-autres » mais qui veut bien dire ce qu’elle veut dire… (Fautes comprises)

 

« Quelle différence y-a-t'il entre "être favorable" et "décréter que" ?


Il semblerait que les privés de ballon du SNE n'ait pas encore compris les subtilités du Ministre ... ou bien qu'ils tentent de nous faire  prendre des vessies pour des lanternes !!

Diviser pour régner ? N'est-il pas plus juste de réclamer que tous les PE accèdent à la hors classe au rythme le plus rapide ? Car finalement, le déroulé de carrière de chacun doit-il dépendre de celui des autres ? Ou encore, la notion de mérite est-elle vraiment la meilleure façon de progresser ?

Rassurons le SNE : il n'existe de pressions que dans le cadre d'un rapport de force et nous savons bien qui est à l'origine de tous nos tracas et du démantèlement de l'école publique. A trop fréquenter les salons du Ministre, on finit par perdre le nord. »

 

Quand Bruno Robin s’en prend sur un ton virulent au SNE qu’il accuse de « trop fréquenter les salons du ministre », oublie-t-il le temps de la « cogestion » dénoncée aujourd’hui par certains syndicats qui jouent les vierges effarouchées ?

 


En mars 2008, Marcel Pochard, Conseiller d’Etat, auteur du « livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant » critiquait la « cogestion Etat – syndicats à l’Education nationale ».

 

Interrogé sur le fait qu’en France, les organisations syndicales détiennent un certain pouvoir, comme celui d’informer les enseignants sur les affectations et les mutations, ce que l’administration ne fait pas toujours, il répondait :

 

« Nous sommes effectivement là dans un domaine type que l’on peut qualifier de cogestion. Le langage tenu par les deux partenaires est sensiblement le même. A savoir : ce système n’est pas très bon mais, dans le fond, il est possible de limiter les dégâts par des mesures d’accompagnement. Même chose pour la notation des enseignants : les syndicats comme l’administration n’ont pas véritablement envie de trouver un autre système de notation parce que le système actuel a le seul mérite d’exister. »

 

 

Dans sa circulaire aux IA, le ministère se montre élogieux envers les « directeurs d’école, éléments essentiels de la qualité du pilotage et de l’animation au sein des écoles ».

Il commence la phrase suivante par : « Pour mieux reconnaître leur investissement professionnel… ». Que ne la termine-t-il pas par l’annonce « d’un statut de directeur d’école » ?

La reconnaissance serait claire et nette, et tellement plus crédible…

 

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 22:01


Les temps sont durs pour Xavier Darcos. Les derniers mois n’en finissent plus… Une éternité pour le ministre dans l'attente du remaniement-soulagement…

Il faut bien reconnaître que rien n’aura été épargné à X. Darcos. D’autant que les coups les plus durs à encaisser ne proviennent plus seulement des syndicats enseignants, des lycéens ou des étudiants. Non, le dernier croc-en-jambe est l’œuvre d’un membre du gouvernement : Nadine Morano.

 

Rappelons-nous : après des démêlés et des paroles malheureuses (couches en maternelle, suppression des classes de 2 à 3 ans…), Xavier Darcos avait su renouer le dialogue avec les enseignants en concluant un accord avec l'Ageem. Il y a quelques jours cette « déclaration commune », (l’association récuse le terme « accord », « les mots ont un sens ! ») était célébrée à travers la coédition  d'une brochure, réalisée par l'Ageem (avec un édito du ministre), présentant la maternelle, distribuée à tous les parents.

 

L'annonce le 5 avril, par Nadine Morano, de la création à titre expérimental de jardins d'éveil, installés dans les écoles maternelles « lorsque cela est possible », mais sans personnel enseignant et payés par les parents, remet tout en question. Cette promesse plonge Xavier Darcos dans l’embarras…

Lucile Barberis, présidente de l'Ageem, n'en revient pas.  "Je ne comprends pas l'objectif de créer 8 000 places en jardin d'éveil alors qu'il serait facile de réactiver des écoles maternelles qui sont laïques et gratuites". Pour l'Ageem, "les objectifs annoncés posent clairement cette nouvelle structure en concurrence avec les autres structures existantes et particulièrement avec l’Ecole Maternelle. On perçoit aisément, au-delà de la concurrence, une véritable substitution de ces jardins d’éveil à la dernière année de crèche ou à la première année de l’école maternelle, sans aucun souci de l’égalité sociale que le ministre proclame justement par ailleurs. La création de ces nouvelles structures payantes, implantées au gré des choix locaux, serait ainsi préférée au développement des structures existantes, gratuites et implantées dans la grande majorité des communes de France".

 

Et de prévenir : « Nous ne cautionnerons pas l’expérimentation des jardins d’éveil et nous serons amenés à dénoncer la Déclaration commune »

 

Après le SNUipp qui dénonçait « le subterfuge et le tour de passe-passe », le SE-Unsa qui parlait de « plantage de l’école maternelle », c’est au tour du Sgen-Cfdt de demander « que des précisions soient apportées rapidement sur l'ensemble de  la politique du gouvernement dans ce secteur. Il est notamment essentiel que des assurances soient données quant à la place de l'école maternelle. S'agissant des enfants de 2 à 3 ans, les parents doivent pouvoir faire le choix du mode d'accueil. C'est particulièrement important pour les catégories sociales les plus défavorisées, d'une part parce que l'école est gratuite, d'autre part parce que la scolarisation précoce est un moyen important de réduction de l'échec scolaire des enfants victimes d'inégalités sociales et culturelles".

 

Pauvre Xavier Darcos ! Le voilà de nouveau confronté, quelques mois plus tard, aux mêmes difficultés et contraint de remonter au créneau pour apaiser le climat tendu par l’intervention de Nadine Morano.

Pour Alain Houchot, Inspecteur Général, « On est dans un débat qui ne sort pas de l'idéologie alors que la réflexion devrait être globale autour des besoins des enfants et des familles. Ce qui est surprenant c'est que ce débat idéologique on le trouve dans tous les milieux. Chez des pédopsychiatres mais aussi chez des gens qui n'ont de connaissances que comme usagers… Il faut sortir du débat idéologique ».

 

Cette nouvelle annonce peut sembler anodine. En réalité, il n’en est rien. En effet, cette réforme, si elle est mise en œuvre, peut avoir de lourdes conséquences pour les écoles et les directeurs. L’objectif visé est clair : réaliser des économies conséquentes en fermant les classes des 2-3 ans, en transférant les dépenses sur les collectivités locales et faisant payer les familles.

 

Mais, attention ! La mesure produirait aussi de graves dégâts collatéraux sur les décharges de certaines écoles. De nombreux collègues pourraient perdre leur ¼ de décharge, d’autres passeraient de ½ à ¼ et quelques "privilégiés" risqueraient de voir leur décharge totale transformée en demi-décharge. Le risque est réel.

Aucune situation (école maternelle, primaire, RPI, regroupement) ne peut permettre de conserver les acquis existants. Les écoles qui auraient les jardins d’éveil dans l’enceinte scolaire ne pourraient comptabiliser les élèves dans leurs effectifs puisque la structure serait entièrement gérée par la municipalité (fonctionnement et personnels).

Les écoles qui accueillent actuellement des classes de 2-3 ans sont potentiellement en danger de réduction du nombre de classes et certains directeurs peuvent se trouver en situation de modification de leur régime de décharge.

En revanche, c’est le « jackpot » pour l’Etat qui gagne sur tous les fronts : il cesse de financer la scolarité des 2-3 ans et cumule les suppressions de postes d’enseignants (classes et décharges).

 

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 18:51
Une charge féroce contre les enseignants


 

Dans « Côté Mômes » de mars 2009, un magazine gratuit qui se veut partenaire des parents, Laurent Rochut, éditorialiste, ne pratique pas la langue de bois… Il ne fait pas, non plus, dans la nuance… Dès le titre de son éditorial, le ton est donné…

 

 

Enseignants, gnants ! gnants !

 

« C‘est un usage en France de louer les enseignants pour leur courage, leur abnégation, la dévotion avec laquelle ils tiennent à bout de bras l’Education nationale. Les évaluations se succèdent, soulignant la médiocrité des performances de notre système éducatif ; on a beau démontrer que pour chaque euro dépensé, nombre de pays obtiennent de bien meilleurs résultats que le nôtre, rien n’y fait ! Aucun ministre ne peut tenir tête bien longtemps à la première armée de fonctionnaires de France. Si vous ajoutez à ça que les syndicats de parents d’élèves les plus influents sont assez mitoyens des syndicats enseignants quand il s’agit de mettre un bulletin dans l’urne, cela fait bien plus de connivences qu’il n’en faut pour que les choses changent dans la grande maison de la rue de Grenelle. Un ministre de l’Education, Lionel Jospin, faisant de l’éducation une priorité nationale en 1989, déjà, avait appelé à mettre l’enfant « au cœur du système éducatif ». On attend toujours !

Les professeurs des écoles, pour parler d’un corps que je connais bien pour en avoir fait partie près de dix ans, peuvent choisir l’école où ils enseigneront au privilège de l’ancienneté, à peine corrigé par une note de mérite qui, elle aussi, est largement indexée sur le temps passé dans la boutique. L’intérêt des enfants, selon les quartiers où on les oublie, à avoir en face d’eux des enseignants adaptés à leur situation est bien secondaire. Qu’importe, il y aura toujours un ministre ou un syndicaliste pour louer le mérite des enseignants, dans la masse, collectivement, pour ne pas avoir à faire le tri. Pourtant, c’est bien là que le bât blesse. L’Education nationale, dans ses grandes largeurs n’a pas de troupes à la hauteur de la bataille à mener. Elle compte des godillots à foison, mais, quand ils défilent, c’est pour clamer haut et fort les excuses qu’ils se trouvent de ne pas pouvoir faire mieux.

Concluons par un problème d’arithmétique. Sur 10 enseignants, quand vous avez retranché ceux qui font ce métier pour être chez eux à 17 h, ceux qui ont fini par ne plus pouvoir sentir les gosses, ceux qui ne les ont jamais aimés, ceux qui travaillent avec les mêmes fiches de préparation depuis quinze ans, ceux qui se sont arrêtés là parce qu’ils n’ont pas pu, ou pas su, épanouir sur le terrain de la recherche leur passion des maths, de la physique ou de l’histoire, ceux qui passent le tiers de leur temps à faire classe dans un labo de citoyenneté pour futurs syndicalistes, combien en reste-t-il pour faire de leur classe un creuset d’enthousiasme et d’appétit de connaître ? Pendant que vous cherchez, des instituteurs font la grève du soutien scolaire en salle des maîtres et la réforme des lycées est remise aux calendes grecques. »

  

 

Réponse de l’auteur sur son blog

 

« En réponse à ceux que mon édito de mars 2009 a choqué

 

Par quel mystère, ceux qui me répondent faire leur métier avec dévouement se sentent ils concernés quand je stigmatise, dans un éditorial, une disparité entre les enseignants dont les enfants sont les premières victimes ?

Pour l’exemple, je connais une école en Banlieue parisienne où 9 enseignants sur 10 refusent de mettre en place le soutien scolaire, faisant de la « résistance passive en salle des maîtres ». Le comble, c’est que celui qui s’occupe de ses élèves à la pause méridienne doit presque s’excuser ! des exemples comme ceux-là, j’en ai plein ! Malheureusement !


Mais, à lire les commentaires qui m'ont été adressés, s’il est une certitude dans laquelle je me sens raffermi à l’issue de ce édito, c’est que l’esprit de corps est plus que jamais une constante chez les instits. Il est dommage que ce soit plus pour se « couvrir » que pour faire avancer le bateau. Après 10 ans passés en ZEP, 10 ans sans aigreur et plein de beaux souvenirs, contrairement à ce que vous pouvez penser, 10 années que j’ai passées volontairement sur un terrain que beaucoup désertent pour se mettre à l’abri dans un centre ville bien bourgeois et paisible, je me permets d’avoir, moi aussi, un avis sur la question de l’Education nationale, ne vous en déplaise et quoi que ma vie m’ait conduit à faire depuis.

 

Beaucoup invoquent régulièrement le droit de manifester, je réclame pour ma part celui de me manifester. Affaire de style. Se noyer dans la masse ou se permettre de porter la contradiction, mais avec l’envie que les choses changent vraiment à l’Education nationale.

Mon propos est de dire que si bien des professeurs des écoles font un travail extraordinaire dans leur classe, j’en connais encore et ceux-là d’ailleurs ont trouvé aussi du vrai dans mon article, bon nombre, aussi, n’ont rien à faire dans une classe. L’égalitarisme absolu de notre institution permet à des gens de nuire aux gosses et d’attendre la retraite sans être inquiétés.

Peut-être n’en avez-vous jamais croisés dans votre carrière... Je suis même malheureusement certain que ceux qui réagissent le plus sont ceux qui devraient partager mon agacement.

On m’objecte que de taper sur l’EN est devenu un sport national et qu’à ce titre, quand on l’aime, il faudrait se taire !! Mais si l’Education nationale acceptait la contestation en son sein, si elle acceptait les réformes sans faire systématiquement bloc, on ne serait pas obligé de l’interpeler publiquement.


On m’objecte également que je voudrais faire le jeu d’une privatisation de l’enseignement, mais c’est déjà le cas ! La discrimination sociale permet aujourd’hui aux plus aisés de mettre leur enfant « à l’abri » dans le privé et se sent légitimer par le fait que l’Education ne sait pas se réformer.

 

On m’objecte enfin que dans tous les métiers il y a des moutons noirs et qu’à ce titre l’EN n’échappe pas à la règle. Mais elle devrait s’en faire un devoir car dans son cas, il s’agit d’éveiller des enfants au monde et de les préparer à l’avenir. Mais, et c’est ce que je souhaitais stigmatiser par mon article, il me semble que moins que les autres, l’Education nationale sait se protéger d’une erreur de recrutement et, par la suite, des défaillances professionnelles. Le recrutement, la formation professionnelle en privilégiant les contenus sur l’aptitude humaine à encadrer une classe sont à l’origine d’un tel malentendu. Ensuite, avec une inspection de 1h30 tous les 3 ou 4 ans et aucun encadrement par un semblant de hiérarchie, on accepte de faire courir un risque aux enfants qu’aucune autre branche professionnelle ne tolérerait. Autrement dit, on joue la liberté et l’indépendance des enseignants contre le principe de précaution auquel devraient avoir droit les enfants.


En résumé, je n’accuse pas les enseignants d’être nuls mais j’accuse l’institution de ne pas protéger assez les enfants et de ne pas permettre aux bons enseignants d’insuffler leur dynamique à l’institution.

Quoi qu’il en soit, j’ai aimé ce métier et l’aime encore bien assez pour me sentir le droit d’avoir un avis… mais j’oubliais, à l’école de la tolérance, dans certains syndicats, on ne veut pas voir une tête qui dépasse.

La mienne, de tête, certains l'aimeraient au bout d'une pique. Ils ont une conception assez Robespierriste du débat d'idées. Pour ma part, je tiens mon sens de la démocratie de Voltaire, celui qui disait "Je ne suis pas d'accord avec vos idées mais je serais prêt à mourir pour que vous puissiez les exprimer." »

 

 

« L’art de conférer » selon Xavier Darcos

 

« D'où vient ce soupçon perpétuel qui pèse sur nos gouvernements » interroge Xavier Darcos dans une tribune du Monde.

« Comment expliquer que dans un pays qui a magnifié à ce point l'usage de la raison ou l'examen des preuves, le rationnel semble exilé du débat public, tandis que la rumeur, l'outrance, la théorie du complot ou le déni de vérité s'instillent jusque dans les sphères les plus éclairées du monde intellectuel ? »

 

Toutes ces critiques irrationnelles sont colportées par Internet. « Il suffit, pour s'en convaincre, de fréquenter certains blogs ou certains forums dans lesquels les exposés les plus brillants sont parfois consacrés aux arguties de thèses les plus insensées, assorties de procès en sorcellerie ad hominem ».

 

« Comme ministre, mais aussi comme professeur, je crois que nous devons sortir le débat d'idées de ce registre polémique, sophistiqué et agressif, dans lequel il est actuellement tenté de s'enfermer. Les politiques ne sont pas les ennemis du savoir...

Bref, et si on retrouvait cette forme de l'excellence de l'esprit français, "l'art de conférer" ? »



Retour d'un vieux serpent de mer : le redoublement





Mai 2008 : Selon une information de la radio RTL, le ministre aurait donné des consignes aux chefs d'établissement pour limiter les redoublements. Plusieurs chefs d’établissement auraient reçu des lettres avec des objectifs chiffrés.

 

Raison invoquée : « le redoublement coûte trop cher et ne serait pas efficace

 

Une information aussitôt démentie par le ministre de l’Education, qui soutient n’avoir donné « aucune consigne » qui rappelle dans un communiqué que « seuls les professeurs réunis en Conseil de classe autour des chefs d’établissements sont habilités à décider du redoublement d’un élève ». Et le ministre de rétorquer : « La baisse du redoublement sera la conséquence de l’amélioration engagée du système scolaire. Elle ne se décrète pas

 

Mars 2009 : de nouveau, le sujet est d’actualité. Pour Xavier Darcos, « le redoublement n'est pas une solution satisfaisante, mais le limiter ne se décrète pas ». C'est la raison pour laquelle le ministre a, depuis son arrivée, multiplié les systèmes de soutien. « Pour y parvenir, nous avons mis en place des dispositifs d'aide personnalisée, notamment dans le primaire, avec les deux heures de soutien, mais aussi les stages de remise à niveau pendant les vacances, détaille Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire. Au collège, avec l'accompagnement éducatif qui concerne l'aide aux devoirs. »

 

Une chose est sûre : le ministère ne verrait que des avantages à limiter le redoublement. Pour des raisons pédagogiques, d’abord. Car, dit-on dans l’entourage du ministre, « enseignants et spécialistes de l'éducation considèrent que nombre d'élèves, en situation d'échec, ne profitent pas d'une année supplémentaire

 

Pour des raisons financières, ensuite, notamment en période de crise. Car le redoublement coûte cher d’autant plus que la France est championne en la matière : En moyenne, 38 % des élèves de 15 ans ont déjà redoublé une fois, contre 13 % pour la moyenne des pays de l'OCDE.

 

Selon Philippe Meirieu, supprimer totalement le redoublement permettrait d'économiser pas moins d'un milliard d'euros. La pratique n'existe déjà plus Norvège, Japon ou Corée.  Elle n’est que de 3 % en Finlande. Des pays figurant pourtant en bonne place dans les classements éducatifs internationaux.

 

Officiellement, au ministère, on affirme que le sujet est délicat, car « seuls les enseignants sont habilités à décider des passages en classe supérieure ».

Autre difficulté : en fin de troisième, les parents, eux, préfèrent toujours que leur enfant redouble plutôt que d'être envoyé vers une voie professionnelle ou technologique.

 

Le ministre compte bien prendre des initiatives afin que raisons financières et pédagogiques fassent bon ménage… La meilleure façon de faire des économies sans se voir reprocher une aberration pédagogique comme ce fut le cas pour d’autres réformes…

 

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 22:48


Revalorisation du pouvoir d’achat des fonctionnaires

 

 

Mardi 3 mars, Eric Woerth, ministre du budget et de la fonction publique a reçu les syndicats de la fonction publique.

Au cours de cette réunion, le ministre a fait état d'une augmentation du pouvoir d'achat des fonctionnaires, a proposé d'étendre la rémunération au mérite et a maintenu ses objectifs en terme d'emploi.

« Le pouvoir d'achat des fonctionnaires augmentera probablement assez fortement en 2009 : malgré une inflation basse (+ 0,4%), nous proposons toujours de revaloriser le point d'indice de 0,8 % (+ 0,5% en juillet et + 0,3 % en octobre). En plus de cela, nous allons verser 513 millions d'euros de mesures catégorielles et consacrer, comme chaque année, 1,6 milliard aux progressions automatiques de carrière. »

 

Il a également déclaré vouloir étendre la rémunération au mérite.

«  Nous avons créé chez les 25 000 attachés une prime de fonction et de résultats, liée aux caractéristiques du poste et à l'engagement personnel.

Nous allons aller plus loin. Je pense qu'il faut l'étendre à tous les agents de catégorie A, hors enseignants, et à une petite partie des B. »

 

Eric Woerth a également confirmé la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

« C'est toujours notre objectif. Nous n'allons pas remplacer 30 600 départs cette année et poursuivrons en 2010 dans la même direction, sachant que l'éducation nationale en est à 35 % de départs non remplacés, qu'il n'y aura pas d'emplois supprimés en 2010 et 2011 dans l'enseignement supérieur, mais que d'autres ministères avancent plus vite.

Les syndicats nous demandent de renoncer à ces suppressions de postes, à tout le moins de les geler. Mais substituer de l'emploi public à un emploi privé défaillant n'est pas une réponse adaptée à la crise et nous interdirait d'assainir nos comptes publics. Aucun plan de relance en Europe n'y a recours. »

 

Les syndicats ont jugé les propositions du gouvernement nettement insuffisantes et ont maintenu la journée d’action du 19 mars.

 

 

 

CIRCULAIRE concernant les RASED

 

Objet : Missions des maîtres spécialisés affectés à un RASED exerçant leurs missions dans une ou deux écoles

 

Dans le premier degré, le traitement de la difficulté scolaire et la lutte contre l’échec scolaire constituent un des objectifs prioritaires du ministère de l’éducation nationale. Pour atteindre cet objectif, nous disposons désormais d’un dispositif complet qui, de l’organisation de la différenciation pédagogie au sein de la classe à l’action des centres spécialisés (centre d’action médico-sociale précoce, centres médico-psycho-pédagogiques, centres médico-pédagogiques), permet la prise en charge de tous les types de difficultés.

 

L’institution de l’aide personnalisée à la rentrée 2008, offre aux maîtres de nouvelles possibilités pour traiter eux-mêmes, en prolongement de la classe, un certain nombre de difficultés d’apprentissage qu’ils ne pouvaient auparavant prendre en charge efficacement. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires complètent par ailleurs le dispositif.

 

Ainsi, est-il apparu nécessaire d’adapter le fonctionnement du dispositif existant des réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED), afin de mieux utiliser le potentiel des maîtres spécialisés dont la finalité est la prise en charge de la grande difficulté scolaire quand celle-ci s’avère durable. Il s’agit, en effet, de garantir la complémentarité entre l’aide personnalisée et l’aide spécialisée, certains élèves relevant successivement, voire concomitamment, des deux dispositifs. Il est donc impératif que ces derniers s’articulent parfaitement.

 

Dès la rentrée 2009, 1 500 maîtres des RASED, titulaires de l’option E ou G du CAPSAIS-CAPA-SH, seront affectés, en tant que maîtres surnuméraires, sur un poste spécialisé pour exercer leurs missions dans une ou deux écoles concentrant un niveau nombre élevé d’élèves en difficulté relevant de l’aide personnalisée et/ou de l’aide spécialisée.

 

Ces maîtres spécialisés apporteront leur expertise à l’équipe enseignante de l’école, dans le cadre des cycles. Ils seront le lien privilégié avec les membres du RASED ayant une autre spécialité, notamment dans le cadre du temps consacré à la coordination et à la synthèse.

 

Conformément à leur mission, ils peuvent être présents dans la classe, au moment des activités collectives, afin de pouvoir observer les élèves en difficulté lors de tâches scolaires et leur apporter une aide adaptée. Ils contribuent en tant que de besoin à l’aide personnalisée ainsi qu’à la définition des programmes personnalisés de réussite éducative. Ils peuvent également prendre en charge individuellement un élève ou animer au sein de l’école des groupes d’aide spécialisée.

 

La diversité des modes d’intervention de ces maîtres spécialisés doit être adaptée aux élèves qui en ont besoin. Toujours rattachés au réseau d’aide spécialisé, ils sont également membres à part entière de l’équipe enseignante de l’école ou des écoles dans lesquelles ils exercent leurs missions.

 

Les inspecteurs de l’éducation nationale veilleront, dans le cadre du pilotage du RASED, à ce que les missions confiées à ces maîtres spécialisés s’inscrivent dans une durée compatible avec les besoins constatés afin de garantir leur pleine efficacité conformément aux présentes orientations. Les modalités de mise en œuvre de ces aides spécialisées devront être inscrites explicitement dans le projet d’école.

 

 

 

SMA

 

Xavier Darcos dialogue avec les maires

 

"Le ministre est conscient de la nécessité de reprendre les textes d'application en fonction des particularités et de la taille des communes". Selon l'AFP la première réunion du "Comité de suivi de la bonne application de  la loi" a été consensuelle. Elle réunissait, outre le ministre et les rapporteurs de la loi, les principales associations de maires : (AMF, AMGVF, FMVM, AMRF, ANEM.

 

Le communiqué ministériel se borne à déclarer que "le ministre de l’Education nationale a présenté les dispositions prises par les inspecteurs d’académies pour aider les  communes à mettre en œuvre ce nouveau droit pour les familles et notamment améliorer la prévisibilité du nombre d’enfants à accueillir et aider à constituer la liste des personnes susceptibles d’intervenir pour accueillir les enfants les jours de grève".

 

La dépêche AFP mentionne que les associations d'élus ont demandé l'arrêt des recours contre les maires qui n'appliquent pas le service minimum d'accueil.

 

On sait que la mise en application du SMA pose d'importants problèmes aux municipalités. L'AMF, l'AMRF notamment ont jugé le texte inapplicable en l'état. La moitié des communes ne réussiraient pas à le mettre en place. Un récent sondage a également montré le peu d'intérêt des parents pour ce dispositif. Le 28 novembre 2008, Nicolas Sarkozy avait admis la difficulté d'installer le SMA dans les communes rurales.

 

SMA : Une proposition de loi veut imposer aux directeurs d'école l'accueil des élèves

 

Reprenant la proposition faite par N. Sarkozy le 7 novembre, le sénateur Y. Collin (RDSE) a déposé une proposition de loi qui exempte les communes de moins de 2 000 habitants de l'obligation de mettre en place le Service Minimum d'Accueil dans les écoles primaires. Mais les sénateurs RDSE (M Charasse, JP Chevènement) vont plus loin que le ministre en créant une obligation de service pour les directeurs d'école identique à celle qui existe pour les chefs d'établissement du secondaire. "L'obligation de service d'accueil… n'est opposable dans les autres communes que sous réserve du respect, par le directeur de chaque établissement ou celui qui le remplace, de ses obligations de service en ce qui concerne l'accueil des élèves"

 

PROPOSITION DE LOI

 

visant à exclure les communes de moins de 2 000 habitants du dispositif de service d'accueil des élèves d'écoles maternelles et élémentaires,

 

PRÉSENTÉE

Par MM. Yvon COLLIN, Michel CHARASSE, Mme Anne-Marie ESCOFFIER, MM. Nicolas ALFONSI, Jean-Michel BAYLET, Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, François FORTASSIN, Mme Nathalie GOULET, MM. Daniel MARSIN, Jacques MÉZARD, Jean MILHAU, Aymeri de MONTESQUIOU, Jean-Pierre PLANCADE, Robert TROPEANO et Raymond VALL, Sénateurs

 

 

 

PROPOSITION DE LOI

 

Article unique

 

L'article L. 133-3 du code de l'éducation est complété par deux alinéas ainsi rédigés :

 

« L'obligation de service d'accueil n'est pas opposable aux communes de moins de 2 000 habitants.

 

« En outre, elle n'est opposable dans les autres communes que sous réserve du respect, par le directeur de chaque établissement ou celui qui le remplace, de ses obligations de service en ce qui concerne l'accueil des élèves. »

 

 

Directeurs d’école

 

Rien à signaler ! Ni statut en vue, ni mise en place des EPEP… C’est le statu quo !

 

Comme nous l’avons écrit à maintes reprises, plus aucune réforme structurelle ne sera entreprise dans l’Education nationale d’ici la fin du quinquennat. Il est hors de question, pour le gouvernement, d’affronter les syndicats sur des sujets sensibles touchant au statut des personnels. La seule « incartade » concernera les suppressions de postes. Plus que jamais, la RGPP, l’état des finances et la dette publique contraindront le pouvoir à ne pas reculer sur les décisions annoncées l’an dernier.

 

Pour le reste, il suffit de lire les propos prêtés au chef de l’Etat et relatés par le Canard Enchaîné pour se convaincre qu’en ces temps difficiles pour l’exécutif, les ministres sont priés de se « chiraquiser » et d’attendre des jours meilleurs…

 

« Je ne veux plus voir les enseignants, les chercheurs et les étudiants dans la rue ! Fini le projet de décret. Fini aussi la suppression des IUFM. Vous me réglez ça. Vous vous couchez. (…) S’il le faut, vous n’avez qu’à faire rédiger les textes par les syndicats, mais qu’on passe à autre chose ! On a bien assez de problèmes comme ça. De toute façon, ce n’étaient que des projets de merde. »

Le poète en herbe caché derrière cette tirade n’est autre que Nicolas Sarkozy. C’est en tout cas ce que prétend Le Canard Enchaîné dans son édition du 4 mars. Il aurait prononcé cette homélie ce week-end, devant ses très inspirés conseillers « éducation ».

 

Les directeurs attendront, eux aussi, des jours meilleurs…

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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