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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 21:59

La feuille de route du futur ministre de l'éducation nationale obligera celui-ci à conjuguer rapidement des objectifs ambitieux avec une logique de limitation des dépenses. Des précisions ont été apportées depuis le 6 mai par l'entourage de Nicolas Sarkozy.
    

 

Ainsi, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite "n'est pas notre objectif prioritaire" dans l'enseignement, confie Emmanuelle Mignon (*), proche conseillère du président. L'évolution des postes devrait donc dépendre de la démographie scolaire. Comme promis, le décret du 12 février de Gilles de Robien, réformant les décharges horaires dans le secondaire, sera "suspendu", au profit d'une grande concertation, "avant les vacances", sur la revalorisation de la condition des enseignants.
  

Toutefois, l'équipe présidentielle envisage de regagner "des effectifs cachés", correspondant aux "enseignants qui ne sont pas devant les élèves". Selon Mme Mignon, cela représenterait "l'équivalent d'une académie". Un rapport rendu mi-mars à M. Sarkozy par Xavier Darcos - cité comme possible ministre - estimait que "20 000 équivalents temps plein de décharges et de mises à disposition sont récupérables". Mais en application du principe "travailler plus pour gagner plus", les enseignants seraient rémunérés pour leur participation aux études dirigées qui doivent être généralisées dès la rentrée, ainsi qu'à différentes tâches pédagogiques.
  

Mme Mignon évoque une prime "selon les résultats des élèves, mais qui peut très bien être attribuée collectivement", ainsi qu'une "vraie surprime" pour les enseignants de l'éducation prioritaire, qu'il s'agit désormais de "refonder". La réduction de 50 % des effectifs d'élèves des établissements les plus difficiles ne concernerait qu'"une cinquantaine d'établissements la première année".
  

La suppression progressive de la carte scolaire, allant de pair avec l'autonomie des établissements, serait d'abord expérimentée dans une dizaine de départements, qui bénéficieraient d'incitations financières. L'objectif de mixité sociale deviendrait une obligation dans les établissements concernés.
   

Enfin, l'abandon du collège unique, traditionnelle attente de la droite enseignante, ne semble pas à l'ordre du jour : M. Sarkozy entend abroger l'apprentissage à 14 ans, et, selon Mme Mignon, il n'est "pas question de sortir du principe selon lequel tous les enfants jusqu'à 16 ans ont une formation générale". Mais l'individualisation des parcours est souhaitée, ainsi que la découverte précoce des métiers.

Luc Cédelle (Le Monde du 18/05/07)
 
  
(*) Emmanuelle Mignon Diplômée de l'ESSEC et de l'Institut d'études politiques de Paris, elle sort major de l'ENA en 1995, et devient maître des requêtes au Conseil d'Etat.

En 2002, elle est nommé conseillère au cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, et parallèlement devient en novembre 2004 directrice des études de l'UMP : elle est notamment chargée des discours et de l'élaboration du projet de l'UMP en vue des élections présidentielle et législatives de 2007.

 

Xavier Darcos est un ministre expérimenté : il avait déjà été ministre délégué au coté de Luc Ferry où il avait montré une bonne connaissance des dossiers. Il avait dû inaugurer la politique de réduction de postes lancée par J.P. Raffarin. Il en reste une certaine impopularité chez les enseignants : selon un sondage Ifop de février 2007, son action rue de Grenelle avait été notée 7,3 / 20 par les enseignants, soit à peine plus que Gilles de  Robien (7) et… François Fillon (6,9). Il a également co-rédigé avec Philippe Meirieu un ouvrage (Deux voix pour une école, Desclée de Brouwer) où les deux hommes opposent  leurs conceptions sur l'Ecole. Il y défend des positions conservatrices avec une certaine modération.

Xavier Darcos est l'auteur d'un rapport remis en mars dernier à Nicolas Sarkozy (lire larges extraits dans notre article). Ci-dessous, extrait de ce qu'il déclarait au sujet des réseaux d'écoles rurales :

Voici ce qu'il déclarait lorsqu'il était ministre délégué à l'enseignement scolaire :

  

Le ministre de l'Enseignement scolaire plaide pour la constitution de réseaux d'écoles primaires dans les zones rurales


M. Xavier Darcos, ministre délégué à l'enseignement scolaire, a présenté, au conseil des ministres du mercredi 5 novembre 2003, une communication sur les réseaux d'écoles primaires.

Le ministre a expliqué que les petites écoles, situées le plus souvent en zone rurale, rencontraient des difficultés pour répondre aux exigences en matière de scolarité, qu'il s'agisse de l'organisation pédagogique, de l'équipement matériel ou de la gestion administrative.

Face à cette situation, le Comité interministériel à l'aménagement et au développement du territoire, dans sa réunion du 13 décembre 2002, a confié au ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche la conduite d'une réflexion pour « revitaliser l'école rurale ». L'objectif est de garantir aux enfants, sur tout le territoire, les mêmes chances d'accès au savoir et à la formation.

Le travail ministériel, engagé depuis le début de l'année 2003, s'est appuyé sur la concertation la plus large possible avec les élus, les syndicats d'enseignants et de cadres de l'Education nationale, les fédérations de parents d'élèves et les associations qui s'intéressent aux politiques d'éducation dans le cadre communal.

L'approche retenue à l'issue de cette phase de concertation consiste à promouvoir la constitution de réseaux d'écoles :

- en demandant à chaque inspecteur d'académie d'établir, après une concertation, un schéma territorial des écoles qui sera un instrument de prospective pour l'élaboration annuelle de la carte scolaire ;

- en établissant un cadre réglementaire pour la constitution et le fonctionnement des réseaux d'écoles ;

- et en dotant chaque réseau d'un coordonnateur qui assurera son animation en vue de l'organisation d'actions pédagogiques et éducatives communes.

Les initiatives des élus qui choisissent d'exercer la compétence scolaire au niveau intercommunal seront accompagnées, a assuré le ministre. Le projet de loi relatif aux responsabilités locales, en cours de discussion au Sénat, contient déjà plusieurs dispositions de nature à faciliter le traitement des questions scolaires dans un cadre intercommunal.

Les textes d'application devraient être publiés d'ici le printemps 2004, pour permettre leur mise en oeuvre à compter de la prochaine rentrée. L'objectif retenu est d'avoir constitué 600 réseaux d'écoles à l'horizon 2006-2007, y compris les 246 réseaux existants, qui bénéficieraient des nouvelles dispositions réglementaires.

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 08:58

Le prochain ministre et les décrets Robien

"Il aura la lettre sur son bureau lundi". Selon l'AFP, l'intersyndicale qui a mené le combat contre les décrets Robien ne désarme pas. Elle annonce son intention d'interpeller le ministre de l'éducation nationale sur l'abrogation des décrets Robien sur les décharges et la polyvalence.  Elle attend une réponse à la fin du mois.

Ces décrets Robien permettaient en effet de "récupérer" 3.058 postes équivalent temps plein au budget 2007. Les supprimer suppose donc de rétablir ces postes, "sinon, ça veut dire qu'on assomme la carte scolaire", a précisé Mme Thoby du SE-Unsa.

Composée de la quasi totalité des organisations, de l'extrême gauche à la droite, l'intersyndicale  représente 99 % de la profession enseignante.

 

Qui sera le prochain ministre ?

Le Monde parie sur Xavier Darcos. Mais Christine Albanel pourrait diriger un grand ministère de l'éducation et de la culture.

Xavier Darcos, né le 14 juillet 1947, est un haut fonctionnaire et homme politique français, professeur agrégé de Lettres et inspecteur général de l'Éducation nationale, auteur d'essais historiques et littéraires. En mai 2002, il a été nommé Ministre délégué à l’enseignement scolaire dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

  

Christine Albanel, née le 25 juin 1955, agrégée de lettre modernes, ancienne « plume » de Jacques Chirac, est depuis cinq ans présidente de l'Etablissement Public de Versailles. Elle fut Conseiller pour l'éducation et la culture (1997-2000) auprès de Jacques Chirac.

 

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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 13:14

Le rapport Darcos et le programme Sarkozy

Le rapport sur l'école remis par Xavier Darcos à Nicolas Sarkozy en mars ne finit pas de susciter l'émotion chez les enseignants. Sa lecture laisse voir ce que pourrait être, s'il était suivi, le programme présidentiel. (cf les extraits que nous avons publiés le 11 mai)

 

Sarkozy annulera-t-il le décret Robien sur les décharges ? "Environ 20 000 ETP [équivalents temps plein] de décharges et MAD [mises à disposition] sont récupérables" écrit X. Darcos. 20 000 emplois cela signifierait la suppression  de toutes les décharges existantes (pas seulement les heures de chaire mais aussi les heures de BTS, les ateliers de sciences etc.).

 

Les horaires des disciplines diminués ? "Des marges de manœuvre existent aussi sur les grilles horaires, en particulier en lycée, où la France se distingue par l’abondance de son offre d’enseignement. Ces marges de manœuvre seront bien utiles pour financer d’une part la revalorisation liée au «travailler autrement ».

 

Le retour de l'annualisation ? "Le moment est venu par exemple de poser la question de l’annualisation des services d’enseignement, et donc de l’annualisation des horaires eux-mêmes".  G. de Robien avait reculé devant cette proposition déjà incluse dans un audit : il estimait la question trop brûlante. L'annualisation c'est dire que chaque enseignant doit un nombre d'heures d'enseignement par an (par exemple 18*32 = 576 heures annuelles). En fait cela permet de faire travailler davantage les enseignants qui peuvent se trouver libérés du fait de jours fériés ou de stages en entreprises par exemple etc. Dans l'enseignement technique et professionnel c'est une source majeure d'économies. Le ministère avait jusque là échoué à l'imposer.

 

Deux autres propositions sont significatives  de l'esprit de l'équipe au pouvoir : "Affecter les agrégés conformément à leur statut (lycée, classes préparatoires)… Les professeurs de France représentent la moitié de la fonction publique. Ils doivent recevoir    en plus grand nombre les honneurs de la République, notamment dans les listes des nominations dans les ordres nationaux". Moins de salaire, plus de médailles dorées.

Le Snuipp participera à la journée du 23 mai

" A la rentrée prochaine, les effets de la politique actuelle se traduiront concrètement (effectifs, remplacement, formation). Mais l’urgence aujourd’hui pèse sur l’avenir des emplois précaires après le 30 juin. Qu’adviendra-t-il des emplois de vie scolaire EVS ? Il faut que la question des personnes (formations, validations, réemploi....) comme celle des missions qu’elles assumaient (accompagnement des élèves handicapés, aide à la direction d’école) soit absolument résolue". Le premier syndicat du primaire appelle les enseignants à se réunir devant les académies le 23 mai. Il rejoindra le Snes dans un mouvement qui vise à rappeler au président élu certaines promesses  et à mobiliser contre les décrets Robien.

 

"Des attaques contre le service public s’accentuent dans les autres secteurs comme en témoignent les grèves au CNDP et à l’ANPE (près de la moitié des personnels en grève). Et le déni de concertation se retrouve à tous les niveaux, c’est aussi pour cette raison qu’après les fins de nonrecevoir sur tous les dossiers brûlants que sont la fonction publique, les salaires, le droit du travail..., les organisations syndicales (FSU, UNSA, CGT, FO, Solidaires) ont collectivement décidé de ne plus participer à aucune instance officielle jusqu’à la nomination du prochain gouvernement."

 

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 10:24

Le rapport sur l'école remis par Xavier Darcos à Nicolas Sarkozy en mars est publié par La Lettre de l'éducation. Conçu en pleine campagne électorale, on y trouvera cependant quelques pistes pour imaginer ce que pourra être le programme présidentiel.

L'Ecole devant la réaction, le changement ou la continuité ?

Changement ou catastrophe ? Pour l'Ecole que signifie l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République ? Il faut sans doute rappeler les promesses du candidat. Mais aussi les confronter aux dossiers qui l'attendent.

 

Les promesses du candidat. Au terme d'une longue campagne, le candidat N. Sarkozy est intervenu très souvent sur l'Ecole. Un point important du programme est la suppression de la carte scolaire. Une mesure qui pourrait encourager la discrimination sociale et ethnique. Mais le candidat a aussi promis de consacrer 1 milliard au soutien des zep en leur garantissant "des classes de 15 élèves". Il souhaite également "plus de diversité dans l'école pour que l'intelligence de chaque enfant soit reconnue". Pour lui cela signifie que "dans une même ville un établissement pourra être spécialisé dans les matières littéraires, un autre dans le sport, un troisième dans les mathématiques". Du coté des enseignants, il a promis l'abrogation des décrets Robien sur les décharges. Il veut "que leur autorité et leur liberté pédagogique soient respectées". Des propos qui semblent ensuite avoir été contredits en fin de campagne par de violentes attaques contre "l'esprit de mai 68" et par la promesse de réduire le nombre de fonctionnaires tout en multipliant les  exonérations fiscales.

 

Quel budget pour l'Education nationale ? Pour appliquer la loi Fillon, le ministère avait calculé qu'il lui faudrait 23 000 postes supplémentaires (dédoublements en LV1 en 1ère et terminale, introduction de la LV2 en 5ème, PPRE sur le collège). L'essentiel de l'effort a été reporté après les élections. Si le prochain ministre veut simplement stabiliser le budget il lui faudra donc supprimer des emplois pour les réaffecter. La voie lui est montrée parle rapport d'audit sur les lycées qui propose trois mesures : la suppression de la totalité des décharges des enseignants, l'allongement de la durée de l'année scolaire (de 32 à 36 semaines effectives), la réduction de 20% des heures de cours, la suppression des dédoublements partout sauf en langues, sciences expérimentales et enseignements technologiques. Si N. Sarkozy souhaite diminuer le nombre d'enseignants il lui faudra aller encore plus loin.

 

Où trouver le budget des universités ? N. Sarkozy a promis d'élargir l'accès des jeunes à l'enseignement supérieur pour un coût moyen de 1,3 milliard. Favoriser l'accès des jeunes en université cela veut dire en fait hisser vers l'université les jeunes des milieux défavorisés. Cela implique donc un effort en amont et particulièrement au primaire, un domaine où le précédent gouvernement avait désinvesti (pour les 2 ans). Où le nouveau président trouvera-t-il les moyens nécessaires ?

 

Quelle conception de l'Ecole ? Il n'est pas indifférent que le nouveau président de la République ait été élu aussi sur des thèses d'extrême-droite. La stigmatisation des jeunes immigrés, l'affirmation du caractère génétique de  certains traits moraux sont à l'opposé des valeurs de l'Ecole. La condamnation répétée de Mai 68 semble indiquer que contrairement à ce qu'il a promis par ailleurs le président pourrait ne pas respecter la liberté pédagogique des enseignants. Le discours sur l'autorité inscrit aussi en perspective l'usage de la force et de la violence pour imposer ses solutions. Or si la transformation de l'Ecole est nécessaire, elle ne saurait réussir qu'en y associant les personnels et leurs organisations. 

 

Quelle modernité ? Les Français viennent de voter pour un changement. Sont-ils pour autant prêt à abandonner les valeurs morales de mai 68 qui ont largement pénétré la société ? Sont ils en recherche de modernité ou de bouc émissaire ? Ce sont ces interrogations maintenant qui vont peser face à la nouvelle question qui nous est posée : le président de la République doit il cumuler le pouvoir exécutif avec une majorité législative ? Et si la modernité c'était la vieille idée de l'équilibre des pouvoirs ?

 

Nous vous proposons quelques extraits du rapport commandé à Xavier Darcos par Nicolas Sarkozy (remis le 10 mars).

 

Préambule

 Vous avez parlé aux professeurs. Vous vous êtes engagé "à leur donner la considération qui leur est due, à revaloriser leur carrière, [...] à multiplier les passerelles avec les autres administrations publiques de sorte que leurs perspectives de carrière soient élargies", à permettre à ceux "qui voudront travailler davantage, de gagner plus". Vous avez précisé votre promesse : "Je m'engage à ce que les gains de productivité qui pourraient être réalisés leur soient redistribués pour moitié. Je m'engage à ce qu'ils soient mieux formés, mieux accompagnés, mieux soutenus et par conséquent moins isolés".

Dans la lettre de mission que vous m'avez adressée, vous confirmez ce projet. Mais vous n'avez pas souhaité aborder la question de la fonction enseignante sous l'angle unique des statuts ? comme le ferait d'emblée la Gauche. Il n'en demeure pas moins qu'il n'y aura d'évolution profonde dans ce domaine qu'en desserrant le carcan des innombrables statuts actuels du monde enseignant. Ce sujet devra être abordé ultérieurement, lorsque le Gouvernement se mettra au travail. Il conviendra en particulier d'organiser une table ronde (avec tous les représentants des personnels et avec les services de la Fonction publique) pour remettre à l'examen les décrets qui fixent les obligations de service des enseignants (les O. R.S.). Ces textes réglementaires datent d'un décret de mai1950 (et d'un décret similaire de 1992 pour les professeurs des lycées professionnels). Personne ne doute qu'il faille les revoir entièrement, d'autant qu'il est désormais impossible d'accepter la façon dont se calcule le temps de travail des enseignants : il est défini exclusivement par une obligation horaire de cours à donner, le seul critère (unique et définitif) étant le concours de recrutement passé en début de carrière.

Conscient de ce nécessaire aggiornamento, le Ministre de l?Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche s'y est pris de manière abrupte. Il a corrigé à la marge sans toucher au fond. Par un décret publié le 14 février dernier, il a décidé de supprimer diverses décharges horaires dont bénéficient traditionnellement les professeurs de lycée, notamment les agrégés. Ces décharges ont des motifs qui peuvent paraître surannés (par exemple : « première chaire » pour ceux qui enseignent plus de trois heures une discipline qui fera l'objet d'une épreuve écrite au baccalauréat ; heure de laboratoire ; heure de « cabinet d?histoire ; etc.). Mais il reste qu'elles étaient compensées par un complément de salaire qui représente, pour chaque enseignant concerné, au moins 200 € par mois, soit 1 800 € chaque année scolaire. Et dans un lycée de taille moyenne, la mesure a touché 40 % des enseignants. 

Ce qui est fâcheux dans cette affaire, ceest que cette décision assez brutale, qui est prévue pour s'appliquer dès septembre prochain, frappe presque exclusivement les meilleurs de nos professeurs, ceux qui enseignent en terminale ou dans certaines classes préparatoires (type BTS). Ils correspondent exactement à ce que vous avez souhaité dans vos discours d'Angers et de Maison-Alfort : ils font partie de ceux qui s?engagent, qui ont du mérite, qui assument des tâches supplémentaires. Il était normal qu'ils soient mieux rémunérés que ceux qui préfèrent simplement assurer leur service minimum. Vous devrez donc laisser entendre que vous reviendrez sur la décision prise par Gilles de Robien. Car il ne s'agit pas corriger - à la marge et unilatéralement - les services des enseignants, en les pénalisant tous à la fois, mais de remettre à plat les circulaires qui règlent les obligations de service et de redessiner le métier de professeur aujourd'hui, lors d'une table ronde globale qui pourrait se tenir avant l'été, à l'initiative du Gouvernement. 

La tâche que vous m'avez confiée n'a pas été facile. Les syndicats enseignants en ont vue d'autres. Dans cette période, ils n'ont aucun intérêt à paraître publiquement s'intéresser à cette initiative, ni à lui donner un début de contenu. Il s'agissait donc de leur offrir un terrain de discussion, tout en prenant l'opinion à témoin. Mais ils me connaissent bien depuis longtemps et ne me considèrent pas comme un intrus. Nos discussions ont donc été très courtoises et fécondes, sans exception. 

 

 

J'ai été frappé du climat de lassitude, de démobilisation et d'aigreur qui règne au sein des diverses fédérations d'enseignants, tous bords confondus. A tort ou à raison, elles considèrent que le métier s'est dégradé et qu'elles n'ont pas obtenu les mesures catégorielles dont ont bénéficié d'autres corps de la fonction publique. Pire, qu'on diminue unilatéralement les revenus des professeurs au moment où l'on leur demande de tout assumer : violence, déclassements divers, mixité sociale, hétérogénéité, éclatement des familles, perte de repères des jeunes, concurrence avec les média et Internet, etc. Les chefs d'établissement le formulent sans ambages : « on vit dans un climat de crise perpétuelle ».
[...]
Rien ne se reconstruira sans les enseignants. Il font le plus beau métier du monde : instituer l'humanité dans l?homme. Il faut leur rendre l'hommage qu'ils méritent car si l?institution scolaire tient encore, malgré les tensions sociales, c'est d'abord grâce au dévouement et à la passion de tous les serviteurs de notre école. La revalorisation de la fonction enseignante passe par la conscience retrouvée du rôle social éminent du professeur. Cet enjeu est considérable au moment où se prépare un renouvellement massif du corps enseignant : dans les dix années qui viennent, la moitié des professeurs partiront à la retraite.
[...]
Bien entendu, l'essentiel reste la question du pouvoir d'achat, donc des rémunérations. Tous les syndicats unanimes déclarent que le déclassement des enseignants vient d'abord de leur appauvrissement relatif. Ils ont tous des propositions ingénieuses et coûteuses : création d'échelons supplémentaires ; relèvement sensible des débuts de carrière ; accès de tous à la Hors-Classe au moins cinq ans avant le départ à la retraite ; décloisonnement des corps ; évolutions indiciaires diverses ; rémunérations annexes versées par les établissements sur une dotation globale de fonctionnement (DGF) augmentée ou alimentée avec le concours de collectivités locales. 
Sur tous ces aspects budgétaires, la difficulté principale, pour tout Gouvernement, reste la masse des fonctionnaires concernés : en 2006, les enseignants des 1er et 2nd degrés (public et privé) étaient au nombre de 993 744, auxquels s'ajoutent le personnel d'encadrement et les agents administratifs ou techniques (285 957). Toute mesure globale et collective aura un impact budgétaire sensible[1] qui impose de la prudence.
[...]
Sur le fond, la mission est loin d'être impossible, car le consensus sur le changement existe et parce que des marges de man?uvre et de négociations existent : encore environ 20 000 ETP [équivalents temps plein] de décharges et MAD [mises à disposition] sont récupérables. De même, la population scolaire du 2nd degré a diminué de 15 % en dix ans, ce qui allège certaines charges. Des marges de manoeuvre existent aussi sur les grilles horaires, en particulier en lycée, où la France se distingue par l'abondance de son offre d'enseignement. Ces marges de manoeuvre seront bien utiles pour financer d'une part la revalorisation liée au « travailler autrement ». Récemment, trois « audits de modernisation », commandés par le Budget, sur la gestion des moyens (en collège, lycée et lycée professionnel) sont venus démontrer qu'un effort de rationalisation est possible.

 


[1]  Rappelons que le Ministère en charge de l'Éducation nationale gère 66 milliards d'€, 56 600 écoles, 7 000 collèges et 2 600 lycées, pour 15 millions d'enfants (et donc pour 30 millions de parents !).

 

 

Etat des lieux

 1-1 Quel est le ressentiment des enseignants ?

 

 

Le succès de la manifestation du 20 janvier dernier a surpris. Elle reflète le sentiment qu'ont les enseignants de la dévalorisation de leurs métiers. L'opinion pense de même, comme en atteste le sondage commandé en novembre dernier par la FSU à CSA : pour 65% des Français, les métiers de la fonction publique, au premier rang desquels ils citent les enseignants, sont « mal reconnus et mal payés ».
La dévalorisation des métiers de l'enseignement a un aspect objectif : le recul du point d'indice de la Fonction Publique , puisque les indices de rémunération des certifiés n'ont évolué qu'à la marge.

 1-2 Est-il vrai que le pouvoir d'achat des enseignants a baissé ?

Une étude, disponible sur le site de l'université Paris I, vient de faire grand bruit. Elle a récemment conclu que le pouvoir d'achat des salaires nets des enseignants aurait baissé de 20% en 25 ans.

"En nous appuyant sur une reconstruction des grilles indiciaires des fonctionnaires de l'enseignement, échelon par échelon, pour les instituteurs, agrégés et certifiés, maîtres de conférences et professeurs des universités, de 1960 à 2004, nous montrons que le pouvoir d'achat des salaires nets des enseignants du secondaire et du supérieur a baissé d'environ 20% en 25 ans, de 1981 à 2004, pendant que les effectifs s'accroissaient à peu près dans les mêmes proportions. Utilisant une reconstruction du même type, nous montrons que dans le même temps, les salaires réels des éboueurs de la Mairie de Paris ont été rattrapés par le SMIC, pendant que la politique d'externalisation des services de nettoiement conduisait à une baisse des effectifs titulaires et à une spectaculaire diminution de l'incidence des grèves. Nous discutons ensuite les ressorts possibles de ce « tournant de la rigueur », qui remonte à 1983, du point de vue de l'économie politique, et formulons l'hypothèse qu'il comporte d'importants coûts sociaux à long terme, en partie cachés, sous forme d?aggravation du risque moral, de baisse de la qualité et de la productivité du service, et sous forme d'anti-sélection dans les recrutements."
 

 

Que faire ?
 

I - Redéfinir la fonction enseignante : des pistes pour le quinquennat
 

Dès la prise de fonction du Président de la République et l'ouverture de la nouvelle législature, une négociation globale sur la fonction enseignante au 21ème siècle peut être engagée.

La gauche et les principaux syndicats abordent cette question comme ils abordent tout ce qui a trait au champ social et à l'économie : par le règlement, le statut et la dépense, notamment due à la demande d'augmentation des effectifs.

Nous pouvons, quant à nous, aborder la question sous un angle sensiblement différent, en faisant porter les efforts sur les personnes plutôt que sur les structures :

 


Améliorer les débuts de carrière
 
Définir une « typologie » des métiers de l'enseignement aujourd'hui. Il faudra distinguer les diverses situations professionnelles, lesquelles n'existaient pas en 1950. Par exemple : professeur de collège dans un quartier sensible ; professeur de lycée des métiers ; professeur de BTS ou de classes préparatoires ; formateur ; conseiller pédagogique ; professeur principal ; responsable d'un projet éducatif ; professeur dans un IME [Institut médico-éducatif], etc. Cette typologie comprendrait une description des « actes professionnels » afférents à ces métiers. Les obligations réglementaires de service et les rémunérations principales et indemnitaires seraient établies sur cette base fonctionnelle

Simplifier le système d'accès aux différents corps enseignants, qui est particulièrement complexe.

Pour favoriser et valoriser l'initiative (la liberté pédagogique et le goût d'entreprendre) des professeurs, leurs services pourraient être globalisés et annualisés. D'abord à titre expérimental, bien sûr.
La réflexion sur une gestion plus qualitative des ressources humaines est engagée depuis le début des années 90, mais n'a abouti à rien.
Il est possible d'améliorer les rémunérations si un effort budgétaire spécifique est décidé. On peut aussi agir sur le remplacement. On pourrait par exemple décider que tous les cours inscrits à l'emploi du temps sont dus aux élèves, quoi qu'il arrive - encore un droit « opposable », en quelque sorte - et charger l'établissement d'y pourvoir : les H.S. [heures supplémentaires] en seraient sensiblement augmentées.

De nouvelles fonctions - rémunératrices - peuvent aussi être créées ou revalorisées.

Les conditions de travail des enseignants peuvent être sensiblement améliorées.

L'évaluation des professeurs
devra être complètement revue. Les résultats et performances de l'établissement seraient rendus publics tous les ans. Les professeurs dont les élèves auront progressé ou réussi leurs examens ou certifications, les professeurs qui auront conduit avec succès à leur terme des projets pédagogiques ou éducatifs pourront bénéficier de primes. Le chef d'établissement serait dans ce cadre le principal évaluateur des personnels. Les corps d'inspection n?interviendraient dans l'évaluation de personnels que dans quelques cas précis : manquement graves, excellence et promotion. Ce sujet est sensible : il devra être longuement négocié.

La médecine du travail 

La considération : l'avancement, la promotion doivent dépendre dans d'importantes proportions de la difficulté du métier exercé, du mérite et de l'engagement, évalués par les chefs d'établissements. Un grade de « professeur émérite » des écoles, des collèges, des lycées pourra être créé.

La mobilité
 : tous les enseignants soulignent que la fatigue du métier s’accentue en milieu de carrière, quand le professeur est définitivement installé dans le même poste, avec des classes semblables et avec un emploi du temps qui ne se modifiera que marginalement. Les sorties de carrière internes sont rares : devenir inspecteur, assumer des tâches d’encadrement.
[...]
Il faut offrir aux enseignants une mobilité externe et, en retour, accueillir dans les établissements des personnalités qui ont eu d’autres expériences. Cette mobilité externe pourrait concerner les collectivités locales, les ministères chargés de questions culturelles et sociales, les ONG, le réseau associatif.
 

 

 

II - Changer notre regard face aux" professeurs de France"
 

Travailler autrement pour travailler mieux et gagner plus

Le succès de la classe et la réorientation des élèves difficiles

Redéfinir le métier de professeur
Le moment est venu par exemple de poser la question de l’annualisation des services d’enseignement, et donc de l’annualisation des horaires eux-mêmes. Un récent sondage a montré que 79% des professeurs seraient prêts à consacrer du temps de travail supplémentaire au soutien scolaire en échange d’un supplément de rémunération.

Rompre l'isolement des professeurs

Passer de la centralisation et de l'uniformité à plus d'autonomie

Vers un dialogue social plus efficace

  

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 13:53

III  Synthèse des recommandations pratiques immédiates

 

 

1.      Une table ronde avant l’été pour redéfinir les ORS (obligations réglementaires de service) des enseignants et pour remplacer les décrets de 1950.

 

 

2.      Dans l’attente, proposer un moratoire ou une suspension du décret de Robien du 14 février 2007 sur la suppression des décharges pour responsabilités exceptionnelles. Ce décret cristallise toutes les oppositions car il supprime 45 000 heures à la rentrée 2007, soit 2 800 équivalents temps plein [1].

 

 

3.      Rendre aux professeurs d’éducation physique et sportive qui s’occupent de l’UNSS (union nationale du sport scolaire), les mercredi et les week-ends, les heures supplémentaires rémunérant ce service rendu, s’il est rendu.

 

 

4.      Simplifier le système d’accès aux différents corps de professeurs ; faciliter l’entrée dans le métier. Voir Annexe 1.

 

 

5.      Créer une prime de métier, selon du typologie des métiers à lister lors de la table ronde générale.

 

 

6.      Augmenter le stock des H.S. (heures supplémentaires) mises à la disposition de l’établissement et abroger le décret du 30/07/98 réduisant de 17 % le taux des H.S. par rapport à l’heure normale.

 

 

7.      Prévoir la rémunération, pour les volontaires, de travaux de soutien scolaire de toute nature.

 

 

8.      Donner aux enseignants, sous forme d’un « pass », un accès gratuit à tous les lieux de culture, notamment les bibliothèques et les musées.

 

 

9.      Repenser les fins de carrières (dernier tiers ou dernier quart) : modulation du service, charges différentes, mobilité, droit à une année sabbatique…

 

 

10.  Affecter les agrégés conformément à leur statut (lycée, classes préparatoires).

 

 

11.  Éviter les premières affectations dans des établissements sensibles, sauf pour les professeurs volontaires.

 

 

12.  Mettre en œuvre énergiquement la protection statutaire des fonctionnaires de l’éducation nationale, sur le modèle des fonctionnaires de justice.

 

 

13.  Garantir dans les établissements et les écoles un environnement numérique et des lieux de travail équipés et isolés.

 

 

        14. Les professeurs de France représentent la moitié de la fonction publique. Ils doivent recevoir en   plus grand nombre les honneurs de la République , notamment dans les listes des nominations dans les ordres nationaux.



[1] Revenir sur ce décret présentera certes un avantage politique puisqu’il symbolisera une volonté de rupture, mais aussi (je dois le signaler) un inconvénient budgétaire : il faudra dégager 40 M€ en gestion 2007 et 100 à 120 M€ en loi de finances 2008 (au moyen d’un collectif budgétaire, un redéploiement propre au ministère à cette hauteur n’étant pas envisageable) pour compenser en heures supplémentaires les 3000 ETP que le décret décharges a permis d’économiser.

 

 

 

Les responsables des syndicats ont été consultés sous forme d'un entretien personnel.

 

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 22:15

Soyons réalistes : notre fonction devient chaque année plus difficile à exercer. Les responsabilités qui nous incombent sont de plus en plus lourdes. Les charges s'accroissent. La pression de l'Administration se fait toujours plus forte. Les mesures apportées par le protocole signé en mai 2006 sont très insuffisantes et n'apportent pas de réelles solutions à nos difficultés quotidiennes. Notre métier souffre du manque de reconnaissance et aucune évolution ne se fait sentir pour l'améliorer. Les postes vacants se comptent par milliers. Leur nombre serait nettement supérieur sans "l'incitation" amicale des IEN pour "persuader" débutants et adjoints à "faire fonction"... 

  

La situation qui est la nôtre et qui n'évolue pas, faute d'être soutenue par les principaux syndicats, ne pourra être améliorée tant que nous appartiendrons au corps des professeurs des écoles (PE).

 

Dans ce corps, nous sommes fonctionnellement singuliers (c'est-à-dire à part) mais statutairement ordinaires (c'est-à-dire comme les autres).

  

Pour sortir de cette contradiction, il nous faut sortir de ce corps et intégrer celui des personnels de direction. Pourquoi le directeur d'école serait-il moins reconnu que le principal de collège ou le proviseur de lycée ? Comment justifier une moindre reconnaissance ?

 

Gilles de Robien envisageait de doter les directeurs d'un statut d'emploi. Dans deux précédents articles, nous avons, dans l'un, défini le statut d'emploi et, dans l'autre, montré qu'il s'apparenterait à un statu quo (relire nos articles en cliquant sur les liens).

 

Ce qu'il faut aux directeurs, c'est un véritable statut. 93 % d'entre eux y sont favorables. Pour que le statut soit utile notamment en termes de grille indiciaire, d'évolution de carrière et de représentation syndicale, il doit s'accompagner de l'intégration dans le corps des personnels de direction.

  

C'est ce que nous devons réclamer haut et fort au tout prochain gouvernement. Les 10 et 17 juin, nous allons élire les 577 députés qui formeront la prochaine Assemblée Nationale. En juillet, le Parlement va légiférer en session extraordinaire. Le temps est probablement venu de nous faire entendre avant qu'il ne soit trop tard...

 

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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 23:18

Les trois candidats arrivés en tête du premier tour avaient dit et répété leur volonté de faire de l'éducation la priorité des priorités. Mais, au terme de la campagne, quelles sont les idées force que l'on peut en retenir ? Bien difficile à dire tant le débat a été escamoté.

 

En évoquant la sectorisation, les deux principaux candidats à l’élection présidentielle ont mis le système éducatif, de l’école à l’université, au centre de la campagne électorale. Il y a cinq ans, ce thème était resté largement sous silence. 

Cependant, malgré cet intérêt très fort pour l’éducation, les forces politiques ne soutiennent plus de « grands projets pour l’école », regrette Claude Lelièvre, historien de l’éducation. A l’exception du modèle néolibéral de Nicolas Sarkozy, peut-être l’une des visions les plus cohérentes proposées aujourd’hui, les candidats rencontrent des difficultés à articuler un programme de réforme de l’école et de l’université. Une constante apparaît néanmoins chez les principaux candidats : l’Etat doit devenir le régulateur, et les établissements, dans le secondaire comme dans le supérieur, doivent obtenir les moyens et les responsabilités de leur autonomie. De l’analyse comparative émane in fine un constat assez étonnant : celui d’une convergence très forte entre les programmes, peut-être beaucoup plus importante que les divergences.

 

L'Arlésienne de la campagne

         "Au début, on y a cru : la carte scolaire, le temps de travail des enseignants, les jeunes en très grande difficulté... A droite comme à gauche, nos candidats avaient décidé de parler école sous toutes ses coutures, parfois en usant de la caricature, mais pas forcément en termes consensuels. Las. Au lieu d'un débat, ce fut un feu de paille. Et finalement, on n'a discuté de rien. Le bon vieux consensus mou qui prévaut sur l'école (et qui contraste avec les discussions passionnées qui prévalent dans les familles et entre profs) a repris le dessus. Exit les questions qui fâchent et retour aux grandes incantations sur l'école, priorité des priorités. Unique grande question des impétrants à l'Elysée : comment se concilier les bonnes grâces de l'électorat enseignant échaudé par un pouvoir d'achat à la baisse et des postes en chute libre... Ségolène Royal, avec sa vidéo sur les 35 heures, avait un gros handicap à remonter. Elle fit par conséquent les promesses les plus larges. François Bayrou, agrégé donc ami, s'est attaché à ne pas compromettre l'avenir en promettant de ne rien bousculer ou presque. Nicolas Sarkozy chamboule trop pour être audible et peut-être même crédible. Chacun dans son rôle et vive la démagogie ! Le système scolaire heureusement possède sa propre capacité d'évolution. Ses ressorts internes existent. Mais l'occasion perdue, une nouvelle fois, laisse amer. A dans cinq ans pour un nouveau débat !"

Brigitte Perucca
Le Monde de l'Education

 

Le débat sur l'éducation que chacun attendait s'est résumé à quelques déclarations de principes sur la carte scolaire et à une passe d'armes sur les moyens alloués à l'école. Aucune discussion de fond, aucun projet d'envergure, aucune vision globale de l'école du XXIème siècle. On cherchera, en vain, un grand dessein ou même le souffle de rénovation dont a besoin notre système éducatif.

Bref, une fois de plus, la montagne a accouché d'une souris...

 

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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 22:54

La proximité syndicale influence-t-elle le vote? CSA publie un sondage sur le vote des adhérents des principaux syndicats qui interpelle certainement les responsables syndicaux. Selon l'enquête CSA,  les  adhérents des syndicats importants ont voté majoritairement à droite au premier tour. Ainsi 53% des adhérents FO auraient voté pour 3 candidats de droite, 52% à la Cfdt, 34% à la Cgt. Les sympathisants FSU se distinguent de ces formations avec 15% seulement.

 

Sondage

  

 

     

 Etes-vous Ségo ou Sarko ?

Pour faire le test, cliquez sur le dessin

   

   +-+-+-+-+-+-+-+

                                      

                                    

Au terme d'une grossesse difficile, enfin, il est là !

 

EVS, Décharge par stage filé et ISS sont heureux de vous annoncer l'arrivée de leur petit frère Vade-Mecum.

Vade-Mecum est le dernier de la lignée des Avancées. Ses parents GdR et SE-Unsa se portent bien. L'histoire de ces 4 bébés est douloureuse. Après un long traitement de 7 années de grève administrative, ils sont nés  de l'union tumultueuse de leurs parents qui ont enfin consenti à officialiser leur liaison en apposant leur signature au bas du protocole en mai 2006.

Les directeurs de France et de Navarre leur en sont pleinement reconnaissants. Sans cette union, bébé Vade-Mecum n'aurait jamais vu le jour. Grâce à lui, les écoles cesseront d'aller à vau-l'eau...

 

Le vade-mecum

  

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 17:40

Dire que le syndicalisme est en crise est devenu une banalité, tellement la chose est évidente. Depuis 1945, il n'y a jamais eu aussi peu de syndiqués en France.

Et si d'autres pays, comme l'Allemagne, le Portugal ou le Royaume-Uni, ont vu leur taux s'éroder, aucun n'a connu, comme la France, une diminution régulière et quasi inexorable de la participation syndicale. Doit-on du reste parler de crise quand le phénomène prend une telle allure ? La France occupe la dernière place en Europe et se trouve même derrière le Japon.

Mais pourquoi des entreprises changent leur management et pas les syndicats ? Pourquoi des dimensions locales et régionales seraient prises en compte dans les politiques publiques et pas dans les politiques syndicales ? Pourquoi entreprises et administrations tiendraient compte de l?évolution de leur environnement, des mentalités et pas les syndicats ?

  

Le débat sur la résistance des appareils est quelque peu éculé, mais il est difficile d'y échapper : les syndicats, notamment les syndicats dits représentatifs, éprouveraient des difficultés particulières à innover.

 

« Peut-on se passer de syndicats ? » titrait le Monde Initiatives

en mai 2004. Même s'ils traversent une crise depuis une trentaine d'années en France, les syndicats disposent toujours d'une capacité de mobilisation. Bien évidemment qu'il nous faut des syndicats et même des syndicats forts car la faiblesse syndicale profite à l'Etat et au patronat. Les directeurs d'école l'ont constaté à leurs dépens tout au long de cette année scolaire 2006-2007.

 

Notre pays souffre également d'un défaut bien français : la multiplicité d'organisations syndicales issues de divisions. Certes, chacun pourra y trouver son bonheur en se reconnaissant des points communs avec tel ou tel courant de pensée. 

  

Cependant, La division syndicale est lourde d'effets négatifs. Dominique Labbé, maître de conférence spécialisé sur le syndicalisme français a décrit dans un ouvrage récent la crise que traversent les syndicats français. "Jusqu'à la fin des années 1970, les militants tissaient un réseau informel et créaient sur le lieu de travail une ambiance propice à la syndicalisation.

Aucune nouvelle génération militante n'est venue relayer ces syndicalistes lorsqu'ils ont abandonné leur action. Il reste quelques professionnels du syndicalisme mais, du fait de l'institutionnalisation de leurs fonctions, ils ont déserté les bureaux et les usines. Leurs divisions et leurs engagements partisans les discréditent aux yeux de nombreux salariés. Faute d'une base militante, le "syndicalisme d'électeurs" semble à son tour condamné".

 

Hélas, trois fois hélas, le syndicalisme enseignant suit la même pente de désyndicalisation massive que les grandes centrales ouvrières. Et les événements récents telle la signature du protocole par un seul syndicat ou les retenues sur salaire pour "absence de service fait" mal défendues par des syndicats qui se sont montrés incapables de faire plier le gouvernement après avoir appelé à poursuivre le "blocage administratif"... ne sont pas faits pour améliorer la compréhension et recouvrer la confiance perdue.

 

La crise ouverte entre les directeurs d'école et les organisations syndicales majoritaires risque d'être préjudiciable aux deux principaux syndicats du premier degré. Jusqu'à la fin des années 70, tout nouvel enseignant était "invité" à adhérer à la MGEN, à la MAIF, à la CAMIF et "au syndicat majoritaire". L'école normale se chargeait de "guider" le jeune instituteur dans le "droit chemin". Les directeurs d'école, tous syndiqués, prodiguaient les mêmes bons conseils...

Comme le souligne Dominique Labbé, "l'ambiance propice à la syndicalisation" s'est rapidement diluée à partir des années 80. Et le fossé qui s'est creusé entre les directeurs et les syndicats risque d'aggraver la situation et de l'amplifier plus rapidement encore.

 

En effet, les directeurs, dans leur immense majorité, se sentent ignorés, voire dénigrés par les syndicats majoritaires. Leur fonction n'est pas reconnue par un statut comme le réclament 93 % d'entre eux. Et ceux-là savent que le principal frein à toute véritable reconnaissance statutaire de leur métier est d'abord la conséquence du refus des syndicats de les entendre, de les écouter et de les défendre.

Peut-on, dans ces conditions, compter sur les directeurs pour servir de relais et faire la promotion des organisations qui refusent de prendre en compte leurs revendications ?

Il est temps de repenser le syndicalisme pour l'empêcher de sombrer définitivement. Il est urgent de le rénover car nous avons besoin de syndicats proches de nos aspirations, de syndicats authentiques et forts.

 

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 18:12

Le premier tour des élections présidentielles vient de qualifier Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy qui seront départagés le 6 mai prochain. Viendra ensuite le temps de constituer un premier gouvernement jusqu'au législatives. Qui pourrait être ministre de l'Education nationale ?

 

Si Nicolas Sarkozy est élu, il se murmure de plus en plus fort dans le microcosme parisien qu'il pourrait nommer Richard Descoings à la tête de cet important ministère.

Richard Descoings, est depuis 1996 directeur de l'institut d'études politiques (IEP) de Paris (Sciences Po). En 2001, il décide de créer une filière d'accès à l'établissement qu'il dirige pour les élèves issus des zone d'éducation prioritaire (ZEP).

À partir de 2001, l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris a été l'un des premiers établissement à mettre en place un programme de discrimination positive en France, les Conventions éducation prioritaire (CEP), lancées par le directeur Richard Descoings et placées sous la responsabilité de Cyril Delhay. Une procédure spéciale d'admission pour des lycéens venant de ZEP a été instaurée ; ils sont dispensés de concours d'entrée et sont recrutés sur dossier et sur entretien. Ils bénéficient ensuite de la formation normale des étudiants de l'IEP, qui leur permet notamment d'occuper des postes de direction en entreprise et au sein de la haute fonction publique.

En réservant des quotas d'inscription universitaire à une certaine catégorie de population, on lui permet de mieux s'instruire. L'instruction étant la base de la création d'un meilleur avenir et de l'insertion dans la société. Ces populations ont donc plus confiance dans l'avenir.

 

Le thème de la discrimination positive a été porté dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007 par Nicolas Sarkozy.

Lors d’une émission de télévision, l'ancien ministre de l’Intérieur s’est prononcé en faveur de la mise en place de mesures de «discriminations positives» en faveur des Français issus de l’immigration.

"Je crois en la discrimination positive : il est des territoires qui ont tellement plus de handicaps que, si on ne leur donne pas plus qu'aux autres, ils ne pourront pas s'en sortir."  C'est exactement le principe sur lequel est fondée l'expérience lancée en 2001 à Sciences-Po et qui a permis en 2003 l'admission en première année de 37 étudiants originaires de ZEP (zones d'éducation prioritaire), ces fameux " territoires qui ont des handicaps".

 

Richard Descoings a donc le profil type qui pourrait réconcilier le candidat Nicolas Sarkozy avec les banlieues et redorer son image auprès des jeunes issus des quartiers difficiles. Outre le fait d'être un ami de Jack Lang, Richard Descoings présente aussi l'avantage d'être issu de la "société civile" permettant à l'éventuel futur Président de respecter son engagement d'ouverture de son gouvernement.

 

La prise de position de Nicolas Sarkozy a été fortement critiquée en France. En effet, si cette politique présente des acpects positifs incontestés, on lui reconnaît aussi certains aspects négatifs : La discrimination en matière d'éducation dévalorise les diplômes obtenus, leur prestige n'est plus le même. Leur valeur diminue également pour les entreprises, qui peuvent avoir tendance à rejeter plus encore les personnes membres d'un groupe "discriminé positivement", y compris ceux ayant obtenu le diplôme sans cette aide. La discrimination positive oblige les établissements supérieurs à recruter à un niveau inférieur dans la population en difficulté.

  

Lors d'une rencontre entre François Bayrou et le collectif AC Le Feu, Le candidat et l’association née après les "révoltes sociales" de 2005 sont tombés d’accord pour considérer que la discrimination positive n’était pas une solution au sentiment d’injustice dont souffrent les habitant des quartiers. "Tous les Français veulent être traités sur un pied d’égalité et la discrimination positive ne fait que renforcer et afficher les différences".

Beaucoup d'autres responsables politiques français se sont également déclarés opposés à la notion de discrimination positive.

Si la rumeur de nomination devient réalité, nul doute que le débat sera vif dans la classe politique...

   

  

Jeux dangereux : Rappel du devoir de surveillance

Le ministère rappelle le devoir de surveillance des établissements scolaires dans une brochure destinée aux enseignants. Celle-ci décrit les jeux à risque comme le "jeu du foulard" ou les jeux d'agression (jeu du petit pont massacreur, jeu de la couleur etc.). Elle rappelle la loi du 5 mars 2007 qui punit le "happy slapping"  de 3 ans d'emprisonnement.

Le document signale des "signes d'alerte" qui permettent de reconnaître les victimes de ces jeux et invite les enseignants à signaler aux parents leurs observations. Il indique une démarche de prévention :  " désigner l’adulte référent, c'est-à-dire la personne « ressource » ;  travailler le contenu de l’intervention avec la communauté éducative et éventuellement les partenaires extérieurs ; informer l’ensemble des parents d’élèves de cette démarche ;  envisager systématiquement une intervention en binôme (intervenant et membre de la communauté éducative)".

"Ces conduites à risques doivent être l’objet d’une prévention active" affirme le ministère (Dgesco). "Il convient de tout mettre en œuvre pour que ces pratiques soient à la fois connues, et prévenues afin qu’aucun enfant n’en soit plus victime".

 

Lire La brochure

 

 

Robien fait le ménage

Fin de location : il faut faire le ménage. Le B.O. du 19 avril publie une longue liste de circulaires annulées "dans un souci de gestion et de simplification administrative". Il s'agit aussi parfois d'entériner le décret supprimant les décharges…

Au B.O.

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