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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 23:42

 

Le 8 mars dernier, dans un article intitulé « Direction d’école : le SNUipp en quête d’une crédibilité introuvable » nous avons attiré l’attention de nos lecteurs sur l’enquête en ligne lancée par le SNUipp et destinée « à laisser la parole à l’ensemble des directeurs et adjoints ».

 

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Nous écrivions alors :

 

Une enquête entachée d’une grossière erreur méthodologique

 

Destinée à l’ensemble des directeurs et adjoints, cette enquête nationale présente un inconvénient majeur qui la rend d’ores et déjà sujette à caution : elle ne présente aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage.

En effet, cette enquête ne se conforme pas au standard méthodologique des enquêtes d’opinion dans la mesure où il est possible d’y répondre autant de fois que l’on veut depuis un même poste (aucun blocage des adresses IP). Rien à voir avec l’enquête commandée en 2006 par le GDID qui avait fait appel à un institut de sondages réputé (IFOP) et qui présentait toutes les assurances méthodologiques nécessaires pour fournir des résultats fiables.

En ne se donnant pas les moyens d’une enquête incontestable, le SNUipp ruine tous ses efforts de séduction déployés ces derniers temps pour afficher son intention de faire évoluer la « fonction » de directeur car, quels qu’ils soient, les résultats seront forcément affectés d’un doute. Doute d’autant plus fort que les deux précédentes enquêtes départementales (06 et 65) de ce syndicat étaient déjà entachées d’approximations, d’erreurs et d’incohérences qui leur ôtaient toute crédibilité.

 

Des résultats inexploitables

 

L’enquête présente un autre inconvénient de taille : elle est anonyme, ce qui n’est pas une faute en soi. Cependant, il deviendra impossible de différencier les réponses apportées par les directeurs et les adjoints puisque chacun aura le loisir de se faire passer pour qui bon lui semble et autant de fois qu’il le souhaitera. Comment imaginer que les auteurs de cette enquête n’y aient pas pensé ?

Force est constater que cette enquête ne peut se parer d’aucune valeur scientifique. Quels qu’en soient les résultats, l’exploitation qui en sera faite ne pourra donner lieu à aucune analyse crédible et incontestée. Et hélas, il est à craindre que comme les précédentes, cette consultation ne contribue un peu plus à semer le trouble sur les véritables intentions du SNUipp à l’égard des directeurs d’école.

Coup d’épée dans l’eau ou nouvelle manipulation ? Faudra-t-il attendre le mois de mai (publication des résultats) pour en avoir le cœur net ?

 

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Les résultats de cette enquête sont maintenant publics. Le SNUipp se félicite de la participation :

« Vous aviez la parole et vous vous en êtes saisi. Un peu plus de 9 250 réponses à l’enquête sur le fonctionnement et la direction d’école, voilà un beau succès [...] Cette participation conséquente est venue confirmer, s’il en était besoin, que la situation actuelle de plus en plus insatisfaisante nécessite de dépasser le simple constat. »

 

Le SNUipp poursuit : « S’il ne s’agit pas d’un sondage, le nombre de réponses qui correspond à une participation de près de 20% des écoles est inédit et donne une forte crédibilité à ces résultats qui soulignent l’urgence d’une ouverture de discussions avec le ministère. »

 

Précision inutile qui ne fait que renforcer le doute sur les analyses du syndicat. Rappelons que cette enquête était ouverte aux 320 000 enseignants du premier degré. Le questionnaire étant anonyme, il n’est pas possible de savoir combien d’enseignants d’une même école ont pu y répondre. Il n’est pas possible non plus d’affirmer que « le nombre de réponses correspond à une participation de près de 20% des écoles ».

En réalité, la seule analyse que l’on puisse faire à partir des chiffres annoncés concerne la participation. 9 250 réponses rapportées au nombre d’enseignants donne un taux de participation inférieur à 3 %.

 

Ce taux n’est d’ailleurs pas assuré dans la mesure où il est tout à fait possible que de nombreux enseignants aient répondu plusieurs fois. Plusieurs d’ailleurs, sur différents sites ou forums, ont déclaré avoir testé un vote multiple. En effet, comme nous le disions le 8 mars, aucun système de blocage n’a été mis en place pour empêcher quiconque de répondre plusieurs fois.

 

Certes, le SNUipp précise que « la vérification et l’éventuelle correction des multiples saisies de même origine a été effectuée sur la base des adresses IP. »

Là encore, précision inutile qui ne fait que confirmer l’impossibilité de connaître avec exactitude le nombre de répondants uniques, notamment parce que de nombreux « multi votants » ont pu le faire d’ordinateurs différents.

Relevons par ailleurs que si un seul vote a véritablement été retenu par adresse IP, le système a pénalisé tous les collègues qui souhaitaient donner leur avis à partir du même ordinateur de leur école.

 

Au final, combien de répondants uniques ? Combien d’écoles participantes ? Combien de véritables directeurs et de véritables adjoints ? Nous n’avons les réponses à aucune de ces questions.

 

Comme nous le disions également le 8 mars, le SNUipp aurait gagné à confier ce travail à un institut d’enquêtes d’opinions, comme il le fait parfois pour d’autres enquêtes. Il y aurait trouvé la garantie de résultats incontestables obtenus plus efficacement par le biais d’un sondage auprès d’un échantillon représentatif.

 

La méthodologie employée jette un doute sur la crédibilité de l’enquête. Trop d’incertitudes demeurent. Les résultats ne peuvent être considérés comme fiables. Dès lors, il nous semble tout à fait inutile de les commenter.

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 12:00

Le SNUipp tiendra son 8ème Congrès national du 14 au 18 juin 2010 à Brive. Ce sera l’occasion, pour ce syndicat, d’élaborer les « mandats » à porter dans la période à venir.

Parmi les trois thèmes retenus, une réflexion sur concerne « la direction et le fonctionnement de l’école ». Le SNUipp affirme tout de go que le statut quo n’est plus possible.

 

Thème I - Pour que tous les élèves réussissent : défendre et transformer l'école et son fonctionnement

 

Direction et fonctionnement de l'école : ré-ouvrir le dossier

 

Direction d'école : dépasser le statu quo

a- Ces dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la charge de travail qui pèse sur les équipes et particulièrement sur les directrices et directeurs d’école. L'avalanche de tâches liées à la gestion de l’école et à la mise en place des réformes en cours devient insupportable.

b- Le projet du Ministère est de faire du directeur un maillon essentiel, y compris au plan hiérarchique, de la mise en place des politiques éducatives, « un relais des inspecteurs au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration » comme l’écrit l’IGEN. Il minore ainsi  le rôle du conseil des maîtres au profit d’exigences institutionnelles toujours plus pressantes.

c- Après 6 ans de grève administrative, le ministère a du accorder quelques mesures (décharges des écoles de 4 classes, mesures indiciaires, EVS) qui restent insuffisantes. Pour le SNUipp, la question de la direction et du fonctionnement de l’école est loin d’être réglée. Le statu quo n’est plus possible. Le ministère doit ré-ouvrir le dossier. Le SNUipp demande des améliorations significatives : temps supplémentaire de décharge, aide pérenne à la direction par la création d’emplois statutaires, remise à plat des missions et responsabilités, formation, reconnaissance financière. Le rôle du conseil des maîtres doit être reconnu et renforcé et le temps de concertation  développé.

d- Le SNUipp refuse les nominations sur postes à profils et dénonce l'accumulation de tâches administratives qui alourdissent sans cesse la charge de travail des directeurs d'écoles.

e- Quelles propositions?

f- Quelles modalités d’action?

 

EPEP

a- Le SNUipp rejette tout projet qui diviserait la profession en conférant au directeur un statut et un rôle hiérarchique. Or le ministère prévoit la création des établissements publics d'enseignement primaire (EPEP) qui, dans son projet actuel, romprait l'équilibre avec les collectivités territoriales, sans apporter de réponses aux inégalités territoriales.

b- Le SNUipp reste particulièrement vigilant et poursuivra la campagne en direction des élus et des enseignants contre ce projet. Il réaffirme son opposition à tout statut des écoles qui mettrait ces dernières sous la tutelle des collectivités locales. Les questions de financement, l'évolution structurelle et pédagogique doivent être débattues  dans un cadre favorisant l'égalité de tous et un fonctionnement plus démocratique et plus collectif au sein des équipes.

 

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Côté SE-UNSA, l’actualité se résume à une analyse du rapport de l’Institut Montaigne « Vaincre l’échec à l’école primaire » que le syndicat qualifie de « rapport tendancieux »

 

Pour l’Institut Montaigne, le salut est dans des EPEP, dont les directeurs auraient des fonctions administratives et hiérarchiques sur le modèle du second degré. Des pistes que le SE-UNSA a refusées catégoriquement lors de son congrès de Brest en mars dernier.

Pour le SE-UNSA, les projets d’EPEP « De Robien » et « Darcos », évoqués clairement dans les propositions 10 à 13 du rapport, ne peuvent en aucun cas servir de modèle. Le SE-UNSA ne veut pas des EPEP : il l’a affirmé sans détours dans son congrès. Alors que le premier ministre vient de placer à nouveau le dossier à l’ordre du jour en chargeant le député F. Reiss d’une mission sur le sujet, le SE-UNSA est sorti de son congrès avec des exigences claires. Tout projet de modification de l’organisation de l’école devra poursuivre des objectifs pédagogiques pour permettre aux enseignants de mieux exercer leurs missions. Il devra garantir l’indépendance du projet pédagogique et maintenir des structures de taille raisonnable et un maillage territorial de proximité. Les taux d’encadrement devront être maintenus sur trois ans et les écoles pourront choisir, après un bilan, de revenir à la situation antérieure. Enfin, la direction de l’école doit rester à un enseignant, qui ne sera pas un supérieur hiérarchique. C’est en fonction de ces exigences que le SE-UNSA jugera les projets à venir.

 

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La CFTC EDUCATION NATIONALE, quant à elle, tient à préciser la notion d’EMPLOI FONCTIONNEL DE DIRECTEUR D’ECOLE PRIMAIRE qu’elle a repris lors de l’audience auprès du député REISS.


La CFTC EDUCATION NATIONALE n’abandonne pas son objectif de création d’un statut. Face aux diverses oppositions sur ce terme voire ce concept, la CFTC EDUCATION NATIONALE constate qu’un emploi fonctionnel  œuvre pour la spécificité du métier de directeur d’école. C’est une étape, voire un palier. Ces emplois fonctionnels doivent être précisés.

 

La CFTC EDUCATION NATIONALE entend voir figurer dans les attendus de leur création :

- Une indemnisation conséquente (points d’indice, NBI ou autres).
- Une intégration dans ces emplois fonctionnels des directeurs et directrices actuellement en poste.
- L’obligation de proposer ces emplois aux agents inscrits après examen sur une liste d’aptitude.
- Une décharge de présence face à une classe : une demie jusque 7 classes - totale au-delà.
- Un emploi administratif : à mi-temps jusque 5 classes - à temps complet ensuite.
- Une réelle autonomie du directeur qui avec l’équipe pédagogique pourra élaborer un projet d’école correspondant aux besoins de son école et non à la déclinaison d’orientations venues dont on ne sait où.
- Le maintien de structures à taille humaine (de préférence moins de 14 classes).
- Le Directeur devient le correspondant EDUCATION NATIONALE vis-à-vis de la collectivité territoriale favorisant ainsi la cohérence entre les politiques éducatives mises en œuvre.

 

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L’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) a été reçue par le député Frédéric Reiss, chargé d’une mission concernant le statut des écoles maternelles et élémentaires et celui des directeurs d’école.

 

Pour l’UNAF, Rémy Guilleux (administrateur) a réaffirmé la volonté de l’Institution que l’établissement d’un véritable statut, pour le directeur d’école, permette une relation plus étroite avec les familles, en positionnant clairement chacun dans leur rôle.

Le directeur d’école doit pouvoir être porteur d’un projet pour l’école en y associant les partenaires et en créant du lien avec les familles sur le territoire.

Les contraintes actuelles, reconnues par tous concernant le directeur d’école (cf note bas de page) amène à vouloir la création d’un vrai statut pour qu’il puisse se positionner dans la hiérarchie, piloter véritablement la structure, et répondre aux besoins des enfants et des familles.

Il ne faut cependant pas ignorer la diversité des situations : 50 000 écoles primaires dont moins de 2000 qui ont 13 à 15 classes. Celles-ci sont naturellement très différentes des écoles des petites communes rurales. Il est donc nécessaire de confronter le statut aux réalités locales et d’envisager parfois la mise en réseau.

Ce statut permettra de définir les missions : relation avec les parents autour d’un projet d’école construit avec les acteurs des territoires, relation avec les administrations, la mairie et le rectorat, relation avec les enseignants, et définition d’un projet pédagogique.

La personnalité du chef d’établissement marque les élèves, les familles et les équipes. Le projet d’école devrait être affiché et l’ensemble de l’équipe devrait pouvoir être signataire de ce projet. Le chef d’établissement devrait aussi se positionner comme « tuteur » dans l’accueil des enseignants stagiaires.

Le recrutement et la formation des directeurs d’école : même si le recrutement se fait sur concours, l’expérience devrait pouvoir être prise en compte notamment celle de la relation avec les forces vives du territoire. Il existe un potentiel de directeurs d’écoles ayant de l’’expérience, aujourd’hui mobilisables rapidement.

L’UNAF est, par ailleurs, plutôt favorable à la réunion de l’école maternelle et de l’école primaire en un établissement unique, ce qui permet une réflexion entre la fin de l’école maternelle et la classe de CP.

Dans les zones rurales, certaines petites écoles ne nécessitent pas la présence d’un directeur d’école à plein temps. Il est évident, dans ce cas, qu’il serait intéressant de proposer un directeur regroupant plusieurs sites et un référent sur chaque site.

En revanche, concernant un éventuel regroupement du collège et de l’école primaire dans une « école du socle commun », l’UNAF considère qu’on n’a pas, actuellement, le recul d’une réflexion uniforme sur le sujet. Ceci nécessiterait, par ailleurs, une réflexion sur le partage des compétences communales et départementales, qui n’est pas encore aboutie.

 

Les contraintes actuelles du directeur d’école

 - Son rôle de directeur et d’animateur pédagogique des professeurs est difficilement compatible avec son statut actuel, identique à celui des personnes qu’il doit diriger.

 - Sa charge de travail est peu en rapport avec le système de la décharge. « Le système de décharges devient obsolète et sans doute inéquitable du point de vue de l’adaptation de la décharge à la réalité des fonctions exercées. »

 - Il se trouve dans la situation d’avoir deux employeurs différents : l’Education nationale, par le biais de l’IEN, et le maire de la commune.

 - Ses missions sont de plus en plus vastes et diversifiées : le nombre d’interlocuteurs et d’intervenants divers dans l’école ne cessent de croître. Ses responsabilités sont énormes, notamment celles de permettre à tous les enfants d’entrer dans des conditions optimum au collège en sachant lire, écrire et compter. « Leurs attributions sont à la fois administratives, pédagogiques et de relation et médiation avec l’extérieur. »

 

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Le ministre de l’Education nationale poursuit sa réforme comptable et continue de « dégraisser le mammouth ». 16 000 postes supprimés en 2010. Ces suppressions se poursuivront d’ailleurs en 2011, selon les déclarations du secrétaire d’État chargé de la Fonction publique, Georges Tron : « Nous continuerons d’appliquer, strictement, le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux l’an prochain à la fonction publique d’État ». 17 000 postes devraient être supprimés en 2011 et 20 000 en 2012.
En cinq ans, de 2007 à 2011, c’est 66.400 postes supprimés dans l’éducation (soit près de 8% des effectifs).

Avec les conséquences que l’on sait sur les moyens de remplacement des maîtres absents et l’impact sur… les décharges des directeurs.

Bref, rien de vraiment neuf ni réellement réjouissant tant du côté syndical que de celui du pouvoir.

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 11:43

 

Il n’est pas de semaine sans que soit abordé le problème de l’école et notamment sa « gouvernance » ou son « statut ». Récemment, l’Institut Montaigne a publié un rapport intitulé « vaincre l’échec à l’école primaire » dans lequel il se déclare favorable aux EPEP et à un vrai statut du directeur.

Interrogé sur cette publication, Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale, a déclaré que « ces constats ne sont pas vraiment nouveaux ». « Ce qui est nouveau, c'est la réponse du gouvernement, la mobilisation dans les réformes engagées et les sujets sur lesquels nous travaillons pour les prochains mois ». Les nouveaux programmes de primaire lancés en 2008 et « recentrés sur les fondamentaux », le lancement en juin d'une « grande conférence nationale sur les rythmes scolaires » et les travaux engagés par le député Frédéric Reiss, à la demande du Premier ministre, sur « le mode de gouvernance de nos écoles» sont, selon lui, « très clairement des réponses à l'interpellation de l'Institut Montaigne ». Luc Chatel dit avoir des « échanges » avec l'Institut Montaigne dont il « partage » les constats.   

 

Rappelons qu’en mars dernier, le Premier ministre François Fillon a confié à Frédéric Reiss, député UMP du Bas-Rhin, une mission sur le thème des directions d’écoles.

« Ma mission est aujourd’hui de réfléchir à un statut pour les directeurs et pour les écoles. J’ai six mois pour le faire, sachant que je dois rendre un rapport d’étape en juin » avait expliqué le député.

En novembre 2008, Frédéric Reiss, Benoist Apparu et Guy Geoffroy avaient déposé une proposition de loi « relative à la création des établissements publics d’enseignement primaire ».

Frédéric Reiss se dit convaincu que « l’autorité et le rayonnement pédagogique d’un directeur d’école, d’un principal de collège ou d’un proviseur de lycée jouent pour beaucoup dans l’amélioration des résultats obtenus par un établissement ».

 

Frédéric Reiss consulte les organisations syndicales et diverses associations d’élus et de représentants du monde de l’éducation. Le 5 mai, il a reçu successivement le SNE-CSEN ainsi que le SCENRAC-CFTC Education.

 

Communiqué du SNE :

 

Le SNE-CSEN a rappelé au député qu'il revendique depuis maintenant près de 30 ans la création d'un statut pour tous les directeurs. Pour le SNE-CSEN, en effet, seul un statut assorti d'une reconnaissance financière substantielle, d'une formation spécifique sérieuse, de temps de décharge, rendra attractive la fonction qui pourra devenir une réelle promotion dans une carrière de professeur d'école.

 

Le SNE-CSEN a également demandé la pérennisation des postes d'EVS pour l'aide administrative aux directeurs et leur généralisation.

 

En ce qui concerne le statut des écoles et la création d'établissements, le SNE-CSEN a rappelé que cette évolution ne pouvait se faire qu'à moyen voire long terme et sous certaines conditions ne laissant aucun directeur sur le bord du chemin. Pour le SNE-CSEN le préalable à toute évolution de notre système reste le statut du directeur.

  

 

Communiqué du SCENRAC CFTC Education

 

La CFTC Education Nationale a proposé qu’au sein de l’école, le directeur, de même qu’un « manager », soit doté d’une véritable autonomie pour insuffler une dynamique et agir avec son équipe dans le respect de chaque personne.

 

Cette autonomie lui permettrait d’élaborer un projet associant l’équipe pédagogique

- projet fondé sur les réalités de l’école et non sur des déclinaisons d’orientations venues de plus haut,

- projet axé sur l’amélioration des résultats des élèves.

 
Ce projet deviendrait la véritable identité de l’école


Grâce à cette reconnaissance dans le cadre de toutes les tâches, le directeur peut devenir le correspondant unique pour tous les partenaires (parents, collectivités territoriales…) lui permettant, entre autres, de mettre en cohérence le projet de l’école et le projet éducatif conçu par les collectivités.

Pour la CFTC Education Nationale, les différentes structures proposées par le ministère (EPEP, écoles du socle commun) n’apportent de solutions ni aux difficultés actuelles de l’école ni aux attentes des directeurs.


Considérant que depuis plus de 20 ans, les termes mêmes de « statut et de corps de directeurs d’Ecole » ont servi de repoussoir tant pour l’Administration que pour d’autres, la CFTC EDUCATION NATIONALE, loin de les abandonner, a proposé que pour le moins, et en première étape vers le statut, soit créé un EMPLOI FONCTIONNEL DE DIRECTION D’ECOLE (auquel auraient immédiatement accès les directeurs actuellement en poste) pour arriver enfin à une reconnaissance de ce métier.

 

 

Ce qui nous surprend dans le communiqué de la CFTC Education, c’est le recul qui semble s’amorcer dans sa stratégie pour soutenir les directeurs d’école. Jusqu’à présent, ce syndicat affirmait son ambition d’un statut et d’un corps de directeurs du premier degré. Il évoque maintenant un « emploi fonctionnel de direction d’école ».

En décembre 2006, le ministre Gilles de Robien, reprenant les conclusions d’un groupe de travail sur la direction d’école, envisageait de doter les directeurs d’un emploi fonctionnel. Nous avions alors expliqué à nos lecteurs ce qu’est un emploi fonctionnel.

 

 

Qu’est-ce qu’un statut d'emploi ?

 

A la différence d'un statut de corps (inspecteurs, personnels de direction...), le statut d'emploi n'est pas un statut particulier. Alors que les membres d'un corps sont recrutés par concours, examen professionnel ou par voie d'inscription sur liste d'aptitude, la désignation des fonctionnaires chargés d'occuper un emploi relève de la responsabilité des chefs de service. Ainsi, si les IA et IEN appartiennent au corps d'inspection, l'IA-DSDEN (Inspecteur d'Académie - Directeur des Services Départementaux de l'Education Nationale) occupe un emploi fonctionnel.

 

Un statut d'emploi peut également être créé pour corriger une anomalie et revaloriser une fonction. Il est loisible à l'autorité administrative de définir des conditions de nomination dans certains emplois et de doter ces emplois d'indices propres pour tenir compte de caractéristiques particulières les distinguant des emplois auxquels les titulaires des grades correspondants ont normalement vocation à accéder.

  

La détermination de ces règles revient à créer un "statut d'emploi", auquel les fonctionnaires titulaires accèdent par voie de détachement.

 

Cette assimilation ne doit pas cependant abuser : un statut d'emploi est une mesure d'organisation du service et non un "statut particulier" au sens des articles 8 et 15 de la loi n° 84.16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat. Dès lors et sauf si le statut d'emploi comporte une disposition ayant pour objet ou pour effet de modifier une règle fixée par un statut particulier, il n'y a pas lieu de suivre les formalités de consultation applicables aux projets de décret portant statut de corps.

La seule consultation obligatoire pour un statut d'emploi est celle du comité technique paritaire compétent pour l'organisation de l'administration où sera placé l'emploi considéré.

 

Il est d'usage d'instituer les statuts d'emploi par décret en Conseil d'Etat.

 

Le décret portant statut d'emploi définit :

 

- le contenu fonctionnel de l'emploi, c'est-à-dire la mission qui lui est rattachée

- le nombre d'échelons et la durée du passage dans les échelons

- les grades des corps dont les titulaires ont vocation à occuper l'emploi

- les modalités de nomination et de classement dans l'emploi ainsi que, le cas échéant, les limites de durée d'occupation de l'emploi

 

Le classement indiciaire de l'emploi est effectué par une modification de l'annexe du décret n° 48-1108 du 10 juillet 1948.

 

 

Quelles peuvent être les incidences d’un emploi fonctionnel ? Est-ce une réelle avancée ? Quels intérêts pour les directeurs, les syndicats et le gouvernement ?

 

En tout état de cause, il ne s'agit nullement d'intégrer les directeurs dans un "corps de direction". Le statut d'emploi est très répandu dans la fonction publique. Il permet, d'une part, de reconnaître une fonction tout en la maintenant rattachée à son corps d'origine et d'autre part, de lui affecter une grille indiciaire spécifique.

 

1) Quel intérêt pour le gouvernement ?

Le ministère a pris conscience du malaise de la profession. Il lui est cependant difficile d’aller plus loin sur le plan financier ; il n'en a pas les moyens. Créer un véritable statut, nous pensons qu'il le souhaiterait. Mais il se heurte à deux écueils majeurs : le coût financier et l'opposition ferme et définitive des principaux partenaires sociaux. Il lui reste donc le statut d'emploi. Cette solution lui offre l'avantage de ne pas coûter cher et de surcroît de montrer sa volonté de mieux reconnaître la fonction de directeur.

 

2) Quel intérêt pour les syndicats ?

Après les quelques protestations d'usage, les syndicats, même les plus rétifs au statut du directeur, pourraient accepter un emploi fonctionnel. Ils seraient, probablement, soulagés de s'en tirer à si bon compte : ils auraient échappé à la création d'un véritable statut de directeur ! Ils pourraient même négocier quelques "avancées sonnantes et trébuchantes à engranger" et ainsi apparaître comme les vrais défenseurs des directeurs. Bref, tout bénéfice pour les ardents opposants à un statut de directeur. D’autant plus que, ne changeant pas de corps, les directeurs continueraient d'avoir les mêmes représentants issus des élections professionnelles communes à l'ensemble des enseignants pour "défendre" leurs intérêts...

 

3) Quelle incidence pour les directrices et les directeurs d'école ?

Les changements seraient peu ou pas perceptibles. Les directeurs continueraient d'être affectés dans le corps des professeurs des écoles. Certes, ils ne seraient plus "chargés de direction" mais officiellement nommés sur un emploi de directeur. De fait, ils le sont déjà actuellement. Le statut d'emploi permettrait d'institutionnaliser la fonction. Faut-il craindre la limite de durée d'occupation de l'emploi ? En théorie, oui. En pratique, non. En effet, le décret portant statut d'emploi définit [...] le cas échéant la limite de durée d'occupation de l'emploi. Imagine-t-on sérieusement un gouvernement se priver de directeurs alors qu'il en manque déjà plusieurs milliers chaque année ? Il appartiendrait aux négociateurs d'y veiller.

Une grille indiciaire spécifique serait définie lors de la création de ce statut d'emploi. Un "geste financier" symbolique l’accompagnerait, n'en doutons pas, ne serait-ce que pour mieux faire accepter ce statut. Attention ! Ne nous berçons pas d'illusions quant aux largesses budgétaires à attendre...

 

Pas de quoi se réjouir ! Le statut d'emploi ne correspond ni aux attentes, ni aux demandes des directeurs. Leurs conditions de travail ne s'en trouveraient pas vraiment améliorées pour autant. Les mêmes difficultés quotidiennes seraient toujours présentes.

Serait-il un remède à la « gouvernance impossible » et « l’absence de pilotage » de l’école primaire, deux insuffisances dénoncées par l’Institut Montaigne ?

 

Certes, en étant optimiste, on peut se dire, comme la CFTC Education que c’est « une première étape vers le statut ». Mais, l’expérience nous conduit à observer que le provisoire a une fâcheuse tendance à durer dans l’Education nationale et que le temps semble souvent faire une longue pause à chaque nouveau palier… Hélas, les étapes ne s’enchaînent pas au rythme souhaité par les directeurs.  

 

Autant dire que ce "statut d'emploi" serait plus proche du "statu quo" que du véritable "statut" réclamé par 93 % des directeurs... 

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 17:23

 

Le 15 avril dernier, le SNUDI-FO a publié un journal spécial consacré à la direction d’école. Au-dessus d’un dessin montrant un directeur croulant sous les charges de travail, le titre de ce document annonce clairement la couleur :

 

Satisfaction des directeurs d’école : OUI

Création d’un « statut » de directeur : NON

 

Nous avons décidé de publier de larges extraits de cette publication dans laquelle le SNUDI-FO exprime clairement sa position à l’égard de la situation des directeurs d’école. Dans son article, Roland Thonnat, Secrétaire Départemental, soupçonne les autorités ministérielles de vouloir « différencier toujours plus la fonction de directeur de celle d’enseignant, bref, créer un second métier ». A ses yeux, le directeur est un enseignant comme les autres. Certes avec des charges et responsabilités supplémentaires qui ne cessent de s’accumuler et qui nécessitent une aide particulière, notamment sous forme de décharges de cours et d’indemnités financières mais sans reconnaissance statutaire. Surtout pas !

 

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A l’évidence, les charges de travail et les responsabilités des directeurs se multiplient. Dans le même temps, les indemnités ne suivent pas et les décharges sont notoirement insuffisantes. Personne ne peut être dupe : cette surcharge de travail et de responsabilité a un but : différencier toujours plus la fonction de directeur de celle d’enseignant, bref, créer un second métier.

Dans le même temps, grand battage est fait autour de la revendication de quelques « responsables » syndicaux ou associatifs, de création d’un statut de directeur d’école impliquant la « réforme » de l’actuelle fonction administrative, définie par le décret de 1989 pour lui substituer un emploi fonctionnel d’autorité.

Et comme par miracle, le Premier ministre FILLON confie le 19 mars dernier une mission au député REISS, initiateur du projet de loi sur les E.P.E.P., « pour réfléchir à un statut des directeurs et des écoles».

La ficelle est un peu grosse. Qu’ils ne comptent pas sur le SNUDI-FO, syndicat indépendant pour couvrir peu ou prou cette opération de destruction de l’école républicaine et du statut de ses enseignants.

C’est ce que vient de réaffirmer le Conseil National du SNUDI-FO des 24, 25 et 26 mars 2010

« Le CN rappelle l’opposition historique et constante jusqu’à ces dernières années du mouvement syndical enseignant à la création d’un corps particulier de directeur d’école, disposition qui reviendrait :

- à détruire l’administration et la gestion départementale du corps des enseignants du premier degré ;

- à développer une logique de gestion des personnels par établissement, s’apparentant à une gestion des ressources humaines calquée sur les entreprises privées

- à remettre en cause le statut général de fonctionnaire d’état et le statut particulier de tous les enseignants du premier degré, directeurs et adjoints.

Le CN condamne sans ambiguïté toute tentative ministérielle de remettre en cause le décret de 1989 pour aller vers la création d’un tel statut ou vers celle d’un emploi fonctionnel de directeur lui conférant une responsabilité hiérarchique, administrative et pédagogique vis à vis de ses collègues adjoints.

Il dénonce le profilage de certains postes de directeurs décidés par les IA dans certains départements.

Le CN mandate les instances du syndicat national pour prendre trous les contacts nécessaires et prendre toutes les dispositions pour organiser la mobilisation des enseignants du premier degré pour obtenir l’abandon de ce projet ».

 

 

EPEP et contractualisation : Les directeurs au cœur de tous les enjeux !

 

S’appuyant sur la volonté des élus lyonnais « d’associer les directeurs au péri scolaire », le SNUDI-FO a rendu public le projet de la Ville de Lyon, mobilisé les enseignants afin de « mettre en échec cette tentative » de transformation « d’écoles en Etablissements Publics ».

Au-delà des économies (mutualisation) de postes d’enseignants et de personnels municipaux, il s’agissait de transformer les directeurs en « managers d’écoles », employés municipaux, afin de gérer « le temps de l’enfant » : accueil du matin, temps de midi, études…, les directeurs devenant ainsi les garants du projet éducatif municipal global élaboré par la municipalité et de la convention de projet et de moyens passés entre la ville et chaque école.

 

Le SNUDI-FO s’est adressé à la ville de Lyon pour dénoncer cette opération et réaffirmer ses revendications :

- Maintien du statut de fonctionnaires d’Etat pour les directeurs.

- Non à toutes tentatives de municipalisation de la fonction de directeurs.

L’école publique ne peut avoir qu’un seul statut : celui de l’école républicaine laïque.

 

Depuis des années, les ministres tentent de modifier le statut de l’école publique républicaine. En effet, l’existence d’un directeur par école ramenée aux 55 000 écoles maillant le territoire national, est un des chaînons constitutifs de l’école républicaine. Ce projet passe par l’instauration d’un prétendu statut juridique particulier à chaque école en lieu et place du statut unique existant : celui de l’école communale publique républicaine et laïque.

C‘est un des aspects de la mission confiée au député REISS, initiateur du projet de loi sur les E.P.E.P. Cette offensive vise à organiser le transfert juridique de l’école publique aux collectivités territoriales, voire à la privatiser à l’image de ce qui s’est passé à France Télécom ou à la poste.

 

 

Les E.P.E.P. : une machine de guerre contre l’école républicaine

 

Notre syndicat a dénoncé dès leur conception ces EPEP dont le fonctionnement, les personnels et  l’enseignement délivré seraient totalement placés sous l’autorité d’un conseil d’administration présidé par un élu. C’est-à-dire … la fin de l’école publique républicaine. Pour l’heure, cette opération a avorté à l’image du projet annulé sur la ville de Lyon. Mais le projet de loi n’a pas été pour l’instant abandonné.

 

 

Fusions et fermetures d’école : le processus s’accélère

 

De tous les départements remonte la même tendance. Les fusions, voire des disparitions complètes de groupes scolaires se multiplient. Le plus souvent, il s’agit d’annexer les écoles maternelles, mais ce sont aussi des fusions d’écoles entières qui sont programmées. Le but recherché est d’arriver à constituer des groupes de 12 à 30  classes, c’est-à-dire …. de futurs E.P.E.P.

 

La position du SNUDI FO est claire :

NON aux statuts propres à chaque école - Un seul statut : celui de l’école républicaine

NON aux fusions et suppressions d’écoles – maintien des 55 000 écoles maternelles et élémentaires sur tout le territoire national – maintien d’un directeur par école

 

 

Temps de service et décharges des directeurs d’école

 

L’emploi du temps d’un directeur d’école est, chaque jour un peu plus, une véritable course contre la montre pour tenter de faire face à la multiplication des tâches qui lui sont imposées. Dernière en date, avec les décrets Darcos, l’obligation qui lui est faite d’organiser et de coordonner, au sein de son école, les 60 heures d’aide personnalisée ; mais n’oublions pas toutes les récentes contraintes engendrées par la mise en place de base élève, des évaluations CE1/CM2… etc.

Combien de directeurs, croulant sous le poids de ces charges, ne peuvent plus discerner ce qui est réellement important de ce qui ne l’est pas et semblent « passer leur vie » à l’école. Il est donc essentiel de préciser trois points :

Le directeur, comme le spécifie le décret n° 89-122 du 24 février 1989, appartient au corps des instituteurs et professeurs des écoles ; ses obligations de service sont donc identiques en tous points à celles de ses collègues.

Un IA ou un IEN ne peut imposer à un directeur, par exemple, une obligation de présence lors du déroulement de l’aide personnalisée ou des stages de remise à niveau durant les vacances, ou encore à d’interminables réunions avec divers partenaires.

Le directeur a pour seule obligation d’être présent 24h par semaine dans son école + une somme d’heures annualisées correspondant à 60 heures pour l’aide personnalisée, 6 heures pour la tenue des conseils d’école, 18h d’animations pédagogiques et 24 heures pour les conseils de maîtres et de cycles… un point c’est tout !

Le directeur, quel que soit le nombre de classes dont il a la charge, a besoin de temps de décharge pour assurer à la fois le travail régulier qui relève de sa fonction mais aussi la somme d’imprévus qu’il a quotidiennement à gérer.

Le système de décharge tel qu’il est actuellement instauré et pratiqué est loin d’être satisfaisant :

- pas un directeur ne peut et ne doit être privé de décharge

- pas un directeur ne doit être contraint à travailler au-delà de ses obligations statuaires de service.

Toutes les décharges de services doivent donc être renforcées et améliorées.

 

 

Mastérisation et directeurs : de nouvelles tâches qui se profilent

 

Il est devenu incontestable que la mastérisation vise à remplacer les enseignants titulaires par les étudiants en Master et les stagiaires à bas prix. Mais qui va se retrouver en première ligne pour accompagner les stagiaires et les étudiants sans formation dans les écoles... A n’en pas douter, les directeurs seront fortement sollicités !

 

 

Les revendications du Congrès de Seignosse (Landes - mars 2008)

-       Amélioration du régime de décharges de service pour tous les directeurs, pas un directeur sans décharge statutaire

-       Pour une réelle amélioration financière (85 points d’indice pour tous, soit 305 €).

-       Pour le versement aux « faisant-fonction » d’une rémunération identique à celle des directeurs qu’ils remplacent.

-       Pour des stages de formation de qualité, y compris pour les chargés d’école

-       Abandon de la signature par le directeur des autorisations de sorties scolaires

-       Allègement des tâches

 

Défendre le décret n° 89-122 du 24 février 1989 contre le projet de statut de directeur d’école

« Le Conseil National condamne sans ambiguïté toute tentative ministérielle de remettre en cause le décret de 1989 pour aller vers la création d’un tel statut ou vers celle d’un emploi fonctionnel de directeur lui conférant une responsabilité hiérarchique, administrative et pédagogique vis à vis de ses collègues adjoints. Il dénonce le profilage de certains postes de directeurs décidés par les IA dans certains départements ». Résolution du CN d’Autrans - 24 au 26 mars 2010.

Face à l’offensive gouvernementale pour la mise en place d’un statut de directeur d’école, le décret de 89 devient le seul rempart réglementaire.

 

-----------------------------------------------------

 

Ce texte, réactualisé lors du Conseil National de mars 2010, met en lumière le fossé qui s’est creusé entre le SNUDI-FO et les directeurs d’école qui ne partagent pas du tout cette vision passéiste d’un « enseignant comme les autres ».


Ce syndicat peut-il ignorer que 93 % des directeurs se sont exprimés en faveur d’un statut dans l’enquête IFOP initiée par le GDID ?

Quelques « responsables syndicaux professionnels » peuvent-ils décider en lieu et place de plusieurs dizaines de milliers de directeurs de ce qui est bon pour eux ? Au nom des adjoints ? Les ont-ils seulement interrogés pour connaître leur position au sujet de la direction de l’école ? Ne voient-ils pas les milliers de postes vacants qui, année après année, marquent une désaffection pour le métier ? N’ont-ils jamais pris connaissance des multiples rapports qui rendent compte des difficultés croissantes rencontrées par les « collègues chargés de direction » ?

Manifestement, la direction nationale du SNUDI-FO n’a aucune idée de ce qu’est devenu le métier de directeur d’école en 2010. Arc-boutée sur son dogmatisme politico-syndical, elle refuse l’adaptation de l’école au XXIème siècle. Ce faisant, le SNUDI-FO prend une énorme responsabilité : celle de voir l’école publique perdre de plus en plus son crédit au profit d’établissements privés qui, eux, ont d’autres moyens de fonctionner…

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 22:52

 

« C’est lourd de mettre en place un projet commun. Pour avoir participé ce matin à une commission sur la direction d’école, on voit qu’on va au cœur des choses ». Cette déclaration de l’un des participants du SE-Unsa au congrès de Brest 2010, on peut la lire page 31, dans la revue « l’enseignant ». Mais traduit-elle une réalité ?

Le doute est permis lorsqu’on lit le compte rendu qui est fait de ce congrès. La place des directeurs y est réduite à la portion congrue.

 

Page 28, rubrique « les conditions de travail au cœur des débats ». Un paragraphe concerne les directeurs d’école :

« L’évolution du métier doit être reconnue ainsi que la charge de travail et les missions spécifiques. Par exemple, le congrès a acté le principe de la dissociation des missions de direction et d’enseignement dans les écoles de 7 classes et plus. Dans ce cadre, les directrices et directeurs seraient déchargés de la responsabilité de classe en conservant, pour les écoles de 7 à 10 classes, des heures auprès des élèves en lien avec le projet d’école. »

Aucune allusion à une demande de statut pour les directeurs d’école. Aucune référence à l’enquête initiée par le SE-Unsa en octobre 2009.

 

Page 25, rubrique « pour une école juste ». Le SE-Unsa dit non aux EPEP et précise ses exigences.

« Le SE-Unsa ne veut pas des EPEP, il l’a affirmé sans détours dans son congrès. Alors que le premier ministre vient de placer à nouveau le dossier à l’ordre du jour en chargeant F. Reiss d’une mission sur le sujet, le SE-Unsa devait sortir de son congrès avec des exigences claires.

C’est chose faite

 

1-     Tout projet de modification de l’organisation de l’organisation de l’école devra poursuivre des objectifs pédagogiques pour permettre aux enseignants de mieux exercer leurs missions.

2-     Il devra garantir l’indépendance du projet pédagogique et maintenir des structures de taille raisonnable et un maillage territorial de proximité.

3-     Les taux d’encadrement devront être maintenus sur trois ans et les écoles pourront choisir, après un bilan, de revenir à la situation antérieure.

4-     La direction de l’école doit rester à un enseignant qui ne sera pas un supérieur hiérarchique.

C’est en fonction de ces exigences que le SE-Unsa jugera des projets à venir. »

 

On le voit, le bilan du congrès est maigre pour les directeurs d’école. Le compte rendu ne relate rien des débats parfois vifs qui ont agité les représentants des enseignants durant ces trois journées (cf notre article du 26 mars).

 

Côté ministère, la direction d’école est-elle davantage au cœur de ses préoccupations ? Pour en avoir une idée un peu plus précise, il faut se reporter à la réponse ministérielle faite à une question écrite posée par un député.

 

Question posée par M. Dupré Jean-Paul (Aude - Socialiste, radical, citoyen et divers gauche) (publiée au JO le 29/12/2009)

 

M. Jean-Paul Dupré attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les difficultés croissantes auxquelles se heurtent les directeurs d'école pour assurer pleinement la multiplicité des tâches qui leur incombent. Animateur d'une équipe pédagogique, lui-même en charge d'une classe, le directeur d'école a vu sa fonction évoluer ces dernières années vers de nouveaux champs de compétence : tâches administratives de plus en plus lourdes, gestion, relations avec les collectivités territoriales, avec les familles, avec les associations... Malgré la passion de leur métier, leur bonne volonté et leur talent, nombre de directeurs sont aujourd'hui gagnés par la lassitude et l'exaspération. Il résulte de cette situation une pénurie de candidatures aux fonctions de directeur. Ainsi, dans l'Aude, de nombreux postes ne sont pas pourvus ou sont confiés à de jeunes enseignants fortement handicapés par le manque d'expérience. Cette situation paraît avoir pour principale cause l'inadéquation qui existe entre les quotités de décharges de service dont bénéficient les directeurs d'école et la multiplicité des tâches liées désormais à leur fonction. D'où la nécessité qu'il y aurait, d'une part, d'améliorer les décharges dont bénéficient les directeurs d'école et, d'autre part, d'augmenter les moyens mis en œuvre en matière d'aide à la direction. Il lui demande si, comme cela est absolument indispensable, il compte prendre des mesures en ce sens.

 

Réponse du ministre de l’Éducation nationale (parue au JO le 06/04/2010)

 

Les fonctions de directeur d'école sont définies par le décret n° 89-122 du 24 février 1989. L'entrée en vigueur de ce décret a constitué une véritable reconnaissance de ces fonctions qui étaient jusqu'alors régies par plusieurs textes (décret n° 87-53 du 2 février 1987 relatif aux fonctions, à la nomination et à l'avancement des maîtres et décret n° 84-182 du 8 mars 1984 relatif aux directeurs d'école maternelle et d'école élémentaire). Les missions pédagogiques et administratives du directeur d'école sont développées à l'article 2 du décret du 24 février 1989 précité. Il doit veiller à la bonne marche de l'école et au respect de la réglementation qui lui est applicable. Il répartit les moyens d'enseignement et les élèves après avis du conseil des maîtres qu'il préside. Il lui incombe notamment, après avis du conseil des maîtres, d'arrêter le service des instituteurs et des professeurs des écoles. Il organise également les élections des représentants des parents d'élèves au conseil d'école qu'il réunit et préside. Il représente l'institution auprès de la commune et des autres collectivités territoriales. Le directeur d'école doit prendre toutes les dispositions utiles pour que l'école assure sa fonction de service public, il organise l'accueil et la surveillance des élèves et le dialogue avec leurs familles. Il fixe les modalités d'utilisation des locaux scolaires et organise le travail des personnels communaux en service à l'école. Par ailleurs, la charge de travail inhérente aux fonctions de directeur d'école a été reconnue à plusieurs reprises. Le protocole de mesures pour les directeurs d'école du 10 mai 2006 a fait évoluer le dispositif de décharges d'enseignement permettant d'améliorer sensiblement les conditions d'exercice de ces derniers. La note de service du 20 juin 2006 a étendu aux directeurs d'école de quatre classes le bénéfice d'une décharge d'enseignement d'une journée par semaine et une décharge dite de rentrée scolaire de deux jours fractionnables a été instituée pour les directeurs d'école non déchargés, dans les quinze premiers jours de la rentrée scolaire. Depuis la rentrée 2006, les directeurs d'école qui le souhaitent peuvent se faire aider par des emplois de vie scolaire qui ont pour mission de les assister dans leurs fonctions. La modification des obligations réglementaires de service des enseignants du premier degré à la rentrée 2008 avec la mise en place de l'aide personnalisée pour les élèves en difficulté a impliqué de nouvelles responsabilités pour les directeurs d'école. Ils ont pour mission d'organiser et de coordonner les heures d'aide personnalisée. Ces nouvelles missions ont été compensées par l'octroi d'un allégement de service sur les heures d'aide personnalisée que comporte leur service d'enseignement. Sur le plan indemnitaire, la reconnaissance des fonctions de directeur d'école s'est traduite par une revalorisation de l'indemnité de sujétions spéciales (ISS). Les directeurs d'écoles percevaient auparavant une indemnité annuelle de 1295,62 EUR. L'arrêté du 12 septembre 2008 dispose désormais qu'ils bénéficient également d'une part complémentaire d'ISS versée en une seule fois au cours du premier trimestre de l'année scolaire. Le taux de cette part complémentaire est de 200 EUR pour les directeurs des écoles et établissements spécialisés comptant de une à quatre classes, de 400 EUR pour les directeurs des écoles et établissements spécialisés comptant de cinq à neuf classes et de 600 EUR pour les directeurs des écoles et établissements spécialisés comptant dix classes et plus. Enfin les directeurs d'école bénéficient d'une bonification indiciaire de trois à quarante points majorés, qui représente un montant variant de 165 EUR à 2 200 EUR annuels selon le nombre de classes de l'école, ainsi qu'une nouvelle bonification indiciaire de huit points, soit 440 EUR. Ces mesures qui permettent d'améliorer leurs conditions de travail sont justifiées par le rôle essentiel joué par les directeurs d'école dans l'enseignement primaire. Par ailleurs, c'est dans le cadre d'une réflexion plus large sur le statut juridique des écoles que la fonction de directeur d'école pourra éventuellement être redéfinie.

 

Cette longue réponse ne nous apprend rien. Sauf qu’elle semble faire du directeur un privilégié qui n’a cessé de voir sa situation s’améliorer depuis quelques années (revalorisation, aide administrative, décharge…). Seul, le mot « éventuellement » est à retenir. Autant dire que la redéfinition de la « fonction de directeur d’école » n’est pas chose acquise…

 

Un congrès syndical sans décision majeure, une réponse ministérielle qui n’en est pas une… Pas de quoi réjouir les directeurs d’école dont le métier ne semble pas être, loin s’en faut, au… cœur des préoccupations des décideurs et de ceux censés les défendre.

 

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 11:50

En septembre 2006, suite à la signature du protocole SE-Unsa / Gilles de Robien, le GDID avait commandé à l’Ifop une consultation nationale des directeurs d’école. Comme l’avait souligné l’institut d’enquêtes d’opinion, le taux de réponses a été exceptionnel puisque 10 094 directeurs ont participé à cette consultation qui a fait apparaître que 93 % d’entre eux étaient favorables à un statut.

 

Depuis, les rapports se sont multipliés sur le bureau des différents ministres (MGEN, IGEN...). Tous mettent l’accent sur notre charge de travail de plus en plus lourde, sur l’augmentation de nos responsabilités et sur le nombre important de directions laissées vacantes à chaque rentrée.

Après la publication de cette enquête de l’Ifop, les principaux syndicats ont continué de faire la sourde oreille. Les conditions de travail des directeurs n’ont cessé de se dégrader. Les directions vacantes se comptent encore et toujours par milliers.

De temps à autre, notamment à la veille de leur congrès, les syndicats annoncent leur intention de reprendre le dossier de « la direction et du fonctionnement de l’école ». Ainsi, fin 2009, le SE-Unsa a lancé une enquête pour connaître la position de « la profession » sur « l’évolution de la direction d’école ». Peu nombreuses (1078), les réponses n’apportent rien de très nouveau que l’on ne savait déjà.

Pour ne pas être en reste, le SNUipp 06 puis le SNUipp 65 ont ouvert le dossier et proposé des enquêtes décevantes pour leurs commanditaires tant sur le plan de la participation que des résultats obtenus et surtout truffées d’erreurs, d’imprécisions et d’incohérences.

A son tour, la direction nationale du SNUipp vient de proposer une enquête en ligne destinée à « l’ensemble de la profession ». Comme nous l’avons écrit dans notre article intitulé « Direction d’école : le SNUipp en quête d’une crédibilité introuvable », destinée à l’ensemble des directeurs et adjoints, cette enquête nationale présente un inconvénient majeur qui la rend d’ores et déjà sujette à caution : elle ne présente aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage.

 

Craignant l’utilisation qui pourrait être faite de ces ersatz d’enquêtes réalisées par les syndicats dans des conditions douteuses, le GDID s’adresse de nouveau à l’ensemble des directeurs d’école (exclusivement à eux) et les invite à répondre à la consultation qu’il met en ligne sur son site. Contrairement aux enquêtes syndicales, celle-ci n’est pas anonyme. Elle permettra, en outre, de ne pas laisser le SNUipp parler en lieu et place des directeurs sur leurs aspirations légitimes. Elle devrait également le mettre face à ses contradictions lorsqu'il affirme que les directeurs d'école ne veulent pas d'un statut professionnel.  

 

Pour y répondre, cliquez ICI.

 

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 13:19

Décidément, le SNUipp s’est réellement pris d’affection pour les directeurs d’école… Après un tour de chauffe dévolu aux sections départementales des Alpes-Maritimes et des Hautes-Pyrénées, voilà que la direction nationale lance une grande enquête destinée à donner la parole à l’ensemble des directeurs et adjoints. Cette consultation au double titre prometteur « Direction d’école : en quête d’évolutions » et « Fonctionnement d’école : quelle direction ? » montre ainsi que le SNUipp maintient sa formule habituelle « direction et fonctionnement de l’école ».

 

Un constat édifiant 

 

En guise de préambule à cette enquête nationale, le SNUipp dresse un constat sur les difficultés rencontrées par les directeurs d’école. Constat habituel décrit dans tous les rapports qui paraissent sur le sujet et que nul se songerait à contester.

Direction et fonctionnement de l'école, rien ne va plus. L'avalanche des tâches liées à la gestion de l'école et à la mise en place des réformes en cours est devenue insupportable. La charge de travail et les responsabilités juridiques, pédagogiques, administratives liées à la fonction se sont complexifiées et amplifiées.

Résultat : malgré l'intérêt de la fonction, 3000 directions d'école restent aujourd'hui vacantes, les directeurs et directrices l'affirment haut et fort : « le statut-quo n'est plus possible ». On notera, au passage, le lapsus (révélateur ?) entre « statut » et « statu quo »…

La seconde partie de son exposé est moins convaincante. Le SNUipp ne peut s’empêcher de céder à ses vieux démons. Il évoque le spectre de la création d’EPEP qui « complique les relations professionnelles » sans apporter de « réponses sur la question de l'alourdissement des tâches et des responsabilités ». Tout bon discours du SNUipp sur la direction d’école ne serait pas complet s’il ne comportait le fameux couplet du p’tit chef « relais des inspecteurs au sein de l'école sur les questions d'organisation et d'administration ».

Le SNUipp livre ensuite ce que sera très probablement la conclusion de l’analyse qu’il fera de cette enquête : « …nécessité de « plus de temps », d'une revalorisation financière, d'une aide à la fonction, d'une clarification des missions... » pour « tracer ensemble les évolutions nécessaires pour une direction et un fonctionnement de l'école adaptés aux nouvelles réalités et au service de tous les élèves ». Tout est dit.

 

Une enquête entachée d’une grossière erreur méthodologique

 

Destinée à l’ensemble des directeurs et adjoints, cette enquête nationale présente un inconvénient majeur qui la rend d’ores et déjà sujette à caution : elle ne présente aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage.

En effet, cette enquête ne se conforme pas au standard méthodologique des enquêtes d’opinion dans la mesure où il est possible d’y répondre autant de fois que l’on veut depuis un même poste (aucun blocage des adresses IP). Rien à voir avec l’enquête commandée en 2006 par le GDID qui avait fait appel à un institut de sondages réputé (IFOP) et qui présentait toutes les assurances méthodologiques nécessaires pour fournir des résultats fiables.

En ne se donnant pas les moyens d’une enquête incontestable, le SNUipp ruine tous ses efforts de séduction déployés ces derniers temps pour afficher son intention de faire évoluer la « fonction » de directeur car, quels qu’ils soient, les résultats seront forcément affectés d’un doute. Doute d’autant plus fort que les deux précédentes enquêtes départementales (06 et 65) de ce syndicat étaient déjà entachées d’approximations, d’erreurs et d’incohérences qui leur ôtaient toute crédibilité.

 

Des résultats inexploitables

 

Sur le fond, enfin, que penser d’une enquête dont le commanditaire nous donne par avance les réponses qu’il souhaite y trouver ? Comme indiqué plus haut, le SNUipp affirme clairement ses choix. Il refuse les EPEP, s’oppose à un statut pour les directeurs et indique les mesures qui lui semblent suffisantes pour améliorer leur situation : « plus de temps, une revalorisation financière, une aide administrative et une clarification des missions ». Pourquoi, dès lors, proposer de donner « la parole » par le biais d’une enquête qui semble inutile et orientée ? Que fera le SNUipp de l’avis des collègues puisque le sien semble sans appel ?

En effet, que se passerait-il si, par le plus grand des hasards, les participants se montraient massivement favorables à la création d’EPEP et à la mise en place d’un statut de directeur ? Désavoué dans ses prises de positions tranchées, la direction du SNUipp démissionnerait-elle, reconnaîtrait-elle ses erreurs, reprendrait-elle à son compte les souhaits exprimés dans l’enquête, accepterait-elle de porter la lutte dans le sens demandé par les collègues ? Autant de questions qui risquent de rester sans réponses.

L’enquête présente un autre inconvénient de taille : elle est anonyme, ce qui n’est pas une faute en soi. Cependant, il deviendra impossible de différencier les réponses apportées par les directeurs et les adjoints puisque chacun aura le loisir de se faire passer pour qui bon lui semble et autant de fois qu’il le souhaitera. Comment imaginer que les auteurs de cette enquête n’y aient pas pensé ?

Doit-on croire à une quelconque inconséquence des responsables nationaux du SNUipp ou plutôt penser que ce syndicat recherche avant tout un plébiscite pour légitimer son dogmatisme  sur l’évolution de la direction d’école ?

Force est constater que cette enquête ne peut se parer d’aucune valeur scientifique. Quels qu’en soient les résultats, l’exploitation qui en sera faite ne pourra donner lieu à aucune analyse crédible et incontestée. Et hélas, il est à craindre que comme les précédentes, cette consultation ne contribue un peu plus à semer le trouble sur les véritables intentions du SNUipp à l’égard des directeurs d’école.

Coup d’épée dans l’eau ou nouvelle manipulation ? Faudra-t-il attendre le mois de mai (publication des résultats) pour en avoir le cœur net ?

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 23:38

Les syndicats donnent l’impression de rivaliser dans l’intérêt qu’ils portent actuellement aux directeurs. Les enquêtes sont dans l’air du temps. Le 4 février dernier, nous avions déjà eu l’occasion de rendre compte des résultats de celle initiée par le SE-Unsa. Ce syndicat, après avoir probablement longtemps hésité, avait fini par dévoiler les chiffres en les laissant « fuiter » dans de rares sites départementaux. Néanmoins, les informations étaient honnêtes, courageuses et cohérentes.

 

On ne peut en dire autant du SNUipp qui nous gratifie de deux enquêtes récentes sur le même sujet. L’une dans les Alpes-Maritimes et l’autre dans les Hautes-Pyrénées. Toutes deux peuvent servir d’exemple à des enquêteurs stagiaires pour leur montrer les dérives à éviter dans leur futur métier de sondeur.

 

Une enquête volontairement floue et non chiffrée

Dans les Alpes-Maritimes
, le SNUipp 06 a fait fort. Il nous communique une synthèse des résultats sur environ 100 réponses. Sur un tel nombre, rien de plus simple pour le plus faible de nos élèves de CM2 de donner des pourcentages sans même savoir calculer. Or, nos responsables syndicaux ont réussi le tour de force de ne fournir le moindre chiffre.

En effet, aucun pourcentage ne vient ponctuer leurs réponses. Ils se contentent d’asséner les points positifs ou négatifs liés à la fonction de direction sans que l’on sache combien de collègues se retrouvent dans l’une ou l’autre catégorie.

L’on y apprend tout de même que « la grande majorité des collègues directeurs/trices ont fait le choix soit du statut non hiérarchisé, soit de l'échelon hiérarchique entre adjoint et IEN soit du grade de chef d'établissement. »

Il serait pourtant intéressant de connaître la proportion de chacune des réponses très différentes qui sont globalisées dans un seul et même résultat.

« Peu souhaitent conserver la situation actuelle. Beaucoup sont indécis. »

Entre « grande majorité » pour un statut et « beaucoup » d’indécis, il est difficile de s’y retrouver.

Même absence de clarté entre « ceux qui sont favorables à une reconnaissance du Conseil des maîtres » et « d’autres qui pensent que le Conseil des maîtres n’est plus adéquat ». Qui ? Combien ? Quel pourcentage des uns et des autres ? Mystère.

 

Et le SNUipp 06 de poursuivre en aveugle dans le classement « des revendications des collègues directeurs » et dans la définition des « actions ».

Simplement apprend-on que « une grande majorité des directeurs est prête à suivre des actions lancées sur le plan départemental (rassemblement, audience auprès de l'IA et des élus), mais surtout au plan national » et que « La proposition de blocage administratif ou de grève de la direction convient toujours à bon nombre de directeurs. »

 

Erreurs, incohérences et contresens

Dans les Hautes-Pyrénées
, les collègues directeurs font aussi l’objet de toutes les attentions du syndicat majoritaire. Mais dans ce département, le SNUipp 65 a choisi une stratégie totalement différente. Il nous abreuve de tableaux remplis de pourcentages. Hélas, trois fois hélas, si l’on sait que « 80 % des résultats émanent de directeurs et 20 % d’adjoints », il manque une donnée essentielle : le nombre de réponses retournées…

Signe évident que ce nombre est faible probablement, comme le souligne la synthèse parce que « nous sommes tous débordés ».

Effectivement, la participation a été des plus faibles puisque le nombre de réponses retournées est de l’ordre de la quarantaine ! Autant dire que nous ne nous attacherons pas à en analyser les résultats puisqu’ils n’ont aucune signification scientifique.

Là n’est pas, cependant, la seule anomalie de cette enquête. Les tableaux sont truffés d’erreurs et d’incohérences dont auraient pu nous épargner les auteurs de cette synthèse. Notamment dans les péréquations stipulant le regroupement des réponses « directeurs et adjoints » dans une rubrique « ensemble » puisque les premiers représentent 80 % des retours de l’enquête.

 

Quelques exemples :

 

Question : « Avez-vous pris connaissance du contenu détaillé du projet de création des EPEP ? »

Réponse dans la synthèse : oui à 54 %

Mais les chiffres dressés dans le tableau donnent les résultats suivants :

Directeurs : oui à 36 %

Adjoints : oui à 3 %

Ensemble : oui à 50 %

Comprenne qui pourra…

 

Question : « Pensez-vous que la question de la direction d’école ne concerne que les seuls directeurs ? »

Directeurs : oui à 96 %

Adjoints : oui à 100 %

Ensemble : 95,20 %

Amusant de constater que le pourcentage global est inférieur aux deux pourcentages cités.

Curieux de lire les mêmes chiffres mais une formulation contraire dans le tableau récapitulatif : « la direction ne concerne pas que les directeurs ».

Manifestement, le rédacteur du questionnaire et de la synthèse éprouve certaines difficultés avec l’emploi des négations. Ce qui est d’autant plus grave quand les deux formulations disent le contraire l’une de l’autre…

Comprenne qui pourra…

 

Autre bizarrerie :

Question : « Pensez-vous qu’il faille un statut particulier pour les directeurs ? »

Directeurs : oui à 33 %

Adjoints : oui à 62,50 %

Ensemble : oui à 38 %

Curieusement les adjoints sont plus nombreux à estimer que les directeurs doivent bénéficier d’un statut particulier et « 57 % des directeurs ne veulent pas d’un statut particulier ». Rappelons que l'enquête IFOP (une vraie celle-là) commandée par le GDID avait obtenu un score de 93 % de collègues favorables à un statut et que ce pourcentage était l’émanation de plus de 10 000 réponses. L’enquête du SNUipp ne comptabilise qu’une trentaine de directeurs dont une partie importante d’adhérents.

 

Nous pourrions continuer la litanie des incohérences ou des erreurs manifestes qui ôtent toute crédibilité à l’enquête du SNUipp 65. Ainsi, à 2 reprises, 3,75 % au lieu de 37,5 %. Ou encore 6 % et 0 % qui aboutissent à un total de 7,10 % et bien d’autres calculs approximatifs.

 

La conclusion n’en est que plus cocasse puisque « Le SNUIPP 65 va donc transmettre les résultats de cette enquête à nos Inspecteurs et leur demander une audience, ou mieux un groupe de travail pour réfléchir et trouver des solutions satisfaisantes aux difficultés actuelles de la direction d’école. »

Nous conseillons vivement aux « inspecteurs » de se munir d’une règle à calcul ou d’un boulier chinois et de chausser de bonnes lunettes grossissantes pour bien comprendre les résultats chiffrés de cette enquête.

Si ces mêmes « inspecteurs » auront matière à faire rire dans les chaumières à l’issue de cette entrevue… les directeurs d’école, eux, ne pourront que rire jaune en lisant ces deux enquêtes qui ne sont pas de nature à rendre crédible le combat qu’ils mènent pour une vraie reconnaissance de leur métier.

 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 17:05


En octobre 2009, le SE-UNSA a lancé une enquête auprès des directeurs et adjoints, « pour connaître leur avis sur l’évolution du fonctionnement et de la direction d’école ».

Le 29 octobre dernier, dans un article, nous citions Stéphanie Valmaggia, déléguée nationale du SE-Unsa (29/10/2009) qui, au vu de premiers résultats, déclarait : « nous avons voulu prendre la température de la profession. Et nous avons beaucoup, beaucoup de réponses »… elle faisait alors allusion aux 400 bulletins retournés. Depuis, chacun pouvait s’étonner de ne pas avoir connaissance des résultats globaux de cette enquête. Le faible taux de réponses et le fait qu’elles proviennent essentiellement de directeurs semble gêner la direction nationale du SE-Unsa qui s’attendait probablement à des résultats plus contrastés.

Nous avons décidé de publier dans leur intégralité les résultats de cette enquête ainsi que les commentaires et l’analyse du SE-Unsa.

  

………………………………………………..

 

Préambule

 

Le SE-UNSA ne fait pas partie de ceux qui considèrent que l’Ecole Primaire française fonctionnerait parfaitement. Entre la fin du XIXème siècle où la République l’a imposée en France et 2010, son fonctionnement a beaucoup évolué, tout comme la société dans laquelle elle agit. Les directeurs, mais aussi les adjoints, ne trouvent pas forcément dans sa structure actuelle toutes les réponses satisfaisantes pour faire face aux nouvelles missions, aux nouvelles pratiques. Le SE-UNSA pense qu’il ne faut pas ignorer ces réalités. Pour autant, c’est de l’intérêt des élèves, du projet de l’école, de l’efficacité pédagogique que doit découler tel ou tel mode de gestion et non l’inverse. Dans le paysage, ces dernières années, le gouvernement a avancé une piste : la création d’établissements publics dans le premier degré. Ainsi, depuis 2004, année où est apparu le terme d’EPEP dans la loi relative aux responsabilités et libertés locales, ce cheval de bataille politique fait son bonhomme de chemin tant dans l’hémicycle que dans les services du Ministère de l’Education nationale. Comment l’idée de l’établissement est-elle accueillie sur le terrain ?

A travers l’enquête « Evolution du fonctionnement et de la direction d’école », le SE-UNSA a voulu y voir plus clair, notamment dans la perspective de son congrès national qui aura lieu en mars 2010.



Résultats 

 

1078 enquêtes analysées provenant de :

 

-       Adhérents du SE-UNSA : 36%

-       Directeurs : 91,63 %

-       Adjoints : 5,54 %

 

Question 1 : La situation actuelle convient-elle ?

 

OUI : 6,65 %

NON : 92,63 %

NSP : 0,72 %

 

Question 2 : Pour vous, la création d'un établissement public dans le 1er degré est-elle envisageable ?

 

OUI : 70,59 %

NON : 29,41 %

 

Question 2bis : quels avantages présente un établissement public (si réponse positive en question 2) ?

 

Taux les plus importants classés selon leur priorité :

-       une meilleure reconnaissance des directeurs d’école avec 50,90 %.

-        une structuration juridique plus assurée avec 28,88 %.

-        une meilleure autonomie avec 24,91 %.

-       une organisation financière et administrative avec 21,30 %.

-        une meilleure efficacité pédagogique, avec 20,22 %.

 

Dans les propositions faites par les collègues qui ont coché « autres », on trouve essentiellement la demande d’un statut pour les directeurs d’école.

 

Question 3 : Quelles autres structurations de l’école vous paraissent envisageables ?

-       un EPLE comme dans le 2nd degré : 29,36 %

-       des regroupements pédagogiques en milieu rural : 26,97 %

-       des fusions d’école en milieu urbain : 21,83 %

-       le statu quo : 8,44 %

-       autres (?) : 13,39 %

 

Question 4 : Pour vous quelles exigences doivent présider à la création d’un établissement public dans le 1er degré ?

Question ouverte, pas de proposition de choix, ce qui explique l’impossibilité de faire une statistique. Toutefois, à la lecture des commentaires, se dégagent majoritairement plusieurs exigences :

 

1-     par rapport à la structure-établissement

 

-       qu’elle soit utile aux élèves et qu’elle permette de mener à bien des projets concertés

-       stabilité de la structure et des moyens sur une période donnée

-       dotation en moyens suffisants de fonctionnement : une aide administrative formée et pérenne, des agents comptables

-       plafonner le nombre d’élèves ou le nombre de classes pour garantir un établissement à taille humaine et de proximité

-       que le conseil d’administration soit au moins tripartite (certains réclamant une majorité d’enseignants)

-        indépendance pédagogique vis-à-vis des élus et des IEN

 

2-     par rapport au fonctionnement de l’équipe

 

-       que les prérogatives de chacun soient respectées et que le directeur ne soit pas un supérieur hiérarchique

-       qu’il existe des conseils de maîtres ou des conseils pédagogiques gérés par l’équipe enseignante

-       le maintien de la liberté pédagogique

 

3-     par rapport à la fonction de directeur de l’établissement

 

-       qu’il soit issu du corps des PE ou des instituteurs

-       qu’il soit affecté en toute transparence sur un barème et sur ses compétences

-       une décharge complète et une formation initiale/continuée de qualité

-       un statut réel du directeur mais les avis divergent sur la dimension hiérarchique

-       qu’il soit président du conseil d’administration

 

 

Analyse du SE-UNSA

 

Les adjoints ont peu répondu. Il est vrai que l’enquête a été placée dans une publication spéciale directeurs, même si le questionnaire a été élargi ensuite à la profession. On se rend compte que les réponses sont sensiblement différentes lorsqu’on est adjoint, sauf pour la 1ère question, par rapport à la situation actuelle, qui rassemble très largement.

 

Quasiment tous les départements sont représentés (Métropole et DOM). Même si la question n’était pas posée, certains ont précisé qu’ils exerçaient en milieu rural ou urbain. On se rend compte que lorsqu’on applique ce filtre en fonction des réponses, là aussi un clivage s’opère, non pas dans le constat de la situation mais dans les solutions envisagées. On semble moins porté vers un EPLE en milieu rural par exemple …

 

Nous ne sommes pas très surpris par le taux de collègues qui affirment dès la 1ère question, que la situation actuelle n’est pas satisfaisante (plus de 92%), même si cela ne nous réjouit pas. Cela confirme le malaise dans le 1er degré, ressenti de manière plus prégnante depuis les réformes Darcos.

 

Quant à la création d’un établissement public dans le 1er degré, c’est très net ! Le mot n’est pas ou plus tabou mais … surtout chez les directeurs puisqu’ils sont plus de 96% à avoir répondu oui contre 40% chez les autres (en majorité des adjoints). Relient-ils le statut de l’établissement à leur statut ? Serait-ce lié, d’abord, à leurs propres conditions d’exercice qui priment plus que la recherche d’une autre structure ? La reconnaissance de la fonction, du métier (disent certains) est visiblement le moteur. Quant aux autres personnels, qu’est-ce qui joue en défaveur de l’établissement ? Nous n’avons pas assez d’éléments qualitatifs pour le dire.

 

L’avantage le plus évident à la création d’un établissement public est celui d’une meilleure reconnaissance des directeurs. Ce n’est pas étonnant quand on sait qu’ils représentent l’immense majorité de nos sondés. Le rapport établissement/meilleure efficacité pédagogique n’est pas prioritaire dans les avantages énoncés. Est-ce à dire que les collègues ne font pas le lien entre les 2 ?

 

Concernant les autres types de structures ou de fonctionnement proposés par les sondés, c’est l’EPLE type 2nd degré qui arrive en tête. Cela a sûrement un lien avec le besoin de reconnaissance exprimé par les directeurs. Pensent-ils que la position de « chef d’établissement » est en soi une vraie reconnaissance ?

Les demandes autour de regroupements pédagogiques ruraux recueillent aussi beaucoup de suffrages (2ème position). On se rend compte que c’est plus réclamé par les collègues travaillant en milieu rural qui jugent, dans leurs commentaires, qu’un établissement, quel qu’il soit, n’est pas adapté aux difficultés de fonctionnement qu’ils rencontrent.

 

Enfin, au sujet des exigences qui doivent présider à la création d’un établissement public dans le 1er degré, elles sont clairement exprimées par les collègues ; nous avons retenu celles qui revenaient le plus. Elles rejoignent par ailleurs, les exigences que nous portons aussi, à travers le projet syndical que nous soumettrons à débat lors du congrès de Brest, en mars.

Les collègues témoignent ici de leur volonté d’avoir les moyens de travailler et ce en toute liberté pédagogique. Pour la fonction de directeur, les réponses expriment le souhait de garde-fous pour que le directeur soit toujours un des leurs, garantie d’une « inféodation » à l’Administration ou à la collectivité territoriale de rattachement.

 

 

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 13:10
http://bolq.liberation.fr/id/116044

Le constat est cruel : les syndicats enseignants ne parviennent plus à mobiliser. La manifestation organisée à Paris le samedi 30 janvier à l’appel de la FSU relayée par la CGT Educ'action, le SNALC-CSEN, le SNLC-FAEN, les lycéens de la FIDL et l'association APSES n’a pas réuni plus de 8000 personnes selon la police ou 12000 selon les organisateurs.

 

Les enseignants se mobilisent de moins en moins même lorsqu’il n’y a pas de journée de salaire à perdre. Les raisons sont naturellement diverses. Certains ont pu y voir une action à usage interne de la FSU à la veille de son congrès au cours duquel Gérard Aschiéri cédera son fauteuil de Secrétaire Général à Bernadette Groison.

« Cette manifestation n'est pas liée au congrès. On n'a pas besoin de ça » a assuré Gérard Aschiéri qui a reconnu, à demi-mot, l’échec relatif de ce rassemblement parisien : « Quant à la mobilisation, même si elle n'est pas massive, elle montre qu'il y a une persistance des problèmes et des gens qui ont encore envie de faire bouger les choses », a-t-il ajouté. « Ça montre qu'il y a une base militante importante, des gens qui se sont levés très tôt ce matin pour venir dans des cars et des TGV, ce qui me donne de l'espoir ». Certes, mais la base militante semble se restreindre comme peau de chagrin.

 

D’autres ont pu se lasser des mobilisations à répétition. Car n’oublions pas que cette manifestation vient après deux autres considérées par les médias comme un semi-échec le 24 novembre 2009 et un échec le 21 janvier 2010.

Cette fois encore, la manifestation serait complètement passée inaperçue dans les médias si la FSU n’avait eu l’idée de faire caracoler un dromadaire en tête du cortège. « Il symbolise le régime sec auquel est soumise l’Education nationale », résume Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp. « La réussite de nos élèves ne doit pas rester un mirage », « les ministres passent, les enseignants bossent ». Le dromadaire a attiré l’objectif des photographes…

 

Il faut dire qu’une telle manifestation ne dérange personne. Par ces temps de grand froid, les parisiens sont restés au chaud, parents et enfants sont en week-end ; la circulation est à peine perturbée. Il en faut davantage pour mobiliser les médias…

 

Cette manifestation organisée « pour protester contre les suppressions de postes et la réforme de la formation des professeurs » traduit une véritable faillite : au mieux celle des méthodes de lutte, au pire celle du syndicalisme enseignant. Le résultat est dramatique car c’est le monde enseignant dans son ensemble qui en subit les conséquences.

 

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