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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 00:00

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Lorsque le SNUipp aborde la notion de statut pour en faire un « décryptage sans tabou », c’est pour mieux démontrer qu’il ne sied pas à la fonction des directrices et directeurs d’école… (cf notre article du 16/03/11). Sa conclusion est claire et nette : « Un statut implique un nouveau rôle au sein de l’école. Ces modèles pour certains proches du chef d’établissement marquent une « disjonction » nette entre le métier de PE et celui de directeur. Ces orientations modifient la fonction de la direction d’école, l’éloignant du rôle d’animation et de médiation pour aller vers plus de contrôle. Les principaux intéressés pourraient même se trouver confrontés à des missions qu’ils ne revendiquent pas (évaluer le travail des enseignants, recruter du personnel, former les stagiaires…)

Et de conclure que « toutes ces pistes sont inacceptables. Elles ne régleraient d’aucune façon les difficultés rencontrées par les directrices et les directeurs. De plus, en quoi cela améliorerait-il le fonctionnement de l’école ? Une seule certitude, les rapports au sein de l’équipe s’en trouveraient, à terme, modifiés ».

 

A l’inverse du SNUipp qui reste toujours dans la négation, le SE-Unsa se veut progressiste et constructif. Il refuse nettement le statu quo et fait une série de propositions très intéressantes pour en sortir. Ainsi, dans sa lettre en ligne du 26 septembre, deux pages sont consacrées à la direction et au fonctionnement de l’école.

Le SE-Unsa détaille ses « propositions pour qu’évolution rime avec amélioration ». Il nous a semblé pertinent de reproduire ce texte dans son intégralité.


« Pour les élèves comme pour les personnels dont les directeurs, le statu-quo n’est plus possible. Il est urgent d’améliorer significativement le fonctionnement éducatif et administratif de l’école primaire sans pour autant reproduire à l’identique un schéma de l’établissement du second degré qui n’aurait aucune pertinence. Après y avoir consacré une large place lors de son congrès en mars 2010, le SE-Unsa avance aujourd’hui une palette de propositions concrètes et ambitieuses.

 

Pour le SE-Unsa, l’école inchangée dans sa structuration depuis Jules Ferry se heurte aujourd’hui à des difficultés structurelles : budget, responsabilités, articulations des temps scolaires et périscolaires... L’école est un local municipal avec un budget municipal qui dans une même journée mène des activités sous la responsabilité de l’Education nationale et d’autres de la municipalité. Pourtant pour les enfants, leurs parents, un seul lieu et souvent avec un interlocuteur identifié, le directeur ou la directrice, dont on attend toujours plus.

 

Il ne suffira pas seulement de donner du temps et de l’argent aux directeurs pour permettre à l’Ecole de répondre aux défis d’une amélioration des apprentissages, d’une capacité à faire face aux demandes multiples et parfois incohérentes des différents partenaires et bien sûr d’un progrès pour les conditions de travail de tous ses professionnels.

 

Si cette évolution doit être ambitieuse, elle doit aussi être réaliste, concrète et construite avec la diversité du réseau scolaire sur le territoire.  Les schémas imposés d’en haut ça suffit ! L’adhésion locale des acteurs est impérative. En bref, on doit avancer au cas par cas, à la demande du terrain, dans un cadrage national fort et sans oublier de tirer le bilan de ce qu’on a construit avant d’envisager d’arrêter ou de poursuivre.

 

En parallèle de ces propositions d’évolutions structurelles, le SE-Unsa entend poursuivre son action pour de nouvelles améliorations de la fonction de direction.

 

1.    Un panel de solutions et des conditions

 

Pour le SE-Unsa, il n’y a pas de solution univoque mais un panel de solutions allant de la création de regroupements pédagogiques d’écoles publiques à la création d’établissements publics communaux ou intercommunaux. Les projets d’EPEP « De Robien » et « Darcos » ne peuvent en aucun cas servir de modèle. Quelles que soient les évolutions, le directeur de cette nouvelle structure doit être un enseignant.

 

En tout état de cause, toutes les modifications apportées  à l’organisation et au fonctionnement de l’école primaire devront poursuivre partout les mêmes objectifs :

- Permettre aux écoles, dans un cadre national fort, d’adapter leur action pédagogique au contexte local, dans le souci d’une plus grande réussite des élèves.

- Améliorer l’offre pédagogique et proposer aux élèves le meilleur en matière d’accueil, de restauration, de locaux et d’équipements sportifs. Cela s’inscrit naturellement dans une conception de l’aménagement du territoire qui veille à maintenir et à améliorer le fonctionnement des services publics en milieu rural, en renforçant la nécessaire mutualisation.

- Donner lautonomie budgétaire pour la mise en œuvre du projet d’école.

- Faciliter la gestion administrative de l’école.

 

De plus, la mission du directeur devra être redéfinie afin de clarifier sa responsabilité.

 

Les conditions du SE-Unsa

 

Le SE-UNSA pose plusieurs conditions à tout projet de modification de l’organisation de l’école :

-  Il doit être élaboré en associant toutes les parties concernées dans une vaste concertation,

-  Il doit être approuvé par le conseil d’école de chaque école concernée,

-  Il doit répondre aux quatre objectifs cités plus haut,

-  Il doit garantir l’indépendance du projet pédagogique vis-à-vis des responsables politiques locaux,

-  Il doit garantir une structure de taille humaine et de proximité ;

-  Il doit être soumis à l’avis des instances paritaires départementales,

- La nouvelle structure doit pouvoir bénéficier d’un maintien de ses taux d’encadrement sur 3 ans, en personnels enseignants et non-enseignants,

- Le pilotage global de la structure doit être assuré par un enseignant, président des instances institutionnelles de celle-ci,

- Après un bilan du nouveau fonctionnement, l’école ou les écoles peuvent choisir de revenir à la situation antérieure.

 

Dans le cas des regroupements pédagogiques, un coordonnateur pédagogique, déchargé partiellement d’enseignement, sera chargé du suivi pédagogique.

 

2. Des améliorations tout de suite pour la fonction de direction.

 

En parallèle de ces propositions d’évolutions structurelles, le SE-Unsa entend poursuivre son action pour de nouvelles améliorations de la fonction de direction.

 

Décharges de service : Améliorer le régime de décharge actuel notamment en dissociant direction et charge de classe à partir de 7 classes.

 

Pour le SE-UNSA la décharge de service doit être un temps qui permet à la directrice ou au directeur de faire face aux tâches de direction qui se multiplient et se complexifient : travail administratif, accueil parents, relation avec les communes, coordination et animation de l’équipe (enseignants et non enseignants), suivi des élèves...

 

Pour le SE-UNSA, la double mission d’enseignement et de direction est difficile à mener de pair. A partir de 7 classes, les directrices et les directeurs n’auraient plus de classe et seraient des maîtres surnuméraires pour une partie de le leur service avec des heures auprès des élèves, dans le cadre du projet d'école.

En dessous de sept classes, les directrices et directeurs relèveraient toujours d’un régime de décharge. Le SE-UNSA revendique donc :

- écoles de 11 classes et plus : l’intégralité du temps est consacré à la direction ;

- écoles de 9 à 10 classes : 6 heures auprès des élèves ;

- écoles de 7 à 8 classes : un nombre d’heures équivalent à un demi-service devant élèves.

Pour les autres écoles, le SE-UNSA revendique un temps de décharge :

- 3 à 6 classes : un quart de décharge hebdomadaire ;

- 1 à 2 classes : 18 jours répartis régulièrement sur l’année.

Le SE-UNSA revendique également un temps supplémentaire pour les directeurs exerçant en éducation prioritaire, et ceux qui exercent dans une école comprenant une CLIS.

 

Revalorisation financière : une nécessité

L’ISS mensuelle, indexée sur la valeur du point d’indice, doit être d’un minimum de 250 €. Le SE-UNSA revendique la refonte des groupes ouvrant droit à la BI ainsi que leur revalorisation : G1, 1à 4 classes : 30 pts ;  G2, 5 à 9 classes : 50 pts ;  G3, 10 à 12 classes : 60 pts ; G4, 13 classes et plus : 70 pts.

 

Aide à la fonction : ça ne doit plus se discuter.

Le SE-UNSA exige :

- un secrétariat administratif ;

- une formation à la prise de fonction pour les chargés d’école et les faisant fonction de directeur ;

- une formation continue régulière, sur temps de service ;

- un guide précis des attributions du directeur d’école ;

- un guide juridique en ligne actualisé régulièrement ;

- un équipement informatique et une connexion Haut-Débit dédiés au directeur.

- un outil de gestion garantissant la sécurité juridique des élèves et de leur famille.

 

Si les EVS ont permis la mise en place d’une aide administrative aujourd’hui plébiscitée par la profession, pour le SE-UNSA le recours à l’emploi précaire ne peut être une solution durable. Il revendique la pérennisation des missions par des emplois stables et qualifiés. »

 

Nous ne reviendrons pas sur cette série de propositions clairement exposées dans cette lettre en ligne. Néanmoins, l’on se demande pourquoi le SE-Unsa n’utilise pas certains mots tels que « métier » ou « statut ». A lire ses propositions détaillées pour un meilleur fonctionnement de l’école, on se dit que la présentation qui en est faite s’accommoderait facilement de l’expression « un nouveau statut pour l’école ». De même, pourquoi continuer d’évoquer la « fonction » du directeur et se refuser à parler de « métier » ?

Même Sébastien Sihr, Secrétaire général du SNUipp, a employé le mot « métier » en octobre 2010 : « Nous savons qu’être directeur, c’est avoir de nombreuses responsabilités, c’est gérer des relations avec la mairie et avec des partenaires extérieurs de plus en plus nombreux. En cela, on peut parler de métier. » Alors pourquoi ce manque d’audace au SE-Unsa ?

Ecrire comme le fait le SE-Unsa « la mission du directeur devra être redéfinie afin de clarifier sa responsabilité », ne revient-il pas à dire qu’il faut doter les directeurs d’un statut ? 

En 2011, le mot « STATUT » serait-il encore tabou ? Serait-il assimilé à une trop grosse couleuvre à avaler ? On ne demande qu’à comprendre… les élections professionnelles approchent…

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 15:22

 

A l’approche des élections professionnelles, les directrices et les directeurs d’école découvrent combien l’organisation du scrutin représente une lourde charge supplémentaire pour chacun d’eux.

Loin d’alléger la tâche des directeurs, la procédure de vote électronique ne fait que l’amplifier. Chaque jour, de nouvelles consignes envahissent la messagerie des écoles. Des consignes provenant du ministère, de l’Inspection académique, souvent redistribuées sous forme de doublons par les IEN pour le cas où elles n’auraient pas été bien comprises… Des consignes, parfois contredites par un autre message, et qui doivent s’appliquer, comme trop souvent, le lendemain quand ce n’est la veille…

L’Administration a même le toupet, parfois, de demander aux directeurs de se déplacer dans les inspections pour récupérer certains documents ! Et comble de l’ironie, c’est au moment où l’aide administrative est supprimée que le travail des directeurs se trouve alourdi par de nouvelles tâches liées au mode de scrutin inauguré cette année…

Les syndicats se montrent peu diserts sur le sujet. Certes, le SNUipp dénonce « la complexité du scrutin ». Il y voit une « volonté délibérée du gouvernement ». Selon lui, « tout est fait pour organiser une baisse de la participation et donc amoindrir la capacité de mobilisation et d’expression de toute la profession ». Et d’ajouter que « l’édition et la transmission des listes sont de la responsabilité des inspections »… Quant aux autres syndicats... ils sont trop occupés par leur propre campagne électorale.

Malgré son intervention auprès du Ministère où il pensait avoir été entendu, le SNUipp constate que, dans de nombreux départements, les IA n’ont tenu aucun compte des recommandations ministérielles. Le syndicat demande alors aux directeurs d’école « d’aller au plus simple pour l’organisation de ce scrutin ». En l’occurrence, le plus simple, c’est l’organisation complète du scrutin… Autant dire que cette intervention syndicale n’a en rien réglé le problème de la surcharge de travail des directeurs.  

 

Parmi les nombreuses obligations exigées du directeur, l’impression des professions de foi des différentes organisations syndicales pose le problème de son coût, outre celui du temps à y consacrer. Toutes les écoles, loin de là, ne sont pas dotées d’imprimante laser à impression rapide… Personne ne semble y avoir pensé. Et à vrai dire, tout le monde s’en fiche.

Concernant le coût, ni le Ministère, ni les IA ne se préoccupent de savoir avec quel financement les directeurs imprimeront le matériel électoral (imprimante, papier, encre) alors même que l’école ne dispose d’aucun budget spécifique de fonctionnement. Certaines écoles seront contraintes d’utiliser le crédit municipal, souvent limité, alloué aux copies réservé à leurs élèves. Si l’Administration n’en a cure, que penser du silence assourdissant des syndicats ?

Dans de nombreux départements, la grogne monte et commence à envahir les messageries électroniques. De plus en plus nombreux sont les directeurs d’école décidés à boycotter le travail qui leur est imposé par cette campagne électorale.

Les syndicats ont tort de feindre de l’ignorer. Ils risquent de ne pas mobiliser les enseignants et d’affaiblir leur représentativité. C’est peut-être ce que recherche le gouvernement, comme le dit le SNUipp…

 

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 12:15

 

Souvent, le reproche a été fait au SNUipp d’utiliser la formulation « Direction et fonctionnement de l’école » pour éviter d’employer le terme « directeur »… Dans notre précédent article, nous avons souligné que ce mot n’était plus tabou puisqu’on le retrouve dans la presse de ce syndicat.

Tous les articles, toutes les enquêtes du SNUipp reprenaient quasiment toujours la formulation « direction et fonctionnement de l’école » dans leur intitulé. A tel point que l’on pouvait penser qu’elle était marquée d’un copyright, comme une sorte de reconnaissance du SNUipp.

Or, quelle surprise de découvrir dans la revue « l’école libératrice » de septembre 2011 que le SE-Unsa reprend la même formule page 22 dans son article relatif aux personnels du premier degré : « Urgence direction et fonctionnement de l’école ». Le titre aurait-il été trouvé lors d’une réunion de travail avec le SNUipp ? Ou plus simplement, le SE-Unsa s’est-il aperçu que son concurrent avait omis d’en déposer les droits de copyright ? En tout cas, la formule semble plaire puisqu’elle est copiée… 

Plus surprenant, dans un article consacré aux directeurs, le SE écrit « Les équipes sont épuisées. Elles sont incapables de faire face aux attentes toujours croissantes des familles, de l’institution et des partenaires ». Jusqu’à présent, seul le SNUipp nous parlait d’un travail d’équipe pour évoquer « la direction d’école »…

Autre ressemblance troublante, le SE demande « des améliorations tout de suite pour la fonction de directeur ». Voilà qui rappelle étrangement les reproches faits au SNUipp (cf article précédent). Si le SNUipp se pose la question « fonction ou métier de directeur », pour le SE la réponse est claire : c’est une fonction !  

Certes, quelques différences existent entre les deux organisations, notamment sur « la création d’établissements publics communaux ou intercommunaux » à laquelle le SE n’est pas hostile si certaines conditions sont remplies. Cependant, peut-on se satisfaire des revendications exprimées par l’auteur de cet article ?

« Parallèlement à ces propositions d’évolution structurelle (regroupements pédagogiques, création d’établissements publics…), le SE-Unsa demande des améliorations immédiates pour les directrices et directeurs. Les décharges de service doivent être toutes augmentées et libérer les directeurs de la charge d’une classe à partir de 7 classes. Ils conserveraient alors des heures d’enseignement définies en équipe : décloisonnements, projets spécifiques, aide individualisée… L’indemnité mensuelle doit être portée à 250 € et les bonifications indiciaires revalorisées. Les aides à la fonction comme l’assistance administrative ne doivent plus se discuter. Des emplois stables et qualifiés doivent être créés. »

Des « heures d’enseignement définies en équipe » ? La formule rappelle quelque peu la notion de « conseil des maîtres décisionnaire » chère au SNUipp…

Un directeur déchargé partiellement pour s’occuper des « décloisonnements, projets spécifiques, aide individualisée… ». Là encore, le SE n’est pas très éloigné du « maître supplémentaire » demandé par le SNUipp…

Quand le SE-Unsa évoque les « aides à la fonction comme l’assistance administrative », rien ne le distingue de son principal concurrent…

Le SNUipp et le SE-Unsa se marqueraient-ils à la culotte à quelques semaines des élections professionnelles… ? Stratégie électorale ? Erreur de communication ? Dissensions au sein de l'équipe dirigeante du SE-Unsa ? 

Concernant le SE-Unsa, il n’est hélas pas possible de parler d’évolution. Il serait même plus juste d’évoquer une régression tant ce syndicat nous avait donné l’impression, ces dernières années, de mieux prendre en compte les revendications des directeurs. La déception est d’autant plus grande.

Aussi, notre conclusion ne peut être qu'identique à la précédente : Cet article de l’école libératrice consacré à « la direction et au fonctionnement de l’école » suffira-t-il à convaincre les directrices et directeurs à accorder leur confiance au SE-Unsa ? Le doute est permis… 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 17:11

 

Le SNUipp prendrait-il peu à peu conscience qu’il lui faut s’intéresser davantage aux directrices et directeurs d’école ? Ou n’est-ce que la proximité des élections professionnelles qui l’incite à ratisser large ? Toujours est-il que le supplément au n° 357 de « Fenêtre sur cours » du 12 septembre 2011 est entièrement consacré au dossier brûlant intitulé « Direction et fonctionnement de l’école ».

L’on y retrouve des formules choc telles que :

« Halte à la surcharge ! »

«STOP ! La coupe est pleine »

« Je réponds quand j’ai le temps »

« Il faut aider les directeurs »

« Dans l’action pour changer la donne »

« Tout repose sur la direction d’école »

…Etc. Bref, le SNUipp semble dire aux directeurs d’école « Je vous ai compris ! » 

Il faut d’ailleurs reconnaître que le terme « directeur » n’est plus un mot tabou dans la presse du syndicat majoritaire. Lorsque le SNUipp exige la création d’emplois d’aide administrative « pérennes de la fonction publique, avec une réelle carrière, une grille indiciaire, des droits et une réelle formation », il évoque naturellement les EVS. L’on s’attend tout naturellement qu’il pose les mêmes revendications s’agissant des directeurs d’école : « réelle carrière, grille indiciaire, droits et réelle formation »… Que nenni !
Certes, le SNUipp déclare que « le ministère doit, sans plus attendre, ouvrir de véritables négociations sur l’avenir de la direction et du fonctionnement des écoles : missions redéfinies, formation adaptée, temps de décharge revu… »

Hélas ! Le terme « statut » ne figure pas dans cet édito… Alors, peut-être, aura-t-on la chance de le trouver dans la partie du dossier intitulée « Fonction ? Métier ? Une formation ! »… 

« Direction d’école : un enseignant avec une responsabilité et des compétences multiples. Une fonction qui a fortement évolué… en un métier ? 

Dans les textes qui régissent l’école, la direction d’école est une fonction particulière qu’assure un enseignant du primaire. Ses missions sont définies dans un décret de 1989 (décret 89-122 du 24/02/89).

Admission des élèves, répartition dans les classes, travail des personnels communaux en service à l’école, animation de l’équipe pédagogique, intégration des élèves en situation de handicap… autant de responsabilités qui, avec le temps, se sont multipliées et complexifiées. A cela s’ajoute Base-élèves, accompagnement éducatif… Ces quelques exemples récents, pour certains contestés, montrent que les directrices et directeurs ont dû faire face à de nouvelles exigences. Toutes ces tâches font-elles que dorénavant la direction d’école est devenue un « métier », vocable qui jusqu’ici ne s’est pas imposé ?  

Frédéric Saujat a étudié avec son équipe l’activité des directeurs. Il écrivait dans « Fenêtre sur cours » en 2007 : « Si je reprends la définition que j’utilise dans mes travaux, le terme « métier » relève à la fois du sentiment d’appartenir à une histoire commune, à une culture commune, ce qui conduit à la construction de compétences partagées. Il y a quelque chose de cet ordre-là dans ce qui caractérise l’activité du directeur » mais il soulignait, par ailleurs, qu’il y a une résistance à parler de  « métier » dans la volonté de garder la continuité avec l’activité de l’enseignant. Pour le SNUipp, il est important que le directeur continue à mener une action pédagogique dans son école pour la cohésion de l’équipe.  

Des compétences particulières

Que l’on parle de métier ou non, les compétences demandées aux directrices et directeurs sont-elles les mêmes que celles de l’enseignant dans sa classe ? Non, pourrait-on dire au jugé car la multiplicité des tâches aborde des domaines très différents. Les sollicitations viennent à la fois de prescriptions descendantes (la hiérarchie, l’institution, avec tous les relais que l’on peut imaginer jusqu’à l’IEN de circonscription) mais aussi des prescriptions ascendantes qui viennent soit des usagers de l’école (les parents, les élèves), soit des collègues, soit des problèmes survenus dans l’école. Frédéric Saujat résume : « les compétences que le directeur doit mettre en œuvre sont de plusieurs ordres : des compétences organisationnelles, des compétences d’animation de l’équipe pédagogique, des compétences de contrôle. »  

Une formation à inventer

Aujourd’hui, les compétences utiles au directeur ne sont pas définies du fait même qu’elles ne font l’objet d’aucune formation. Le stage proposé par l’institution ressemble plus à une information sur le travail prescrit, les missions du directeur, le fonctionnement de l’école, qu’à une formation à partir de l’activité réelle que le travail de direction requiert.

Comment animer une réunion ? Comment élaborer un projet d’école ? Les directeurs sont obligés de se débrouiller avec ce qu’ils savent faire en puisant dans leur expérience d’enseignants mais ils n’ont pas d’outils professionnels mis à leur dispostion pour mener à bien ces tâches-là.  

C’est pourquoi le SNUipp demande une formation spécifique et reconnue des directrices et directeurs, autre mesure indispensable pour que leur travail, leur engagement, soient reconnus. »  

S’il est manifeste que le SNUipp progresse dans sa reconnaissance du rôle du directeur d’école, il a encore quelques difficultés avec la reconnaissance du métier de directeur d’école.

Dès le sous-titre de l’article « Une fonction qui a fortement évolué… en un métier ? », l’on peut s’interroger sur la forme de la phrase. Pourquoi la ponctuer d’un point d’interrogation alors que la question ne se pose plus depuis tant d’années ? Quand tous les observateurs avertis parlent de métier pour qualifier le travail du directeur d’école, le SNUipp se pose encore la question !

Il convient également de notifier au SNUipp qu’il met la charrue avant les bœufs lorsqu’il écrit « Aujourd’hui, les compétences utiles au directeur ne sont pas définies du fait même qu’elles ne font l’objet d’aucune formation. »

Osons lui dire que si les compétences utiles ne sont pas définies, c’est parce que la fonction n’est pas reconnue comme un véritable métier et qu’il n’y a donc pas lieu de lui offrir une formation spécifique. Il faut d’abord reconnaître le métier par un véritable statut professionnel. Les compétences requises et les missions seront alors clairement définies et une formation adéquate s’imposera d’elle-même… 

Enfin, il est à noter que, dans un dossier de 6 pages consacré à la fonction ou au métier de directeur d’école, le SNUipp a réussi la performance de ne pas utiliser une seule fois le mot « statut » !

Une performance qui relève de l’exploit si l’on pense que l’une des colonnes de ce supplément relate l’enquête réalisée en mai 2011 par le SNUipp pour s’enquérir auprès des principaux intéressés de leurs conditions de travail…

Si évolution il y a, et elle est indéniable, force est de constater qu’elle est bien lente… Ce nouveau supplément de 6 pages consacré à « la direction et au fonctionnement de l’école » suffira-t-il à convaincre les directrices et directeurs à accorder leur confiance au SNUipp ? Le doute est permis…  

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 17:20

Le magazine « L’ECOLE aujourd’hui » consacre son numéro de rentrée (septembre 2011) à la direction d’école.
Nous invitons nos fidèles lecteurs à se le procurer afin d'en prendre pleinement connaissance. Il comporte notamment un reportage très intéressant sur le travail de deux directeurs travaillant en binôme dans une école relevant du dispositif ECLAIR.

 

 

Tâches administratives de plus en plus lourdes, difficultés quotidiennes de relations avec les parents, responsabilité accrue… Le cahier de doléances des directeurs et directrices d’école se remplirait vite s’il était ouvert dans les IA ! Et pourtant, le nombre de directions vacantes n’augmente pas sensiblement d’année en année.

 

Depuis les textes de 1989, le rôle et la responsabilité du directeur se sont considérablement accrus : intégration, PPRE, évaluations nationales, pour ne citer que ces dernières activités. Les tâches administratives n’ont pas été réduites par l’entrée de l’informatique dans les bureaux de direction (« base-élèves » en est l’exemple le plus marquant).

 

Malgré ces constations, l’ensemble des directeurs fait un travail indispensable pour que nos écoles fonctionnent, même si une grande majorité souhaite que quelque chose bouge pour eux : 93 % des directeurs interrogés par l’IFOP pour le compte du GDID en 2006 sont favorables à un statut non hiérarchique des directeurs d’école.

 

Que faut-il faire ? Créer des EPEP et donner un statut fort à leur directeur comme le propose Frédéric Reiss, repenser le statut des maîtres-directeurs vite abandonné en 1987, ou leur donner une aide réelle pour leur gestion technique et administrative ?        Daniel Nielsen

 

Entretien avec Frédéric Reiss

 

Regroupements scolaires, établissements publics du primaire, socle étendu jusqu’à la 3ème, Frédéric Reiss fait part de ses propositions pour revaloriser la fonction de directeur d’école.

 

L’école aujourd’hui : Avant de rédiger votre rapport, vous avez rencontré de nombreux directeurs d’école. Quel constat en avez-vous tiré ?

Frédéric Reiss : Les tâches des directeurs se sont considérablement alourdies au fil des années. Tous m’ont dit « on croule sous les charges ». Même si, dans la loi, on dresse la liste de toutes les responsabilités que les directeurs ont, il en ressort clairement qu’ils n’ont pas les moyens de les assumer. Il y a tellement de choses auxquelles ils doivent veiller qu’en cas de conflit dur, ils sont totalement démunis. Il faut aussi faire une distinction entre les directeurs des petites écoles rurales et ceux qui sont en milieu urbain. Les propositions que je fais ne peuvent pas être les mêmes. Il n’y a pas de réponse universelle.


L’école aujourd’hui : Vous préconisez de redéfinir le métier de directeur, de faire de son statut un véritable emploi. Qu’apportera ce nouveau statut ?

 

F. R. : L’objectif ultime est de faire baisser le nombre d’enfants qui sortent du système scolaire à 16 ans sans diplôme ni qualification. Tous les rapports ( Institut Montaigne, Cour des Comptes, par exemple) disent qu’en France nous ne mettons pas assez l’accent sur l’école préélémentaire et élémentaire. Ce statut donnerait au directeur une certaine autonomie dans son établissement.

 

A titre personnel, je pense que le directeur d’école, qui fait souvent un boulot formidable, mérite d’être le leader pédagogique de son école. Il faut qu’il ait les moyens, après discussion, d’imposer le projet d’école et la façon de le faire. Ce nouveau statut lui permettra d’organiser son école comme il l’entend : répartir les classes entre les enseignants, faire fonctionner le projet d’école dans la durée pour avoir du personnel stable. Toutefois, même s’il sera consulté, les inspections pédagogiques resteront du ressort de l’IEN. Ce ne sera pas le directeur qui décidera de l’avancement ou non de ses collègues. Dans une école de 13 ou 14 classes, le directeur deviendrait le représentant de l’Etat et de son école en toutes circonstances.

 

L’école aujourd’hui : Et pour les petites écoles ?

 

F. R. : Les petites écoles peuvent être regroupées. Pour moi, un directeur n’a pas besoin d’être physiquement présent dans son école à tous les endroits. Des écoles peuvent fonctionner en réseau avec un responsable de site sur chaque site, le directeur étant là où il a été affecté. Toutefois, le directeur doit obligatoirement venir du sérail, contrairement aux principaux et proviseurs, et doit garder le contact avec la classe.

 

L’école aujourd’hui : Avec ce nouvel emploi, vous évoquez un plan de carrière. Quel peut-il être ?

 

F. R. : Je suis de ceux qui pensent qu’il faut plus de souplesse entre le premier et le second degré. Pour les enfants en difficulté, la marche à monter entre le CM2 et la 6ème est trop haute. Je verrais très bien des échanges de services entre le premier et le second degré. Pour que cela puisse marcher, dans une deuxième étape qui serait celle du socle commun, cette école qui irait du CP à la 3ème, pourrait avoir comme patron un principal ou un directeur d’école, dont les statuts seraient à égalité.

 

Je veux éviter que, par usure, les directeurs d’école quittent leur fonction au bout de quelques années pour redevenir simple enseignant. Une véritable carrière motiverait sans doute plus d’enseignants chevronnés et éviterait que des directions soient confiées au dernier arrivant dans l’école.

 

Propos recueillis par Daniel Nielsen pour « l’Ecole Aujourd’hui »

 

Françoise Cartron, Sénatrice PS de Gironde et ancienne directrice d’école réagit au rapport de Frédéric Reiss.

 

« Monsieur Reiss souhaite que les directeurs deviennent des managers, des gestionnaires, alors qu’ils sont actuellement des enseignants partiellement déchargés pour assurer l’administration d’une école… Par ailleurs, soyons conscients d’une chose : le postulat de départ justifiant l’expérimentation des EPEP, sous l’autorité des du seul chef d’établissement, complètement déchargé et bénéficiant d’un statut renforcé, était de créer une « émulation » au sein d’un nouvel établissement. Sous couvert d’avancée pédagogique, il paraît évident que les EPEP étaient avant tout un outil d’intensification de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), en permettant notamment des fermetures de classes moins « visibles » lors des regroupements que dans les écoles de petite taille.

 

Je tiens aussi à préciser que les équipes d’enseignants auraient pu se voir imposer un EPEP en dehors de toute considération d’intérêt pédagogique puisque la demande aurait été faite à l’initiative d’une ou plusieurs communes ou d’un EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale)n et non sur la base d’un projet pédagogique.

 

L’enjeu essentiel est que les activités du directeur d’école soient recentrées autour de l’animation pédagogique, des relations autour de l’animation pédagogique, des relations extérieures, avec les familles et les pouvoirs institutionnels. En parallèle, il est nécessaire que pour la gestion technique et administrative, il puisse bénéficier d’une aide elle-même clairement définie et pérenne. Je ne suis pas contre la reconnaissance d’un statut aux directrices et directeurs d’école. En revanche, je m’oppose fortement à la définition du chef d’établissement telle que la propose monsieur Reiss. »

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 22:52

 

A plusieurs reprises, dans ces colonnes, nous avons dénoncé le sort réservé à l’aide administrative apportée ici ou là aux directeurs d’école.

Le 9 septembre 2010 : « L’aide administrative aux directeurs d’école remise en cause »…

Le 6 juin dernier, nous exprimions de nouveau nos craintes dans un article intitulé : « Suppression des contrats aidés, les directeurs d’école en première ligne… »

Aujourd’hui, le doute n’est plus permis, les faits sont là : l’aide administrative aux directeurs d’école actée par un protocole d’accord signé en 2006 par le ministre et le SE-Unsa est condamnée à très court terme.

Ainsi, le 4 juillet 2011, dès le début des vacances d’été, le ministère a donné instruction aux recteurs de mettre un terme aux contrats EVS mis à la disposition des directeurs.

Le SGEN-CFDT 59 publie le courrier envoyé par Madame le Recteur de Lille aux chefs d’établissement et agents comptables chargés de la gestion des contrats aidés :

 

« La qualité de l’accompagnement des élèves handicapés est au cœur des préoccupations du gouvernement.
Par courrier daté du 4 juillet 2011, la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire du Ministère de l’Education nationale m’informe que les contrats aidés seront progressivement remplacés par des contrats d’assistant d’éducation.

Cette priorité présidentielle sera mise en œuvre dès septembre 2011 et poursuivie en 2012. A terme, l’accompagnement des élèves handicapés sera pris en charge exclusivement par des assistants d’éducation mieux formés, plus qualifiés e recrutés pour accompagner dans la durée les enfants handicapés.

 

Pour respecter cet objectif, les renouvellements et les nouvelles contractualisations de contrats aidés devront être exclusivement réservés à l’accompagnement des élèves handicapés.

 

Aussi, plus aucune prise en charge financière complémentaire ne sera effectuée à compter du 8 juillet 2011 sur des missions en assistance administrative du directeur d’école, y compris pour les contrats n’ayant pas atteint la durée maximum.

 

Par analogie avec la gestion des personnels recrutés en contrats aidés en accompagnement des élèves handicapés, je vous remercie de vous positionner en qualité d’employeur de ces nouveaux contrats d’assistants d’éducation sur des missions assistants de scolarisation (ASCOL). »

 

A cette rentrée, ce sont environ 6.000 directeurs d’école qui vont donc perdre l’aide administrative à laquelle ils avaient droit. Pour la plupart d’entre eux, la surprise sera de taille puisque l’Administration n’a même pas le moindre des égards pour avertir ses agents ! 

Les syndicats réagissent dans l’urgence.  

 

Le SGEN-CFDT invite les collègues à profiter des réunions de rentrée de directeurs pour :

- dénoncer cette mesure et faire transmettre leur désaccord par leur IEN

- envisager au sein des circonscriptions des actions collectives  

 

Le SE-Unsa appelle les directrices et directeurs d’école, en lien avec les personnels à commencer l’action en bloquant dès la rentrée les remontées administratives, et ce, sur tout le mois de septembre. Il propose aux conseils des maîtres de voter une motion de blocage des remontées administratives durant le mois de septembre. Certes, l’intention est louable mais comment croire un instant que les adjoints se sentent concernés par l’aide administrative accordée aux directeurs d’école ? Cette façon de procéder est coutumière au SNUipp. Force est de constater qu’elle n’a jamais donné le moindre résultat.

Pour le SE-Unsa, « il s’agit de faire valoir notre revendication d’un secrétariat administratif pérenne. Le SE-Unsa appelle les directeurs à n’effectuer aucune remontée administrative en septembre à commencer par le constat des effectifs (sauf si besoin d’une ouverture de classe). Ils ne répondront donc à aucune enquête de l’inspection académique ou de la circonscription (langue, APE, PPRE…). Le SE-Unsa informe le ministre et les Inspecteurs d’Académie de cette action et demande l’ouverture immédiate de discussions. »  

 

Le SNUipp relève, lui aussi, l’inquiétude des directeurs d’école. Interrogé, Sébastien Sihr, Secrétaire général du SNUipp, déclare : « La situation des directeurs est vraiment critique car leurs aides administratives ne sont pas renouvelées. Cela génère une situation explosive. En juin dernier nous avons déjà écrit à Luc Chatel à ce sujet. Nous appelons les directeurs à donner la priorité aux démarches qui concernent les élèves et les familles. Pour le reste on les invite à répondre qu’ils le traiteront que quand ils auront le temps. Cela peut concerner les enquêtes…etc. mais aussi les évaluations nationales.

Tout cela montre qu’il faut ouvrir le dossier des directions d’école. L’aide administrative ne peut se contenter de salariés en contrat précaire. Certaines écoles ont plus d’élèves que des collèges. On ne voit pas pourquoi elles n’ont pas les mêmes moyens. »

A son interlocuteur qui lui demande si,  « sur ce terrain les EPEP ne pourraient être une solution », Sébastien Sihr balaie la question d’une phrase sans appel :

« L’EPEP c’est un statut. Cela ne règle pas le problème des moyens. Si un changement de statut suffisait pour faire fonctionner les écoles et réussir les élèves ça se saurait… »  

 

Les organisations syndicales ont décidé de se rencontrer rapidement et envisagent, si elles ne sont pas entendues de Luc Chatel, de lancer « une vraie grève administrative »… Le « blocage des remontées administratives » serait-il une « fausse » grève administrative ?

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 09:49

 

A tout seigneur, tout honneur, l’élection présidentielle de 2012 est lancée. Pas une semaine sans qu’un nouveau thème soit abordé par le Président candidat.

Mardi 21 juin, c’était au tour de l’Education nationale d’être sur le devant de la scène électorale. Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il n’y aurait aucune fermeture de classe dans les écoles primaires à la rentrée 2012, hors critères démographiques. Il faut dire que les élus UMP "s'inquiètent de plus en plus ouvertement des effets des suppressions de postes et de fermetures d'écoles sur leur réélection".

« Nous avons un problème majeur d'école primaire…. A la rentrée 2012, nous ne procéderons hors démographie à aucune fermeture de classe de l'école primaire », a déclaré le chef de l'Etat. Et d’ajouter : « Le un sur deux continuera, mais nous sanctuariserons l'école primaire pour qu'à la rentrée 2012, le nombre de fermetures de classes n'excède pas le nombre d'ouvertures ».

Propos qui n’ont pas manqué d’inquiéter syndicats et fédérations de parents d’élèves. Comme le nombre de départs en retraite devrait être moins important en 2012, il y aura environ 14.000 suppressions de postes dans l'Education. Pour y parvenir sans fermeture de classes primaires à la rentrée 2012, plusieurs solutions sont envisagées : suppressions de postes administratifs, de Rased, formations le mercredi et non plus sur le temps scolaire. La réforme du lycée professionnel (réduction de la durée d'étude d'un an) devrait permettre d’économiser plusieurs milliers de postes... Probablement faut-il s’attendre à voir diminuer encore et toujours le nombre de postes de remplaçants.

Pour justifier l’inflexibilité du gouvernement sur les suppressions de postes, le Président a précisé : « Je n'ai pas été élu pour que la France soit dans la situation de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal. » Et d’ajouter : « Sur les vingt dernières années, avec le un sur deux, il y a 540 000 élèves de moins et 34000 enseignants de plus… C'est financé avec vos impôts… ». Argument constamment repris par Luc Chatel et dont nous avons déjà eu l’occasion de dire combien il est fallacieux (cf notre article intitulé « école : l’heure du bilan »).

Les réactions ont été vives à cette annonce et marquées surtout par le scepticisme des syndicats, politiques et parents d’élèves. En réalité,  Cette promesse (...) d'un moratoire (...) est un énorme aveu d'échec et une opération électorale dont personne n'est dupe ” déclare Bruno Julliard, secrétaire national à l'Education. Et il ajoute “Cette promesse présidentielle est donc une opération électorale qui aura la même postérité que toutes les belles promesses annoncées avant les élections: elle est faite pour rassurer avant, mais pas pour être tenue après!

 

Autre scrutin : les élections professionnelles. Comme nous l’écrivions le 25 mars dernier, les élections professionnelles d’octobre 2011 seront l’occasion de profonds changements dans la suite des accords de Bercy sur le dialogue social.  

La loi du 20 août 2008 a transposé dans le code du travail les règles sur la représentativité et la négociation collective issues de la « Position commune » adoptée par les partenaires sociaux le 9 avril 2008. Il s’agit d’une réforme en profondeur, reposant notamment sur la fin de la présomption irréfragable de représentativité :

Instauration d’un critère d’audience aux élections professionnelles, ce critère fondant la légitimité auprès des salariés

• Le niveau d’audience doit être d’au moins 10% des suffrages au 1er tour de l’élection professionnelle

 

C’est ainsi que s’opèrent des regroupements parfois surprenants (relire notre article sur les "syndicats enseignants contraints à des coalitions").

C’est le cas, notamment, de trois syndicats très minoritaires (SNE-CSEN, SCENRAC-CFTC et SNEP-FAEN). Si les deux premiers affichent clairement leur volonté de doter les directeurs d’école d’un statut, la position du troisième est quelque peu différente.

Comme nous l’indiquions dans l’article cité en référence, « Le SNEP-FAEN souhaite une valorisation de la fonction de directeur.

Ceci implique que tous les directeurs soient déchargés à plein temps sur toutes les écoles ou perçoivent une indemnité conséquente en fonction de ses missions et de la taille de l’école.

Cela lui permettrait de pouvoir assurer ses charges administratives mais aussi d’avoir le temps d’accueillir les parents à rencontrer…

De plus, étant enseignant et par conséquent devant des heures d’enseignement, il interviendrait dans les classes pour un dédoublement 2H par jour pour la lecture et l’écriture.

Conscient du coût de cette proposition, le SNEP propose que le directeur de l’école remplace les collègues de l’école sur les remplacements courts (une demi-journée maximum). Ainsi, l’administration utiliserait mieux les postes de ZIL (et le remplaçant connaîtrait parfaitement le fonctionnement de l’école et des enfants).

Enfin, de par son expérience de la profession, le directeur pourrait avoir un rôle de conseiller pédagogique, notamment pour épauler les jeunes collègues.

Le directeur serait donc le maître supplémentaire et « ressource » de l’école mais aussi le responsable administratif et pédagogique. Mais en aucun cas il ne doit évaluer ses collègues, que ce soit pédagogiquement ou administrativement, et endosser un rôle d’inspecteur ; et ce, parce qu’il est partie prenante de l’équipe pédagogique.

Bien sûr, le SNEP demande que cet élargissement des missions du directeur soit accompagné d’une reconnaissance financière conséquente. »

 

Premières conséquences, cette « Union pour l’Ecole Républicaine » a dû trouver un compromis pour satisfaire les trois organisations syndicales qui la composent. Une sorte de « minimum syndical » qui gomme le mot « statut », notamment pour les directeurs au profit de « reconnaissance du métier… ».

Ainsi, peut-on lire dans « La Voix de l’école », organe du SNE :

« Ces organisations se sont regroupées autour de valeurs communes et ont défini des objectifs et des revendications communs, dont :

-       La défense de notre statut de fonctionnaire d’Etat

-       La défense de notre pouvoir d’achat…

-       La lutte contre les fermetures de postes…

-       La reconnaissance des métiers spécifiques : directeurs d’école, maîtres spécialisés, conseillers pédagogiques

-      

Le communiqué fait la différence entre « statut de fonctionnaire »  et « reconnaissance des métiers ». Les mots ont, naturellement, été choisis et ne sont pas le fruit du hasard. Il s’agit, à n’en pas douter, d’un compromis tel que cité plus avant.

 

A l’approche des élections, les syndicats ont bien pris conscience de l’importance du directeur comme relais de l’information dans les écoles et n’ignorent pas le rôle qu’il peut jouer auprès de ses adjoints pour les motiver ou non à participer au vote électronique. Craignant même son influence, ils le flattent sans vergogne. Ainsi, le SNUipp et le SE rivalisent-ils pour « exiger » du ministre la création d’emplois statutaires et pérennes pour doter les directeurs d’une « aide administrative » (SNUipp) ou d’un « secrétariat administratif » (SE).

Ne faudrait-il pas commencer par reconnaître statutairement le directeur d’école, lui donner la possibilité d’effectuer ses missions et ses tâches avant de créer ces emplois ? Les directeurs ne risquent-ils pas de voir leur situation actuelle perdurer sous prétexte qu’ils ont les « moyens » de faire fonctionner leur école ? N’est-ce pas, après tout, ce qui arrangerait les grandes centrales syndicales de voir disparaître le « risque » d’avoir un directeur d’école vraiment reconnu par un statut ?

Pourquoi toutes ces organisations syndicales (SNUipp, SE, SGEN…) ne mettent-elles pas le même empressement et la même vigueur à réclamer un statut pour les directeurs qu’elles ne le font pour les « aides administratives » ? Mystère…

 

L’approche des élections suscite également un renouvellement des idées pour se démarquer des adversaires potentiels. Surprenante, la proposition de la CFTC-éducation « Pilotage des écoles : pourquoi ne pas partir du particularisme parisien ? » Mais que, diable, n’y avait-on pas pensé plus tôt… serait-on tenté de dire.

« La première chose urgente à faire est de nous interroger sur ce que la France souhaite vraiment mettre en place pour piloter les écoles du 1er degré. Cette question est essentielle. Il est temps d'y répondre. Il est évident qu'une école ne peut se dispenser d'un pilote.

Ensuite la deuxième question : quel type de personnel est-il opportun de placer à la tête de cette école ?

Enfin dernière question : pour répondre aux missions qui seront confiées aux directeurs d'école, quelle formation initiale doit leur être apportée ?

Bien sûr tout cela a un coût. Mais ce coût doit-il être supporté uniquement par l'Education Nationale alors qu'aujourd'hui les missions du directeur dépassent largement ce cadre et que celles-ci sont de plus en plus nécessaires au bon fonctionnement de l'école ?

Pourquoi ne pas envisager un financement externe à l'Education Nationale comme c'est le cas par exemple pour la Ville de Paris. Celle-ci en effet, en prenant à son compte le complément de charge (financement des postes), permet à tous les directeurs de la capitale d'avoir une décharge complète. Les directeurs peuvent ainsi rendre un service complet de direction pour leur école, pour la population.


Cette expérience intéressante pourrait être étendue en la modulant selon la taille des communes. Elle prouve en tous les cas que le pilotage d'une école par une seule entité permet de régler nombre de situations qui ne sont souvent conflictuelles que par le partage plus ou moins flou des responsabilités.


Un enfant qui arrive à l'école en garderie le matin dépend tout d'abord d'une structure qui est sous la responsabilité de la mairie ou d'une association. Durant la matinée son temps devient un temps scolaire. Il passe entre midi et deux sur un temps municipal, redevient élève durant l'après midi et termine sa journée sous la responsabilité d'une nouvelle structure qui peut-être, comme le matin, soit municipale soit associative.


Ce qui signifie dans la journée entre la garderie du matin et l'étude du soir il y a au moins 2 ou 3 formes juridiques qui ont géré l'enfant. Avec des entités juridiques différentes, il est évident que la cohérence éducative a du mal à être respectée s'il n'y a pas une volonté forte de chaque intervenant.


L'école ne doit avoir qu'un seul pilote et ce pilote doit être le directeur.


Comme cela a déjà évoqué plus haut, le financement de ces postes pourrait être assumé en partie par les collectivités territoriales qui au final se retrouveraient gagnantes à avoir un personnel interlocuteur réel qui prendrait en charge tous ces temps de vie l'enfant.

Cela permettrait de bâtir de vrais programmes et de vrais projets éducatifs locaux qui tiendraient compte de la réalité du terrain, des capacités dont disposent à la fois l'école, le centre de loisir et le centre d'accueil pour les moments périphériques. Et aussi bien sûr les programmes scolaires et la volonté politique de la mairie de faire aboutir tel ou tel projet. »

 

Sauf que Paris n’est pas la France. Paris est une ville riche. L’immense majorité des communes n’ont pas les capacités financières de la capitale. Lors des premières discussions sur les rythmes scolaires, l’Association des Maires de France a tiré la sonnette d’alarme sur l’impossibilité pour les communes de prendre en charge les animations hors temps scolaire libéré. Idem pour les jardins d’éveil qui pourraient prendre la relève des classes de 2 à 3 ans dans le but de supprimer des milliers de postes d’enseignants. Et que de discussions à n’en plus finir entre communes accueillant les élèves suite à un regroupement pédagogique ! Et, in fine, cette proposition ne contribuerait-elle pas à repousser aux calendes grecques l’obtention d’un statut tel que le réclament les directeurs d’école ?

 

Bref, chacun peut le constater, à l’approche des élections professionnelles, les directeurs semblent attirer beaucoup de gestes d’attention autour de leur situation qui se dégrade de jour en jour. Mais si les propositions gravitent autour d’eux, elles ne sont pas réellement destinées à trouver une véritable solution à leurs problèmes.

 

« Les promesses n'engagent que ceux qui y croient », avait coutume de dire Jacques Chirac…

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 22:09

 

Le 8 mars 2011, lors d’une séance de questions à l’Assemblée Nationale, Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, déclarait solennellement :

« Madame la députée, vous avez raison de rappeler l’importance des contrats aidés dans l’éducation nationale. Ils sont, en effet, essentiels au fonctionnement quotidien de nos établissements scolaires. D’abord, pour épauler nos directeurs d’écoles dans le premier degré ; ensuite, pour améliorer la vie scolaire au quotidien dans l’ensemble de nos établissements ; enfin, pour accompagner les enfants handicapés, ce que, vous l’avez indiqué à juste raison, le Gouvernement a élevé au rang de priorité. »


Peu de temps après, l’on apprenait le non renouvellement des assistants d’éducation dans les écoles primaires ainsi qu’une forte réduction des contrats uniques d’insertion (CUI).

Dès le 9 septembre 2010, dans un article intitulé « L’aide administrative aux directeurs d’école remise en cause », nous avions attiré l’attention sur les nouveaux méfaits de la RGPP… Après avoir réussi à supprimer des dizaines de milliers de postes d’enseignants et de personnels administratifs sans trop de heurts, cette fois, la résistance s’organise et des voix se font entendre de toute part pour crier : trop, c’est trop !

 

Syndicats d’enseignants, fédérations de parents d’élèves, élus politiques, directeurs d’école manifestent leur indignation.

 

La situation des personnels dont le contrat ne sera pas renouvelé est également à prendre en compte. L’Etat n’a pas respecté ses obligations de formation pour favoriser le maintien dans l’emploi tel que le prévoit le Contrat Unique d’Insertion. Le SNUipp, le SE, le SGEN et Educ’Action ont alerté le gouvernement. Le Premier Ministre ne peut recevoir ces syndicats en raison « des contraintes d'un emploi du temps très chargé ».
Les ministres de l'Education Nationale et du Travail n'ont pas répondu à leur courrier. « Nous considérons, à ce jour, qu'ils font peu de cas de la situation de ces personnels dont la précarité est le lot quotidien », déclarent ces organisations syndicales.

Dans le Nord, Marc Gosselin, directeur de cabinet du recteur de Lille, accepte de recevoir le SGEN-CFDT et déclare : « Dès le mois de mars, en comité technique paritaire, nous avons annoncé que les assistants d'éducation, qui résultaient de la première mise en place des emplois jeunes, n'avaient plus de légitimité et de raison d'être dans le 1er degré où de nouvelles politiques d'accompagnement sont menées par les enseignants ». Il confirme que les 300 assistants d'éducation « seront redéployés dans le second degré. Mais on ne connaît pas encore le contingent global ».
Le directeur de cabinet ajoute que « 887 contrats uniques d'insertion » seront affectés au 1er degré, avec une priorité donnée à la prise en charge du handicap « et, potentiellement, à l'aide administrative au directeur d'école ». Au final, « il n'y a pas de perdants », assure Marc Gosselin.

Pas de perdants à en croire le directeur de cabinet du recteur… Si l'on excepte certains directeurs d’école qui pourraient se retrouver avec trois postes en moins dans leur établissement à la prochaine rentrée : plus d’EVS pour l’aide administrative, plus d’assistant d’éducation pour animer les salles informatiques ou les bibliothèques et plus d’ASEH pour le suivi d’enfants handicapés. Sans doute, considère-t-il que le travail d’un directeur d’école ne nécessite pas ce luxe qui lui était généreusement octroyé pour l’aider dans sa mission administrative…

 

L’exaspération des directeurs d’école est à son comble. Ici ou là, certains réclament à leurs syndicats plus de pugnacité et de volonté pour défendre leur cause. D’autres suggèrent à leurs représentants syndicaux de mettre en place une grève administrative via le boycott d’Internet : réponses aux mails, Base élèves, Affelnet, remontées des évaluations ou diverses enquêtes aussi inutiles que chronophages…

Quelques-uns prennent même l’initiative de lancer une pétition sur le Net. C’est le cas dans l’Académie de Lille où « des directeurs inquiets », tels qu’ils se baptisent, ont pris l’initiative de faire circuler un texte auprès de l’ensemble des directeurs de l’académie et de l’envoyer aux parlementaires du département (députés et sénateurs).

Nous reproduisons, ci-dessous, leur courrier :

 

« Monsieur,

Nous souhaitons porter à votre connaissance, par la présente, les décisions suivantes prises par le gouvernement :

Les contrats des assistants d’éducation vont subir prochainement un avenant les contraignant de quitter nos écoles élémentaires pour être redéployés dans les collèges et les lycées.

De ce fait, nos élèves vont se trouver dans des situations plus que difficiles à la rentrée prochaine. En effet, ces personnes font partie intégrante des équipes éducatives, à savoir :

ü  Fonctionnement des classes pupitres et informatiques par la prise en charge d’élèves,

ü  Bon fonctionnement de la maintenance en informatique,

ü  Initiation et renforcement sur les compétences du B2i et des « TICE »,

ü  Assistance des enseignants pour la prise en charge de groupes d’élèves en difficulté ou non au sein de nos classes ainsi qu’en EPS.

ü  Aide dans les recherches et la gestion des bibliothèques et centres documentaires auxquels les élèves ont besoin d’accéder.

 

Les contrats aidés (aides administratives aux directeurs d’école) sont également en danger : A cette heure, nous ignorons toujours si les directeurs pourront continuer à assumer leur charge administrative toujours grandissante sans ces aides devenues précieuses et indispensables.

Nous vous demandons votre soutien dans nos démarches de façon à continuer notre mission éducative pour l’intérêt général.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de notre considération la plus distinguée.

 

Des directeurs inquiets pour l’avenir de leur école »

 

A noter le supplément EVS-AE au FSC 355 du SNUipp (juin 2011) dont l’un des articles est ainsi titré : « Depuis 2005, le SNUipp-FSU avec les EVS ». Hélas, le SNUipp en fait trop dans sa démonstration de soutien des EVS. A tel point, qu’il se trompe de date sur leur création…

« Les emplois de vie scolaire sont arrivés dans les écoles en 2005 dans le cadre de l'application du protocole sur la direction d'école. Prévus pour apporter une aide administrative à la direction d'école, les EVS, quelle que soit la nature de leur contrat (CAE ou Avenir), ont aussi progressivement été affectés à des missions d'accompagnement d'élèves en situation de handicap ».

Rappelons que le protocole date de mai 2006 et que le SNUipp y était totalement hostile. Et que ce n’est que plus tard que le SNUipp se rangea aux côtés des EVS. Comme il le dit dans le paragraphe suivant : « Dès 2008, le SNUipp était aux cotés des EVS pour réclamer le droit pour chacun d'eux d'aller au terme possible de leurs contrats, alors que le ministère envisageait déjà de pratiquer un turn-over sur les postes existants.

La situation devenant de plus en plus criante en 2009, le SNUipp est à l'initiative d'une pétition intersyndicale collectant environ 60 000 signatures pour réclamer une solution pour chacun… »

 

Bref ! A vouloir trop prouver…

 

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 22:04

 

A un an de l’élection présidentielle, il ne fait mystère pour personne que Nicolas Sarkozy va se représenter aux suffrages des citoyens pour un second mandat. Ses conseillers, ses soutiens, son parti sont entrés dans une phase active : celle de valoriser l’action des 4 premières années du quinquennat.

Les adversaires politiques du Président s’efforcent, eux aussi, à comparer les réalisations et les promesses du candidat de 2007. Opération pas toujours facile à réaliser car l’UMP supprime discrètement les sites de propositions 2007 affichées sur Internet.

Dans le domaine de l’éducation, et plus particulièrement celui de l’école, le ministre Luc Chatel s’évertue à magnifier le travail effectué depuis 2007. Sur toutes les antennes des médias, il justifie, explique, glorifie les réformes qui ont jalonné ces quatre années. Hélas, faute de journalistes spécialisés au fait des réalités du terrain, il ne se trouve que très rarement de contradicteurs sur son chemin…

 

Le remplacement des enseignants absents

 

Le ministre répète à l’envi que « 96,2 % des absences d’enseignants sont remplacées ». Qui relève que ce taux ne correspond pas à la réalité ? Aucun journaliste ne semble savoir que dans le secondaire les absences de moins de 15 jours ne sont pas remplacées et que la situation est critique dans le primaire, tant le manque de remplaçants est criant du fait des suppressions de postes qui ont d’abord touché les enseignants sans classe. Pourtant, la grogne des parents d’élèves ne cesse de croître comme en témoignent les associations de parents dans l’Essonne, le Rhône et de nombreux autres départements ou la saisine de la Halde en Seine-Saint-Denis… Faute de contradicteur, le ministre peut continuer de tenir son discours dans tous les médias…

 

Le budget de l’Education nationale

 

« Depuis 1980, le budget moyen par élève a augmenté de 80% assène Luc Chatel avant d’ajouter que « le Parlement a voté cette année le budget le plus important qui n’ait jamais été voté : 65 milliards d’euros

Certes, la dépense moyenne par élève (salaires des personnels, fonctionnement des écoles, transports scolaires, manuels, ...) est passée, en primaire, de 2 920 euros en 1980 à 5 620 euros en 2008, en euros constants. Effet garanti auprès de l’opinion !

En effet, la date de référence (1980) n’est pas choisie au hasard. Elle permet d’englober la revalorisation du métier d’enseignant entreprise en 1989 par Lionel Jospin en alignant les professeurs des écoles sur les certifiés du secondaire. Ce qui a induit une hausse importante de la masse salariale dans le primaire. D’autres mesures ont également eu un impact financier important (réduction du temps de service en lycée professionnel ou du nombre d’élèves par classe).

Là encore, peu de contradicteurs dans les médias pour rappeler au ministre que la dépense publique consacrée à l’éducation est passée de 6,5% du PIB en 1997 à 6 % en 2007 (rapport de l’OCDE : « Regards sur l’Education »).

Personne encore, ou presque, pour interroger le ministre sur la récente étude (décembre 2010) du  Centre d’analyse stratégique, un organisme rattaché au Premier ministre. On y découvre, en effet, que le taux d’encadrement des élèves du primaire en France est « un des plus faibles des pays de l’OCDE » avec « 5 enseignants pour 100 élèves ». Loin derrière le Portugal, la Grèce ou l’Espagne mais aussi la Suède, la Belgique ou l’Autriche, pays dans le nombre d’enseignant pour 100 élèves oscille entre 6 et 10.

Des chiffres qui confirment les constats établis en mai dernier par la Cour des comptes qui parlait d’une sous dotation de 15 % pour l’école primaire, de 5 % pour l’école maternelle par rapport aux pays comparables.

 

Les suppressions de postes

 

Rarement interrogé sur les comparaisons avec les autres pays de l’OCDE, Luc Chatel n’hésite pas à en remettre une couche pour justifier les suppressions de postes. Ainsi, l’entend-on souvent déclarer qu’ « en septembre 2011, il y aura 35.000 professeurs de plus qu’au début des années 1990, alors que l’on compte 500.000 élèves de moins.».

Une fois encore, il nous faut déplorer la faiblesse médiatique qui accepte pour argent comptant les allégations du ministre qui peut ainsi montrer que les suppressions de postes sont indolores et sans conséquences néfastes pour le fonctionnement de l’école.

Simplement le ministre omet-il de rappeler que cet accroissement d’enseignants au cours des 20 dernières années s’explique notamment par l’allongement de la scolarité moyenne des élèves (nouvelles filières dans les lycées), l’amélioration du fonctionnement de l’école souhaité par le législateur (intervenants en langue, en informatique, décharges de directeurs de 4 classes,  allègement des effectifs d’élèves par classe …).

Poursuivre les suppressions de postes, c’est revenir sur ces améliorations et créer de mauvaises conditions de fonctionnement de l’école. C’est « donner l’impression qu’on en aurait trop fait », souligne Guy Barbier, Secrétaire national du SE-Unsa. Et, comme le constate Sébastien Sihr, Secrétaire général du SNUipp-FSU « le système a montré ses faiblesses : 20% des élèves en difficulté en fin de CM2, des élèves qui décrochent… Au lieu de fermer des classes comme aujourd’hui, il faut au contraire relancer l’investissement dans le primaire. »

 

Plus extravagante encore, dans la surenchère aux suppressions de postes, la déclaration de Georges Tron, Secrétaire d’Etat à la Fonction Publique qui affirme qu’il y a encore de la marge puisque « 18 000 professeurs dans le secteur primaire ne sont pas directement en relation d’enseignement avec les enfants ».


Intervention surprenante car elle succède à une autre déclaration du même Georges Tron qui estimait, quelques jours plus tôt, dans un entretien à Libération que la politique de réduction des effectifs de la fonction publique devrait être suspendue après la présidentielle. « Je pense que la règle intangible de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne devrait pas se poursuivre après 2012 ». Et d’ajouter que
le « un sur deux » avait atteint ses limites notamment dans l’Education nationale…

Probablement, le Secrétaire d’Etat a-t-il été rappelé à l’ordre pour affirmer le contraire quelques jours plus tard. Son ministre de tutelle, François Baroin, ministre du Budget, n’avait d’ailleurs pas tardé à le démentir publiquement : « «Il n’y aura pas de changement de ligne. Le principe du "un sur deux" vaudra jusqu’en 2013, il n’y aura pas de modification de la loi.»

 

Néanmoins, la « sortie médiatique » de Georges Tron a été perçue comme « la provocation de trop » pour les syndicats qui s’interrogent sur les intentions gouvernementales. En effet, d’où Georges Tron tient-il ce chiffre jamais entendu dans les sphères ministérielles ?

Fait-il allusion aux membres des RASED dont l’effectif a considérablement été réduit ces dernières années du fait de la mise en place de l’aide personnalisée, elle-même induite par la suppression des cours le samedi ?

Songe-t-il aux 2500 conseillers pédagogiques attachés aux circonscriptions et qui accompagnent les débutants privés de formation par la récente réforme ou aux 7000 maîtres formateurs qui, eux, n’ont qu’une journée de décharge de cours par semaine ?

Pense-t-il aux titulaires remplaçants dont l’effectif a fondu comme neige au soleil et qui ne sont plus en nombre suffisant pour remplacer les enseignants absents ?

Estime-t-il superflues les décharges syndicales estimées à environ 300 en primaire pour l’ensemble des syndicats, selon Sébastien Sihr et Christian Chevalier ?

Ou, juge-t-il inutiles les décharges attribuées aux directeurs d’école pourtant considérées comme nettement insuffisantes par l’ensemble des acteurs de l’Education nationale ?

 

Comme le souligne Luc Cédelle, journaliste au quotidien « Le Monde », « le chiffre de 18 000 avancé par M. Tron n’est donc pour l’instant - le ministère de l’Education nationale ne l’ayant pas du tout confirmé - plus un chiffre fantôme qu’un nombre d’enseignants fantômes. A moins qu’il ne s’agisse - c’est une pure spéculation, mais certains la trouveront tentante - de « lâcher » un chiffre dans la sphère médiatique à la seule fin d’y habituer les consciences et d’observer, dans une habile répartition des rôles entre ministres, les réactions qu’il produit… ou pas. »

 

A ce titre, le « baromètre des réformes de Nicolas Sarkozy » établi par l’Institut Thomas More est intéressant car il permet le suivi exact de l’ensemble des mesures annoncées par le Président de la République et le gouvernement.

Dans le domaine de l’Education, le bilan est plutôt jugé négativement par ce « think tank » d’opinion qui attribue « une mauvaise note pour un chantier pourtant majeur, qui sanctionne une grande lenteur à engager les réformes promises.

Après quatre ans, à peine 20% des mesures sont réalisées et près de 40% sont aujourd'hui en retard ou abandonnées. C'est le prix à payer d'une politique d'effets d'annonce : l'éducation est l'un des trois thèmes qui en compte le plus (117 contre 60 en moyenne)...

 

Détail de la note globale 6/20

Efficacité de l'action (coef 3) 3,96/20

Mise en oeuvre des réformes (coef 2) 6,98/20 

Cohérence de l'action (coef 1) 9,43/20 »

 

Bref, à écouter les différentes interventions de ministres s’efforçant de justifier l’injustifiable, on comprend mieux l’intérêt des amis du Président de faire disparaître rapidement les promesses du candidat en 2007...

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 00:06

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Qu’on évoque la création d’EPEP (cf article précédent), qu’on aborde les problèmes spécifiques liés au fonctionnement de l’école primaire ou encore la mise en place de l’école du socle commun, la question centrale et cruciale reste celle du statut de l’école et de son directeur.

 

Toutes les études ou enquêtes, tous les rapports, commandités par l’institution ou réalisés par une administration externe, mettent clairement l’accent sur l’impérieuse nécessité de modifier le statut de l’école primaire et de doter son directeur d’un statut en adéquation avec la transformation de sa fonction en un véritable métier.

 

Or, malgré les multiples recommandations qui s’amoncellent rue de Grenelle, le ministère ne bouge pas d’un iota et maintient sa position attentiste sur l’épineux problème du statut de l’école et de son directeur. Longtemps, les différents ministres se sont retranchés derrière le sempiternel prétexte du « refus des syndicats enseignants ». Refus bien réel mais faux prétexte.

Chacun sait que le ministère ne craint plus les organisations syndicales tant il connaît leur faiblesse et le faible impact de leurs éventuelles réactions pour mettre à mal la « paix sociale » en ces temps de crise.


Pour diverses raisons, les gouvernements successifs sont les principaux responsables du mauvais fonctionnement de l’école primaire et de ses piètres résultats.

L’éducation n’est plus la priorité des priorités malgré le budget du Ministère qui représente le premier poste du budget de l’Etat (21% en 2010).

La création d’établissements publics coûterait cher aux collectivités territoriales par le biais d’un transfert de compétences. Les élus locaux n’en veulent pas sachant que le transfert de compétences ne s’accompagne pas toujours, loin s’en faut, d’un transfert de finances.

La création d’un statut de directeur, pourtant souhaité par les politiques, aurait un coût important (aide administrative, décharges supplémentaires, relèvement indemnitaire…) incompatible avec le budget de l’Etat en cette période de vaches maigres, nous dit-on.

Bref, le courage politique n’est pas au rendez-vous.

 

Côté syndicats, lorsqu’on évoque le statut de l’école et de son directeur, même si la plupart des principales centrales y sont opposées, c’est d’abord le SNUipp-FSU qui est sur la sellette. Essentiellement parce qu’il est le plus important syndicat enseignant du premier degré et qu’il a la position la plus tranchée sur le sujet.

Selon ce syndicat, la désaffection pour la fonction s’explique par le décalage entre les conditions d’exercice et ce qui est mis à disposition des directeurs (rémunération, moyens, réussite sociale…).

 

Ce qui sous-tend les revendications de cette organisation syndicale :

-       Temps supplémentaire de décharge

-       Reconnaissance du conseil des maîtres comme instance de décision

-       Création d’emplois administratifs stables

-       Redéfinition et allègement des tâches

-       Revalorisation de la rémunération

-       Amélioration de la formation

-       Temps de concertation inclus sur le temps de service

 

Il faut d’ailleurs noter que le SNUipp a longtemps considéré la direction d’école non comme un métier mais comme une fonction appartenant au métier d’enseignant. Sur ce dernier point, une évolution est intervenue récemment : « Nous savons qu’être directeur, c’est avoir de nombreuses responsabilités, c’est gérer des relations avec la mairie et avec des partenaires extérieurs de plus en plus nombreux. En cela, on peut parler de métier », souligne Sébastien Sihr.

De crainte, sans doute, qu’on ne lui fasse remarquer que la reconnaissance du métier doit s’accompagner d’un statut, le secrétaire général du SNUipp s’empresse d’ajouter : « En revanche, nous avons toujours dit que nous étions opposés à une structure hiérarchique dans les écoles du premier degré. Le directeur ne peut pas être un supérieur, mais quelqu’un qui organise, qui pilote, en étant intégré à la vie de l’école. Nous ne pensons pas que créer un statut répondrait aux difficultés liées à ce métier. »

C’est globalement ce qu’exprime également le SNPI-FSU (Syndicat National des Personnels d’Inspection) qui « souhaite que les directeurs d'école soient clairement reconnus pour la valeur de leurs missions fonctionnelles. Si le décret de 1989 doit être actualisé pour que les missions et compétences des directeurs soient clarifiées, il n'est pas besoin de créer un corps de directeurs des écoles ni de donner aux directeurs d'école un pouvoir disciplinaire ou d'évaluation sur les enseignants de leur école. En revanche, deux dispositions doivent être développées prioritairement. D'une part, augmenter le temps de décharge et doter chaque directeur d'école d'un assistant administratif à temps partiel ou complet pour le seconder. D'autre part, respecter le temps nécessaire à une vraie formation initiale et instaurer une formation continue permanente pour la direction d'école. »


Pourquoi ce syndicat d’inspecteurs met-il en parallèle la création d’un corps de directeurs et le pouvoir disciplinaire ou d’évaluation ? Sur le premier point, l’allégation mériterait, pour le moins, d’être explicitée. Ses adhérents considèrent-ils que l’existence d’un corps de directeurs d’école leur serait préjudiciable ? Y voient-ils un risque d’affaiblissement des pouvoirs de l’IEN sur les enseignants du premier degré ?

Le second point (pouvoir disciplinaire) semble davantage là pour jouer un rôle d’épouvantail et de repoussoir de la première mesure évoquée. Faut-il rappeler que personne n’a jamais réclamé ni ne réclame qu’un pouvoir disciplinaire soit attribué aux directeurs d’école ?

 

Lors de son congrès de Nevers, en 2007, le SNUipp a rappelé les raisons qui le font s’opposer à l’instauration d’un statut. Ce serait « un mauvais coup porté à l’unité de la profession enseignante du premier degré en éloignant le directeur de ses adjoints sans apporter de réelles améliorations à la direction et au fonctionnement de l’école ainsi qu’à la réussite de tous les élèves ».

Là encore, l’explication est un peu courte et peut d’autant plus être assimilée à une position idéologique que pédagogique que le SNUipp refuse catégoriquement d’aborder le sujet autrement que sous la forme d’allégations régulièrement assénées par ses représentants.

S’il entend les appels des psychologues scolaires, des conseillers pédagogiques, des EVS…, force est de constater qu’une surdité sélective l’empêche d’entendre celui des directeurs d’école.

 

Refusant de reconnaître les résultats de l’enquête Ifop de 2006 commanditée par le GDID qui montrait le souhait d’un statut par 93% des directeurs, sourd à l’appel à la discussion lancé par le même GDID, le SNUipp pourra-t-il longtemps encore ignorer les directeurs d’école et leur volonté toujours et massivement réaffirmée d’être reconnus, soutenus et aidés par un statut digne du métier qu’ils exercent en ce début de XXIème siècle ?

Une absence d’écoute et un refus de défense des directeurs de plus en plus ressentis comme une forme de mépris que les directeurs d’école ne supporteront pas indéfiniment…

 

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