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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 22:41

A 57 ans, Gérard Aschieri, devenu une figure du syndicalisme français, va quitter la tête de la FSU la semaine prochaine au congrès de Lille après trois mandats depuis son élection en janvier 2001.

 

Bernadette Groison devrait être la prochaine secrétaire générale de la FSU à l'issue du sixième congrès de la fédération organisé du 1er au 5 février 2010 à Lille, à condition d’obtenir 70% des voix.

Membre du SNUIPP (le syndicat des enseignants du premier degré), elle figure en seconde position sur la liste des candidats de la liste « Unité et action » (tendance majoritaire) derrière Gérard Aschieri (Snes - enseignants du second degré).


Née le 26 juillet 1961, Bernadette Groison sort de l'école normale des instituteurs en 1987. Elle commence sa carrière dans l'académie de Dijon. En 1993, elle intègre la direction nationale du SNUIPP dont elle devient secrétaire générale adjointe en 2001, puis co-secrétaire en 2004 et jusqu'au congrès de 2007. Au sein de la FSU, elle siège actuellement au BDFN (Bureau délibératif fédéral national) et au CDFN (Conseil délibératif fédéral national) de la FSU.

 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 17:02

En pleine préparation de son congrès de mars 2010, le SE-UNSA dresse un bilan de son action édictée par le précédent mandat. Ainsi, Philippe Martin, secrétaire départemental 59, publie-t-il un « rapport d’activité départemental » sur la « direction d’école ».

 

Direction d’école : dossier non clos

 

En mai 2006, était signé entre le ministère de l’Education nationale et le SE-UNSA le protocole sur la direction d’école. Que n’avons-nous entendu à l’époque ?

Et puis le temps a passé. La fuite de nos directeurs syndiqués n’a pas eu lieu et le SE-UNSA a été confirmé comme syndicat majoritaire des écoles dans notre département.

Avec le recul, considérons à nouveau les avancées :

-          Généralisation des décharges pour les directeurs d’école à 5 classes et extension à toutes les écoles à 4 classes ; décharges de rentrée pour les petites écoles ;

-          Dotation d’une aide administrative dans chaque école en ayant fait la demande ; le SE-UNSA sait bien que certaines d’entre elles n’ont pu en bénéficier et intervient régulièrement pour que le quota d’aide administrative soit abondé :

-          Augmentation de l’indemnité de direction ; celle-ci sera augmentée une seconde fois en 2007 pour atteindre 1295 euros.

Et puis il ya eu la signature du protocole sur les 108 heures signé par le SE-UNSA et le SGEN-CFDT. A cette occasion :

-          Une décharge de service a été attribuée aux directrices et directeurs d’école pour organiser l’aide personnalisée (de 10 heures pour les petites écoles à une décharge de service totale pour les plus grosses) ;

L’indemnité de direction a été augmentée de 200 à 600 euros.

Pourtant, le SE-UNSA considère-t-il que le dossier est clos ? Non, bien sûr, et les débats qui auront lieu lors du congrès de Brest, en mars prochain, iront, notamment, dans le sens

-          d’une augmentation du temps de décharge,

-          d’une revalorisation de l’indemnité et de la bonification indiciaire,

-          de la dotation dans chaque école d’un secrétariat administratif dont les missions seront pérennisées, dont les emplois seront stables et qualifiés.

Depuis plusieurs années maintenant, le gouvernement tente d’imposer les EPEP. Au-delà des EPEP, c’est l’évolution du fonctionnement et de la direction d’école qui interroge notre syndicat, comme les autres d’ailleurs… sauf qu’au SE-UNSA les débats ont lieu pour faire avancer des pistes concrètes, y compris lorsqu’ils sont contradictoires. A nouveau, à Brest, le SE-UNSA débattra du fonctionnement de l’école, de sa structuration juridique, de son autonomie financière à seule fin de l’amélioration de l’efficacité pédagogique.

 

 

Le SE-UNSA n’échappe pas à l’autosatisfaction rencontrée dans les syndicats ou partis politiques à la veille d’un congrès. L’équipe en place est globalement contente du travail accompli. Tout aussi naturellement, elle agrémente son bilan d’un bémol pour justifier ses difficultés à remplir totalement son mandat d’où la nécessité souvent réaffirmée de reconduire les dirigeants afin de parachever leur œuvre… Rien que de très classique.

 

Constatons, cependant, que le SE-UNSA fait abstraction de bon nombre de critiques qui lui ont été adressées durant cette mandature. Certes, si l’obtention d’une décharge pour les écoles de 4 classes a été saluée comme une juste et réelle avancée, rappelons que les conditions de sa mise en place ont été souvent difficiles. Les PE2 ont parfois été imposés sans concertation ni sur le jour de décharge ni sur le contenu de leurs interventions. Le suivi et la formation de ces jeunes stagiaires a souvent été une charge supplémentaire pour nombre de collègues directeurs. Enfin, rappelons, l’incertitude qui se fait jour avec la disparition de ces PE2 à la prochaine rentrée scolaire.

Le SE-UNSA présente aussi comme une avancée la double augmentation de l’ISS. L'honnêteté commande de la relativiser car cette augmentation ne représente que la modeste somme de 2 fois 15 euros…

Quant à la part fixe de l’indemnité versée comme une prime et allant de 200 à 600 euros, rappelons que l’immense majorité des collègues travaillent dans des écoles de moins de 10 classes et ne touchent donc, pour la plupart, que 200 ou 400 euros. Peut-on, pour autant, admettre que cette augmentation soit à la mesure de la reconnaissance de leur métier ?

 

Ce syndicat semble également se féliciter d’avoir signé le protocole sur les 108 heures. Là encore, il faut relativiser « l’avancée » que constitue l’attribution d’une décharge de service pour organiser l’aide personnalisée. Nous savons que certains IA  et IEN n’ont pas été très coopératifs pour simplifier le travail des directeurs. Nous ne comprenons d’ailleurs toujours pas pourquoi certaines catégories de personnels ont été exemptées de l’aide personnalisée pendant que l’immense majorité des directeurs y étaient contraints.

 

A quelques mois de son congrès, l’équipe dirigeante du SE-UNSA présente ses perspectives pour le prochain mandat. Curieusement, ces mesures sont annoncées avant les débats du congrès… Ce qui signifie qu’elles « coulent de source » et qu’elles constituent une revendication permanente hors mandat (augmentation du temps de décharge et revalorisation financière).

Quant à la demande de « dotation dans chaque école d’un secrétariat administratif dont les missions seront pérennisées, dont les emplois seront stables et qualifiés », qui peut croire qu’elle puisse aboutir rapidement et être exaucée par un quelconque gouvernement ? Pas même les dirigeants du SE-UNSA qui savent bien que cette mesure n’a aucune chance d’être retenue en ces temps de RGPP et de coupes budgétaires. D’ailleurs, la structure de la grande majorité des écoles ne nécessite pas « un secrétariat administratif ». Les directeurs ont surtout besoin d'une décharge pour assurer eux-mêmes le bon fonctionnement de leur école.

Qui peut également croire que ces « emplois seraient stables et pérennisés » alors qu’ils ne sont actuellement assurés que par des personnes en contrat aidé, sans formation et mal rémunérées ?

Comment croire que ces personnels seraient « qualifiés » alors même que la formation des enseignants est revue à la baisse pour de simples raisons budgétaires ? A l'évidence, le SE-UNSA verse sciemment dans la démagogie en avançant ce type de mesure qu'il sait irréaliste et irréalisable.
 
 

Philippe Martin semble aussi minimiser l'impact de la signature du protocole en mai 2006. Comment vérifier que les directeurs syndiqués n’ont pas quitté le navire ? Est-ce le fruit du hasard si les directeurs d’école ont été si nombreux à répondre à la consultation IFOP commandée par le GDID en septembre 2006 ? Le SE-UNSA aurait-il oublié que 93 % des collègues ont manifesté leur désir d’être reconnus par un véritable statut professionnel ?

N'oublie-t-il pas également que les élections professionnelles ont traduit une érosion de 1,6 point sur le plan national malgré une participation en hausse de près de 2 points. En outre le SE-UNSA a recueilli moins de 25 % des suffrages exprimés.

Certes, il est bon que les débats aient lieu au sein du SE-UNSA à propos de la direction d’école. En effet, ce n’est pas le cas dans toutes les organisations syndicales. Mais les directeurs attendent davantage que des débats. Il est temps que le SE-UNSA prenne clairement position sur la question du statut et qu’il inscrive enfin cette mesure au premier rang de ses revendications. Il est temps que le SE-UNSA considère la reconnaissance institutionnelle des directeurs d’école comme une priorité absolue de son action « à seule fin de l’efficacité pédagogique », comme il dit…

 

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 15:21

Le Sgen-CFDT publie un « 4 pages » intitulé : « direction et fonctionnement de l’école » entièrement consacré à ses propositions.

« Par delà la simple question de l’organisation de l’école, le Sgen-CFDT revendique une évolution en profondeur du pilotage du système éducatif qui s’appuie et qui accompagne la volonté d’agir des équipes et qui mette fin aux pratiques infantilisantes en cours dans notre ministère.

Avec ce « quatre pages » nous souhaitons commencer à partager ce projet avec vous », écrit Thierry Cadart, secrétaire général.

 

En préambule, le Sgen rappelle que le débat est récurrent et qu’il « resurgit autour d’une initiative parlementaire ». Le syndicat précise que les problèmes sont de plusieurs ordres :

Les responsabilités qui pèsent sur l’école (pédagogiques, juridiques, administratives...) et particulièrement sa direction se sont amplifiées, complexifiées et diversifiées.

Le modèle ancien encore en vigueur ne répond plus aux exigences de notre époque.

La charge de travail et de responsabilité des directeurs ou des enseignants chargés de direction n’est plus acceptable.

 

Il faut signaler que si le débat resurgit, c’est aussi grâce à l’initiative du GDID qui a lancé une pétition auprès des directeurs d’école, à destination des syndicats et qui est un appel à intervenir pour la défense et la reconnaissance de tous les personnels, directrices et directeurs compris. Pétition qui connaît un véritable engouement puisque déjà signée par des milliers de collègues.

Le Sgen l’admet volontiers puisqu’il précise que « l’association GDID (Groupement de Défense des Intérêts des Directeurs) contribue elle aussi à relancer l’actualité de cette thématique en proposant un débat national sur la question. Elle a raison de le poser en ces termes mais les solutions ne sont pas simples à élaborer et il faudra beaucoup d’échanges, de débats pour dégager des réponses valides ».

 

Le « 4 pages » détaille ensuite les propositions du Sgen :

 

Nous ne pouvons nous satisfaire :

-       Ni du projet EPEP qui transfère l’autorité de l’école primaire, de l’Éducation Nationale vers les communes évacue la question mais ne résout rien au fond. Il complique les relations professionnelles et affaiblit le rôle d’orientation et de contrôle de l’État en particulier en matière éducative.

-       Ni d’un statut de directeur qui réglerait partiellement la situation juridique des directeurs, mais ne changerait rien à la place de l’école dans son environnement social, économique et politique et n’améliorerait pas en lui même les conditions de travail de ces personnels.

 

C’est pourquoi le Sgen-CFDT s’engage dans ce débat à partir de trois thèmes qui lui semblent essentiels :

 

1-     La proximité

 

L’enjeu essentiel est de préserver la relation de proximité qu’entretient l’école avec les familles, les partenaires, et les élus locaux…

Pour cela, dans chaque école, le directeur doit disposer de temps et d’une définition claire de ses tâches et responsabilités. Le Sgen-CFDT propose de recentrer les activités du directeur sur l’animation pédagogique, les relations avec les familles et les partenaires, renforcer les pouvoirs décisionnels du conseil des maîtres et la mise en œuvre des projets d’école, et de l’aider dans ses fonctions administratives et financières, comme celles qui relèvent de la gestion technique et purement administrative. Cela implique de conforter les temps de décharge de service des directeurs et de confier les tâches administratives et comptables à des personnels compétents et responsables sur le plan juridique.

 

2-     La gestion de l’école

 

Trop de décisions concernant la gestion de l’école sont prises à l’IA, à la circonscription, au collège, à la mairie, à la caisse des écoles, en raison principalement de questions de taille de la structure, de compétences statutaires des différents personnels… Tout cela est source de déresponsabilisation des acteurs, manque de clarté pour la population et rend les conditions de travail des directeurs, coincés entre injonctions hiérarchiques et diversités des partenaires, de plus en plus insupportables.

L’école a besoin d’exister juridiquement et administrativement.

Les difficultés qui sont apparues pour l’organisation de l’aide personnalisée ont mis en évidence que les modalités d’organisation doivent se prendre au niveau de l’école. En rapprochant le niveau de la prise de décision des enseignants de l’école, c’est l’ensemble des personnels qui y participerait.

 

Le Sgen-CFDT propose d’installer dans le premier degré une structure ayant les compétences d’un établissement public pour pouvoir assumer ses responsabilités.

Cet établissement doit être fédérateur pour pouvoir établir des relations claires avec les collectivités locales (mairies et communauté de communes), contracter avec elles et représenter localement l’Éducation nationale.

Il doit également être mutualisateur et mettre à la disposition des écoles qui le composent un centre documentaire commun, un Rased, des services de santé et sociaux, une antenne informatique ou plus généralement Tice, des liens directs avec diverses structures (MDPH...). Il serait naturel que cet établissement se voit confier des tâches de gestion actuellement dévolues à la circonscription. Cela permettrait de recentrer le rôle de la circonscription sur la formation, l’animation et l’évaluation pédagogique, ces dernières fonctions devant rester extérieures à l’établissement.

 

Projet d’établissement

Pour cela l’établissement doit fonctionner sur la base d’un projet d’établissement, garder une taille humaine et être doté des personnels administratifs et de direction nécessaires.

L’expérience montre qu’il ne faut pas excéder 500 élèves environ pour garder à une structure des qualités relationnelles (entre adultes comme avec les enfants et les familles).

On peut donc imaginer des établissements composés :

• d’une seule grosse école ou groupe scolaire comme il s’en trouve dans les grandes villes ;

• des écoles d’un quartier ou d’un chef lieu de canton ;

• d’un collège et des écoles qui l’entourent dans certaines zones rurales ou de montagne.

 

La direction de l’établissement

Les responsabilités confiées nécessitent un statut officiel.

Pour le Sgen-CFDT, ce statut pourrait être un statut d’emploi fonctionnel. Ce statut permet d’exercer les responsabilités de la fonction, ainsi que la reconnaissance financière des responsabilités exercées, mais il est lié à la période d’exercice de cette fonction. Il a le caractère temporaire d’un détachement. S’il souhaite y mettre fin, le personnel revient à son statut précédent ou au statut auquel il aurait accédé entre temps, par voie de concours par exemple. À l’évidence, ce personnel de direction devrait être un directeur d’école qui fait le choix de quitter la classe pour entrer dans ce type de fonction. Cela peut représenter un débouché de carrière ou conduire à d’autres fonctions de direction par la suite...

 

3-     La démocratie professionnelle

 

Toute la difficulté est d’articuler la structure de proximité qu’est l’école et la structure de gestion que serait l’établissement de façon à ce que complémentarité ne devienne pas concurrence et que l’une n’étouffe pas l’autre.

Pour le Sgen-CFDT, la seule garantie crédible, c’est de construire un fonctionnement démocratique donnant à chacun la reconnaissance de ses responsabilités au niveau où il intervient. Notamment, si le directeur d’école doit être déchargé de tâches administratives (réponses d’enquêtes, contacts avec des fournisseurs, gestion comptable, montage de financement…) il doit rester le représentant de l’établissement au niveau local. Il faut donc qu’il soit partie prenante dans la vie de l’établissement.

Dans ce cadre un conseil pédagogique, composé de droit de représentants de l’ensemble des écoles composant l’établissement (directeur ou adjoint selon le choix de l’équipe), serait chargé de conduire le projet pédagogique et de formuler en direction du Conseil d’Administration (cf. ci-dessous) toutes demandes liées au fonctionnement pédagogique.

Enfin, comme dans tout établissement public, il faut un conseil d’administration composé par tiers d’élus de l’ensemble des personnels, d’élus des usagers (parents et élèves dans le cas d’un établissement mutualisé avec un collège) et de représentants des collectivités territoriales.

Le Sgen-CFDT ne verrait qu’avantages à ce que le président du Conseil d’Administration (CA) soit élu librement en son sein. Ne pas confondre les rôles de président du CA et de représentant de l’État (directeur de l’établissement) serait un atout pour un véritable débat démocratique au profit de tous.

Pour assurer ces rôles, les personnels qui s’engageraient dans ces mandats devraient bénéficier d’une décharge de service.

 

Le Sgen souhaite également « clarifier le rôle de chacun » :

 

« Aujourd’hui, le directeur d’école est tout à la fois un enseignant, un interlocuteur pour tout le monde, un gestionnaire… mais il n’en a pas les moyens, ni en temps ni en légitimité juridique. Et il doit souvent s’appuyer sur une autoformation faute de formation continue suffisante. Le Sgen-CFDT estime qu’on ne trouvera pas de solution à cette situation intenable en maintenant toutes ces fonctions sur la même personne.

C’est pourquoi il verse au débat l’idée de répartir ces fonctions chacune au niveau le plus approprié en établissant des relations démocratiques entre elles. Une telle clarification du fonctionnement permettrait également aux adjoints de mieux identifier des lieux de décision plus proches d’eux et donc d’avoir des possibilités d’expression plus réelles.

Le Sgen-CFDT ne prétend nullement avoir trouvé la solution idéale à tous les problèmes. Existe-t-elle d’ailleurs ? Mais il est prêt à débattre avec l’ensemble de la communauté éducative parce qu’il est urgent de répondre aux problèmes identifiés d’une part et aux inquiétudes des personnels d’autre part ».

 

Comme nous le voyons, les lignes bougent ou pour être plus précis, disons que le sujet fait débat… Jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale où lors de discussion du Projet de Loi de Finances pour 2010, il fut récemment question du statut et du rôle des directeurs d’école.

 

 Ainsi, au sujet de la formation des enseignants et de leur accompagnement pédagogique, le rapporteur précise : « …Le dernier facteur de faiblesse réside dans le « très mauvais encadrement » des enseignants, au sens où celui-ci ne dispose par des moyens nécessaires pour mettre en place un « collectif » pédagogique où les enseignants se formeraient les uns les autres. Les directeurs d’école du 1er degré, qui n’ont pas de statut, et les chefs d’établissement du 2nd degré, qui doivent « faire avec » la liberté pédagogique revendiquée par les professeurs, n’exercent qu’un faible leadership pédagogique sur les équipes enseignantes, pourtant indispensable à la coordination, et par conséquent, à l’efficacité des pratiques d’enseignement et de soutien scolaire.

Ce constat est corroboré par M. Marcel Pochard : « il n’y a rien », aucun « corps intermédiaire », « entre l’enseignant, seul maître à bord, et sa classe », ce qui rend très difficile l’émergence de dynamiques collectives propices à une prise en charge efficace de la difficulté scolaire ».

 

Ou encore lors de l’intervention du Député Frédéric REISS, auteur de la proposition de loi visant à la création des EPEP : « J'ai bien noté qu'il était prévu de nommer 3 400 nouveaux directeurs à la rentrée prochaine, qui devront accomplir cinq semaines de stage de formation obligatoire, pour une dépense de 1 million d'euros. Il me semble cependant que les directeurs d'école n’attendent pas seulement de la formation, mais aussi un statut, qui devrait s'inscrire dans le cadre de la création d'établissements publics d'enseignement primaire. Doter les écoles de la personnalité morale et d'un statut juridique permettra une gestion pédagogique plus efficace, tant en milieu rural qu'en milieu urbain. Je regrette que la loi du 13 août 2004, qui prévoyait des expérimentations dans ce domaine, n'ait jamais fait l’objet des décrets d'application correspondants, de telle sorte que nous ne disposons d'aucune expérimentation sur les résultats de laquelle nous pourrions nous appuyer pour aller de l'avant. Je souhaiterais donc connaître votre avis sur cette question ».

 

Et enfin dans la réponse du ministre de l’Education nationale, Luc Chatel : « Je suis également ouvert à une réflexion sur le rôle des directeurs d’école, dont les responsabilités se sont effectivement accrues au cours des dernières années sans qu’un statut propre soit créé à leur destination. C’est par cette question qu’il faudra commencer par s’interroger avant d’envisager une évolution du statut des établissements ».

 

Bref, chacun s’accorde sur le constat, à savoir que les charges, les missions et les responsabilités des directeurs d’école se sont « effectivement accrues au cours des dernières années sans qu’un statut propre soit créé à leur destination ». Mais, aucun signe tangible ne vient nous laisser le moindre espoir de commencement de règlement ou de solution à court terme.

Alors que le diagnostic a été établi par l’ensemble des acteurs de l’Education nationale, qu’il est corroboré par nombre de rapports ou d’études, le ministre en reste au stade de l’interrogation : « C’est par cette question qu’il faudra commencer par s’interroger avant d’envisager une évolution du statut des établissements ».

Bref, la situation ne semble pas sur le point de s’éclaircir pour les directeurs qui n’aperçoivent pas encore le bout du tunnel et qui, RGPP oblige, devront patienter encore très longtemps avant de voir leur situation évoluer favorablement dans le sens de l’obtention d’un statut. Du discours aux actes, le chemin est souvent long…

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 22:55

Le SNUipp 59 publie un texte sur la « direction d’école ». Nous avons décidé de le reproduire dans son intégralité malgré sa longueur. En effet, il importe que les collègues directeurs connaissent parfaitement la position de ce syndicat pour s’en faire une idée la plus objective possible.

 

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Voici maintenant plusieurs années que la création d’un établissement du 1er degré autonome est attendu par les tenants de la libéralisation de l’Ecole : la mise en concurrence constituant le fondement de leur conception des rapports économiques comme sociaux.

C’est dans ce but que le projet de création des EPEP a été imaginé, visant à la constitution d’établissements publics du 1er degré dans lesquels les enseignants seraient minoritairement représentés dans l’organe de direction, placés sous la direction d’un chef d’établissement et d’un conseil d’administration soumis à la tutelle des élus locaux.

 

I- Le projet libéral

Il faut d’abord noter qu’il s’agit d’une localisation (municipalisation) de l’école, de ses moyens et de ses missions.

Le cadre : celui de la concurrence généralisée entre établissements, autour d’un classement fonction des seuls résultats des élèves.

Le fonctionnement : La gestion localisée des personnels, expérimentée cette année avec la remise en cause des règles paritaires et du rôle des élus : le statut des enseignants pourrait ainsi évoluer également vers la localisation et dans le cadre d’une rétribution aux résultats.

Le moyen : soyons attentifs aux toutes dernières « expérimentations » dans le cadre de la « rétribution » des élèves en cas de présence à l’école ! Elles ne sont en fait qu’une préparation des citoyens au projet de « chèque éducation » conçue par les cercles libéraux depuis les années 1980. Perçu de l’Etat par les familles, ce « chèque » serait ensuite apporté par celles-ci dans l’établissement de leur choix afin de constituer la dotation financière de ceux-ci…. après avoir bien sûr été abondé d’une part familiale plus ou moins importante (sans doute fonction du classement de l’établissement visé).

Magnifique projet qui, n’en doutons pas, tournerait le dos à l’Ecole républicaine pour tous.

 

II- Un obstacle

Il reste une étape essentielle pour ses tenants : gagner l’accord des enseignants comme des parents pour s’assurer une transition sans douleur. C’est le sens de la campagne menée sur l’instrumentalisation de l’Evaluation, sur la responsabilité des élèves, des enseignants et des familles dans l’échec scolaire, sur la remise en cause des aides collectives (RASED, Formation spécialisée, initiale et continue…), sur le coût du « mammouth » …

C’est aussi le rôle du rapport de l’IG (cf site du snuipp94) qui tout en constatant l’inefficacité des mesures installées en 2008 (aide personnalisée, stage de RAN, recul des RASED, nouveaux programmes, accompagnement éducatif, PPRE…) indique qu’il faut poursuivre. C’est ainsi qu’il insiste sur leur efficacité dans 2 domaines : l’explosion des réflexes de solidarité entre enseignants facilitant une gestion au profil, au résultat de leur carrière la mise en évidence de la nécessité d’un renforcement du rôle de la hiérarchie et dans ce cadre la création de structures conçues comme relais de cette autorité : les EPEP !

 

III- Une « nécessité incontournable » pour les libéraux

Celle d’un statut de directeur pour ces établissements. Comme toujours, les libéraux ont pris de l’avance et y travaillent depuis longtemps.

Cette idée remonte à de très nombreuses années : l’Ecole du XXIème siècle du ministre de l’époque Claude ALLEGRE en 1999 voici 10 ans, mais avant lui le projet de statut de « maître directeur » en … 1987 du ministre René MONORY y travaillaient déjà !

C’est d’ailleurs parce que ces projets se sont heurtés à l’époque à des batailles des personnels, refusant le corporatisme et la caporalisation des rapports dans l’Ecole, que les libéraux ont changé leur angle d’attaque. Tenant compte de leurs échecs, ils sont passés du projet frontal à la bataille idéologique. Bataille qu’ils mènent depuis lors pour faire, entre autre, admettre comme une évidence et rendre « incontournables » leurs propres projets.

C’est ainsi qu’ayant décidé de changer progressivement la réalité des écoles, ils ont, à cette fin, instrumentalisé les difficultés de fonctionnement qu’ils ont eux même créées depuis de nombreuses années. Outre le contenu de fond des missions et objectifs de l’Ecole, ces « évolutions » transfèrent constamment des missions nouvelles sur les collègues chargés de direction, sans jamais fournir une amorce de réponse aux attentes fabriquées (décharges notamment). C’est ainsi qu’ils ont pesé.

Double bénéfice, puisque tout en mettant en place l’Ecole de la concurrence des individus, ils laissaient ainsi s’exaspérer les rapports et les incompréhensions entre les directeurs et leurs collègues, sur la base même de la mise en place des dispositifs nouveaux. Ils ont travaillé à faire progressivement grandir l’idée que la solution aux problèmes serait un statut nouveau, plus conforme à leurs missions nouvelles… dans la cadre de la libéralisation rampante et inavouée de l’Ecole.

 

IV- Une tentation mortifère pour tous

Aujourd’hui la tentation du corporatisme est là ! Confrontés à une réelle difficulté à obtenir des avancées collectives et un recul des projets libéraux, les personnels sont habilement « invités » à se cantonner à des revendications parcellaires, qualifiées « d’entendables » par les gouvernants : bref à négocier leur condition individuelle en renonçant à toute mesure collective remettant en cause le sens du projet global sur l’Ecole.

C’est pourquoi le « dossier direction d’école » est régulièrement qualifié de « réel problème » par les ministres successifs, sans que jamais ils apportent une quelconque réponse de fond autre que la perspective d’un statut. C’est également ainsi que les collègues, confrontés à une réalité professionnelle de plus en plus difficile, sont insidieusement invités à perdre de vue que la dégradation de leurs conditions de travail relève d’abord d’un projet global visant l’ensemble du service public. Ils sont insensiblement amenés à se couper de leurs collègues adjoints en s’immisçant dans la gestion de leur carrière, de leur vie professionnelle…

 

Le piège est ici tendu. Toutes les forces libérales amplifient en ce moment insidieusement la bataille :
 

- Est-ce un hasard si l’on a vu ces dernières années un groupement de directeurs né directement de cette situation, être très vite invité à la table nationale des discussions sur ce dossier en dehors de toute représentativité ? Groupement qui progressivement participe de la montée en puissance de la « revendication statutaire » à partir du seul problème de la direction d’école ?

- Est-ce un hasard si deux syndicats archi minoritaires dans l’enseignement, bien connus pour leurs positions droitières, et les origines confessionnelles de l’un des deux, apporte son plein soutien à la revendication d’un statut ?

- Est-ce un hasard si le projet de loi de création des d’EPEP pourtant déjà ficelé par 3 députés UMP en 2008, et prévoyant un statut à vocation hiérarchique pour la direction d’Ecole, est toujours ajourné dans l’attente de trouver des soutiens proclamés ?

- Est-ce un hasard si la loi enjoint aux communes de financer toujours davantage l’enseignement privé dans la cadre d’une gestion déconcentrée des élèves et des personnels et en concurrence avec le Public ?

- Est-ce un hasard si le rapport de l’Inspection Générale, sorti ces jours-ci, conclue précisément sur … la nécessité des EPEP et d’un « rôle de relai pour la direction de ces établissements auprès des IEN » ?

NON bien sûr !

 

V- Une seule réponse : collective et solidaire

Qui pourra croire que c’est en agissant sur des dossiers isolément les uns des autres que l’on va concourir à améliorer la situation ?

Qui pourra croire que les questions de la direction d’école, réduites à celle d’un statut pour le directeur, serait sans rapport avec le projet de mise en concurrence des écoles ? des personnels ? des élèves ? Voir à cette fin, la volonté d’instrumentaliser les évaluations nationales -jusque là outils de régulation du système- pour en établir un classement des écoles (après celui des lycées).

Qui pourra croire que la volonté de renforcer le « pilotage des IEN », serait sans rapport avec la casse les droits des personnels exprimée à travers la remise en cause du paritarisme, avec la négation des droits syndicaux, des outils de défense collectifs ?

Qui pourra croire que ce statut nouveau serait créé sans lien avec la volonté de « mettre en place une nouvelle hiérarchie intermédiaire » attendue dans la Réforme Générale des Politiques Publiques (cf RGPP site du snuipp94) ?

Qui pourra croire que le statut du directeur règlera la question de la remise en cause de toute logique d’égalité dans le droit à l’éducation, et singulièrement grâce à la masse des réformes installées progressivement pour cela ?

Il faut que chacun garde la « tête froide » et se refuse de toute bataille corporatiste. Loin de toute réflexion cohérente pour l’Ecole publique, ses personnels et ses élèves. Une telle action ne pourrait que faire le bonheur de ceux qui poussent au crime.

En ces temps d’attaque généralisée, la solution aux revendications et besoins exprimés, est collective et globale. Toute action partielle ne pourrait que complexifier la situation en favorisant les projets de ceux qui veulent isoler les problèmes, pour mieux jouer des contradictions et avancer leurs fausses solutions.

 

Oui la direction d’école a besoin de temps, de moyens, de reconnaissance et de formation !

Mais il faudra d’abord revoir l’ensemble des mesures dé-régulatrices et génératrices de paperasse, de pressions sur les collègues, de culpabilisation des parents, des élèves qui dénaturent la fonction :

- Revoir les innombrables missions qui ont pour unique objet de transférer aux individus la responsabilité de l’échec des élèves (Evaluations, PPRE, PPAP, PPS, Conventions diverses …),

- Revisiter les missions de pacification des heurts sociaux qui ne sont que conséquence de la crise (signalements divers, suivis sociaux, gardiennage…)

- Revisiter les innombrables missions créées pour répondre à une municipalisation de l’école (commissions municipales diverses, gestion des actions éducatives, Conseils d’écoles, recherche complexe de crédits, démultiplication des projets pour la moindre action, PPMS, Protocoles divers …).

- Reconstruire des moyens d’aide à l’accueil du handicap, du sport à l’école, de la culture, de la pratique des langues, de la gestion des moyens techniques (entretien des locaux, des outils informatiques, audiovisuels …), de la médecine scolaire (PAI, vaccinations…), de l’aide sociale…

- Revoir la question du périscolaire : garderie du soir, études, aides aux devoirs, suivis éducatifs …

Il y aurait là beaucoup à faire pour recentrer la direction d’école sur sa fonction essentielle : animation d’une équipe et humanisation de la vie de l’école pour assurer la construction de connaissances. C’est la seule piste apte à rendre aux écoles leur âme !


Les libéraux veulent faire croire que « la responsabilité » est la mission première de cette fonction. C’est faux ! C’est leur choix de culpabiliser les individus, pour dédouaner le système et masquer le détournement des ressources, qui est porteur de cette vision.

Ce sont leurs choix qui conduisent à transférer l’organisation des missions de l’Etat sur les structures locales en conditionnant leurs ressources à celles des usagers et non aux richesses produites. Ce sont leurs choix qui conduisent à la nécessité de renforcer la hiérarchie et l’autoritarisme, pour mettre en place cette politique a contrario des besoins humains ! Ils ont choisi de configurer l’Ecole sur les seuls besoins économiques, ils ont choisi une Ecole du service minimum pour les déshérités, une Ecole qui rentabilise le savoir mais oublie sa dimension humaine et nécessairement solidaire. Ils ont besoin de moyens pour imposer ce choix qui se heurte aux attentes sociales : les EPEP et le statut de directeur en seront !

Nous, enseignants, parce que notre action pédagogique nous impose d’être porteurs des valeurs humanistes, nous pouvons, nous devons porter d’autres choix, une autre vision. C’est possible, c’est nécessaire. Le pire serait de se jeter dans la gueule du loup, comme nous y sommes progressivement invités.


Ensemble, tous ensemble ! Au delà du slogan, une nécessité impérieuse !

Ensemble, revendiquons dans le cadre d’un projet d’Ecole publique qui garantisse à tous un même droit à l’Education dans un cadre solidaire et citoyen. Revendiquons une Ecole serénisée, humanisée, Une Ecole républicaine.

Ensemble, réellement tous ensemble !

 

DES REVENDICATIONS POUR LA DIRECTION ÉTROITEMENT LIÉES À UNE AUTRE CONCEPTION DE L’ECOLE :

1- Plus de maîtres que de classes pour favoriser partout sur temps de travail l’aide aux apprentissages et profiter pleinement de la polyvalence de l’équipe

2- 3 heures hebdomadaires de concertation afin de gérer collectivement la vie de l’école

3- Pas une école sans décharge de service consacrée à la direction d’école avec un minimum d’une 1/2.

4- Retrait de tous les documents qui vont dans le sens de la culpabilisation des élèves et des maîtres : PPRE, Aide individualisée, Evaluations actuelles ...

5- Réflexion sur l’argent de l’école afin que les disparités sociales des élèves et économiques des ressources locales soient gommées.

6- Renforcement de la présence de la médecine scolaire auprès des élèves et gestion effective de leur santé (PAI, vaccinations, visites régulières, dépistages divers …)

7- développement de l’aide spécialisée partout afin que les élèves partout sur le territoire trouve aide publique et gratuite autant que de besoins

8- abandon de Base élèves et fourniture à toutes les écoles d’un outil informatique de gestion de l’école moderne, performant et ne constituant pas un fichage national des élèves

9- création d’un outil clair d’aide à la direction d’Ecole

10- clarification des missions sur la base du décret de 1989 et abandon de toutes les charges de travail qui conduisent à transférer des actions de gestion des collègues sur les directions d’écoles

11- création de corps statutaires et embauche de personnels autres qu’enseignants formés, rétribués à plein temps : assistants d’éducation, aide à plein temps à la scolarisation du handicap…

12- embauche de personnels qualifiés dans des corps existants : bibliothécaires, secrétaires…

13- renforcement des corps d’assistance sociale afin que dans toutes les écoles les élèves puissent être aidés socialement et éducativement …

OUI, des milliards pour une autre logique sociale et éducative, pour tous et non pour enrichir ceux qui le sont déjà !

REVENDIQUER pour le SNUipp, c’est ne pas se laisser enfermer dans les logiques à l’œuvre, c’est se DEFENDRE et TRANSFORMER

REVENDIQUER s’est se refuser au corporatisme qui ne peut que renforcer les divisions entre personnels qui ont les mêmes intérêts fondamentaux

 

--------------------------------------------------------------

 

L’un des mérites de ce long texte est de bien faire connaître la position du SNUipp. Les enseignements y sont nombreux.

Comme toujours, les directeurs d’école sont qualifiés d’« enseignants chargés de direction » ou appelés « direction d’école », les « opposants » à l’idéologie du SNUipp présentés comme des « libéraux » et un « groupement de directeurs » assimilé aux « forces libérales ».

Le « statut de directeur d’EPEP » n’est autre qu’une « nécessité incontournable pour les libéraux » et leur « projet libéral ». Et, bien sûr, le SNUipp ne serait plus le SNUipp s’il ne faisait allusion à « une réponse collective et solidaire » en forme de credo pour « améliorer la situation » de l’école…

 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 13:27
 

Le 7 octobre, c'est la journée mondiale pour le travail décent. Les syndicats se mobilisent dans plus de 100 pays pour exiger une action plus ferme des gouvernements par rapport à la reprise et à la réforme économique, a indiqué la Confédération syndicale internationale (CSI).

 

Si l’on se bat pour le travail décent, alors, les directeurs d’école français devraient être aux premières places des préoccupations syndicales.

 

Le SNUipp participera à ce « 7 octobre intersyndical » avec pour slogan : « Et si l’éducation avait besoin d’idées neuves ». Il se base sur de récentes études de l’OCDE qui indiquent « qu’avec 5,9 % de son PIB consacré à l’éducation, elle [la France]  se classe au 11ème rang des pays de l’OCDE. Bien en deçà de la moyenne qui s’élève à 6,1 %. Loin derrière des élèves apparemment plus innovants comme le Danemark, l’Islande, les Etats-Unis ou la Corée qui dépassent les 7 % du PIB. »

L’OCDE précise également que « la taille des classes constitue le principal déterminant de la différence de coût salarial moyen par élève en pourcentage du PIB ».

 

C’est le moment qu’a choisi Luc Chatel pour annoncer des premières propositions en la matière conscient de la nécessité « d’améliorer les conditions de travail, le statut social et les revenus » des enseignants.


C’est dans cette perspective que la FSU et 6 autres organisations appellent les enseignants des écoles à participer à la journée internationale sur le travail décent prévue le 7 octobre. Des rassemblements, meetings, manifestations, conférences de presse, sont programmés un peu partout en France.

Le SNUipp, quant à lui, n’entend pas en rester là et annonce que dans les prochaines semaines, il souhaite débattre avec les enseignants de la notion de « travailler mieux, travailler autrement »

 

Différentes questions seront ainsi étudiées :

-          comment travailler avec des petits groupes ?

-          Quelles utilisations possibles du « plus de maîtres que de classe » ?

-          Quelles missions pour la maternelle ?

-          Comment renforcer les collaborations avec les RASED ?

-          Quels besoins en formation ?

-          Quelles nouvelles organisations élaborer pour la direction ?

Autant de questions à explorer avec les enseignants pour inventer d’autres fonctionnements et débattre des modalités d’action pour obtenir les moyens de cette nouvelle école.

 

Non, nous n’avons pas rêvé, le SNUipp envisage bel et bien de rechercher de « nouvelles organisations pour la direction ». Prise de conscience que le statu quo ne mène à rien ? Amorce de réflexion sur la reconnaissance du métier de directeur d’école au XXIème siècle ?

 

Si nous saluons la volonté syndicale de s’intéresser enfin au problème des directeurs, il convient de ne pas nous réjouir trop vite… En effet, le SNUipp évoque la « direction » et non le « directeur ».

Les mots ont un sens. Ils reflètent la pensée et leur choix est rarement le fruit du hasard, notamment chez les responsables syndicaux.

 

Est-ce un premier pas timide vers une reconnaissance institutionnelle du directeur d’école ? Une sorte de revirement discret pour ne pas effrayer les tenants de la ligne dure « anti-p’tits chefs » ?
La direction nationale du SNUipp devra notamment convaincre ses sections départementales, à commencer par celle de l’Oise qui conteste les textes régissant l’organisation de l’école.

 

Ainsi, dans ce département, le SNUipp 60 publie le communiqué suivant :

« …dans l’Oise, l’Inspecteur d’Académie utilise les résultats départementaux [des évaluations CE1-CM2] pour remettre en cause l’organisation pédagogique des équipes dans certaines écoles, en demandant aux directeurs d’exercer une « responsabilité pédagogique globale », tête de pont aux prémices d’un statut hiérarchique : en effet, il fait injonction à ces directeurs de « juger de la pertinence de l’attribution des classes de cycle 2 » en la modifiant autoritairement, alors que cette organisation incombe réglementairement au conseil des maîtres. »

 

Le Décret n°89-122 du 24 février 1989 relatif aux directeurs d'école est pourtant clair et notamment son article 2 qui définit les fonctions du directeur :

 

Il [le directeur d’école] répartit les élèves entre les classes et les groupes, après avis du conseil des maîtres. Il répartit les moyens d'enseignement. Après avis du conseil des maîtres, il arrête le service des instituteurs et professeurs des écoles, fixe les modalités d'utilisation des locaux scolaires pendant les heures et périodes au cours desquelles ils sont utilisés pour les besoins de l'enseignement et de la formation.

 

L’IA de l’Oise ne fait que rappeler les prérogatives des directeurs et l’on voit mal en quoi ce rappel des textes serait une « tête de pont aux prémices d’un statut hiérarchique »…

 

On peut donc légitimement se demander si l’objectif annoncé de rechercher « quelles nouvelles organisations élaborer pour la direction » n’est pas, au contraire, une façon déguisée d’amener les adhérents à se prononcer pour un « conseil des maîtres décisionnaire » ? On sait la direction nationale du SNUipp très attachée à ce concept.

Pour l’instant, pas de procès d’intention mais une clarification s’impose. L’ambiguïté doit être levée au plus tôt.

Si, comme le dit  le slogan, l’éducation a besoin d’idées neuves, il serait bon de commencer par la gestion des écoles et la reconnaissance du directeur.
Comme le rapporte le SNUipp, « les vieilles recettes ne font plus fortune… » Alors, souhaitons que ce 7 octobre, journée mondiale pour le travail décent, on pense un tant soit peu aux directeurs d’école…

 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:00

Un de nos collègues a attiré notre attention sur la lecture sélective que fait le SE-Unsa 59 du « rapport sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ».


Effectivement, la page 3 de "la lettre de l'enseignant du Nord" envoyée le 25/09 à toutes les écoles, est consacrée à la critique de la note de synthèse de l’IGEN.

 

Dans ce  "4 pages", Betty Guillaume commente abondamment "le rapport sur la mise en œuvre de la réforme de l'enseignement primaire". Elle y apporte ses commentaires mêlés d’ironie et d'humour souvent drôle...

 

« L’année scolaire 2008-2009 a été une année exceptionnelle de réforme de l’enseignement primaire.

Qu’on se le dise ! »

 

Elle passe ainsi en revue différents sujets abordés dans ce rapport :


- l'aide personnalisée : « L’aide aux élèves en difficulté c’est vachement bien mais maintenant on va essayer d’avoir des résultats… »


- le pilotage des circonscriptions : « Les IEN ont fait un boulot remarquable, véritable courroie de transmission des attentes ministérielles, mais il faut maintenant qu’ils fassent le lien entre l’évaluation et le pilotage pédagogique ; ils devaient jusqu’à présent piloter sur des simulateurs de vol ! »


- la semaine de 4 jours : « Tout le monde a applaudi le passage à la semaine de 4 jours, fortement conseillé par l’IA en juin 2008… Proposition des IGEN : que le ministère impose qu’on travaille le mercredi matin ! »


- les évaluations CE1-CM2 : « On pourrait croire que les auteurs parlent du taux de réussite des élèves. Mais non, ils parlent des remontées des résultats : d’abord 70% des résultats ont été remontés au niveau CM (c’est une victoire ?) ! Et 85% au niveau CEUn vrai succès quand on sait qu’il n’y avait pas de consigne de blocage ! »


- les nouveaux programmes : « il n’y a plus de refus de principe de ces nouveaux programmes » ! Sans rire ! »


- les stages de remise à niveau : « Ils ont connu une forte progression cette année et… personne n’est capable de dire s’ils ont une utilité puisque, curieusement, rien n’a été envisagé pour mesurer leur efficacité ! »


- la relation entre l'encadrement et les enseignants : « … Il a fallu beaucoup de réunions de directeurs d’école et de visites dans les écoles pour expliquer les réformes, pour persuader les sceptiques, pour contrer les opposants.

La relation hiérarchique s’est renforcée tout autant que la relation personnelle et individualisée ».

So sexy ! »


Et pis c'est tout !!! Comme dirait un très médiatique entraîneur de natation.

 

Vous l'aurez compris : pas un mot sur la partie du rapport intitulée : « Les écoles, la gestion du temps et la direction d’école »

 

Pourtant, la note de synthèse des IG ne se limitait pas au seul catalogue des réformes en cours. Aussi, Nous aurions aimé connaître le point de vue de Betty du SE-Unsa sur les autres points importants abordés dans leur rapport…

 

Ainsi que pense le SE-Unsa de Betty des propos de Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation nationale, et Odile ROZE, Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche ?

 

« Le besoin d’asseoir la réforme de l’enseignement primaire dans un cadre institutionnel plus solide est manifeste. »

« L’élargissement du rôle du directeur, le système de décharges qui devient obsolète et inéquitable du point de vue de l’adaptation de la décharge à la réalité des fonctions exercées, la position du directeur en coordonnateur de ses pairs qui n’est pas toujours facile…

 

Le statut de l’école : La création de l’établissement public d’enseignement primaire (EPEP) donnerait aux inspecteurs un relais au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration et elle leur permettrait de retrouver du temps pour le pilotage pédagogique et l’encadrement personnalisé des enseignants. »

 

Bref ! Il est vraiment dommage que Betty du SE-Unsa se soit arrêtée à l’examen des réformes en cours et qu’elle n’ait pas poursuivi son exercice aux propositions des rapporteurs… Dommage car les sujets abordés sont d’actualité et nous intéressent beaucoup.

Oui, nous restons sur notre faim et nous regrettons qu’elle n’ait pas utilisé son talent de commentatrice avisée pour traiter l’ensemble des points du rapport…

 

Plusieurs hypothèses pour expliquer cette copie incomplète :

 

On peut imaginer un problème technique obligeant le SE-Unsa à limiter à 4 pages « la lettre de l’enseignant » ou encore le manque de temps qui a contraint Betty à stopper net son travail d’écriture…

 

Il est possible aussi que la décision initiale était de ne commenter que les éléments du rapport qui chagrinent le SE-Unsa et de passer sous silence les points qui ne posent pas problèmeCe qui sous-entendrait que le SE-Unsa est en accord avec les constats du rapport sur le rôle des directeurs et les diverses propositions sur le statut de l’école…

 

Autre hypothèse encore : le SE-Unsa n’a pas osé donner son point de vue sur les sujets qui fâchent (rôle du directeur et statut de l’école) afin de ne pas se mettre en position délicate vis-à-vis des directeurs d’école…La signature du protocole lui ayant valu une volée de bois vert, le SE-Unsa se montrerait désormais plus prudent lorsqu’il s’agit d’aborder les problèmes liés à la direction d’école…

 

Pour ce qui nous concerne, nous aurions tendance à privilégier la dernière hypothèse… A nos lecteurs de se faire leur propre idée sur la question…

 

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 12:03

Dans le dossier des EVS destinés à l’aide administrative des directeurs d’école, on ne sait trop comment qualifier le SNUipp… L’arroseur arrosé ? Le pompier pyromane ? On pourrait l’affubler d’autres qualificatifs si les premières victimes n’étaient pas, avant tout, les directeurs eux-mêmes.

 

Le SNUipp-FSU Nord a été reçu le lundi 21 septembre en audience par l’IA du Nord… A l’issue de cette audience de rentrée qu’il qualifie de « riche en échanges mais pauvre en moyens pour améliorer les conditions d’exercice », ce syndicat nous dresse l’état des lieux sur un certain nombre de « dossiers des personnels ». Nous avons retenu celui des EVS qui nous concerne directement.

 

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« EVS-AVS : état des lieux

Depuis 1998, avec la création des premiers contrats précaires et l’apparition des aides éducateurs, le besoin de personnels supplémentaires pour l’aide administrative, la vie scolaire, puis l’accompagnement des élèves en situation de handicap est réel. Malheureusement depuis cette période l’état n’a cessé de multiplier le recrutement de personnels sous contrats précaires. Alors que le SNUipp-FSU demande que ces personnels soient recrutés sur des emplois pérennes sous statut public. Nous déplorons qu’à cette rentrée trop d’écoles et d’élèves pâtissent du désengagement de l’Etat.

Le nombre global d’EVS, pour l’aide à la direction, n’a pas augmenté. Les écoles qui font la demande d’un EVS ne sont pas satisfaites. Qu’en est-il ? »

 

Réponse de l’IA

« Lors de la mise en place de ce dispositif en 2006, toutes les écoles n’avaient pas répondu.

Depuis les nouvelles demandes posent problème.

Pour satisfaire les quelques 60 écoles qui réclament une aide administrative, nous devons « redéployer » les contrats d’EVS. Pour ce faire il faut anticiper les fins de contrats, élaborer une carte cible faisant apparaître les nouvelles demandes (nouveaux besoins) et les écoles qui ont plusieurs EVS. La contrainte supplémentaire est de redéployer ces moyens sur un même secteur d’emplois.»

Commentaires du SNUipp

« Concrètement, le SNUipp-FSU regrette que les écoles qui ont fait une demande postérieure à 2007 n’auront pas satisfaction.

Le SNUipp a dénoncé cette gestion de la crise. Elle fait apparaître que malgré la signature d’un protocole d’accord signé par deux organisations syndicales minoritaires (SE-Unsa et Sgen-Cfdt) en 2006, l’Etat ne tient pas ses promesses et ne cesse de se désengager.

Le SNUipp Nord appelle les écoles qui ont fait ces demandes à les renouveler à l’Inspection

Académique et d’en envoyer un double au SNUipp-FSU. Dans le même temps, il invite les écoles qui bénéficient de plusieurs EVS de rappeler leurs besoins légitimes (puisque reconnus en leur temps) et qui risqueraient de faire les frais du redéploiement.

Pour le SNUipp-FSU c’est la création en nombre suffisant d’emplois pérennes sous statut public dont les écoles et le service public ont besoin. »

 

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En 2006, nous avons dénoncé la signature du protocole par le SE-Unsa qui a eu pour conséquence le gel des revendications des directeurs d’école.

Nous avons estimé que les « avancées » n’étaient pas à la hauteur de nos espérances. Certes, nous avons salué l’obtention d’une journée de décharge pour les écoles à 4 classes, mais on sait que les moyens mis en place ont posé de nombreux problèmes aux écoles de 5 à 9 classes.

L’augmentation de 15 euros de l’ISS était inférieure au coût d’un timbre par jour. Les EVS, bien qu’apportant une aide significative, ne nous semblaient pas la solution la mieux adaptée à la situation difficile vécue par les collègues insuffisamment déchargés de cours. D’ailleurs, plus de 10 000 directeurs ont mis en avant leurs revendications dans l’enquête IFOP commandée par le GDID.

 

Beaucoup de directeurs ont cependant demandé et obtenu un(e) EVS. Certains ont refusé pour des raisons très respectables et continuent d’assumer leur choix. D’autres, enfin, ont suivi le SNUipp fer de lance de l’opposition au protocole, et ont donc refusé les EVS.

Problème pour cette dernière catégorie : depuis 2006, le SNUipp a changé d’avis et ces collègues éprouvent maintenant les pires difficultés à obtenir le moyen convoité.

Il nous semble que le SNUipp n’a pas adopté une attitude responsable vis-à-vis de ces collègues. En effet, il suffit de relire les nombreux textes qu’il a publiés en 2006 pour dénoncer le recrutement des EVS et encourager les directeurs à les refuser.

 

Quelques exemples :

 

Extrait du courrier destiné à l’IEN et l’IA (SNUipp 21)

« Les EVS ne correspondent en aucun cas à cette attente qui est la nôtre et à notre conception du service public. Nous avons donc choisi de ne pas en accueillir dans notre école. »

 

Texte de la résolution à rédiger en conseil des maîtres (SNUipp 22) :

« Le conseil des maîtres de l’école de ................................... réuni le ................... dénonce le recrutement d’Emploi de Vie Scolaire qui amplifie et aggrave la précarité dans les services publics de l’Education nationale. Les enseignants revendiquent un temps de décharge pour toutes les écoles sans que cela porte atteinte à la formation initiale et continue. »

 

« Il [SNUipp 83] suit en cela les instructions de ses membres, hostiles à 61% au texte même si une majorité de mesures sont approuvées, comme la décharge partielle. Les adhérents ont refusé les EVS et la revalorisation salariale.

Les mesures ne sont assorties d’aucune création de postes et remettent en cause la formation continue et initiale.

En outre le recrutement d’un EVS (Emploi de Vie Scolaire) renforce la précarité et ne correspond pas aux besoins de personnels aux fonctions pérennes et qualifiées. Pour la même somme qu’il s’apprête à dégager afin de recruter 50 000 EVS, le gouvernement pourrait créer 27 000 emplois de fonctionnaires. »

 

Aujourd’hui, trois ans plus tard, le SNUipp déplore que les postes d’EVS ne soient pas en nombre suffisant… encourage les directeurs à réclamer une aide administrative et invite ceux qui en ont plusieurs à lutter pour les conserver.

Les collègues qui ont suivi ce syndicat dans ses pérégrinations ont bien des raisons d’être mécontents car, malgré ses efforts, le SNUipp ne parvient pas à leur faire obtenir ce qu’il leur a demandé de ne pas accepter en 2006.

La volte-face du SNUipp, dès 2007, sur les EVS souligne, une fois de plus, l’absence de réflexion sur le métier de directeur d’école. Il faut en effet rappeler que les EVS ont d’abord été créés pour apporter une aide administrative aux directeurs.

Il serait temps que le SNUipp se libère de sa vision idéologique du « p’tit chef » et adopte une position claire, réfléchie et pragmatique sur la nécessaire reconnaissance institutionnelle du directeur d’école, véritable moteur de notre école publique.

 

Hélas, le SNUipp n’en prend pas le chemin. Dans un « chat » au Monde.fr, le 2 septembre dernier, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU se prononce clairement contre un statut de directeur d’école.

 

Question : Pourquoi êtes-vous contre un statut pour les directeurs d'école ?

 

Gérard Aschieri : Cet avis est partagé par la masse des collègues du premier degré, qui considèrent important que le directeur d'école soit un de leurs pairs et à franchement parler, je ne vois pas en quoi mettre une étagère supplémentaire dans la hiérarchie de l'éducation nationale permettrait d'améliorer la lutte contre l'échec des élèves. En revanche, ce qu'il faut, c'est donner à ces directeurs les moyens d'exercer correctement leurs fonctions en termes de temps, mais aussi de personnels, par exemple de secrétariat.

 

Question : Quand vous dites que les écoles doivent être dirigées par un "pair", cela veut-il dire qu'il ne doit pas il y avoir d'autorité hiérarchique ?

 

Gérard Aschieri : Le directeur, sans avoir de pouvoir hiérarchique, a en général une autorité sur ses collègues. Mais il n'y a pas besoin pour cela de statut. Il y a d'abord besoin de conditions de travail qui lui permettent d'exercer sa fonction.

 

Décidément, le SNUipp reste enfermé dans ses certitudes passéistes et idéologiques. Et l’on comprend mieux « pourquoi les syndicats ne pèsent plus vraiment sur l’évolution de l’Education nationale » comme le déclare un internaute.

 

La réponse de Gérard Aschieri sonne comme un aveu d’impuissance :

« …là où nous ne faisons pas bouger de manière sensible la politique gouvernementale, c'est sur la question des suppressions de postes, mais aussi, sans doute, sur la conception même de l'école et de son organisation … »

Cher Monsieur Aschieri, la politique du statu quo n’a jamais fait évoluer les choses… dans quelque domaine que ce soit.

 

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 12:10


L’on pouvait s’attendre à de nombreuses et fortes réactions syndicales suite à la publication du rapport établi par Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation nationale, et Odile ROZE, Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Il n’en est rien.

Manque d’intérêt ou embarras des syndicats de l’enseignement primaire ? En effet, rien de très significatif, hormis un entretien de Gilles Moindrot pour le SNUipp et un communiqué du SE-Unsa...

 

Dans son entretien, Gilles Moindrot, estime que « le rapport confirme bien les analyses du SNUipp ». Le Secrétaire général du SNUipp passe en revue chacun des thèmes évoqués dans la note de synthèse : l'aide personnalisée, les évaluations de CM2 et CE1, la semaine de 4 jours, les réformes de 2008-2009, les réformes qui passent bien et le bilan positif de l'année passée malgré les oppositions syndicales…

 

Cependant, il est un paragraphe important de ce rapport que Gilles Moindrot n’aborde pas dans son entretien, celui qui concerne le statut des écoles (EPEP) ou la valorisation du rôle du directeur… Curieusement, le responsable syndical, si disert sur les autres thèmes, n’a manifestement rien à dire sur cette partie, pourtant importante, de la note de synthèse des deux inspecteurs généraux. D’ailleurs, il est tout aussi curieux qu’aucune question ne lui ait été posée sur ce sujet pourtant très sensible au SNUipp… Souci de l’intervieweur de ne pas mettre mal à l’aise Gilles Moindrot ou volonté de l’interviewé de ne pas envenimer ses rapports avec les directeurs d’école ?

 

Côté SE-Unsa, la réaction est tout aussi convenue. « Les auteurs du rapport concluent leur introduction en affirmant qu’il est évidemment nécessaire de poursuivre la mise en œuvre de toutes les réformes. Le reste du rapport est loin de confirmer cette évidence. »

 

« Le succès des réformes a apaisé les tensions et permet d’envisager de progresser dans la modernisation de la gestion des enseignants sur deux points en particulier, celui du suivi des services et celui de l’individualisation de l’affectation ». L’inspection générale est-elle vraiment allée dans les écoles pour conclure ainsi son rapport sur les réformes en cours ? Nos collègues sont sous pression pour mettre en œuvre des réformes qui n’apportent pas d’amélioration significative de la réussite des élèves et qui sont ressenties comme une détérioration des conditions d’exercice de leur métier.

« Pour le SE-UNSA, que des réformes « éducatives » servent d’alibi à des modifications fonctionnelles n’est pas acceptable. La gestion des personnels doit faire l’objet d’une concertation spécifique et ne peut pas s’imposer comme un simple corollaire. »

 

Mais les inquiétudes du Se-Unsa se portent surtout sur la réforme du statut des enseignants.

"La note affirme que toutes ces réformes « comportent en elles-mêmes de profondes modifications dans la définition du service des enseignants », l’individualisation du service, la différenciation des activités du service obligatoire, la possibilité de faire des heures supplémentaires… Pour le SE-UNSA, que des réformes « éducatives » servent d’alibi à des modifications fonctionnelles n’est pas acceptable. La gestion des personnels doit faire l’objet d’une concertation spécifique et ne peut pas s’imposer comme un simple corollaire."

Comment peut-on prétendre qu’il faut aller plus loin encore ? Et, en particulier, imposer à l’occasion de ces réformes « pédagogiques » qui complexifient résolument le fonctionnement des écoles, des réformes « structurelles » et « statutaires », dont on ne voit pas en quoi elles constitueraient une réponse à la difficulté scolaire ? Peut-on faire remarquer que si la réussite des élèves dépendait de la structure juridique et administrative des établissements et si l’établissement public « type EPLE » était la solution, nous n’aurions plus depuis longtemps d’élèves en échec au collège…

 

Si le SNUipp a « oublié » de commenter la proposition des IG sur le statut de l’école (EPEP) et la reconnaissance du rôle du directeur, le SE-Unsa laisse transparaître son opposition à des « réformes structurelles et statutaires dont [il] ne voit pas en quoi elles seraient une réponse à la difficulté scolaire ». Cette petite phrase mériterait d’être développée car elle intéresse fortement les directeurs d’école.

Le SE-Unsa ne voit manifestement pas la nécessité de doter les écoles d’un « statut juridique et administratif ». Ne pas y croire, c’est une chose, mais s’y opposerait-il ?

La réforme du statut des enseignants semble également lui poser problème. L’utilisation d’expressions telles que « modifications fonctionnelles » ou « gestion des personnels » s’apparente beaucoup à une forme de « langue de bois » syndicale. Des précisions seraient les bienvenues, là-aussi…

 

Manifestement, certains thèmes semblent bigrement embarrasser les responsables syndicaux de l’enseignement primaire. Les directeurs d’école attendent du SNUipp et du SE une prise de position moins ambiguë, moins fuyante et surtout plus clairement exprimée sur la question du statut de l’école et celui de leur propre reconnaissance institutionnelle.

 

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 17:03


Un marronnier en journalisme est un article d'information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible.

Les syndicats majoritaires (SNUipp et SE-Unsa) nous ont habitués à lancer ou relancer le débat sur la direction d’école. A cette rentrée 2009, le SNUipp revient sur le sujet et lance sa petite complainte qui pourrait s’apparenter à la définition du « marronnier ».

 

Alors, cet article syndical sur la « demande d’ouverture de négociations sur la direction et le fonctionnement de l’école », un nouveau marronnier ?

Probablement. Cependant, nous ne le traiterons pas comme tel et accorderons crédit à ce syndicat de sincèrement vouloir rouvrir les négociations sur le métier de directeur d’école.

 

Sans illusion, certes, mais pour mieux surveiller les éventuelles discussions que ce syndicat pourrait ouvrir avec le nouveau ministre pour parvenir à ses fins qui, nous le savons, ne sont pas favorables aux directeurs. En effet, le SNUipp n’a pas renoncé à imposer « la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ».

 

Comme nous le faisons régulièrement, nous avons décidé de retranscrire, dans son intégralité, le texte du SNUipp concernant la direction.

 

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La nouvelle organisation de la semaine, la mise en œuvre de l’accompagnement éducatif ou des stages de remise à niveau ont complété la liste de plus en plus longue des tâches des directeurs et directrices d’école. L’annonce de l’augmentation des indemnités de sujétions spéciales et le report de l’étude de la proposition de loi sur les EPEP, s’ils sont des signes positifs de la reconnaissance d’une véritable activité syndicale nous laissent pourtant sur notre faim. L’ouverture rapide de négociations sur la direction et le fonctionnement des écoles reste d’actualité.

D’autant que le renouvellement des personnels EVS, arrivés au terme de leurs possibilités contractuelles, ne sert pas la continuité de l’aide administrative et que la réforme de la formation des maîtres laisse en suspens la question des décharges des directions d’école de quatre classes.

 

Les réformes confirment le rôle primordial du conseil des maîtres et la place centrale des directeurs et directrices d’école de par leur mission d’animation de l’équipe pédagogique. L’autoritarisme qui s’est manifesté en certains endroits pour imposer ces réformes se sont traduit par des sanctions à l’encontre de celles et ceux qui s’y opposaient. Des directeurs et directrices qui ont refusé d’entrer dans base élèves subissent des retraits de salaires et/ou sont empêchés d’exercer les fonctions de directeur d’école. Le SNUIPP exige la levée des sanctions.

 

Au titre de leur contribution à l’organisation et à la coordination de l’aide personnalisée, chaque directeur peut bénéficier d’une décharge, mais cette mesure reste très insuffisante. Les décharges nécessaires vont d’une demi-journée hebdomadaire pour les écoles à classe unique à une décharge complète à partir de 10 classes. Les suppressions de postes, notamment de stagiaires, ne vont pas dans le sens d’une amélioration de la situation des décharges de direction.

 

Si le SNUIPP se félicite du retrait de la proposition de loi sur les EPEP de l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée Nationale, il n’exclut pas une réflexion sur l’évolution du statut des écoles et revendique le renforcement des prérogatives du conseil des maîtres.

 

Depuis l’année 2000, l’indemnité de sujétion spéciale a été multipliée par quatre pour les écoles à classe unique (de 350 euros à 1500 euros) et par plus de deux pour les écoles de 10 classes et plus (de 800 euros à 1900 euros). En 2003, le Ministère a répondu à notre demande de mise en place d’une indemnité unique indépendante de la taille de l’école. Les mesures annoncées en septembre dernier réintroduisent un élément de différenciation avec l’apparition d’une part variable (de 200 à 600 euros selon le nombre de classes).

Pour le SNUIPP, cette augmentation ne peut compenser la faiblesse des moyens attribués à la direction et au fonctionnement de l’école. D’autant que les personnels chargés de l’aide administrative à la direction connaissent chaque fin d’année scolaire, l’incertitude de la non reconduction de leurs contrats, voire de leur poste.

C’est pourquoi le SNUIPP maintient sa demande de pérennisation des emplois de vie scolaire sous la forme d’emplois stables et statutaires permettant de reconnaître les spécificités de leurs missions.

 

L’école et la réussite de tous les élèves sont au carrefour des préoccupations des enseignants et des familles.

La fonction de directeur et directrice doit être mieux reconnue, les missions clarifiées et la charge de travail allégée. C’est pourquoi nous réitérons notre demande d’ouverture de négociations sur la direction et le fonctionnement des écoles.

 

Pour la direction et le fonctionnement de l’école, le SNUipp demande :

 

• du temps supplémentaire de décharge pour la direction et le fonctionnement de l’école

• la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ;

• une définition claire des tâches demandées et un allègement significatif de celles-ci ;

• une revalorisation des bonifications indiciaires des directeurs d’école et une amélioration des  rémunérations ;

• la création de postes administratifs et des emplois statutaires

• une réelle formation relative à la prise d’un poste de direction ;

 

 Indemnité Direction d’école

 

L’arrêté fixant les modalités de l’augmentation de l’indemnité de charge administrative est paru.

L’arrêté du 12 septembre 2008 a fixé les nouvelles modalités et les nouveaux montants de l’indemnité de sujétions spéciales attribuée aux directeurs d’école.

Cette indemnité se compose dorénavant d’une part fixe commune à toutes les écoles et d’une part variable liée à la taille de l’école :

                            

 

Nombre de classes de l’école

Part fixe

Part variable

De 1 à 4 classes

1295,62 € (107,97 € / mois)

    200 €

De 5 à 9 classes

1295,62 € (107,97 € / mois)

    400 €

10 classes et plus

1295,62 € (107,97 € / mois)

    600 €

   

La part fixe est versée mensuellement (soit 107,97 € brut par mois), la part variable payée en une seule fois au cours du premier trimestre de l’année scolaire.

L’indemnité est majorée de 20 % pour les écoles en ZEP.

Une réponse qui reconnait que rien n’est réglé.

La réponse attendue sur la question de la direction d’école est loin de pouvoir se limiter à cette indemnité. Le dossier reste donc entier.

 

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Comme nous le voyons, cette fois, le SNUipp utilise les mots tabous « directeur » et « directrice ». Il évoque « la liste de plus en plus longue des tâches des directeurs et directrices d’école ». Il reconnaît que les directeurs ne disposent pas d’une décharge suffisante pour « leur contribution à l’organisation et à la coordination de l’aide personnalisée ». Pour la première fois, sans doute, le SNUipp estime que « la fonction de directeur et directrice doit être mieux reconnue, les missions clarifiées et la charge de travail allégée ». Dont acte.

 

A quand la prochaine étape qui conduira ce syndicat à transformer l’essai et à réclamer la reconnaissance de la fonction par un statut ? On peut l’imaginer puisque le SNUipp « n’exclut pas une réflexion sur l’évolution du statut des écoles »… On se pince pour s’assurer qu’on ne rêve pas…  

Mais il faut vite déchanter car ces belles formules sont, hélas, suivies d’autres qui, elles, ne trompent pas sur les véritables aspects de la réflexion menée par les responsables syndicaux. Ils le clament ouvertement : leur volonté reste inchangée. Il s’agit bel et bien de déposséder les directeurs de toute forme d’existence réelle en revendiquant « la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ».

 

Le SNUipp n’a pas varié d’un iota dans sa volonté d’imposer cette réforme à la profession qui non seulement ne le demande pas mais n’en veut pas.

Les responsables de ce syndicat font preuve d’une idéologie d’un autre temps et seraient bien inspirés de prendre le pouls des salariés qu’ils sont censés représenter.

S’ils ne veulent pas continuer à se couper un peu plus encore de la base, nous ne saurions trop leur conseiller de relire les résultats de l’enquête IFOP commandée par le GDID en 2006. Cette enquête, bien que datant de trois ans, reste complètement d’actualité comme le confirment les nombreux rapports qui s’entassent sur le bureau du ministre.

 

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 10:02

Le numéro 77 de juin 2009 de « snuipp-infos » est presque exclusivement consacré à faire le point sur les RASED, les CLIS et la psychologie scolaire.

Le SNUipp revient sur « le formidable mouvement qui a contraint le ministère d’annoncer le maintien de 1500 personnels E et G dont les postes devaient être fermés ».

Il décrit dans le détail les nouveaux textes issus de la circulaire de 2002, l’un pour les réseaux, l’autre pour les CLIS.

Certes, ces textes sont intéressants, mais, ce qui a retenu notre attention concerne les « échos de la C.A.P.N. » (Commission Administrative Paritaire Nationale). L’occasion pour le SNUipp de s’intéresser à certaines catégories de personnels de l’Education nationale.

 

Le SNUipp nous fait part de ses « inquiétudes pour les psychologues ». En effet, sachant que « régulièrement, 10% des postes ne sont pas pourvus, la tentation d’employer des vacataires va être grande pour les IA au vu des besoins ». Et le SNUipp en tire les conséquences que « la qualité du service public risque de ne pas être au rendez-vous ».

 

Le SNUipp a les mêmes inquiétudes pour les directions spécialisées (IME, EGPA, EREA…). Les capacités d’accueil sont supérieures au nombre de candidats en liste principale. Les départs en formation ne cessent de baisser depuis 2005…

« Le SNUipp a alerté sur les trop nombreuses Segpa qui fonctionnent sans directeur ou avec des directeurs à temps partiel. Il a rappelé l’exigence du respect de la circulaire de 2006, très explicite sur les missions des directeurs, confortée par la circulaire sur les orientations pédagogiques récemment parue ».

 

Saluons la démarche de ce syndicat qui s’inquiète de la situation de ces personnels. Il est tout à fait dans son rôle dans la dénonciation d’un dysfonctionnement nuisible au fonctionnement de l’école.

 

Nous aimerions toutefois que le SNUipp ne s’arrête pas en si bon chemin et qu’il poursuive son action en faveur d’autres personnels qui connaissent les mêmes difficultés : les directeurs d’école.

Le même constat peut être établi : plusieurs milliers de postes non pourvus chaque année, la qualité du service public qui n’est pas au rendez-vous, la définition des missions qui reste vague…

Notons aussi que le SNUipp utilise le terme approprié  « directeur » pour désigner le responsable d’établissements spécialisés et qu’il ne le fait pas lorsqu’il s’agit des écoles maternelles et élémentaires… Dans ce cas, il choisit d’évoquer « direction et fonctionnement de l’école ». Curieux, non ?

 

Le SNUipp appelle à la vigilance sur un arrêté paru au Bulletin Officiel en avril dernier sur les Unités d’Enseignement dans les établissements spécialisés.

« Les termes de ce texte peuvent amener à réduire considérablement les moyens en personnel de ces établissements, notamment en ce qui concerne la direction pédagogique (qui disparaît au profit d’une « coordination pédagogique »).

Le SNUipp a saisi le ministère « des conséquences de ce texte concernant la situation statutaire des personnels ».

 

Cette fois, on croit rêver ! Le SNUipp exige une « direction » pédagogique et surtout pas une « coordination ». Il défend la situation « statutaire de ces personnels ». Soit exactement le contraire de ce qu’il prône pour l’école primaire… A savoir un directeur sans statut soumis à un conseil des maîtres décisionnaire !

Il devient indispensable que le SNUipp nous explique ce qui motive des choix si opposés dans des situations analogues !

 

Mêmes contradictions et mêmes incohérences à réclamer et obtenir que les enseignants de CLIS soient déchargés des obligations d’aide personnalisée.

« Les enseignants de CLIS, comme nous le demandions, ne sont pas concernés par les heures consacrées à l’aide personnalisée ».

On peut comprendre que ces collègues de CLIS, comme ceux des RASED, bénéficient de ce temps pour la concertation et les relations avec les parents. On comprend moins que le SNUipp n’ait pas demandé que la mesure soit étendue aux directeurs d’école qui, eux aussi, et peut-être davantage que les enseignants de CLIS et du RASED ont besoin de temps de concertation avec leurs adjoints et les parents pour organiser et assurer le suivi de l’aide personnalisée.

 

Contradictions, incohérences mais également mépris.

 

Dans le chapitre III intitulé « Organisation des aides spécialisées dans l’école », le SNUipp passe complètement sous silence le rôle du directeur pourtant membre à part entière de l’équipe de suivi scolaire des enfants en difficultés notamment dans les écoles abritant une CLIS.

 

« Les enseignants spécialisés apportent une aide directe aux élèves en difficulté, selon des modalités variées, définies en concertation avec le conseil des maîtres, sous l’autorité de l’IEN, et s’inscrivant dans le projet d’école. Le conseil d’école est informé des modalités retenues, conformément à l’article D411-2 du code de l’Education ».

 

Ce paragraphe est révélateur de l’état d’esprit des principaux responsables nationaux et départementaux du SNUipp. Dans ces quelques lignes, ce syndicat cite le conseil des maîtres, l’autorité de l’IEN, le projet d’école et le conseil d’école. N’y manque qu’un « petit élément », un tout « petit élément » : le directeur qui n’est même pas cité.

 

Pourtant, n’est-ce pas le directeur qui réunit les différents conseils ? N’est-ce pas lui encore qui définit les « modalités retenues » ? N’est-ce pas lui qui impulse, coordonne, rédige le projet d’école ? N’est-ce pas vers lui que se tournent les parents confrontés aux rouages complexes des aides spécialisées ?

 

Oui, ces quelques lignes témoignent d’un profond mépris pour les directeurs d’école. Les oublier de façon aussi ostensible, c’est nier leur existence et leur rôle dans le fonctionnement de l’école.

 

Plus généralement, c’est afficher clairement une idéologie qui n’a pas sa place dans l’école du XXIème siècle. Comment ne pas qualifier d’irresponsables les délégués nationaux ou départementaux qui cautionnent de telles idées sur la direction d’école ? Comment peuvent-ils justifier que leurs positions résultent d’un quelconque mandat imposé par un congrès ? Comment expliquent-ils que les enseignants de SEGPA accepteraient plus facilement que les adjoints des écoles primaires d’avoir, à leur tête, un « p’tit chef » ?
Comment un syndicat digne de ce nom peut-il assumer autant d’incohérences, de contradictions et de mépris à l’égard d’une catégorie de personnels qu’il est censé défendre ?

 

Il est plus que temps que le SNUipp prenne conscience qu’il fait fausse route et commet une grave erreur en ignorant superbement les directeurs d’école et en niant aussi ostensiblement leur rôle. Ceux-ci acceptent de moins en moins d’être ainsi méprisés.

Ce syndicat encourt le risque de voir enfler la contestation qui pourrait rapidement se transformer en véritable rébellion anti-SNUipp et se traduire par une perte importante de ses adhérents.

 

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