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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 12:19

La 9ème édition du Salon de l’éducation 2007 s’est déroulée du 22 au 25 novembre à la Porte de Versailles à Paris. Ce grand rendez-vous annuel s’adresse à tous les acteurs de l’éducation, aux usagers du système éducatif et, d’une manière générale, à l’ensemble de la société, au grand public.

 

Parmi les grands chantiers du système éducatif présentés à travers des pôles thématiques, une table ronde ayant pour thème : « Innovations, expérimentations pédagogiques et syndicalisme» a retenu notre attention. Elle réunissait Luc Bérille du Se-Unsa et des militants des mouvements pédagogiques : JF Boulagnon (Fespi), JC Guérin (collèges Cohn-Bendit), Philippe Goémé (lycée intégral de Paris).

 

 

"L'Ecole est-elle condamnée à l'immobilisme ? Les défenseurs de ses valeurs bloquent-ils toute évolution ? C'est qu'en effet, pour les innovateurs, la défense des acquis c'est le maintien d'un système périmé. Ainsi JC Guérin a beau jeu de montrer que défendre le statut du professeur revient à prolonger un système scolaire qu'il qualifie de "jésuito-napoléono-fordiste", système où l'enseignant vient déverser sur les élèves un savoir émietté au rythme d'une heure par discipline. Si l'on veut que les enseignants prennent en charge vraiment l'éducation des élèves, il faut faire évoluer le statut pour intégrer dans le  service des enseignants du temps d'accompagnement éducatif. Philippe Goémé cite un autre exemple : le fonctionnement des équipes suppose une autre procédure de mouvement que celle qui est contrôlée par les syndicats.

 

Défendre l'esprit des statuts plutôt que la lettre : c'est en résumé ce que Luc Bérille a pu proposer. Partout où les statuts sont dépassés, il  faudra en garder l'esprit en acceptant les évolutions. Ainsi le service des enseignants doit s'adapter aux nouveaux publics scolaires. Une remarque qui a tout son poids au moment où travaille la commission Pochard.

 

Alors la droite est-elle en train de réussir la grande innovation inaccessible jusque là ? C'est oublier les ambiguïtés du changement proposé par le gouvernement. Ainsi l'autonomie des établissement, imposée sous contrôle d'en haut, s'oppose à celle des équipes pédagogiques. Elle est liée en fait au renforcement de la mission du chef d'établissement. L'autonomie est également associée à la mise en concurrence des établissements, un système  qui est à l'opposé des valeurs d'entraide des innovateurs. L'école, les syndicats et le changement : oui, mais pas n'importe quel changement…"

 

Concernant les travaux sur l’évolution du métier d’enseignant, le SNUipp vient de rendre publiques les propositions qu’il a faites lors de son audition par la commission Pochard.

 

« Pour le SNUipp, redéfinir la condition enseignante ne peut se concevoir sans chercher à améliorer les résultats de l’école et sans lui donner un nouvel élan, tout particulièrement en direction des élèves qui rencontrent le plus de difficultés. C’est dans ce sens qu’il formulera de multiples propositions. Il est également nécessaire aux yeux de la société, des familles et des élèves de revaloriser le métier d’enseignant en maternelle et en élémentaire. Celui-ci, comme l’indique un sondage CSA, est de plus en plus dévalorisé dans l’opinion publique : 44 % des français estiment qu’il est plutôt valorisé et 45 % dévalorisé. Une revalorisation du métier et des conditions de rémunération s’impose donc ».

 

Le SNUipp réclame du temps pour permettre aux équipes enseignantes de travailler ensemble. « La mise en place de la 27 ème heure avait constitué une première avancée dans le sens de cette reconnaissance. Le temps de service des enseignants des écoles (en 2007/2008) est composé de 26 heures d’enseignement par semaine et d’une heure (globalisée en 36 heures sur l’année) consacrée aux conseils des maîtres, aux animations pédagogiques et aux conseils d’école.

 

Tous les enseignants disent que la question du temps de travail est devenue incontournable. Nous proposons d’augmenter, en passant à 3 heures, la part du temps consacré à la réflexion collective, au temps de travail en équipe ».

 

Le SNUipp évoque ensuite le stress et l’inquiétude des enseignants qui doivent faire face aux profondes transformations qui ont marqué le système éducatif depuis les années 90. Les sollicitations de plus en plus nombreuses : «Le fonctionnement de l’école s’est également considérablement transformé. La mise en place des cycles, des projets d’école, des liaisons mat/CP et CM2/6ème, les relations avec les parents d’élèves, mais aussi la scolarisation des élèves en situation de handicap, celle des primo arrivants, le développement des TICE, de l’enseignement des langues vivantes ou encore l’organisation des évaluations nationales sont intervenus dans un contexte de stabilité des moyens (hausse légère du rapport entre le nombre de postes et le nombre d’élèves jusqu’en 2002, puis baisse). Le développement de la pédagogie différenciée ou la mise en place des PPRE et des PAI induit une organisation et un fonctionnement de l’école plus complexe pour chaque enseignant du premier degré : cela se traduit par une augmentation générale de la charge de travail. Au-delà d’un bilan qui pourrait être effectué pour chaque point, le principal enseignement qui se dégage de ces multiples évolutions, c’est la demande de temps pour préparer, se rencontrer, mettre au point, assurer et évaluer le suivi de dispositifs efficaces pour les élèves.

 

La reconnaissance de cet empilement des tâches ne s’est effectuée ni par une réduction du temps de travail, ni par la mise en place de bonifications ou d’indemnité. La charge de travail s’est considérablement alourdie, l’horaire de 27 heures semaine auquel s’ajoutent préparations, corrections et réunions est le plus élevé des enseignants. Le SNUipp revendique son abaissement à 24h dans une première étape ainsi que la création d’une bonification ou d’une prime de suivi des élèves pour les enseignants des écoles comme c’est le cas dans le second degré ».

 

Il est vrai que le métier s’est considérablement transformé en quelques décennies. Il est exact de dire que les charges de travail induites par ces bouleversements touchent tous les enseignants. Mais que dire alors des directeurs d’école qui subissent doublement ces pressions de la société : en tant qu’enseignant mais aussi et surtout en tant que « chargé de la direction » puisqu’ils ont à impulser tous ces changements au sein de leur école. Ne sont-ils pas les premiers submergés et concernés par « l’empilement des tâches » dont parle le SNUipp ?

 

Or, que penser d’un syndicat qui n’utilise pas une seule fois le vocable « directeur » dans ses propositions sur l’évolution du métier d’enseignant ? Comment un syndicat qui fait un constat aussi juste des conditions de travail des enseignants peut-il "oublier" une catégorie de personnels, celle la plus touchée par cet "empilement des tâches" ? Oubli ou volonté délibérée ?

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 09:24

Protocole de discussion entre le Ministère de l’Education nationale le SNUipp-FSU, le Sgen-CFDT et le SE-UNSA

 

L’École primaire est la clé du succès de la poursuite d’études jusqu’à l’insertion dans la vie active. C’est à juste titre que les français y sont attachés. Les données les plus récentes font apparaître que l’école ne parvient pas à faire réussir tous les élèves.

 

La lutte contre l’échec scolaire apparaît donc comme une priorité, qui doit rencontrer un large consensus de tous les acteurs.

 

Dans cette perspective, un groupe de travail placé auprès du DGESCO, a déjà fait des propositions communes pour l’école maternelle. La décision de supprimer les cours le samedi matin a ouvert un nouveau champ de réflexion sur le temps scolaire qui doit s’inscrire dans la problématique générale de réussite de tous les élèves.

 

Le SNUIPP, le Sgen-CFDT, le SE-UNSA et le ministre de l’éducation nationale décident d’engager des discussions en s’appuyant sur les principes suivants :

 

• L’école maternelle joue un rôle important qui doit être conforté dans la socialisation, et la scolarisation des élèves comme dans la prévention des difficultés scolaires

 

• Le traitement de la difficulté scolaire, notamment les 15% d’élèves en très grande difficulté, est une priorité de l’école élémentaire. Les moyens doivent être renforcés là où le besoin d’école est le plus fort.

 

• Dans les écoles où la difficulté scolaire est la plus récurrente, le principe « plus de maîtres que classes »pourra être retenu et la relation aux familles renforcée.

 

• L’école est le lieu pertinent d’organisation des pratiques reposant notamment sur la liberté pédagogique, l’autonomie et la responsabilité des équipes et l’évaluation des élèves.

 

Sur le fondement de ces principes, les syndicats et le ministre de l’éducation nationale conviennent d’un programme de travail portant sur le réinvestissement des heures libérées par la suppression des heures de cours du samedi matin. Avec la 27ème heure déjà consacrée à la concertation et à la formation, ce sont 108 heures qui sont rendues disponibles dans l’année.

 

 

Le travail lancé en commun concernera :

 

• Le principe d’utilisation de ces heures et les modes possibles d’organisation de la semaine qui en découleront.

 

• Les modalités d’organisation et de répartition de ces heures, afin de renforcer le travail en équipe et la formation des enseignants et leur articulation avec les dispositifs actuels d’aide aux élèves en difficulté et de formation continue des enseignants.

 

Le dispositif sera mis en place à la rentrée 2008. Le calendrier de ces discussions s’établit de la façon suivante :

 

- Novembre/ décembre : discussions et élaboration d’un document réalisé à partir de ces discussions

 

- Janvier : finalisation des mesures et élaboration des textes réglementaires et le cas échéant des directives pédagogiques nécessaires.

 

 

La première séance a réuni le jeudi 22 novembre au Ministère, Xavier DARCOS, des membres de son cabinet, des représentants de la DGRH et de la DGESCO. et les trois organisations syndicales concernées par le protocole : SE-UNSA, Sgen et Snuipp.

 

Un calendrier et des thèmes de travail ont été élaborés. Une série de quatre réunions est prévue d’ici les vacances de Noël : les 26 novembre, les 6, 13 et 20 décembre.

 

Il a été décidé de mener une réflexion autour de plusieurs problématiques :

 

- l’identification du public d’élèves concernés par les heures de soutien et le cadre de la prescription aux familles

 

- le contenu de ces deux heures, en lien avec le temps scolaire (donc les 24h d’enseignement scolaire)

 

 - l’organisation du temps de travail pour les enseignants (que faire de ces 108 h : relation aux familles, préparation du travail, soutien, besoins de formation, travail en équipe et concertations ...)

 

En janvier 2008, les répercussions sur les textes réglementaires seront étudiées pour aboutir à leur examen en instance nationale de concertation (CSE et CTPM).

 

 

Chacun des trois syndicats (Snuipp, Sgen, Se-Unsa) a fait connaître ses positions sur l'utilisation des heures libérées.

 

Le SNUIPP rappelle ses revendications par le biais d’une pétition adressée au ministre. Il réclame "un allègement des effectifs de classe, 3 heures de concertation hebdomadaires incluses sur le temps de service, Plus de maîtres que de classes, la prise en compte des nouvelles tâches dans un temps de service allégé"

 

 

 

Le Sgen-Cfdt demande plus de liberté pour les équipes. "Parvenir à combiner un objectif commun et des modalités diversifiées selon les réalités locales, en faire l’évaluation et en déduire des évolutions constituent une démarche susceptible de mobiliser les équipes enseignantes. Pour le Sgen-CFDT confier des responsabilités et des moyens (les deux heures) aux personnels est le meilleur moyen de construire un dispositif efficace au service des jeunes et de leurs familles".

 

 

Le SE-UNSA exige une révision du temps de service des enseignants du 1er degré afin de voir prises en compte un certain nombre de tâches qui tendaient à se développer, en dehors de ce temps de service : « Pour le SE-UNSA l’évolution du métier d’enseignant implique une nouvelle définition des services des enseignants afin de reconnaître toutes les dimensions de leur travail. Certaines activités pratiquées depuis plusieurs années en dehors des heures dites de « service » doivent être officiellement intégrées : concertation, accompagnement pédagogique des élèves, équipe éducative pour la scolarisation d’enfants en difficultés ou en situation de handicap, suivi individualisé, aide au travail méthodologique, relations avec les familles, élaboration des projets d’école. Le SE-UNSA revendique que 3 heures soient dégagées rapidement dans les actuelles obligations de service hebdomadaire pour ces activités destinées à l’aide aux élèves et à la concertation au sein de l’école et entre les différents niveaux d’enseignement (écoles, collèges, lycées). »

 

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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 10:18

SNUipp

Le 23 octobre dernier, le SNUipp a tenu ses « Etats généraux de la direction et du fonctionnement de l’école ». Annoncés en juin, ces Etats généraux ont été un fiasco complet (retrouvez nos articles en cliquant sur les liens figurant dans le message d’accueil de part et d’autre de Pinocchio). Ils se sont révélés être un tel flop que le SNUipp ne les a pas exploités du tout. Il est d’usage dans tous les syndicats de multiplier communiqués, articles, publications..., suite à un colloque, une réunion importante, des universités de travail, un congrès… Dans le cas des Etats généraux, rien ! Signe d’un malaise certain. Même le communiqué publié sur le site du SNUipp a été retiré suite au compte rendu que nous avons fait de cette parodie d’Etats généraux. Le dernier « Fenêtre sur cours » est entièrement consacré à l’université d’automne 2007 durant lesquelles les participants ont « planché sur les apprentissages, l’enfant à l’école, le métier, la maternelle, la société… ». C’est dire que le SNUipp exploite ses actions. Là encore, rien sur la direction d’école ! Le contraste est saisissant entre le compte rendu de l’université d’automne (98 pages) et l’absence de communication sur les « Etats généraux » (un bref communiqué immédiatement retiré). C’est dire l’embarras du syndicat.

Cependant, il convient de dire que dans le supplément de 4 pages au FSC n° 304, figure un article (très court) consacré aux Etats généraux. Nous le reproduisons intégralement ci-dessous.

 

DIRECTION D’ ECOLE : APPEL DES ETATS GENERAUX

Plusieurs centaines d’enseignants ont participé aux états généraux de la direction et du fonctionnement de l’école le 23 octobre à Paris à l’appel du SNUipp. Depuis 7 ans, la mobilisation se poursuit pour que soit prise en compte la complexité et l’augmentation des tâches et responsabilités des directeurs. « Le dossier nécessite la réouverture de négociations » indique l’appel lancé à l’issue de cette journée afin « d’assurer la direction et le fonctionnement de l’école de la réussite pour tous ».

Le SNUipp évoque « plusieurs centaines d’enseignants ». A la vérité, il est utile de préciser que 200 personnes environ étaient présentes à Paris le 23 octobre (« Plus de 200 collègues se sont retrouvés hier, à l'initiative du SNUipp, pour débattre du dossier "direction" et envisager les actions à mener », déclare le SNUipp 06). Il est vrai qu’à partir de 2, le pluriel s’impose… Mais, de là à dire « plusieurs centaines »…
 

 

SE-Unsa

Ce syndicat veut montrer qu’il n’est pas aux abonnés absents sur le dossier de la direction d’école. Pour ce faire, le SE-Unsa publie un article dans lequel il nous apprend qu’il poursuit la négociation pour l’amélioration des décharges pour toutes les écoles. Il égratigne, au passage, « certains syndicats qui gesticulent »… Nous reproduisons également cet article dans son intégralité.

Direction – Quelques rappels

Avant 1980, les décharges de direction étaient octroyées par rapport au nombre d’élèves de l’école. Il fallait que l’école compte au moins 300 élèves pour que le directeur bénéficie d’une demi-décharge de service et plus de 400 pour que la décharge soit complète. Toutefois, le directeur devait être en contact avec les élèves 4 heures par semaine.

En 1980, une journée de décharge est octroyée pour les écoles élémentaires de 6 à 9 classes ou maternelles de 6 à 8 classes, une demi-décharge pour les écoles élémentaires de 10 à 13 classes ou maternelles de 9 à 12 classes.

En 1987, les écoles comportant 6 classes bénéficient d’une journée de décharge par semaine. A la rentrée 2004, les écoles de 5 classes (selon les départements) obtiennent cette même décharge. Cette opération aura pris six années scolaires.

En mai 2006, le SE-Unsa signe la première étape du processus de décharge pour les écoles de moins de 5 classes. Depuis la rentrée 2006, les écoles de 4 classes bénéficient de cette journée de décharge. Les petites écoles obtiennent, elles, 2 journées de décharge en début d’année scolaire.

Le SE-Unsa continue seul (puisqu’il a été le seul à avoir signé le protocole) à négocier avec le ministre la poursuite du processus de décharge pour les écoles de 3 classes et moins, ainsi que l’amélioration des décharges pour les autres catégories d’écoles.

Certains syndicats gesticulent beaucoup et ont découvert récemment la réalité de la direction d’école. Le SE-Unsa n’a pas attendu, lui, pour se soucier du sort des directeurs d’école et faire avancer le dossier de la Direction d’Ecole.

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 13:24

Comme nous n’avons cessé de le répéter dans nos précédents articles, les « Etats généraux de la direction et du fonctionnement de l’école » organisés par le SNUipp ce mardi 23 octobre n’étaient que poudre aux yeux.

Le décor : petite salle parisienne à peine remplie aux 2/3, composée de militants ou adhérents dont une moitié, seulement, de directeurs.

Le déroulement : 2 heures le matin et encore moins l’après-midi.

Les interventions : sans intérêt majeur. Un premier exposé historique (et soporifique) de Claude Lelièvre, l’un des meilleurs connaisseurs de l'évolution du système éducatif français à travers les âges. Agrégé de philosophie, ancien professeur d’école normale, il enseigne l’histoire de l’éducation à la Faculté des Sciences humaines et sociales de la Sorbonne (Paris V), sur l’évolution de l’enseignement public en France…

Un second exposé (plus intéressant mais pas nouveau) de Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’éducation nationale, auteur d'une enquête réalisée en 2006 auprès de 822 directeurs d'écoles maternelles et élémentaires pour le compte de la Mgen : « le climat des écoles primaires », livre dans lequel il décrivait que "le moral des directeurs d'école est au "36e dessous" et leur état "est pire que ce que l'on craignait".

L’après-midi, intervention intéressante mais écourtée de Claudine Paillard Présidente de l’ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l’Education des Villes). Certains grondements montent de la salle provenant de participants qui rongent leur frein devant l’absence de débats. La dernière heure sera donc consacrée à ce qui aurait dû être l’objet de ces « Etats généraux ».

Quelques directeurs interviennent pour réclamer un statut de directeur. D’autres intervenants (adjoints et/ou délégués syndicaux) expriment leur crainte de voir « le directeur coupé de ses collègues » en cas de création d’un statut. Une expérience de direction collégiale est également évoquée comme le seront aussi d’autres sujets tels que « la grève administrative », « les EPEP », « Base élèves », le (faible) taux de syndicalisation des directeurs… S’en suivent les réponses immuables de l’équipe dirigeante conduite par Gilles Moindrot : "demande des levées des sanctions financières" (retenues sur salaire) et d’une "renégociation du protocole signé par le SE-Unsa", poursuite du « blocage administratif », succès du SNUipp qui a obtenu « le retrait de certains champs de Base élèves »…

Et le non-événement se termine, comme il se doit, par un communiqué (probablement préparé de longue date) dans lequel, pour toute réponse appropriée à la demande de statut des directeurs, le SNUipp revendique « la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ». On ne pouvait être plus clair ! Seule « utilité » de ce non-événement : avoir ouvert les yeux des quelques rares collègues qui voulaient encore croire à une évolution possible du SNUipp.

 


Communiqué du SNUipp :

"Les tâches et les responsabilités liées à la direction et à la vie de l’école ont considérablement augmenté, se sont complexifiées du fait de l’évolution du fonctionnement des écoles. Et ce, tant du point de vue des relations avec l’administration, qu’avec les collectivités territoriales.

Depuis sept années maintenant, le SNUipp-FSU avec les collègues et d’autres organisations, a engagé l’action autour des questions de direction et de fonctionnement de l’école. Depuis encore plus longtemps, nous portons ensemble des revendications pour obtenir des améliorations et une reconnaissance de la mission effectuée par nos collègues. Ces revendications restent aujourd’hui toujours d’actualité.

Les mobilisations ont obligé le Ministre précédent à ouvrir des négociations. Pour autant, les mesures prises ces dernières années pour tenter de répondre aux problèmes posés, notamment dans le cadre du protocole de 2006, ne répondent pas ou peu aux revendications.

L’abaissement du seuil de décharge au niveau des écoles des 4 classes que la mobilisation a permis d’obtenir s’effectue au détriment de la formation continue et initiale. La nécessité d’une aide administrative que reconnaît le Ministre se met en place en augmentant fortement la précarité.

La mise en place d’EPEP n’apporte pas de réponse aux difficultés. Ce n’est pas en donnant un rôle primordial aux collectivités territoriales dans le pilotage et la gestion des écoles, ce n’est pas en leur donnant plus d’autonomie, en les dotant d’un chef d’établissement, que nous verrons aboutir notre projet de transformation de l’école, pour la réussite de tous les élèves, pour l’égalité d’accès au service public d’éducation.

En réponse aux mobilisations, le ministère a opposé des sanctions financières, pensant ainsi faire cesser le blocage administratif. C’est faire peu de cas de la ténacité et de l’engagement des collègues sur l’ambition de transformer l’école ! Ce n’est pas la solution ! Ni sur ce dossier, ni sur d’autres. Nous demandons l’annulation de toutes les sanctions.

Aujourd’hui, les questions autour de la direction et du fonctionnement de l’école restent entières. Pour nous, le dossier reste ouvert et nécessite la réouverture de négociations. Pour assurer la direction et le fonctionnement de l’école, de la réussite pour tous, le Snuipp revendique :
du temps supplémentaire pour la direction, pour toutes les écoles ; la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ;
une définition claire des tâches administratives et un allègement significatif de celles-ci ;
une revalorisation des bonifications indiciaires des directeurs d’école et - une amélioration des rémunérations ; la création de postes administratifs et les emplois statutaires correspondant ;
une formation relative à la prise d’u poste de direction avec un module « travail en équipe » ;
un temps de concertation inclus dans le temps de service pour le travail en équipe et une première étape à « 24 + 3 ».

Le SNUipp-FSU appelle à poursuivre le blocage administratif dans les formes décidées par les départements. Il appelle les écoles qui sont dans l’expérimentation, à ne pas transmettre la saisie des effectifs dans Base-élèves. Il demande l’arrêt de l’expérimentation de Base-élèves et un bilan. Il prend les contacts unitaires nécessaires, avec les organisations syndicales, de parents d’élèves, pour engager dans les plus brefs délais de nouvelles étapes de mobilisation"
.

  

 

Comment en est-on arrivé là ? Ce n’est naturellement pas le fruit du hasard si cette journée a été si peu productive. Dans l’Histoire, les « Etats généraux » précèdent et accompagnent les révolutions. Pouvait-on attendre du SNUipp une « révolution » sur ce thème ? Les positions de ce syndicat sur la question de la reconnaissance des directeurs sont bien connues et sont, avant tout, idéologiques. Ce qui réduit considérablement la possibilité d’évolution.
Les « Etats généraux » du SNuipp sont un énorme gâchis. Ils n’ont donné lieu à aucune reprise médiatique, n’apportent rien et seront vite oubliés. Comme nous l’avions dit, ces « Etats généraux » n’étaient qu’un alibi pour laisser croire que le syndicat s’intéresse au sort des collègues. C’était aussi une façon de se démarquer du SE-Unsa et de faire revenir à soi les brebis égarées avant les prochaines élections professionnelles de 2008.
Pourquoi ce flop total ? Plusieurs raisons expliquent cet échec. Toutes sont liées au manque de volonté du SNUipp d’écouter et d’entendre les directeurs. Ce faisant, les directeurs croient de moins en moins que la solution à leur problème passe par les syndicats majoritaires. Ils sont même persuadés que ces syndicats sont un frein à une véritable reconnaissance de leur métier. Ils se sont donc désintéressés des réunions préalables organisées par les sections locales, réunions marquées par une participation quasi inexistante des directeurs. D’où l’absence manifeste  de préparation constatée à Paris ce mardi.

Ni surprise, ni déception à l’issue de ces « Etats généraux de la direction et du fonctionnement de l’école ». Annoncés à grands coups de trompe, ils se sont transformés en une énorme farce sans lendemain. Et le problème des directeurs demeure d’actualité…

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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 10:19

Comme nous l’annoncions dès le 24 juin dernier, le SNUipp organise des « Etats généraux de la direction et du fonctionnement de l’école ».

Des Etats généraux très courts : de 9 heures à 16 heures, pause déjeuner comprise. Des Etats généraux annoncés ouverts à tous avec, cependant, deux restrictions importantes : le nombre de places est limité par la faible capacité d’accueil de la salle (moins de 380 places) et par l’obtention de l’aval du SNUipp. A part quelques « invités alibis », l’essentiel des participants sera composé de « délégués du premier cercle des intimes… ».

 

Ordre du jour

• 9 h 30 : accueil
• 10 h 00 : introduction - états des lieux
• 10 h 30 : Quelles missions pour la direction ? Quel fonctionnement de l’école (l’animation de l’équipe, lien avec les partenaires, les parents, l’institution, rôle de l’équipe enseignante) Intervenants :  
• Directeurs et directrices d’écoles vivant des réalités différentes.
• Françoise Sanchis-Guichard, Directrice et auteur d’un mémoire de master intitulé : « Les directeurs des Ecoles Primaires : Point de vue de l’activité ».
• 12 h 30 : pause déjeuner
• 14 h 00 : Quelles organisations de l’école dans les territoires ? Une école, un quartier, une commune : quelle organisation ? Les nouveaux enjeux de l’organisation de l’école avec les collectivités territoriales : (égalité de moyens sur tout le territoire, rôle des collectivités locales, EPEP, mutualisation des moyens, réseaux d’écoles, RPI, EPCI...)
Intervenants :
• un ou une directrice chargée de la coordination en RPI.
• Claudine Paillard Présidente de l’ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l’Education des Villes).
• un représentant de l’association des maires ruraux.
• 16 h 00 : Clôture - Appel

 

Parmi les intervenants, nous n’évoquerons pas Françoise Sanchis-Guichard dont la réputation d’expert de la direction d’école reste, pour l’instant, cantonnée aux salons du SNUipp.

En revanche, nous reviendrons plus longuement sur les propos tenus, en janvier 2007, par Claudine Paillard Présidente de l’ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l’Education des Villes).

Elle évoquait alors l’expérimentation des EPEP et formulait des avis sur le statut de l’école et celui des directeurs. Nous reproduisons, ci-après, des extraits de son intervention.

 

"Le projet de décret en cours d'élaboration sur la mise en œuvre d'EPEP à titre expérimental, relance la discussion sur la question du statut d'école en lien avec l'épineux sujet du statut des directeurs. L'ANDEV dés la parution de la Loi du 13 Août 2004 qui créait dans son article 86 la possibilité de cette expérimentation a exprimé des réserves sur la substitution à l'école communale actuelle d'un établissement d'enseignement autonome. Elle soulignait que cette expérimentation qui vise d'abord à permettre la structuration des Réseaux Ruraux d'Education risquait de déboucher sur une modification en profondeur voire une rupture du lien étroit existant entre les communes et les écoles.

L'expérimentation envisagée propose la mise en place d'un nouvel outil juridique alors même qu'il n'existe pas aujourd'hui de diagnostic partagé sur les difficultés que rencontre l'école dans ses fonctionnements. Surtout, les analyses portent peu sur la part prise dans ces difficultés de l'actuel statut de l'école.

L'ANDEV, ne se satisfait pas des conditions actuelles de fonctionnement de l'école, et estime que des évolutions sont souhaitables. Elle considère que l'expérimentation d'EPEP si elle est bien conduite et évaluée, permettra d'alimenter la réflexion partagée sur le fonctionnement de l'école. Cependant, elle ne doit pas viser à abandonner toute autre hypothèse de travail comme par exemple l'évolution du statut des directeurs d'écoles ou la réforme du fonctionnement des circonscriptions.

Les difficultés d'administration de l'école : quel constat ?

Il n'existe pas de diagnostic partagé sur les difficultés produites par les conditions actuelles d’administration de l'école. Ainsi, au niveau local, cette absence de diagnostic commun émerge au sein même de l'institution où les positions divergent entre les différents niveaux de responsabilité (directeurs, IEN, Inspecteur d'Académie) ainsi bien souvent qu'entre partenaires : autorités académiques, communes, parents d'élèves.

Le fossé se creuse entre les attentes des parents et les réponses de l'institution alors pourtant que, parallèlement, les directeurs d'écoles sont de plus en plus sollicités pour régler des questions individuelles liées aux difficultés des enfants.

Les projets d'écoles et leur mise en oeuvre restent très souvent encore limités aux temps strictement scolaires. Ils dépendent des volontés individuelles, ce qui ne facilite pas le développement des actions dans la durée. Le travail en équipe au sein de l'école, ainsi qu'entre l'école et la circonscription de l'éducation nationale est insuffisante. Le modèle dominant reste celui de la responsabilité individuelle du maître dans sa classe tout du moins en élémentaire. De ce fait, le départ ou l'absence d'un enseignant remet souvent en cause le développement d'un projet. Ces difficultés sont confortées par l’absence d'une fonction de pilotage reconnue des directeurs qui ne sont, ni par leur statut ni par leurs conditions actuelles d'exercice (turn-over important, lieu d'habitat à l'extérieur de la commune….), dans la capacité d'impulser et de mettre l'école au service du projet.

Dans ces conditions, l'ANDEV considère que la réflexion sur le management de l'école est légitime et souhaitable.

l'ANDEV souhaite que l'expérimentation d'EPEP n'occulte pas la possibilité de continuer à réfléchir à d'autres moyens d'améliorer l'administration de l'école :

-l'amélioration du statut du directeur,

-l'évolution des circonscriptions de l'éducation nationale vers des espaces de ressources et de mutualisation des pratiques pour les directeurs,

-le développement de la contractualisation avec les communes portant sur des engagements pluri annuels concernant les moyens en personnel, les dotations de fonctionnement, les travaux, le projet péri et extra scolaire…

-la valorisation des instances (conseil d'école, conseil de maîtres) en leur déléguant plus de pouvoirs".

 

Dans quelques jours, nous connaîtrons la couleur du lapin sorti du chapeau du SNUipp...

 

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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 11:16

Communiqué du SGEN-CFDT :

 « E.P.S.

 L'heure supplémentaire décrétée par le ministre est bien à faire dans le cadre des 3 heures actuelles.

Lors de son discours de rentrée, Xavier Darcos a juste dit que le temps effectif consacré à la pratique sportive à l'école primaire est inférieur d'une heure, en moyenne, à celui qui est prévu par les textes. Les médias ont traduit par une heure de plus et tout le monde y a cru, même l’administration ! Il faut s’en tenir aux sources, le programme et le discours. »

 

Qu'a effectivement dit le ministre Xavier Darcos à ce sujet ? Voici l’extrait de son discours relatif à cette fameuse heure de sport :

Les études dont nous disposons montrent que le temps effectif consacré à la pratique sportive à l'école primaire est inférieur d'une heure, en moyenne, à celui qui est prévu par les textes. Je veux rendre aux élèves cette heure qui leur est due et je demande aux inspecteurs de l'éducation nationale de veiller à ce que ce soit le cas ".

 

En fait, le texte est clair. Il n’y a pas d’augmentation du volume horaire de sport. Les IEN sont simplement chargés de veiller à ce que les 3 heures prévues dans les programmes soient effectivement faites. Ce qui représenterait 1 heure de plus en moyenne par rapport à ce qui est fait actuellement.

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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 14:15

Dans le "Fenêtres sur cours" n° 301 du 10 septembre 2007, le SNUipp consacre une double page au problème de la direction d'école. Une fois n'est pas coutume...

Les deux pages sont essentiellement dédiées à relater l'expérience d'une directrice de l'Hérault, totalement déchargée. Le SNUipp y décrit un "exemple concret d'une fonction surchargée"... Le SNUipp nous avait habitués à employer des vocables synonymes pour parler des directeurs (collègue chargé de direction, l'école, la direction, le responsable d'école...). Voilà une nouvelle notion qui assimile le directeur et sa fonction, cette dernière étant "surchargée"... La voilà, la cause des problèmes des directeurs d'école : ils exercent une "fonction surchargée"...

 

Dans cet article, beaucoup de directeurs pourront se reconnaître dans la description qui est faite des multiples activités de la journée d'un directeur. Néanmoins, le SNUipp n'a pas choisi un exemple "au hasard"... Pour illustrer son article, Daniel Labaquère a mis en scène une directrice en phase avec LE syndicat dont elle partage les idées. Ainsi, peut-on lire :

"Françoise est contre le statut de directeur. Elle refuse d'être une supérieure hiérarchique et si cela devait advenir, elle retournerait en classe. Elle souhaite surtout que les écoles «gardent leur liberté»  et elle craint que les EPEP, «ça soit la catastrophe si c'est la mairie qui dirige». Alors quelle  mobilisation proposer ? Elle n'est pas très optimiste. Elle participera à la réunion du 29 septembre organisée par le syndicat. L’occasion de faire le point avec les enseignants du département".

 

 

L'article a au moins le mérite de la clarté. Les positions du SNUipp sont réaffirmées et pour le cas où l'on aurait mal compris, un petit encart figure en bas de page pour les rappeler officiellement. Nous le reproduisons dans son intégralité.

 

Direction : une question à régler

 

La fonction de directrice ou de directeur n'est toujours pas attrayante. A cette rentrée, 7% des directions, soit plus de 3 100 directions sur 50 290 n'ont pas été pourvues à titre définitif ! La moitié de celles-ci sont des écoles de 2-3 classes, l'absence de décharge apparaissant comme un réel handicap. L'ensemble des directeurs pointe un manque de temps et d'aide pour accomplir des missions qui se sont sans cesse alourdies.

 

De nombreuses études ont montré le rôle moteur joué par le directeur d'école à la fois sur le plan de l'organisation et de la mise en dynamique de l'équipe enseignante. Une preuve que cette question sensible mérite d'être appréhendée dans une dimension globale liée au fonctionnement.

 

Pour autant, la création d'EPEP, établissement autonome de grande taille, la solution d'un statut hiérarchique ou même « d'emploi fonctionnel » du directeur ne sont pas susceptibles de satisfaire les besoins des personnels des écoles. Ces pistes ne sont étayées par aucune étude comme des solutions efficaces permettant de transformer les conditions d'exercice et d'améliorer les conditions de scolarisation, d'apprentissage et de réussite des élèves.

 

Tout au long de ce mois de septembre, le SNUipp proposera aux enseignants, adjoints et directeurs, de se réunir pour débattre et confronter leurs points de vue. En ligne de mire, des états généraux du fonctionnement de l'école, en octobre prochain.

 

 

Cet article est intéressant car il nous apprend que des "études" confirment le rôle moteur joué par le directeur d'école. Réjouissons-nous, chers collègues. Ce n'est pas tous les jours que le SNUipp le dit ouvertement. 

Mais (car il y a un "mais"), hélas pour nous, chers collègues, ces études s'arrêtent là... Pas de chance : aucune étude ne montre qu'un statut serait une solution efficace pour le directeur, l'école et les élèves... nous dit le SNUipp. Patatras ! Notre bel optimisme s'écroule ! A la vérité, on se doutait bien que ce syndicat arriverait à cette conclusion...

 

Cependant, cet article est tout de même intéressant sur un autre plan et Françoise, citée en exemple, nous livre peut-être une piste de réflexion... Rappelez-vous : elle déclare qu'elle quitterait la direction si un statut devait advenir...

Depuis la consultation IFOP réalisée à la demande du GDID, nous savons que 93 % des directeurs sont favorables à un statut. Jusqu'à présent, ce sont les 7 % hostiles à ce statut qui imposent leur position à la quasi totalité des collègues. Pourquoi ne pas inverser la tendance et demander à cette minuscule minorité de s'incliner... Rassurons ces 7 % de collègues favorables au statu quo en leur disant que rien ne les empêcherait de suivre l'exemple de Françoise : reprendre un poste d'adjoint. En ce sens, Françoise se révèle être une vraie démocrate totalement respectueuse de la majorité. Nous ne pouvons que saluer sa loyauté.

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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 08:52

Suite à la publication du rapport du HCE sur l'école primaire, le SNUipp a immédiatement "réagi" et réclamé d'être reçu par le ministre de l'Education nationale. Sitôt demandé, sitôt accepté. Le SNUipp allait jouer les gros bras et venger l'honneur bafoué des enseignants mis à mal dans le fameux rapport...

Une délégation de la FSU a été reçue le jeudi 6 septembre par le ministre. Au cours de cette audience, tous les sujets ont été abordés. Aucune réponse n'a été fournie. Et surtout pas concernant le dossier de la direction d'école.

 

Compte rendu de cette réunion

Composition de la délégation FSU : Gérard Aschieri, Gilles Moindrot (Snuipp), Fredérique Rollet (Snes), Arlette Lemaire (Snasub), Jean Lafontan (Snep), Jean Fabbri (Snesup), Jean-Claude Duchamp (Snuep)

Le Ministre de l’Education Nationale a introduit la réunion. Il a fait part de sa « volonté de respecter les personnels, de les considérer, de les revaloriser, de mieux accompagner et de trouver, au delà des désaccords, des ambitions partagées ». Il a annoncé la mise en chantier d’un livre blanc à échéance d’octobre sur le métier d’enseignant. Il procèdera la semaine prochaine à des annonces précises (particulièrement sur le décret de 1950) après avoir rencontré l’ensemble des syndicats.

La FSU a affirmé la nécessité d’un véritable dialogue qui ne se limite pas à des consultations et ensuite à des décisions unilatérales.

Elle a demandé notamment :
- de prendre des mesures qui rétablissent la confiance des personnels et des parents : rétablissement dès la rentrée des moyens supprimés et la création des postes nécessaires (premier degré, assistants sociaux, personnels administratifs ...), abrogation des décrets de 50, annulation des sanctions prononcées à l’encontre des directeurs d’école, méthodes.
- d’ouvrir des discussions sur des dossiers comme l’intégration des IUFM, la précarité et les ZEP, ...
- d’entendre nos positions sur des sujets source de conflits : carte scolaire, service minimum...

Si au final tous ces sujets ont été abordés, le Ministre ne s’est engagé concrètement sur quasiment rien et il est apparu très vite que la question des moyens et des postes ne recevrait pas de réponse positive :
- rentrée scolaire : aucun moyen supplémentaire n’est envisagé.
- décret de 50 dans le second degré : une annonce sera faite la semaine prochaine qui annulera une partie du dispositif mais conservera certains points du décret.
- Apprentissage : le Ministre a rappelé que pour lui la scolarité obligatoire allait jusqu’à 16 ans et qu’il considérait que l’Education Nationale devait l’assumer et qu’il était hostile à l’apprentissage à 14 ans.
- reconnaissance professionnelle : le Ministre s’est démarqué de la polémique sur la lecture et a affirmé qu’il n’imposerait pas de méthodes. Il a dit qu’il ferait sur ces questions des déclarations apaisantes.
- Direction d’école : pas de réponses sur les sanctions, possibilité éventuelle de rouvrir le dossier Direction.
- EVS : l’aide aux enfants en situation de handicap ne sera pas diminuée. Le Ministre renvoie les décisions sur ce dossier qui dépend de décisions interministérielles à la fin juin…
- Service minimum : le Ministre a confirmé que l’Education Nationale était concerné en affirmant que le droit de grève des enseignants ne serait pas mis en cause, qu’il pensait que dans de nombreuses municipalités, un accueil était organisé et qu’il mènerait une étude juridique poussée.
- Carte scolaire : le but, pour lui est d’améliorer la mixité scolaire en utilisant des critères objectifs. Ceux-ci n’ont pas été détaillés : par exemple comment se mettrait en place l’assouplissement de la carte scolaire qui toucherait environ 20% des élèves dès la rentrée ?
- ZEP : le Ministre s’est voulu rassurant en affirmant qu’il ne souhaitait pas remettre en cause ce qui marche mais en développant les initiatives partant de « L’établissement ».

 

Bilan de cette entrevue : RIEN, rien de chez rien...

 

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 13:57

Chacun y va de son petit couplet sur la direction d'école. Le sujet est porteur... En 2006, avec la signature du protocole, ministère et SE-Unsa croyaient avoir réglé le problème pour de longues années. C'était sans compter sur la réaction des directeurs et le résultat de la consultation IFOP organisée par le GDID avec le résultat que l'on sait : 93 % des directeurs favorables à un statut !

Le SNUipp a donc saisi la balle au bond pour contrer son adversaire préféré et tenter de le marginaliser tout en essayant d'apparaître comme le défenseur de "la profession"... Avec le succès que l'on sait puisque, pour la première fois, des retenues sur salaire pour "service non fait" ont été appliquées aux directeurs ayant suivi les consignes de "blocage administratif" du SNUipp !

Conscient du malaise, le SNUipp poursuit son "combat" teinté d'une certaine ambiguïté puisqu'il évoque dans le même temps "le conseil des maîtres décisionnaire"... Des "Etats Généraux de la direction et du fonctionnement de l'école", selon la formule consacrée seront donc prochainement organisés par le SNUipp.

Le Haut Conseil à l'Education (HCE) vient de rendre public un rapport extrêmement sévère sur l'efficacité de l'école primaire dans lequel il met en lumière la difficulté de diriger une école et demande "d'ouvrir le débat sur la fonction de directeur d'école".

C'est également le moment que choisit le SGEN-CFDT pour évoquer le problème de la "démocratie et du fonctionnement de l'école".

"L’exercice solitaire de la direction conduit à une déresponsabilisation des adjoints et à des dérives qui ne laissent que peu de pouvoir réel au conseil des maîtres. Les directeurs sont exaspérés : on ne les prend pas au sérieux ; méprisés par les gouvernements successifs, ils éprouvent un véritable ras-le-bol face à des tâches toujours croissantes qui les submergent et qui sont si peu reconnues… La mise en place cette année des contrats d’avenir, sans formation préalable, n’a pas apporté l’aide professionnelle dont l’école avait besoin. Il est urgent de redéfinir les missions du directeur d’école, acteur central pour un renouvellement de nos pratiques collectives.

 

Le débat est vif au sein de nos syndicats. Les approches et les réalités sur le terrain entre les départements sont variées. Dans les départements très urbanisés comme les Hauts-de-Seine où la majorité des directeurs sont déchargés (plus de 13 classes, parfois 16 ou 17), une structuration différente semblerait répondre à l’attente de nos collègues.

 

En revanche elle ne semble pas convenir à la réalité de départements avec de plus petites écoles et des secteurs ruraux (l’Essonne par exemple) où très peu de directeurs ont une décharge complète.

 

La majorité n’ayant qu’une journée, voire deux, pour toutes les tâches qui leur incombent. Pour ceux-là, c’est avant tout le temps qui manque pour gérer la vie de l’école au quotidien, animer l’équipe, être le relais pédagogique, le référent dans les relations école/famille, la gestion des équipes éducatives et les relations avec les autres partenaires de l’école… Avec un quart ou une demi-décharge tous disent leur mal-être et le sentiment de ne rien mener correctement, faute de temps.

 

Il n’en reste pas moins que la gestion hors les murs de l’école a progressivement entraîné les personnels chargés de la direction à chercher en vain leur place dans une école « moderne » (mais qui reste sur le modèle Jules Ferry), dans un improbable espace entre IEN (inspecteur de l’Éducation nationale), enseignants et municipalité.

 

L’expérimentation des Épep (établissement primaire d’enseignement public) de l’ancienne administration De Robien ne répond en rien aux changements attendus. Si des dispositifs de mutualisation sont sans doute nécessaires, l’ajout de structures qui se superposent aux anciennes n’est pas une solution. Transférer les missions des conseils des maîtres et du conseil d’école vers un conseil d’administration où les élus locaux auraient une majorité absolue sur les choix pédagogiques et la répartition des moyens est inacceptable pour le Sgen-CFDT.

 

Nous ne prétendons pas avoir une solution toute ficelée à apporter mais ne serait-il pas temps de mettre les acteurs de l’école en situation de responsabilité en les associant aux décisions qui concernent leur site en créant des espaces de négociation.

 

Le projet d‘école deviendrait un contrat d’école, donnant aux acteurs les moyens d’anticiper de décider pour l’école. Faire en sorte que l’école soit gérée au plus près par une instance démocratique plus pertinente, plus opérationnelle et qui mettrait fin à la gestion à distance déconnectée de la réalité est une des pistes de travail de notre fédération pour sortir le dossier de la direction de l’école de l’impasse.

 

Lors de notre dernier congrès fédéral à Lille en mai 2007, le syndicat Sgen-CFDT de l’Isère ouvrait le débat en proposant le vote d’un amendement dans lequel le statut d’un EPLE (établissement public local d’enseignement) premier degré serait une piste de travail pour sortir de l’immobilisme.

 

Rejeté d’une courte majorité par 43 % des voix contre l’amendement et 40 % pour, les syndicats  s’opposant à cet amendement excluent le recours à un conseil d’administration à l’image des établissements du second degré.

 

Mais avec un vote aussi partagé, les délégations des Sgen-CFDT donnent un signal à notre conseil fédéral pour redessiner d’urgence un projet de fonctionnement pour nos écoles. Des pistes existent, réseaux fonctionnels de plusieurs petites écoles, regroupement dans une même structure de plusieurs écoles avec un collège dans un même bassin d’éducation. Dans ce projet, il faut préserver :

 

la proximité du directeur avec les familles ;

 

du temps supplémentaire de décharge et une aide professionnelle à la gestion administrative ;
une instance démocratique où peuvent siéger les différents partenaires de l’école".

 

                                               

Que retient-on de ce long texte du Sgen-CFDT ? D'abord qu'il est un bel exemple de langue de bois ("la gestion hors les murs de l’école a progressivement entraîné les personnels chargés de la direction à chercher en vain leur place dans une école « moderne »)...

 

Chacun peut y trouver ce qu'il y cherche. Les tenants d'une évolution de la direction et d'une véritable reconnaissance de la fonction seront servis ("Il est urgent de redéfinir les missions du directeur d’école, acteur central pour un renouvellement de nos pratiques collectives"). Tout le premier paragraphe dresse un constat sévère de la situation... ("Les directeurs sont exaspérés : on ne les prend pas au sérieux ; méprisés par les gouvernements successifs, ils éprouvent un véritable ras-le-bol face à des tâches toujours croissantes qui les submergent et qui sont si peu reconnues…").

 

Les partisans d'une gestion plus "démocratique" (comprenez collective) y trouveront motifs de satisfaction ("L’exercice solitaire de la direction conduit à une déresponsabilisation des adjoints et à des dérives qui ne laissent que peu de pouvoir réel au conseil des maîtres").

 

Bref, "Opération de communication", "propos contradictoires", "pas à la hauteur des défis", pour reprendre les termes employés par les syndicats après lecture de la lettre envoyée aux enseignants par le président de la République.

 

 

A noter : Xavier Darcos présentera fin octobre un projet pour l'école primaire - PARIS (Reuters)

 

"Il faut à nouveau un grand projet pour l'école primaire. Je l'annoncerai d'ici la fin du mois d'octobre", a déclaré le ministre de l'Education nationale sur LCI.

Xavier Darcos a notamment l'intention de mettre en place, en fin de CM2, "un dispositif de vérification, de remédiation" sous forme de petits groupes de travail "pour faire en sorte que tous les élèves qui rentrent en sixième ne soient pas (en) difficulté".

Selon un rapport remis le 27 août au président Nicolas Sarkozy, quatre élèves sur dix sortent de l'école primaire avec de graves lacunes et 15% sont en grande difficulté.

Autre constat des experts dans ce document : l'école primaire n'aide pas à gommer les inégalités de départ entre les enfants et "semble s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances".

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4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 14:25

Dès la parution du rapport du HCE sur l'école primaire, les principaux syndicats ont multiplié les déclarations sur le contenu de ce texte. Le rapport du Haut Conseil de l’Education (HCE) dresse, en effet, un constat sévère du fonctionnement de l’école primaire française.

Ainsi, le SE-Unsa ne manque pas de pointer les contradictions entre le constat du HCE et la politique du gouvernement.

"Si le SE-UNSA partage nombre de ses analyses, il constate cependant que la rigueur scientifique n’est pas toujours au rendez-vous.

Les éléments chiffrés et leurs sources manquent souvent à l’appui des affirmations, tandis que certaines reposent sur des statistiques datant de près de dix ans. Les taux d’encadrement dans le primaire sont ainsi présentés comme en constante amélioration… alors qu’ils ne cessent de se détériorer depuis 2001 ! De même, le rapport mélange parfois constats et jugements de valeur, voire procès d’intention.

Il n’en reste pas moins qu’en mettant en avant la proportion de 15 % d’élèves sortant de l’école primaire sans maîtriser les compétences de base, le HCE ne fait que rappeler un état de fait connu depuis plusieurs années.

Redoublements contreproductifs, mise en œuvre partielle du fonctionnement en cycles, pratique insuffisante de l’évaluation, formations initiale et continue défaillantes, sous-estimation de l’importance et de la spécificité pédagogique de l’école maternelle : le HCE pointe des causes. Pour le SE-UNSA, cette identification est d’autant plus pertinente qu’il n’a lui-même cessé d’attirer l’attention des autorités publiques sur ces sujets depuis des années.

L’écart entre ce constat alarmiste et les politiques gouvernementales est donc particulièrement accusateur. Les orientations budgétaires annoncées par le ministre Xavier Darcos pour 2008 n’en sont que plus consternantes". 

Pour le SNUipp, "ce rapport est décevant : il est uniquement composé d’extraits de textes antérieurs déjà connus et publiés. Il n’apporte véritablement aucune idée nouvelle. On serait en droit d’attendre beaucoup mieux du travail d’un Haut Conseil.

 

Le rapport se borne à énumérer des points négatifs et ne trouve à l’école élémentaire et maternelle aucun point d’appui pour aller vers une réussite de tous les élèves.

 

Si l’école connaît des insuffisances réelles et peine à faire réussir tous les élèves ce n’est pas ce texte qui peut constituer un outil utile pour tracer des pistes pour transformer l’école".

 

Cependant, il est un thème abordé dans ce rapport qui n'a fait l'objet d'aucun commentaire de ces syndicats si prompts à dénoncer les contre-vérités : le rôle du directeur d'école et son statut !

Etonnant, tout de même ce silence assourdissant du SE-Unsa et du SNUipp ! Partageraient-ils les conclusions du HCE qui déclare que "même s'il s'agit d'un sujet sensible, le débat sur la fonction de directeur d'école primaire, dotée de compétences explicites, ne devrait plus être éludé" ?

Manifestement, ce silence traduit une gêne incontestable dans les appareils syndicaux... dont les responsables n'osent aborder directement ce "sujet sensible"...

Pourtant, des articles ou commentaires "extra-syndicaux" laissent planer de sérieux doutes sur le mutisme étrange des centrales syndicales.

Analyse de Patrick Picard du "Café Pédagogique" concernant la partie du rapport traitant du statut du directeur d'école :

"Du côté des contre-vérités, l’analyse à la serpe du rôle du directeur est un régal : globalement, tout irait mieux si le directeur d’école avait un vrai statut hiérarchique, pouvait imposer des modifications pédagogiques à ses adjoints et piloter son conseil d’administration comme un vrai patron. On se demande sur quelle étude ce genre de propos peut être étayé : chacun sait combien, dans le second degré où ces conditions sont réunies, le chef d’établissement obtient des résultats spectaculaires sur la mobilisation pédagogique de ses enseignants, unifie les pratiques au service des élèves à la dérive et met en œuvre la différenciation pédagogique…"

Mais qui est donc Patrick Picard ? Un journaliste spécialisé dans le domaine de l'éducation ? Une sommité universitaire ? Une personnalité éminente du monde éducatif ? S'appuie-t-il sur des recherches personnelles, des études reconnues, des rapports confidentiels...?

A la vérité, il faut le dire, Patrick Picard est un ancien responsable national du SNUipp, toujours membre de ce syndicat, reconverti, voilà quelques années, instituteur de base par la grâce de la rotation des mandats... 

Entre autres fonctions, il s'occupe notamment de la "rubrique primaire" du "Café Pédagogique", organe d'information et de réflexion sur l'enseignement et l'éducation (l'actualité pédagogique sur Internet).

Ainsi, le SNUipp, d'ordinaire si disert sur "la direction et le fonctionnement de l'école", ne réagirait-il pas par porte-parole officieux, paré des vertus de la presse spécialisée lorsqu'un sujet est trop sensible pour être abordé de façon abrupte au point de heurter les collègues ?

Alors, le "Café Pédagogique" serait-il le porte-voix du SNUipp au travers des analyses de Patrick Picard ? Il y va de la crédibilité de ce média dont nous n'osons croire qu'il se prête à ce jeu, fut-ce de façon involontaire. Le SNUipp partage-t-il l'analyse de son illustre adhérent ? Et plus généralement, que pense le SNUipp des conclusions du rapport du HCE sur le (non) statut du directeur d'école ?

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