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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 14:20


La réforme en tempsde crise (chronique d'Alain-Gérard Slama).

« Après l'ajournement de la réforme du lycée, le grand débat est de savoir si l'aggravation de la crise est compatible avec la poursuite des réformes.

C'est que la réponse à la question de l'opportunité des réformes en temps de crise est vérifiée par l'expérience : dans les périodes d'inquiétude devant l'avenir, les réformes d'ordre économique et financier sont les plus nécessaires.

En revanche, les réformes qui touchent aux structures de la société et qui risquent de brouiller encore plus les repères sont, par définition, celles qui exigent le plus de prudence. […]

 

Deux parmi les meilleurs sociologues du système éducatif français, Christian Baudelot et Roger Establet, montrent, dans un précieux petit livre (1), que les contre-performances de notre école dans les classements internationaux ne résultent pas d'une infériorité dans la qualité des formations, mais précisément de ce que la crise de la cohésion nationale rejaillit sur l'école, qui en répercute les effets désintégrateurs sur les jeunes les plus défavorisés.

 

Que n'en concluent-ils à l'urgence de revenir aux fondamentaux de la méritocratie républicaine, au lieu d'en condamner « l'élitisme » ! Plus la République doute de son modèle, plus son système d'intégration fonctionne mal, et plus elle trouve de raisons de le condamner.

Notre école reste une des meilleures du monde. Ce qui lui manque, par rapport aux autres, c'est, selon la formule de Langevin, « l'entraînement à l'action ». Les autres pays y parviennent mieux, non certes parce qu'ils ont de meilleures élites, mais parce qu'ils ont confiance en eux-mêmes ».

 

(1) « L'Élitisme républicain. L'école française à l'épreuve des comparaisons internationales », de Christian Baudelot et Roger Establet, collection « La République des lettres », Seuil (à paraître le 12 mars).

 

 

La formation des enseignants

 

Le gouvernement maintient l’entrée en vigueur de la réforme de la formation des enseignants à l’année 2009-2010, affirment les ministres Xavier Darcos et Valérie Pécresse dès l’année universitaire 2009-2010.

 

La réforme prévoit que les futurs enseignants des écoles, collèges et lycées soient recrutés au niveau master (Bac + 5) et donc que leur formation soit confiée aux universités (et non plus aux IUFM, instituts de formation des maîtres).

Pour l’accompagner, "une commission de concertation et de suivi permanent sera constituée et coprésidée par un recteur et un président d’université", qui commenceront leur mission "dès le 16 mars".

Celle-ci fera des "recommandations" sur les conditions de sa mise en œuvre et "consultera régulièrement les organisations représentatives".

 

La première année d’exercice, les jeunes enseignants bénéficieront d’un "tutorat" et d’une "formation continue renforcée", permettant de "fortifier leurs connaissances disciplinaires ou professionnelles".

A ce sujet, des consultations entre le ministère de l’Education et les organisations professionnelles vont "prochainement" s’ouvrir.

Des précisions sont aussi apportées sur les stages : en master 1, les étudiants bénéficieront de stages d’observation ou de pratique accompagnée dans la limite de 108 heures et pourront avoir, en master 2, des stages en responsabilité jusqu’à un maximum de 108 heures.

 

En fait, rappelons-le encore, le véritable enjeu est l'emploi public. L’Éducation nationale économise ainsi l’année de formation rémunérée à plein-temps, soit de 500 à 700 millions d'euros ou près de 12 000 postes. Mais le temps presse pour que cette réforme entre en vigueur à la rentrée 2009.

 

 

Qui pour remplacer X. Darcos ?

 

Après les mouvements de lycéens fin 2008, à la demande de Nicolas Sarkozy, la réforme de la seconde a été reportée d’un an pour favoriser la concertation. Quelques jours plus tôt, le ministre répétait à qui voulait l’entendre qu’il ne reculerait pas sur ce dossier et se vantait de ne pas être « le ministre de l’Hésitation nationale ». Mais face à la contestation élyséenne croissante et après les « émeutes de la jeunesse » en Grèce, le chef de l’État a préféré revoir la copie. Et reprendre en main le dossier. X. Darcos a donc été recalé…

 

Subitement, le poste aux yeux de X. Darcos n’a plus la même saveur. Car pour la nouvelle année, Nicolas Sarkozy lui a fait un cadeau empoisonné : le flanquer de deux acolytes. Le premier Martin Hirsch a été nommé Haut-commissaire à la Jeunesse, le second, Richard Descoings, a été appelé en renfort pour relancer la réforme du lycée.

Un désaveu ? « Pas du tout », se défend le ministre de l’Éducation qui explique que R. Descoings est un ami et qu’il a proposé son nom à Nicolas Sarkozy. Ça ressemble à la méthode Coué !

 

Officiellement donc, aucun problème sous le soleil pour l’intéressé. « J’en vois qui écrivent que ma mission est terminée », a-t-il expliqué devant la presse le 22 janvier. Avant de se défendre : « Une lettre de mission c’est une rampe de lancement que vous donne un président. Sur cette rampe, une fusée ne s’arrête pas en cours de route parce qu’elle a décollé. Il faut continuer ».

 

N’empêche, X. Darcos marque le coup. Dur à avaler pour l’ex-favori de Sarkozy ! Car le ministre membre du « G7 » (les 7 chouchous du Président à savoir Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Xavier Darcos, Eric Woerth, Nadine Morano) commençait à rêver d’une promotion à Matignon qui serait venue récompenser ses dix-huit mois de gestion du « mammouth ».

 

« Il a fait jusque-là un sans faute », expliquait un conseiller du président, avant l’épisode de décembre. Mais voilà les temps ont changé. « Il ne parle plus de Matignon », raconte un de ses collègues ministres. « Darcos est défait », poursuit un autre. « Il comprend qu’il est assis sur une pétaudière. Il n’a qu’une envie, c’est quitter ce ministère. Mais pour aller où ? » Pour aller dans un bon gros ministère régalien avec de grosses responsabilités.

 

Selon l’Express, un conseiller à l'Elysée pour les questions de justice, Patrick Ouart est allé, dans la plus grande discrétion, rendre visite à Xavier Darcos à la fin de novembre 2008.

Très écouté par le chef de l'Etat, cet ancien magistrat souhaitait confier au ministre de l'Education nationale qu'il était le candidat perçu pour remplacer, au poste de garde des Sceaux, Rachida Dati,

 

Depuis cette visite, le départ de l'actuelle locataire de la Place Vendôme est devenu une certitude : elle quittera ses fonctions à l'occasion des élections européennes du 7 juin.

Voilà qui tombe bien, dit-on dans l’entourage du ministre de l’Education...

 

Se trouvera-t-il un « volontaire » pour occuper le fauteuil de Xavier Darcos à la tête du ministère de l’Education nationale. Un fauteuil inconfortable doublé d’un siège éjectable…

 

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 14:10

La première partie de notre annonce (recherche ministre) ne s’applique pas spécifiquement à l’Education nationale.

En effet, ainsi que le dit Stéphane Rozès, directeur général de l’Institut CSA et enseignant en Sciences politiques, « les ministres ne semblent pas exister ». Et d’ajouter que « le président occulte ses ministres qui en deviennent invisibles ».

Médiateurs, émissaires, missionnaires, commissionnaires, conseillers du Président : tout ce monde gravite autour de l’Elysée, communique sous son égide, met un peu plus sous l’éteignoir un gouvernement déjà très éclipsé par le Président.

Les ministres sont d’ailleurs classés en diverses catégories (grillés, mal-aimés…). Xavier Darcos qui a perdu tout crédit est rangé parmi les « ministres grillés ».

Pourtant, le ministre de l’Education nationale n’a ménagé ni sa peine ni son temps pour appliquer à la lettre et avec beaucoup de zèle les directives de Nicolas Sarkozy.

 

La seconde partie de notre annonce (…élaborer réformes de structure) concerne explicitement le ministère de l’Education nationale.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis sa nomination, Xavier Darcos n’est pas resté inactif. Il a pris énormément de mesures : politiques voire idéologiques (SMA), sociétales (suppression des cours le samedi) ou comptables (suppressions de postes par milliers).

La refonte des programmes découle logiquement de la réduction de la semaine à 4 jours, mesure prise sans réflexion et qui devra être révisée tant elle est décriée par les chronobiologistes.

Les stages de remise à niveau et l’aide personnalisée n’ont d’autre objectif que de « sédentariser » les RASED pour économiser des postes.

 

Dans le premier degré, une véritable réforme de structure semblait pouvoir aboutir : la création d’EPEP. Une proposition de loi était prête et 500 postes administratifs provisionnés. Patatras ! La voilà mort-née avant même que d'être discutée.

 

Par réforme de structure, nous entendons ce qui modifie en profondeur et durablement le fonctionnement de l’école. Pour ne prendre qu’un  exemple, dans le 1er degré, ce serait le cas des EPEP…

Par réforme d’aménagement, il faut comprendre ce qui touche à la refonte des programmes, à la modification de la semaine scolaire…

Même si les secondes réformes ont une incidence (en bien ou en mal) sur le travail des enseignants, elles n’engendrent pas de modification majeure, ni du fonctionnement de l’école, ni du statut de ses personnels.

 

On peut noter que toutes les réformes accomplies ou en voie de l’être ne sont guidées que par une approche comptable plutôt que pédagogique. Cette approche comptable est en fait dictée par l’Europe qui oblige tous ses membres à mettre en place la RGPP (relire nos nombreux articles traitant de ce thème). Et c’est là qu’il faut chercher le côté néfaste de la plupart des réformes mises en place. 

 

Sensée dégager 5 milliards d'économie dans le budget de l'Etat, la RGPP a lié impératif budgétaire, conservatisme éducatif et précipitation. Sous prétexte d'efficacité, le gouvernement a officiellement lié les réformes de structure qu'il envisage (organisation des enseignements et des filières, métier d'enseignant) à la défense d'un programme pédagogique traditionaliste (le recentrage de l’école sur les apprentissages fondamentaux).

 

Beaucoup pensaient que la nécessité de dégager des économies allait enfin amener de la raison et imposer des réformes de structure attendues depuis longtemps. La crise budgétaire pose les questions de l'efficacité de l'Ecole. D'une nécessaire refonte des programmes, des filières et des horaires, on pouvait espérer que le ministre saurait dégager des moyens pour se doter des outils d'encadrement et d'animation proches du terrain qui font défaut dans le système français. Enfin la même crise pouvait pousser à redéfinir le métier d'enseignant en lui redonnant toute sa dimension éducatrice et formatrice.

 

Au-delà des annonces sur l’organisation de la scolarité, la réforme Darcos était plus une réforme de comptable que d’Etat et, en ce sens, elle ne pouvait que manquer de souffle et d’ambition.

 

A coup sûr, ce que l’on retiendra le plus des mesures Darcos, ce sont les suppressions de postes par milliers (25 000 en 2 ans).

 

 
Le 4 janvier dernier, dans un article intitulé « Xavier Darcos englué dans la RGPP », nous insistions sur le fait que notre pays n’est pas le plus dépensier en matière d’éducation pour sa jeunesse.

 

Nous écrivions ceci :

 

Posant le postulat que personne ne souhaite affaiblir les résultats scolaires de la jeunesse de son pays, tout un chacun se pose alors la question suivante : « Les dépenses de la France pour l’éducation sont-elles à ce point supérieures à celles des pays voisins comparables et les résultats scolaires de ses enfants sont-ils jugés à ce point excellents qu’on puisse réduire fortement les coûts sans nuire à la qualité de l’enseignement ? »

 

Sur le plan des dépenses, la réponse est fournie par l’OCDE :

 

L’Education nationale française dépense 5430 euros en moyenne par élève en primaire et secondaire, les Etats-Unis et la Suisse (8580 euros), les pays scandinaves, l’Autriche, le Canada (6000 à 6400). La moyenne de l’OCDE est 5343.

 

Pour le primaire, la France dépense 3575 euros, les pays européens 3861. Pour les collèges, 5434 contre 4648. Pour les Lycées, la France, avec 7150 contre 5362, est à égalité avec l’Allemagne, au quatrième rang européen, n’étant dépassée que par le Luxembourg (12 368), la Suisse (10 723) et la Norvège (8576).

La France consacre au primaire et secondaire (BTS compris), 4,2% de son PIB, plus que la moyenne de l’OCDE (3,9%). Mais elle est parmi les pays dont la part scolarisable de la population (5-14 ans) est la plus élevée. La part du privé, 0,3%, est aussi à la moyenne, elle est nettement plus élevée en Suisse, Grande Bretagne et Allemagne.

Les 5-14 ans suivent, au total, 7500 heures de cours contre une moyenne OCDE de 6800; l’écart est surtout important dans le secondaire.

 

La France compte 19,4 élèves par enseignant dans le primaire (moyenne OCDE 14,1).

 

On voit bien que là où l’effort français est moindre, c’est dans le primaire. Dans l’ensemble, les temps d’enseignement imposés à nos enfants de 7 à 14 ans, sont parmi les plus élevés. Quant à la taille des classes, c’est encore le primaire, qui est moins bien loti en France qu'à l’étranger.

 

Les finances de la France imposent des économies importantes. Mais elles ne doivent pas être réalisées en priorité sur le dos de la fonction publique d’Etat.

D’ailleurs, durant la campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy avait bien expliqué que la gabegie provenait des doublons en fonctionnaires dans les collectivités territoriales

 

 
C’est très exactement ce que résume Franz-Olivier Giesbert sur RTL le 6 mars 2009 :

 

« Nos collectivités locales fonctionnent comme une usine à gaz. Nous avons empilé les échelons, ce qui évidemment renchérit les coûts, et dilue les responsabilités.

La preuve que ça cloche, c'est que le nombre des fonctionnaires territoriaux a pratiquement doublé en 20 ans, pour s'approcher des deux millions. Ils ne sont évidemment pas gérés du tout. Loin de moi l'idée de les montrer tous du doigt, et tant pis si je déclenche une tempête de protestations téléphoniques, mais il faut savoir que leur taux d'absentéisme, de 13%, pour raison de santé notamment, est beaucoup plus important que celui de la fonction publique d'Etat qui est de 7,3%, chiffre déjà plus élevé que celui du privé. Vous atteignez ainsi le chiffre de 22% d'absentéisme, 22% à Aix en Provence, on se frotte les yeux. Que voulez-vous, on a la santé fragile dans la territoriale.


L'économiste Jacques Marseille a d'ailleurs calculé qu'avec le taux d'absentéisme de la fonction publique d'Etat, la fonction publique territoriale aurait besoin de 100.000 fonctionnaires de moins.

Désolé, je sais que je vais me faire agonir, mais c'est la réalité, si les noms ont un sens, ça s'appelle de la gabegie.


Ce qui est sûr, c'est que le mille-feuilles composé par les différents échelons, régional et départemental, une particularité française, fabrique plus de bureaucratie et plus de surcoût. Il faut donc simplifier ce système, le rationaliser, et il y a quelque chose de comique à entendre nos politiciens entonner l'air des grands principes au nom de leur clocher ou de leur terroir, avec la même arrière-pensée, qu'ils soient de droite ou de gauche : "touche pas à mon mandat", dans les deux sens du terme, électoral et pécuniaire
 ». (Franz-Olivier Giesbert sur RTL – 6 mars 2009)

 

 

On le voit, le gouvernement a fait des « coupes sombres » dans les dépenses là où c’était le plus facile et le plus injuste. Evidemment, il n’est pas facile de « tailler » dans les effectifs des collectivités territoriales sans s’attirer les foudres des « baronnies » locales.

 

Certes, d’autres « réformes » toucheront l’Education nationale dans les mois à venir, mais ce ne seront, une fois de plus, que des mesures comptables (nouvelles suppressions de postes par milliers) ou des aménagements scolaires (classe le mercredi, horaire de l’aide personnalisée…).

Les indispensables réformes de structure seront reportées au prochain quinquennat.

 

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 10:02


L'inspection « à la française » est devenue obsolète en Europe…

 

Entre étonnement réel et faux apitoiement ("ah ! Vous en êtes encore là en France !"), Françoise Mallet, inspectrice générale, ne mâche pas ses mots. Elle raconte à quel point l'inspection "à la française" est devenue obsolète en Europe.

Dans la revue de l’Inspection générale, elle rend compte de sa participation à un congrès de la SICI, une association d'inspecteurs généraux européens.

"L’inspecteur général venant de France ressent rapidement le caractère très décalé de sa présence au milieu d’une telle assemblée" écrit-elle. "Il écoute avec attention les collègues, sans pouvoir participer à leurs débats, dans un relatif isolement culturel franco-français. En effet, quelles « bonnes pratiques » d’évaluation d’établissements présenter aux autres pays, quand en France l’inspection générale n’en fait pas ?...  et les inspections territoriales non plus, du moins pas avec un tel degré d’exigence et d’exhaustivité ? Quelle contribution apporter à la réflexion sur l’assurance-qualité dans les écoles, alors qu’il n’a jamais utilisé ce concept ?... Ceci parce qu’un peu partout en Europe s’est imposée l’idée que la qualité de l’enseignement est d’abord l’affaire des établissements eux-mêmes. Les établissements disposant d’une dose d’autonomie pédagogique et budgétaire doivent s’employer à tirer le meilleur parti de leurs ressources et de leurs élèves, quelle que soit la situation de départ de ces derniers".

 

En outre, et sans doute pour longtemps encore, une attention particulière est désormais portée aux coûts et à l’efficience. À la culture des moyens succède peu à peu celle du résultat. La mise en place de la LOLF a fait des notions d’objectifs, de performances, d’indicateurs, les maitres-mots de l’action publique et la notion de « gain de productivité » est de moins en moins une expression taboue. De cette nouvelle réalité, rien sans doute ne témoigne plus que l’actuelle démarche de révision générale des politiques publiques (RGPP).

Au sein de cet environnement, la sphère éducative a connu sa propre évolution. Le système s’est complexifié avec l’entrée en jeu de nouveaux partenaires.

Une part d’autonomie a été reconnue aux entités de base devenues, à l’exception des écoles primaires, des établissements publics dotés d’un conseil d’administration.

De nouveaux modes – peut-être aussi de nouvelles modes – de gouvernance sont apparus dans les relations entre ministère et universités, ministère et académies, académies et établissements: démarche de projet, contrats d’objectifs, dialogue de gestion…

Au total, une nouvelle logique s’est imposée: la traditionnelle séquence «norme-application-vérification» a laissé place à la séquence «objectifs-moyens-résultats».

 




La semaine de 4 jours, c’est fini ?

 

Etaler la semaine d’école sur cinq jours sans toucher à la grasse matinée familiale du samedi, désormais acquise. Ce serait possible en envoyant les enfants à l’école le mercredi matin. En échange, ils pourraient ranger les cahiers plus tôt chaque jour, même s’ils restent à l’école pour d’autres activités, jusqu’à ce que parents ou nounou viennent les y chercher.

La suggestion va forcément faire débat. Lorsque l’inspecteur d’académie du Val-de-Marne l’avait émise début octobre, il avait soulevé un tollé local. Cette fois, elle vient de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, qui lance carrément une campagne nationale. Parents de tous bords, enseignants et communes sont invités à y réfléchir en conseils d’école et tenter de mettre en place, pour la rentrée prochaine, des semaines de neuf demi-journées de classe.

«Toutes les études le démontrent : la semaine de quatre jours, avec six heures de cours quotidiennes, est le pire des systèmes.» : Jean-Jacques Hazan, le président de la FCPE, la première fédération de parents d’élèves, a donné le coup d’envoi, hier à Paris, d’une campagne en faveur de la semaine scolaire de quatre jours et demi, avec le mercredi matin et au maximum cinq heures de cours par jour.


« Il en va du bien-être et de la réussite des enfants ! » plaide le président de la FCPE, Jean-Jacques Hazan. Le rythme de quatre jours de cours, six heures par jour, instauré presque partout depuis la rentrée dernière « est le pire qui soit du point de vue des enfants », souligne Claire Leconte, chercheur en psychologie à Lille-III : « La France est le seul pays au monde à soumettre ses élèves à un tel régime. » Epuisant, estime la chercheuse. « Qui dit jour de congé, en l’occurrence en pleine semaine, dit coucher moins tôt la veille, et tout parent sait que l’enfant ne dort pas plus tard le lendemain pour autant ! » « On apprend aussi mieux, un peu chaque jour, que beaucoup d’un coup », renchérit Jean-Jacques Hazan. « Toutes les études depuis trente ans sont d’accord là-dessus. Alors réfléchissons ensemble, en pensant pour une fois aux enfants et pas aux seuls intérêts des adultes. »

 


Plusieurs villes y pensent


Au ministère, on se défend d’avoir « imposé » la semaine de quatre jours en supprimant le samedi matin travaillé. En confidence, le ministre n’a même jamais caché qu’il était pour l’école le mercredi matin, que deux écoles sur cinq, dans la Vienne, ont par exemple réussi à conserver. On sait également que X. Darcos aurait souhaité généraliser le système mis en place dans sa ville de Périgueux. Nicolas Sarkozy, n’écoutant que lui-même et certains sondages, en a décidé autrement. Sans consultation aucune.

« Sauf que, de fait, pour beaucoup, c’était impossible à organiser entre le décret de mai supprimant le samedi et la rentrée, rétorque la FCPE. La semaine de quatre jours est devenue le droit commun. Aujourd’hui, pour revenir à 4,5 jours de classe, il faut l’accord du conseil d’école, puis demander une dérogation que certaines académies ont même refusée ! »

 

L’académie de Créteil s’apprête en effet à expérimenter, à la rentrée 2009, une nouvelle forme de semaine de cinq jours, avec travail le mercredi !


Fin de journée à 15 h 40


Concrètement, pour tous les enfants du primaire des villes qui accepteraient cette solution, il y aurait école les lundis, mardis, mercredis, jeudis et vendredis, de 8 h 30 à 15 h 40, soit un rythme scolaire équivalent à celui des élèves de Grande-Bretagne. Les écoliers en difficulté auraient droit à deux heures de soutien le matin avant les cours, à l’heure du déjeuner ou le soir, selon le modèle choisi par leur école cette année. Rien de nouveau de ce côté-là. De 15 h 40 à 18 heures, en revanche, les enfants se verraient proposer quatre types d’activités, gratuites : aide aux devoirs, activités sportives, activités culturelles ou artisanales, langues étrangères.


Plus conforme au rythme prôné par les chronobiologistes, qui dénoncent depuis des années les journées trop longues des écoliers français, le système risque de provoquer des couacs. Problème pour les familles, qui devront récupérer ou faire chercher leurs enfants plus tôt à la sortie de l’école. Difficulté pour les communes, qui vont devoir gérer les conséquences des mercredis matin travaillés : revoir encore une fois l’offre des centres de loisirs et des activités sportives.

 


Aider son enfant à faire ses devoirs

 

Bien que les devoirs écrits - mais pas les leçons - soient interdits à l'école primaire depuis le 3 janvier 1957, des enseignants continuent d'en donner. A tel point que ceux qui dérogent à la règle paraissent suspects aux yeux des parents. "Le problème des devoirs, c'est qu'on renvoie à la famille la gestion de la réussite, considère Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). D'autant qu'il arrive que des enseignants donnent à leurs élèves des sujets qui n'ont pas encore été abordés en classe. Cette sous-traitance pédagogique génère des inégalités."

 

 

Pour faire face à ce problème, le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a instauré un accompagnement éducatif après la classe pour les écoles primaires en zone d'éducation prioritaire et dans les collèges, sur la base du volontariat. Tous les parents ne sont pas capables, en effet, de jouer les répétiteurs. "Un devoir ne doit en aucun cas aborder un thème nouveau" insiste Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, le principal syndicat des professeurs du primaire.

 

Pour Elizabeth Côté, psychopédagogue à l'université Laval de Montréal, il est inutile de donner des devoirs avant l'âge de 9-10 ans. Et, par la suite, le rôle des parents consiste essentiellement à organiser les choses matériellement, à dispenser des encouragements pour les efforts fournis, à vérifier que les devoirs sont faits mais surtout à ne les faire à la place de son enfant. "S'il n'y arrive pas, je conseille aux familles de mettre un mot au maître pour signaler, qu'en dépit de ses efforts, l'enfant n'a pas réussi."

 

Philippe Hermant, enseignant de CM2 dans le Pas-de-Calais, veille à donner des devoirs qui peuvent se faire sans aide extérieure. "Quand je vois la quantité de travail que les élèves de 6e ont à faire, il me semble important de les préparer", explique-t-il. Cela n'empêche pas les parents d'être présents en faisant, par exemple, réciter les leçons. Le mieux est de poser des questions en rapport avec le texte mais de ne pas exiger du "par cœur", sauf pour une poésie ou un texte de théâtre.

LE MONDE | 03.02.09





Une loi pour interdire les châtiments corporels

 

Le 11 juin 2008, nous avions consacré un article à la sacro-sainte fessée… que le Conseil de l’Europe s’apprêtait à interdire. Nous y avions joint un article du Dr Maurice Berger, chef du service de psychiatrie de l'enfant au CHU de Saint-Étienne opposé à l’interdiction de la fessée.

 

18 pays d’Europe l’ont interdite


En 2006, les Nations unies avaient fixé à 2009 l’année butoir pour l’abolition des châtiments corporels envers les enfants dans le monde. Seuls 23 pays sur 192 membres l’ont suivi à ce jour.

 

Dans un texte présenté le 4 février à l’ONU à Genève, la Défenseure des enfants Dominique Versini propose d'interdire tout châtiment corporel, convaincue de l'intérêt d'une loi pour faire changer les mentalités.

"Les châtiments corporels et l'humiliation demeurent des pratiques encore trop souvent tolérées, et il serait temps d'inscrire dans la loi la prohibition de toute violence et châtiments corporels au sein de la famille, de l'école et des établissements accueillant des enfants", écrit-elle.


Dominique Versini explique "qu'à la suite d'un déplacement dans le département de la Réunion où le problème des violences subies par les enfants est très important, pour des raisons liées à la tradition, elle considère que l'interdiction dans la loi des châtiments corporels comme méthode éducative favoriserait l'évolution des comportements".

 

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 23:11

En 20 ans, le niveau des élèves de CM2 a changé, établit une étude non-publiée de la D.E.P.P. (Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance). L'étude compare les résultats en calcul et français d'écoliers de CM2 de 1987 à 2007. Elle a été terminée en mai 2008.

Ne supportant plus de voir leurs travaux interdits de publication sur Internet, des chercheurs de la D.E.P.P. ont décidé de la rendre publique.

 

"Les résultats sont contrastés selon les domaines et les périodes. En lecture, les résultats sont stables de 1987 à 1997 ; en revanche, on observe une baisse significative du score moyen entre 1997 et 2007, plus prononcée pour les élèves les plus faibles" précise l'étude "La situation est différente en calcul : une baisse importante des performances, touchant tous les niveaux de compétences, est observée de 1987 à 1999 ; puis, de 1999 à 2007, les résultats stagnent. Concernant l’orthographe, le nombre d’erreurs, essentiellement grammaticales, constatées à la même dictée a significativement augmenté de 1987 à 2007".

 

Ces résultats montrent donc une baisse de niveau plus marquée que dans l'enquête PISA, particulièrement sur le plan de l'orthographe.

 

 

Lire, écrire, compter : les performances des élèves de CM2 à vingt ans d’intervalle 1987-2007

 

En 2007, la reprise d’une enquête de 1987, portant sur la lecture, le calcul et l’orthographe en fin de CM2, permet de comparer les performances des élèves à 20 ans d’intervalle, à partir des résultats observés aux mêmes épreuves. De plus, des points intermédiaires de comparaison sont disponibles, en 1997 pour la lecture et en 1999 pour le calcul.

 

En 1987, l’enquête « Lire, écrire, compter » a évalué les performances d’un échantillon d’élèves de fin de CM2 en lecture, en calcul et en orthographe. La DEPP a reproduit cette enquête en 2007 auprès d’un nouvel échantillon d’élèves. Cette reprise permet de mesurer l’évolution des acquis des élèves de fin de CM2 à vingt ans d’intervalle.

 

 

Les premiers résultats sont présentés dans cette Note d’Information.

 

Les épreuves

 

Les épreuves de 1987 étaient composées de 40 items (questions) pour la lecture (compréhension de textes courts et variés), de 33 items pour le calcul (opérations et petits problèmes), d’une dictée d’environ dix lignes et de dix phrases à compléter pour l’orthographe et la grammaire. En 2007, les épreuves ont été reprises à l’identique, à l’exception de certains items de calcul, hors programmes aujourd’hui, comme les divisions de nombres décimaux par exemple.

Entre 1987 et 2007, des points intermédiaires de comparaison sont disponibles en lecture ainsi qu’en calcul. En effet, le « volet lecture » de l’enquête avait déjà fait l’objet d’une reprise en 1997, dont les résultats ont été publiés par la DEPP en 1998.

L’analyse avait montré une grande stabilité des performances en lecture entre 1987 et 1997. Concernant le calcul, onze items d’une évaluation menée en 1999 en fin de CM2 ont été utilisés pour remplacer les items éliminés de l’épreuve de 1987. Bien qu’il n’y ait pas d’itemscommunsentre1987 et 1999, il est possible d’établir des comparaisons entre les trois points 1987-1999-2007, grâce à des modèles statistiques adaptés.

 

Les élèves

 

En 1987 comme en 1997, la population visée était celle des élèves de CM2 du secteur public en France métropolitaine. Par la suite, les élèves du secteur privé ont été inclus dans les échantillons des enquêtes de 1999 et 2007. Les comparaisons effectuées dans cette Note portent donc uniquement sur les élèves du secteur public. À chaque date, les échantillons sont composés de plusieurs milliers d’élèves – entre 2 500 et 4 500 selon les périodes – représentatifs de la population visée.

 

Les procédures

 

Les procédures sont standardisées : les consignes de passation et de correction des épreuves ont été reprises à l’identique aux différentes périodes. De plus, en 2007, la correction a été centralisée et fiabilisée, grâce à des procédures de doubles corrections.

 

 

Résultats globaux

 

Lecture

 

Les distributions des scores des élèves de 1987 et de 1997 sont proches : cette stabilité des résultats en lecture avait déjà été constatée dans le rapport publié en 1998. En revanche, il apparaît que la distribution des scores des élèves de 2007 est décalée vers les niveaux de compétences les plus faibles, par rapport aux deux dates précédentes.

Les données synthétiques confirment ce constat : la moyenne des scores obtenus est stable de 1987 à 1997, puis baisse de 1997 à 2007 (diminution de plus d’un tiers d’écart-type). Cette baisse est plus marquée pour les élèves les plus faibles.

Ainsi, deux fois plus d’élèves (21 %) se situent en 2007 au niveau de compétence des 10% d’élèves les plus faibles de 1987.

À l’opposé, les meilleurs élèves sont moins concernés par cette tendance : ils sont encore 8 % en 2007 à dépasser le niveau que les 10 % les meilleurs dépassaient en 1987. Ces observations sont à rapprocher du fait que la dispersion des résultats (l’ampleur des écarts entre élèves) est plus élevée en 2007 qu’il y a dix ou vingt ans (écart-type de 1,2 en 2007 contre 1 en 1987 et en 1997).

Des analyses plus détaillées semblent montrer que la baisse moyenne s’observe quel que soit le type de compétences mises en jeu (compréhension immédiate, construction d’informations et de significations, etc.). En revanche, pour les questions nécessitant la rédaction d’une réponse construite, le taux de non-réponses augmente de manière constante de 1987 à 2007. Ce phénomène a déjà été mis évidence, notamment grâce aux récentes évaluations internationales PISA et PIRLS. Il renvoie au fait que les élèves français ont tendance à s’abstenir de répondre aux questions exigeant un effort de rédaction.

 

Calcul

 

La situation est différente en calcul. On note une baisse importante des scores obtenus en calcul entre 1987 et 1999 (le score moyen diminue d’environ deux tiers d’écart-type).

Cette baisse touche tous les niveaux de compétences et s’accompagne d’un accroissement de la dispersion des scores (augmentation de l’écart-type de 1 à 1,2 entre 1987 et 1999).

De 1999 à 2007, il s’opère un « tassement » des résultats : le score moyen est en légère baisse, mais de manière peu significative, au regard des marges d’incertitude inhérentes aux enquêtes sur échantillons.

Parallèlement, la dispersion se stabilise avec une légère baisse, là encore peu significative. Ce redressement est peut-être à mettre au compte de la remise à l’ordre du jour du calcul dans les programmes de 2002 avec, en particulier, l’accent mis sur le calcul mental et l’apprentissage des techniques opératoires.

 

Orthographe

 

La même dictée a été proposée aux élèves de 1987 et de 2007, à partir d’un texte d’une dizaine de lignes (85 mots et signes de ponctuation).

Le nombre d’erreurs (nombre de mots mal orthographiés ou de ponctuations erronées) a augmenté en moyenne : de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007.

Le pourcentage d’élèves qui faisaient plus de quinze erreurs était de 26 % en 1987, il est aujourd’hui de 46 %. Ce sont principalement les erreurs grammaticales qui ont augmenté : de sept en moyenne en 1987 à onze en 2007.

Par exemple, 87% des élèves conjuguaient correctement le verbe « tombait » dans la phrase « Le soir tombait. » ; ils ne sont plus aujourd’hui que 63% des élèves. En revanche, sur des conjugaisons difficiles pour les élèves de CM2, comme l’accord avec l’auxiliaire « avoir », le pourcentage de réussite n’évolue pas : environ 30 % des élèves, que ce soit en 1987 ou en 2007, écrivent correctement le verbe « vus » dans la phrase « Elle les a peut-être vus ! ».

 

 

Résultats complémentaires

 

Inégalités sociales

 

Le recueil des professions des parents permet de comparer l’évolution des différences entre groupes d’élèves selon leur origine sociale. En lecture, les inégalités sociales ont tendance à se creuser : la baisse constatée entre 1997 et 2007 n’a pas touché les enfants d’origine sociale favorisée (PCS du chef de famille « cadres et professions intellectuelles supérieures »).

Ce résultat est cohérent avec le fait que la diminution des performances en lecture concerne plus particulièrement les élèves les plus fragiles. Dans une moindre mesure, ce phénomène s’observe également en dictée : l’augmentation du nombre d’erreurs est moins marquée pour les enfants d’origine sociale favorisée.

En calcul, la baisse importante des résultats moyens de 1987 à 1999 est générale, elle a touché toutes les catégories sociales, ce qui laisse supposer un effet principalement lié à l’apprentissage scolaire.

 

Retard scolaire

 

La pratique du redoublement a évolué au cours des vingt dernières années. De nombreuses études ont montré son caractère inefficace et inéquitable. Pour mémoire, le taux d’élèves en retard en fin de CM2 a fortement diminué de 1987 à 1997 : il est passé de 33% à 19% ; il s’est ensuite stabilisé autour de 16 % en 2007.

En lecture, la baisse des performances moyennes concerne les élèves « à l’heure » comme les élèves « en retard », ayant redoublé au moins une fois au primaire. Cependant, l’évolution des résultats mérite d’être précisée. De 1987 à 1997, on observe une légère baisse des résultats, équivalente dans les deux groupes (« à l’heure » et « en retard »), alors que la moyenne générale est stable. Cette période de réduction massive des redoublements s’est ainsi accompagnée d’une stabilité des résultats d’ensemble. En revanche, entre 1997 et 2007, le taux de retard est quasi stable et le niveau de compétence baisse de manière générale mais, plus particulièrement, pour les élèves en retard.

Ce constat est cohérent avec le fait que la baisse touche plus spécifiquement les élèves les plus faibles, en lecture. En calcul, l’évolution est différente : la baisse massive observée de 1987 à 1999 est un peu plus marquée chez les élèves « en retard ». Enfin, en dictée, le nombre moyen d’erreurs a plus augmenté pour les élèves « en retard » que pour les élèves « à l’heure ». Globalement, que ce soit en lecture, calcul ou orthographe, les différences entre élèves « à l’heure » et « en retard » ont augmenté.

 

Garçons, filles

 

L’évolution des performances est la même chez les garçons et chez les filles. En lecture et en calcul, les différences sont ténues aujourd’hui comme il y a vingt ans, même si les garçons ont légèrement l’avantage en calcul, et les filles l’avantage en lecture. C’est surtout en orthographe que les filles se distinguent : elles font en moyenne deux erreurs de moins que les garçons. Cependant, le nombre d’erreurs à la dictée a augmenté de façon identique entre 1987 et 2007, pour les filles comme pour les garçons.

Les résultats présentés ici sont à considérer comme de premières tendances, fondées sur des éléments objectifs qui garantissent la comparabilité dans le temps, notamment grâce à la répétition, à l’identique, de la mesure et aux précautions prises sur l’instrument et son fonctionnement.

Ces résultats sont cohérents avec ceux des récentes évaluations internationales PIRLS et PISA et doivent alerter sur l’augmentation du nombre d’élèves en difficulté dans le système éducatif français. Ainsi, l’enquête PISA fait ressortir une augmentation de la proportion de jeunes de quinze ans en difficulté de lecture. Si l’enquête PIRLS ne décèle pas de tendance significative en France ; les résultats des élèves de CM1 en lecture apparaissent médiocres par rapport aux résultats moyens des élèves européens.



P.S. : Le Ministère de l'Education nationale vient de décider de publier les études "cachées" et notamment celle du jour "Lire, écrire, compter : les performances des élèves de CM2 à vingt ans d'intervalle 1987-2007

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 15:35



Déception et impression de ministre en fin de mission… Tels sont les commentaires les plus entendus après la conférence de presse du 22 janvier au cours de laquelle Xavier Darcos a présenté son programme d’action pour 2009.

 

Que retiendra-t-on de ce programme d’action 2009 ? Essentiellement le recrutement de 5.000 agents, en emplois aidés dans le cadre du plan de relance, pour prévenir les familles de l'absence de leurs enfants.

 "Avec Fadela Amara, (...) nous avons décidé de recruter 5 000 médiateurs de la réussite scolaire, qui feront l'interface entre l'école et les parents", a annoncé le ministre.

 

Création d’emplois aidés… Pourtant, durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n’avait pas de mots assez durs pour fustiger les emplois aidés qui « ne sont pas de vrais emplois », qui « coûtent cher au budget de l’Etat et creusent le déficit »… Des emplois « sans formation » qui « ne débouchent sur rien »… Il parlait alors de « traitement social du chômage »…

« Depuis trop longtemps, on utilise les contrats aidés pour améliorer artificiellement les statistiques avant de renvoyer, à la fin du contrat, les personnes en insertion, à la case départ, le RMI ou le chômage ».

 

Mais voilà, la crise est passée par là et Nicolas Sarkozy redécouvre alors que c’est utile.

Bref, ces 5.000 "médiateurs de la réussite" iront au devant des familles dont les enfants ne sont pas assidus à l'école.  On imagine l’argument choc qu’ils utiliseront pour faire cesser l’absentéisme :

« Si tu ne retournes pas à l’école, plus tard, tu feras contrat aidé…comme moi. »

 

Autre annonce faite par le ministre : sa très emblématique réforme du lycée n’est pas enterrée. Certes, mais son report et le fait qu’elle a été désormais confiée au directeur de Sciences po, Richard Descoings, ont sonné comme un désaveu pour Xavier Darcos.

Mais voilà qu'un nouvel acteur entre en scène et pas n'importe lequel : le député Benoist Apparu. Cet ancien membre de son cabinet vient d'obtenir la création d'une mission parlementaire sur la réforme du lycée avec un modus operandi et un calendrier similaire à celui de la mission Descoings. Rue de Grenelle, on relativise encore : les deux missions sont complémentaires, c'est toujours le ministre qui tranchera.

 

Outre ces deux annonces faites par X. Darcos, ce qu’ont retenu les observateurs, c’est surtout l’impression que le ministre semble à la recherche d’un second souffle qu’il peine à trouver. Au point que la question se pose de savoir s’il ne se considère pas déjà en fin de mission.

 

"Ma mission est terminée", ne cesse-t-il de répéter. Plus précisément, il juge que la plupart des objectifs de sa lettre de mission, reçue le 5 juillet 2007 de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, sont atteints.

Il l'a dit publiquement une première fois le 13 janvier, comme incidemment, alors qu'il était interrogé sur France Info sur son avenir au gouvernement. "Je veux aller jusqu'au bout de ma lettre de mission, elle est presque achevée, je dois dire, d'ailleurs. Mais je veux mettre la réforme du lycée sur les rails", avait-il dit. La veille, le chef de l'Etat, en déplacement à Saint-Lô (Manche) sur le thème de l'éducation, avait estimé que le programme contenu dans la lettre de mission de M. Darcos était "sur le point d'être entièrement réalisé".

D’ailleurs, X. Darcos confie : « Je ne pense pas que ce sera moi qui mettrai en œuvre la réforme des lycées à la rentrée 2010 ». Et les syndicats enseignants ne résistent pas au plaisir de s'interroger. « Darcos est en difficulté et tout le monde se demande si Descoings n'est pas le futur ministre », glisse même Luc Bérille du SE-Unsa.

 

Même si depuis, X. Darcos est revenu sur ses premières déclarations et se défend d’avoir terminé son action à la tête du ministère : « J'en vois qui écrivent que ma mission est terminéeMa lettre de mission s'inscrit dans une perspective beaucoup plus large », même s’il dément un prochain départ du gouvernement, il n'en laisse pas moins percer sa lassitude envers l'univers de l'éducation nationale, ses traditions de contestation et les formidables résistances auxquelles se heurte, selon lui, quiconque entreprend de le réformer.

 

Néanmoins, c’est une sorte de bilan que dresse M. Darcos lorsqu’il range dans la case "travail accompli" non seulement les chantiers arrivés à terme, mais aussi tout ce qui, à ce jour, est "engagé".

Sa lettre de mission, très dense, compte des dizaines d'objectifs, réalisés à des degrés divers... La réforme du lycée n'y figure pas. Elle ne faisait pas partie des objectifs de départ. Celle de l'enseignement primaire, fierté de M. Darcos, n'est pas citée en tant que telle, mais abordée à travers une série d'exigences plus générales. La mise en œuvre d'un soutien individuel aux élèves en difficulté, la généralisation des études dirigées peuvent être considérées comme acquises. L'amélioration du début de carrière des enseignants est esquissée. Leur "revalorisation" est engagée, mais surtout par le biais des heures supplémentaires. D'autres mesures phares comme la réforme de la formation des enseignants et la suppression progressive de la carte scolaire sont en bonne voie, mais la "suppression des ghettos scolaires" est au point mort.

 

Eprouvé par vingt mois de batailles ininterrompues, le ministre se sent encore capable d'en livrer quelques-unes, mais voit le moment approcher où une relève serait préférable.

« J'ai rempli ma lettre de mission, soit il faut que j'en ai une autre, soit il faut que je me la crée », plaide Xavier Darcos.

Le respect d'un minimum de formes est tout ce que Xavier Darcos a pu obtenir de l'Elysée, contrairement aux humiliations infligées à Rachida Dati. Ce n'est pas grand-chose, mais celui qui, à l'automne dernier, était cité parmi les Premiers ministrables veut croire que c'est ce qui fait la différence entre un ministre désavoué et un autre dont l'ascension est temporairement stoppée.

 

Pour se refaire, Xavier Darcos commence - comme à son habitude - par jouer les « bons élèves » du sarkozisme. Puisque le chef de l'Etat veut des ministres qui « s'engagent » dans les batailles électorales et parce qu'une base arrière n'est jamais superflue, il devrait conduire l'UMP aux régionales en Aquitaine.


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Pour illustrer notre propos, nous reproduisons, dans son intégralité, un article publié sur le site de Philippe Meirieu. Dans ce texte, Pierre Frakowiak (inspecteur honoraire) analyse la "méthode" Darcos et dresse un premier bilan des réformes mises en place par le ministre de l'Education nationale.

 

La destruction de l’école primaire : l’heure d’un premier bilan (Pierre FRACKOWIAK)

 

De nombreux spécialistes, comme Claude Lelièvre, historien de l’éducation, récemment dans Le Monde, des syndicalistes, des responsables de mouvements d’éducation populaire, des pédagogues célèbres comme Philippe Meirieu, André Giordan, Eveline Charmeux, Gérard de Vecchi, des praticiens reconnus comme Sylvain Grandserre1, et tant d’autres personnalités, répètent inlassablement que nous assistons depuis quelques années à une terrible entreprise de destruction de l’école. Les démonstrations sont faites, elles ne sont guère contestables : nous allons

à la catastrophe.

De bonnes âmes s’indignent de tels propos, en particulier chez les cadres qui prônent la loyauté, l’obligation de l’obéissance, le respect de la règle démocratique…

Certaines s’expriment en conscience soit parce qu’elles adhèrent à l’idéologie ultra libérale mise en œuvre avec une détermination purement sarkozienne, ce qui est parfaitement leur droit, soit parce qu’elles méconnaissent l’histoire de l’école, ses fondements, ses enjeux, ce qui peut s’expliquer partiellement par l’absence totale de prise en compte de ces questions fondamentales dans leur formation, soit par une soumission qui s’adapte à toutes les alternances. D’autres s’expriment par opportunisme, ce qui est moins honorable surtout si les mêmes, quand ils étaient en exercice en 1989/90/91, n’avaient pas les mêmes préoccupations et se seraient sans doute indignées si M. Jospin avait usé de l’autoritarisme, des sanctions, des menaces. Leur opposition affichée, leur désobéissance, leur résistance passive à cette époque auraient mérité des analyses plus poussées dans le cadre d’un bilan sérieux et honnête, qui n’a malheureusement jamais été fait, de la loi de 1989.

 

Toutes les mesures prises successivement, tous les effets d’annonce, outre qu’ils ont été décidés, à chaque fois, dans la précipitation politicienne et sans la moindre concertation, sont des actes de destruction. Je sais que des membres de l’encadrement intermédiaire, des inspecteurs, contestent4 ces propos et louent quelques unes de ces décisions… Il faut bien rechercher un peu de positif quelque part si l’on ne veut pas être suspecté de complaisance ou de compromission ou de naïveté. Je sais que plusieurs de ces mesures séduisent l’opinion publique… C’est normal, c’est bien d’abord pour cela qu’elles sont prises, les instituts de sondage et les cabinets de communication sont excellents dans notre pays et le soutien des grands médias est acquis.

On peut prendre chacune des mesures et les analyser avec un peu de hauteur, en recherchant les perspectives. Toutes sans exception s’inscrivent de manière cohérente dans cette volonté de destruction qui inquiète tous les progressistes et qui provoquent des réactions hostiles compréhensibles de la part d’enseignants désobéissants de plus en plus nombreux. Il ne s’agit pas de taxer le ministre d’une sorte de machiavélisme ou de perversion. Il fait son travail, il prépare, tranquillement pendant un temps, plus fiévreusement aujourd’hui, l’installation du système libéral à l’anglo-saxonne, une école à deux vitesses, avec toute une série de mesurettes pour les pauvres, pour se donner bonne conscience. « Vous voyez bien : on fait tout pour eux (le soutien, les stages, des programmes plus simples, des devoirs identiques à ceux qu’avaient leurs parents, etc), ils sont bêtes, on n’y peut rien, c’est comme ça ». Tout est dans l’apparence. C’est un phénomène nouveau en France, à ce point d’exacerbation, car pendant longtemps la droite sous l’influence du gaullisme, n’était pas assimilable à l’ultra libéralisme et l’a même combattu. Il faut dire que l’absence de vrai projet neuf (qui ne soit pas que de l’aménagement de l’ancien) à gauche lui a facilité la tâche.

 

- Les nouveaux vieux programmes. Aucune concertation. Aucune idée des auteurs. Aucun fondement théorique. Une réalité : le mépris pour tous les efforts accomplis depuis 1969 pour transformer l’école à l’initiative des gouvernements successifs de droite et de gauche. Une anomalie : le rejet brutal des programmes de 2002 qui avaient fait consensus et qui avaient obtenu l’aval de M. Darcos lui-même. Une évidence : ces programmes constituent une régression incroyable privilégiant totalement la mécanique à l’intelligence. Rappelons à nouveau que la référence commode aux bases, malgré sa logique apparente, n’a pas de sens. Signalons à nouveau, par exemple, que l’on peut connaître par cœur toutes les règles de grammaire, toutes les définitions, tous les tableaux de conjugaison… et être incapable d’exprimer une pensée structurée, une émotion, une indignation ? Nos prédécesseurs s’en étaient rendu compte dans les années 60 et avaient impulsé, avec l’INRP d’alors, des transformations de pratiques faisant le pari de l’intelligence.

Aujourd’hui, plus personne n’en parle. Bientôt, il faudra remettre en chantier toute la rénovation pédagogique abandonnée. Que de temps perdu, d’énergie gaspillée, de bonne volonté méprisée !

 

- Le service minimum d’accueil. Aucune concertation, même pas avec les maires pourtant concernés au premier chef. Une manière de dévaloriser l’école et les enseignants en suggérant à une partie des citoyens sous informés sur ces questions, que faire l’école, ce n’est pas si difficile, en instillant l’idée que les enseignants sont toujours en grève et s’opposent à tout, en prenant bien soin de ne pas évoquer ce service minimum quand il s’agit de remplacer les enseignants en cas d’absence, de maladie, de congés légaux. Un développement inévitable des conflits entre enseignants et parents… Et, qu’on le veuille ou non, dans les faits, une atteinte au droit de grève. Je connais des enseignants, passionnés enthousiastes, consciencieux, qui renoncent à faire grève au seul motif qu’ils veulent retrouver leur classe et leur matériel en parfait état le lendemain de la grève. On pourrait en sourire, ce serait ignorer totalement le niveau exceptionnel de conscience professionnelle des enseignants des écoles.

 

- La semaine scolaire. Aucune concertation ni avec les enseignants, ni avec les élus locaux, ni avec le secteur associatif. Une annonce. Une mesure autoritaire. Un alourdissement de la journée pour les enfants en difficulté. Une surcharge de travail pour les enseignants astreints à une quantité de réunions et d’enquêtes inutiles.

Chacun sait que le vrai problème est celui de la journée scolaire trop chargée, que les activités de soutien doivent trouver leur place à des moments où tous les enfants sont à l’école pour des activités diverses dans le cadre de projets éducatifs locaux concertés. Cela n’a aucune importance pour le pouvoir. L’ordre du ministre « débrouillez-vous ! » reste dans les mémoires. L’essentiel est l’affichage et les sondages.

 

- Le soutien et les stages de remise à niveau. Aucune concertation. Une curieuse manière, sous couvert de garantie de l’égalité républicaine, de faire de la publicité indirecte pour les officines privées qui étaient déjà fort prospères et qui se multiplient.

Une valorisation systématique du travail des élèves hors temps scolaire au détriment de leur travail dans le temps normal de classe. Aucune réflexion sur l’individualisation, sur la prise en compte de l’hétérogénéité, sur la pédagogie de la réussite. Un renforcement systématique de « l’évaluationnite », de la pédagogie de l’exercice et de la répétition, de la responsabilisation des enfants qui ne travaillent pas assez et des parents qui n’assument plus leurs responsabilités. Une volonté de transformer les victimes en coupables. Et on réussit presque à convaincre des esprits pourtant éclairés que la seule solution pour construire l’école d’aujourd’hui est de reprendre les méthodes qui ont échoué avant-hier. Ne soyons pas dupes. Avec tous ces dispositifs, on peut faire de grandes économies : supprimer les RASED, supprimer la formation initiale et continue… et dévaloriser le métier d’enseignant. L’ultra libéralisme est consubstantiel à la réduction de la dépense publique.

 

- Le renforcement de l’autorité hiérarchique. Pour réussir ou donner une apparence de réussite, on transforme de fait, fondamentalement, les missions des cadres intermédiaires pour en faire des exécutants et des contrôleurs de l’exécution.

Avalanche de notes, d’instructions, d’enquêtes, de contrôles, de réunions d’où il ne sort rien, mais personne ne le dit et un sourire poli suffit à satisfaire les responsables. Les témoignages innombrables que je reçois révèlent un malaise profond dans les écoles, des tensions entre les « pour le retour » au siècle dernier et les « contre », des colères contenues contre certains hiérarques qui vont au-delà même de ce que l’institution leur demande de faire et qui deviennent des propagandistes non pas de textes officiels mais de l’idéologie ultra libérale, le retour de la peur. Que penser de l’inspectrice qui le soir même d’un dépôt de motions des enseignants résistants s’empresse de publier sur le site de sa circonscription, les obligations légales des fonctionnaires et les risques de sanction présentées par un juriste ? Si elle était en exercice dans les années 1989/90/91 ou si elle l’avait été, a-t-elle, aurait-elle, utilisé le même type de menaces pour ceux qui s’opposaient à la loi de 89 ou qui faisaient preuve, parfois avec la bénédiction de leurs supérieurs, de formes de résistance passive qui ont réellement handicapé la mise en œuvre de cette loi, dont les historiens reconnaîtront qu’elle constituait une avancée considérable dans l’histoire de l’école ?

 

- On peut ajouter au tableau noir tous les discours sur l’école maternelle, sur la suppression des aides éducateurs et la création d’un corps de contrôleurs de l’absentéisme, sur le système des primes, sur le pilotage par les résultats sans analyse de ce qui produit ces résultats, sur l’évaluation des maîtres au vu des résultats de l’année ou du mois…

 

ü  L’entreprise de destruction de l’école primaire engagée après 2002 et renforcée en 2005 fait son œuvre. Les résultats de cette politique seront déplorables. Les coupables seront rapidement trouvés : les enseignants.

 

ü  Le bilan de M. Darcos est catastrophique pour l’’école primaire. Les conséquences les plus graves ne seront réellement perceptibles que dans quelques années. On pouvait réellement s’attendre à autre chose quand il a été nommé. Son successeur aura un énorme travail. Même s’il persiste, comme on peut le penser, dans la perspective ultra libérale actuelle, il aura à retisser les liens entre l’école et les familles, entre les enseignants eux-mêmes au sein des écoles, entre les enseignants et une partie de leur hiérarchie, entre l’école et la nation…

 

ü  Les professeurs des écoles maternelles et élémentaires ont besoin d’être soutenus, accompagnés, compris, respectés.

 

ü  Ce n’est pas en essayant de les mettre au pas, en renforçant « l’administratisation », la technicisation, « l’évaluationnite » aigue, les contrôles et le menaces, en méprisant tous les efforts qu’ils ont réalisés depuis la fin des années 60, que l’on pourra obtenir leur mobilisation réelle et l’amélioration de la réussite scolaire.

 

ü  Au-delà de ce nécessaire pacte de confiance à reconstruire avec les enseignants des écoles, il faudra bien se décider sans tarder davantage à expliquer quel citoyen et quelle société nous voulons former avec l’école. L’individualisme et la compétition, la loi du plus fort et la résignation des faibles, la soumission ou la responsabilité, la reproduction ou le pari de l’intelligence, l’école enfermée ou l’école ouverte sur la cité, sur la société de la connaissance et de la communication, sur l’éducation tout au long de la vie…

 

On s’est terriblement éloigné de toutes ces questions fondamentales. Bientôt, elles nous exploseront au visage.

Espérons au moins un petit sursaut…dès le prochain renouvellement ministériel et un nouvel élan progressiste, mobilisateur, enthousiasmant… un peu plus tard… mais pas trop tard.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 23:03


L’année 2009 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices pour les directeurs...
La direction d’école est totalement absente des débats, des projets ministériels ou présidentiels, exclue des grands chantiers de l'Education nationale... Pour le commun des mortels, la profession ne rencontre pas le moindre problème puisqu’on n’en parle pas et qu’elle ne fait pas parler d’elle…

 

Certes, fin 2008, un léger espoir de voir évoluer la situation a pu être perceptible : 3 députés UMP avaient déposé une proposition de loi visant à la création d’EPEP. Même imparfaits, ces EPEP étaient une avancée vers une reconnaissance de la profession. On rêvait même de pouvoir influencer les parlementaires pour les aider à améliorer leur proposition de loi.

 

Patatras ! La grève réussie du 20 novembre et les manifestations importantes, la mobilisation lycéenne et les résultats des élections professionnelles du 2 décembre ont contribué à affaiblir le ministre et à renforcer les centrales syndicales.

Xavier Darcos n’a eu d’autre choix que de revenir sur certaines réformes pourtant annoncées comme indispensables et capitales (maternelle, RASED, lycée…) et mettre sous l’éteignoir certaines autres en préparation. Ainsi la création d’EPEP « n’était plus d’actualité »… D’ailleurs, l’un des députés co-auteur de la proposition de loi annonçait le report de la discussion initialement prévue en janvier 2009…  

 

Côté syndical, c'est comme si les directeurs n'existaient pas ou plutôt comme s’ils n'existaient plus... Pourtant, il n’y a pas si longtemps, on les caressait dans le sens du poil. Il faut se souvenir combien on les a flattés d'octobre à début décembre 2008... Ils étaient partout présents. Un encart dans le moindre bulletin syndical, une allusion dans la plus petite revue locale… Bref, ils étaient associés à toutes les actions en cours. Leur sort était dépeint comme peu enviable et il apparaissait comme une priorité à prendre à bras-le-corps pour en finir avec cette injustice qui touchait ces collègues méritants...

 

Puis subitement, plus rien. Dès le 2 décembre au soir, le néant. Silence radio. Eh oui, braves directeurs, les élections professionnelles étaient passées... Par pudeur, sans doute, les principaux syndicats ne l’ont pas dit ouvertement mais on pouvait entendre, tant ils le pensaient fort, le message suivant : « Merci d'avoir contribué à conforter nos positions majoritaires et de nous avoir permis d'obtenir des postes de délégués déchargés. Maintenant, chers collègues, vous pouvez rentrer dans le rang... et reprendre vos activités. Rendez-vous en 2011 pour les prochaines échéances professionnelles ». Car dans le contexte de contestation du moment, beaucoup de directeurs, oubliant leur intérêt propre, ont rejoint dans la lutte les syndicats les plus revendicatifs.

 

 

Report de la proposition de loi visant à la création d’EPEP, indifférence des syndicats et silence assourdissant des directeurs probablement décontenancés par tant de désinvolture à leur égard… Tout semble annoncer une énième année supplémentaire de statu quo pour la direction d’école.

 

"En décrétant le changement, l'immobilisme s'est mis en marche et je ne sais plus comment l'arrêter". Cette citation d'Edgar Faure, ministre de l'éducation nationale juste après mai 1968, semble inventée pour coller à la situation des directeurs d’école 40 ans plus tard.

 

Voilà ce que nous écrivions sur ce site en présentant nos vœux à nos lecteurs et que nous pouvons reprendre en ce début d'année 2009.
Immobilisme ? Statu quo ? Sauf pour l'empilement des tâches et des responsabilités... Nul doute, l’hiver sera long pour les directrices et directeurs de ce pays…

 

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 13:54


L’année 2008 aura été marquée, dans le domaine de l’Education nationale, par une rafale d’annonces et de réformes qui ont souvent pris de court les enseignants, bien sûr, mais aussi les organisations syndicales.

Cours du samedi supprimés, nouveaux programmes, aide personnalisée, suppressions de postes, suppression de RASED, propos sur les enseignants de maternelle, annonce de la création d’EPEP, loi SMA, réforme du lycée…etc. Bref, de quoi donner le tournis à l’enseignant le plus serein !

Les médias ont abondamment commenté ce tourbillon de réformes. Pour les uns, la cohérence est évidente. Pour les autres, il ne s’agit que d’un fatras de mesures prises sans réflexion…

 

A coup sûr, ce que l’on retiendra le plus des mesures Darcos, ce sont les suppressions de postes par milliers (25 000 en 2 ans).

Posant le postulat que personne ne souhaite affaiblir les résultats scolaires de la jeunesse de son pays, tout un chacun se pose alors la question suivante : « Les dépenses de la France pour l’éducation sont-elles à ce point supérieures à celles des pays voisins comparables et les résultats scolaires de ses enfants sont-ils jugés à ce point excellents qu’on puisse réduire fortement les coûts sans nuire à la qualité de l’enseignement ? »

 

Sur le plan des dépenses, la réponse est fournie par l’OCDE :

L’Education nationale française dépense 5430 euros en moyenne par élève en primaire et secondaire, les Etats-Unis et la Suisse (8580 euros), les pays scandinaves, l’Autriche, le Canada (6000 à 6400). La moyenne de l’OCDE est 5343.

Pour le primaire, la France dépense 3575 euros, les pays européens 3861. Pour les collèges, 5434 contre 4648. Pour les Lycées, la France, avec 7150 contre 5362, est à égalité avec l’Allemagne, au quatrième rang européen, n’étant dépassée que par le Luxembourg (12 368), la Suisse (10 723) et la Norvège (8576).

La France consacre au primaire et secondaire (BTS compris), 4,2% de son PIB, plus que la moyenne de l’OCDE (3,9%). Mais elle est parmi les pays dont la part scolarisable de la population (5-14 ans) est la plus élevée. La part du privé, 0,3%, est aussi à la moyenne, elle est nettement plus élevée en Suisse, Grande Bretagne et Allemagne.

Les 5-14 ans suivent, au total, 7500 heures de cours contre une moyenne OCDE de 6800; l’écart est surtout important dans le secondaire.

La France compte 19,4 élèves par enseignant dans le primaire (moyenne OCDE 14,1).

On voit bien que  là où l’effort français est bien moindre, c’est dans le primaire. Dans l’ensemble, les temps d’enseignement imposés à nos enfants de 7 à 14 ans, sont parmi les plus élevés. Quant à la taille des classes, c’est encore le primaire, qui est moins bien loti en France qu'à l’étranger.

 

Quant aux résultats scolaires, ils n’ont rien d’exceptionnel. Selon l’enquête Pirls, les résultats sont décevants. 

Selon l’enquête Pisa, La France qui était 10ème en 2003 descend au 17ème rang, si l'on compare les mêmes pays en 2003 et 2006.

 

 

Alors parviendra-t-on à convaincre les enseignants de la nécessité d’une telle réforme ? Aussi, avons-nous essayé d’y voir plus clair et tenté de dénouer le fil rouge qui a guidé Xavier Darcos tout au long de cette année.

L’un de nos membres s’est transformé en petite souris et a ainsi pu assister, incognito, aux réunions préparatoires qui ont abouti à ces mesures.
Voici son récit…

 

 

7 mai 2007 : Nicolas Sarkozy est élu Président de la République.

 

10 juillet 2007, le Premier Ministre lance le chantier de la  "révision générale des politiques publiques" (RGPP). De nombreux pays de l’OCDE ont déjà commencé à réviser leurs politiques publiques. En clair, il s’agit de « rationaliser les dépenses publiques » pour réduire les déficits afin de satisfaire les exigences de Bruxelles. Le moyen le plus efficace, d’ailleurs énoncé par le candidat Sarkozy durant la campagne présidentielle, est de réduire le nombre de fonctionnaires d’Etat. Les consignes données par l’Elysée sont claires : ne pas remplacer un fonctionnaire partant à la retraite sur deux !

 

Automne 2007 : Réunion au « Château » (l’Elysée pour les non initiés) du G7 (les 7 chouchous du Président à savoir Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Xavier Darcos, Eric Woerth, Nadine Morano).

 

Le Président  - Vous savez que dans quelques mois, je vais assurer la présidence de l’Union Européenne. Je veux que la France montre l’exemple et qu’elle diminue fortement ses déficits publics. Nous allons donc appliquer la RGPP. Je veux que chaque ministère me présente un plan d’économies digne de ce nom. Les premières décisions sont prises.

J’ai demandé à Rachida Dati de fermer environ 200 tribunaux : un TGI (Tribunal de Grande Instance) sur  8 et un TI (Tribunal d’Instance) sur 2.

Hervé Morin va poursuivre la réduction des effectifs dans l’Armée. De 2009 à 2014, nous supprimerons 54 000 emplois civils et militaires ainsi que de nombreuses unités (régiments).

J’ai demandé à Roselyne Bachelot de travailler sur la carte hospitalière : création des Agences régionales de santé, fusion d’établissements au sein de « communautés hospitalières publiques », fermeture d’hôpitaux de proximité, de services de chirurgie et de maternité ;

Bernard Kouchner a pour mission l’allègement du réseau diplomatique français : transformation d’une trentaine d’ambassades en postes de présence diplomatique simple à format allégé et simplifié, poursuite de la fermeture des consulats, notamment en Europe ;

Michèle Alliot-Marie a reçu sa feuille de route. Elle doit réformer la sécurité publique : suppression de 9500 postes en 3 ans (6000 dans la police et 3500 dans la gendarmerie).

Elle est également chargée de voir quelles sous-préfectures il est possible de fermer. Nous allons aussi entreprendre une réforme des services déconcentrés de l’Etat afin de réduire les grandes directions départementales ». 

 

S’adressant au ministre de l’Education nationale, le Président déclare : « Toi, Xavier, tu as décidé le non-remplacement d’un enseignant partant à la retraite sur 2 (environ 25 000 sur la période 2008-2009). C’est un bon début, Xavier, mais c’est nettement insuffisant. Je te rappelle que tu es à la tête du plus gros ministère. C’est sur toi que nous comptons le plus pour réduire les déficits… ».

 

Et le Président de conclure : « Voilà, messieurs, votre mission. Elle est impérative. Bousculez vos services, s’il le faut, mais qu’ils fassent preuve d’imagination. Je veux que les premiers résultats soient connus des Européens avant ma prise de fonction à la tête de l’Europe. Et surtout, n’oubliez pas de bien vendre vos réformes ! »

 

De retour dans son ministère, Xavier Darcos réunit ses principaux conseillers techniques ainsi que le conseiller à la communication de son Cabinet.

« Messieurs, je sors d’une réunion au Château. Le Président est furieux. Les mesures que nous avons déjà programmées sont insuffisantes à ses yeux. Je vous laisse une semaine pour m’en présenter de plus ambitieuses. Quant à vous, monsieur le conseiller à la communication, votre rôle consistera à « habiller » ces réformes pour mieux les faire passer aux yeux de l’opinion et des syndicats.

Vous devez tous faire preuve d’imagination et surtout, ayez toujours présentes à l’esprit les 4 lettres R.G.P.P. »


 

Une semaine plus tard, Xavier Darcos réunit ses conseillers...

 

X. Darcos  - Je vous écoute, messieurs. 

 

Le conseiller chargé des collèges  - Je propose une refonte des collèges. Nous pourrions fermer progressivement les petits collèges de moins de 200 élèves en zone rurale, et de moins de 250 en zone urbaine.

 

Le conseiller à la communication  - Pour faire passer cette mesure, vous évoquez tout simplement la mutualisation des moyens dans les départements… On fera faire 2 ou 3 rapports qui montreront la nécessité d’aller dans ce sens.

 

Le conseiller à l’enseignement scolaire  - Monsieur le ministre, nous avons une vaste réforme à vous proposer. Une réforme qui comporte plusieurs volets mais, vous le verrez, tout s’enchaîne de façon très logique.

D’abord, supprimer les cours du samedi matin. Moins d’heures pour les élèves, on se rapproche de la moyenne européenne. Les enseignants conservent leur volume horaire. L’opinion ne comprendrait pas qu’ils travaillent moins.

Ensuite, devons revoir les programmes. Il convient naturellement de les alléger pour répondre à la réduction de l’horaire scolaire.

 

Le conseiller à la communication  - Nous en profitons pour revenir aux fondamentaux. C’est ce que notre électorat attend de nous : des méthodes traditionnelles qui ont fait leurs preuves.

 

Le conseiller à l’enseignement spécialisé  - dans la même logique de réduire l’échec scolaire, nous pourrions demander aux enseignants de prendre en charge les enfants en difficulté, par petits groupes, à raison de 2 heures par semaine, après les cours, le midi ou le soir...

 

X. Darcos  - je vous rappelle, messieurs, que nous devons suivre le fil rouge de la RGPP. C’est la mission que nous confie le Président.

 

Le conseiller à la communication  - Justement, monsieur le ministre… Nous sommes dans le droit fil des obligations de la RGPP… Puisque les enseignants ont 2 heures pour assurer une aide personnalisée, nous pouvons supprimer les RASED qui n’ont plus lieu d’être… Nous économisons 3000 postes par an pendant 3 ans…

 

X. Darcos  - mais c’est génial, messieurs. Vous avez d’autres idées de cet acabit ?

 

Le conseiller à l’enseignement préscolaire  - Nous pouvons probablement récupérer des postes en première année de maternelle. En quelques années, le taux d’accueil des élèves âgés de deux ans est passé de plus d’un tiers à un seulement un cinquième (20,9 % à la rentrée de 2007). Je propose de poursuivre cette évolution.

 

X. Darcos  - Les Français sont attachés à leur maternelle…

 

Le conseiller à la communication  - C’est exact. Aussi, j’ai pensé à un argument qui peut faire mouche. Il vous suffirait de déclarer : "Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?"

 

X. Darcos  - Très juste. Merci. Quoi d’autre ?

 

Le conseiller chargé des regroupements d’écoles  - Pour ma part, j’ai envisagé de relancer les EPEP. En regroupant les établissements, on peut espérer diviser le nombre d’écoles par 2 environ…

 

X. Darcos  - Sujet sensible. Les syndicats s’y sont toujours opposés…

 

Le conseiller à la communication  - Pour éviter qu’on ne prenne cette mesure pour une provocation, nous commanderons là aussi quelques rapports qui iront dans le sens de ceux dont nous disposons déjà. Je suggère que nous demandions à quelques parlementaires de déposer une proposition de loi sur le sujet. Ainsi, ce serait un souhait des représentants du peuple et les syndicats auraient plus de mal à combattre cette réforme…

 

Le conseiller aux relations avec les associations  - Il est possible de grappiller quelques centaines de postes dans les associations qui gravitent autour de l’école notamment en réintégrant les enseignants mis-à-disposition…

 

X. Darcos  - Vous semblez faire fi des réactions syndicales… Les syndicats vont organiser grèves et manifestations.

 

Le conseiller à la communication  - Le risque n’est pas mince, en effet. Aussi, monsieur le ministre, avons-nous pensé qu’il serait temps de créer un service minimum d’accueil dans les écoles. Mais il faut le faire par la loi : la loi SMA. Nous aurons mis les syndicats sous l’éteignoir le jour où le Président pourra affirmer : "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit"…

 

X. Darcos  - Tout cela est excellent, messieurs. Vous avez fait preuve d’imagination pour coller aux impératifs de la RGPP et je vous en félicite. Nous allons nous arrêter là aujourd’hui. Je dois maintenant assister à la réunion du G7. Le Président compte faire le point sur l’avancement de la RGPP…

Je vous laisse une semaine pour me proposer des réformes sur le lycée. Mais attention toujours de la même veine... N’oubliez pas de suivre le fil rouge de la RGPP. Il vous faut travailler à la fois sur la réduction d’heures de cours aux élèves et sur la dotation globale horaire. Il y a là un gisement de postes à récupérer. Mais attention : comme pour le primaire, essayez de trouver une cohérence plausible dans ce que vous me proposerez. Il ne faut pas que nos réformes donnent l’impression de n’exister que pour supprimer des postes… ».

 

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Notre petite souris nous a dit : « Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé serait fortuite ou involontaire... »

Néanmoins, d’après le Canard Enchaîné du 22 octobre 2008, Xavier Darcos aurait confié à ses collaborateurs :

« La plupart des mesures que je prends servent surtout d’habillage aux suppressions de postes. »

 


Le ministre a tellement collé aux impératifs de la RGPP, en suivant le fil conducteur de réduction des déficits qu’il en a oublié que ce fil rouge pouvait ressembler à un élastique…

 

Or, chacun le sait, quand on tire trop sur un élastique, il arrive qu’il casse…


 

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 10:13

A Saint-Lô (Manche), tout est prêt pour accueillir le Président de la République qui a choisi ce lieu « tranquille » pour présenter ses vœux au corps enseignant. Nicolas Sarkozy devrait s’y sentir à l’aise. En effet, La Manche est un départemental rural, Saint-Lô est une des plus petites préfectures de France, majorité départementale UMP, député UMP, mairie UMP.

Au-delà des vœux, le Président prononcera un grand discours sur les réformes en cours à l’Education nationale au moment où Xavier Darcos se voit contraint d’infléchir sa politique sur les sujets les plus controversés (maternelle, RASED, lycée…).


Les syndicats enseignants ont clairement annoncé leur refus de participer aux vœux de Saint-Lô. Au même moment, ils donneront une conférence de presse à Paris.

Sur le terrain, il n’est pas impossible que la visite présidentielle soit troublée par des manifestants locaux. Même si toutes les précautions sont prises pour que soit préservée la sérénité de la cérémonie ainsi que l’explique une enseignante de l’école Calmette et Guérin qui accueillera le chef de l’Etat ce matin :

« Depuis lundi, toute la vie de l’école ne tourne qu’autour de cette visite : coups de téléphone, réunions avec les inspecteurs, pressions de la mairie pour rénover l’école (et oui ! vous n’imaginez pas tout ce qui est possible de faire d’un coup...alors que ça fait des mois que nous réclamons ces travaux !) Nous subissons également des pressions sur notre attitude... nous avons décidé de ne pas nous mettre en grève et de montrer notre professionnalisme, sans cirage de pompe !!! Nous serons extrêmement vigilants sur nos propos, nous ne manquerons pas l’occasion de nous exprimer ! »

 

Nicolas Sarkozy devrait évoquer la réforme du lycée et "faire des annonces" sur ce sujet. Il s'était personnellement impliqué en lançant la réforme à ses débuts le 2 juin 2008. Puis, le 16 décembre, il avait confirmé le report en mettant en avant la nécessité de la concertation.


Le Président annoncera la création d'un Haut commissariat à la Jeunesse qui pourrait, entre autres, se charger de réfléchir à la réforme du lycée, repoussée d'un an.

"L'un des axes du propos présidentiel sera consacré au malaise de la jeunesse. Ce n'est en effet, selon le chef de l'Etat, pas tant la réforme du lycée qui a précipité les jeunes dans la rue qu'une inquiétude liée à leur avenir"

"Il entend s'intéresser aux problèmes de la jeunesse déscolarisée comme à ceux des diplômés qui entrent sur le marché du travail" et pour cela il annoncera la création d'un Haut commissariat sur le modèle du Haut commissariat aux solidarités actives piloté par Martin Hirsch.

L'ancien président d'Emmaüs pourrait hériter de cette nouvelle fonction et trois personnes seront chargées d'y réfléchir à la réforme du lycée. Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, serait nommé au sein de cette équipe de trois personnes.

Il devrait également rendre hommage à l’école maternelle. Son ministre tient depuis plusieurs semaines des propos apaisants sur le sujet.   

 

Le tollé provoqué par les déclarations du ministre sur « les couches », le succès de la carte-pétition maternelle, la grève du 20 novembre, le résultat des élections professionnelles… autant d’éléments qui ont sans doute amené Xavier Darcos à infléchir ses déclarations : « excuses » aux enseignantes de maternelle, réaffirmation que « l’école maternelle accueille aussi les enfants de 2 à 3 ans particulièrement dans les secteurs difficiles ruraux et urbains », signature d’un partenariat avec l’Ageem qui réaffirme « la place essentielle de l’école maternelle au sein du système éducatif français » et qui permettra l’actualisation et la réédition du document « Le langage à l’école maternelle ».

Enfin, dernièrement, le ministre a envoyé une lettre au SNUipp en réponse aux différentes interpellations de ce dernier. Il y déclare notamment : « L'école maternelle est une vraie école, sur le fondement d'une pédagogie et de modalités d'organisation spécifiques prenant en compte les besoins des jeunes enfants" écrit-il. "J'y suis fortement attaché ». Il propose de réactiver un groupe de travail paritaire pour « contribuer à l’élaboration d’un plan national de formation tant initiale que continue, des enseignants de maternelle ». Il revient sur les documents d’accompagnement des programmes de 2002 en indiquant que certains d’entre eux pourront être « repris » et « adaptés ».

Nul doute que le Président aura à cœur de dire, lui aussi, tout le bien qu’il pense de l’école maternelle.

 

Quels seront les autres thèmes abordés par le chef de l’Etat ? Réitèrera-t-il le discours-programme de Périgueux le 15 février 2008 ?  Ce jour-là, le président de la République avait vanté le retour à la mémorisation des connaissances et à l'autorité dans les établissements. "Tout groupe humain, quel qu’il soit, a besoin d’être dirigé. Les équipes enseignantes n’échappent pas à la règle".

 

Evoquera-t-il la proposition de loi portant création d’EPEP déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale en décembre 2008 ? Rappelons que cette proposition de loi qui devait être étudiée en janvier par le Parlement est reportée à « février-mars »…

Benoist Apparu, député (UMP) de la Marne et co-auteur du texte avec Frédéric Reiss (UMP, Bas-Rhin), et Guy Geoffroy (UMP, Seine-et-Marne) évoque un "problème de calendrier" dû au retard pris dans l’examen de certains textes à l’Assemblée nationale. Pour autant, assure Benoist Apparu, "la volonté politique" de mettre en place les Epep reste inchangée. Frédéric Reiss a été désigné rapporteur pour la commission des affaires culturelles. "Il a d’ores et déjà lancé un travail d’auditions", précise Benoist Apparu.

 

Les parlementaires à l’origine de la proposition de loi souhaitent prendre le temps de la concertation, avec l’AMF (association des maires de France) notamment. L’objectif est "de ne pas rééditer les erreurs commises sur le SMA (service minimum d’accueil)".

"Les relations se sont tendues à l’Éducation nationale, ce qui ne simplifie pas la mise en œuvre d’une nouvelle réforme", explique le député de la Marne. "Il est évident aujourd’hui qu’on ne peut pas passer ’à la hussarde’ sur un projet comme celui-ci", estime-t-il. En tout état de cause, poursuit le député, la proposition de loi ne pourra s’appliquer en 2009.

 

Ce communiqué ressemble à s’y méprendre à un enterrement de première classe. Certes, la modification de la Constitution a institué de nouveaux droits aux parlementaires. Mais il ne suffit pas qu’une loi soit votée pour qu’elle entre en vigueur. Encore faut-il que les décrets d’application soient publiés. Et cela, c’est du ressort du Président. Or, en France, au 30 septembre 2008, le taux d’application de la loi était de 24,6 %. Oui, seulement un quart des lois ! Et ce chiffre est en recul par rapport à 2006-2007, où il était de 32,1 %.

 

Le président de la République ne prendra certainement pas le risque de rallumer un nouveau foyer alors qu’il doit éteindre ceux provoqués par sa politique de réduction des effectifs (lire nos précédents articles sur l’application de la RGPP). D’ailleurs, X. Darcos n’a-t-il pas laissé entendre aux syndicats que cette réforme « n’était plus d’actualité ».


Il y a donc fort à craindre que les directeurs d’école seront, à Saint-lô, comme ailleurs, les « oubliés » du discours présidentiel…

 

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 14:56

"En décrétant le changement, l'immobilisme s'est mis en marche et je ne sais plus comment l'arrêter". Cette citation d'Edgar Faure, ministre de l'éducation nationale juste après mai 1968, semble inventée pour coller à la situation des directeurs d’école 40 ans plus tard.

 

 

Certes, même si l’on ne voit rien venir, ne perdons pas tout espoir… Ainsi, chez nos voisins Suisses, dans le canton de Genève, à la rentrée de septembre 2008, les écoles ont été transformées en établissements et dotées d’un directeur...

Une situation qui n’est pas sans rappeler la réforme (en pause) de la création d’EPEP… A la différence près que nos voisins n’ont pas lésiné sur le statut du directeur… Les directeurs français n’en demandent pas tant. Ils se contenteraient de bien moins…

…Mais, dis-moi, M’sieu, c’est loin, la Suisse ?

 

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93 directeurs ont été nommés à la tête des écoles primaires du canton, dont certaines ont fait l’objet d'un regroupement. Ils auront pour mission et responsabilité de gérer :

 

Ø  l'enseignement en concertation avec l’équipe enseignante (gestion du projet d'école, affectation des postes, organisation des classes, planification du conseil des maîtres, gestion du parcours de l'élève, etc.) ;

 

Ø  les ressources humaines et financières de l’école (recrutement des enseignants, accueil des nouveaux enseignants, évaluations périodiques, organisation des remplacements, soutien hiérarchique, plan de formation continue, gestion des absences et congés, etc.) ;

 

Ø  la sécurité des élèves ;

 

Ø  les relations avec les partenaires (autorités cantonales et communales, familles, associations de parents, etc.) ;

 

Ø  le conseil d’établissement.

 

 

Pourquoi ce changement ?

 

Vieux de quarante ans, le système ne répondait plus à l’évolution des quartiers, des établissements. Les besoins d’une autorité de proximité ont clairement été exprimés par les parents. Une enquête santé a aussi montré que bien des enseignants identifiaient leurs problèmes de stress, de manque de soutien, de « burnout » (épuisement professionnel) à l’absence totale d’une telle autorité.

 

Premier bilan

 

La plupart des enseignants sont satisfaits de ce soutien qui permet de renforcer l’autonomie de gestion de leur école et l’insertion dans le quartier. Il est cependant légitime que sur 93 directeurs, certains éprouvent des difficultés. La responsabilité de l’institution consiste à les identifier. Un suivi intensif est ainsi en cours.

 

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Dans quelques jours, notre blog reprendra son activité avec le même souci de qualité et d’indépendance vis-à-vis du pouvoir ou des organisations syndicales. Nos lecteurs, de plus en plus nombreux, continueront d’y trouver informations, réflexions et analyses relatives à tout ce qui touche de près ou de loin à leur métier de directeur d’école.

 

L’équipe rédactionnelle de « Directeurs en lutte » vous présente ses meilleurs vœux pour 2009 et souhaite vivement que cette nouvelle année voie enfin la direction d’école reconnue et dotée d’un statut professionnel.


 

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 16:04


L’inspecteur d’académie des Bouches-du-Rhône, comme plusieurs de ses collègues, passe aux actes et met en demeure les enseignants qui déclarent ne pas mettre en œuvre le soutien aux élèves en difficulté dans le cadre des « 24+2 ».

Extraits : « Je tiens à vous rappeler en effet qu’aucun fonctionnaire n’a la faculté de définir les tâches qu’il souhaite accomplir et celles dont il ne veut pas s’acquitter. Il est tenu de mettre en oeuvre l’ensemble des missions qui sont contenues dans les textes définissant son service. La non exécution de tout ou partie de ces missions s’assimile donc à un service non-fait qui, outre des retraits sur salaire, peut se traduire également par des sanctions disciplinaires. Ainsi, le refus d’assurer les heures de soutien aux élèves en difficulté constitue-t-il une forme de de service non fait qui sera sanctionnée du retrait du trentième du salaire pour chacun des jours où ce service n’aura pas été assuré conformément à l’emploi du temps validé par l’inspecteur de circonscription. (…) Au delà de cet aspect réglementaire, l’attitude qui consiste à pénaliser des élèves, et singulièrement les élèves les plus fragiles est particulièrement choquante : elle est bien peu conforme aux idéaux que les maîtres de l’école primaire se sont attachés à promouvoir depuis toujours. Je demande donc aux quelques enseignants qui seraient tentés par cette attitude inacceptable d’y renoncer, faut de quoi je me verrai contraint d’en tirer toutes les conséquences ».

 

Plusieurs enseignants sont ainsi menacés de sanctions.  Après B. Cazals, c'est Jean-Marc Hostachy, en PACA, qui est mis en demeure de mettre en œuvre l'aide individualisée.

 

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