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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 17:11

 

Le SNUipp prendrait-il peu à peu conscience qu’il lui faut s’intéresser davantage aux directrices et directeurs d’école ? Ou n’est-ce que la proximité des élections professionnelles qui l’incite à ratisser large ? Toujours est-il que le supplément au n° 357 de « Fenêtre sur cours » du 12 septembre 2011 est entièrement consacré au dossier brûlant intitulé « Direction et fonctionnement de l’école ».

L’on y retrouve des formules choc telles que :

« Halte à la surcharge ! »

«STOP ! La coupe est pleine »

« Je réponds quand j’ai le temps »

« Il faut aider les directeurs »

« Dans l’action pour changer la donne »

« Tout repose sur la direction d’école »

…Etc. Bref, le SNUipp semble dire aux directeurs d’école « Je vous ai compris ! » 

Il faut d’ailleurs reconnaître que le terme « directeur » n’est plus un mot tabou dans la presse du syndicat majoritaire. Lorsque le SNUipp exige la création d’emplois d’aide administrative « pérennes de la fonction publique, avec une réelle carrière, une grille indiciaire, des droits et une réelle formation », il évoque naturellement les EVS. L’on s’attend tout naturellement qu’il pose les mêmes revendications s’agissant des directeurs d’école : « réelle carrière, grille indiciaire, droits et réelle formation »… Que nenni !
Certes, le SNUipp déclare que « le ministère doit, sans plus attendre, ouvrir de véritables négociations sur l’avenir de la direction et du fonctionnement des écoles : missions redéfinies, formation adaptée, temps de décharge revu… »

Hélas ! Le terme « statut » ne figure pas dans cet édito… Alors, peut-être, aura-t-on la chance de le trouver dans la partie du dossier intitulée « Fonction ? Métier ? Une formation ! »… 

« Direction d’école : un enseignant avec une responsabilité et des compétences multiples. Une fonction qui a fortement évolué… en un métier ? 

Dans les textes qui régissent l’école, la direction d’école est une fonction particulière qu’assure un enseignant du primaire. Ses missions sont définies dans un décret de 1989 (décret 89-122 du 24/02/89).

Admission des élèves, répartition dans les classes, travail des personnels communaux en service à l’école, animation de l’équipe pédagogique, intégration des élèves en situation de handicap… autant de responsabilités qui, avec le temps, se sont multipliées et complexifiées. A cela s’ajoute Base-élèves, accompagnement éducatif… Ces quelques exemples récents, pour certains contestés, montrent que les directrices et directeurs ont dû faire face à de nouvelles exigences. Toutes ces tâches font-elles que dorénavant la direction d’école est devenue un « métier », vocable qui jusqu’ici ne s’est pas imposé ?  

Frédéric Saujat a étudié avec son équipe l’activité des directeurs. Il écrivait dans « Fenêtre sur cours » en 2007 : « Si je reprends la définition que j’utilise dans mes travaux, le terme « métier » relève à la fois du sentiment d’appartenir à une histoire commune, à une culture commune, ce qui conduit à la construction de compétences partagées. Il y a quelque chose de cet ordre-là dans ce qui caractérise l’activité du directeur » mais il soulignait, par ailleurs, qu’il y a une résistance à parler de  « métier » dans la volonté de garder la continuité avec l’activité de l’enseignant. Pour le SNUipp, il est important que le directeur continue à mener une action pédagogique dans son école pour la cohésion de l’équipe.  

Des compétences particulières

Que l’on parle de métier ou non, les compétences demandées aux directrices et directeurs sont-elles les mêmes que celles de l’enseignant dans sa classe ? Non, pourrait-on dire au jugé car la multiplicité des tâches aborde des domaines très différents. Les sollicitations viennent à la fois de prescriptions descendantes (la hiérarchie, l’institution, avec tous les relais que l’on peut imaginer jusqu’à l’IEN de circonscription) mais aussi des prescriptions ascendantes qui viennent soit des usagers de l’école (les parents, les élèves), soit des collègues, soit des problèmes survenus dans l’école. Frédéric Saujat résume : « les compétences que le directeur doit mettre en œuvre sont de plusieurs ordres : des compétences organisationnelles, des compétences d’animation de l’équipe pédagogique, des compétences de contrôle. »  

Une formation à inventer

Aujourd’hui, les compétences utiles au directeur ne sont pas définies du fait même qu’elles ne font l’objet d’aucune formation. Le stage proposé par l’institution ressemble plus à une information sur le travail prescrit, les missions du directeur, le fonctionnement de l’école, qu’à une formation à partir de l’activité réelle que le travail de direction requiert.

Comment animer une réunion ? Comment élaborer un projet d’école ? Les directeurs sont obligés de se débrouiller avec ce qu’ils savent faire en puisant dans leur expérience d’enseignants mais ils n’ont pas d’outils professionnels mis à leur dispostion pour mener à bien ces tâches-là.  

C’est pourquoi le SNUipp demande une formation spécifique et reconnue des directrices et directeurs, autre mesure indispensable pour que leur travail, leur engagement, soient reconnus. »  

S’il est manifeste que le SNUipp progresse dans sa reconnaissance du rôle du directeur d’école, il a encore quelques difficultés avec la reconnaissance du métier de directeur d’école.

Dès le sous-titre de l’article « Une fonction qui a fortement évolué… en un métier ? », l’on peut s’interroger sur la forme de la phrase. Pourquoi la ponctuer d’un point d’interrogation alors que la question ne se pose plus depuis tant d’années ? Quand tous les observateurs avertis parlent de métier pour qualifier le travail du directeur d’école, le SNUipp se pose encore la question !

Il convient également de notifier au SNUipp qu’il met la charrue avant les bœufs lorsqu’il écrit « Aujourd’hui, les compétences utiles au directeur ne sont pas définies du fait même qu’elles ne font l’objet d’aucune formation. »

Osons lui dire que si les compétences utiles ne sont pas définies, c’est parce que la fonction n’est pas reconnue comme un véritable métier et qu’il n’y a donc pas lieu de lui offrir une formation spécifique. Il faut d’abord reconnaître le métier par un véritable statut professionnel. Les compétences requises et les missions seront alors clairement définies et une formation adéquate s’imposera d’elle-même… 

Enfin, il est à noter que, dans un dossier de 6 pages consacré à la fonction ou au métier de directeur d’école, le SNUipp a réussi la performance de ne pas utiliser une seule fois le mot « statut » !

Une performance qui relève de l’exploit si l’on pense que l’une des colonnes de ce supplément relate l’enquête réalisée en mai 2011 par le SNUipp pour s’enquérir auprès des principaux intéressés de leurs conditions de travail…

Si évolution il y a, et elle est indéniable, force est de constater qu’elle est bien lente… Ce nouveau supplément de 6 pages consacré à « la direction et au fonctionnement de l’école » suffira-t-il à convaincre les directrices et directeurs à accorder leur confiance au SNUipp ? Le doute est permis…  

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 21:56

 

Les élections professionnelles d’octobre 2011 seront l’occasion de profonds changements dans la suite des accords de Bercy sur le dialogue social. Les personnels des écoles devront émettre 4 votes et pour la première fois la procédure de vote sera électronique.

 

La loi du 20 août 2008 a transposé dans le code du travail les règles sur la représentativité et la négociation collective issues de la « Position commune » adoptée par les partenaires sociaux le 9 avril 2008. Il s’agit d’une réforme en profondeur, reposant notamment sur la fin de la présomption irréfragable de représentativité :

Instauration d’un critère d’audience aux élections professionnelles, ce critère fondant la légitimité auprès des salariés

• Le niveau d’audience doit être d’au moins 10% des suffrages au 1er tour de l’élection professionnelle

 

Les nouvelles dispositions auront des conséquences sur les pratiques syndicales ainsi que sur les relations entre syndicats et employeurs.

Elles contraignent les syndicats à coordonner leurs stratégies électorales en harmonisant leurs programmes afin d’améliorer leurs chances d’être représentés dans les diverses commissions de dialogue social.

Ainsi, la CGC et la CFTC qui ont refusé de signer le texte sur la représentativité ont très vite envisagé des « coopérations » pour lutter face aux deux « grands », la CGT et la CFDT.

 

Dans la fonction publique, les négociations seront conduites à quatre niveaux :


• Un "conseil commun de la Fonction publique", commun aux trois Fonctions publiques (de l'Etat, territoriale, hospitalière)

• Un conseil supérieur spécifique à chaque Fonction publique

• Dans chaque ministère, un Comité Technique (CT) ministériel traitera des spécificités de ce ministère.
• Dans chaque ministère, des Comités Techniques dits "de proximité" traiteront des situations et dossiers locaux.


Dans ces quatre niveaux de la Fonction publique, ce n'est pas l'obtention d'un pourcentage de 8 à 10 % qui va déterminer la représentativité mais l'obtention d'un siège.


Les syndicats ou groupes de syndicats constituant une alliance électorale qui obtiendront au moins un siège seront considérés comme représentatifs.

 

Pour de nombreux syndicats, la participation à une alliance électorale constitue le seul moyen de pouvoir intervenir sur les grands dossiers du système éducatif, sur les rémunérations et les conditions de travail des personnels.

Ce sont les fédérations et non pas les syndicats isolément qui se présenteront aux élections aux CT. Les syndicats joueront donc un rôle progressivement moins important et les fédérations un rôle croissant pour la défense des personnels. Désormais, ce sont les fédérations représentées au CT qui négocieront.

C'est l'obtention d'un siège au CT ministériel qui procurera la représentativité et l'attribution des moyens (décharges de service).

Ainsi, trois organisations syndicales de l'Education nationale ont décidé de s'unir tout en conservant leur indépendance et une totale autonomie de fonctionnement pour défendre leur représentativité :

- la CSEN-FGAF qui regroupe le SNALC (personnels du second degré), le SNE (personnels du premier degré) et le SPLEN (préparateurs).

- la FAEN qui fédère le SNCL (professeurs du second degré), le SNEP (personnels du premier degré), ID (chefs d'établissements), le STIP (personnels du premier degré de Polynésie), le SNAPAI (personnels d’administration et d’intendance), le SAEM (enseignants du premier degré de Mayotte).

- le SCENRAC-CFTC-Education qui syndique des enseignants exerçant sur l’ensemble du système éducatif.

Ces trois organisations présenteront donc le 20 octobre prochain, à l'occasion des élections paritaires, des listes d'union sous l'égide de l'Union pour l'Ecole Républicaine.

 

Il nous a semblé intéressant de profiter de ce regroupement pour rappeler les positions de chacune de ces trois organisations syndicales sur le métier de directeur d’école.

 

……………………………………………

 

Le SNE-CSEN revendique, pour tous les directeurs, un statut qui leur permettra d’obtenir la protection juridique nécessaire à leur fonction, les capacités d'actions immédiates, de responsabilités et de fonctionnement de l'école ainsi que la reconnaissance morale et financière qui leur est due.

Seul ce statut garantira à tous les directeurs la pérennité de leur fonction.


Le SNE-CSEN n’acceptera pas que les directeurs des écoles éventuellement regroupées par la création d'établissements du 1er degré, perdent leurs prérogatives, leurs avantages financiers même minimes et leurs éventuelles décharges, le directeur de l’établissement ainsi créé continuant, seul, à en bénéficier. Par ailleurs ce directeur d'établissement, au vu de la spécificité de l’école primaire, devra être obligatoirement un directeur d’école et non être recruté, comme pour les établissements du 2nd degré, parmi tous les fonctionnaires de catégorie A.

Les regroupements de plusieurs écoles pourraient avoir comme conséquence de laisser 90 % des collègues directeurs "sur la touche".


Le SNE- CSEN revendique pour tous les directeurs :

- un statut de responsabilité de proximité pour gérer le quotidien,

- la promotion de ce métier par une substantielle revalorisation indiciaire,

- un statut, enfin, pour offrir aux directeurs en place le temps nécessaire, par le biais de décharges d'enseignement repensées, pour faire face à toutes les surcharges supplémentaires de travail.

 

Le SNE-CSEN demande que tous les directeurs soient déchargés des 60 heures de soutien personnalisé pour se consacrer à leurs tâches particulières de gestion de l'école.

 

……………………………………………

 

Le SNEP-FAEN souhaite une valorisation de la fonction de directeur.

Ceci implique que tous les directeurs soient déchargés à plein temps sur toutes les écoles ou perçoivent une indemnité conséquente en fonction de ses missions et de la taille de l’école.

Cela lui permettrait de pouvoir assurer ses charges administratives mais aussi d’avoir le temps d’accueillir les parents à rencontrer…

De plus, étant enseignant et par conséquent devant des heures d’enseignement, il interviendrait dans les classes pour un dédoublement 2H par jour pour la lecture et l’écriture.

Conscient du coût de cette proposition, le SNEP propose que le directeur de l’école remplace les collègues de l’école sur les remplacements courts (une demi-journée maximum). Ainsi, l’administration utiliserait mieux les postes de ZIL (et le remplaçant connaîtrait parfaitement le fonctionnement de l’école et des enfants).

Enfin, de par son expérience de la profession, le directeur pourrait avoir un rôle de conseiller pédagogique, notamment pour épauler les jeunes collègues.

Le directeur serait donc le maître supplémentaire et « ressource » de l’école mais aussi le responsable administratif et pédagogique. Mais en aucun cas il ne doit évaluer ses collègues, que ce soit pédagogiquement ou administrativement, et endosser un rôle d’inspecteur ; et ce, parce qu’il est partie prenante de l’équipe pédagogique.

Bien sûr, le SNEP demande que cet élargissement des missions du directeur soit accompagnées d’une reconnaissance financière conséquente.

 

Profil des directeurs

Le SNEP propose de diversifier les voies d’accès à la fonction en ouvrant plus largement les possibilités de détachement aux enseignants  qui auraient pris des responsabilités au sein de l’équipe de direction de leur établissement.

Mais le SNEP refuse catégoriquement que le directeur ne soit pas un enseignant car il doit rester le responsable pédagogique, ce qui nécessite d’être enseignant.

 

Réseaux d’école

Le SNEP ne s’oppose pas à des regroupements d’écoles car il semble inconcevable de décharger complètement tous les directeurs d’une école à une classe.

Le SNEP n’est pas contre l’appellation de chef d’établissement pour prendre en charge ces regroupements, tant que les fonctions sont celles qu’il revendique.

Ce chef d’établissement assurerait la direction pédagogique de l’école, en particulier la répartition des ressources humaines et matérielles.

Il apparaît au SNEP que la taille idéale de ces nouvelles structures se situe entre sept et dix classes, en fonction de la densité de la population et de sa composition sociale.

En aucun cas, une école ne doit intégrer l’établissement d’un collège à proximité. Les écoles ne doivent pas et ne peuvent pas être gérées sur le modèle du 2nd degré !

 

……………………………………………

 

La CFTC Education nationale réclame la création d’un emploi fonctionnel pour la reconnaissance du métier. 

Il s’agit de proposer au Ministère un statut original au sein de la Fonction publique. Ce statut  prend en compte le fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires.

Il ne s’agit pas de créer un nouvel échelon hiérarchique, mais  d’améliorer et le fonctionnement de l’Ecole et  la situation des directeurs.

Pour cela nous proposons la création d’un corps spécifique des directeurs d’école maternelle et élémentaire.

Ce Corps devrait être ouvert aux Instituteurs et Professeurs des Ecoles ayant une ancienneté de 5 ans avec une formation initiale.  

Les missions ne différent guère de celles en application actuellement. Néanmoins l’aspect animation pédagogique devient plus important.

Les augmentations indiciaires sont de nature à promouvoir ce nouveau métier.

Les décharges de service face aux élèves semblent de nature à permettre d’effectuer au mieux les tâches.

La CFTC Education Nationale considère qu’au sein de l’école, le directeur doit devenir un réel manager. L’autonomie qui lui serait ainsi reconnue par l’administration, lui permettrait d’élaborer un projet fondé sur l’amélioration des résultats des élèves. Ce projet deviendrait la véritable identité de l’école.

Dans le cadre de cette autonomie, le directeur serait le correspondant unique pour tous les partenaires (parents, collectivités territoriales…).

La CFTC Education Nationale demande un examen d’aptitude pour l’accès à l’emploi de directeur d’école, précédé d’une formation incluant la connaissance du management dans le monde de l’entreprise. Les directeurs actuellement en poste auraient automatiquement accès  à cet emploi fonctionnel.

Pour la CFTC Education Nationale, les différentes structures proposées par le ministère (EPEP, écoles du socle commun) n’apportent pas de  solutions   aux difficultés actuelles de l’école. Par contre, la création d’un emploi fonctionnel de directeur d’école peut répondre aux attentes de la reconnaissance de ce métier.

Le 15 décembre 2010, notre organisation a participé au groupe de travail sur la direction d'école réunissant autour du GDID les syndicats suivants : SE-UNSA, SGEN-CFDT, CFTC Education Nationale et Avenir école.

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 20:43

 

Daté du 14 mars 2011, le supplément au numéro 352 de « Fenêtres sur cours » est entièrement consacré à la direction et au fonctionnement de l’école, selon la formule largement utilisée par le SNUipp.

D’emblée, l’éditorialiste manifeste une volonté de réflexion « pour obtenir ensemble un fonctionnement de l’école qui donne les moyens de relever le défi majeur de la réussite de tous les élèves ».
Belle phrase passe-partout, tout droit sortie d’un manuel de langue de bois et digne de figurer dans n’importe quel projet d’école, de circonscription ou d’académie…


Page 3, le SNUipp aborde la notion de statut pour en faire un « décryptage sans tabou », prévient-il… mais en des termes qui ne trompent pas sur la tonalité de l’article.  Ainsi, la première interrogation ne laisse aucun doute sur ce que sera la conclusion des auteurs : « Nouvel eldorado ou mauvaise réponse à de bonnes questions ? »

Question purement formelle puisque l’auteur nous rappelle que les directeurs d’école possèdent déjà un statut ou même plusieurs statuts… Celui de la fonction publique, celui de professeur des écoles. Ils sont même en « situation de statut d’emploi ».

Cependant, même si elle ne le dit pas, l’équipe dirigeante du SNUipp sait que l’immense majorité des directeurs ne peut se contenter de cette réponse et que, sous la bannière du GDID, elle réclame un statut professionnel. Aussi, l’auteur de l’article, ayant décidé de se livrer à un « décryptage sans tabou » ne peut passer sous silence cette demande et pose la question suivante : « Quel pourrait-être ce nouveau statut ? » Il passe ensuite en revue diverses hypothèses pour mieux leur tordre le cou…


Un corps spécifique de directeur d’école ?

La création d’un corps entraîne ipso facto un nouveau mode de recrutement, de nomination, d’avancement… Cette hypothèse n’a jamais été évoquée par le ministère. Et autant le dire honnêtement, dans le cadre de la RGPP, la tendance dans la fonction publique est à la fusion de corps et à l’extinction de certains corps, et non à la création de nouveaux. De plus, la question du concours permettant d’y accéder serait complexe.

 

Un détachement dans le corps des personnels de direction ?

Cette hypothèse tient compte du fait qu’il existe déjà un corps de chefs d’établissement… Elle ne peut s’envisager qu’en cas de création d’EPEP ou d’établissement de ce type quelle qu’en soit la dénomination. Cela confère alors de nouvelles obligations : mutation obligatoire, évaluations des résultats par objectifs, notation administrative des enseignants… Il n’est pas possible, ensuite, de redevenir PE.

 

Des emplois fonctionnels ?

Ce sont des postes de responsabilité à durée déterminée, des postes à profil pas uniquement ouverts aux PE. Là encore, ils sont attachés à de nouvelles missions d’encadrement des enseignants des écoles.

 

Un grade à accès fonctionnel (GRAF) ?

C’est un peu le nouvel OVNI. Il s’agit de fonctions managériales. Le directeur récupèrerait ainsi certaines missions de l’IEN.

Le SNUipp fait allusion au protocole d’accord signé par Luc Chatel et Valérie Pécresse avec « Administration et Intendance/UNSA » et qui concerne essentiellement les personnels administratifs. Il s’agit donc d’une extrapolation du SNUipp, ce dispositif ne concernant en rien les directeurs d’école.

Le SNUipp termine son « décryptage sans tabou » par un constat : « Statut, ce n’est donc pas qu’un simple changement administratif ».


Certes, cela, nous le savions et nous ajouterons qu’il est même souhaitable qu’un éventuel statut ne soit pas qu’un simple changement administratif. En effet, si tel était le cas, qu’apporterait-il de significatif aux directeurs dans la conduite de leur métier ?

En bon procureur, le SNUipp prépare le lecteur à sa conclusion claire, nette et sans appel en réitérant les mêmes arguments dans le but de faire peur aux adjoints et semer le doute dans l’esprit des directeurs soucieux de voir reconnaître leur métier de directeur par un véritable statut professionnel…

« Un statut implique un nouveau rôle au sein de l’école. Ces modèles pour certains proches du chef d’établissement marquent une « disjonction » nette entre le métier de PE et celui de directeur. Ces orientations modifient la fonction de la direction d’école, l’éloignant du rôle d’animation et de médiation pour aller vers plus de contrôle. Les principaux intéressés pourraient même se trouver confrontés à des missions qu’ils ne revendiquent pas (évaluer le travail des enseignants, recruter du personnel, former les stagiaires…)

Enfin, la sentence tombe. Le SNUipp réaffirme que « toutes ces pistes sont inacceptables. Elles ne régleraient d’aucune façon les difficultés rencontrées par les directrices et les directeurs. De plus, en quoi cela améliorerait-il le fonctionnement de l’école ? Une seule certitude, les rapports au sein de l’équipe s’en trouveraient, à terme, modifiés »

 

Fermez le ban ! 

 

On le voit, rien de bien nouveau sous la plume du SNUipp si ce n’est, et c’est un progrès, que les mots « directeurs » et « directrices » sont maintenant utilisés. Il est également à noter que ce syndicat « demande que des discussions soient ouvertes pour que soit mieux défini et reconnu leur travail ». L’évolution, même si elle est lente, est bien réelle. Cependant, elle reste très insuffisante et totalement déconnectée des attentes des directeurs d'école.

Souhaitons, cependant, qu’elle ne soit pas dictée par de simples considérations électoralistes à quelques mois des élections professionnelles…

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 17:16

 

Le SNUipp remue le couteau dans la plaie… lorsqu’il plaide, le 18 janvier 2011, pour une véritable reconnaissance des psychologues scolaires et qu’il passe sous silence le rôle et les difficultés des directeurs d’école.
Certes, il ne viendrait à l’idée de personne de nier la place et le rôle éminents qu’occupe le psychologue scolaire au sein de l’institution. Comme le souligne le SNUipp, « les missions d’aide et de suivi ou d’accompagnement psychologiques sont très importantes et ne doivent pas être réduites ou s’effacer devant des missions d’expertise ou d’orientation pour l’institution ou la MDPH. L’intervention du psychologue des écoles est gratuite et doit être proposée sur tout le territoire, par principe d’équité et de justice sociale. L’aide aux enfants prend des formes très diverses selon les situations ». Et le SNUipp de poursuivre : « il apporte aussi une aide, un conseil, un relais aux parents et aux enseignants. » Mais le directeur n’assume-t-il pas, lui aussi, ce rôle de « conseil, de relais auprès des maîtres et des parents de son école » ? N’est-ce pas là l’un des nombreux aspects de sa fonction ?

 

Le SNUipp s’inquiète de l’avenir des psychologues scolaires. A juste titre, probablement, et c’est tant mieux. Mais que ne se préoccupe-t-il pas de la même façon de celui des directeurs d’école dont on mesure, année après année, la désaffection qui entoure la fonction et par voie de conséquences, les difficultés de recrutement ?

Ce même syndicat nous annonce qu’il a été reçu par deux conseillers du cabinet de Luc Chatel « pour faire le point sur la situation des psychologues scolaires ». Certes, il lui arrive d’entreprendre, nous dit-il, les mêmes démarches concernant « la direction et le fonctionnement de l’école ». A la différence près que s’il réclame du temps (en décharge) et de l’argent (revalorisation de l’ISS) pour les uns (directeurs), il va beaucoup plus loin pour les autres puisqu’il revendique « la création d’un statut de psychologues de la maternelle à l’université ».

 

La revendication du SNUipp ne s’arrête pas à la demande d’un statut puisqu’il souhaite « la création d’un corps de psychologues des écoles ». Evidemment, on sait qu’il n’obtiendra pas satisfaction sur ce dernier point puisque la tendance actuelle est à la diminution du nombre de corps par le regroupement des métiers (cf nos articles sur la RGPP).

D’ailleurs, il est à remarquer que, sur ce point, la position du SNUipp a évolué si l’on se réfère à ce qu’il écrivait en janvier 2007 :

« C’est un peu à contre-courant de la tendance actuelle qui, dans le cadre de la modernisation de l’Etat, tend à fusionner des corps, surtout si on ajoute à cela qu’une des particularités du premier degré est précisément son homogénéité. Que l’on soit adjoint, directeur, conseiller pédagogique, psychologue scolaire... bien qu’exerçant des fonctions différentes et dans des domaines différents, on appartient toujours à un corps d’enseignants du 1er degré, celui des professeurs des écoles ».

 

Pourquoi, aux yeux du SNUipp, un corps de psychologues serait-il nécessaire, voire indispensable alors qu’un corps de directeurs lui apparaîtrait comme un mauvais coup porté à « la profession » ?

Comment le SNUipp explique-t-il que la reconnaissance des psychologues scolaires passe par l’obtention d’un statut quand, dans le même temps, il considère qu’un statut de directeur serait « un piège ». Ce qu’il appelle « la tentation du corporatisme ».

 

Il n’est d’ailleurs pas inutile de relire ce qu’écrivait le SNUipp en janvier 2009 pour s’opposer au statut de directeur d’école :

« Sur une question essentielle au moins, le statut n’apporte aucun élément de réponse : le problème du temps pour la direction et le fonctionnement de l’école. Le régime des décharges de service est actuellement défini par voie de circulaire : c’est une mesure d’organisation du service qui n’a pas besoin d’être réglementée par un statut particulier. »

 

En réclamant avec force « un statut de psychologues de la maternelle à l’université » et même « la création d’un corps de psychologues des écoles », le SNUipp ne craint-il pas de casser l’une « des particularités du premier degré : son homogénéité » ? Cet argument ne vaudrait-il que pour mieux refuser la reconnaissance du métier de directeur d’école ? Alors, deux poids, deux mesures ?

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 17:00

 

A la veille de la remise du rapport de mission du Député F. Reiss sur le statut des directeurs d'école et le statut des écoles publiques, il nous a semblé intéressant de publier dans son intégralité le point de vue du Syndicat National des Personnels d’Inspection affilié à la FSU (SNPI-FSU).

 

Depuis 2002, les gouvernements envisagent de changer les statuts des directeurs d'école et des écoles publiques.

Missionné par le Premier Ministre François Fillon en mars 2010, le député UMP F. Reiss a invité le SNPI-FSU à lui présenter son point de vue sur les deux sujets qu'il instruit : le statut des directeurs d'école et le statut des écoles publiques.

 

Quelle est l'analyse du SNPI-FSU ?

 

Si l'organisation de notre système scolaire public du premier degré a toujours prévu qu'un directeur veille à la bonne marche des écoles, le statut juridique de ces établissements ainsi que le statut professionnel des directeurs n'ont guère évolué depuis un siècle et demi.


L'école primaire publique est une entité fonctionnelle sans véritable personnalité juridique. Cette entité fonctionnelle relève de la responsabilité partagée entre deux partenaires politiques publics : d'une part la commune, propriétaire des locaux et chargée du financement et de l'organisation du fonctionnement matériel, et d'autre part l'État, responsable des contenus d'enseignement et des enseignants appartenant à la fonction publique de l'État. La seule existence juridique actuelle de l'école s'incarne dans son Conseil d'école tel qu'en dispose le Code de l'Éducation. Cet organe juridique est composé de manière inégale de deux catégories de membres. Les membres de droit : tous les enseignants de l'école, deux représentants de la commune et un DDEN. Puis les membres élus qui constituent le comité des parents de l'école. La réglementation dispose que l'autorité hiérarchique directe en la personne de l'inspecteur chargé de la circonscription assiste de droit aux séances du conseil, mais il n'est pas inclus dans la liste de ses membres. Les compétences de ce conseil demeurent modestes : il s'agit essentiellement de donner des avis, de faire des propositions, d'adopter le règlement intérieur et le projet d'école, ces deux deniers étant étroitement encadrés par les normes nationales en la matière et soumis à la validation par le seul chef de service direct de l'école primaire : l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'Éducation nationale.


Le directeur d'école est actuellement encadré pour son statut fonctionnel et ses compétences par un décret de février1989 qui n'a guère évolué. Sur le plan du statut professionnel, c'est d'abord et essentiellement un enseignant du premier degré, instituteur ou professeur des écoles. Les fonctions de direction qui lui sont attribuées par le décret de 1989, mais aussi par quelques textes épars, relèvent des domaines suivants : organisation de l'école, suivi des élèves, veille de la sécurité, communication et représentation avec les acteurs et partenaires de l'école, formation des directeurs, contribution à l'embauche de certaines catégories de personnels. D'un point de vue strictement juridique*, le directeur d'école peut pourtant être considéré comme le supérieur hiérarchique direct des enseignants de son école puisque ses fonctions lui donnent compétence pour organiser les services et délivrer des instructions. Mais il ne dispose d'aucune autorité disciplinaire ni d'aucune compétence de nomination ou d'évaluation, même de manière indirecte. Il est donc d'usage dans la communauté scolaire d'affirmer que le directeur d'école n'est pas un supérieur hiérarchique, car il n’a aucun pouvoir de coercition.


* Décision du Conseil d'État du 15 mai 2006 - n° 278544

 

Quels sont les problèmes liés à cette situation ?

 

Dans l'ensemble, on peut se réjouir de constater chaque année que les écoles primaires fonctionnent de manière encore très correcte malgré les bouleversements politiques et les évolutions sociologiques et culturelles qui jalonnent la vie de la société française. On doit néanmoins reconnaître certains problèmes récurrents depuis quelques décennies.


Cela s’est notamment manifesté par une longue grève administrative dont les séquelles ne sont pas estompées. L'expression majeure de l'un de ces problèmes a été la désaffection des enseignants expérimentés pour la fonction de direction d'école.  Depuis plusieurs années, une proportion non négligeable de directions sans titulaires on été attribuées à de très jeunes enseignants plus ou moins volontaires.


Sans conteste, l'origine de ce symptôme tient en deux traits. D'une part, l'État n'a cessé depuis deux décennies d'accumuler les tâches d'administration et les responsabilités fonctionnelles sur les directeurs d'école. D'autre part, l'octroi de moyens matériels et moraux pour leur permettre de faire face à cet afflux n'a cessé d'être battu en brèche par les contingences budgétaires et sociologiques. On a fait des directeurs d'école des factotums sans reconnaissance morale, des responsables sans pouvoir, des courroies de transmission sans  moyens.


L'autre problème fonctionnel de l'école primaire tient à l'accroissement de l'inégalité des moyens dont elle dispose sur le territoire selon la richesse et la volonté politique des communes de tutelle, selon l'isolement géographique et les dynamiques démographiques locales. L'invention des RPI a en partie essayé de répondre à cette problématique matérielle et pédagogique. Mais cette réponse ne repose pas sur un cadre juridique clair et réfléchi pour faire face à tous les éléments de la problématique.


Enfin, le problème essentiel qui mine actuellement nos écoles est la perte de confiance envers le système. Depuis trop longtemps, la communication politique s'est appuyée sur une remise en cause de la qualité de cette école. Ce travail de sape a accompagné depuis 2007 des réformes traumatisantes pour les enseignants. Il y a là un fait que tout inspecteur lucide et honnête ne peut que constater sur le terrain. La sérénité et la confiance font cruellement défaut.

 

Ce que souhaite le SNPI-FSU

 

Répondre aux besoins et se garder des chimères idéologiques en vogue

 

Le SNPI-FSU souhaite que les directeurs d'école soient clairement reconnus pour la valeur de leurs missions fonctionnelles. Si le décret de 1989 doit être actualisé pour que les missions et compétences des directeurs soient clarifiées, il n'est pas besoin de créer un corps de directeurs des écoles ni de donner aux directeurs d'école un pouvoir disciplinaire ou d'évaluation sur les enseignants de leur école. En revanche, deux dispositions doivent être développées prioritairement. D'une part, augmenter le temps de décharge et doter chaque directeur d'école d'un assistant administratif à temps partiel ou complet pour le seconder. D'autre part, respecter le temps nécessaire à une vraie formation initiale et instaurer une formation continue permanente pour la direction d'école.


La création d'EPEP — dans le contexte actuel et compte tenu des tendances idéologiques qui ont prévalu jusque-là dans ce domaine — ne fera qu'ébranler de manière très dangereuse notre école primaire actuellement en état de sidération à la suite de la révolution scolaire qui lui est imposée depuis 2008. De même, l'attribution d'écoles primaires à des collèges déresponsabiliserait les enseignants très investis de nos écoles. En revanche, l'État devrait dans l'immédiat clarifier deux champs qui entrent partiellement en résonance : les dépenses obligatoires des communes pour le fonctionnement des écoles publiques, et le cadre juridique des RPI et réseaux ruraux.


Les directeurs doivent être confortés dans leur positionnement de partenaire principal de l'inspecteur chargé de circonscription. La valeur de ce partenariat a fait ses preuves depuis des lustres. Il serait préjudiciable à l'école de transformer les IEN CCPD en super-chefs d'établissements multi-sites. De même il serait risqué de faire des directeurs d'école des chefs d'établissement d'abord politiques et gestionnaires sur le mode de l'entreprise de production de biens ou de services. L'école est une institution de la république qui porte en elle son histoire et ses vertus propres. On ne peut l'ébranler sans faire courir un risque majeur à son efficacité sociale et culturelle qui tient en grande partie sur un équilibre fragile né de plus d’un siècle de pratique républicaine.

 

Syndicat National des Personnels d'Inspection membre de la FSU

Juillet 2010 — SNPI-FSU

 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 12:16

 

 

Ainsi que nous l’écrivions dans notre article du 9 septembre, le gouvernement a décidé de réduire le nombre de contrats aidés, notamment dans l’Education nationale. Cela se traduit en tout premier lieu par une diminution des EVS affectés à l’aide administrative des directeurs d’école.
Dans l’article cité en référence, nous faisions allusion aux premières réactions syndicales. Le SE-Unsa, à l’origine de la mesure en faveur des directeurs grâce à l’acceptation du protocole d’accord signé en 2006, est le premier syndicat à réagir vivement puisque c’est sa signature qui est aujourd’hui bafouée. « D’une part, il y a rupture unilatérale d’un engagement ministériel issu d’un accord. D’autre part, dans un contexte économique et social difficile, ce choix renvoie brutalement des personnels vers le chômage, et souvent dans des conditions indignes. »

Dans un communiqué, le SE-Unsa mettait en garde le ministre : « Alors que l’aide administrative a besoin d’être stabilisée et professionnalisée, sa disparition conduirait au conflit. Le Ministre est désormais prévenu. »

Force est de constater que cette mise en garde n’a pas ému outre mesure Luc Chatel. Aussi, le SE-Unsa « appelle les directeurs à faire entendre fermement leur voix au moment du débat parlementaire sur le budget qui va débuter ». Il les engage à « prioriser leurs activités et à le faire savoir. »

Ainsi, le syndicat signataire du protocole invite les directeurs d’école privés d’aide administrative à utiliser le message suivant en réponse aux sollicitations de l’administration : « Bien reçu, je fais ce que je peux. Rendez-nous notre aide-administrative ».

Dans le même temps, déclare Christian Chevalier, Secrétaire général, « le SE-UNSA, agira dans le cadre du débat budgétaire pour que les crédits indispensables soient inscrits dans la prochaine loi de finance. »

 

Le SNE a demandé audience au ministre. Il lui a également écrit pour dénoncer cette situation.

« Lors de l’audience que vous avez accordée à la CSEN le 28 juin 2010, j’avais attiré votre attention sur le projet de suppression des emplois aidés jusqu’alors dédiés à l’aide administrative des directeurs d’Ecole.

Force est de constater que les craintes formulées lors de cette audience se sont avérées lors de cette rentrée scolaire.

Cette situation crée un profond malaise chez les directeurs d’école. En effet, ils croulent sous les sollicitations « paperassières » toujours plus nombreuses, plus pressantes et plus urgentes alors que la plupart d’entre eux restent chargés de classe avec le travail de préparation inhérent.

Monsieur le Ministre, les directeurs ne comprennent pas que l’on revienne sur un protocole instauré en 2006 qui améliorait le fonctionnement de l’Ecole. Ce retour en arrière est interprété comme un manque de considération à leur encontre et un manque de reconnaissance envers leurs charges et leurs missions. »

En fonction de la réponse, « le SNE se réserve la possibilité de lancer une action en faveur de la direction d'école. »

 

De son côté, le GDID a également réagi en invitant les directeurs d’école à signer une pétition pour exiger du ministre non seulement le maintien mais surtout l’extension des EVS à l’ensemble des écoles, la transformation de leur statut en emplois pérennes et appelle les syndicats enseignants à réagir fermement au mépris affiché ouvertement par le ministère.

« CA SUFFIT

Les récentes mesures de suppression de milliers de postes d’EVS d’aide à la direction, l’arrêt de leur recrutement, le non-renouvellement massif de leurs contrats sont autant de mesures inacceptables.
Jamais, depuis la création de l’Ecole Publique, la charge de travail des directrices et directeurs d’école n’a été aussi lourde.

Jamais leurs responsabilités n’ont été aussi étendues.

En supprimant massivement les EVS d’assistance à la direction d’école, en reniant sa parole et ses engagements, notre ministère fait preuve d’un mépris insultant envers les directrices et directeurs d’école.
Les signataires de cette pétition appellent l’ensemble des syndicats enseignants à réagir avec la plus grande fermeté à ces mesures, dans l’unité, avec les associations de directeurs.
Les signataires de ce texte exigent du ministère le maintien de l’ensemble des EVS de direction, leur extension à l’ensemble des écoles, leur transformation en des emplois pérennes et formés.
 »

 

Par la voix de son Président, Michel Trudel, la CFTC EDUCATION NATIONALE a immédiatement fait savoir qu’elle ne s’associerait pas à la demande du GDID et s’en explique :

« La CFTC EDUCATION NATIONALE ne s'associera pas à l'action lancée par GDID sur la direction d'école et la disparition des EVS. Elle tient à s'en expliquer.

La CFTC EDUCATION NATIONALE revendique depuis des lustres la reconnaissance du métier de directeur d'école primaire. Elle a, de ce fait, participé aux différentes réunions organisées par GDID en début d'année et a cosigné le texte final demandant l'ouverture de discussion et de négociations sur la direction d'école.

Pour la CFTC EDUCATION NATIONALE, la présence d'un SASU (secrétaire d'administration scolaire et universitaire) au sein de chaque école (un SASU pourrait exercer sa mission dans plusieurs écoles à l'instar de ce qui se fait dans la fonction publique territoriale où un même secrétaire de mairie exerce dans plusieurs communes) est une des revendications et une des composantes de la reconnaissance du métier de directeur. C'est pourquoi nous pensons que ce thème des EVS actuels entre dans la perspective des discussions et négociations qui ont été réclamées.

La CFTC EDUCATION NATIONALE ne peut ni ne veut accepter la gouvernance actuelle concernant les agents non titulaires au sein du ministère de l'EDUCATION NATIONALE comme dans toutes les fonctions publiques. C'est pourquoi, elle a alerté plusieurs fois le Ministre sur cette situation et a d'ailleurs été reçue pour évoquer ce sujet et faire part de ses propositions.
La suppression des EVS est une décision qui fait partie de la politique globale de la gestion des personnels contractuels ou vacataires. Politique globale qu'il convient de dénoncer pour tous les agents qui la subissent : EVS, certes mais AVSI, intervenants en langues, professeurs contractuels etc.
Associer « direction d'école primaire et suppression des EVS » paraît à nos yeux trop catégoriel au regard des autres agents contractuels .La CFTC EDUCATION NATIONALE entend mettre à plat tout le système « non titulaire » et réclame de la part de l'Administration une gestion humaine de cette catégorie de personnels qui participent à la mission que la nation a confiée à l'EDUCATION NATIONALE.
Comme vous le voyez, pour la CFTC EDUCATION NATIONALE le thème qui est proposé comporte deux axes importants : direction d'école et gestion des personnels non titulaires qui méritent d'être traités séparément dans leur globalité. C'est pourquoi, sans renier aucunement ses engagements sur chacun de ces sujets, la CFTC EDUCATION NATIONALE ne s'associera pas à la démarche proposée
. »

La position de la CFTC est certes recevable. Cependant, elle comporte un élément pour le moins inexact qui relève d’une réflexion erronée : « La suppression des EVS est une décision qui fait partie de la politique globale de la gestion des personnels contractuels ou vacataires. »

Cette phrase sous-entend que la politique du gouvernement consisterait à réduire les emplois précaires et que la suppression des EVS entrerait dans le cadre d’une politique de bienfaisance. La réalité est plus pragmatique… Chacun sait bien, en effet, qu’elle n’a qu’un objectif guidé par la RGPP : faire des économies budgétaires en ciblant les contrats aidés qui coûtent cher à l’Etat.

 

Le SNUipp, quant à lui, en reste à sa déclaration initiale citée dans notre précédent article. Probablement, estime-t-il, qu’il revient à son grand rival de faire respecter sa signature imprudemment apposée au bas du protocole d’accord en 2006…

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 23:45

 

On aurait pu penser que la pause estivale aidant, la nouvelle direction nationale du SNUipp prêterait une oreille plus attentive aux récriminations des directeurs d’école. Sébastien Sihr a remplacé Gilles Moindrot à la tête du syndicat mais la pensée dominante persiste : « un statut pour la direction n’améliorerait pas le fonctionnement des écoles ».

Pour étayer son affirmation, le SNUipp fait référence à l’enquête qu’il a initiée « sur la direction et le fonctionnement de l’école ». Le 7 juin dernier, nous avions consacré un article à cette enquête pour en regretter « l’impossible analyse des résultats ».

 

Le 21 août dernier, le SNUipp est revenu sur les résultats de cette enquête en ces termes :

 

Direction et fonctionnement de l’école : la parole aux personnels !

 

Directeurs et adjoints, d’écoles maternelles et élémentaires, ce sont près de 10 000 collègues qui ont répondu à l’enquête nationale du SNUipp sur la direction et le fonctionnement de l’école.

Cette participation confirme que la situation actuelle n’est plus acceptable et que de vraies réponses sont nécessaires.

 

Trois axes d’évolution se dégagent :

-       un fonctionnement plus collectif de l’école et une structuration à clarifier

-       une redéfinition des tâches qui deviennent exponentielles

-       une reconnaissance de la direction d’école avec du temps de décharge pour toutes les écoles ainsi que des moyens matériels.

 

Pour la majorité des personnels ayant répondu à l’enquête, ni un statut pour la direction, ni la création d’EPEP n’amélioreraient le fonctionnement des écoles.

 

A partir de ces pistes, le SNUipp appellera les collègues à engager l’action et interviendra auprès du ministère pour faire changer la donne :

-       plus de temps de décharge,

-       plus de fonctionnement collectif avec le conseil des maîtres,

-       une meilleure reconnaissance financière

-       et plus de temps de concertation pour tous.

 

Le SNUipp s’adressera à tous ses partenaires en ce sens.

 

Nous ne pouvons que réitérer nos critiques concernant la méthodologie de cette enquête qui en rend les résultats inexploitables. Nous relevons également une certaine ambiguïté dans les termes mêmes du communiqué reproduit ci-dessus. Il nous semble contradictoire de réclamer « une reconnaissance de la direction d’école » tout en lui refusant un statut. Certaines expressions mériteraient d’être explicitées pour être plus compréhensibles (« structuration à clarifier »)…

Enfin, nous rappellerons au SNUipp qu’il existe une enquête incontestée GDID-IFOP sur les véritables revendications des directeurs d’école et dont il ferait bien de s’inspirer pour conserver un minimum de crédibilité, notamment s’il souhaite parler en leur nom.

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 17:06

 

Au terme d’un dernier mandat non renouvelable, Gilles Moindrot, Secrétaire général depuis 6 ans, a cédé la place à Sébastien SIHR. Lors du Congrès de Brive, l’ancien patron du SNUipp a dressé un bilan de son action à la tête du premier syndicat de l’enseignement primaire. Fort de la progression de son syndicat aux élections professionnelles, Gilles Moindrot a également rappelé que son organisation syndicale avait aussi « progressé de plus de 3000 syndiqués de 2007 à 2009 ».

Gilles Moindrot précise toutefois que « cette situation s’est légèrement inversé cette année : elle concerne uniquement une baisse chez les nouveaux syndiqués en revanche les taux de resyndicalisation sont les mêmes. A l’évidence, notre activité et notre orientation conviennent à nos syndiqués mais nous avons plus de mal cette année à aller vers de nouveaux collègues : est-ce le fait des difficultés à organiser des réunions d’infos syndicales ? De la réforme de la formation ? Il reste aussi un effort considérable à fournir en direction des actifs de manière générale et des débuts de carrière. Nous comptons toujours un écart entre le taux de féminisation de la profession (80,3%) et celui du syndicat (76,75%) mais celui-ci s’est légèrement réduit. »

 

Comme toujours avec les syndicats, les chiffres de syndicalisation ne sont pas dévoilés. Tout juste annonce-t-on une hausse de 3 000 adhérents en 3 ans mais sans préciser la valeur de la « baisse chez les nouveaux syndiqués ».

Une lecture fine des propos de Gilles Moindrot permet, en outre, de comprendre que les actifs « de manière générale » et les « nouveaux collègues » font de plus en plus défaut. Ce qui est plutôt inquiétant pour le SNUipp…

 

Dans sa longue intervention, le futur ex-secrétaire général dresse un état de l’école. Il en profite pour passer en revue les multiples réformes qui accompagnent la RGPP et se traduisent par des coupes sombres dans le budget et les moyens alloués à l’Education nationale : « De la suppression du samedi matin aux nouveaux programmes, de l’aide individualisée aux Rased, des évaluations à la comparaison entre le curé et l’instituteur, du SMA, de la maternelle à la formation continue, la formation initiale, les EPEP, tous les secteurs, tous les enseignants sont concernés, et les conséquences sont là …. ». Il évoque ensuite la réforme de la formation, « la suppression de milliers de postes de stagiaires » avant de rappeler « quelques éléments essentiels des propositions de transformation de l’école » relayées par son syndicat.

Nous ne reprendrons ici que celles qui ont un rapport certain avec notre métier de directeur d’école :

« Développer le travail en équipe. Il faut sortir de l’exercice trop solitaire de notre métier. Les questions d’élaboration et de travail collectifs se posent dans tous les métiers. Travailler à plusieurs, croiser les regards, cela permet de prendre le recul nécessaire sur les difficultés et les réussites des élèves. La grande majorité de la profession aspire à son développement, mais tous les enseignants disent que la question du temps de travail est devenue incontournable.

Avec l’augmentation de la charge de travail, le volontariat atteint ses limites ; des décisions institutionnelles sont indispensables : il faut augmenter la part du temps consacré à la réflexion collective. Afin de diversifier les pratiques enseignantes, de pouvoir alterner travail en groupe classe et en petit groupes, de mieux prendre en charges les élèves en difficulté, il est indispensable d’attribuer plus de maîtres que de classes. »

 

Propos ambigus de Gilles Moindrot. Lorsqu’il parle de « l’augmentation de la charge de travail », et ajoute que « le volontariat atteint ses limites », pense-t-il aux directeurs d’école ? On peut en effet l’imaginer.

Quand il poursuit en affirmant que « des décisions institutionnelles sont indispensables », fait-il alors allusion à la nécessité de reconnaître le métier de directeur par un statut ?  

Les doutes sont d’autant plus permis qu’à aucun moment il ne cite précisément les directeurs d’école. Néanmoins, si tel n’était pas le cas, on comprendrait mal ce qu’a voulu dire Gilles Moindrot. A moins qu’à cet instant, il n’ait eu présent à l’esprit le fameux « Conseil des Maîtres Décisionnaire » si cher à la direction du SNUipp…

 

Quelle que soit l’interprétation que l’on puisse faire de ses propos, force est de constater que dans ses adieux, Gilles Moindrot a oublié de saluer les directeurs d’école et omis de présenter les propositions de son syndicat pour améliorer, à travers eux, le fonctionnement de l’école. Espérons que son successeur trouvera les mots justes pour réconforter les « enseignants chargés de direction » dont le « volontariat atteint ses limites »…

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 17:05

 

A l’issue du Congrès de Brive, le SNUipp vient de placer Sébastien Sihr au poste de Secrétaire général en remplacement de Gilles Moindrot. Dans la mesure où nous serons amenés à le citer, il nous a semblé intéressant de présenter le nouveau responsable de ce syndicat. Nous publions ci-après, l’interview réalisée par Fanny Delaire pour le « Journal du Centre » de Nevers.

 

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Qu'est ce qui a motivé votre candidature au poste de secrétaire général du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC-Fédération syndicale unitaire (SNUipp-FSU) ?

Mon élection est plutôt symbolique. L'ancien secrétaire général, Gilles Moindrot, vient d'achever son deuxième mandat de trois ans, non renouvelable. La réflexion du nouveau représentant s'est faite collectivement, avec l'ensemble du syndicat. J'étais en charge depuis cinq ans de la revue Fenêtres sur cours, destinée aux 300.000 enseignants du primaire en France, qui m'a permis de porter un regard global sur notre système éducatif. Ma désignation s'inscrit également dans la volonté de renouveler les générations afin d'avoir un syndicat à l'image de notre profession, où la moyenne d'âge est d'environ 41 ans.


Vous avez intégré le SNUipp tôt, en 1996. Pourquoi ce choix ?

Ce jeune syndicat, créé en 1992 avait un discours novateur. Son combat était celui de la transformation de l'école, en lien avec la recherche qui doit alimenter la pratique de l'enseignant. Il s'agit d'un syndicalisme qui sort des sentiers battus en prenant le prisme de la réussite des élèves.

 

Quels combats souhaitez-vous mener au sein du SNUipp-FSU ?

S'il y a beaucoup de sujets d'actualité frappant de plein fouet notre profession, la réussite de tous les élèves est un axe fort. Le système est clairement inadapté au défi de scolarisation. Trop d'élèves sont laissés sur le côté de la route. Il convient de transformer l'école afin qu'elle réponde à sa mission de démocratisation. Cet enjeu passe par la transformation de l'école et par la mise en oeuvre d'un concept que nous qualifions de "Plus de maîtres que de classes". Par exemple, il faudrait doter de quatre professeurs une école de trois classes, pour permettre plus de souplesse dans l'organisation, un décloisonnement en groupes d'élèves pour améliorer la qualité du travail et encore la coparticipation de deux enseignants. Nous développons l'idée que les professeurs sont trop seuls dans la classe. Pour la réussite de tous, le travail en équipe est primordial.

 

Mais la suppression de postes dans l'enseignement ne va pas vraiment dans le sens du concept "Plus de maîtres que de classes". 

En effet. Nous nous heurtons à la question des moyens. Notre projet va à l'encontre des logiques actuelles de non-remplacement d'un enseignant sur deux, qui ont supprimé 16.000 professeurs des écoles cette année, et certainement tout autant l'an prochain. C'est cette problématique des moyens qui met en danger la maternelle et le non-accueil des moins de trois ans, qui a supprimé les Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), qui augmente les effectifs dans les classes, ou qui prive les enseignants de formation. La thématique des moyens est primordiale aujourd'hui. Il est important de savoir si l'éducation est une priorité ou non, or nous voyons bien que le gouvernement ne fait pas ce pari-là aujourd'hui. Pour exemple, les dépenses moyennes de la France en matière d'éducation sont 15 % moins importantes que les dépenses moyennes des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Si l'État faisait le choix d'aligner son budget sur cette moyenne, nous pourrions mettre en place le principe de "Plus de maîtres que de classes", impliquant encore une fois plus de souplesse dans l'organisation, davantage de temps pour la formation et des remplaçants. Autant d'éléments indispensables à la réussite de tous les élèves.

 

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Nous avons déjà eu l’occasion de citer Sébastien Sihr dans certains de nos articles, notamment ceux qui concernent « la direction et le fonctionnement de l’école ». Ainsi, en août 2006, dans FSC, Sébastien Sihr écrit :

"Aujourd'hui plus que jamais, le SNUipp réaffirme son exigence de prise en compte de la réalité des besoins  des écoles pour une direction et un fonctionnement améliorés. Cela nécessite des réponses d'une autre ampleur : du temps supplémentaire pour toutes les écoles, des emplois administratifs stables, des aides matérielles, une redéfinition et un allègement des tâches de direction, une réelle revalorisation indiciaire".

 

Toujours dans "Fenêtres sur cours" en février 2007, Sébastien Sihr signe un article consacré au "projet d'EPEP et statut d'emploi". Nous y avons relevé un paragraphe sur la direction d'école :

 

"De plus, avec le statut d'emploi fonctionnel, c'est un statut hiérarchique qui ne dit pas son nom qui se profile. Il ne concerne d'ailleurs qu'une minorité de directeurs (EPEP, décharge complète), et introduit de fait des directions à "2 vitesses". Ces directeurs devraient être recrutés hors mouvement, avec des missions et responsabilités étendues. Rien en ce qui concerne la reconnaissance pour tous les directeurs dont les responsabilités et les missions n'ont cessé de s'alourdir. Si la question du pilotage des écoles ne peut être éludée, elle est pour le primaire liée avec la notion d'équipe enseignante. D'où, comme le met en perspective le SNUipp, la nécessité de temps et de moyens pour la direction et l'école".

 

Le 1er mars 2007, dans un article intitulé « Le SNUipp sur la bonne voie...? », nous écrivions :

« Rien de très nouveau dans ce discours [de Sébastien Sihr], si ce n'est l'apparition d'un mot hier encore tabou : "RECONNAISSANCE"... "la reconnaissance pour tous les directeurs"... […] Le mot lui aurait-il échappé ? Ou, comme nous le pensons, subit-il la pression des directeurs qui en ont assez d'être bafoués par le SNUipp ? A suivre... »

 

C’était en 2007. Trois ans plus tard, Sébastien Sihr a fait son bonhomme de chemin au SNUipp. Il en devient le « patron ». Sa première interview semble montrer qu’il reste sur la même ligne que son prédécesseur. Ses idées sur la direction d’école et les directeurs ont-elles évolué ? Nous ne tarderons pas à le savoir…

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 12:00

 

Le SNUipp est actuellement réuni à Brives où se tient son 8ème congrès du 14 au 18 juin. Réflexions et débats sont au menu de ces quatre jours durant lesquels 450 congressistes venus de tous les départements de métropole et d’Outremer vont dessiner les contours d’une école réamorçant la réussite de tous les élèves.

Gilles Moindrot, secrétaire général du syndicat depuis six ans, quitte ses fonctions à cinquante-quatre ans. Sébastien Sihr, quarante ans, professeur des écoles dans la Nièvre, actuellement secrétaire national responsable de la revue du syndicat, devrait en principe lui succéder.


Trois thèmes majeurs figurent à l’ordre du jour des participants :

 

-       Quels nouveaux fonctionnements inventer pour mieux faire réussir les élèves ?

-       Quelles mesures pour améliorer les carrières ?

-       Quel syndicalisme promouvoir pour agir aussi sur d’autres terrains que l’école ? 

 

Le 28 mai dernier, dans un article intitulé « Direction d’école : tour d’horizon », nous avions publié la motion soutenant l’un des thèmes abordé lors de ce congrès : « la direction et le fonctionnement de l’école ». Nous écrivions ceci :

 

Le SNUipp tiendra son 8ème Congrès national du 14 au 18 juin 2010 à Brive. Ce sera l’occasion, pour ce syndicat, d’élaborer les « mandats » à porter dans la période à venir.

Parmi les trois thèmes retenus, une réflexion sur concerne « la direction et le fonctionnement de l’école ». Le SNUipp affirme tout de go que le statut quo n’est plus possible.

 

Thème I - Pour que tous les élèves réussissent : défendre et transformer l'école et son fonctionnement

 

Direction et fonctionnement de l'école : ré-ouvrir le dossier

 

Direction d'école : dépasser le statu quo

a- Ces dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la charge de travail qui pèse sur les équipes et particulièrement sur les directrices et directeurs d’école. L'avalanche de tâches liées à la gestion de l’école et à la mise en place des réformes en cours devient insupportable.

b- Le projet du Ministère est de faire du directeur un maillon essentiel, y compris au plan hiérarchique, de la mise en place des politiques éducatives, « un relais des inspecteurs au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration » comme l’écrit l’IGEN. Il minore ainsi  le rôle du conseil des maîtres au profit d’exigences institutionnelles toujours plus pressantes.

c- Après 6 ans de grève administrative, le ministère a du accorder quelques mesures (décharges des écoles de 4 classes, mesures indiciaires, EVS) qui restent insuffisantes. Pour le SNUipp, la question de la direction et du fonctionnement de l’école est loin d’être réglée. Le statu quo n’est plus possible. Le ministère doit ré-ouvrir le dossier. Le SNUipp demande des améliorations significatives : temps supplémentaire de décharge, aide pérenne à la direction par la création d’emplois statutaires, remise à plat des missions et responsabilités, formation, reconnaissance financière. Le rôle du conseil des maîtres doit être reconnu et renforcé et le temps de concertation  développé.

d- Le SNUipp refuse les nominations sur postes à profils et dénonce l'accumulation de tâches administratives qui alourdissent sans cesse la charge de travail des directeurs d'écoles.

e- Quelles propositions?

f- Quelles modalités d’action?

 

EPEP

a- Le SNUipp rejette tout projet qui diviserait la profession en conférant au directeur un statut et un rôle hiérarchique. Or le ministère prévoit la création des établissements publics d'enseignement primaire (EPEP) qui, dans son projet actuel, romprait l'équilibre avec les collectivités territoriales, sans apporter de réponses aux inégalités territoriales.

b- Le SNUipp reste particulièrement vigilant et poursuivra la campagne en direction des élus et des enseignants contre ce projet. Il réaffirme son opposition à tout statut des écoles qui mettrait ces dernières sous la tutelle des collectivités locales. Les questions de financement, l'évolution structurelle et pédagogique doivent être débattues  dans un cadre favorisant l'égalité de tous et un fonctionnement plus démocratique et plus collectif au sein des équipes.

 

Pour alimenter débats et réflexions, le SNUipp s’appuie sur deux enquêtes.

 

La première réalisée sur le thème de « la direction et du fonctionnement de l’école ». Une enquête « maison » dont nous avons rendu compte le 7 juin sous le titre « Enquête du SNUipp sur la direction d’école : l’impossible analyse des résultats » et dont nous disions qu’elle était entachée d’une grossière erreur méthodologique, qu’elle ne présentait aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage ce qui rendait donc ses résultats inexploitables.

 

La seconde enquête est un sondage CSA / SNUIPP réalisé pour la quatrième fois consécutive (2001, 2004, 2007 et 2010) durant les mois de mai et juin 2010 auprès d’un échantillon de 1150 jeunes professeurs des écoles de moins de 5 ans d’ancienneté.

 

La mise en parallèle de ces deux enquêtes permet de constater que le SNUipp sait se donner les moyens de réaliser une consultation digne de ce nom sur certains sujets (regard des jeunes enseignants sur leur métier) alors qu’il « bricole » un « sondage maison » sur d’autres thèmes tout aussi majeurs (fonctionnement et direction d’école)…

Concernant le thème de la direction d’école qui est un sujet sensible, il est regrettable que le SNUipp se laisse aller à réaliser une enquête contestable et contestée alors que le problème est au cœur du fonctionnement de l’école.

Peut-être parce que ce syndicat craint les réactions des directeurs d’école et qu’il redoute qu’une véritable consultation ne mette en évidence le fossé qui s’est creusé entre les thèses défendues par les appareils syndicaux et celles des principaux acteurs de terrain…

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
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