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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 22:59

 

Depuis le mois d’avril, Frédéric Reiss, chargé par le ministre de l’Éducation nationale d’une mission sur les directions d’écoles, recueille les points de vue d'associations, parents d’élèves, syndicats enseignants et représentants de l’Éducation nationale. Il s’est ainsi rendu dans différentes académies (Bordeaux, Nantes, Nice, Paris...).

 

Dans une interview à l’AEF, le député dresse le constat de ses premières auditions.

 

Statut du directeur d’école

 

« Quand on demande aux enseignants si le directeur doit avoir un statut, la réponse est “oui” à une grande majorité, rapporte-t-il dans une interview accordé à AEF. Mais tout le monde ne met pas la même chose derrière le terme « statut » ».

« Lorsqu’on les interroge sur le fait que le directeur doit être représentant de l’État, elle est déjà plus nuancée », ajoute le député.

Mais il ne peut que constater que les enseignants auditionnés se prononcent systématiquement « contre » un statut de directeur hiérarchique.

 

Création d’EPEP

 

La possibilité de mettre en place des établissements publics dans le premier degré est reçue « de manière mitigée » par la profession. Les enseignants rencontrés, sont globalement « assez défavorables aux Epep ».

 

Les cycles à l’école primaire

 

Cette politique de cycles, mise en place par la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, n’a jamais été vraiment mise en œuvre si l’on en croit de nombreux rapports ou audits réalisés ces dernières années. Certains rapports récents vont même jusqu’à attribuer cet échec de la mise en place des cycles à l’absence de pilotage des écoles primaires. Pourtant, « vingt ans après la loi Jospin, tous mes interlocuteurs me vantent le principe des cycles, si critiqués au début, et me disent combien ils jouent un rôle essentiel dans le continuum des apprentissages », déclare Frédéric Reiss…

 

Après avoir reçu, écouté (« sans entendre », selon le SNUipp), Frédéric Reiss vient d'exposer au directeur de cabinet du ministre de l'Education les premières pistes de son travail.

 

  • Un statut de directeur sur le modèle du chef d’établissement

 

Le directeur d’école doit pouvoir jouer le rôle d’un véritable pilote du projet d’école. « Le statut que je vais proposer, quel qu’il soit, devra permettre au directeur d’obtenir l’adhésion des enseignants au projet d’école. » Dans un souci de continuité des cycles, le député estime qu’ « il est important d’avoir un directeur unique pour la maternelle et l’élémentaire ». De même, il fera des propositions pour que le directeur assure le lien CM2/sixième, qui constitue aujourd’hui une « marche infranchissable pour certains élèves ».

 

  • Des établissements publics pour le premier degré (EPEP) pour les grandes écoles urbaines

 « ... car la situation le justifie pleinement, mais ce n’est qu’une solution parmi d’autres. », ce qui permettrait « notamment aux écoles de signer des contrats d’emplois vie scolaire (EVS). Aujourd’hui, cette charge revient aux EPLE ».

Le député se défend pourtant de vouloir imposer les EPEP « d’autant que je suis juste en train de me plonger dans le fonctionnement des regroupements, des réseaux, des RPI ».

 

Fédéric Reiss préconise également d'améliorer la prise en compte des années de direction d'école dans la retraite, de revoir les temps de décharge, de structurer l'intercommunalité, de favoriser l'émergence d'établissements du socle commun et de laisser davantage de place à l'expérimentation.

 

Il précise que son rapport ne se limitera pas à une proposition unique : « Je peux d’ores et déjà dire que je ne proposerai pas une solution au ministre [de l’Éducation nationale] mais différentes solutions qui dépendront de la taille et de la situation des écoles, selon qu’elles sont situées en zone rurale ou urbaine ».

 

Il devrait rendre son rapport définitif à Luc Chatel « la troisième semaine de septembre 2010 ».

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:20

François Baroin, ministre du Budget, vient de présenter  le  quatrième rapport d’étape et les décisions du Conseil de Modernisation des Politiques Publiques.

 

Le Conseil de modernisation des politiques publiques, présidé par le Président de la République a adopté une série de près de 150 nouvelles mesures pour la période 2011-2013.

« Cette nouvelle étape de la RGPP contribuera également à la réduction des dépenses publiques. Les nouvelles mesures permettront de dégager une économie de 10 milliards d’euros et de réduire les effectifs de l’État à hauteur de 100 000 postes. De 2007 à 2012, cet exercice aura conduit à ne pas remplacer plus de 150 000 fonctionnaires et à ramener les effectifs de l’État à ceux du début des années 1990. »

 

Chaque ministère dresse le bilan des actions mises en place et leur degré de réalisation. Ainsi, « la RGPP au ministère de l’Education nationale a conduit à mettre en œuvre dans le premier degré une nouvelle organisation du temps scolaire, avec notamment la création d’un créneau de deux heures par semaine dédié à une aide personnalisée. Cette réforme a été complétée par la réécriture des programmes afin de renforcer les priorités du socle commun de connaissances et la maîtrise de la lecture. L’analyse des résultats des évaluations nationales CE1 et CM2 permet d’en mesurer l’efficacité.

Afin de renforcer encore la lutte contre l’échec scolaire, le ministère poursuit ses efforts dans deux directions :

-          Renforcer le soutien scolaire à l’aide des stages de remise à niveau

-          Optimiser l’organisation scolaire et la mettre au service des objectifs de lutte contre l’échec scolaire et d’ancrage du socle commun de connaissances. Cette mesure concerne l’organisation du réseau des écoles. Le ministère travaille à la création de groupements d’établissements, nommés « Etablissements du socle commun », constitués autour d’un collège. Au-delà de la rationalisation de l’organisation et d’une plus grande souplesse de l’action pédagogique, cette mesure vise à renforcer la continuité des apprentissages du socle commun et la communication entre les enseignants des 1er et 2nd degrés, au bénéfice des élèves et de leurs familles. Cette mesure s’accompagnera d’une optimisation de la taille des classes, prenant en compte les spécificités de chaque établissement. »

 

Dans le précédent rapport d’étape de la RGPP, le ministère se l’Education nationale se félicitait de l’état d’avancement des réformes programmées. Parmi les 6 mesures visant à l’amélioration de la réussite scolaire à l’école primaire, seule l’une d’entre elles restait affublée d’un clignotant rouge (selon la nomenclature utilisée) : la mise en place des établissements publics de l’enseignement primaires (EPEP).

 

Dans le quatrième et tout récent rapport d’étape, cette mesure n’apparaît plus. Elle est littéralement passée sous silence. En revanche, elle semble remplacée par « la création de groupements d’établissements, nommés ‘’Etablissements du socle commun’’ ».


En avril 2010, un rapport parlementaire propose d’expérimenter des « réseaux du socle commun » sur le modèle des RAR, de restructurer l’Igen autour de grands champs, d’instaurer la bivalence pour les enseignants ou encore de remplacer dès 2012 le diplôme national du brevet (DNB) par une attestation de compétences.

Considérant que le socle commun conduit à envisager le parcours de l’élève de l’école primaire à la Troisième, le député Frédéric Reiss (actuellement chargé d’une mission sur le statut des écoles) estime qu’il convient de réorganiser les structures pédagogiques des premier et second degrés pour tirer toutes les conséquences de la réforme votée par le Parlement en 2005.

« De manière plus profonde et plus prospective, le socle commun des connaissances et de compétences couvrant la scolarité obligatoire, n’est-il pas logique d’envisager, pour des raisons d’efficacité pédagogique évidentes, de regrouper, dans un avenir pas trop lointain, écoles primaires et collège(s) sous un même établissement ? L’heure n’est pas encore venue, mais une nouvelle architecture des enseignements du premier et du second degré devrait être ainsi mise en place autour d’"écoles du socle commun ».

En attendant ces « établissements du socle commun », une première étape pourrait être franchie en s’appuyant sur une organisation déjà existante, les réseaux « ambition réussite » mis en place à partir de 2006. On sait que chaque réseau est piloté localement par un principal de collège, pour le second degré, et par un inspecteur de l’éducation nationale pour le premier degré. Un comité exécutif réunit ainsi le principal du collège, son adjoint, l’inspecteur et les directeurs des écoles.

 

Aucune annonce gouvernementale n’ayant accompagné la publication de ce quatrième rapport d’étape de la RGPP, quelques questions subsistent qui intéressent les directeurs d’école :

-          La création des EPEP est-elle abandonnée ?

-          Que seront réellement ces « établissements du socle commun constitués autour d’un collège » ?

-          Quel serait le rôle du directeur d’école par rapport au principal du collège ?

-          Les enseignants des écoles seraient-ils sous la tutelle du principal de collège ?

-          Quel serait le statut du directeur d’école dans ce nouvel établissement ?

-          A terme, le nouvel établissement serait-il le fruit d’une fusion des écoles et du collège ?

-          Les syndicats enseignants approuvent-ils ce dispositif ?

 

Bref, beaucoup d’interrogations…

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 17:06

 

Au terme d’un dernier mandat non renouvelable, Gilles Moindrot, Secrétaire général depuis 6 ans, a cédé la place à Sébastien SIHR. Lors du Congrès de Brive, l’ancien patron du SNUipp a dressé un bilan de son action à la tête du premier syndicat de l’enseignement primaire. Fort de la progression de son syndicat aux élections professionnelles, Gilles Moindrot a également rappelé que son organisation syndicale avait aussi « progressé de plus de 3000 syndiqués de 2007 à 2009 ».

Gilles Moindrot précise toutefois que « cette situation s’est légèrement inversé cette année : elle concerne uniquement une baisse chez les nouveaux syndiqués en revanche les taux de resyndicalisation sont les mêmes. A l’évidence, notre activité et notre orientation conviennent à nos syndiqués mais nous avons plus de mal cette année à aller vers de nouveaux collègues : est-ce le fait des difficultés à organiser des réunions d’infos syndicales ? De la réforme de la formation ? Il reste aussi un effort considérable à fournir en direction des actifs de manière générale et des débuts de carrière. Nous comptons toujours un écart entre le taux de féminisation de la profession (80,3%) et celui du syndicat (76,75%) mais celui-ci s’est légèrement réduit. »

 

Comme toujours avec les syndicats, les chiffres de syndicalisation ne sont pas dévoilés. Tout juste annonce-t-on une hausse de 3 000 adhérents en 3 ans mais sans préciser la valeur de la « baisse chez les nouveaux syndiqués ».

Une lecture fine des propos de Gilles Moindrot permet, en outre, de comprendre que les actifs « de manière générale » et les « nouveaux collègues » font de plus en plus défaut. Ce qui est plutôt inquiétant pour le SNUipp…

 

Dans sa longue intervention, le futur ex-secrétaire général dresse un état de l’école. Il en profite pour passer en revue les multiples réformes qui accompagnent la RGPP et se traduisent par des coupes sombres dans le budget et les moyens alloués à l’Education nationale : « De la suppression du samedi matin aux nouveaux programmes, de l’aide individualisée aux Rased, des évaluations à la comparaison entre le curé et l’instituteur, du SMA, de la maternelle à la formation continue, la formation initiale, les EPEP, tous les secteurs, tous les enseignants sont concernés, et les conséquences sont là …. ». Il évoque ensuite la réforme de la formation, « la suppression de milliers de postes de stagiaires » avant de rappeler « quelques éléments essentiels des propositions de transformation de l’école » relayées par son syndicat.

Nous ne reprendrons ici que celles qui ont un rapport certain avec notre métier de directeur d’école :

« Développer le travail en équipe. Il faut sortir de l’exercice trop solitaire de notre métier. Les questions d’élaboration et de travail collectifs se posent dans tous les métiers. Travailler à plusieurs, croiser les regards, cela permet de prendre le recul nécessaire sur les difficultés et les réussites des élèves. La grande majorité de la profession aspire à son développement, mais tous les enseignants disent que la question du temps de travail est devenue incontournable.

Avec l’augmentation de la charge de travail, le volontariat atteint ses limites ; des décisions institutionnelles sont indispensables : il faut augmenter la part du temps consacré à la réflexion collective. Afin de diversifier les pratiques enseignantes, de pouvoir alterner travail en groupe classe et en petit groupes, de mieux prendre en charges les élèves en difficulté, il est indispensable d’attribuer plus de maîtres que de classes. »

 

Propos ambigus de Gilles Moindrot. Lorsqu’il parle de « l’augmentation de la charge de travail », et ajoute que « le volontariat atteint ses limites », pense-t-il aux directeurs d’école ? On peut en effet l’imaginer.

Quand il poursuit en affirmant que « des décisions institutionnelles sont indispensables », fait-il alors allusion à la nécessité de reconnaître le métier de directeur par un statut ?  

Les doutes sont d’autant plus permis qu’à aucun moment il ne cite précisément les directeurs d’école. Néanmoins, si tel n’était pas le cas, on comprendrait mal ce qu’a voulu dire Gilles Moindrot. A moins qu’à cet instant, il n’ait eu présent à l’esprit le fameux « Conseil des Maîtres Décisionnaire » si cher à la direction du SNUipp…

 

Quelle que soit l’interprétation que l’on puisse faire de ses propos, force est de constater que dans ses adieux, Gilles Moindrot a oublié de saluer les directeurs d’école et omis de présenter les propositions de son syndicat pour améliorer, à travers eux, le fonctionnement de l’école. Espérons que son successeur trouvera les mots justes pour réconforter les « enseignants chargés de direction » dont le « volontariat atteint ses limites »…

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 17:05

 

A l’issue du Congrès de Brive, le SNUipp vient de placer Sébastien Sihr au poste de Secrétaire général en remplacement de Gilles Moindrot. Dans la mesure où nous serons amenés à le citer, il nous a semblé intéressant de présenter le nouveau responsable de ce syndicat. Nous publions ci-après, l’interview réalisée par Fanny Delaire pour le « Journal du Centre » de Nevers.

 

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Qu'est ce qui a motivé votre candidature au poste de secrétaire général du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC-Fédération syndicale unitaire (SNUipp-FSU) ?

Mon élection est plutôt symbolique. L'ancien secrétaire général, Gilles Moindrot, vient d'achever son deuxième mandat de trois ans, non renouvelable. La réflexion du nouveau représentant s'est faite collectivement, avec l'ensemble du syndicat. J'étais en charge depuis cinq ans de la revue Fenêtres sur cours, destinée aux 300.000 enseignants du primaire en France, qui m'a permis de porter un regard global sur notre système éducatif. Ma désignation s'inscrit également dans la volonté de renouveler les générations afin d'avoir un syndicat à l'image de notre profession, où la moyenne d'âge est d'environ 41 ans.


Vous avez intégré le SNUipp tôt, en 1996. Pourquoi ce choix ?

Ce jeune syndicat, créé en 1992 avait un discours novateur. Son combat était celui de la transformation de l'école, en lien avec la recherche qui doit alimenter la pratique de l'enseignant. Il s'agit d'un syndicalisme qui sort des sentiers battus en prenant le prisme de la réussite des élèves.

 

Quels combats souhaitez-vous mener au sein du SNUipp-FSU ?

S'il y a beaucoup de sujets d'actualité frappant de plein fouet notre profession, la réussite de tous les élèves est un axe fort. Le système est clairement inadapté au défi de scolarisation. Trop d'élèves sont laissés sur le côté de la route. Il convient de transformer l'école afin qu'elle réponde à sa mission de démocratisation. Cet enjeu passe par la transformation de l'école et par la mise en oeuvre d'un concept que nous qualifions de "Plus de maîtres que de classes". Par exemple, il faudrait doter de quatre professeurs une école de trois classes, pour permettre plus de souplesse dans l'organisation, un décloisonnement en groupes d'élèves pour améliorer la qualité du travail et encore la coparticipation de deux enseignants. Nous développons l'idée que les professeurs sont trop seuls dans la classe. Pour la réussite de tous, le travail en équipe est primordial.

 

Mais la suppression de postes dans l'enseignement ne va pas vraiment dans le sens du concept "Plus de maîtres que de classes". 

En effet. Nous nous heurtons à la question des moyens. Notre projet va à l'encontre des logiques actuelles de non-remplacement d'un enseignant sur deux, qui ont supprimé 16.000 professeurs des écoles cette année, et certainement tout autant l'an prochain. C'est cette problématique des moyens qui met en danger la maternelle et le non-accueil des moins de trois ans, qui a supprimé les Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), qui augmente les effectifs dans les classes, ou qui prive les enseignants de formation. La thématique des moyens est primordiale aujourd'hui. Il est important de savoir si l'éducation est une priorité ou non, or nous voyons bien que le gouvernement ne fait pas ce pari-là aujourd'hui. Pour exemple, les dépenses moyennes de la France en matière d'éducation sont 15 % moins importantes que les dépenses moyennes des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Si l'État faisait le choix d'aligner son budget sur cette moyenne, nous pourrions mettre en place le principe de "Plus de maîtres que de classes", impliquant encore une fois plus de souplesse dans l'organisation, davantage de temps pour la formation et des remplaçants. Autant d'éléments indispensables à la réussite de tous les élèves.

 

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Nous avons déjà eu l’occasion de citer Sébastien Sihr dans certains de nos articles, notamment ceux qui concernent « la direction et le fonctionnement de l’école ». Ainsi, en août 2006, dans FSC, Sébastien Sihr écrit :

"Aujourd'hui plus que jamais, le SNUipp réaffirme son exigence de prise en compte de la réalité des besoins  des écoles pour une direction et un fonctionnement améliorés. Cela nécessite des réponses d'une autre ampleur : du temps supplémentaire pour toutes les écoles, des emplois administratifs stables, des aides matérielles, une redéfinition et un allègement des tâches de direction, une réelle revalorisation indiciaire".

 

Toujours dans "Fenêtres sur cours" en février 2007, Sébastien Sihr signe un article consacré au "projet d'EPEP et statut d'emploi". Nous y avons relevé un paragraphe sur la direction d'école :

 

"De plus, avec le statut d'emploi fonctionnel, c'est un statut hiérarchique qui ne dit pas son nom qui se profile. Il ne concerne d'ailleurs qu'une minorité de directeurs (EPEP, décharge complète), et introduit de fait des directions à "2 vitesses". Ces directeurs devraient être recrutés hors mouvement, avec des missions et responsabilités étendues. Rien en ce qui concerne la reconnaissance pour tous les directeurs dont les responsabilités et les missions n'ont cessé de s'alourdir. Si la question du pilotage des écoles ne peut être éludée, elle est pour le primaire liée avec la notion d'équipe enseignante. D'où, comme le met en perspective le SNUipp, la nécessité de temps et de moyens pour la direction et l'école".

 

Le 1er mars 2007, dans un article intitulé « Le SNUipp sur la bonne voie...? », nous écrivions :

« Rien de très nouveau dans ce discours [de Sébastien Sihr], si ce n'est l'apparition d'un mot hier encore tabou : "RECONNAISSANCE"... "la reconnaissance pour tous les directeurs"... […] Le mot lui aurait-il échappé ? Ou, comme nous le pensons, subit-il la pression des directeurs qui en ont assez d'être bafoués par le SNUipp ? A suivre... »

 

C’était en 2007. Trois ans plus tard, Sébastien Sihr a fait son bonhomme de chemin au SNUipp. Il en devient le « patron ». Sa première interview semble montrer qu’il reste sur la même ligne que son prédécesseur. Ses idées sur la direction d’école et les directeurs ont-elles évolué ? Nous ne tarderons pas à le savoir…

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 12:00

 

Le SNUipp est actuellement réuni à Brives où se tient son 8ème congrès du 14 au 18 juin. Réflexions et débats sont au menu de ces quatre jours durant lesquels 450 congressistes venus de tous les départements de métropole et d’Outremer vont dessiner les contours d’une école réamorçant la réussite de tous les élèves.

Gilles Moindrot, secrétaire général du syndicat depuis six ans, quitte ses fonctions à cinquante-quatre ans. Sébastien Sihr, quarante ans, professeur des écoles dans la Nièvre, actuellement secrétaire national responsable de la revue du syndicat, devrait en principe lui succéder.


Trois thèmes majeurs figurent à l’ordre du jour des participants :

 

-       Quels nouveaux fonctionnements inventer pour mieux faire réussir les élèves ?

-       Quelles mesures pour améliorer les carrières ?

-       Quel syndicalisme promouvoir pour agir aussi sur d’autres terrains que l’école ? 

 

Le 28 mai dernier, dans un article intitulé « Direction d’école : tour d’horizon », nous avions publié la motion soutenant l’un des thèmes abordé lors de ce congrès : « la direction et le fonctionnement de l’école ». Nous écrivions ceci :

 

Le SNUipp tiendra son 8ème Congrès national du 14 au 18 juin 2010 à Brive. Ce sera l’occasion, pour ce syndicat, d’élaborer les « mandats » à porter dans la période à venir.

Parmi les trois thèmes retenus, une réflexion sur concerne « la direction et le fonctionnement de l’école ». Le SNUipp affirme tout de go que le statut quo n’est plus possible.

 

Thème I - Pour que tous les élèves réussissent : défendre et transformer l'école et son fonctionnement

 

Direction et fonctionnement de l'école : ré-ouvrir le dossier

 

Direction d'école : dépasser le statu quo

a- Ces dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la charge de travail qui pèse sur les équipes et particulièrement sur les directrices et directeurs d’école. L'avalanche de tâches liées à la gestion de l’école et à la mise en place des réformes en cours devient insupportable.

b- Le projet du Ministère est de faire du directeur un maillon essentiel, y compris au plan hiérarchique, de la mise en place des politiques éducatives, « un relais des inspecteurs au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration » comme l’écrit l’IGEN. Il minore ainsi  le rôle du conseil des maîtres au profit d’exigences institutionnelles toujours plus pressantes.

c- Après 6 ans de grève administrative, le ministère a du accorder quelques mesures (décharges des écoles de 4 classes, mesures indiciaires, EVS) qui restent insuffisantes. Pour le SNUipp, la question de la direction et du fonctionnement de l’école est loin d’être réglée. Le statu quo n’est plus possible. Le ministère doit ré-ouvrir le dossier. Le SNUipp demande des améliorations significatives : temps supplémentaire de décharge, aide pérenne à la direction par la création d’emplois statutaires, remise à plat des missions et responsabilités, formation, reconnaissance financière. Le rôle du conseil des maîtres doit être reconnu et renforcé et le temps de concertation  développé.

d- Le SNUipp refuse les nominations sur postes à profils et dénonce l'accumulation de tâches administratives qui alourdissent sans cesse la charge de travail des directeurs d'écoles.

e- Quelles propositions?

f- Quelles modalités d’action?

 

EPEP

a- Le SNUipp rejette tout projet qui diviserait la profession en conférant au directeur un statut et un rôle hiérarchique. Or le ministère prévoit la création des établissements publics d'enseignement primaire (EPEP) qui, dans son projet actuel, romprait l'équilibre avec les collectivités territoriales, sans apporter de réponses aux inégalités territoriales.

b- Le SNUipp reste particulièrement vigilant et poursuivra la campagne en direction des élus et des enseignants contre ce projet. Il réaffirme son opposition à tout statut des écoles qui mettrait ces dernières sous la tutelle des collectivités locales. Les questions de financement, l'évolution structurelle et pédagogique doivent être débattues  dans un cadre favorisant l'égalité de tous et un fonctionnement plus démocratique et plus collectif au sein des équipes.

 

Pour alimenter débats et réflexions, le SNUipp s’appuie sur deux enquêtes.

 

La première réalisée sur le thème de « la direction et du fonctionnement de l’école ». Une enquête « maison » dont nous avons rendu compte le 7 juin sous le titre « Enquête du SNUipp sur la direction d’école : l’impossible analyse des résultats » et dont nous disions qu’elle était entachée d’une grossière erreur méthodologique, qu’elle ne présentait aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage ce qui rendait donc ses résultats inexploitables.

 

La seconde enquête est un sondage CSA / SNUIPP réalisé pour la quatrième fois consécutive (2001, 2004, 2007 et 2010) durant les mois de mai et juin 2010 auprès d’un échantillon de 1150 jeunes professeurs des écoles de moins de 5 ans d’ancienneté.

 

La mise en parallèle de ces deux enquêtes permet de constater que le SNUipp sait se donner les moyens de réaliser une consultation digne de ce nom sur certains sujets (regard des jeunes enseignants sur leur métier) alors qu’il « bricole » un « sondage maison » sur d’autres thèmes tout aussi majeurs (fonctionnement et direction d’école)…

Concernant le thème de la direction d’école qui est un sujet sensible, il est regrettable que le SNUipp se laisse aller à réaliser une enquête contestable et contestée alors que le problème est au cœur du fonctionnement de l’école.

Peut-être parce que ce syndicat craint les réactions des directeurs d’école et qu’il redoute qu’une véritable consultation ne mette en évidence le fossé qui s’est creusé entre les thèses défendues par les appareils syndicaux et celles des principaux acteurs de terrain…

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 23:42

 

Le 8 mars dernier, dans un article intitulé « Direction d’école : le SNUipp en quête d’une crédibilité introuvable » nous avons attiré l’attention de nos lecteurs sur l’enquête en ligne lancée par le SNUipp et destinée « à laisser la parole à l’ensemble des directeurs et adjoints ».

 

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Nous écrivions alors :

 

Une enquête entachée d’une grossière erreur méthodologique

 

Destinée à l’ensemble des directeurs et adjoints, cette enquête nationale présente un inconvénient majeur qui la rend d’ores et déjà sujette à caution : elle ne présente aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage.

En effet, cette enquête ne se conforme pas au standard méthodologique des enquêtes d’opinion dans la mesure où il est possible d’y répondre autant de fois que l’on veut depuis un même poste (aucun blocage des adresses IP). Rien à voir avec l’enquête commandée en 2006 par le GDID qui avait fait appel à un institut de sondages réputé (IFOP) et qui présentait toutes les assurances méthodologiques nécessaires pour fournir des résultats fiables.

En ne se donnant pas les moyens d’une enquête incontestable, le SNUipp ruine tous ses efforts de séduction déployés ces derniers temps pour afficher son intention de faire évoluer la « fonction » de directeur car, quels qu’ils soient, les résultats seront forcément affectés d’un doute. Doute d’autant plus fort que les deux précédentes enquêtes départementales (06 et 65) de ce syndicat étaient déjà entachées d’approximations, d’erreurs et d’incohérences qui leur ôtaient toute crédibilité.

 

Des résultats inexploitables

 

L’enquête présente un autre inconvénient de taille : elle est anonyme, ce qui n’est pas une faute en soi. Cependant, il deviendra impossible de différencier les réponses apportées par les directeurs et les adjoints puisque chacun aura le loisir de se faire passer pour qui bon lui semble et autant de fois qu’il le souhaitera. Comment imaginer que les auteurs de cette enquête n’y aient pas pensé ?

Force est constater que cette enquête ne peut se parer d’aucune valeur scientifique. Quels qu’en soient les résultats, l’exploitation qui en sera faite ne pourra donner lieu à aucune analyse crédible et incontestée. Et hélas, il est à craindre que comme les précédentes, cette consultation ne contribue un peu plus à semer le trouble sur les véritables intentions du SNUipp à l’égard des directeurs d’école.

Coup d’épée dans l’eau ou nouvelle manipulation ? Faudra-t-il attendre le mois de mai (publication des résultats) pour en avoir le cœur net ?

 

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Les résultats de cette enquête sont maintenant publics. Le SNUipp se félicite de la participation :

« Vous aviez la parole et vous vous en êtes saisi. Un peu plus de 9 250 réponses à l’enquête sur le fonctionnement et la direction d’école, voilà un beau succès [...] Cette participation conséquente est venue confirmer, s’il en était besoin, que la situation actuelle de plus en plus insatisfaisante nécessite de dépasser le simple constat. »

 

Le SNUipp poursuit : « S’il ne s’agit pas d’un sondage, le nombre de réponses qui correspond à une participation de près de 20% des écoles est inédit et donne une forte crédibilité à ces résultats qui soulignent l’urgence d’une ouverture de discussions avec le ministère. »

 

Précision inutile qui ne fait que renforcer le doute sur les analyses du syndicat. Rappelons que cette enquête était ouverte aux 320 000 enseignants du premier degré. Le questionnaire étant anonyme, il n’est pas possible de savoir combien d’enseignants d’une même école ont pu y répondre. Il n’est pas possible non plus d’affirmer que « le nombre de réponses correspond à une participation de près de 20% des écoles ».

En réalité, la seule analyse que l’on puisse faire à partir des chiffres annoncés concerne la participation. 9 250 réponses rapportées au nombre d’enseignants donne un taux de participation inférieur à 3 %.

 

Ce taux n’est d’ailleurs pas assuré dans la mesure où il est tout à fait possible que de nombreux enseignants aient répondu plusieurs fois. Plusieurs d’ailleurs, sur différents sites ou forums, ont déclaré avoir testé un vote multiple. En effet, comme nous le disions le 8 mars, aucun système de blocage n’a été mis en place pour empêcher quiconque de répondre plusieurs fois.

 

Certes, le SNUipp précise que « la vérification et l’éventuelle correction des multiples saisies de même origine a été effectuée sur la base des adresses IP. »

Là encore, précision inutile qui ne fait que confirmer l’impossibilité de connaître avec exactitude le nombre de répondants uniques, notamment parce que de nombreux « multi votants » ont pu le faire d’ordinateurs différents.

Relevons par ailleurs que si un seul vote a véritablement été retenu par adresse IP, le système a pénalisé tous les collègues qui souhaitaient donner leur avis à partir du même ordinateur de leur école.

 

Au final, combien de répondants uniques ? Combien d’écoles participantes ? Combien de véritables directeurs et de véritables adjoints ? Nous n’avons les réponses à aucune de ces questions.

 

Comme nous le disions également le 8 mars, le SNUipp aurait gagné à confier ce travail à un institut d’enquêtes d’opinions, comme il le fait parfois pour d’autres enquêtes. Il y aurait trouvé la garantie de résultats incontestables obtenus plus efficacement par le biais d’un sondage auprès d’un échantillon représentatif.

 

La méthodologie employée jette un doute sur la crédibilité de l’enquête. Trop d’incertitudes demeurent. Les résultats ne peuvent être considérés comme fiables. Dès lors, il nous semble tout à fait inutile de les commenter.

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 23:44

 

Rarement sans doute l’école aura autant été au cœur des débats. Face à la polémique qui fait rage depuis la révélation du plan gouvernemental pour dénicher 16 000 postes à supprimer en 2011, un événement majeur pour les directeurs est survenu cette semaine. Quatre syndicats (SE-UNSA, SGEN-CFDT, SCENRAC-CFTC, CFE-CGC) et le GDID ont signé un texte commun pour demander au Ministère l’ouverture d’une « concertation sur toutes les dimensions de la direction et du fonctionnement d’école. »

 

Ce texte est important à plus d’un titre. D’abord parce qu’il est une véritable reconnaissance institutionnelle du GDID comme partenaire incontournable représentatif des directeurs d’école. Ensuite parce qu’il est l’aboutissement d’un long travail de persuasion qui a réussi à convaincre les organisations syndicales de l’urgence de reprendre le dossier de la direction d’école. Enfin parce qu’il est une force de proposition positive pour améliorer réellement le fonctionnement de l’école alors qu’il est généralement plus facile de s’entendre pour dénoncer que pour proposer.

 

Ce texte est également important car il traduit une évolution de la perception du directeur d’école dans le système éducatif. De nombreux rapports ont mis en évidence les difficultés du métier, souhaité qu’il soit reconnu, que ses missions soient clarifiées et que soient donnés au directeur les moyens de mieux remplir son rôle. Début mai, l’Institut Montaigne dénonçait « l’absence de pilotage de l’école primaire » : « Le directeur d’école primaire ne dispose ni de l’autorité lui permettant d’assumer une réelle responsabilité pédagogique, ni des moyens suffisants pour remplir ses responsabilités administratives. Il ne dispose pas non plus d’une reconnaissance statutaire ».

 

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Texte commun

 

Depuis des années, enquêtes et sondages (Ministère, MGEN, DGESCO, syndicats, IFOP, etc...) ont mis en évidence :


- l'aggravation du malaise des directrices et directeurs d'école

- la désaffection continue pour cette fonction

- la difficulté de pérenniser les équipes pédagogiques et de fonder dans le temps les divers projets des écoles

- les dysfonctionnements et difficultés de fonctionnement de l'École Publique que cette situation engendre  

Face à cela, les projets actuels d'EPEP ne garantissent pas l'indépendance du projet pédagogique ni le maintien de structures de taille raisonnable et d'un réseau scolaire de proximité. Ils ne répondent donc ni aux attentes des directrices et directeurs d'école, ni à celles des équipes pédagogiques, ni à celle de l'ensemble des personnels.


La direction d'école, aujourd'hui, doit conjuguer Etre et Avoir


Répondre aux questions :

- du temps de décharge car la charge de travail est trop lourde

- des moyens et du matériel

- de l'amélioration de la formation initiale et continue

- de l'augmentation de la rémunération des directeurs d'école


Par ailleurs, il est nécessaire de :


- clarifier et préciser les responsabilités des directrices et directeurs d'école

- revoir le décret de 89 inadapté et obsolète face à l'empilement des responsabilités et aux évolutions de l'école, notamment dans ses relations avec les communes

- redéfinir le cadre juridique, administratif, légal de la direction d'école

- répondre aux besoins de reconnaissance des directrices et directeurs d'école  


Parce que l'adaptation de la réalité de l'École Publique aux nécessités de notre temps, et les difficultés rencontrées par nos collègues dans l'exercice professionnel l'exigent, nous demandons au Ministère d'ouvrir une concertation sur toutes les dimensions de la direction et du fonctionnement d’école.

Thierry CADART Secrétaire Général du SGEN-CFDT

Christian CHEVALIER Secrétaire Général du SE-UNSA

Franck GIRARD Président d’Avenir-Ecole CFE-CGC

Michel TRUDEL Président du SCENRAC-CFTC

Alain REI Président du GDID

 

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Comme il est dit plus haut, la polémique ne cesse d’enfler depuis la divulgation du plan confidentiel intitulé « Schéma d’emplois 2011-2013 ».

Partis politiques, organisations syndicales et associations sont vent debout contre le projet néfaste du gouvernement. Pour le PCF, il s’agit d’un « plan de sabotage d’une violence inédite ». Le PS fustige l’attitude « cynique et brutale » du gouvernement : « rarement la chasse aux économies aura fait aussi peu de cas de l’intérêt des élèves et de toute réflexion sur les finalités de l’école ».

Pour la CGT, c’en est trop : « tailler dur dans le système éducatif fait courir un grand risque à la France pour les décennies à venir ».

« Pour le gouvernement, l'éducation n'est qu'un coût, la jeunesse n'est qu'une charge, voilà comment se prépare l'avenir du pays : c'est irresponsable et scandaleux », déclare le Sgen-CFDT. Le SNUipp dénonce une « véritable hémorragie d’emplois ». Pour le SE-Unsa, « rien n’échappe à cette chasse budgétaire qui explore les moindres recoins du système éducatif. Pour le SE-UNSA, le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux montre là toute son absurdité. La recherche d’économies budgétaires broie désormais toute ambition éducative pour notre pays. Alors que la crise imposerait un investissement éducatif hors du commun, c’est exactement le choix inverse qui est fait ».

 

Les syndicats d’inspecteurs ne sont pas en reste. Le SNPI-FSU voit dans le schéma d’emplois « un ensemble de mesures dont les conséquences seront désastreuses pour la réussite scolaire des élèves. Le système éducatif déjà ébranlé par les mesures précédentes n’a jamais été aussi gravement menacé ».
Le SI.EN-UNSA Education interpelle solennellement le ministre : « les mesures envisagées, au-delà de leur froideur technocratique, ne sont pas que néfastes : elles sont criminelles pour l’Ecole. Il est encore temps aujourd’hui d’arrêter le massacre du service public… Demain, il sera trop tard ! »

La FCPE appelle à une riposte commune du collectif « l’Education est notre avenir » contre ces mesures. La PEEP « sollicite une audience auprès du ministre de l’Education pour faire le point sur les mesures envisagées et lui faire part de l’inquiétude légitime des parents ».

L’AGEEM fait le constat suivant : « AUCUNE COHERENCE pour améliorer le service public d'éducation qui en a tant besoin, pour donner de l'élan à l'Ecole dans l'intérêt des enfants/élèves et leurs familles et dans le respect des enseignants. BEAUCOUP DE COHERENCE dans les actions destinées à démanteler, à détruire les acquis de l'ECOLE de la REPUBLIQUE ».

 

Le débat sur les moyens, notamment la question du nombre d’élèves par classe est au centre d’une polémique. Contrairement au ministre, le chercheur Pascal Bressoux, qui dirige le laboratoire en sciences de l'Education de l'Université Pierre-Mendès-France de Grenoble est catégorique : « Les études montrent que la réduction de la taille des classes a un impact très significatif sur les acquis des élèves, par exemple, en français et en mathématiques, mais aussi sur les facteurs comportementaux: ils travaillent plus en cours ».

Idem pour Thomas Piketty de l’école d’économie de Paris qui rappelle son étude de 2006 sur ce sujet « je montrais qu'en primaire, on apprend mieux à lire et à calculer quand on est 20 au lieu de 25. C'est encore plus vrai pour les enfants de milieux défavorisés ».

Luc Chatel a beau dire que « la question des moyens, toujours les moyens, n’est pas la réponse aux problèmes de l’éducation nationale. C’est une question d’organisation, d’efficacité du système », rien n’y fait. Il ne parvient pas à convaincre que les réformes entreprises le sont dans le but d’améliorer ou de rendre plus efficace le système éducatif français.

« Ce n'est pas de l'éducation, c'est de la comptabilité », estime, pour sa part, Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa.

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:06

 

A quoi servent les différents rapports remis au gouvernement ? La question mérite d’être posée tant on a l’impression que les ministères n’en tiennent aucun compte. C’est le cas dans l’Education nationale.

 

Dans un rapport publié le 12 mai et intitulé " L'éducation nationale face à l'objectif de la réussite de tous les élèves ", la Cour des comptes préconise d'investir davantage dans l'école primaire et dans l'accompagnement des élèves en difficulté.

La France fait " en proportion moins d'efforts en direction du primaire" alors qu'il s'agit du "moment le plus important pour l'élève ", déplore Didier Migaud. Dans ses recommandations, le rapport de la Cour des comptes préconise d'"accroître la part des financements allouée à l'école primaire, en privilégiant le traitement de la difficulté scolaire".

Or, on apprend que, dans le même temps, le ministre de l’Education nationale demande aux recteurs « de dégager les gisements d'emploi possibles » pour répondre à l’exigence gouvernementale de supprimer 16 000 postes en 2011.

Le document ministériel énumère tous les « leviers » possibles pour encore et toujours dégraisser le mammouth.

 

Les mesures les plus faciles ont déjà été prises :

-       suppression de postes de remplaçants à tel point que certaines académies doivent faire appel à des vacataires (étudiants, retraités)

-       suppression de certaines options en lycée

-       baisse du taux de redoublement

-       baisse de l’offre de scolarisation des moins de trois ans

-       suppression d’enseignants spécialisés (maîtres E et G, RASED)

-       préparation du bac professionnel en 3 ans au lieu de 4

-       réforme du lycée

-       réforme de la formation des enseignants

 

En trois ans, 50 000 postes ont été supprimés. En 2012, 80 000 auront été détruits. Le plus difficile est à venir car la saignée a été si forte qu’il faut maintenant faire preuve de la plus grande imagination pour trouver quelques traces de gras sur le dos du mammouth.

Les IA sont chargés d’explorer toutes les pistes pour supprimer des postes dans les 3 années à venir. Oublié le rapport de la Cour des Comptes. Oublié le classement PISA. Seule doit être prise en compte la règle comptable du « un sur deux » qui est devenue la politique éducative de l’Education nationale.

 

Certaines mesures drastiques concernent la suppression de collèges de moins de 400 élèves, la réduction de personnels administratifs en EPLE, la rationalisation de l’offre éducative en lycée ou de formation en lycée professionnel… Nous nous attacherons, ici, à ne décrire que les mesures touchant le premier degré.

 

Schéma d’emplois 2011 – 2013

 

Contexte : mobiliser les gisements d’efficience visant à respecter la contrainte du non remplacement d’un départ sur deux pour la période 2011/2013, sans dégrader les performances globales.

 

Les gisements d’efficience peuvent relever :

-       de décisions nationales à caractère réglementaire déclinées au niveau académique (ex des mesures relatives au temps de travail des enseignants)

-       de la mobilisation de certaines marges identifiées dans les académies, aidée et accompagnée solidairement par l’administration centrale, qu’il s’agisse de finalités nouvelles à atteindre ou des  différentes modalités pour y parvenir (ex taille des classes, remplacement, traitement des enseignants hors les classes et des décharges…)

 

A partir des différents éléments disponibles depuis RGPP 1, une mission IGF a conduit des études depuis septembre 2009 avec quatre académies sur le rendement de leviers « à la main des académies »

Les pistes identifiées ne constituent pas une liste fermée : chaque académie peut la compléter par des leviers qu’elle estime être en capacité de mobiliser.

 

 

Principales marges de manœuvre recommandées par le ministère : les leviers académiques identifiés

 

L’augmentation de la taille des classes

 

Le relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture

« L’augmentation de la taille moyenne des classes a un impact direct et très important sur les besoins en E.T.P. dans le premier degré. La définition et l’utilisation des seuils d’ouverture et de fermeture de classes peuvent contribuer efficacement à une augmentation du nombre moyen d’élèves par classe.

En théorie, une augmentation de 1 élève par classe en moyenne devrait se traduire, au niveau national, par une économie de près de 10 000 classes, soit un peu plus de 4% du contingent total. »

 

La réduction du nombre d’écoles

« La fermeture de petites écoles est progressive sur le moyen terme et peut encore progresser, en accord avec les communes concernées. En effet,  à la rentrée 2009, on recensait 4 971 écoles à classe unique et 11 538 écoles avaient une ou deux classes, soit 23,56 % des écoles. Le nombre de RPI a augmenté ces dix dernières années : il est passé de 4 636 à 4 879 mais dans certaines académies, des regroupements de ce type devraient être développés. »

 

La réduction du besoin de remplacement et ouverture du vivier de remplacement

« Il s’agit pour l’académie d’explorer une voie qui consiste à organiser tout ou partie des sessions de formation continue en dehors des pics d’absence (automne et printemps) ou mieux, en dehors du temps scolaire (mercredi après-midi et pendant les vacances scolaires) »

« Une piste d’optimisation du coût en emplois du remplacement réside dans le recours à des non titulaires en substitution à des titulaires pour assurer une part du remplacement, les non titulaires présentant une ressource plus flexible dont le rendement est proche de 100 %. »

 

La baisse de la scolarisation des enfants de moins de trois ans

« Il s’agit pour les académies de mesurer les gains en emplois qui peuvent être générés par une baisse de la scolarisation à deux ans lorsque celle-ci peut être considérée comme le « fruit de l’histoire » et ne correspond pas aux objectifs d’égalité des chances assignés à cette politique. Cette mesure s’adresse essentiellement aux académies dont le taux de scolarisation à deux ans excède significativement le taux moyen national. »

 

Sédentarisation des enseignants « hors la classe »

 

RASED

« La durée de l’enseignement scolaire dans le premier degré est désormais fixée à vingt-quatre heures hebdomadaires dispensées à tous les élèves auxquelles s’ajoutent deux heures d’aide personnalisée en très petits groupes pour les élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Cet effort représente l’équivalent de 16 000 postes d’enseignants entièrement dédiés à aider les élèves qui en ont le plus besoin.

Dans ce nouveau contexte, la contribution des enseignants spécialisés des RASED doit évoluer.

 

Plusieurs scénarios doivent être examinés :

 

-       suppression des seuls maîtres G (non-remplacement des départs en retraite et affectation en classe) et poursuite de la politique de sédentarisation des maîtres E dans les écoles où la difficulté scolaire se manifeste le plus (sans économie) ;

-       suppression des maîtres G et des maîtres E ; pour ces derniers, il convient d’estimer quel est le besoin de maîtres E maintenus en « surnuméraires » dans les écoles, voire dans des structures ad hoc (milieu rural par exemple) ;

-       un troisième scénario intègre, en plus du scénario précédent, la mise en extinction des psychologues scolaires.

 

Coordination / Animation pédagogique

S’agissant des conseillers pédagogiques ou « faisant fonction » (environ 3 620 emplois), le ratio d’encadrement moyen est de 89 enseignants par conseiller et le ratio le plus élevé de 116 enseignants par conseiller. Il est probable que la « bonne cible » nationale est comprise entre les deux. Aussi, vous est-il demandé de procéder à un examen de l’activité des conseillers pédagogiques et de leur productivité.

 

Pour les personnels affectés à d’autres fonctions (animation, coordination, activités au profit d’autres organismes), la pertinence de ces missions doit être réévaluée.

Cela concerne plus précisément :

 - Les enseignants affectés à l’enseignement à l’extérieur des écoles (1 987,5 emplois)

 - Les personnels en situations diverses (MAD, fonctions exceptionnelles, PACD/PALD, décharges syndicales) (1 783,5 emplois)

 

Ce vivier doit être recentré sur les missions prioritaires du système éducatif et constitue une véritable marge.

 

Intervenants en langue étrangère (intervenants extérieurs et assistants étrangers)

Depuis plusieurs années, le cursus des professeurs des écoles leur permet d’être habilités à enseigner les langues vivantes à l’école. Ce sera également le cas des professeurs des écoles recrutés à compter de la rentrée 2010.

Il convient donc de s’interroger sur le potentiel des personnels extérieurs à l’école destinés à l’enseignement des langues vivantes.

 

 

Les premières réactions n’ont pas tardé.  

 

C'est le SNPI Fsu, syndicat des inspecteurs, qui réagit le plus sévèrement aux documents ministériels, "Il est nécessaire que chaque inspecteur refuse mensonges et manipulations ainsi que le soutien à une politique de démantèlement de la fonction publique aux conséquences désastreuses… Jusque-là n’avaient été tentées que des transformations partielles ; cette fois-ci, c’est un ensemble de mesures dont les conséquences seront désastreuses pour la réussite scolaire des élèves. Le système éducatif déjà ébranlé par les mesures précédentes n’a jamais été aussi gravement menacé".

 

La Fnaren, une association qui réunit des enseignants des Rased, dénonce les nouvelles suppressions de postes envisagées. "Supprimer de nouveaux postes aurait pour conséquence immédiate de voir s'élever encore le nombre d'élèves en grande difficulté scolaire et de détériorer le climat des écoles".

 

Pour le SE-Unsa, "tous les postes Rased devront donc être maintenus : ceux tenus par des titulaires Capa-Sh, par des faisant fonction ainsi que les postes vacants".

 

Enfin le Snuipp, souligne les contradictions entre le projet ministériel et les attentes de la société. "Alors que la Cour des comptes vient de dénoncer l’insuffisance du pourcentage du PIB consacré à l’école primaire et d’indiquer que le nombre d’élèves poursuit son augmentation, le ministre demande… l’examen et le chiffrage d’hypothèses inacceptables et insupportables pour l’avenir des élèves. "

"Il s’agit avec le schéma d’emploi 2011-2013 d’une véritable hémorragie d’emplois envisagée dans les écoles élémentaires et maternelles qui n’a qu’un but : ne pas remplacer un enseignant sur deux partant en retraite".

"Enseignants, parents, élus et citoyens doivent pouvoir connaître les conséquences des décisions prises en matière budgétaire. Le SNUipp rappelle qu’il demande l’abandon du dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part en retraite. Dès le mois de juin, il appelle les enseignants des écoles à participer aux initiatives qui seront décidées en faveur de l’emploi. Il proposera à toutes les organisations et associations partenaires de tenir une initiative d’ampleur nationale en faveur de l’école ".

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 12:00

Le SNUipp tiendra son 8ème Congrès national du 14 au 18 juin 2010 à Brive. Ce sera l’occasion, pour ce syndicat, d’élaborer les « mandats » à porter dans la période à venir.

Parmi les trois thèmes retenus, une réflexion sur concerne « la direction et le fonctionnement de l’école ». Le SNUipp affirme tout de go que le statut quo n’est plus possible.

 

Thème I - Pour que tous les élèves réussissent : défendre et transformer l'école et son fonctionnement

 

Direction et fonctionnement de l'école : ré-ouvrir le dossier

 

Direction d'école : dépasser le statu quo

a- Ces dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la charge de travail qui pèse sur les équipes et particulièrement sur les directrices et directeurs d’école. L'avalanche de tâches liées à la gestion de l’école et à la mise en place des réformes en cours devient insupportable.

b- Le projet du Ministère est de faire du directeur un maillon essentiel, y compris au plan hiérarchique, de la mise en place des politiques éducatives, « un relais des inspecteurs au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration » comme l’écrit l’IGEN. Il minore ainsi  le rôle du conseil des maîtres au profit d’exigences institutionnelles toujours plus pressantes.

c- Après 6 ans de grève administrative, le ministère a du accorder quelques mesures (décharges des écoles de 4 classes, mesures indiciaires, EVS) qui restent insuffisantes. Pour le SNUipp, la question de la direction et du fonctionnement de l’école est loin d’être réglée. Le statu quo n’est plus possible. Le ministère doit ré-ouvrir le dossier. Le SNUipp demande des améliorations significatives : temps supplémentaire de décharge, aide pérenne à la direction par la création d’emplois statutaires, remise à plat des missions et responsabilités, formation, reconnaissance financière. Le rôle du conseil des maîtres doit être reconnu et renforcé et le temps de concertation  développé.

d- Le SNUipp refuse les nominations sur postes à profils et dénonce l'accumulation de tâches administratives qui alourdissent sans cesse la charge de travail des directeurs d'écoles.

e- Quelles propositions?

f- Quelles modalités d’action?

 

EPEP

a- Le SNUipp rejette tout projet qui diviserait la profession en conférant au directeur un statut et un rôle hiérarchique. Or le ministère prévoit la création des établissements publics d'enseignement primaire (EPEP) qui, dans son projet actuel, romprait l'équilibre avec les collectivités territoriales, sans apporter de réponses aux inégalités territoriales.

b- Le SNUipp reste particulièrement vigilant et poursuivra la campagne en direction des élus et des enseignants contre ce projet. Il réaffirme son opposition à tout statut des écoles qui mettrait ces dernières sous la tutelle des collectivités locales. Les questions de financement, l'évolution structurelle et pédagogique doivent être débattues  dans un cadre favorisant l'égalité de tous et un fonctionnement plus démocratique et plus collectif au sein des équipes.

 

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Côté SE-UNSA, l’actualité se résume à une analyse du rapport de l’Institut Montaigne « Vaincre l’échec à l’école primaire » que le syndicat qualifie de « rapport tendancieux »

 

Pour l’Institut Montaigne, le salut est dans des EPEP, dont les directeurs auraient des fonctions administratives et hiérarchiques sur le modèle du second degré. Des pistes que le SE-UNSA a refusées catégoriquement lors de son congrès de Brest en mars dernier.

Pour le SE-UNSA, les projets d’EPEP « De Robien » et « Darcos », évoqués clairement dans les propositions 10 à 13 du rapport, ne peuvent en aucun cas servir de modèle. Le SE-UNSA ne veut pas des EPEP : il l’a affirmé sans détours dans son congrès. Alors que le premier ministre vient de placer à nouveau le dossier à l’ordre du jour en chargeant le député F. Reiss d’une mission sur le sujet, le SE-UNSA est sorti de son congrès avec des exigences claires. Tout projet de modification de l’organisation de l’école devra poursuivre des objectifs pédagogiques pour permettre aux enseignants de mieux exercer leurs missions. Il devra garantir l’indépendance du projet pédagogique et maintenir des structures de taille raisonnable et un maillage territorial de proximité. Les taux d’encadrement devront être maintenus sur trois ans et les écoles pourront choisir, après un bilan, de revenir à la situation antérieure. Enfin, la direction de l’école doit rester à un enseignant, qui ne sera pas un supérieur hiérarchique. C’est en fonction de ces exigences que le SE-UNSA jugera les projets à venir.

 

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La CFTC EDUCATION NATIONALE, quant à elle, tient à préciser la notion d’EMPLOI FONCTIONNEL DE DIRECTEUR D’ECOLE PRIMAIRE qu’elle a repris lors de l’audience auprès du député REISS.


La CFTC EDUCATION NATIONALE n’abandonne pas son objectif de création d’un statut. Face aux diverses oppositions sur ce terme voire ce concept, la CFTC EDUCATION NATIONALE constate qu’un emploi fonctionnel  œuvre pour la spécificité du métier de directeur d’école. C’est une étape, voire un palier. Ces emplois fonctionnels doivent être précisés.

 

La CFTC EDUCATION NATIONALE entend voir figurer dans les attendus de leur création :

- Une indemnisation conséquente (points d’indice, NBI ou autres).
- Une intégration dans ces emplois fonctionnels des directeurs et directrices actuellement en poste.
- L’obligation de proposer ces emplois aux agents inscrits après examen sur une liste d’aptitude.
- Une décharge de présence face à une classe : une demie jusque 7 classes - totale au-delà.
- Un emploi administratif : à mi-temps jusque 5 classes - à temps complet ensuite.
- Une réelle autonomie du directeur qui avec l’équipe pédagogique pourra élaborer un projet d’école correspondant aux besoins de son école et non à la déclinaison d’orientations venues dont on ne sait où.
- Le maintien de structures à taille humaine (de préférence moins de 14 classes).
- Le Directeur devient le correspondant EDUCATION NATIONALE vis-à-vis de la collectivité territoriale favorisant ainsi la cohérence entre les politiques éducatives mises en œuvre.

 

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L’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) a été reçue par le député Frédéric Reiss, chargé d’une mission concernant le statut des écoles maternelles et élémentaires et celui des directeurs d’école.

 

Pour l’UNAF, Rémy Guilleux (administrateur) a réaffirmé la volonté de l’Institution que l’établissement d’un véritable statut, pour le directeur d’école, permette une relation plus étroite avec les familles, en positionnant clairement chacun dans leur rôle.

Le directeur d’école doit pouvoir être porteur d’un projet pour l’école en y associant les partenaires et en créant du lien avec les familles sur le territoire.

Les contraintes actuelles, reconnues par tous concernant le directeur d’école (cf note bas de page) amène à vouloir la création d’un vrai statut pour qu’il puisse se positionner dans la hiérarchie, piloter véritablement la structure, et répondre aux besoins des enfants et des familles.

Il ne faut cependant pas ignorer la diversité des situations : 50 000 écoles primaires dont moins de 2000 qui ont 13 à 15 classes. Celles-ci sont naturellement très différentes des écoles des petites communes rurales. Il est donc nécessaire de confronter le statut aux réalités locales et d’envisager parfois la mise en réseau.

Ce statut permettra de définir les missions : relation avec les parents autour d’un projet d’école construit avec les acteurs des territoires, relation avec les administrations, la mairie et le rectorat, relation avec les enseignants, et définition d’un projet pédagogique.

La personnalité du chef d’établissement marque les élèves, les familles et les équipes. Le projet d’école devrait être affiché et l’ensemble de l’équipe devrait pouvoir être signataire de ce projet. Le chef d’établissement devrait aussi se positionner comme « tuteur » dans l’accueil des enseignants stagiaires.

Le recrutement et la formation des directeurs d’école : même si le recrutement se fait sur concours, l’expérience devrait pouvoir être prise en compte notamment celle de la relation avec les forces vives du territoire. Il existe un potentiel de directeurs d’écoles ayant de l’’expérience, aujourd’hui mobilisables rapidement.

L’UNAF est, par ailleurs, plutôt favorable à la réunion de l’école maternelle et de l’école primaire en un établissement unique, ce qui permet une réflexion entre la fin de l’école maternelle et la classe de CP.

Dans les zones rurales, certaines petites écoles ne nécessitent pas la présence d’un directeur d’école à plein temps. Il est évident, dans ce cas, qu’il serait intéressant de proposer un directeur regroupant plusieurs sites et un référent sur chaque site.

En revanche, concernant un éventuel regroupement du collège et de l’école primaire dans une « école du socle commun », l’UNAF considère qu’on n’a pas, actuellement, le recul d’une réflexion uniforme sur le sujet. Ceci nécessiterait, par ailleurs, une réflexion sur le partage des compétences communales et départementales, qui n’est pas encore aboutie.

 

Les contraintes actuelles du directeur d’école

 - Son rôle de directeur et d’animateur pédagogique des professeurs est difficilement compatible avec son statut actuel, identique à celui des personnes qu’il doit diriger.

 - Sa charge de travail est peu en rapport avec le système de la décharge. « Le système de décharges devient obsolète et sans doute inéquitable du point de vue de l’adaptation de la décharge à la réalité des fonctions exercées. »

 - Il se trouve dans la situation d’avoir deux employeurs différents : l’Education nationale, par le biais de l’IEN, et le maire de la commune.

 - Ses missions sont de plus en plus vastes et diversifiées : le nombre d’interlocuteurs et d’intervenants divers dans l’école ne cessent de croître. Ses responsabilités sont énormes, notamment celles de permettre à tous les enfants d’entrer dans des conditions optimum au collège en sachant lire, écrire et compter. « Leurs attributions sont à la fois administratives, pédagogiques et de relation et médiation avec l’extérieur. »

 

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Le ministre de l’Education nationale poursuit sa réforme comptable et continue de « dégraisser le mammouth ». 16 000 postes supprimés en 2010. Ces suppressions se poursuivront d’ailleurs en 2011, selon les déclarations du secrétaire d’État chargé de la Fonction publique, Georges Tron : « Nous continuerons d’appliquer, strictement, le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux l’an prochain à la fonction publique d’État ». 17 000 postes devraient être supprimés en 2011 et 20 000 en 2012.
En cinq ans, de 2007 à 2011, c’est 66.400 postes supprimés dans l’éducation (soit près de 8% des effectifs).

Avec les conséquences que l’on sait sur les moyens de remplacement des maîtres absents et l’impact sur… les décharges des directeurs.

Bref, rien de vraiment neuf ni réellement réjouissant tant du côté syndical que de celui du pouvoir.

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 17:03

 

La Cour des Comptes a publié récemment son rapport public thématique intitulé : "L’Éducation nationale face à l‘objectif de la réussite de tous les élèves".

 

Le rapport dresse un constat sans appel de l’échec du système scolaire à réduire les inégalités entre élèves. L’école a réussi le pari de la massification mais pas celui de la démocratisation, c’est-à-dire l’engagement à soutenir la réussite des élèves les plus en difficulté, assène Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, lors de la présentation publique du rapport mercredi 12 mai.

Au regard des moyens investis (3,9 % du PIB), comment le système éducatif français parvient-il à des résultats aussi médiocres ? A savoir : l’un des taux de retard scolaire les plus importants pour les élèves de 15 ans, un élève sur cinq ne maîtrisant pas la lecture au sortir de sa scolarité, un sur six qui quitte le système scolaire sans qualification aucune, ainsi qu’un taux de redoublement qui place la France en tête de peloton dans la catégorie !

 
En résumé, la France s’affiche comme le pays occidental le plus éloigné de l’objectif d’égalité des chances, estime Didier Migaud. Il existe, certes, des programmes de réussite éducative, d’accompagnement éducatif et d’aide personnalisée mais l’Etat a tendance à privilégier les effets d’affichage en multipliant les dispositifs de remédiation, de soutien ou d’accompagnement. Or, la réalité, c’est que l’on a deux fois moins de collégiens qui bénéficient de programmes de réussite éducative que de collégiens qui sortent du système éducatif sans aucune qualification, souligne le premier président de la Cour des comptes.

 

Le système scolaire n’en finit plus d’être remis en cause ! Les conclusions du rapport de la Cour des comptes ont en effet pour toile de fond les travaux en cours de la commission sur les rythmes scolaires, les annonces présidentielles autour de la lutte contre le décrochage scolaire, celles issues des Etats généraux de la sécurité à l’école concernant le choix de l’équipe pédagogique par les directions d’établissements en REP, ainsi que la récente nomination du référent illettrisme.

Les préconisations de la Cour des comptes font en outre écho au constat du récent rapport de l’Institut Montaigne, « Vaincre l’échec à l’école primaire », selon lequel l’école primaire accroît les inégalités sociales et qui insiste notamment sur la nécessité de revoir les rythmes scolaires, ainsi que l’octroi d’un statut et d’un pouvoir de pilotage au directeur d’école.

 

Parmi les nombreuses remises en cause : le manque de marge de manœuvre des établissements scolaires. La Cour des comptes préconise donc une réforme de l’organisation du système scolaire français, fondée, entre autres, sur l’autonomie des établissements scolaires dans la gestion de leurs moyens.

 

Fait inhabituel, le ministère de l’Education nationale a promptement réagi au rapport de la Cour des Comptes. Il a tenu à répondre sur de nombreux points soulevés par les magistrats.

« Les développements sur le manque d’autonomie des établissements et sur l’insuffisance de l’approche pluridisciplinaire ignorent largement les réformes structurelles en cours et l’évolution des pratiques au sein des Etablissements publics locaux d’enseignement.

Par ailleurs, l’autonomie renforcée des établissements publics locaux d’enseignement, notamment, en matière d’organisation des dispositifs d’accompagnement et d’utilisation des heures laissées à leur disposition, a conduit à renforcer le rôle du conseil pédagogique ».

 

L’enquête de la Cour met en avant « l'effet établissement » pour justifier d'augmenter l'autonomie administrative. D'autres travaux lui opposent « l'effet professeur » même s’ils estiment que « l’effet établissement » est bien réel. Ils s’interrogent également sur la question du rapport entre l'effet établissement et l'autonomie de gestion ?

 

Sur le terrain pédagogique, la question que pose l'autonomie c'est celle du pilotage. Et l'autonomie accrue ne peut réussir que si elle est accompagnée d'un pilotage renforcé et au plus proche. 

 

Plus audacieux, la Cour propose de faire déterminer par les équipes pédagogiques les modalités de répartition des moyens pédagogiques avec, en contrepartie, un nouveau système d’évaluation des établissements et plaide pour « un effort exceptionnel en faveur des établissements confrontés à la plus grande difficulté scolaire ».

 

Les auteurs du rapport souhaitent aussi une affectation « sur profil » des enseignants ou de directeurs des établissements les plus difficiles. « La Cour propose de repenser la gestion d’ensemble du système scolaire, de l’administration centrale aux équipes éducatives, en l’adaptant à l’hétérogénéité des élèves », résume Didier Migaud.

 

Pour le SNUipp, « le compte n’y est pas ! »

 

« Bien que ce rapport ne révèle que peu d’éléments réellement nouveaux, il confirme ce qu’expriment au quotidien les enseignants des écoles : inadaptation des rythmes depuis la réorganisation de l’école, sentiment d’abandon dans les zones prioritaires, moyens insuffisants, absence de bilan des dispositifs mis en œuvre...

Le SNUipp partage les préoccupations de la cour d’accroître les moyens alloués au primaire, de prendre en compte des besoins des élèves, de remettre à plat l’organisation du temps scolaire et d’engager un effort exceptionnel en faveur des établissements confrontés à la plus grande difficulté scolaire. Il déplore que ces préconisations s’effectuent à moyens constants.

En revanche, pour le SNUipp, la volonté d’accorder davantage d’autonomie aux établissements et la préconisation d’un pilotage en fonction d’objectifs à court terme ne peuvent constituer des propositions efficaces pour la réussite de tous.

En tout état de cause, il demande au Ministère de l’Education d’engager de véritables discussions, notamment en faveur d’une véritable relance des zones d’éducation prioritaire, et de remettre en cause le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.
Ce sont également ces exigences que porteront les enseignants lors de la journée de grève du 27 mai.

Le SNUipp y voit « d’autres raisons plus profondes. Et notamment celle de transformer l’école en une entreprise gérée comme une autre. »

Pour ce syndicat, « cette tendance est lourde, massive, générale. Et les réformes multiples, successives, fragmentées sont comme les pièces d’un puzzle que l’analyse peut reconstituer. Comment ne pas voir, en effet, que l’affaiblissement programmé de la qualité professionnelle des enseignants est en lien étroit avec la nouvelle gestion des personnels axée sur la mobilité et la précarité ? Comment ne pas voir que la suppression des IUFM a les plus grands rapports avec l’autonomie des universités et la mise en marché de toutes les formations ? Comment ne pas voir que cette mise en cause de la formation des maîtres est le corrélat de la mise en place de tous les outils managériaux de contrôle des enseignants ?

 
Ce mode de contrôle par le management de la performance et par la pression concurrentielle est le principe qui donne aux réformes leur cohérence, du primaire jusqu’à l’université. Le choix néolibéral, c’est la gouvernance managériale plutôt que la formation humaine. D’où l’effort de constitution d’une hiérarchie intermédiaire disposée à faire fonctionner la nouvelle entreprise.
 »

 

Le débat n’est pas nouveau. Il est même récurrent. Il y a quelques années, dans un précédent rapport, la Cour des Comptes avait déjà souligné la nécessité d’une plus grande autonomie laissée aux établissements scolaires. Déjà aussi, le SNUipp avait formulé les mêmes critiques et le même refus de ce souhait d’autonomie.

Gageons que le prochain rapport de la Cour des Comptes rappellera cette nécessité et que le SNUipp lui répliquera par un copié-collé de ses précédentes réponses… « Je tourne en rond, je tourne en rond… » chante Zazie.

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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