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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 09:17

Dans nos colonnes, nous avons souvent dénoncé les contorsions du SNUipp pour éviter d'utiliser le mot "directeur". Tous les termes du dictionnaire des synonymes ont été employés : "collègue chargé de la direction", "la direction", les responsables des écoles"... Bref, tout y est passé.
A Paris, la section départementale du SNUipp utilise, quant à elle, le terme "directeur". Elle en définit même les responsabilités, son rôle et passe en revue les divers aspects du métier. Certes, le texte n'est pas nouveau puisqu'il émane du dernier congrès SNUipp 75 (juin 2005) mais ce sont, pour ce syndicat, les "Tables de la Loi" valant mandat jusqu'au prochain congrès.
Il nous a donc paru utile de publier ces textes de congrès car ils font apparaître la différence de discours entre la direction nationale du SNUipp et sa section départementale parisienne. La situation particulière à Paris contraint le SNUipp à être moins arrogant avec les directeurs sauf à se priver d'adhérents. Ceci explique sans doute cela...
 

 

Textes du congrès du SNUipp 75 (juin 2005)   -  Le rôle du directeur

 

1- Le directeur/directrice est avant tout un enseignant, et c'est bien comme cela

Même si, bien entendu, il assume un grand nombre de tâches administratives, il ne saurait être question de le remplacer par un personnel administratif ni même de l'assister de ce même personnel. Les aspects administratifs de cette fonction comporte tout le temps des aspects éducatifs sous-jacents. Ces tâches administratives ne peuvent être correctement effectuées que grâce à sa connaissance de la réalité des classes étant lui-même un enseignant. (On peut d'ailleurs s'interroger sur la disparition d'une AGS minimum pour postuler aux fonctions de directeur/directrice). Cette connaissance de toutes les facettes administratives, sociales et pédagogiques de la réalité lui permet d'effectuer ces tâches dans l'intérêt de l'école et de ses personnels, des élèves et de leur famille. Cette conception du rôle du directeur/directrice doit bien évidemment s'organiser dans le cadre des textes réglementaires qui confient aux directeur/directrices des responsabilités particulières et spécifiques.

2- Le directeur/directrice n'est pas un supérieur hiérarchique des enseignants, et c'est tant mieux
De plus en plus, le travail collectif de l'équipe est une nécessité. Le directeur/directrice est et doit rester pleinement partie prenante de cette équipe. Un statut hiérarchique créerait une fonction supplémentaire de " jugement " et de " rapport " sur le travail des adjoints, fonction incompatible avec l'égale et libre circulation de la parole et des idées au sein du Conseil des Maîtres. N'oublions pas que le travail d'équipe c'est essentiellement ce qui se passe entre les adultes (entre maîtres et/ou entre les différents personnels éducatifs) sans les élèves.

3- Le temps de décharge est un temps au service de l'école

Ce temps est et doit être du temps pour les équipes pédagogiques et éducatives, pour les élèves, pour les familles (Aide à la réalisation de projets pédagogiques, lien écoute des familles, liens entre tous les intervenants…). Autant de tâches qui exigent une personne qualifiée et disponible. Dans le cadre parisien tellement envié par tous nos collègues de France, les moyens en temps donnés par la Ville de Paris ne sont pas des cadeaux faits aux directeur/directrices ni du temps accordé pour remplir des tâches administratives communales supplémentaires à celles prévues par les textes. La décharge totale à partir de 5 classes et la demie décharge pour les autres écoles sont un plus pour tout le monde et notamment pour les enseignants et les élèves. Il est à noter que certaines écoles parisiennes ont plus d'élèves que des collèges alors qu'elles n'ont pas de personnel supplémentaire. Un accroissement des décharges dans ces écoles devrait être envisagé sous la forme d'une décharge de service pour un collègue de l'équipe.

4- Le Directeur/directrice - animateur - notamment pédagogique - de toute l'équipe

Cette formule doit s'entendre en premier lieu pour les enseignants de l'école. Il coordonne, fédère, facilite les actions pédagogiques menées par les enseignants. Les PVP en école élémentaire font bien évidemment partie intégrante de l'équipe enseignante. Si la spécificité parisienne des PVP est " un plus " pour les écoles élémentaires, les directeur/directrices doivent pouvoir les considérer comme des membres à part entière des équipes d'écoles, constitutifs des projets pédagogiques de classes et/ou d'école . Les ASEM en école maternelle, de par leur rôle et leur formation (CAP petite enfance), font elles aussi totalement partie intégrante de l'équipe éducative. Les animateurs périscolaires enfin, de par leur présence dans ces temps complémentaires du temps scolaire, sont à associer pleinement à l'équipe de l'école pour sa part éducative indispensable dans la vie cohérente et harmonieuse des élèves/enfants.
 
5- Le directeur/directrice est un acteur important du lien social

Une école est dans un quartier un lieu important pour les liens sociaux. Ces liens que les directeur/directrices assurent entre l'Ecole, les familles, les associations péri ou post scolaires, les instances municipales… sont très importants. C'est pourquoi les directeur/directrices qui le souhaitent doivent pouvoir être logés dans leur école. Ce rôle social est également assuré par les autres enseignants qui doivent aussi, pour ceux qui le souhaitent, être logés dans le quartier de leur école.

6- La formation initiale et continue des directeur/directrices doit être améliorée

La multiplicité des tâches et des partenaires des directeur/directrices nécessite une formation bien plus longue et bien plus complète que celle actuellement proposée. Cette formation devrait s'entendre comme une réelle mise à niveau permanente et pourrait même prendre la forme d'une formation en alternance. Elle devrait aussi prendre en compte les relations institutionnelles et obligatoires avec la Ville.
 
7- Le directeur/directrice n'est pas un enseignant supplétif

On le voit dans notre esprit, le directeur/directrice est un maillon essentiel de la vie des écoles. Il ne doit donc nullement être considéré comme enseignant supplétif par l'administration pour assurer le remplacement des enseignants absents, voire même des animateurs absents, non remplacés.

 

 

 

 

 

Suppression de 10 000 postes d'enseignants à la rentrée 2008

 

 

 

 

 

 

L'annonce par X. Darcos de la suppression de 10 000 postes d'enseignants à la rentrée 2008, auxquels il faudra ajouter 8 000 emplois sous contrats aidés, principalement dans le secondaire, suscite de vives réactions.

Le Snpden, qui regroupe la majorité des chefs d'établissement, estime que le préalable serait "avant toute annonce de cette ampleur, de définir ce que l’on attend de l’Ecole au XXIe siècle en répondant concrètement aux interrogations que l’ensemble de la population devrait se poser.  Quels moyens  mettre en oeuvre pour que chaque élève à la fin de la scolarité obligatoire au collège puisse acquérir le socle commun de connaissances et de compétences sans organiser un enseignement à plusieurs vitesses ?  Comment assurer la cohérence d’ensemble de la scolarité ?... Comment annoncer de multiples suppressions de postes sans avoir commencé le débat sur les missions des enseignants ? " interroge P. Guittet. Le Snuipp estime inacceptable la suppression de postes alors que le nombre d'élèves augmente.

La Fcpe demande "comment le gouvernement peut-il, comme il l’a annoncé, lutter contre l’échec scolaire, améliorer la scolarisation des enfants handicapés, organiser les études dirigées le soir, tout en supprimant cette année encore plusieurs milliers de postes ?"

 

 


Xavier Darcos : "Il faut rétablir l'Éducation nationale"

(entretien publié par Le Figaro Magazine le 29/06/2007)

 

«Qu'est-ce qui faisait autorité à l'école ? D'abord un consensus social. Jusqu'au dernier tiers du siècle dernier, dans la famille paysanne comme dans la famille bourgeoise, le père et le fils respectaient une même vision du savoir scolaire. Et les parents donnaient toujours raison au maître dont personne ne contestait le droit à exercer une autorité même contraignante. Ensuite, c'est le savoir lui-même qui faisait autorité parce qu'il représentait une garantie de progression, de carrière, d'insertion. C'est le savoir scolaire qui a permis la progression sociale de la première génération de fils de paysans éduqués, puis celle des enfants d'instituteurs qui sont devenus plus tard énarques, polytechniciens ou normaliens. Enfin, la cohérence du savoir ne se discutait pas. La culture comportait une cohérence interne, au fond sans rivale. Aujourd'hui, ces trois données fondatrices ont volé en éclats : le consensus a été mis à mal ; la garantie d'intégration liée au savoir n'est plus assurée ; la cohérence du savoir est concurrencée par les technologies de la communication. Cette dispersion a affaibli l'institution scolaire. Que faire alors ? Il est difficile de répondre par une solution simpliste. Il faut avant tout repersuader les jeunes et l'institution de l'autorité du savoir, constitutif de liberté. Après les événements de 68, on a considéré la liberté comme un point de départ, une éclosion en rapport avec l'enfance qui devaient être sauvegardés. Je ne suis pas d'accord avec cette illusion. La liberté est l'aboutissement d'un long parcours d'acquisitions et de contrainte. Je crois à l'école de la verticalité, à l'école de la transmission. Car communiquer, ce n'est pas transmettre. Il faut aussi reséparer la sphère politique de la sphère privée, dont l'école fait partie. L'irruption perpétuelle des grèves, du militantisme, des débats sociaux dans l'enceinte de l'école ne sont pas de nature à favoriser la relation maître-élève. L'école devient une sorte de forum agité par trop d'activisme et pas assez de citoyenneté authentique. Voilà pourquoi il faut rétablir l'éducation civique. C'est-à-dire enseigner ce que sont les institutions mais surtout inculquer le respect d'autrui. J'ai l'impression que l'on assiste à une petite dérive citoyenne depuis que l'on a mondialisé les débats. On promeut à juste titre dans les écoles un amour de l'humanité, on y aborde des questions comme celle des enfants soldats ou du sous-développement, ce qui est très bien, mais on finit par ignorer son voisin immédiat. Il y a une forme d'altruisme à distance et de misanthropie de proximité. Mais, sur ce sujet comme sur d'autres, l'école n'est que le reflet de ce qui se passe ailleurs. Un creuset. Alors que la famille vole en éclats, que la police se fait caillasser, que les juridictions sont discutées, on demande à l'école de faire autorité entre 8 h30 et 16 heures. On nous demande de vider la cuvette alors qu'il faudrait d'abord fermer le robinet !» Propos recueillis par K. C.

 

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27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 23:17

 

Directeur depuis quinze ans dans une ville frontalière de la Belgique, Jean-Claude Klimanek jette l’éponge. Il quitte bruyamment la direction et tient à en faire savoir les raisons.

Il a accordé deux entretiens aux journaux régionaux : « La Voix du Nord » et « Nord Eclair ». Nous avons décidé de relayer sa colère sachant qu’il n'est qu'un exemple parmi des milliers de collègues qui, année après année, abandonnent la fonction de directeur, le plus souvent sans faire de vagues.
  

« La Voix du Nord » (vendredi 15 juin 2007)

"Après 34 ans passés à Halluin dont 19 à l’école Jean Macé et 15 à Marie Curie, le directeur de cette dernière va rejoindre une brigade de remplacement à l’école Camus de Tourcoing. Une manière de protester contre une pression devenue insupportable, celle de la charge d’un directeur qui se sent bien esseulé pour tout assumer. 
 
Jean-Claude Klimanek en a gros sur la patate, lui qui s’investit sans compter, que ce soit dans la vie associative, élective, sociale et scolaire. La coupe est pleine et, cette fois, il a décidé de passer à l’acte : quitter son poste de directeur d’école maternelle. « La grève administrative que j’ai menée en tant que directeur n’est pas reconnue, c’est seulement un blocage de documents non essentiels. La surcharge continuelle des responsabilités est toujours là, c’est de plus en plus lourd pour 100 euros d’indemnités. Il y a des tonnes de paperasse à assumer pour les enfants handicapés et d’autres. Je dois tout suivre comme le projet personnalisé d’éducation. L’école n’a cessé de grossir (9 classes, 270 élèves et jusqu’à 300 demandes pour la prochaine rentrée, une équipe de 25 adultes). Le projet d’école, c’est toujours l’affaire du directeur. Je ressens un désengagement des enseignants, un manque de soutien de l’inspection. Je dois gérer l’absentéisme et, même si je suis respecté, j’éprouve souvent un sentiment de solitude dans l’équipe et par rapport à l’institution ». 

Il souhaite plus de cohésion au profit de la réussite des élèves, comme le stipulait  la loi d’orientation Jospin de 1991. De stigmatiser également les différences « d’horaires et de salaire avec les professeurs de collège et de lycée ». Pugnace, Jean-Claude Klimanek a dû se battre comme un Don Quichotte pour parvenir à l’extension de son école. […] Dans le même temps, le niveau social des familles a reculé de 400 rangs sur une échelle de 1700 dans l’enquête sociale. […] 

L’amertume est d’autant plus grande pour le directeur qu’il est animé de la sérénité du devoir accompli. « J’ai énormément de bons souvenirs avec les collègues, le personnel de mairie, les enfants. Les parents d’élèves s’investissent dans la vie de l’établissement via la coopérative scolaire », reprend-il sans céder au désenchantement… " (Patrick Bonte)  

 

« Nord-Eclair » (mercredi 20 juin 2007)  

 "Usé par sa fonction de directeur, Jean-Claude Klimanek quitte l’école Marie-Curie. Il était directeur depuis 15 ans. En septembre, il fera partie de la brigade de remplaçants et sera basé à Tourcoing. 

Quelles sont les raisons de votre départ ? 
Jean-Claude Klimanek : « C’est le ras le bol comme beaucoup de directeurs. En tant que directeur, nous avons de plus en plus de responsabilités et de charges. La seule reconnaissance est deux augmentations de 15 €. Nous sommes en grève depuis plusieurs années, sans que cela change. Il y a un vrai malaise par rapport aux équipes. On est comme eux. Nous n’avons pas d’autorité. On doit y arriver avec notre charme et notre conviction. Ce n’est pas suffisant ». 


Quand avez-vous pris votre décision ? 
J-C. K. : « Ça fait deux ans que j’en parle avec l’inspection académique. Et ça ne change rien. Aujourd’hui, je n’ai plus le choix même si j’en ai gros sur le cœur ». 

Quel a été l’élément déclencheur ? 
J-C. K. : « Les conflits avec certains enseignants. Avant, le directeur avait un pouvoir naturel. Ce n’est plus le cas. Or, l’inspection nous demande de faire respecter les programmes et des réunions où certains enseignants ne viennent pas alors qu’elles sont obligatoires. Je ne vois pas actuellement de solution ». 

Pourquoi avoir décidé de devenir remplaçant ? 
J-C. K. : « Je ne veux plus m’impliquer dans une école. Vous savez, je suis rattaché à l’école Camus de Tourcoing où il manque un directeur. On m’a déjà sollicité. Mais je ne veux plus car je suis incapable de faire quelque chose sans m’investir ! » 

Que souhaitez-vous à votre remplaçante ? 
J-C. K. : « Qu’elle arrive à remotiver l’équipe. Certains projets tournent bien, d’autres non. Il faut moins d’individualisme et plus de collectif ». (A. Cl.)  

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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 22:42

Qu'est-ce que "Base élèves" ? 

Il s'agit d'un système d'information mis en oeuvre par le ministère de l'Éducation nationale pour aider à la gestion des élèves et au pilotage académique du premier degré. Les informations peuvent être partagées avec les communes et portent sur les effectifs d'élèves et les différentes caractéristiques des écoles maternelles et élémentaires.

Le système d'information envisagé comporte des bases de données partagées entre les différents acteurs : directeurs d'école, mairies, inspecteurs de circonscription, inspecteurs d'académie. Les données concernent les élèves et leurs parcours scolaires (base élèves) et les écoles maternelles et élémentaires (base écoles).

L'expérimentation de la "Base élèves 1er degré" a débuté le 13 décembre 2004 sur un échantillon d'écoles de cinq départements : Essonne, Gironde, Loir-et-Cher, Orne et Puy de Dôme.

Au cours de l'année 2005, d'autres départements ont également démarré l'expérimentation : Hautes-Alpes, Haute-Vienne, Marne, Savoie, Pyrénées-Orientales, Val-de-Marne, puis Alpes Maritimes, Loire, Meurthe et Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Somme, Tarn, Territoire de Belfort, Vienne.

En 2006, se sont ajoutés tous les départements des académies de Toulouse et de Montpellier ainsi que : Bouches du Rhône, Calvados, Charente, Charente Maritime, Dordogne, Doubs, Drôme, Finistère, Haute-Savoie, Haute-Saône, Hauts-de-Seine, Ille-et-Vilaine, Indre, Indre-et-Loire, Loire Atlantique, Lot-et-Garonne, Maine-et-Loire, Manche, Moselle, Oise, Seine Saint-Denis, Seine Maritime, Yvelines.

L'accès aux données nominatives est réservé aux acteurs locaux (directeurs d'école, mairies, inspecteurs de circonscription et inspecteurs d'académie directeurs des services départementaux de l'Éducation nationale), selon des procédures sécurisées.

Les rectorats et l'administration centrale n'ont accès qu'aux données anonymées afin de permettre des suivis statistiques.

La polémique est née des risques liés au fichage centralisé du fait de certains renseignements : nationalité, date d'arrivée en France... Le ministère s'efforce de rassurer les utilisateurs sur le caractère inoffensif et confidentiel de ce fichier. Rien n'y fait : de nombreuses polémiques persistent.
 

Nous reproduisons l'article que publie la CNIL sur son site. Dans ce texte, la CNIL répond à un certain nombre d'interrogations quant à l'accès aux données de "Base élèves".

 

Que contiennent les fichiers d’élèves des écoles maternelles et élémentaires et qui peut y accéder ?

   

 

La CNIL est régulièrement interrogée sur les fichiers des élèves du 1er degré dits « base élèves » mis en œuvre par le Ministère de l’Education nationale. Elle revient donc sur les grandes lignes de ce dispositif.

 

En 2004, le Ministère de l’Education nationale a déclaré à la CNIL la mise en œuvre d’une application informatique à caractère personnel, dénommée "Base élèves 1er degré" pour laquelle un récépissé a été délivré. En effet, depuis la loi d’août 2004 ce type de dispositif n’est plus soumis à l’avis préalable de la CNIL. 

Ce système concerne tous les élèves des écoles maternelles et élémentaires, privées et publiques, y compris ceux recevant une instruction dispensée en dehors de l’école. Il a pour finalité la gestion administrative des élèves (inscription, admission, non fréquentation, répartition dans les classes, suivi des effectifs, suivi de la scolarité), le pilotage pédagogique, le suivi des parcours scolaires de la maternelle à l’entrée en 6ème et l’élaboration de statistiques académiques et nationales. L’inscription scolaire étant obligatoire pour les enfants jusqu’à 16 ans, les parents ne peuvent s’opposer à ce dispositif concernant leur enfant.

Un système identique de gestion et de pilotage, le traitement "Scolarité", existe depuis 1995 pour les élèves du second degré.

La mise en œuvre de la "Base élèves 1er degré" associe plusieurs acteurs, à savoir les directeurs d’écoles, les inspecteurs de l’éducation nationale, les inspecteurs d’académie et les maires, ces derniers étant chargés du contrôle de l’obligation scolaire et de la gestion des inscriptions.

Les maires sont donc habilités à accéder à des données concernant les d’enfants en âge scolaire résidant dans leur commune. Celles-ci sont relatives à l’identité de l'enfant (nom, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, adresse) et à celle de son responsable légal (nom, prénom, adresse, téléphone, lien avec l’enfant). Ces informations ne sont pas nouvelles pour les mairies puisque depuis 1991, une norme simplifiée adoptée par la CNIL prévoit la collecte de ces catégories d’informations à leur bénéfice. En revanche, les données relatives à la nationalité, à l’année d’arrivée en France de l’enfant et aux coordonnées de l’employeur des parents ne sont pas transmises aux maires en raison de leur absence de pertinence au regard de leur missions en la matière.

A la lecture de la déclaration, la collecte de l’information sur la nationalité des élèves est destinée uniquement à l’élaboration de statistiques anonymes par le Ministère de l’Education nationale. La CNIL a cependant interrogé le Ministère sur les modalités exactes selon lesquelles cette information est exploitée ainsi que sur la nomenclature des nationalités utilisée.

S’agissant des élèves en difficulté, la déclaration du ministère précise que seuls le directeur de l’école d’affectation de l’élève, l’inspecteur d’académie chargé de circonscription et l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’éducation nationale sont destinataires de l’indication relative à un besoin éducatif particulier des élèves tels que le bénéfice d’un dispositif d’accueil individualisé (PAI), d’assistance pédagogique à domicile (SAPAD) ou d’un dispositif RASED (réseau d’aide aux élèves en difficultés).

Concernant le suivi de la scolarité, seules les données factuelles du cursus scolaire de l’élève sont conservées (école, classe, niveau (9 niveaux), apprentissage suivis) et non les notes ou évaluations de l’élève. 

Le dossier déposé par le Ministère indique que la fiche de renseignements individuels adressée par le directeur d’école aux parents ou à la personne responsable de l’élève porte mention des dispositions de la loi informatique et libertés.

 Dernière modification : 22/06/07

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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 15:00

Le SNUipp a été reçu par le ministre de l’Education Nationale, Xavier Darcos. Des désaccords importants sont mis en avant par le syndicat FSU.

Sur le plan pédagogique, "le ministre a rappelé qu'il n'envisageait pas de réforme pédagogique d'ampleur en raison de l'empilement des réformes et des dispositifs existants. A la demande du SNUipp, il a répondu que l'évaluation CM2 n'aura pas de caractère obligatoire à la rentrée 2007 et n'a pas exclu des évolutions de programmes qui remettent en cause les circulaires De Robien".

"Si le ministre de l'Education Nationale se montre ouvert en matière pédagogique, en revanche il confirme des orientations budgétaires inacceptables qui aggravent la situation existante et hypothèquent toute possibilité de transformation de l'école".

Mais ce sont les perspectives budgétaires qui signent le désaccord. "Le ministre a confirmé la mise en place d'un chantier sur le métier d'enseignant qui concernera les professeurs des écoles. Une première réunion aura lieu dès juillet. La discussion a confirmé de fortes divergences sur l'expérimentation des EPEP qui avait suscité une très large opposition. Si le ministre a annoncé qu'il différait la publication du décret et qu'il procèderait à de nouvelles consultations, il n'en a pas moins affirmé sa volonté de mettre en place des EPEP. Le ministre a confirmé que le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite concernera l'Education Nationale. Le SNUipp s'opposera à cette politique de régression de l'emploi public qui ne prend en compte ni l'augmentation du nombre d'élèves en primaire, ni la nécessité d'améliorer et de transformer l'école".

 

Base Elèves

 Évelyne Sire-Marin ex-Présidente du Syndicat de la Magistrature s’inquiète de la mise en place du fichier Base Élève et du dispositif législatif, loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance, dans lequel il s’intègre.

Dans une tribune publiée dans la revue Politis (29/03/2007), Évelyne Sire-Marin, magistrate, coprésidente de la Fondation Copernic, s’insurge contre la loi de prévention de la délinquance, qui apporte une réponse pénale à des problèmes relevant de l’urgence sociale.

Dans son article, elle fait référence au logiciel "Base Elèves" actuellement utilisé dans de nombreux départements et en voie de généralisation dans l'ensemble des écoles primaires.

"La Loi prévention de la délinquance étend les techniques de fichage bien au-delà de l’activité policière (1). Elle crée le fichier des allocations familiales et un fichier scolaire, appelé « Base élèves », contenant des données nominatives sur tous les enfants scolarisés dans l’enseignement du premier degré, auquel le maire de la commune aura accès. Dès la rentrée 2007, l’origine des familles, leur date d’arrivée en France et la langue parlée à la maison seront enregistrées (2). Il est à craindre que ces informations, de peu d’intérêt pour la scolarité des enfants, servent dans le cadre de l’expulsion des familles étrangères sans papiers […]. Le maire coordonnera tous ces fichiers, qui seront accessibles au président du conseil général, à l’inspecteur d’académie, au chef d’établissement scolaire, au préfet, et au directeur de la caisse d’allocations familiales. Un « secret partagé » entre l’élu et les travailleurs sociaux est donc institué, permettant au maire d’accéder à des données protégées par le secret professionnel". (Politis 29 mars 2007)

 

 

(1) Il existe déjà 33 fichiers policiers et judiciaires, d’après l’Observatoire national de la délinquance.

 

(2) Voir la rubrique « Big Brother » sur le site : www.ldh-toulon.net

 

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 23:28
A leur demande, nos collègues et amis du GDID ont été reçus ce mercredi 20 juin 2007 au Palais de l'Elysée par un conseiller du Président Nicolas Sarkozy.
 
Le simple fait d'être reçu par le pouvoir témoigne de la notoriété et de la représentativité acquise en quelques années par le GDID et notamment depuis l'enquête IFOP de septembre 2006 qui a mis en évidence l'adhésion à ses idées de 93 % des directeurs.
 
L'honneur fait au GDID de le recevoir montre également que les plus hautes autorités de ce pays ont pris conscience que les syndicats enseignants ne sont plus en phase avec les directeurs d'école qu'ils ne peuvent plus dignement représenter.
Le GDID, qui avait déjà été appelé à participer aux groupes de travail mis en place par Gilles de Robien, apparaît décidément comme l'interlocuteur indispensable lorsqu'il s'agit d'évoquer le problème de la direction d'école.
 
Nous reproduisons le compte rendu de l'entretien que chacun peut retrouver sur le site du GDID.
 
LE G.D.I.D. RECU A L'ELYSEE !!!
Le mercredi 20 Juin, une délégation du GDID a été reçue à l'Elysée par Mr DE FROMENT, Conseiller à l'Education du Président.
Cette entrevue, suite à notre demande, prouve bien la place et l'ampleur prise par notre association en très peu de temps. La délégation du GDID était composée d'Alain REI ( Roquefort-la-Bédoule / 13), Chantal LAFFONT ( Paris ) et Thierry FABRE ( Marseille )

Alain REI présentait notre association, ses objectifs d'une reconnaissance de la direction d'école et de la création d'un nouveau corps.
L'évolution de la direction d'école en a fait un nouveau métier impliquant pilotage pédagogique, gestion d'équipe, partenariat, lien administratif, relationnel avec parents et communes, etc... Ce nouveau métier doit être reconnu, ses responsabilités clarifiées, ses missions précisées. Cette vision est partagée par plus de 93 % des directeurs d'école.

Chantal LAFFONT évoque la participation du GDID à différentes structures de travail et de réflexion sur la direction d'école, tant avec les ministères précédents qu'avec la représentation nationale (députés et sénateurs). Le GDID, représentant l'immense majorité des directeurs d'écoles, leur permet une expression authentique.

Thierry FABRE souligne l'urgence de sortir d'une situation de conflit permanent et d'entamer un réel dialogue avec les directeurs d'école. Deux grèves administratives successives, plus de 10 ans de conflit, un protocole, des sanctions financières n'ont débouché sur rien, si ce n'est la démission, en 7 ans, de plus de 26 000 directrices et directeurs d'école. Là où ministère comme syndicats enseignants ont privilégié un traitement catégoriel, AVOIR un peu de décharges, un petit peu plus d'indemnités, les directeurs d'école réclament d'ETRE.
Nous pensons que l'urgence est aujourd'hui de définir clairement ce qu'est un directeur d'école, ce que doit être son rôle et ses responsabilités, et de lui donner les moyens d'y faire face.

Mr DE FROMENT précise son champ d'intervention, souligne que le Ministère de l'Education Nationale reste l'interlocuteur privilégié, mais précise tout l'intérêt de la Présidence pour ce dossier, ainsi que pour l'apport réflexif d'une telle rencontre.
Mr DE FROMENT annonce un démarrage rapide d'une vaste consultation organisée par le Ministère sur la redéfinition des métiers d'enseignants. La question de la direction d'école aurait toute sa place dans ce débat.
Cela devrait déboucher sur un "livre vert" de diagnostic partagé, et, début 2008, sur un "livre blanc" de proposition.
La possible redéfinition de la direction d'école ne passerait pas obligatoirement par une nouvelle loi et pourrait relever du simple cadre réglementaire (décrets). Enfin, Mr DE FROMENT souligne que la volonté de répondre au malaise enseignant s'inscrit dans un cadre budgétaire contraint.

Alain revient sur la consultation IFOP de Septembre 2006 et souligne l'attente de milliers de collègues.

Chantal rappelle les capacités du GDID à participer utilement à toute consultation, à y jouer tout notre rôle d'expertise et de proposition. Notre projet de statut est d'ailleurs remis à Mr DE FROMENT.

Thierry revient sur les EPEP (Robien) et sur les projets de réseaux (Darcos / 2003). Cette entrée par la structure école, impliquant des regroupements importants ne nous paraît pas à même de résoudre les problèmes posés.
Si la création d'établissements publics des écoles reste une nécessité, si l'autonomie budgétaire de tels établissements aurait son utilité, cela ne doit pas à nos yeux impliquer des regroupements mettant à mal le lien séculaire entre école et commune. Le GDID propose plutôt de s'appuyer sur les regroupements existants, sur les RPI qui ont fait preuve de leur utilité et de leur capacité à préserver l'Ecole Publique en milieu rural

Mr DE FROMENT souligne l'intérêt de telles remontées du terrain, et pour le ministère, et pour la présidence.

Alain propose un audit de la direction d'école, sous l'égide de l'Inspection Générale, et indique notre souhait d'être associé, en tant qu'association nationale des dirlos, à cette consultation.

Chantal souligne que les différentes législations européennes en matière de direction d'école ont toutes évolué dans le sens des demandes formulées par les directeurs d'école français. Elle revient notamment sur le récent statut accordé aux directeurs d'école en Belgique.

Thierry précise qu'un geste fort viendrait prouver à des milliers de directeurs d'école la volonté d'écoute et de dialogue du gouvernement: la levée des sanctions financières pour cause de grève administrative.

Mr DE FROMENT clôt la réuni­on en remerciant notre délégation des divers échanges et propositions, il souligne que c'est désormais au Ministère de gérer cette question.

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 08:29

7ème Congrès du SNUipp à Nevers

"Le dossier direction d’école est perçu comme en panne par bon nombre de nos collègues qui ne voient pas de perspectives concrètes s’ouvrir. Ils continuent d’exiger clarification des missions et reconnaissance de la fonction", déclarait le SNUipp.

Pourtant, le SNUipp ne semble pas accorder à ce dossier toute l'urgence et l'importance qu'il mérite puisque, dès le début du congrès de Nevers, il a été décidé de repousser l'examen de "la poursuite ou non de la grève des directeurs" au Conseil National des 18 et 19 juin.

  

Le livret de compétences au B.O.

Un décret et un arrêté instituent le "livret personnel de compétences" destiné à accompagner à partir de la rentrée 2007, chaque élève de l'école au lycée. Il " permet à l'élève, à ses parents ou représentants légaux et aux enseignants de suivre la validation progressive des connaissances et compétences du socle commun". Il comporte "la mention de la validation du socle commun de connaissances et de compétences pour chacun des paliers : à la fin du cycle des apprentissages fondamentaux pour ce qui relève de la maîtrise de la langue française, des principaux éléments de mathématiques et des compétences sociales et civiques ; à la fin de l'école primaire et à la fin du collège ou de la scolarité obligatoire pour chacune des sept compétences du socle commun de connaissance et de compétences" ainsi que des attestations  : Assr, formation aux premiers secours, B2i école et collège (le niveau lycée est curieusement oublié), certificats de langues vivantes.

 

La carte scolaire : circulaire de Xavier Darcos

Comme l’a annoncé Xavier Darcos, la carte scolaire sera assouplie pour la rentrée 2007. Pour le ministre de l’Éducation nationale, la carte scolaire, telle qu’elle a été mise en  place en 1963, n’est plus adaptée au système scolaire d’aujourd’hui, ni aux attentes de la société française.


 

Encourager la diversité sociale et géographique 
L’objectif de cette évolution de la carte scolaire est de renverser la fatalité qui pèse sur les établissements scolaires les plus décriés, de manière à leur redonner leur attractivité. Ainsi, les établissements qui perdront des élèves ne perdront pas leurs moyens. Au contraire, ces moyens seront mobilisés pour conduire des projets personnalisés auprès des élèves en difficulté.

 

Une liberté nouvelle pour les familles 
Xavier Darcos souhaite accorder une liberté nouvelle aux familles à la rentrée 2007 pour le choix de l’établissement dans lequel leur enfant sera scolarisé. Les demandes de dérogations pour l’inscription dans un établissement situé hors secteur seront examinées selon les critères prioritaires suivants, dans la limite des places disponibles : 
• les élèves souffrant d’un handicap ; 
• les élèves bénéficiaires d’une bourse au mérite ; 
• les élèves boursiers sur critères sociaux ; 
• les élèves nécessitant une prise en charge médicale importante à proximité de l’établissement demandé ;
• les élèves qui doivent suivre un parcours scolaire particulier ; 
• les élèves dont un frère ou une soeur est scolarisé(e) dans l’établissement souhaité ; 
• les élèves dont le domicile est situé en limite de secteur et proche de l’établissement souhaité. 

Les parents doivent s’informer auprès des services de l’inspection académique de leur domicile. Les demandes de dérogation devront être déposées avant le 30 juin 2007. Les réponses devront être signifiées aux parents au plus tard le 20 juillet 2007.

 

  

Etudes dirigées : Les enseignants pourront "travailler plus et donc gagner plus" 

François Fillon a estimé jeudi que la promesse électorale de Nicolas Sarkozy d'accueillir les élèves en études dirigées après les cours allait permettre aux enseignants de "travailler plus" et de "gagner plus".
"Nous allons accueillir les enfants en études dirigées après les cours, pour qu'il n'y ait plus d'orphelin de 16H00", a déclaré le Premier ministre lors d'un meeting UMP pour les élections législatives à Béziers (Hérault).
La mise en oeuvre de cette mesure "représentera pour les enseignants une opportunité de travailler plus et donc de gagner plus", a-t-il lancé.
Elle leur permettra "d'accomplir jusqu'au bout leur vocation de service public, de relever le défi que la tradition des hussards noirs de la République leur lance dans le monde d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.
"
Les modalités de ce dispositif devront naturellement être arrêtées de manière souple, dans le cadre d'un dialogue au sein de l'établissement et en liaison avec les collectivités territoriales qui contribuent, elles aussi, à l'accompagnement éducatif", a indiqué M. Fillon.

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 15:22

Dans un entretien au journal Le Monde, Xavier Darcos annonce "un grand chantier sur la revalorisation des carrières". Il propose de rassembler "dans un livre vert toutes les propositions" pour "négocier au printemps 2008 un accord sur la redéfinition du métier d'enseignant". 

 

Ci-dessous, l'intégralité de l'interview :

 

L'école, dit-on, n'est ni de droite ni de gauche. Etes-vous d'accord ? 

Oui. La réussite de l'école reste un objectif partagé. Il y a même plus de consensus que je ne le pensais! Bien sûr, certains préjugés demeurent : "Vous êtes de droite, vous voulez donc faire le grand marché libéral de l'école." Personne ne veut faire cela. Mais il existe d'autres réponses politiques aux problèmes de l'école que l'injection continuelle et massive de moyens.

Et comment voyez-vous la référence à Mai 68, dont Nicolas Sarkozy veut "liquider l'héritage" ?

Je crois très simplement qu'à l'issue de cette période, beaucoup ont considéré à tort que la liberté devait être un point de départ alors qu'elle est un point d'arrivée. Et sur le parcours, il y a d'abord l'école, la culture, le savoir, l'instruction, le civisme…

Allez-vous, comme promis, revenir sur le décret Robien sur les décharges horaires dont vous avez dit qu'il cristallisait les mécontentements ?

Sur ce dossier, Nicolas Sarkozy recevra à son tour, dans quelques jours, les représentants de la communauté éducative. Je lui ai fait des propositions. C'est lui qui décidera. Mais je sais qu'il souhaite améliorer le pouvoir d'achat de tous.

Vous avez annoncé un grand chantier sur la revalorisation des carrières. Selon quel calendrier ?

J'ai proposé de rassembler dans un Livre vert, d'ici à la fin de l'automne, toutes les propositions, y compris les nôtres. Une deuxième phase devrait ensuite nous amener jusqu'au printemps 2008, pour négocier un accord sur la redéfinition du métier d'enseignant. Quant aux rémunérations, Nicolas Sarkozy l'a répété : 1,3 smic pour un début de carrière, c'est quand même modeste lorsqu'on a passé un concours à bac +4 ou 5.

Si ce n'est pas assez, quel est l'objectif ?

Je ne peux pas encore le préciser. Mais nous allons vraiment "mettre le paquet" sur la situation morale et matérielle des enseignants.

Vous voulez aussi des "gains de productivité". Et vous citez le chiffre de 32000 enseignants qui ne sont pas devant les élèves…

Ce chiffre est issu de la Cour des comptes. Cela représente pratiquement une académie et plus d'un milliard d'euros par an. Il faut toutefois être prudent, car cela concerne aussi des services qui concourent à l'action éducative : les associations périphériques de l'école, diverses structures d'aide. Mais il y a une marge de manœuvre importante. Cela mérite d'être examiné.

 

Vous en avez parlé à vos interlocuteurs syndicaux ?

Je suis membre d'un gouvernement qui a reçu mandat d'alléger la charge de l'Etat et je ne pourrai pas m'en abstraire. Nous avons, dans le second degré, un professeur pour onze élèves. Cela ne signifie pas qu'il y a onze élèves par classe, mais que nous avons un des meilleurs taux d'encadrement des pays de l'OCDE. Notre offre scolaire est considérable, avec une grande diversité d'options. Mais elles sont dispersées dans tous les établissements. Il faut garder la diversité mais mettre fin à l'éparpillement.

Comment percevez-vous les syndicats qui ont usé tant de vos prédécesseurs ?

Les syndicats reconnaissent que je ne suis pas un ennemi de l'école publique. Je regrette qu'ils soient parfois obligés d'avoir des positions maximalistes. Mais ils évoluent car le milieu enseignant lui-même change.

Concernant la carte scolaire, vous avez opté pour une étape d'expérimentation dès la rentrée. Pouvez-vous nous en préciser les modalités ?

C'est une liberté nouvelle que nous voulons donner aux familles. Il faut dédramatiser ce problème. Il est un peu difficile à gérer dans les grandes villes aux quartiers très contrastés, mais ne se pose pas du tout dans le primaire ni dans les zones rurales. J'ai indiqué qu'entre 10% et 20% des élèves ne seront plus soumis à la carte scolaire à la rentrée : cela équivaut à doubler le nombre des dérogations existantes. 10% de plus dans un établissement, c'est quelques dizaines d'élèves, cela ne provoquera pas une grande révolution, ni la pagaille. Nous allons en finir avec l'opacité, les dérogations accordées par relations. Les demandes seront plus favorablement accueillies dès la rentrée. Et si, par ailleurs, des établissements moins demandés perdent quelques élèves, nous maintiendrons leurs moyens pédagogiques. Mais il faut que les familles se rendent compte qu'on ne pourra pas tout accepter d'un coup. Nous allons fixer quelques critères lisibles.

Lesquels ?

Les élèves boursiers auront la priorité. Nous prendrons aussi en compte les cas de force majeure, la correction d'absurdités (un côté du trottoir ou l'autre) et, tout simplement, les demandes de bonne foi venant des familles, dans l'intérêt de l'enfant, pour rejoindre un frère ou une sœur…

Et si c'est seulement pour rejoindre un "meilleur" établissement ?

Ce motif ne pourra pas être retenu tout de suite. Même si je le trouve tout à fait recevable. Pourquoi refuser à un élève de choisir, dans l'intérêt de sa scolarité? C'est pourquoi, à terme, chaque établissement devra contribuer à la mixité. Je ne veux pas employer le mot de quota parce qu'il est horrible, mais nous allons essayer d'encourager la mixité géographique et sociale au niveau de chaque établissement. Au plus tard en 2010, nous aurons vraiment donné la liberté de choix aux familles.

Propos recueillis par Luc Cédelle, Arnaud Leparmentier et Catherine Rollot

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 23:24

La carte scolaire n'est plus ce qu'elle était. Et les parents cherchent fréquemment à y faire échapper leurs enfants: c'est le cas pour 40% des collégiens de Paris. Les parents utilisent deux principales stratégies pour contourner ce qui était initialement un découpage administratif.

Au départ (en 1963), l'idée était simple: chaque écolier, collégien ou lycéen devait être scolarisé dans l'établissement le plus proche de son domicile, selon un découpage administratif. Mais, en quatre décennies, les choses ont changé. L'écart a tellement grandi entre les établissements de centre-ville (où vivent souvent les élèves les plus aisés) et les autres que la carte scolaire ne joue plus son rôle de mixité sociale. Devenus consuméristes, de nombreux parents refusent d'inscrire leurs enfants dans un établissement à la réputation insuffisante au seul prétexte qu'il est situé près de chez eux. Mieux vaut leur infliger des trajets quotidiens, parfois longs, pour en rejoindre un autre, mieux coté. A Paris, 40% des collégiens ne fréquentent pas le collège dont ils dépendent.

Pour contourner la carte scolaire, les parents n'ont que deux solutions: inscrire leurs enfants dans le privé -mais les places y sont si rares que certains collèges bouclent le recrutement de leurs sixièmes dès la Toussaint précédente- ou obtenir une dérogation. Cette procédure doit être entreprise auprès de la mairie (pour les écoles) ou du rectorat (pour les collèges et les lycées). La dérogation n'est en principe acceptée que si les raisons invoquées par les parents sont justifiées: proximité géographique par rapport aux domiciles de parents divorcés, choix d'une option rare, rapprochement de fratries...

60% chez les cadres mais seulement 18% chez les ouvriers

Mais, dans les faits, elle l'est aussi parfois lorsque les parents trichent, par exemple en faisant intervenir une connaissance influente. Le rectorat de Paris reçoit ainsi chaque année 1 700 demandes de passe-droit. Environ 250 sont acceptées. A ce petit jeu, les enseignants, les journalistes et les politiques se révèlent redoutables.

Autre option pour les resquilleurs : mentir sur la domiciliation. Comment? En achetant une chambre de bonne grande comme un placard mais perchée en haut d'un immeuble rattaché à tel collège ou lycée; ou en usant de l'adresse d'un proche habitant le secteur recherché; ou encore en achetant à un concierge complice une boîte aux lettres vide, puis en fabriquant de fausses quittances pour "prouver" la domiciliation...

Dans les deux cas (demande de dérogation en bonne et due forme ou tricherie), les parents les plus aisés s'en sortent le mieux. Le sociologue Marco Oberti a montré que dans le département des Hauts-de-Seine, la part des élèves fréquentant un autre collège que celui dont ils dépendent grimpe à 60% chez les cadres, alors qu'elle n'est que de 21% chez les employés et de 18% chez les ouvriers
.

Alexandre DUYCK
Le Journal du Dimanche

 

La suppression de la carte scolaire est-elle susceptible d'amener davantage d'égalité sociale ? Xavier Darcos semble croire à cette hypothèse. "Je commencerai à supprimer progressivement la carte scolaire à partir de la rentrée prochaine" a-t-il annoncé au congrès de la Fcpe. "Ce système ne fonctionne pas dans les quartiers où le besoin de mixité sociale est plus fort que dans les autres. Je considère que l'égalité des chances passe par une redéfinition de nos instruments de mixité sociale, tout en supprimant progressivement la contrainte qui pèse sur les familles". Dans une logique toute libérale le ministre semble croire que la liberté de mouvement des familles permettra de remédier à la ségrégation scolaire.

A vrai dire, d'autres voix s'élèvent pour dénoncer la carte scolaire. Ainsi le sociologie Mario Oberti, auteur d'un ouvrage à paraître sur le sujet, dénonce, dans la revue Claris, la carte scolaire. "Présentés comme un dispositif de lutte contre la ségrégation scolaire, ces résultats mettent en évidence son faible impact sur les pratiques des classes moyennes et surtout supérieures, qui subissent le moins les contraintes spatiales. Les classes populaires voient au contraire leur assignation spatiale renforcée par une assignation scolaire qui fonctionne de façon beaucoup plus efficace à leur égard. Effet paradoxal d’une mesure visant à lutter contre les inégalités sociales à l’école et qui s’applique précisément de façon profondément inégalitaire en faveur des classes les plus favorisées". Ainsi la carte scolaire serait devenue plus qu'inefficace : un carcan pour les plus défavorisés. La renforcer "serait une façon de pénaliser les plus pauvres et de protéger les intérêts des mieux lotis" comme l'écrit G. Félouzis

Mais suffit-il de supprimer la carte scolaire pour mettre fin à la discrimination ? L'exemple des pays qui ont mené cette politique devrait nous éclairer. C'est le cas par exemple de la Belgique ou des Pays-Bas où la disparition de la carte scolaire a conduit à un renforcement de la ségrégation sociale et ethnique. C'est encore plus vrai quand le système diversifie les types d'établissement creusant encore davantage l'écart entre eux. Ainsi François Dubet et Marie Duru-Bellat peuvent écrire "il ne suffit pas de dénoncer la carte scolaire pour proposer une politique et, plus encore, une politique plus juste que celle que l'on condamne. La seule suppression de la carte scolaire serait probablement un remède pire que le mal. En effet, on imagine aisément que, comme sur n'importe quel marché, les acteurs ayant le plus de ressources et d'informations s'en tireront nettement mieux que les autres et que, une fois encore, les plus démunis auront moins de choix, moins d'opportunités et moins encore de chances de réussir dans l'école". Dans cet objectif, en supprimant la carte scolaire, le gouvernement s'attaquerait à une valeur fondamentale de l'Ecole : le tabou de l'égalité. Sous prétexte d'une égalité des chances toute théorique, il inscrirait au fronton de l'Ecole une nouvelle devise, celle de l'inégalité fondatrice.
 
  
L
es incidences sur l'école primaire

La modification de la carte scolaire dans un premier temps, puis sa suppression dans les années à venir aura une incidence sur les écoles maternelles et élémentaires.

S'il est vrai que la carte scolaire est essentiellement contournée à compter du collège, elle peut entraîner des modifications d'effectifs sur les écoles. La fluctuation des effectifs aura pour conséquence la redistribution des décharges de directeur. Le risque de rendre les directions de ces écoles encore moins attrayantes n'est pas négligeable. Autres conséquences probables : l'augmentation du nombre de directions vacantes et la nomination de débutants sans formation à la tête de ces établissements...

Prenons l'exemple d'un collège à "réputation insuffisante". La suppression de l'obligation d'inscription pour les enfants du quartier se traduira par une baisse significative de ses effectifs. Baisse d'effectifs qui sera constatée également dans l'école de quartier pour des raisons pratiques (conduite, regroupement des enfants d'une même famille) ou de suivi scolaire cohérent (liaison école / collège...). La situation pourra être inversée pour les écoles voisines d'un collège à "bonne réputation". 

Déjà, de nombreux maires s'inquiètent des conséquences prévisibles de gestion des bâtiments et personnels communaux. Certaines écoles se trouveront trop petites pour accueillir tous les volontaires alors que d'autres se videront. Nécessité d'agrandir ici et d'entretenir des locaux vides ailleurs...

Cette réforme annoncée par Nicolas Sarkozy et confirmée par Xavier Darcos risquent de faire grincer des dents. Un sondage publié aujourd'hui dans Ouest-France montre que la question divise les Français (54 % favorables au maintien, 43 % à la suppression). Surtout, depuis la dernière loi de décentralisation, les collectivités locales (la ville pour les écoles, le département pour les collèges, la région pour les lycées) dessinent elles-mêmes les cartes scolaires en vigueur. Si un conseil général refuse de "désectoriser" un collège, que pourra faire l'Etat ?

"Les départements voient le projet d'un très mauvais oeil, assure Bernard Toulemonde, ancien inspecteur général de l'Education nationale. Ils évaluent bien le coût éventuel. Les collèges de bonne réputation seront débordés par la demande et devront s'agrandir, les transports scolaires devront être considérablement renforcés..." 

Ultime et amusante précision : les conseils généraux de droite râlent autant, si ce n'est plus, que ceux de gauche contre le projet gouvernemental.

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 21:03

Nouveau Président de la République, nouveau gouvernement et premières rencontres avec les syndicats qui ne savent plus où donner de la tête...

A peine nommés, les nouveaux ministres entament une semaine marathon et reçoivent, à tour de rôle, les principales organisations de salariés.

 Éric Woerth: ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique

Les fonctionnaires ont perdu leur ministère à part entière. Placés sous la responsabilité du budget et des comptes publics à Bercy, ils devront composer, tant en matière d'emplois que de politique salariale, avec les objectifs fixés dans sa campagne par le président de la République, Nicolas Sarkozy. En recevant séparément depuis lundi 21 mai les représentants des fédérations syndicales de la fonction publique, Eric Woerth, le nouveau ministre, leur a ainsi rappelé l'engagement du chef de l'Etat de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite - 40 % des 5,2 millions fonctionnaires doivent cesser leur activité d'ici à 2015 - et d'affecter une partie des économies réalisées à des revalorisations de rémunérations. Il a par ailleurs évité de s'engager sur la politique salariale et les augmentations pour l'année 2007 que son prédécesseur, Christian Jacob, avait laissées en suspens.
 
S'il est resté ferme sur les principes, M. Woerth a adouci le propos sur la méthode. Il a notamment indiqué son intention de ne pas avoir "une vision comptable des choses, mais une vision humaine". Il a aussi annoncé mardi sur LCI : "En contrepartie du (départ) d'un sur deux, il faut montrer que les fonctionnaires, qui se sont paupérisés d'une certaine façon, pourront en recueillir les fruits."
 

Premier sur la liste des syndicats reçus, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a retenu l'aveu du ministre selon lequel la règle du non-remplacement "pouvait poser des problèmes et que cela ne pouvait pas s'appliquer partout, notamment pour l'éducation nationale".

 

 Xavier Darcos : ministre de l'Education nationale

Le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a commencé mardi 22 mai à recevoir les syndicats pour une "première prise de contact". La première fédération de l'Education, la FSU, et son secrétaire général Gérard Aschieri, ainsi que son syndicat du second degré le Snes, ont ouvert le bal mardi. A suivi le Snalc-CSEN, apolitique mais souvent étiqueté à droite. Mercredi, le Sgen-CFDT, puis SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissement et enfin le syndicat Indépendance et Direction. Jeudi, la Société des agrégés avant une réunion avec les recteurs. Les rencontres se poursuivront la semaine prochaine avec les autres syndicats.

 

Les syndicats comptent bien en profiter pour rappeler leurs revendications, au premier rang desquelles l'abrogation du décret Robien. Xavier Darcos devrait ne bénéficier d'aucun "état de grâce" et doit déjà faire face aux récriminations des syndicats contre les mesures prises par son prédécesseur Gilles de Robien. Outre le temps de travail des enseignants, la FSU apportera plusieurs dossiers dans son cartable: les moyens, les zones d'éducation prioritaire (Zep), le droit de grève, la formation des enseignants en IUFM, l'apprentissage à 14 ans, etc. Autre dossier délicat, celui de la carte scolaire que Xavier Darcos veut faire disparaître en deux ans, avec un assouplissement intermédiaire dès la rentrée prochaine.

L'assouplissement de la carte scolaire. M. Darcos avait déclaré souhaiter l'assouplir dès la rentrée prochaine, et la supprimer à la rentrée 2008. "Est-ce qu'elle est juste (actuellement) la carte scolaire ?", qui scolarise les enfants dans les écoles et collèges de leur quartier, s'est interrogé mardi le ministre devant la presse, lors de son premier déplacement dans un collège classé 'Ambition réussite' (ex-ZEP) d'Asnières."La carte scolaire n'est pas une assignation à résidence", a-t-il ajouté, en sous-entendant qu'elle pouvait devenir contre-productive "si on n'arrive pas à assurer la mixité scolaire et si les parents ne peuvent pas discuter avec les enseignants dans les établissements ou se sentir intégrés dans l'école". Il n'a pas cependant voulu confirmer le chiffre de 10 à 20 % des affectations qui bénéficieraient de l'assouplissement de la carte scolaire dès la rentrée prochaine, "avant d'avoir vu les syndicats cette semaine" et parce qu'une telle réforme "ne se fait pas en quinze jours".
 

Le vouvoiement à l'école. Le ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos a jugé mardi "indispensable" que les élèves vouvoyant leurs enseignants et "préférable" que les enseignants vouvoient les lycéens, lors d'un déplacement au collège André-Malraux d'Asnières. Il a cependant immédiatement précisé qu'il ne transcrirait pas cette idée dans un texte s'imposant à toute la communauté éducative. Pour lui, les professeurs doivent "marquer" leur autorité pour qu'"il y ait une certaine verticalité". Interrogé sur la proposition de Nicolas Sarkozy, lors de la campagne électorale, que les enfants se lèvent à l'arrivée de leur enseignant dans la classe, M. Darcos a assuré ne pas être "pour que les élèves se mettent au garde à vous". Même s'"il est important qu'à l'école le respect s'installe", a-t-il ajouté.
 

"Tous ensemble, tous ensemble..." Non, ce n'est pas Ségolène Royal qui harangue ses supporters déçus du balcon du siège du PS rue de Solférino...

"Tous ensemble", c'est le mot d'ordre du SNUipp pour interpeller le ministre de l'Education nationale sur le problème des EVS dont le contrat se termine en juin prochain.
 
"Tous ensemble, EVS, enseignants, parents, réclamons : 
la transformation des postes EVS en postes statutaires et pérennes de la fonction publique 
la possibilité pour les actuels EVS d’accéder à la formation et au recrutement pour ces postes statutaires
".
 

Pourtant, souvenons-nous... Le SNUipp n'avait pas de mots assez durs pour dénoncer cette mesure figurant dans le protocole signé par "un syndicat minoritaire"... (relire notre article du 17 avril)

"Transformer les directeurs d'école en agents recruteurs de personnels à statut précaire ne relève en aucun cas d'une quelconque "revalorisation" des fonctions de direction mais vise plutôt à en faire des acteurs de l'accélération de la précarité du travail. A l'heure où les mobilisations collectives viennent de faire reculer le gouvernement sur son projet de CPE, comment pourrait-on accepter l'arrivée massive dans les écoles de personnels précaires, d'autant qu'aucune perspective d'embauche ni de formation, n'est même envisagée ? Rappelons que le SNUipp-FSU a toujours revendiqué des créations de postes statutaires pour le secrétariat, les BCD, l'accompagnement des enfants porteurs de handicaps...

Si le manque de moyens aussi bien pour la direction d'école que sur l'accueil des enfants en situation de handicap est une fois de plus pointé par le Ministère, celui-ci cependant n'apporte pas les réponses adéquates en proposant une fois de plus de recruter un personnel aussi précaire et non formé. Le SNUipp ne peut cautionner un tel dispositif".
 
Le SNUipp appelait alors au boycott du dispositif. Depuis, ayant constaté que les directeurs avaient massivement recruté des EVS, il change son fusil d'épaule et se fait l'ardent défenseur des emplois voués à disparaître à la fin de l'année scolaire.
 

Dans un communiqué diffusé mardi 22 mai, le Syndicat national unitaire des instituteurs (SNUIpp) demande à Xavier Darcos des réponses sur la situation des EVS, créés dans le cadre de la loi de Cohésion sociale, en remplacement des emplois-jeunes, dont les contrats arrivent à échéance le 30 juin. Le syndicat entend aussi obtenir des assurances concernant "l'avenir des missions assurées par les EVS: aide à la scolarisation des élèves en situation de handicap, aide à la direction d'école, vie scolaire".

 

Sur la base de ces revendications, le SNUIpp organise mercredi 23 mai "une journée nationale d'action marquée par des rassemblements, des conférences de presse, des audiences dans tous les départements", selon son communiqué.
 
Le SE-Unsa, signataire du protocole, n'est pas en reste. Il entend demander au ministre de reconduire le dispositif, l'une des "avancées engrangées" en mai 2006.
 

"Au premier rang des dossiers prioritaires, le gouvernement trouvera ceux des 'Emplois vie scolaire'", écrit le Syndicat des enseignants-UNSA (SE-UNSA) qui considère qu'il "y a urgence". "Pour eux, ce sera l'ANPE et, souvent, le chômage. Pour le système éducatif, ce sera l'interruption des missions auxquelles ils contribuaient", ajoute l'organisation syndicale.

 

Le SE-UNSA "interpelle dès à présent le ministre de l'Education nationale pour que les missions assumées aujourd'hui par les EVS soient pérennisées". Il invite également les enseignants à envoyer des courriels au Premier ministre François Fillon "pour un traitement urgent de ce dossier".

 

 

Une folle semaine... à donner le tournis à n'importe quel dirigeant syndicaliste...

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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 21:59

La feuille de route du futur ministre de l'éducation nationale obligera celui-ci à conjuguer rapidement des objectifs ambitieux avec une logique de limitation des dépenses. Des précisions ont été apportées depuis le 6 mai par l'entourage de Nicolas Sarkozy.
    

 

Ainsi, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite "n'est pas notre objectif prioritaire" dans l'enseignement, confie Emmanuelle Mignon (*), proche conseillère du président. L'évolution des postes devrait donc dépendre de la démographie scolaire. Comme promis, le décret du 12 février de Gilles de Robien, réformant les décharges horaires dans le secondaire, sera "suspendu", au profit d'une grande concertation, "avant les vacances", sur la revalorisation de la condition des enseignants.
  

Toutefois, l'équipe présidentielle envisage de regagner "des effectifs cachés", correspondant aux "enseignants qui ne sont pas devant les élèves". Selon Mme Mignon, cela représenterait "l'équivalent d'une académie". Un rapport rendu mi-mars à M. Sarkozy par Xavier Darcos - cité comme possible ministre - estimait que "20 000 équivalents temps plein de décharges et de mises à disposition sont récupérables". Mais en application du principe "travailler plus pour gagner plus", les enseignants seraient rémunérés pour leur participation aux études dirigées qui doivent être généralisées dès la rentrée, ainsi qu'à différentes tâches pédagogiques.
  

Mme Mignon évoque une prime "selon les résultats des élèves, mais qui peut très bien être attribuée collectivement", ainsi qu'une "vraie surprime" pour les enseignants de l'éducation prioritaire, qu'il s'agit désormais de "refonder". La réduction de 50 % des effectifs d'élèves des établissements les plus difficiles ne concernerait qu'"une cinquantaine d'établissements la première année".
  

La suppression progressive de la carte scolaire, allant de pair avec l'autonomie des établissements, serait d'abord expérimentée dans une dizaine de départements, qui bénéficieraient d'incitations financières. L'objectif de mixité sociale deviendrait une obligation dans les établissements concernés.
   

Enfin, l'abandon du collège unique, traditionnelle attente de la droite enseignante, ne semble pas à l'ordre du jour : M. Sarkozy entend abroger l'apprentissage à 14 ans, et, selon Mme Mignon, il n'est "pas question de sortir du principe selon lequel tous les enfants jusqu'à 16 ans ont une formation générale". Mais l'individualisation des parcours est souhaitée, ainsi que la découverte précoce des métiers.

Luc Cédelle (Le Monde du 18/05/07)
 
  
(*) Emmanuelle Mignon Diplômée de l'ESSEC et de l'Institut d'études politiques de Paris, elle sort major de l'ENA en 1995, et devient maître des requêtes au Conseil d'Etat.

En 2002, elle est nommé conseillère au cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, et parallèlement devient en novembre 2004 directrice des études de l'UMP : elle est notamment chargée des discours et de l'élaboration du projet de l'UMP en vue des élections présidentielle et législatives de 2007.

 

Xavier Darcos est un ministre expérimenté : il avait déjà été ministre délégué au coté de Luc Ferry où il avait montré une bonne connaissance des dossiers. Il avait dû inaugurer la politique de réduction de postes lancée par J.P. Raffarin. Il en reste une certaine impopularité chez les enseignants : selon un sondage Ifop de février 2007, son action rue de Grenelle avait été notée 7,3 / 20 par les enseignants, soit à peine plus que Gilles de  Robien (7) et… François Fillon (6,9). Il a également co-rédigé avec Philippe Meirieu un ouvrage (Deux voix pour une école, Desclée de Brouwer) où les deux hommes opposent  leurs conceptions sur l'Ecole. Il y défend des positions conservatrices avec une certaine modération.

Xavier Darcos est l'auteur d'un rapport remis en mars dernier à Nicolas Sarkozy (lire larges extraits dans notre article). Ci-dessous, extrait de ce qu'il déclarait au sujet des réseaux d'écoles rurales :

Voici ce qu'il déclarait lorsqu'il était ministre délégué à l'enseignement scolaire :

  

Le ministre de l'Enseignement scolaire plaide pour la constitution de réseaux d'écoles primaires dans les zones rurales


M. Xavier Darcos, ministre délégué à l'enseignement scolaire, a présenté, au conseil des ministres du mercredi 5 novembre 2003, une communication sur les réseaux d'écoles primaires.

Le ministre a expliqué que les petites écoles, situées le plus souvent en zone rurale, rencontraient des difficultés pour répondre aux exigences en matière de scolarité, qu'il s'agisse de l'organisation pédagogique, de l'équipement matériel ou de la gestion administrative.

Face à cette situation, le Comité interministériel à l'aménagement et au développement du territoire, dans sa réunion du 13 décembre 2002, a confié au ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche la conduite d'une réflexion pour « revitaliser l'école rurale ». L'objectif est de garantir aux enfants, sur tout le territoire, les mêmes chances d'accès au savoir et à la formation.

Le travail ministériel, engagé depuis le début de l'année 2003, s'est appuyé sur la concertation la plus large possible avec les élus, les syndicats d'enseignants et de cadres de l'Education nationale, les fédérations de parents d'élèves et les associations qui s'intéressent aux politiques d'éducation dans le cadre communal.

L'approche retenue à l'issue de cette phase de concertation consiste à promouvoir la constitution de réseaux d'écoles :

- en demandant à chaque inspecteur d'académie d'établir, après une concertation, un schéma territorial des écoles qui sera un instrument de prospective pour l'élaboration annuelle de la carte scolaire ;

- en établissant un cadre réglementaire pour la constitution et le fonctionnement des réseaux d'écoles ;

- et en dotant chaque réseau d'un coordonnateur qui assurera son animation en vue de l'organisation d'actions pédagogiques et éducatives communes.

Les initiatives des élus qui choisissent d'exercer la compétence scolaire au niveau intercommunal seront accompagnées, a assuré le ministre. Le projet de loi relatif aux responsabilités locales, en cours de discussion au Sénat, contient déjà plusieurs dispositions de nature à faciliter le traitement des questions scolaires dans un cadre intercommunal.

Les textes d'application devraient être publiés d'ici le printemps 2004, pour permettre leur mise en oeuvre à compter de la prochaine rentrée. L'objectif retenu est d'avoir constitué 600 réseaux d'écoles à l'horizon 2006-2007, y compris les 246 réseaux existants, qui bénéficieraient des nouvelles dispositions réglementaires.

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