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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 17:10

 

La question de la reconnaissance de la fonction de directeur d’école est maintenant clairement posée. Pourtant, elle était absente des discussions engagées par Vincent Peillon pour « refonder » l’école. C’est ce qu’a reconnu le Ministre : « On va devoir en reparler…ce sujet est devant nous. Mais ce dossier n’est pas ouvert dans le cadre de la refondation ».
Et Vincent Peillon d’annoncer qu’il traitera cette question des directeurs « 
dans un dialogue avec eux que j’ouvrirai d’ailleurs au 1er trimestre 2013. A la fois avec les associations de directeurs d’école mais aussi avec les syndicats »

Le ministre recevra donc le GDiD qui accomplit un travail remarquable depuis des années pour la reconnaissance statutaire des directeurs d’école. Chacun ne peut que s’en réjouir.

 

A quelle forme de reconnaissance pourrait aboutir ce « dialogue » ? Certainement pas à un statut tel que l’ont exprimé les directeurs d’école en 2006 dans le sondage Ifop commandé par le GDiD.
Chacun connaît les réticences des principales centrales syndicales voire l’hostilité récemment réaffirmée du SNUipp : « Force est de constater que l'entrée par le seul statut mène vite à une impasse d'un point de vue réglementaire comme budgétaire. En quoi cela améliorerait-il le fonctionnement de l'école ? ».

Certes, le SNUipp, s’il réfute toujours la reconnaissance statutaire du directeur, accepte l’idée d’un « statut pour le travail de direction ». Conscient de ne pas être compris par les directeurs d’école, Sébastien Sihr précise la position du SNUipp et avance une proposition : « L'école doit rester à taille humaine... les maires sont très attachés à leur école qui est un élément important du projet communal. Pas question donc d'aller dans le sens des Epep ou des regroupements… On est contre l'idée d'un supérieur hiérarchique. Mais comme il est nécessaire de reconnaître la fonction, le Snuipp propose une " certification directeur". Obtenue comme la certification formateur, elle permettrait que la fonction soit reconnue ».  

Cette idée de « certification » est alors reprise par le ministre : « La formation continue et « peut-être une cer­ti­fi­cation ou une reconnaissance qui pourrait justifier un certain nombre d'évolutions indemnitaires » feront également partie des négociations ».

 

 

Voilà donc une proposition du SNUipp approuvée par Vincent Peillon… La certification comme reconnaissance du directeur… Un mot nouveau dans le dossier de la reconnaissance des directeurs d’école… Mais qu’est-ce qu’une certification ? Que nous apprennent les textes officiels ?  

« La délivrance d'une certification professionnelle se fait via une autorité ou un organisme valideur. Le ministère de l’Education nationale pour les enseignants. Cette certification professionnelle est accessible par formation ou par validation des acquis de l'expérience (VAE).

Toute démarche de validation de compétences professionnelles, qu’elles aient été acquises par la formation ou par l’expérience, se concrétise par un examen durant lequel un jury évalue et prend la décision de valider, ou non, la prestation des candidats en vue de leur attribuer un titre professionnel ou un certificat. La certification de qualification professionnelle atteste comme le diplôme d’une formation.

Une certification de qualification professionnelle est une reconnaissance officielle d’un parcours de formation, matérialisée par un document. Elle certifie l’acquisition de savoirs et de compétences dans une spécialité professionnelle. Elle traduit aussi un potentiel de compétences et d’aptitudes à travers le parcours de formation réalisé. »

Dans l’enseignement du premier ou second degré, existent aussi les « certifications complémentaires ». Les certifications complémentaires permettent à des professeurs stagiaires ou titulaires de faire reconnaître une aptitude supplémentaire ne relevant pas du champ de leur concours. Cet examen est donc destiné à ceux qui souhaitent valider des compétences particulières (uniquement pour le second degré) comme par exemple des compétences artistiques (enseignement du cinéma, de la danse, de l'histoire de l'art ou du théâtre) ou linguistiques (enseignement du français langue seconde ou intervention en section européenne ou internationale).


Lorsque le SNUipp fait allusion à la « certification directeur obtenue comme la certification formateur », il induit en erreur les collègues directeurs d’école. Certes, il existe bien une « certification formateur » mais elle ne concerne en rien le « maître formateur » auquel chacun pense immédiatement. Cette certification est, en réalité, destinée à valider la qualification des formateurs pour adultes dans le cadre de la formation des Greta… « Le parcours certification formation de formateur est un processus pédagogique qui valide et valorise les savoirs acquis et favorise leur transformation en compétences opérationnelles du formateur. »

Le maître formateur justifie du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur et de professeur des écoles maître formateur (CAFIPEMF). 

 

 

En outre, la certification renvoie à un certain nombre d’interrogations puisqu’elle ne peut être délivrée que suite à une formation ou une VAE.

Retrouverait-on une situation similaire à celle du passage du corps des instituteurs à celui des PE ? Avec son lot d’injustices liées à la limitation des crédits inhérents à l’admission d’un certain quota chaque année ?

Exigerait-on de directeurs dévoués dans leur fonction depuis de longues années qu’ils attestent de leurs compétences pour poursuivre leur carrière ?

Un directeur débutant mais « certifié » aurait-il priorité pour le choix d’un poste sur un « ancien » non « certifié » mais qui a fait ses preuves depuis longtemps ?

Verrait-on une direction à deux vitesses selon que le directeur est certifié ou non avec indemnités et moyens différents ?

Qu’adviendrait-il de ceux qui échouent aux épreuves de validation de la certification ? Devraient-ils abandonner leur fonction et leur poste ? 

 

Autre question, last but not least, qu’apporterait vraiment cette « certification directeur » ?

Serait-elle suffisante pour permettre aux directeurs d’école de mieux exercer leur « métier » ? On peut en douter. Assurerait-elle un meilleur fonctionnement de l’école ? Probablement pas.

En revanche, ce qui est certain, c’est qu’elle figerait pendant de longues années la question d’une vraie reconnaissance statutaire des directeurs d’école. Le précédent de 2006 est encore présent dans toutes les mémoires. A-t-on oublié que la signature du protocole, qui a permis de faibles avancées, a eu pour conséquences de geler toute évolution du dossier jusqu’à ce jour ? 


On comprend mieux, également, pourquoi cette proposition syndicale recueille, semble-t-il, les faveurs du ministre de l’Education nationale. En effet, il peut « offrir » aux directeurs une forme de reconnaissance de leur métier sans déplaire au principal syndicat enseignant du premier degré. 
La certification lui permet surtout de ne pas s’engager dans une réforme de fond trop dispendieuse qu’il ne pourrait assumer financièrement en ces temps de contrainte budgétaire. Rappelons-nous ce que déclarait Vincent Peillon le 11 juillet 2012 devant les députés de la commission des affaires culturelles :    

« Parmi les questions qui sont plus particulières, la question des directeurs d’école reviendra sans cesse. Il y a beaucoup d’écoles en France. Nous n’avons pas aujourd’hui la possibilité de donner ce statut. Nous allons déjà, puisque la question n’a pas été posée, il y a des réponses du gouvernement, faire en sorte que ceux qui les aident, en particulier ces fameux contrats aidés, soient renouvelés. » 


Le problème de la reconnaissance des directeurs d’école est trop important pour qu’il ne soit codifié que par le biais d’une « certification ». Une certification qui n’apporterait que des ersatz de solutions et ne réglerait en rien les problèmes structurels du fonctionnement de l’école primaire.

N’est-ce pas Vincent Peillon lui-même qui, le 24 octobre dernier, lors d’une nouvelle audition devant la commission des affaires culturelles, déclarait aux députés : « La question des directeurs d'école doit être traitée avec beaucoup de sérieux »… 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 13:11

 

 

Ce mercredi 24 octobre, le ministre de l’Education nationale répondait aux questions des députés membres de la Commission des Affaires Culturelles de l’Assemblée nationale. L’occasion pour Vincent Peillon d’annoncer l’ouverture d’un dialogue avec les associations de directeurs et les syndicats. Nous publions, ci-après, dans son intégralité, le verbatim de l’intervention du ministre.  

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 « Les directeurs d’école, c’est un sujet qui mérite d’être abordé avec beaucoup de responsabilité. Sinon, d’ailleurs, je ne comprends pas ce qui fait que leur situation n’a pas évolué depuis tant de temps et en particulier dans les dix dernières années.

Je rappelle quand même que les syndicats du primaire sont eux-mêmes attachés à un statut non hiérarchique. C’est la tradition de l’école primaire française et si vous vous risquez sur ce terrain, vous serez surpris des résultats.

Deuxièmement, que la question qui se pose, c’est aussi le statut de l’établissement puisque vous savez sans doute que l’école élémentaire n’est pas un établissement public local d’éducation.

Et vous savez que lorsqu’on entre dans le débat de les rattacher à d’autres établissements, soit vous en créez, sois vous les rattachez à d’autres établissements, nous avons là des oppositions importantes.

Cela étant, il est vrai que la question des directeurs d’école doit être traitée et là, avec beaucoup de sérieux et dans un dialogue avec eux que j’ouvrirai d’ailleurs au 1er trimestre 2013. A la fois avec les associations de directeurs d’école mais aussi avec les syndicats.

Les directions qui me semblent de ce point de vue-là devoir être suivies, c’est qu’il faut… c’est la question des décharges, du temps pour accomplir mieux les missions qui sont les leurs, qui sont des missions sans cesse plus complexes, plus diverses… Certaines avancées, d’ailleurs, avaient été faites, modestes de ce point de vue-là, mais quand même précédemment. Il faut reposer cette question sur la table. L’aide, ça a été dit, pour le travail administratif et dans les bons délais.

Je vous rappelle que, dans la suppression des emplois aidés et non budgétés par le gouvernement précédent lorsque nous sommes arrivés, il y avait les accompagnements qui servent aux enfants handicapés et il y avait, évidemment, l’aide aux directeurs d’école. Elle est pour nous indiscutablement une priorité, et donc s’il manque de l’aide administrative aux directeurs d’école, ce que j’entends, nous aurons à apporter des réponses en terme directement quantitatif.

De la formation, évidemment. Les directeurs d’école sont demandeurs aujourd’hui de formation, et vous venez d’évoquer la formation continue.

Peut-être d’une certification ou d’une reconnaissance qui pourrait justifier, d’ailleurs, un certain nombre d’évolutions indemnitaires.

Ces questions sont évidemment à débattre dans le temps que j’ai indiqué et nous connaissons la difficulté des uns et des autres à assumer leurs tâches. »  

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Que retenir de cette intervention du ministre devant la commission des Affaires Culturelles de l’Assemblée nationale ? D’abord que le malaise des directeurs d’école est perçu dans les sphères gouvernementales. Est-ce nouveau ? Non. Dès 1987, René Monory (avec la réforme avortée des « maîtres directeurs ») s’était penché sur le problème. Depuis, tous les ministres de l’Education nationale ont évoqué au cours de leur passage rue de Grenelle la nécessité de revoir la situation des directeurs d’école. Aucun n’a eu la volonté et le courage de se heurter au refus des syndicats qui faisaient de ce dossier un « casus belli ». Tous ont quasiment tenu les mêmes propos : « il faudrait créer un statut de directeur d’école mais les syndicats n’en veulent pas… »

Il est à noter que Vincent Peillon est dans le même état d’esprit de soumission aux syndicats du primaire. Il en fait part, à plusieurs reprises, devant la commission des Affaires Culturelles lorsqu’il déclare notamment au sujet du statut : «…si vous vous risquez sur ce terrain, vous serez surpris des résultats… » ou encore « Et vous savez que lorsqu’on entre dans le débat de les rattacher à d’autres établissements, soit vous en créez, sois vous les rattachez à d’autres établissements, nous avons là des oppositions importantes. »

 

Il est à noter également que le ministre, dans sa démonstration involontaire de soumission aux syndicats, commet une erreur importante lorsqu’il déclare : « Je rappelle quand même que les syndicats du primaire sont eux-mêmes attachés à un statut non hiérarchique. »

Pour un lecteur non averti, cette phrase laisse supposer que les syndicats sont attachés à un statut à condition qu’il ne soit pas hiérarchique. On est évidemment loin de la réalité puisque les principales centrales syndicales ne veulent pas entendre parler d’un statut de directeur d’école. Même le SE-Unsa qui a largement médiatisé son enquête sur le malaise des directeurs d’école ne souffle mot des réponses à la 4ème série de questions dont les réponses sont pourtant claires en faveur d’un statut et même où se dégage une nette majorité pour un statut hiérarchique ! « No comment » sur ce sujet embarrassant…

 

Certes, les positions syndicales ont évolué. L’idée de reconnaître, par un statut, « le travail » du directeur (et non le directeur lui-même) est avancée par le SNUipp qui précise, dans la foulée, « Force est de constater que l'entrée par le seul statut mène vite à une impasse d'un point de vue réglementaire comme budgétaire. En quoi cela améliorerait-il le fonctionnement de l'école ? ». Le SNUipp a le mérite d’être clair et sans ambiguïté…

Le SE-Unsa admet librement que les directeurs d’école n’exercent plus une simple fonction mais bel et bien un métier. Sans toutefois encore, se prononcer pour un statut du directeur. « Dans son dernier « 8 pages » consacré au « fonctionnement et direction d’école », ce syndicat réussit l’exploit de n’utiliser qu’à deux reprises le terme « statut » ! Et encore, pas pour le reprendre à son compte mais simplement pour rapporter les résultats d’une enquête ou le verbatim de collègues interrogés ! », écrivions-nous dans notre article du 12 octobre.

 

Devant la commission des affaires Culturelles de l’Assemblée nationale, le ministre a aussi évoqué une piste : « Peut-être d’une certification ou d’une reconnaissance qui pourrait justifier, d’ailleurs, un certain nombre d’évolutions indemnitaires. »… « Certification »… Cette proposition, c’est celle du SNUipp. Manifestement, elle semble avoir retenu l’attention du ministre. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que ce syndicat bénéficie de certaines accointances dans les sphères ministérielles.

Une « certification »… Voilà une solution qui pourrait satisfaire ceux qui refusent ouvertement ou secrètement l’idée même d’un statut pour les directeurs d’école. Une solution qui aurait le double avantage de montrer qu’on a traité « avec sérieux » le problème de la direction d’école et de permettre « un certain nombre d’évolutions indemnitaires »… Ce serait, bien évidemment, une forme de reconnaissance mais il y a fort à craindre que cette avancée ne serait pas un premier pas vers un statut mais plutôt une manière d’enterrer cette revendication pour un certain nombre d’années voire définitivement.

 

Le ministre a également évoqué le rapprochement avec d’autres établissements. Il pensait naturellement au regroupement de l’école et du collège par le biais de « l’école du socle » en une seule structure correspondant à la scolarité obligatoire. Pour le SNES c’est une fin de non-recevoir :

« Alors que le projet d’« Ecole du socle », contesté dans la concertation, n’avait pas été repris par le rapport sur la « refondation de l’Ecole », le ministre, contrairement à ses propos au Conseil supérieur de l'éducation du 11 octobre, semble vouloir le réintroduire par le biais d’une expérimentation inscrite dans la loi... Non seulement cette fusion est rejetée par la masse des enseignants du second degré, mais, de plus, elle ne répond pas aux constats faits par tous sur l’origine des difficultés rencontrées par 15 à 20% des élèves en fin de CM2. Ces expérimentations, moins laboratoires d’évolutions du système éducatif que tentatives de généralisation par le local, conduiraient même à remettre en cause la structuration disciplinaire du second degré et le statut des enseignants en imposant à certains professeurs en collège de devoir enseigner dans le premier degré et réciproquement .» déclare le SNES. 

Autant dire que cette idée est vouée à rester dans les placards tant on sait que Vincent Peillon n’est pas homme à entrer en conflit avec les syndicats enseignants.

N’aura-t-il, alors, d’autre choix que de créer, sous une forme ou sous une autre, des établissements publics locaux d’éducation (EPEP version EPLE) ou se cantonner dans le statu quo ? Vaste débat et question difficile pour le ministre…   

 

Alors, que faut-il vraiment retenir de la déclaration de Vincent Peillon ce 24 octobre ? Essentiellement l’annonce d’ouvrir un dialogue dès le 1er trimestre 2013 « à la fois avec les associations de directeurs d’école mais aussi avec les syndicats. »

Ce ne sera pas la première fois qu’un ministre écoute les doléances des directeurs d’école. Cette fois, seront-elles entendues…?

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 17:06

 

La concertation sur la refondation de l’école a donné lieu à une longue réflexion de 3 mois. Le rapport final a été écrit et remis. Le Président de la République  s’est précipité à la Sorbonne pour rappeler sa promesse de campagne de faire de l’école une priorité. Il a alors indiqué ce qu’il retenait de ce rapport. Mais dans un discours aussi insipide que creux… discours qui a immédiatement suscité la déception des observateurs.

« Tout ça pour ça ? », lit-on dans l’Express sous la plume de Laurence Debril qui dresse un premier bilan : « La tiédeur des propositions finales est aussi politique et stratégique. Les dossiers qui fâchent sont peu abordés : la réforme du lycée engagée par la droite est à peine remise en question, la problématique du baccalauréat tout juste effleurée. Comme la formation des maîtres, sujet pourtant crucial. Le thème du socle commun (ensemble de connaissances qui doivent être acquises à la fin de la scolarité obligatoire), dossier qui divise, qui implique une refonte des programmes, est évoqué avec prudence. Surtout, les propositions avancées sont pour la plupart déjà dans les tiroirs et reprennent des idées lancées par Vincent Peillon - voire par Nicolas Sarkozy -, comme la nécessité de créer des passerelles entre le primaire et le collège ! ».

Dans Le Point, Marie-Sandrine Sgherri est très sévère : « Hollande a raté son rendez-vous avec l'école. Il a oublié d'indiquer ce cap qu'attend l'institution depuis au moins 1989, et la grande loi Jospin qui entérinait la massification du secondaire et fixait dans les textes l'objectif des 80 % d'une classe d'âge au bac. En lieu et place, derrière les grandes phrases un peu creuses qui sont le lot de ce type de discours, il y a certes un engagement budgétaire : la loi de programmation va graver dans le marbre les 60 000 créations de poste sur cinq ans promises pendant la campagne. Mais ce n'est pas un projet pour l'école ”.

Marie Duru-Bellat, sociologue spécialiste de l'éducation, s’exprime dans le Nouvel Obs. Si elle considère que les mesures annoncées vont dans le bon sens, elle les trouve elle aussi, bien timides et esquivant les sujets qui fâchent. Par exemple « la question des grandes vacances est évacuée aux calendes grecques. Or les vacances créent autant d’inégalités que les journées trop longues : lorsque les vacances sont trop longues, les enfants des milieux défavorisés, qui sont souvent désœuvrés, désapprennent. »  Comme Philippe Meirieu, elle critique la forme qu’a pris la concertation : « elle s’est sans doute déroulée dans un cercle trop fermé, puisant essentiellement dans le milieu de l’Éducation nationale, les parents et les associations proches de l’école, soit des acteurs directement impliqués. On n’avait guère le temps de ratisser plus large, comme dans certaines concertations antérieures ; cela débouche sur un rapport incontestablement moins approfondi que certains précédents, comme le rapport Thélot sur l’avenir de l’école, en 2004. Tout comme l’école peine à capitaliser ses innovations, elle peine à capitaliser ses concertations ! »
 

Dans La Croix le sociologue François Dubet critique également la démarche de la concertation et trouve que le rapport « – bien moins radical que celui publié il y a deux ans par la Cour des comptes – est extrêmement discret sur tous les points vraiment susceptibles de réformer en profondeur le système. » Pour lui, il faudrait se montrer plus volontaire : « Si Vincent Peillon met en œuvre les préconisations issues de la concertation, l’école fera un pas en avant. Mais elle ne sera pas pour autant refondée. Son état est si mauvais que le gouvernement doit se montrer plus hardi que les auteurs du rapport. Quitte à s’appuyer davantage sur l’opinion publique, sur les parents et sur les élus locaux. Quitte à entrer dans une situation conflictuelle avec les syndicats. » 

Deux jours plus tard, le ministre de l’Education nationale communiquait ses arbitrages. Tout était déjà connu, programmé, annoncé. Aucune surprise. Vincent Peillon se donne maintenant un mois pour rencontrer les « corps intermédiaires » avant de délivrer à la représentation nationale une loi de programmationVoilà donc le grand chantier de la « refondation » sur le point de refermer ses portes. Des portes qui n’auront pas été ouvertes aux enseignants, faute de temps, assure-t-on. En effet, la concertation n’aura concerné que les « 5000 permanents de l’Education nationale » selon Philippe Meirieu. 

Les enseignants n’ont pas été consultés, les directeurs d’école ne seront pas directement concernés par les arbitrages ministériels.

Certes, page 51 du rapport, figure une phrase que nous avons relevée « Définir enfin un véritable statut des directeurs d’école et leur donner les moyens pour qu’ils puissent accomplir l’ensemble de leurs missions et devenir les interlocuteurs reconnus de leurs partenaires ». Rien de nouveau puisque tous les rapports et synthèses de ces dernières années font la même recommandation jamais prise en considération. 


Si les directeurs d’école sont les oubliés de la refondation c’est aussi et surtout parce que leurs revendications ne sont pas portées par les « grandes » centrales syndicales. Faux semblants, démagogie, tromperie… les « représentants » syndicaux ne reculent devant aucun artifice pour évacuer le problème de la direction d’école et reporter à toujours plus tard les solutions connues de tous. 


Nous avons récemment évoqué les contorsions du SGEN-CFDT et du SNUipp-FSU. Dans une interview au Café pédagogique,  Thierry Cadart, Secrétaire général du Sgen, réussit le tour de force de parler de la « structure administrative » de l’école sans jamais évoquer le directeur si ce n’est pour rappeler que les collègues ne souhaitent pas « avoir un petit chef sur le dos »…

Dernièrement, nous avons publié de larges extraits du supplément à « Fenêtre sur cours » consacré à « la direction et au fonctionnement de l’école ».  Le SNUipp y renouvelle ses vieilles lunes et son hostilité au statut pour le directeur : « Force est de constater que l'entrée par le seul statut mène vite à une impasse d'un point de vue réglementaire comme budgétaire. En quoi cela améliorerait-il le fonctionnement de l'école ? » Pour le SNUipp, ce n’est pas le directeur qui doit être reconnu par un statut mais… le travail qu’il réalise !!! « C'est lui [le travail] qui doit avoir un statut particulier, lui qui doit être reconnu pour être bien réalisé et non empêché. » On croit rêver devant une telle ânerie ! 


Quant au SE-Unsa, lui qui donnait l’impression d’être le plus avancé dans la réflexion qui mène à la reconnaissance du directeur d’école, le voilà englué dans ses hésitations et interrogations, ce qui revient finalement à opter pour le conservatisme et le statu quo.
Dans son dernier « 8 pages » consacré au « fonctionnement et direction d’école », ce syndicat réussit l’exploit de n’utiliser qu’à deux reprises le terme « statut » ! Et encore, pas pour le reprendre à son compte mais simplement pour rapporter les résultats d’une enquête ou le verbatim de collègues interrogés ! 


On peut comprendre l’embarras du SE-Unsa lorsqu’il interroge les enseignants et que ceux-ci lui retournent des réponses en totale opposition avec les positions de ses responsables départementaux et nationaux.

Ainsi, une très nette majorité des 8300 réponses (dont 7500 proviennent de directeurs) prend clairement position pour un statut hiérarchique !

54% ne sont pas d’accord pour estimer que « le directeur doit rester un pair sans fonction hiérarchique ».

74% pensent que « le directeur doit avoir le pouvoir de répartir les élèves et attribuer les classes ».

72% souhaitent que « le directeur procède à une appréciation administrative du service des adjoints ».

 

La gêne du SE-Unsa est perceptible dans la description des résultats. Alors que pour chacune des catégories de questions, le titre résume simplement les résultats, pour la partie correspondant à la dernière série, le titre est accompagné d’un point d’interrogation : « Fonction hiérarchique ? ». Les réponses sont pourtant claires et sans ambiguïté.

Le rédacteur de l’article écrit :

« Fonction hiérarchique ?

Responsable de tout et le pouvoir sur rien, tel est le sentiment des directeurs qui se traduit fréquemment par la demande d’un statut. Ecartelés entre les injonctions, la multitude des demandes, des attentes et l’impossibilité réglementaire de décider, de trancher, les réponses de la quatrième semaine montrent la volonté d’avoir le pouvoir sur ce qui relève de leur responsabilité : répartition des élèves et attribution des classes, horaires de l’école, surveillance. »

Voilà les demandes des directeurs réduites à leur plus simple expression… Un statut version light vu par le SE-Unsa ? 
Si, dans la rubrique « Ils disent » ce syndicat reproduit une phrase prononcée par un collègue « Le directeur d’école doit avoir un statut clairement défini sur la base de ces propositions », nul ne sait ce que pense le SE-Unsa et ce qu’il fera de cette enquête dont il disait pourtant qu’elle serait un outil dans la discussion sur la refondation de l’école. Oui, mais, voilà : c’était avant d’en connaître les résultats…


Est-ce alors le hasard si les résultats sont publiés au moment où s’achève la concertation ministérielle ? Zut ! manque de chance pour les directeurs d’école… Le SE-Unsa gardera-t-il au chaud les résultats de cette enquête jusqu’à la prochaine discussion sur l’école, lors de la prochaine élection présidentielle ?

Décidément, la refondation de l’école n’est pas pour les directeurs d’école… « Le changement, c'est maintenant » ? Peut-être, mais pas pour eux…  

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 17:34

Ben_Deception 

 

Mercredi 11 juillet, la commission des affaires culturelles a auditionné Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale, et George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la réussite éducative.

Après un long préambule du ministre de l’Education nationale, des députés ont pu l’interroger sur différents points touchant à des domaines très divers de l’éducation en France.

Nous avons retenu l’intervention du député UMP Frédéric Reiss, auteur en 2010 d’un rapport sur la mission que lui avait confiée le Premier Ministre concernant " le statut des directeurs et le statut des écoles ".

Dans son intervention, Frédéric Reiss a notamment interrogé le ministre sur le statut des directeurs d’école. Nous reproduisons ci-après les extraits significatifs relatifs au statut du directeur : les questions du député et la réponse du ministre.

 

Frédéric Reiss, député UMP

 « …Moi, j’ai la conviction que la réforme de l’université que nous avons menée à bien lors de la 13ème législature a été une avancée majeure pour notre pays : plus d’autonomie et en contrepartie plus d’évaluation.

Pour l’école, ne faudrait-il pas s’inspirer de cette méthode en donnant une plus grande autonomie aux établissements et en encourageant l’expérimentation ?

La priorité au primaire, je crois que beaucoup de gens la partagent et notamment depuis ces différents rapports que nous avons eus sur le sujet et je voudrais vous interroger sur la direction d’école.

Allez-vous dans la direction du statut de directeur d’école ?

Allez-vous améliorer les regroupements scolaires ?

Envisagez-vous des établissements publics d’enseignement primaire (EPEP) ? »

 

Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale

« …Parmi les questions qui sont plus particulières, la question des directeurs d’école reviendra sans cesse. Il y a beaucoup d’écoles en France. Nous n’avons pas aujourd’hui la possibilité de donner ce statut. Nous allons déjà, puisque la question n’a pas été posée, il y a des réponses du gouvernement, faire en sorte que ceux qui les aident, en particulier ces fameux contrats aidés, soient renouvelés. Ça concernait pour 4000 les directeurs d’école et il y aura renouvellement, et donc vous pouvez rassurer dans vos départements, 12 000 c’est à dire en gros l’intégralité des contrats aidés qui venaient à échéance fin juin et qui ont mis les personnes dans des situations de très grande contrariété et difficulté.

Après, si l’on veut évoluer, il faut évoluer dans une réflexion qui est une réflexion quand même de coordination, je sais que c’est tr ès difficile, mais entre le collège et l’école primaire. Il faut, là, qu’il y ait quand même une réflexion qui soit poursuivie. Il y a un certain nombre d’expérimentations qui existent, je ne les arrêterai pas… et je souhaite que la loi vienne reconnaître le statut de l’expérimentation… »

 

Pouvait-on s’attendre à une autre réponse du ministre de l’Education nationale ? Non, bien entendu et nous l’avions déjà écrit à maintes reprises sur ce site. En effet, durant la campagne présidentielle, l’éducation a été très largement absente des débats.

Il suffit de relire certains de nos articles publiés à ce moment-là :

Le 05/02 « l’école au cœur de la campagne présidentielle : ne rêvons pas… »

Le 17/02 « les directeurs d’école ou les grands oubliés de la campagne présidentielle »

Le 19/05 « pour les directeurs d’école, le changement, c’est… quand ? »

 

Dans ce dernier article, nous écrivions ceci :

« Lorsqu’il évoquait « la France du dévouement », Vincent Peillon pensait-il aussi aux directeurs d’école ? Il faut hélas souligner qu’à aucun moment, durant la campagne présidentielle, il n’aura été fait allusion aux difficultés rencontrées par ceux qui ne peuvent mieux correspondre à l’expression ministérielle « la France du dévouement ». Ni par le candidat, ni par le futur ministre, ni par les syndicats d’enseignants.

Le 17 février 2012, nous écrivions : « François Hollande a prononcé un grand discours sur l'Ecole et la Nation, à Orléans le 9 février. Dans un texte ne comprenant pas moins de 9162 mots, pas une seule fois l’on retrouve le mot « directeur » ni l’expression « statut du directeur d’école » ! Fallait-il d’ailleurs l’attendre du candidat socialiste ? Ses conseillers pour l’éducation avaient très clairement balayé le sujet. Bruno Julliard ne s’en cache pas : « Pour être très direct, je ne crois pas que la question du pouvoir ou de l’augmentation du pouvoir des directeurs d’école, encore moins la création d’un établissement public d’enseignement autonome soient une priorité. D’abord parce que c’est coûteux, ensuite parce qu’on a probablement d’autres chantiers prioritaires qui vont mobiliser et de l’engagement politique et de l’engagement économique. »
 

Est-ce à dire que pour les directeurs d’école ce quinquennat sera, de nouveau, un quinquennat pour rien ? Il y a fort à craindre que ce ne soit le cas. »

 

Hélas, deux mois après l’élection de François Hollande, les faits nous donnent raison. Trois fois hélas !

Il faut également regretter le manque de considération de notre ministre pour les directeurs d’école. Dans sa réponse à Frédéric Reiss, ce 10 juillet, il balaie le problème d’un revers de main. Sa réponse tient en trois courtes phrases : « la question des directeurs d’école reviendra sans cesse. Il y a beaucoup d’écoles en France. Nous n’avons pas aujourd’hui la possibilité de donner ce statut. »

Aucun mot sur les difficultés rencontrées, pas la moindre affirmation laissant penser que le gouvernement va s’atteler à rendre la fonction moins pénible, à défaut de parler de « métier »… Pas le moindre signe de reconnaissance… Aucun espoir de voir la situation s’améliorer… Rien !

Rien… Les nombreux représentants syndicaux qui gravitent dans l’entourage du ministre auraient-ils déjà phagocyté la politique du gouvernement à l’égard de « la direction et du fonctionnement de l’école » ?

Rien… si ce n’est une allusion à « la coordination entre le collège et l’école primaire ». Une allusion inquiétante car elle pourrait, à terme, signifier la disparition du directeur d’école dans une école primaire englobée dans un vaste établissement piloté par un principal de collège…

 

« Est-ce à dire que pour les directeurs d’école ce quinquennat sera, de nouveau, un quinquennat pour rien ? Il y a fort à craindre que ce ne soit le cas » écrivions-nous le 19 mai…

Deux mois plus tard, la réponse nous vient du ministre lui-même et de façon on ne peut plus claire : « Nous n’avons pas aujourd’hui la possibilité de donner ce statut ». Les directeurs d’école apprécieront…


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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 12:06

 

      

« Le changement, c’est maintenant ! ». Tel était et demeure le slogan du candidat François Hollande devenu Président de la République.

Ce slogan prend toute sa valeur dans le domaine de l’Education nationale. Le nouveau ministre, Vincent Peillon, utilise les mêmes mots que le Président : « refonder l’école de la République ».

Ainsi que nous l’avons souvent écrit sur ce blog, les années Sarkozy ont été une véritable catastrophe pour l’école. La RGPP que nous n’avons eu de cesse de dénoncer a produit des ravages considérables qui exigeront des efforts longs et coûteux pour qui s’attellera à les effacer. La tâche est immense.
 

Le projet de François Hollande comporte diverses mesures : 
 

 -         la création de 60 000 emplois dont 1 000 postes d’enseignants dans le primaire dès cette rentrée 2012

-         le retour de la formation des maîtres anéantie par la réforme de la mastérisation alliée à la RGPP 

-     la définition du métier d’enseignant dont on peut craindre qu’il ne s’agisse d’une mesure visant à allonger le temps de présence des professeurs dans les établissements. Si l’Unsa et quelques syndicats réformistes se disent prêts à en discuter, d’autres centrales syndicales se montrent plus réticentes. 

-        la réaffirmation du socle commun et du collège unique. Vaste débat loin de faire l’unanimité… 

-        le retour à la « semaine de cinq jours ».
 

La semaine de cinq jours... Une mesure symbolique qui a déjà fait couler beaucoup d’encre… Une réforme nécessaire mais complexe… Un réforme à tiroirs qui touche de nombreux aspects scolaires ou péri-scolaires : l’horaire journalier (5 ou 6 heures), l’horaire hebdomadaire (24, 26 ou 27 heures de cours), le temps de présence des enseignants, le raccourcissement ou non des vacances d’été, le rétablissement des RASED et la suppression de l’aide personnalisée, la redéfinition des programmes scolaires, la prise en charge par les collectivités territoriales des frais afférents à cette modification (transports scolaires, présence de personnels municipaux, ATSEM ou entretien, chauffage, électricité…), fonctionnement des clubs sportifs et des associations culturelles…etc.
 

D’autres mesures ont également été annoncées. Elles feront l’objet de négociations avec les syndicats. Cependant, si Vincent Peillon a insisté sur la nécessité de « renouer le dialogue social, il a prévenu qu'il n'y aurait pas de cogestion. »

Une "grande loi d'orientation et de programmation" est prévue pour l'automne. Le gouvernement veut aller vite. Trop vite, peut-être, pour les syndicats qui n’aiment pas être « bousculés » dans les discussions ministérielles. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli. La FSU a pris les devants et publié un communiqué qui laisse augurer un état de grâce des plus réduits pour le ministre : « Il faut maintenant une réelle rupture avec les politiques menées ces dernières années et les mesures d'austérité, qui ne sont pas les réponses pour relancer notamment l'emploi et le pouvoir d'achat ». Voilà Vincent Peillon prévenu. En spécialiste de l’éducation, il n’ignore pas que sa marge de manœuvre sera étroite et que les principaux syndicats sont divisés et toujours prompts à la surenchère… 
 

Et c’est justement sur le plan du pouvoir d’achat que les premières difficultés risquent de se faire jour très rapidement. Si Vincent Peillon reconnaît volontiers que « nos professeurs sont payés en moyenne 20% de moins que dans les autres pays comparables », il sait aussi que les caisses de Bercy sont vides. Et il prend soin d’ajouter quelques phrases qui ne seront certainement pas du goût des syndicats et des enseignants eux-mêmes :

« François Hollande a fait un choix qui a été très bien compris par les professeurs, c’est d’abord les élèves. Car tout le monde n’est pas toujours à se préoccuper d’abord de son intérêt particulier. Ceux qui ont la mission d’enseigner veulent la réussite des élèves. Et la question du métier lui-même et du traitement du métier sera importante. Mais vous savez, derrière ce que veulent les enseignants et y compris les très jeunes, François Hollande les a rencontrés, il en a été très surpris, il me l’a dit à plusieurs reprises, et les professeurs des lycées… jamais dans les réunions privées, ils ne lui ont parlé d’argent. Jamais. Ils lui ont parlé des conditions matérielles et morales pour faire réussir leurs élèves. Il y a encore une France du dévouement. Il y a une France qui porte des valeurs… »
 

Lorsqu’il évoquait « la France du dévouement », Vincent Peillon pensait-il aussi aux directeurs d’école ? Il faut hélas souligner qu’à aucun moment, durant la campagne présidentielle, il n’aura été fait allusion aux difficultés rencontrées par ceux qui ne peuvent mieux correspondre à l’expression ministérielle « la France du dévouement ». Ni par le candidat, ni par le futur ministre, ni par les syndicats d’enseignants.

Le 17 février 2012, nous écrivions : « François Hollande a prononcé un grand discours sur l'Ecole et la Nation, à Orléans le 9 février. Dans un texte ne comprenant pas moins de 9162 mots, pas une seule fois l’on retrouve le mot « directeur » ni l’expression « statut du directeur d’école » ! Fallait-il d’ailleurs l’attendre du candidat socialiste ? Ses conseillers pour l’éducation avaient très clairement balayé le sujet. Bruno Julliard ne s’en cache pas :« Pour être très direct, je ne crois pas que la question du pouvoir ou de l’augmentation du pouvoir des directeurs d’école, encore moins la création d’un établissement public d’enseignement autonome soient une priorité. D’abord parce que c’est coûteux, ensuite parce qu’on a probablement d’autres chantiers prioritaires qui vont mobiliser et de l’engagement politique et de l’engagement économique. »
 

Est-ce à dire que pour les directeurs d’école ce quinquennat sera, de nouveau, un quinquennat pour rien ? Il y a fort à craindre que ce ne soit le cas. Pourtant, en paraphrasant le chercheur Bruno Suchaut qui s’exprimait dans le Café Pédagogique sur les leviers sur lesquels s’appuyer pour faire vraiment bouger l’école, nous pourrions dire : « le temps n’est plus à multiplier les expertises sur la direction d’école et l’effet chef d’établissement, de nombreux rapports récents ont pu dégager les problèmes essentiels et des pistes pour améliorer la situation. Il s’agit donc davantage à présent de mettre en œuvre les réformes suggérées par les analyses plutôt que de commenter encore les maux bien connus de notre système. C’est évidemment un travail de longue haleine mais l’impulsion à donner pour atteindre cet objectif doit être immédiate. »

« Le changement, c’est maintenant ! »… Pour les directeurs d’école, c’est quand ?

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 22:52

 

A plusieurs reprises, dans ces colonnes, nous avons dénoncé le sort réservé à l’aide administrative apportée ici ou là aux directeurs d’école.

Le 9 septembre 2010 : « L’aide administrative aux directeurs d’école remise en cause »…

Le 6 juin dernier, nous exprimions de nouveau nos craintes dans un article intitulé : « Suppression des contrats aidés, les directeurs d’école en première ligne… »

Aujourd’hui, le doute n’est plus permis, les faits sont là : l’aide administrative aux directeurs d’école actée par un protocole d’accord signé en 2006 par le ministre et le SE-Unsa est condamnée à très court terme.

Ainsi, le 4 juillet 2011, dès le début des vacances d’été, le ministère a donné instruction aux recteurs de mettre un terme aux contrats EVS mis à la disposition des directeurs.

Le SGEN-CFDT 59 publie le courrier envoyé par Madame le Recteur de Lille aux chefs d’établissement et agents comptables chargés de la gestion des contrats aidés :

 

« La qualité de l’accompagnement des élèves handicapés est au cœur des préoccupations du gouvernement.
Par courrier daté du 4 juillet 2011, la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire du Ministère de l’Education nationale m’informe que les contrats aidés seront progressivement remplacés par des contrats d’assistant d’éducation.

Cette priorité présidentielle sera mise en œuvre dès septembre 2011 et poursuivie en 2012. A terme, l’accompagnement des élèves handicapés sera pris en charge exclusivement par des assistants d’éducation mieux formés, plus qualifiés e recrutés pour accompagner dans la durée les enfants handicapés.

 

Pour respecter cet objectif, les renouvellements et les nouvelles contractualisations de contrats aidés devront être exclusivement réservés à l’accompagnement des élèves handicapés.

 

Aussi, plus aucune prise en charge financière complémentaire ne sera effectuée à compter du 8 juillet 2011 sur des missions en assistance administrative du directeur d’école, y compris pour les contrats n’ayant pas atteint la durée maximum.

 

Par analogie avec la gestion des personnels recrutés en contrats aidés en accompagnement des élèves handicapés, je vous remercie de vous positionner en qualité d’employeur de ces nouveaux contrats d’assistants d’éducation sur des missions assistants de scolarisation (ASCOL). »

 

A cette rentrée, ce sont environ 6.000 directeurs d’école qui vont donc perdre l’aide administrative à laquelle ils avaient droit. Pour la plupart d’entre eux, la surprise sera de taille puisque l’Administration n’a même pas le moindre des égards pour avertir ses agents ! 

Les syndicats réagissent dans l’urgence.  

 

Le SGEN-CFDT invite les collègues à profiter des réunions de rentrée de directeurs pour :

- dénoncer cette mesure et faire transmettre leur désaccord par leur IEN

- envisager au sein des circonscriptions des actions collectives  

 

Le SE-Unsa appelle les directrices et directeurs d’école, en lien avec les personnels à commencer l’action en bloquant dès la rentrée les remontées administratives, et ce, sur tout le mois de septembre. Il propose aux conseils des maîtres de voter une motion de blocage des remontées administratives durant le mois de septembre. Certes, l’intention est louable mais comment croire un instant que les adjoints se sentent concernés par l’aide administrative accordée aux directeurs d’école ? Cette façon de procéder est coutumière au SNUipp. Force est de constater qu’elle n’a jamais donné le moindre résultat.

Pour le SE-Unsa, « il s’agit de faire valoir notre revendication d’un secrétariat administratif pérenne. Le SE-Unsa appelle les directeurs à n’effectuer aucune remontée administrative en septembre à commencer par le constat des effectifs (sauf si besoin d’une ouverture de classe). Ils ne répondront donc à aucune enquête de l’inspection académique ou de la circonscription (langue, APE, PPRE…). Le SE-Unsa informe le ministre et les Inspecteurs d’Académie de cette action et demande l’ouverture immédiate de discussions. »  

 

Le SNUipp relève, lui aussi, l’inquiétude des directeurs d’école. Interrogé, Sébastien Sihr, Secrétaire général du SNUipp, déclare : « La situation des directeurs est vraiment critique car leurs aides administratives ne sont pas renouvelées. Cela génère une situation explosive. En juin dernier nous avons déjà écrit à Luc Chatel à ce sujet. Nous appelons les directeurs à donner la priorité aux démarches qui concernent les élèves et les familles. Pour le reste on les invite à répondre qu’ils le traiteront que quand ils auront le temps. Cela peut concerner les enquêtes…etc. mais aussi les évaluations nationales.

Tout cela montre qu’il faut ouvrir le dossier des directions d’école. L’aide administrative ne peut se contenter de salariés en contrat précaire. Certaines écoles ont plus d’élèves que des collèges. On ne voit pas pourquoi elles n’ont pas les mêmes moyens. »

A son interlocuteur qui lui demande si,  « sur ce terrain les EPEP ne pourraient être une solution », Sébastien Sihr balaie la question d’une phrase sans appel :

« L’EPEP c’est un statut. Cela ne règle pas le problème des moyens. Si un changement de statut suffisait pour faire fonctionner les écoles et réussir les élèves ça se saurait… »  

 

Les organisations syndicales ont décidé de se rencontrer rapidement et envisagent, si elles ne sont pas entendues de Luc Chatel, de lancer « une vraie grève administrative »… Le « blocage des remontées administratives » serait-il une « fausse » grève administrative ?

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 12:17

 

Après les recteurs, ce sont les principaux de collège et les proviseurs de lycée qui se voient attribuer une « prime de résultats »… Deux rémunérations immédiatement qualifiées par les syndicats enseignants de « prime à la casse » pour les recteurs et de « prime à la servilité » pour les chefs d’établissement.

 

Récemment, le SE-Unsa dénonçait le document adressé par le ministère à ses recteurs leur suggérant douze pistes (augmentation de la taille des classes, réduction des remplacements en primaire…) pour trouver des « niches » d’emplois dans leurs académies, une sorte de mode d’emploi pour supprimer des postes. Le syndicat faisait ensuite le lien entre ce document et l’augmentation significative des primes versées aux recteurs. Son Secrétaire général, Christian Chevalier, résumait ce lien d’une formule : « Il s’agit d’une prime à la casse. »

 

Aujourd’hui, sur RTL, Armelle Lévy nous apprend qu’à compter de cette année, les chefs d'établissement toucheront tous les trois ans, à la suite de leur évaluation, une "prime de résultats" pouvant aller jusqu'à 6.000 euros. Une mesure qui concerne les proviseurs de lycée et principaux de collège, mais pas les directeurs d'école qui n'ont pas le même statut.

 

Pour Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN (Unsa-Education), principal syndicat des chefs d’établissement et l’un des trois syndicats signataires, « c'est une prime significative mais pas extraordinaireSelon le ministre, Luc Chatel, il s'agira de mesurer les performances d'un établissement comme dans une entreprise, notamment à travers les taux de réussite.

"Cette proposition concernant les mesures indemnitaires est pour moitié supérieure à ce qui était prévu", a encore indiqué à RTL Philippe Tournier, évoquant le chiffre de "11 millions d'euros" en année pleine.

Une nouvelle bonne surprise pour le SNPDEN qui, en janvier 2008, se disait « d’autant plus satisfait » qu’il n’avait « rien demandé » lorsque les 13 500 personnels de direction de l'Éducation nationale avaient reçu une prime de 750 euros pour les chefs d'établissement et de 375 euros pour leurs adjoints.

A l’époque, certains chefs d'établissements, minoritaires, avaient le sentiment de « s'être fait acheter ». Mais la critique la plus virulente était venue des professeurs, qui, eux, n'avaient rien reçu.

Aujourd’hui, la réaction n’a pas tardé. Déjà, Daniel Robin, co-secrétaire général du SNES, principal syndicat d'enseignants, estime que cette initiative n'est pas un bon signe pour l'avenir des relations entre les enseignants et les chefs d'établissements.

Daniel Robin souligne que cette prime, qui ressemble à celle que viennent de recevoir les recteurs d'académie, c'est l'encouragement pour les chefs d'établissement à mieux faire passer les suppressions d'emplois dans leurs établissement : « On est dans une logique de perte de pouvoir d'achat des fonctionnaires, c'est une rémunération à la servilité. »

 

D’autres réactions ne manqueront pas de se faire entendre. Dénonçant la prime aux recteurs, Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, s’était insurgée : « On nous avait pourtant promis que l’argent gagné sur les suppressions de postes servirait à revaloriser le métier. Et puis on aimerait savoir sur quels critères de résultat, ou de mérite, elles seront attribuées : la seule obéissance politique ? »

Mercredi dernier, à l'occasion de ses vœux au monde de la culture et de l'éducation, le président de la République a estimé que « la rémunération de nos professeurs, c'est le chantier de l'avenir ».

Chantier mal auguré par son ministre de l’Education nationale… Primes « à la casse » ou « à la servilité » pour quelques privilégiés, absence de revalorisation, stagnation voire recul du pouvoir d’achat pour l’immense majorité des enseignants, voilà qui ne devrait pas améliorer le moral d’une profession déjà très éprouvée par la dégradation de ses conditions de travail…

Pour l’instant, cette attribution de primes qui tient lieu de politique salariale n’a d’autres résultats que de diviser les personnels et les syndicats. Si tel était son objectif, alors il est atteint.

 

Cette politique de rémunération permet, également, de mesurer la différence abyssale de reconnaissance entre le chef d’établissement et le directeur d’école… qui, faute de statut, n’existe pas aux yeux du ministère même lorsqu’il gère, pourtant seul, un établissement plus important que bon nombre de petits collèges ruraux. Il est vrai qu’il ne dispose pas d’un syndicat tel le SNPDEN-Unsa pour le représenter et le soutenir…

 

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 23:04

 

C’était l’un des maigres acquis de la signature du protocole d’accord 2006 entre le ministère et le SE-Unsa. Il est aujourd’hui remis en cause. La création d’EVS instaurait une aide administrative aux directeurs d’école. En 2009-2010, 17 000 assistants d’éducation (essentiellement sur des postes d’AVS) et 50 000 EVS sous contrats aidés étaient en exercice dans les écoles maternelles et élémentaires. Il semble que cet avantage soit en passe d’être réduit fortement, RGPP oblige

Depuis le 1er janvier 2010, un seul contrat, le nouveau « contrat unique d’insertion » (CUI) est proposé aux emplois de vie scolaire. Déjà, depuis le 1er Août, dans certains départements, les contrats initiaux ou renouvellements traités par Pôle emploi  sont signés pour une période de 6 mois uniquement.

En juillet, la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle a demandé aux Préfets « d’inscrire leur mobilisation pour l’emploi dans un cadrage budgétaire contraint qui implique une stricte mesure des flux et des paramètres de prise en charge ».

Les recteurs ont reçu pour consigne de réduire les contrats aidés dont l’Education nationale est friande. Il a donc été décidé de donner priorité à l’accompagnement aux élèves en situation de handicap au détriment de l’aide aux directeurs d’école.

Dans de nombreux départements, les IA se voient contraints de supprimer massivement les emplois assignés à l’aide administrative des directeurs d’école. Selon le SNUipp, les coupes seraient de 80 dans la Drôme, 160 en Haute-Savoie, 357 dans les Bouches-du-Rhône, 120 dans l’académie de Besançon. Ailleurs comme dans le Haut-Rhin ou le Var aucun recrutement ni renouvellement de contrat ne seraient possibles.

 

Alertés, les principaux syndicats enseignants n’ont pas tardé à réagir. Ainsi, le SE-Unsa, signataire du protocole, voit sa signature remise en cause et en fait un casus belli. Il vient de publier un communiqué assorti d’une lettre au ministre :

 

Communiqué : « L’aide administrative, ça ne se discute plus !

 

« En cette rentrée 2010, l’aide administrative à la direction d’école est en partie suspendue dans nombre de départements. La mesure menace d’être étendue d’ici le mois de janvier 2011. Le SE-Unsa s’y oppose fermement et a solennellement écrit à Luc Châtel pour lui demander le respect de la parole ministérielle engagée par le protocole d’accord sur la direction d’école signé en 2006.

Déjà lancés dans la rigueur du budget 2011, des Recteurs, des Inspecteurs d’Académie ont gelé les recrutements afin de passer sous la toise de la diminution par deux des emplois aidés. Cette décision prise dans plusieurs départements aurait donc vocation à être généralisée d’ici quelques mois. Pour le SE-Unsa, c’est inacceptable pour les EVS comme pour les directeurs d’école.

Les perspectives économiques ne permettent pas de renoncer à une politique d’emplois aidés en abandonnant ainsi, sans ménagement, des dizaines de milliers de chercheurs d’emploi alors que les besoins resteraient sans réponse.

La nécessité de l’aide administrative enfin reconnue en 2006 par le ministère ne peut plus faire débat. Les tâches administratives et les demandes de l’institution se sont encore surmultipliées depuis, accroissant la charge et les responsabilités directeurs d’école jusqu’à l’épuisement.

Alors que l’aide administrative a besoin d’être stabilisée et professionnalisée, sa disparition conduirait au conflit. Le Ministre est désormais prévenu. »

 

Lettre au ministre Luc Chatel :

 

« Monsieur le Ministre,

Depuis 2006, suite au protocole que le SE-UNSA a signé avec l’un de vos prédécesseurs, les directrices et directeurs d’école bénéficient d’une indispensable aide administrative.

A cette rentrée, des informations convergentes nous indiquent que cette aide sera réduite, voire supprimée, dans de nombreux départements. Les inspecteurs d’académie justifient ces décisions par la diminution importante du nombre des contrats dont bénéficie le ministère de l’Education nationale et par la priorité donnée à la scolarisation des enfants en situation de handicap.

Les directrices et les directeurs d’école sont actuellement affairés à la réussite de la rentrée dans leur école. C’est un moment important où leurs charges administratives sont particulièrement lourdes. L’absence de cette aide administrative pèse.

Au-delà de cet aspect, derrière chacun de ces emplois se trouvent des hommes et des femmes dans l’incertitude de voir leur contrat renouvelé. C’est désastreux en matière de gestion de ressources humaines. Plusieurs milliers de personnes pourraient se trouver concernées et, faute de solution rapide, aller grossir les rangs des demandeurs d’emplois.

Le SE-UNSA, seul signataire du protocole d’accord de 2006 instituant enfin cette aide administrative, n’acceptera pas la diminution, voire la suppression de cette assistance indispensable aux directeurs d’écoles.

Nous vous demandons, Monsieur le Ministre, de revoir de toute urgence ces situations et les consignes que vous avez données. Si les notifications de suppression ou de diminution de ces emplois devaient être maintenues, vous ouvririez la voie à un nouveau conflit sérieux dans les semaines à venir. Depuis 2006, la charge et les responsabilités des directeurs d’école ne se sont pas amoindries. Sachez que le SE-UNSA et les directeurs sont déterminés à voir rapidement rétablie l’aide administrative dont ils ont besoin. »

 

Le SNUipp dénonce, lui aussi, « la suppression d’emplois d’EVS, pourtant nécessaires au bon fonctionnement des écoles. Outre les diverses tâches qu’ils remplissent dans les établissements avec les équipes, les EVS assistent les directrices et directeurs pour tout ce qui concerne le travail administratif, particulièrement lourd dès la rentrée. Voici donc encore une mesure qui ne va pas dans le sens de l’amélioration des conditions de travail dans les écoles. »

Le syndicat majoritaire s’est également adressé à Luc Chatel pour « demander l’annulation de ces suppressions et réaffirmer sa demande de reconnaissance de ces emplois par la création de postes pérennes et statutaires. »

 

Le SNUDI-FO réagit à ces suppressions de postes.

« Des personnels contractuels apprennent ainsi qu’ils sont brutalement renvoyés au chômage.
Dans le même temps, des écoles sont encore plus désorganisées, les conditions de travail des directeurs davantage dégradées.

Le SNUDI-FO, qui revendique la transformation de tous les emplois contractuels en emplois statutaires à temps plein de la fonction publique, intervient avec la FNEC-FP-FO auprès du ministère pour exiger :

- l’annulation de ces mesures

- qu’aucun contractuel ne soit au chômage

Il invite les sections et syndicats départementaux à intervenir en ce sens auprès des IA ».

 

Le SNE demande audience au ministre pour dénoncer « le projet de détournement des missions des EVS aides-administratifs de leur rôle auprès des directeurs d'école.

Cette confiscation de ces aides administratives, affectées à d’autres missions quand elles ne sont pas purement et simplement supprimées, laisse une nouvelle fois les directeurs dans une situation intolérable de surcharge de travail et de responsabilités.

Un mépris et un désaveu éprouvant autant qu'édifiant de la fonction de directeur d'école ! »

 

N’oublions pas que l’aide administrative était l’une des trois mesures présentées comme des avancées par le SE-Unsa en 2006 (avec la décharge accordée aux écoles de 4 classes et une aumône financière). Supprimer ou même réduire cette aide, c’est effectivement faire preuve d’un formidable mépris à l’égard des syndicats et des directeurs d’école.

Un mépris à l’égard des partenaires sociaux qui ont négocié, signé un accord, obtenu des contreparties en échange de la fin de la grève administrative des directeurs. Comment, demain, faire confiance à un gouvernement qui renie sa signature dans un accord signé avec une organisation syndicale ?

Un mépris doublé d’hypocrisie à l’égard des directeurs d’école si on se réfère aux propos tenus par les différents ministres sur les difficultés du métier. Comment comprendre les contradictions d’un pouvoir qui commande une mission sur le statut de l’école et des directeurs et dans le même temps rend leur travail plus difficile ?

En agissant de la sorte, et quelles qu’en soient les nécessités financières édictées par la RGPP, le ministre se décrédibilise aux yeux des syndicats enseignants. En rendant plus pénible encore la fonction de directeur, il affaiblit l’école publique. En avait-elle besoin ?

Il serait temps, enfin, que les ministres de l’Education nationale mettent en adéquation leurs propos flatteurs à l’égard des directeurs d’école et les actes qui, eux, contribuent à leur rendre la tâche plus compliquée...

 

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 22:59

 

Depuis le mois d’avril, Frédéric Reiss, chargé par le ministre de l’Éducation nationale d’une mission sur les directions d’écoles, recueille les points de vue d'associations, parents d’élèves, syndicats enseignants et représentants de l’Éducation nationale. Il s’est ainsi rendu dans différentes académies (Bordeaux, Nantes, Nice, Paris...).

 

Dans une interview à l’AEF, le député dresse le constat de ses premières auditions.

 

Statut du directeur d’école

 

« Quand on demande aux enseignants si le directeur doit avoir un statut, la réponse est “oui” à une grande majorité, rapporte-t-il dans une interview accordé à AEF. Mais tout le monde ne met pas la même chose derrière le terme « statut » ».

« Lorsqu’on les interroge sur le fait que le directeur doit être représentant de l’État, elle est déjà plus nuancée », ajoute le député.

Mais il ne peut que constater que les enseignants auditionnés se prononcent systématiquement « contre » un statut de directeur hiérarchique.

 

Création d’EPEP

 

La possibilité de mettre en place des établissements publics dans le premier degré est reçue « de manière mitigée » par la profession. Les enseignants rencontrés, sont globalement « assez défavorables aux Epep ».

 

Les cycles à l’école primaire

 

Cette politique de cycles, mise en place par la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, n’a jamais été vraiment mise en œuvre si l’on en croit de nombreux rapports ou audits réalisés ces dernières années. Certains rapports récents vont même jusqu’à attribuer cet échec de la mise en place des cycles à l’absence de pilotage des écoles primaires. Pourtant, « vingt ans après la loi Jospin, tous mes interlocuteurs me vantent le principe des cycles, si critiqués au début, et me disent combien ils jouent un rôle essentiel dans le continuum des apprentissages », déclare Frédéric Reiss…

 

Après avoir reçu, écouté (« sans entendre », selon le SNUipp), Frédéric Reiss vient d'exposer au directeur de cabinet du ministre de l'Education les premières pistes de son travail.

 

  • Un statut de directeur sur le modèle du chef d’établissement

 

Le directeur d’école doit pouvoir jouer le rôle d’un véritable pilote du projet d’école. « Le statut que je vais proposer, quel qu’il soit, devra permettre au directeur d’obtenir l’adhésion des enseignants au projet d’école. » Dans un souci de continuité des cycles, le député estime qu’ « il est important d’avoir un directeur unique pour la maternelle et l’élémentaire ». De même, il fera des propositions pour que le directeur assure le lien CM2/sixième, qui constitue aujourd’hui une « marche infranchissable pour certains élèves ».

 

  • Des établissements publics pour le premier degré (EPEP) pour les grandes écoles urbaines

 « ... car la situation le justifie pleinement, mais ce n’est qu’une solution parmi d’autres. », ce qui permettrait « notamment aux écoles de signer des contrats d’emplois vie scolaire (EVS). Aujourd’hui, cette charge revient aux EPLE ».

Le député se défend pourtant de vouloir imposer les EPEP « d’autant que je suis juste en train de me plonger dans le fonctionnement des regroupements, des réseaux, des RPI ».

 

Fédéric Reiss préconise également d'améliorer la prise en compte des années de direction d'école dans la retraite, de revoir les temps de décharge, de structurer l'intercommunalité, de favoriser l'émergence d'établissements du socle commun et de laisser davantage de place à l'expérimentation.

 

Il précise que son rapport ne se limitera pas à une proposition unique : « Je peux d’ores et déjà dire que je ne proposerai pas une solution au ministre [de l’Éducation nationale] mais différentes solutions qui dépendront de la taille et de la situation des écoles, selon qu’elles sont situées en zone rurale ou urbaine ».

 

Il devrait rendre son rapport définitif à Luc Chatel « la troisième semaine de septembre 2010 ».

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:20

François Baroin, ministre du Budget, vient de présenter  le  quatrième rapport d’étape et les décisions du Conseil de Modernisation des Politiques Publiques.

 

Le Conseil de modernisation des politiques publiques, présidé par le Président de la République a adopté une série de près de 150 nouvelles mesures pour la période 2011-2013.

« Cette nouvelle étape de la RGPP contribuera également à la réduction des dépenses publiques. Les nouvelles mesures permettront de dégager une économie de 10 milliards d’euros et de réduire les effectifs de l’État à hauteur de 100 000 postes. De 2007 à 2012, cet exercice aura conduit à ne pas remplacer plus de 150 000 fonctionnaires et à ramener les effectifs de l’État à ceux du début des années 1990. »

 

Chaque ministère dresse le bilan des actions mises en place et leur degré de réalisation. Ainsi, « la RGPP au ministère de l’Education nationale a conduit à mettre en œuvre dans le premier degré une nouvelle organisation du temps scolaire, avec notamment la création d’un créneau de deux heures par semaine dédié à une aide personnalisée. Cette réforme a été complétée par la réécriture des programmes afin de renforcer les priorités du socle commun de connaissances et la maîtrise de la lecture. L’analyse des résultats des évaluations nationales CE1 et CM2 permet d’en mesurer l’efficacité.

Afin de renforcer encore la lutte contre l’échec scolaire, le ministère poursuit ses efforts dans deux directions :

-          Renforcer le soutien scolaire à l’aide des stages de remise à niveau

-          Optimiser l’organisation scolaire et la mettre au service des objectifs de lutte contre l’échec scolaire et d’ancrage du socle commun de connaissances. Cette mesure concerne l’organisation du réseau des écoles. Le ministère travaille à la création de groupements d’établissements, nommés « Etablissements du socle commun », constitués autour d’un collège. Au-delà de la rationalisation de l’organisation et d’une plus grande souplesse de l’action pédagogique, cette mesure vise à renforcer la continuité des apprentissages du socle commun et la communication entre les enseignants des 1er et 2nd degrés, au bénéfice des élèves et de leurs familles. Cette mesure s’accompagnera d’une optimisation de la taille des classes, prenant en compte les spécificités de chaque établissement. »

 

Dans le précédent rapport d’étape de la RGPP, le ministère se l’Education nationale se félicitait de l’état d’avancement des réformes programmées. Parmi les 6 mesures visant à l’amélioration de la réussite scolaire à l’école primaire, seule l’une d’entre elles restait affublée d’un clignotant rouge (selon la nomenclature utilisée) : la mise en place des établissements publics de l’enseignement primaires (EPEP).

 

Dans le quatrième et tout récent rapport d’étape, cette mesure n’apparaît plus. Elle est littéralement passée sous silence. En revanche, elle semble remplacée par « la création de groupements d’établissements, nommés ‘’Etablissements du socle commun’’ ».


En avril 2010, un rapport parlementaire propose d’expérimenter des « réseaux du socle commun » sur le modèle des RAR, de restructurer l’Igen autour de grands champs, d’instaurer la bivalence pour les enseignants ou encore de remplacer dès 2012 le diplôme national du brevet (DNB) par une attestation de compétences.

Considérant que le socle commun conduit à envisager le parcours de l’élève de l’école primaire à la Troisième, le député Frédéric Reiss (actuellement chargé d’une mission sur le statut des écoles) estime qu’il convient de réorganiser les structures pédagogiques des premier et second degrés pour tirer toutes les conséquences de la réforme votée par le Parlement en 2005.

« De manière plus profonde et plus prospective, le socle commun des connaissances et de compétences couvrant la scolarité obligatoire, n’est-il pas logique d’envisager, pour des raisons d’efficacité pédagogique évidentes, de regrouper, dans un avenir pas trop lointain, écoles primaires et collège(s) sous un même établissement ? L’heure n’est pas encore venue, mais une nouvelle architecture des enseignements du premier et du second degré devrait être ainsi mise en place autour d’"écoles du socle commun ».

En attendant ces « établissements du socle commun », une première étape pourrait être franchie en s’appuyant sur une organisation déjà existante, les réseaux « ambition réussite » mis en place à partir de 2006. On sait que chaque réseau est piloté localement par un principal de collège, pour le second degré, et par un inspecteur de l’éducation nationale pour le premier degré. Un comité exécutif réunit ainsi le principal du collège, son adjoint, l’inspecteur et les directeurs des écoles.

 

Aucune annonce gouvernementale n’ayant accompagné la publication de ce quatrième rapport d’étape de la RGPP, quelques questions subsistent qui intéressent les directeurs d’école :

-          La création des EPEP est-elle abandonnée ?

-          Que seront réellement ces « établissements du socle commun constitués autour d’un collège » ?

-          Quel serait le rôle du directeur d’école par rapport au principal du collège ?

-          Les enseignants des écoles seraient-ils sous la tutelle du principal de collège ?

-          Quel serait le statut du directeur d’école dans ce nouvel établissement ?

-          A terme, le nouvel établissement serait-il le fruit d’une fusion des écoles et du collège ?

-          Les syndicats enseignants approuvent-ils ce dispositif ?

 

Bref, beaucoup d’interrogations…

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