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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 16:11

La signature du protocole en mai 2006 a permis l’attribution d’un quart de décharge aux directeurs des écoles de 4 classes. Ce qui, au demeurant, devrait être considéré comme une belle avancée dans la reconnaissance des collègues concernés, laisse un goût de réforme bâclée, mal ficelée dont les conséquences dépassent le seul cadre de ces décharges. 

1ère conséquence : la qualité des décharges  

Les collègues bénéficiaires de cette mesure ont vu arriver non pas un personnel formé et apte à prendre la classe du jour au lendemain, mais un PE2 en stage filé, en attente de formation sur le terrain. 

« Le choix des classes d’accueil des PE2 a davantage répondu à un impératif administratif (décharger les directeurs à 4 classes, compléter un service à 80%...) qu’à une logique de formation (mettre le PE2 en stage dans la classe de quelqu’un susceptible de l’accueillir et de l’aider) » souligne le rapport de l’Inspection Générale de l’Education Nationale. » 

Pour beaucoup de directeurs qui ont dû s’improviser formateur, cette « décharge » a occasionné un surcroît de travail. Pour d’autres, cette arrivée inopinée relevait de la surprise la plus complète. 

« Les PE2 ont été diversement accueillis. Des cas de franche hostilité (assez rares), d’indifférence, de surprise (directeurs non prévenus) sont signalés mais généralement les stagiaires ont été plutôt bien reçus ». 

2ème conséquence : la formation des PE2 

Sans expérience, sans référent, dans un niveau souvent difficile (« Dans les petites ou très petites sections, ils risquent, en revanche, au moins dans un premier temps, d’être complètement démunis face à l’exigence de gestes professionnels spécifiques qu’ils ne maîtrisent absolument pas »), les PE2 n’ont pas eu la formation que l’IUFM est en devoir de leur transmettre. Pourtant, l’IGEN le rappelle : « Enseigner est un métier qui s’apprend. Faire cours et faire apprendre, conduire une classe et individualiser son enseignement, exiger des efforts et donner confiance, susciter l’intérêt, évaluer les aptitudes et percevoir les talents, aider à l’orientation. Tout cela nécessite une formation initiale et continue approfondie : rien ne doit être laissé aux aléas de la vocation pédagogique ou du hasard professionnel ». 

3ème conséquence : l’incidence sur les autres directeurs 

L’inadéquation du nombre de PE2 et du nombre d’écoles à 4 classes a « obligé » l’administration à des contorsions hasardeuses. Ainsi, dans certains départements excédentaires en PE2, le stage filé a concerné également les écoles de 5, 6, 7 voire 8 classes. Là où le directeur était déchargé par un personnel titulaire, un PE2 en quête de formation a pris la relève pendant …30 semaines. Ces collègues ont donc vu leur décharge être amputée de 6 jours en plus des samedis perdus ! 

4ème conséquence : la réduction de la formation continue 

Les IUFM plaçaient habituellement les PE2 en stage filé dans les classes des enseignants titulaires admis à participer à une session de formation continue. Cette année, faute de « réservistes », de nombreux stages ont été purement et simplement supprimés. 

La situation risque fort de s’aggraver l’an prochain si l’on se réfère aux indications contenues dans le rapport de l’IGEN : désignation d’un « maître de stage », affectation en cycle 1 à revoir… 

L
’impréparation de cette mesure du protocole, l’absence de réflexion sur ses conséquences prévisibles, la hâte à la mettre en place… font que nous sommes tous perdants : élèves de cycle 1 confiés à des étudiants sans expérience ni formation, directeurs transformés en formateur contre leur gré et amputés de jours de décharge, titulaires privés de formation continue, syndicat déconsidéré par sa signature… 

TOUS PERDANTS !!!

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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 13:58

La signature du protocole en mai 2006 a eu pour corollaire d'accorder 1/4 de décharge aux directeurs de 4 classes. Pour ne pas avoir à créer de postes budgétaires, le ministère a usé d'un stratagème : l'utilisation de PE2 en stage filé

De nombreux inconvénients ont été dénoncés tant par les syndicats non signataires que par les directeurs eux-mêmes : décharges au rabais, suivi des PE2, formation insuffisante, diminution des stages de formation continue, travail supplémentaire pour les directeurs...

L'Inspection Générale de l'Education nationale vient de publier un rapport dans lequel elle analyse les difficultés rencontrées sur le terrain et soumet au ministère quelques propositions pour améliorer la formation des PE2.

 

Formation des enseignants : l’inspection générale est-elle le corps du Ministère le plus à l’écoute du réel ? Dans un rapport récemment publié, elle réclame que les maîtres et les établissements qui accueillent des stagiaires deviennent un vrai pôle-ressource pour la formation des stagiaires, avec les moyens financiers et statutaires clairement définis dans une convention. Un rêve ? 

Premier constat : le choix des classes d’accueil des PE2 a davantage répondu à un impératif administratif (décharger les directeurs à 4 classes, compléter un service à 80%...) qu’à une logique de formation (mettre le PE2 en stage dans la classe de quelqu’un susceptible de l’accueillir et de l’aider). A tel point que l’inspection générale recommande d’éviter de mettre les PE2 dans une classe où il complète le service d’un enseignant, ou d’écarter les classes « peu adaptées » ou « trop difficiles ». A terme, le rapport demande de construire un réseau d’enseignants accompagnateurs, dont les compétences devraient se rapprocher de celles de maîtres formateurs temporaires. 

Le rapport ose poser une question qui fâche : une école peut-elle être un lieu de formation ? Non, répondront sans ambages ceux qui craignent le retour à la « formation sur le tas » ou la diminution des heures de cours à l’IUFM. Oui, oseront ceux qui pensent qu’il est urgent de dépasser les stériles oppositions entre « théories » et « pratiques », mais bien de faire de ce va-et-vient entre terrain et IUFM la garantie d’être mieux en capacité de prendre en charge tous les aspects du métier : maîtrise des contenus et de la didactique, mais aussi gestion de la classe, prise en compte de l’hétérogénéité, relations dans l’école… Un des savoirs de l’enseignant chevronné, c’est par exemple de savoir s’économiser pour durer : ce n’est pas forcément une injure à l’innovation, mais la composante essentielle de tout métier. 

Si les PE2 apprécient le principe du stage filé, ils estiment que la charge de travail du stage filé correspond à 50% de leur temps de travail de la PE2. Cela pose donc avec acuité la nécessaire « articulation entre leurs questionnements pratiques et les réponses apportées lors des retours à l’IUFM », et pose la question du mémoire professionnel. Les formateurs des différentes catégories (IUFM, circonscriptions, maîtres-formateurs…) doivent donc apprendre à renforcer leur collaboration, à croiser leurs compétences pour un véritable travail suivi autour des compétences professionnelles, de la première année à l’IUFM à la deuxième année de titularisation, soit 4 années pour la mise en oeuvre du cahier des charges de la formation… 

Pour le 2nd degré, les stagiaires, qu’on essaie souvent de « protéger » des lieux les plus difficiles, se déclarent inquiets par rapport à leur affectation à venir. Les grandes disparités de niveau de classe (collège, lycée, types de classes) amènent l’Inspection Générale à demander aux rectorats de réfléchir « aux modalités qui permettraient aux stagiaires de se familiariser avec d’autres facettes de leur profession ». Concernant le suivi des PLC2, « tout repose sur le conseiller pédagogique » : certains sont jugés trop directifs, même si la plupart instaurent un rapport « de compagnonnage ». La présence du chef d’établissement est recommandée pour les réunions PLC-conseillers pédagogiques. 

Pour le début de l’année, le rapport demande en outre une préparation spécifique par l’IUFM, soit en réunissant les stagiaires avant la pré-rentrée ( ?), soit en reportant la prise en main des classes à la deuxième semaine de l’année (ou au moins au deuxième jour de l’année). 

Sur le plan de la gestion des moyens,  le rapport note que les dotations des académies « incluent les moyens des stagiaires », rendant fréquent une sous-dotation des académies lorsque le nombre de stagiaire finalement recruté ne correspond pas à la prévision. Dans le premier degré, les moyens en formation continue (remplacement des enseignants en stage par des PE stagiaires) diminue d’environ 50 000 journées-stagiaires. Le rapport demande donc à la DGESCO de rééquilibrer la dotation en poste des académies touchées par cette baisse, d’autant plus que la demande d’organiser 4 semaines de stage en T1 et 2 en T2 réduit encore le volume de remplacement disponible pour le reste de la formation continue des enseignants « ordinaires ». 

Le rapport insiste enfin sur la nécessité de réaliser dans le premier degré ce qui existe dans le second : une « reconnaissance explicite » des fonctions de tuteur, avec l’engagement financier correspondant et un vrai statut : « on ne peut plus se contenter, comme aujourd’hui, de quelques heures de rencontre annuelles d’information avec les corps d’inspection ou avec les formateurs de l’IUFM. Une véritable formation de formateurs doit être enfin mise en place à leur intention, qui recouvre en particulier les pratiques de formation des adultes et celles de leur évaluation ». On en rêve, d’autant plus que l’Inspection Générale demande de passer de véritables conventions avec les « établissements d’accueil » des stagiaires, indiquant les moyens horaires, indemnités de suivi… dont pourraient bénéficier l’établissement « afin de compenser les contraintes que constitue un accueil de qualité des stagiaires ».

Quelques "morceaux choisis" de ce rapport...

« Enseigner est un métier qui s’apprend. Faire cours et faire apprendre, conduire une classe et individualiser son enseignement, exiger des efforts et donner confiance, susciter l’intérêt, évaluer les aptitudes et percevoir les talents, aider à l’orientation. Tout cela nécessite une formation initiale et continue approfondie : rien ne doit être laissé aux aléas de la vocation pédagogique ou du hasard professionnel » (Extrait de l’annexe du cahier des charges de l’IUFM).
[...]
Le cahier des charges de la formation des maîtres en IUFM confirme le schéma retenu par la circulaire : le stage en responsabilité des PE2 est désormais constitué d’un stage filé d’une durée de 30 jours, durant lequel le stagiaire a la responsabilité d’une classe à raison d’un jour par semaine et de deux stages groupés d’une durée de trois semaines chacun, au cours desquels le stagiaire prend en charge la classe tenue par un titulaire qui bénéficie pendant ce temps d’un stage de formation continue. Le stage filé et les deux stages groupés doivent permettre au PE2 d’exercer dans chacun des trois cycles de l’école primaire.
L’organisation du stage filé constitue la principale innovation. Elle modifie profondément l’organisation et le contenu de la formation initiale des professeurs des écoles. De ce fait, le stage filé a constitué le principal objet de l’étude conduite par les inspecteurs généraux. 
[...]
Le choix des classes du stage filé a davantage répondu à un impératif administratif (décharger de cours les directeurs des écoles à 4 classes) ou à une opportunité locale (complément de service des enseignants exerçant à 80 % ou, tout simplement, recherche de maîtres volontaires pour laisser leur classe à un stagiaire) qu’à une logique de formation. 
[...]
Le niveau de la classe du stage filé

 

Le nombre de classes maternelles mobilisées est important. Ce constat peut conduire à une certaine satisfaction au regard des impératifs de la formation mais il convient, cependant, d’exprimer des réserves sur le fait que ces classes sont souvent des petites, voire des très petites sections.

Ces niveaux ne sont pas les plus opportuns :
Les stagiaires prennent la classe sans formation préalable. Dans les classes de cycle 2 ou 3, ils peuvent, dans une certaine mesure, pallier leurs méconnaissances pédagogiques par la connaissance de quelques contenus d’enseignement. Dans les petites ou très petites sections, ils risquent, en revanche, au moins dans un premier temps, d’être complètement démunis face à l’exigence de gestes professionnels spécifiques qu’ils ne maîtrisent absolument pas. 

L’affectation en petite et très petite sections répond à la nécessité de décharger de cours le directeur de l’école maternelle qui, jusqu’à présent, choisissait souvent d’exercer dans ces classes afin de disposer d’un peu de temps l’après midi, pendant que les élèves font la sieste, pour effectuer leur travail de direction. Il n’y a pas lieu de les priver de la décharge à laquelle ils peuvent dorénavant prétendre mais il serait souhaitable de les inciter, lorsqu’ils sont remplacés par des PE2, à prendre une classe de grande section ou de moyenne section. 
[...]
Dans tous les cas, le problème de l’articulation et de la continuité entre le travail du stagiaire et celui du titulaire se pose. Il est cependant plus facile à résoudre lorsque le titulaire est présent dans l’école.

Il expose, a contrario, les PE2 aux plus grandes difficultés lorsqu’il doit travailler en complément de service d’un enseignant qui, ayant opté pour un temps partiel, n’est guère enclin, a priori, à investir un peu de son temps libre pour rencontrer le stagiaire.

Dès l’année 2007-2008, il paraît donc nécessaire, dans toute la mesure du possible, d’éviter cette formule
[...]

Au sein de l’école

Les PE2 ont été diversement accueillis. Des cas de franche hostilité (assez rares), d’indifférence, de surprise (directeurs non prévenus) sont signalés mais généralement les stagiaires ont été plutôt bien reçus. Quand ils remplacent un titulaire absent de l’école, ils sont davantage livrés à eux-mêmes tandis que, lorsque le titulaire est présent (directeur ou maître déchargé), les contacts se sont établis assez normalement.

L’attitude des directeurs oscille entre une position de principe, défendue par certaines organisations syndicales et consistant à refuser d’assumer une fonction de formateur non prévue par le décret fondant leurs missions, et une tendance naturelle à aider autant que faire se peut un jeune collègue. Certains directeurs, plus spécialement ceux sortis récemment de l’IUFM, puisent même dans leur décharge nouvellement attribuée un temps conséquent pour aider le PE2.

Il conviendra de chercher des éléments de réponse à la question suivante : comment une école sans formateur institutionnel peut-elle constituer, néanmoins, un lieu de formation ? 

Quelques perspectives se dessinent, que la constitution d’un réseau d’accueil devrait concrétiser :

- certaines portent sur le choix de l’école : dans un département de notre échantillon, dès la rentrée 2007, des PE2 seront affectés dans des écoles repérées comme plus propices à la formation (les titulaires y assurant actuellement les décharges de direction seront affectés dans des écoles sans profil particulier) ;

- d’autres concernent les directeurs, qui doivent être mieux informés de leur rôle et davantage associés aux formateurs, sur la base d’un modèle s’apparentant à celui du « compagnon d’apprentissage ». En tout état de cause, la fonction de « directeur accueillant » mérite d’être précisée. 

Les directeurs d’école seront mieux informés et mieux associés au processus de formation. Ils devront veiller à ce que, au sein de l’école, un enseignant assure l’accueil et l’accompagnement du stagiaire. 

Le premier chantier à mener, cela a été souligné déjà dans ce rapport, concerne la constitution dans chaque académie d’un vrai réseau d’écoles et d’établissements d’accueil des stagiaires.
[...]

La part des très petites et petites sections d’école maternelle doit être réduite pour les PE2...
[
...]

C’est en effet sur les directeurs, principaux et proviseurs, que reposent sans doute une part de l’évaluation du stagiaire. Les directeurs et chefs d’établissement, s’ils sont des partenaires actifs de la formation, doivent être considérés comme tels et faire l’objet d’un soutien à ce titre de la part des corps d’inspection et des IUFM. 
[...]

L’arrêté du 19 décembre 2006 rappelle que « la formation commence à la date de rentrée des professeurs » pour que les stagiaires « puissent participer aux activités de prérentrée » ; de manière originale, la circulaire d’application du 22 février 2007 est en retrait par rapport à cette disposition : le stagiaire « prend part si possible, aux travaux de prérentrée ». 
[...]

Préconisations communes au premier et au second degrés.

Elaborer au plus tôt un cahier des charges du « maître de stage » et de l’école ou de l’établissement d’accueil en stage, comprenant les capacités et actions attendus des maîtres de stage, des directeurs d’école et chefs d’établissement, leur accompagnement, leur formation et la reconnaissance de leur rôle par l’institution, les conditions d’organisation des stages".


Le rapport de l’Inspection générale

http://media.education.gouv.fr/file/26/7/5267.pdf

 

 

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 15:22

Dans un entretien au journal Le Monde, Xavier Darcos annonce "un grand chantier sur la revalorisation des carrières". Il propose de rassembler "dans un livre vert toutes les propositions" pour "négocier au printemps 2008 un accord sur la redéfinition du métier d'enseignant". 

 

Ci-dessous, l'intégralité de l'interview :

 

L'école, dit-on, n'est ni de droite ni de gauche. Etes-vous d'accord ? 

Oui. La réussite de l'école reste un objectif partagé. Il y a même plus de consensus que je ne le pensais! Bien sûr, certains préjugés demeurent : "Vous êtes de droite, vous voulez donc faire le grand marché libéral de l'école." Personne ne veut faire cela. Mais il existe d'autres réponses politiques aux problèmes de l'école que l'injection continuelle et massive de moyens.

Et comment voyez-vous la référence à Mai 68, dont Nicolas Sarkozy veut "liquider l'héritage" ?

Je crois très simplement qu'à l'issue de cette période, beaucoup ont considéré à tort que la liberté devait être un point de départ alors qu'elle est un point d'arrivée. Et sur le parcours, il y a d'abord l'école, la culture, le savoir, l'instruction, le civisme…

Allez-vous, comme promis, revenir sur le décret Robien sur les décharges horaires dont vous avez dit qu'il cristallisait les mécontentements ?

Sur ce dossier, Nicolas Sarkozy recevra à son tour, dans quelques jours, les représentants de la communauté éducative. Je lui ai fait des propositions. C'est lui qui décidera. Mais je sais qu'il souhaite améliorer le pouvoir d'achat de tous.

Vous avez annoncé un grand chantier sur la revalorisation des carrières. Selon quel calendrier ?

J'ai proposé de rassembler dans un Livre vert, d'ici à la fin de l'automne, toutes les propositions, y compris les nôtres. Une deuxième phase devrait ensuite nous amener jusqu'au printemps 2008, pour négocier un accord sur la redéfinition du métier d'enseignant. Quant aux rémunérations, Nicolas Sarkozy l'a répété : 1,3 smic pour un début de carrière, c'est quand même modeste lorsqu'on a passé un concours à bac +4 ou 5.

Si ce n'est pas assez, quel est l'objectif ?

Je ne peux pas encore le préciser. Mais nous allons vraiment "mettre le paquet" sur la situation morale et matérielle des enseignants.

Vous voulez aussi des "gains de productivité". Et vous citez le chiffre de 32000 enseignants qui ne sont pas devant les élèves…

Ce chiffre est issu de la Cour des comptes. Cela représente pratiquement une académie et plus d'un milliard d'euros par an. Il faut toutefois être prudent, car cela concerne aussi des services qui concourent à l'action éducative : les associations périphériques de l'école, diverses structures d'aide. Mais il y a une marge de manœuvre importante. Cela mérite d'être examiné.

 

Vous en avez parlé à vos interlocuteurs syndicaux ?

Je suis membre d'un gouvernement qui a reçu mandat d'alléger la charge de l'Etat et je ne pourrai pas m'en abstraire. Nous avons, dans le second degré, un professeur pour onze élèves. Cela ne signifie pas qu'il y a onze élèves par classe, mais que nous avons un des meilleurs taux d'encadrement des pays de l'OCDE. Notre offre scolaire est considérable, avec une grande diversité d'options. Mais elles sont dispersées dans tous les établissements. Il faut garder la diversité mais mettre fin à l'éparpillement.

Comment percevez-vous les syndicats qui ont usé tant de vos prédécesseurs ?

Les syndicats reconnaissent que je ne suis pas un ennemi de l'école publique. Je regrette qu'ils soient parfois obligés d'avoir des positions maximalistes. Mais ils évoluent car le milieu enseignant lui-même change.

Concernant la carte scolaire, vous avez opté pour une étape d'expérimentation dès la rentrée. Pouvez-vous nous en préciser les modalités ?

C'est une liberté nouvelle que nous voulons donner aux familles. Il faut dédramatiser ce problème. Il est un peu difficile à gérer dans les grandes villes aux quartiers très contrastés, mais ne se pose pas du tout dans le primaire ni dans les zones rurales. J'ai indiqué qu'entre 10% et 20% des élèves ne seront plus soumis à la carte scolaire à la rentrée : cela équivaut à doubler le nombre des dérogations existantes. 10% de plus dans un établissement, c'est quelques dizaines d'élèves, cela ne provoquera pas une grande révolution, ni la pagaille. Nous allons en finir avec l'opacité, les dérogations accordées par relations. Les demandes seront plus favorablement accueillies dès la rentrée. Et si, par ailleurs, des établissements moins demandés perdent quelques élèves, nous maintiendrons leurs moyens pédagogiques. Mais il faut que les familles se rendent compte qu'on ne pourra pas tout accepter d'un coup. Nous allons fixer quelques critères lisibles.

Lesquels ?

Les élèves boursiers auront la priorité. Nous prendrons aussi en compte les cas de force majeure, la correction d'absurdités (un côté du trottoir ou l'autre) et, tout simplement, les demandes de bonne foi venant des familles, dans l'intérêt de l'enfant, pour rejoindre un frère ou une sœur…

Et si c'est seulement pour rejoindre un "meilleur" établissement ?

Ce motif ne pourra pas être retenu tout de suite. Même si je le trouve tout à fait recevable. Pourquoi refuser à un élève de choisir, dans l'intérêt de sa scolarité? C'est pourquoi, à terme, chaque établissement devra contribuer à la mixité. Je ne veux pas employer le mot de quota parce qu'il est horrible, mais nous allons essayer d'encourager la mixité géographique et sociale au niveau de chaque établissement. Au plus tard en 2010, nous aurons vraiment donné la liberté de choix aux familles.

Propos recueillis par Luc Cédelle, Arnaud Leparmentier et Catherine Rollot

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 13:48

Les discours sur la carte scolaire sont parfois ténébreux. Sur France 2, X. Darcos a annoncé que les boursiers pourraient choisir un autre établissement que celui où ils sont affectés en autorisant les familles à faire leurs demandes avant d'indiquer que les établissements ont déjà préparé leur rentrée ce qui fait que les boursiers "n'auront pas forcément l'occasion d'être accueillis".

Embarras également à la Peep qui publie des "propositions". L'association de parents d'élèves ne prend pas position contre la carte scolaire. Elle estime que "lorsque les familles trouveront à proximité de leur domicile des établissements à la mesure de leurs attentes pour la grande majorité des élèves, les transferts de secteurs devraient disparaître d’eux-mêmes". Concrètement elle propose de fermer les établissements ghettos et d'en répartir les élèves dans les collèges environnants. "Ainsi pourra-t-on tendre vers une insertion d’une « petite » part de mixité dans la majorité des collèges avoisinants".

La Peep utilise aussi l'argument généreux de la mixité sociale pour obtenir le rétablissement des classes de niveau, c'est-à-dire pour instaurer la ségrégation sociale à l'intérieur des établissements. "Il faut permettre à chaque établissement d’offrir, à chaque élève, l’enseignement qu’il est en droit, ainsi que sa famille, d’attendre. Pour cela, ne faudrait-il pas revoir l’idée généreuse des années 70-80 de la totale hétérogénéité des classes en terme de niveau ? Certains collèges de quartiers moins réputés ont su garder leur population scolaire en osant proposer des classes « à profil »".

 

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 23:24

La carte scolaire n'est plus ce qu'elle était. Et les parents cherchent fréquemment à y faire échapper leurs enfants: c'est le cas pour 40% des collégiens de Paris. Les parents utilisent deux principales stratégies pour contourner ce qui était initialement un découpage administratif.

Au départ (en 1963), l'idée était simple: chaque écolier, collégien ou lycéen devait être scolarisé dans l'établissement le plus proche de son domicile, selon un découpage administratif. Mais, en quatre décennies, les choses ont changé. L'écart a tellement grandi entre les établissements de centre-ville (où vivent souvent les élèves les plus aisés) et les autres que la carte scolaire ne joue plus son rôle de mixité sociale. Devenus consuméristes, de nombreux parents refusent d'inscrire leurs enfants dans un établissement à la réputation insuffisante au seul prétexte qu'il est situé près de chez eux. Mieux vaut leur infliger des trajets quotidiens, parfois longs, pour en rejoindre un autre, mieux coté. A Paris, 40% des collégiens ne fréquentent pas le collège dont ils dépendent.

Pour contourner la carte scolaire, les parents n'ont que deux solutions: inscrire leurs enfants dans le privé -mais les places y sont si rares que certains collèges bouclent le recrutement de leurs sixièmes dès la Toussaint précédente- ou obtenir une dérogation. Cette procédure doit être entreprise auprès de la mairie (pour les écoles) ou du rectorat (pour les collèges et les lycées). La dérogation n'est en principe acceptée que si les raisons invoquées par les parents sont justifiées: proximité géographique par rapport aux domiciles de parents divorcés, choix d'une option rare, rapprochement de fratries...

60% chez les cadres mais seulement 18% chez les ouvriers

Mais, dans les faits, elle l'est aussi parfois lorsque les parents trichent, par exemple en faisant intervenir une connaissance influente. Le rectorat de Paris reçoit ainsi chaque année 1 700 demandes de passe-droit. Environ 250 sont acceptées. A ce petit jeu, les enseignants, les journalistes et les politiques se révèlent redoutables.

Autre option pour les resquilleurs : mentir sur la domiciliation. Comment? En achetant une chambre de bonne grande comme un placard mais perchée en haut d'un immeuble rattaché à tel collège ou lycée; ou en usant de l'adresse d'un proche habitant le secteur recherché; ou encore en achetant à un concierge complice une boîte aux lettres vide, puis en fabriquant de fausses quittances pour "prouver" la domiciliation...

Dans les deux cas (demande de dérogation en bonne et due forme ou tricherie), les parents les plus aisés s'en sortent le mieux. Le sociologue Marco Oberti a montré que dans le département des Hauts-de-Seine, la part des élèves fréquentant un autre collège que celui dont ils dépendent grimpe à 60% chez les cadres, alors qu'elle n'est que de 21% chez les employés et de 18% chez les ouvriers
.

Alexandre DUYCK
Le Journal du Dimanche

 

La suppression de la carte scolaire est-elle susceptible d'amener davantage d'égalité sociale ? Xavier Darcos semble croire à cette hypothèse. "Je commencerai à supprimer progressivement la carte scolaire à partir de la rentrée prochaine" a-t-il annoncé au congrès de la Fcpe. "Ce système ne fonctionne pas dans les quartiers où le besoin de mixité sociale est plus fort que dans les autres. Je considère que l'égalité des chances passe par une redéfinition de nos instruments de mixité sociale, tout en supprimant progressivement la contrainte qui pèse sur les familles". Dans une logique toute libérale le ministre semble croire que la liberté de mouvement des familles permettra de remédier à la ségrégation scolaire.

A vrai dire, d'autres voix s'élèvent pour dénoncer la carte scolaire. Ainsi le sociologie Mario Oberti, auteur d'un ouvrage à paraître sur le sujet, dénonce, dans la revue Claris, la carte scolaire. "Présentés comme un dispositif de lutte contre la ségrégation scolaire, ces résultats mettent en évidence son faible impact sur les pratiques des classes moyennes et surtout supérieures, qui subissent le moins les contraintes spatiales. Les classes populaires voient au contraire leur assignation spatiale renforcée par une assignation scolaire qui fonctionne de façon beaucoup plus efficace à leur égard. Effet paradoxal d’une mesure visant à lutter contre les inégalités sociales à l’école et qui s’applique précisément de façon profondément inégalitaire en faveur des classes les plus favorisées". Ainsi la carte scolaire serait devenue plus qu'inefficace : un carcan pour les plus défavorisés. La renforcer "serait une façon de pénaliser les plus pauvres et de protéger les intérêts des mieux lotis" comme l'écrit G. Félouzis

Mais suffit-il de supprimer la carte scolaire pour mettre fin à la discrimination ? L'exemple des pays qui ont mené cette politique devrait nous éclairer. C'est le cas par exemple de la Belgique ou des Pays-Bas où la disparition de la carte scolaire a conduit à un renforcement de la ségrégation sociale et ethnique. C'est encore plus vrai quand le système diversifie les types d'établissement creusant encore davantage l'écart entre eux. Ainsi François Dubet et Marie Duru-Bellat peuvent écrire "il ne suffit pas de dénoncer la carte scolaire pour proposer une politique et, plus encore, une politique plus juste que celle que l'on condamne. La seule suppression de la carte scolaire serait probablement un remède pire que le mal. En effet, on imagine aisément que, comme sur n'importe quel marché, les acteurs ayant le plus de ressources et d'informations s'en tireront nettement mieux que les autres et que, une fois encore, les plus démunis auront moins de choix, moins d'opportunités et moins encore de chances de réussir dans l'école". Dans cet objectif, en supprimant la carte scolaire, le gouvernement s'attaquerait à une valeur fondamentale de l'Ecole : le tabou de l'égalité. Sous prétexte d'une égalité des chances toute théorique, il inscrirait au fronton de l'Ecole une nouvelle devise, celle de l'inégalité fondatrice.
 
  
L
es incidences sur l'école primaire

La modification de la carte scolaire dans un premier temps, puis sa suppression dans les années à venir aura une incidence sur les écoles maternelles et élémentaires.

S'il est vrai que la carte scolaire est essentiellement contournée à compter du collège, elle peut entraîner des modifications d'effectifs sur les écoles. La fluctuation des effectifs aura pour conséquence la redistribution des décharges de directeur. Le risque de rendre les directions de ces écoles encore moins attrayantes n'est pas négligeable. Autres conséquences probables : l'augmentation du nombre de directions vacantes et la nomination de débutants sans formation à la tête de ces établissements...

Prenons l'exemple d'un collège à "réputation insuffisante". La suppression de l'obligation d'inscription pour les enfants du quartier se traduira par une baisse significative de ses effectifs. Baisse d'effectifs qui sera constatée également dans l'école de quartier pour des raisons pratiques (conduite, regroupement des enfants d'une même famille) ou de suivi scolaire cohérent (liaison école / collège...). La situation pourra être inversée pour les écoles voisines d'un collège à "bonne réputation". 

Déjà, de nombreux maires s'inquiètent des conséquences prévisibles de gestion des bâtiments et personnels communaux. Certaines écoles se trouveront trop petites pour accueillir tous les volontaires alors que d'autres se videront. Nécessité d'agrandir ici et d'entretenir des locaux vides ailleurs...

Cette réforme annoncée par Nicolas Sarkozy et confirmée par Xavier Darcos risquent de faire grincer des dents. Un sondage publié aujourd'hui dans Ouest-France montre que la question divise les Français (54 % favorables au maintien, 43 % à la suppression). Surtout, depuis la dernière loi de décentralisation, les collectivités locales (la ville pour les écoles, le département pour les collèges, la région pour les lycées) dessinent elles-mêmes les cartes scolaires en vigueur. Si un conseil général refuse de "désectoriser" un collège, que pourra faire l'Etat ?

"Les départements voient le projet d'un très mauvais oeil, assure Bernard Toulemonde, ancien inspecteur général de l'Education nationale. Ils évaluent bien le coût éventuel. Les collèges de bonne réputation seront débordés par la demande et devront s'agrandir, les transports scolaires devront être considérablement renforcés..." 

Ultime et amusante précision : les conseils généraux de droite râlent autant, si ce n'est plus, que ceux de gauche contre le projet gouvernemental.

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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 22:26

A l'issue de la première semaine de rencontres entre Xavier Darcos et les syndicats enseignants, ces derniers semblent d'accord pour affirmer que le ton a changé.

"L'heure est à l'apaisement" estime Luc Bérille, Secrétaire général du SE-Unsa. Jean-Luc Villeneuve, Secrétaire général du Sgen-Cfdt, apporte une bonne nouvelle :

"M. Darcos nous a dit qu'il fera une déclaration la semaine prochaine sur les décrets Robien mais il a clairement laissé entendre qu'ils seront probablement suspendus".

Le SNUipp signale des aspects positifs. "Le Ministre a rappelé que pour lui la scolarité obligatoire allait jusqu’à 16 ans et qu’il considérait que l’Education Nationale devait l’assumer et qu’il était hostile à l’apprentissage à 14 ans". Enfin il promet de clore la querelle des méthodes de lecture. Le ministre a également précisé qu'il ouvrirait en octobre une discussion sur le métier d'enseignant.

S'il n'a pas donné de réponse sur la question des sanctions pour "absence de service fait" qui se sont traduites par des retenues sur salaire, Xavier Darcos a évoqué la possibilité éventuelle de rouvrir le dossier "direction".     

Les syndicats restent néanmoins vigilants, notamment sur deux points restés sans réponse précise. D'abord, le service minimum. Nicolas Sarkozy souhaite qu'il s'applique à l'éducation. Le ministre de l'Education natinale promet de respecter le droit de grève des enseignants.

Ensuite, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Eric Woerth ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique a estimé que cela "pouvait poser des problèmes et ne pas s'appliquer partout, notamment pour l'éducation nationale". 

Il n'est cependant pas question pour les syndicats de baisser la garde d'autant que "aucun moyen supplémentaire n’est envisagé" pour la rentrée.

Autre sujet de mécontentement : la suppression de la carte scolaire. Xavier Darcos a, de nouveau, évoqué le sujet au Congrès de la FCPE le 26 mai :

"Comme j'ai commencé à l'indiquer au cours de ces derniers jours, je commencerai à supprimer progressivement la carte scolaire à partir de la rentrée prochaine. Je sais qu'il s'agit d'un point apparent de désaccord entre nous, mais je veux m'en expliquer" a déclaré le ministre, provoquant quelques huées dans la salle où 800 congressistes sont réunis. 

"La carte scolaire a été créée il y a 40 ans dans une France qui n'a plus grand chose à voir avec celle d'aujourd'hui: c'était une France en pleine croissance démographique dans laquelle on construisait un collège par jour", a expliqué Xavier Darcos. 

Mais "la construction des grands ensembles a créé, à la périphérie des villes, des quartiers aux conditions sociales très dégradées qui n'existaient pas au moment où la carte scolaire a été instaurée", a-t-il ajouté, précisant que ce système "ne fonctionne pas dans les quartiers où le besoin de mixité sociale est plus fort que dans les autres". 

"Je considère que l'égalité des chances passe par une redéfinition de nos instruments de mixité sociale, tout en supprimant progressivement la contrainte qui pèse sur les familles" et "je demanderai aux établissements scolaires de veiller à une plus grande diversité sociale et géographique de son recrutement", a encore ajouté M. Darcos. 

Selon le président de la FCPE Faride Hamana, la suppression de la carte scolaire entraînera "la possibilité d'être librement choisi par le chef d'établissement" et sera "la voie ouverte (au) règne de l'arbitraire". 

"Derrière le discours sur la liberté de choix se dissimule un discours moins noble qui est celui d'éviter que ses propres enfants fréquentent la même école que ces enfants défavorisés", s'est insurgé le président de la FCPE. 

Il est à noter que plusieurs syndicats annoncent la reconduction du dispositif des EVS dont le contrat arrivait à expiration en juin 2007.

 
Communiqué du SNUipp :

"Après la journée d'action du mercredi 23 mai et les différentes informations recueillies au cours des audiences, nous avons à nouveau interpellé le ministère. 

Le cabinet du ministre nous a donné l'assurance que « le ministère travaille à ce que le dispositif EVS soit reconduit à la rentrée 2007 en ce qui concerne les emplois et les personnes ». Cela concerne les EVS qui assistent les élèves en situation de handicap, les EVS qui aident à la direction et au fonctionnement de l'école, les EVS recrutés en collège. Les modalités de reconduction des différents types de contrats (CAE et CAV) sont à l'étude. 

Cette avancée, c'est le résultat de la mobilisation des EVS eux-mêmes, soutenus par le SNUipp, notamment ce mercredi 23 mai. 

L'annonce du renouvellement du dispositif à la rentrée 2007 interviendra dans les jours qui viennent".

 

Le Sgen-CFDT assure avoir reçu la même annonce ministérielle mais demande toutefois de rester prudent et de continuer la pression car nous sommes dans une période électorale... 

 

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 21:03

Nouveau Président de la République, nouveau gouvernement et premières rencontres avec les syndicats qui ne savent plus où donner de la tête...

A peine nommés, les nouveaux ministres entament une semaine marathon et reçoivent, à tour de rôle, les principales organisations de salariés.

 Éric Woerth: ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique

Les fonctionnaires ont perdu leur ministère à part entière. Placés sous la responsabilité du budget et des comptes publics à Bercy, ils devront composer, tant en matière d'emplois que de politique salariale, avec les objectifs fixés dans sa campagne par le président de la République, Nicolas Sarkozy. En recevant séparément depuis lundi 21 mai les représentants des fédérations syndicales de la fonction publique, Eric Woerth, le nouveau ministre, leur a ainsi rappelé l'engagement du chef de l'Etat de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite - 40 % des 5,2 millions fonctionnaires doivent cesser leur activité d'ici à 2015 - et d'affecter une partie des économies réalisées à des revalorisations de rémunérations. Il a par ailleurs évité de s'engager sur la politique salariale et les augmentations pour l'année 2007 que son prédécesseur, Christian Jacob, avait laissées en suspens.
 
S'il est resté ferme sur les principes, M. Woerth a adouci le propos sur la méthode. Il a notamment indiqué son intention de ne pas avoir "une vision comptable des choses, mais une vision humaine". Il a aussi annoncé mardi sur LCI : "En contrepartie du (départ) d'un sur deux, il faut montrer que les fonctionnaires, qui se sont paupérisés d'une certaine façon, pourront en recueillir les fruits."
 

Premier sur la liste des syndicats reçus, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a retenu l'aveu du ministre selon lequel la règle du non-remplacement "pouvait poser des problèmes et que cela ne pouvait pas s'appliquer partout, notamment pour l'éducation nationale".

 

 Xavier Darcos : ministre de l'Education nationale

Le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a commencé mardi 22 mai à recevoir les syndicats pour une "première prise de contact". La première fédération de l'Education, la FSU, et son secrétaire général Gérard Aschieri, ainsi que son syndicat du second degré le Snes, ont ouvert le bal mardi. A suivi le Snalc-CSEN, apolitique mais souvent étiqueté à droite. Mercredi, le Sgen-CFDT, puis SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissement et enfin le syndicat Indépendance et Direction. Jeudi, la Société des agrégés avant une réunion avec les recteurs. Les rencontres se poursuivront la semaine prochaine avec les autres syndicats.

 

Les syndicats comptent bien en profiter pour rappeler leurs revendications, au premier rang desquelles l'abrogation du décret Robien. Xavier Darcos devrait ne bénéficier d'aucun "état de grâce" et doit déjà faire face aux récriminations des syndicats contre les mesures prises par son prédécesseur Gilles de Robien. Outre le temps de travail des enseignants, la FSU apportera plusieurs dossiers dans son cartable: les moyens, les zones d'éducation prioritaire (Zep), le droit de grève, la formation des enseignants en IUFM, l'apprentissage à 14 ans, etc. Autre dossier délicat, celui de la carte scolaire que Xavier Darcos veut faire disparaître en deux ans, avec un assouplissement intermédiaire dès la rentrée prochaine.

L'assouplissement de la carte scolaire. M. Darcos avait déclaré souhaiter l'assouplir dès la rentrée prochaine, et la supprimer à la rentrée 2008. "Est-ce qu'elle est juste (actuellement) la carte scolaire ?", qui scolarise les enfants dans les écoles et collèges de leur quartier, s'est interrogé mardi le ministre devant la presse, lors de son premier déplacement dans un collège classé 'Ambition réussite' (ex-ZEP) d'Asnières."La carte scolaire n'est pas une assignation à résidence", a-t-il ajouté, en sous-entendant qu'elle pouvait devenir contre-productive "si on n'arrive pas à assurer la mixité scolaire et si les parents ne peuvent pas discuter avec les enseignants dans les établissements ou se sentir intégrés dans l'école". Il n'a pas cependant voulu confirmer le chiffre de 10 à 20 % des affectations qui bénéficieraient de l'assouplissement de la carte scolaire dès la rentrée prochaine, "avant d'avoir vu les syndicats cette semaine" et parce qu'une telle réforme "ne se fait pas en quinze jours".
 

Le vouvoiement à l'école. Le ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos a jugé mardi "indispensable" que les élèves vouvoyant leurs enseignants et "préférable" que les enseignants vouvoient les lycéens, lors d'un déplacement au collège André-Malraux d'Asnières. Il a cependant immédiatement précisé qu'il ne transcrirait pas cette idée dans un texte s'imposant à toute la communauté éducative. Pour lui, les professeurs doivent "marquer" leur autorité pour qu'"il y ait une certaine verticalité". Interrogé sur la proposition de Nicolas Sarkozy, lors de la campagne électorale, que les enfants se lèvent à l'arrivée de leur enseignant dans la classe, M. Darcos a assuré ne pas être "pour que les élèves se mettent au garde à vous". Même s'"il est important qu'à l'école le respect s'installe", a-t-il ajouté.
 

"Tous ensemble, tous ensemble..." Non, ce n'est pas Ségolène Royal qui harangue ses supporters déçus du balcon du siège du PS rue de Solférino...

"Tous ensemble", c'est le mot d'ordre du SNUipp pour interpeller le ministre de l'Education nationale sur le problème des EVS dont le contrat se termine en juin prochain.
 
"Tous ensemble, EVS, enseignants, parents, réclamons : 
la transformation des postes EVS en postes statutaires et pérennes de la fonction publique 
la possibilité pour les actuels EVS d’accéder à la formation et au recrutement pour ces postes statutaires
".
 

Pourtant, souvenons-nous... Le SNUipp n'avait pas de mots assez durs pour dénoncer cette mesure figurant dans le protocole signé par "un syndicat minoritaire"... (relire notre article du 17 avril)

"Transformer les directeurs d'école en agents recruteurs de personnels à statut précaire ne relève en aucun cas d'une quelconque "revalorisation" des fonctions de direction mais vise plutôt à en faire des acteurs de l'accélération de la précarité du travail. A l'heure où les mobilisations collectives viennent de faire reculer le gouvernement sur son projet de CPE, comment pourrait-on accepter l'arrivée massive dans les écoles de personnels précaires, d'autant qu'aucune perspective d'embauche ni de formation, n'est même envisagée ? Rappelons que le SNUipp-FSU a toujours revendiqué des créations de postes statutaires pour le secrétariat, les BCD, l'accompagnement des enfants porteurs de handicaps...

Si le manque de moyens aussi bien pour la direction d'école que sur l'accueil des enfants en situation de handicap est une fois de plus pointé par le Ministère, celui-ci cependant n'apporte pas les réponses adéquates en proposant une fois de plus de recruter un personnel aussi précaire et non formé. Le SNUipp ne peut cautionner un tel dispositif".
 
Le SNUipp appelait alors au boycott du dispositif. Depuis, ayant constaté que les directeurs avaient massivement recruté des EVS, il change son fusil d'épaule et se fait l'ardent défenseur des emplois voués à disparaître à la fin de l'année scolaire.
 

Dans un communiqué diffusé mardi 22 mai, le Syndicat national unitaire des instituteurs (SNUIpp) demande à Xavier Darcos des réponses sur la situation des EVS, créés dans le cadre de la loi de Cohésion sociale, en remplacement des emplois-jeunes, dont les contrats arrivent à échéance le 30 juin. Le syndicat entend aussi obtenir des assurances concernant "l'avenir des missions assurées par les EVS: aide à la scolarisation des élèves en situation de handicap, aide à la direction d'école, vie scolaire".

 

Sur la base de ces revendications, le SNUIpp organise mercredi 23 mai "une journée nationale d'action marquée par des rassemblements, des conférences de presse, des audiences dans tous les départements", selon son communiqué.
 
Le SE-Unsa, signataire du protocole, n'est pas en reste. Il entend demander au ministre de reconduire le dispositif, l'une des "avancées engrangées" en mai 2006.
 

"Au premier rang des dossiers prioritaires, le gouvernement trouvera ceux des 'Emplois vie scolaire'", écrit le Syndicat des enseignants-UNSA (SE-UNSA) qui considère qu'il "y a urgence". "Pour eux, ce sera l'ANPE et, souvent, le chômage. Pour le système éducatif, ce sera l'interruption des missions auxquelles ils contribuaient", ajoute l'organisation syndicale.

 

Le SE-UNSA "interpelle dès à présent le ministre de l'Education nationale pour que les missions assumées aujourd'hui par les EVS soient pérennisées". Il invite également les enseignants à envoyer des courriels au Premier ministre François Fillon "pour un traitement urgent de ce dossier".

 

 

Une folle semaine... à donner le tournis à n'importe quel dirigeant syndicaliste...

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 21:55

Nous reproduisons l'intégralité de l'intervention de Xavier Darcos, le 19 mai, devant les parents d'élèves de la PEEP réunis en congrès. Les médias n'avaient rapporté de ce discours que le résumé fourni par l'AFP. Or, il nous a semblé intéressant d'en prendre connaissance car le ministre trace et dévoile les grandes lignes de son action à court terme.

Xavier Darcos le 19 mai 2007 au congrès de la Peep à Aix-les-Bains

DISCOURS DE XAVIER DARCOS, MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE 
CLOTURE DU 88EME CONGRES DE LA PEEP – AIX-LES-BAINS – 19 MAI 2007 

Mesdames, messieurs les parents d'élèves, 

Les hasards du calendrier bousculant l'usage, c'est avec beaucoup de bonheur que je consacre aux parents, et non aux personnels, ma première intervention en tant que ministre de l'Éducation nationale. A l'heure où les Français ont fait le choix d'une politique nouvelle, résolument tournée vers la modernité, cette coïncidence me paraît d'ailleurs plutôt bienvenue car elle me donne l'occasion d'exprimer toute l'importance que j'attache au rôle que vous jouez au sein de la communauté éducative. 

Les parents ne sont pas de simples partenaires de l'institution scolaire. Ils sont les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants, y compris lorsqu'ils la délèguent à l'école. L'action que vous menez quotidiennement aux côtés des enseignants suffit d'ailleurs amplement à le prouver. Vos attentes, d'ailleurs, sont pleinement légitimes, car elles expriment toute l'ambition, toute l'affection que la Nation porte à son école. 

Votre première attente, c'est celle d'une école plus juste, qui offre à chaque élève les mêmes chances de réussir. 

Le projet scolaire comporte, depuis l'origine, l'idée très forte que le savoir est le facteur de liberté et de progrès le plus universel, donc le plus juste qui soit. L'école de la République n'est juste que lorsqu'elle a, pour tous ses élèves, la même exigence et la même ambition. A ceux qui n'hériteront de rien, à ceux que la fatalité menace, l'école offre le plus beau des bagages. 

La priorité sera donc de mettre fin aux disparités qui existent d'un établissement à l'autre

Comme s'y est engagé le Président de la République au cours de la campagne présidentielle, nous ferons en sorte que l'excellence soit la même partout, pour tous. Cela implique, notamment, d'assouplir la carte scolaire dont trop de familles s'estiment prisonnières et dont elles ne le sont vraiment, en réalité, que lorsqu'elles n'ont pas les connaissances ou les moyens nécessaires pour la contourner. 

L'éducation prioritaire doit l'être réellement. Au lieu de disperser les moyens dans des zones d'éducation aux tracés toujours contestables pour des résultats toujours incertains, nous concentrerons les moyens sur les établissements qui en ont le plus besoin. L'établissement doit devenir l'échelle de référence de toute politique éducative, car c'est en réalité le seul niveau que les parents connaissent et qu'ils peuvent rencontrer physiquement. Dans les établissements qui offrent aux élèves les perspectives de réussite les plus faibles, nous n'hésiterons pas, si cela devait être nécessaire, à diviser les effectifs par deux et à constituer des équipes d'enseignants volontaires, bien formés et spécialement rémunérés, auxquelles nous donnerons toute latitude de mettre en oeuvre les méthodes qu'ils estiment nécessaires à la réussite de leurs élèves. 

Enfin, dans chaque établissement, des études dirigées seront proposées aux élèves pour leur permettre de réaliser leurs devoirs dans les meilleures conditions possibles. Trop de parents, même lorsqu'ils souhaitent sincèrement aider leurs enfants, n'en ont ni le temps, ni les compétences. Le soutien scolaire ne doit pas être une charge pour les familles et un luxe pour les élèves : c'est un devoir de la République envers tous que notre école se propose d'aider à progresser. 

Enfin, l'école n'est belle que lorsqu'elle est diverse. Dans le cadre de l'assouplissement de la carte scolaire, nous demanderons aux établissements de veiller à la diversité sociale et géographique de leurs effectifs, afin que l'école redevienne le creuset de la cohésion nationale. Nous ferons aussi en sorte que les progrès déjà importants réalisés dans l'accueil des enfants handicapés se poursuivent, et que chaque enfant puisse faire valoir ses droits à être scolarisé en milieu ordinaire. 

Votre deuxième attente, c'est celle d'une école où chaque enfant puisse s'épanouir. 

L'instruction est la première source d'épanouissement des élèves. Sans elle, l'école ne serait pas ce lieu où chaque nouvelle découverte bouleverse les certitudes, affine les sensibilités, ouvre un immense appétit de savoir. La dimension culturelle des enseignements fondamentaux doit être valorisée car l'école n'enseigne pas seulement des faits, mais aussi des codes, des références, des univers, qui sont l'essence même de la cohésion nationale. 

Les établissements scolaires seront dotés d'une plus grande autonomie pour leur permettre de mettre en oeuvre les projets pédagogiques les plus ambitieux. Je souhaite notamment qu'une plus grande place soit laissée aux enseignements culturels et artistiques, comme au sport. 

Chaque élève doit pouvoir bénéficier de la meilleure orientation qui soit, sans être piégé dans des choix trop définitifs, que redoutent souvent les parents. L'orientation, c'est d'abord une vocation, et nous devons l'éveiller en chaque élève avec des rencontres fréquentes au contact de milieux professionnels, mais aussi de façon lucide, en informant les parents sur les débouchés des filières que leur enfant prévoit d'entreprendre. 

Pour que chacun soit libre de ses choix d'orientation, ils doivent être réversibles. Cela suppose de maintenir un degré d'exigence élevé d'enseignement général dans les filières professionnelles, mais aussi de proposer des enseignements techniques de qualité dans les filières générales. Pour être attractives, les filières professionnelles doivent être prestigieuses ; c'est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy s'est engagé à mettre en place de grandes écoles professionnelles qui regrouperont l'ensemble des formations aux métiers d'un même secteur d'activité. 

Votre troisième attente, c'est celle d'une école qui soit davantage à l'écoute des familles. 

Comme s'y est engagé le Président de la République au cours de la campagne présidentielle, je veillerai à ce que vos droits soient reconnus, respectés, et même étendus car vous êtes membres à part entière de la communauté éducative. 

Ce que nous avons réussi à faire avec la représentation politique, en élevant considérablement le taux de participation aux dernières élections, nous devons le réussir aussi avec la représentation des parents d'élèves au sein des établissements scolaires. Si le taux de participation aux élections de parents d'élèves est si faible, c'est parce qu'au fond, beaucoup de parents déplorent que le pouvoir de décision ou le rôle consultatif des associations de parents d'élèves soit trop faible. 

Nous devons donc réfléchir ensemble, et en associant l'ensemble des membres de la communauté éducative, aux moyens par lesquels nous pouvons renforcer le rôle que vous jouez pour ce qui concerne, notamment, l'organisation de la vie scolaire, dans les instances de gestion des établissements scolaires. Il n'est pas insensé que les parents puissent s'impliquer davantage dans les questions relatives à la politique de santé scolaire, au cadre de vie ou à la qualité de l'alimentation, car c'est le prolongement du rôle qu'elles jouent dans le cadre domestique. 

Je voudrais également vous livrer une autre réflexion. De même que l'école a su s'ouvrir aux attentes des familles, la Nation doit entendre à son tour le message des enseignants. Beaucoup d'entre eux s'investissent sans compter au service des élèves dans des projets pédagogiques passionnants qu'ils développent souvent avec des moyens limités. Beaucoup d'autres consacrent librement des heures à la concertation avec leurs collègues, à l'accueil des parents, au suivi des élèves. Mais bien peu reçoivent la reconnaissance que ces actions devraient leur valoir. 

Les enseignants doivent être respectés et même considérés. Ils doivent pouvoir gagner plus lorsqu'ils choisissent de travailler davantage. Ils doivent pouvoir maîtriser le cours et le rythme de leur carrière en fonction des actions qu'ils décident de mener. Ils doivent pouvoir bénéficier pleinement de la liberté pédagogique qui leur est reconnue par la loi. Cela suppose de mener une réflexion profonde sur les spécificités du métier d'enseignant. Comme l'a annoncé Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle, j'entamerai d'ici l'été une concertation portant sur la revalorisation de la condition enseignante au cours de laquelle tous les aspects de leur métier seront abordés. 

Il ne s'agit pas de céder à un quelconque corporatisme. La condition enseignante engage la Nation tout entière, car les parents ne sauraient accepter que ceux à qui ils confient leurs enfants soient déconsidérés. Je veux que les enseignants soient respectés au même titre que les parents doivent l'être. On n'insulte pas ses parents, on n'insulte pas non plus ses enseignants. Je veillerai à ce que la protection statutaire des personnels soit assurée car le respect de l'autorité des enseignants est la condition même de tout apprentissage. 

Mesdames, Messieurs les parents d'élèves, votre plus belle contribution au succès de l'école, c'est la confiance que vous lui manifestez. L'école n'est elle-même que parce qu'elle croit dans sa capacité à faire reposer le progrès social sur les progrès scolaires. Nous allons retrouver, ensemble, des raisons d'espérer. 

 

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 22:01

Xavier Darcos le 19 mai 2007 au congrès de la Peep à Aix-les-Bains

 Qui est Xavier Darcos ? Quelles sont ses idées ? Quel est son programme ? Il   est le nouveau ministre de l'Education. Gageons que c'est donc, selon la philosophie de M. Sarkozy, le "meilleur" pour faire le job. Une chose est certaine,  il connaît la maison : agrégé, docteur en lettres et sciences humaines, inspecteur général depuis 1992, directeur de cabinet de F. Bayrou en 1993, puis conseiller pour l’éducation et la culture du Premier Ministre (A. Juppé), ministre de l'enseignement scolaire du gouvernement Raffarin en 2002. C'est aussi un politique qui s'assume, membre fondateur et dirigeant de l'UMP, maire, député, sénateur... 

 
Nous vous invitons à le découvrir "dans le texte" à travers des extraits de deux sources qui permettent de mieux connaître son programme et sa pensée. 
 
Pour son programme, nous faisons appel au rapport remis par X. Darcos à Nicolas Sarkozy, "Propositions sur la situation morale et matérielle des professeurs en France", en pleine campagne électorale le 10 mars 2007. Pour sa réflexion sur l'Ecole, revisitons le blog qu'il tient depuis 2005. Le nouveau ministre vient d'y faire ses adieux. 
   
Ces extraits sont à décrypter. Ils sont parfois, sinon contradictoires, du moins à mettre en parallèle. 
 
Un programme : le rapport de mars 2007 
 
A propos des décharges supprimées par Robien 
 
Page 4 
 
"Ce qui est fâcheux dans cette affaire, c’est que cette décision assez brutale, qui est prévue pour s’appliquer dès septembre prochain, frappe presque exclusivement les meilleurs de nos professeurs, ceux qui enseignent en terminale ou dans certaines classes préparatoires (type BTS). Ils correspondent exactement à ce que vous avez souhaité dans vos discours d’Angers et de Maison-Alfort : ils font partie de ceux qui s’engagent, qui ont du mérite, qui assument des tâches supplémentaires. Il était normal qu’ils soient mieux rémunérés que ceux qui préfèrent simplement assurer leur service minimum. Vous devrez donc laisser entendre que vous reviendrez sur la décision prise par Gilles de Robien. Car il ne s’agit pas corriger - à la marge et unilatéralement - les services des enseignants, en les pénalisant tous à la fois, mais de remettre à plat les circulaires qui règlent les obligations de service et de redessiner le métier de professeur aujourd’hui, lors d’une table ronde globale qui pourrait se tenir avant l’été, à l’initiative du Gouvernement". 
 
Page 28 
 
"Une table ronde avant l’été pour redéfinir les ORS (obligations réglementaires de service) des enseignants et pour remplacer les décrets de 1950. 

Dans l’attente, proposer un moratoire ou une suspension du décret de Robien du 14 février 2007 sur la suppression des décharges pour responsabilités exceptionnelles. Ce décret cristallise toutes les oppositions car il supprime 45 000 heures à la rentrée 2007, soit 2 800 équivalents temps plein 1". 
 
Sur les salaires : comment revaloriser sans augmenter le budget… 
 
Page 7 
 
Des marges de manœuvre et de négociations existent : encore environ 20 000 ETP [équivalents temps plein] de décharges et MAD [mises à disposition] sont récupérables. De même, la population scolaire du 2nd degré a diminué de 15 % en dix ans, ce qui allège certaines charges. Des marges de manœuvre existent aussi sur les grilles horaires, en particulier en lycée, où la France se distingue par l’abondance de son offre d’enseignement. Ces marges de manœuvre seront bien utiles pour financer d’une part la revalorisation liée au « travailler autrement ». Récemment, trois « audits de modernisation », commandés par le Budget, sur la gestion des moyens (en collège, lycée et lycée professionnel) sont venus démontrer qu’un effort de rationalisation est possible. Mais, à ce stade, il est probablement difficile d’en faire un usage rapide. Sachons simplement que nous disposons d’une dose de redéploiement possible". 
 
Page 20 
 
"On pourrait par exemple décider que tous les cours inscrits à l’emploi du temps sont dus aux élèves, quoi qu’il arrive – encore un droit « opposable », en quelque sorte - et charger l’établissement d’y pourvoir : les H.S. [heures supplémentaires] en seraient sensiblement augmentées. Il est également possible d’augmenter les rémunérations en qualifiant en H. S. les actes réalisés dans le champ éducatif : études surveillés, soutien, tutorat, réalisation de documents d’accompagnement en ligne, encadrement d’activités diverses. 
 
De nouvelles fonctions - rémunératrices - peuvent aussi être créées ou revalorisées. D’abord, l’organisation du « soutien scolaire », assuré par les enseignants volontaires et rémunéré en heures supplémentaires, offrira des perspectives intéressantes. 

Mais d’autres activités sont possibles. Donnons quelques exemples : 
 
- responsable ou coordonnateur de département (langues, sciences, etc.), sorte d’équivalent du « chef de travaux » pour les séries professionnelles ; 

- maître formateur (à créer dans le second degré) ; 
 
- adjoint au chef d’établissement (dans le cadre d’une réforme du statut des personnels de direction) ; 
 
- responsable de projet éducatif (à l’échelle d’un bassin) ; 
 
- formateur d’adultes ; 

- « Prag » (professeur agrégé mis à disposition de l’enseignement supérieur) ;  etc. " 
  
Page 24 
 
Les esprits sont mûrs pour que soit valorisé, dans tous les sens du terme, le soutien scolaire. Un récent sondage a montré que 79% des professeurs seraient prêts à consacrer du temps de travail supplémentaire au soutien scolaire en échange d’un supplément de rémunération. Il y a là une piste intéressante politiquement, non seulement pour alimenter le new deal proposé ici, mais aussi pour développer le thème de l’égalité des chances. Dans les zones et quartiers difficiles, il ne serait pas anormal que la puissance publique offre aux élèves, de manière plus organisée et plus systématique, un soutien scolaire gratuit à tous les élèves qui en ont besoin. 
 
Page 28 
 
C
réer une prime de métier, selon du typologie des métiers à lister lors de la table ronde générale. 
 
Augmenter le stock des H.S. (heures supplémentaires) mises à la disposition de l’établissement et abroger le décret du 30/07/98 réduisant de 17 % le taux des H.S. par rapport à l’heure normale. 
 
Prévoir la rémunération, pour les volontaires, de travaux de soutien scolaire de toute nature. 
 
Sur le métier d'enseignant 
 
Page 3 

"Il est désormais impossible d’accepter la façon dont se calcule le temps de travail des enseignants : il est défini exclusivement par une obligation horaire de cours à donner". 
 
Page 19 
 
"Définir une « typologie » des métiers de l’enseignement aujourd’hui. Il faudra distinguer les diverses situations professionnelles, lesquelles n’existaient pas en 1950. Par exemple : professeur de collège dans un quartier sensible ; professeur de lycée des métiers ; professeur de BTS ou de classes préparatoires ; formateur ; conseiller pédagogique ; professeur principal ; responsable d’un projet éducatif ; professeur dans un IME [Institut médico-éducatif], etc. Cette typologie comprendrait une description des « actes professionnels » afférents à ces métiers. Les obligations réglementaires de service et les rémunérations principales et indemnitaires seraient établies sur cette base fonctionnelle". 
 
Page 24 
 
"Le moment est venu par exemple de poser la question de l’annualisation des services d’enseignement, et donc de l’annualisation des horaires eux-mêmes. Une garantie pourrait ainsi être donnée aux familles que, quoi qu’il arrive, l’horaire annuel prévu sera assuré (ce qui permettrait peut-être, au vu du constat que toutes les heures ne sont pas faites aujourd’hui, de justifier son allègement, notamment et en lycée)". 
 
Page 21 
 
"
L’évaluation des professeurs devra être complètement revue. Les résultats et performances de l’établissement seraient rendus publics tous les ans. Les professeurs dont les élèves auront progressé ou réussi leurs examens ou certifications, les professeurs qui auront conduit avec succès à leur terme des projets pédagogiques ou éducatifs pourront bénéficier de primes. Le chef d’établissement serait dans ce cadre le principal évaluateur des personnels. Les corps d’inspection n’interviendraient dans l’évaluation de personnels que dans quelques cas précis : manquement graves, excellence et promotion". 
 
Page 28 
 
"Affecter les agrégés conformément à leur statut (lycée, classes préparatoires)". 
 
U
n tableau annexe présente les heures effectuées parles enseignants en Europe (heures de cours et de présence) : France 648 à 540, Danemark et Suède 1480, Espagne 1200, Royaume-Uni 1265. 
 
Sur les établissements 
 
Page 5 
 
"L’école ne se refondera pas par la nostalgie et le retour aux blouses grises. Au contraire, il faut que les établissements respirent à leur rythme, disposent d’une plus grande autonomie, se sentent responsables et incités à l’initiative. La gestion centralisée et l’injection massive de moyens venus d’en haut ne produisent pas les résultats escomptés, comme on l’a vu pour les ZEP. C’est aux établissements de choisir leurs moyens, notamment pédagogiques, d’atteindre aux objectifs nationaux. Dotés d’un contingent horaire complémentaire spécial, ils doivent organiser librement leur politique éducative et notamment rétribuer des séquences pour les élèves en situation difficile". 
 
Sur les parents 
 
Page5
 
 
"Le milieu éducatif considère d’ailleurs, à juste titre, qu’on ne peut traiter du statut des professeurs sans exiger le retour dans les classes de la discipline, du savoir-vivre, de la politesse élémentaire. Pour légitimer le professeur, il convient de commencer par le respect qui lui est dû de la part les élèves. Il en va de même pour les familles, quand elles contestent par exemple des décisions de redoublement ou des avis donnés par des Conseils de classe". 
  
Sur la pédagogie 
 
Page 5 
  
"On s’est trop fié à l’autonomie de l’enfant, à son propre projet, à ses sensations immédiates. La liberté n’est pas un point de départ mais d’arrivée, ce qui suppose de l’effort et des exigences". 
 
Page 23 
 
"La relation professeur/élève est organisée dans un groupe, dans une classe. Aujourd’hui la constitution de ces classes ne permet pas toujours de construire positivement cette relation du fait d’un certain nombre d’élèves en difficulté qui empêchent le fonctionnement normal. Le dogme de la classe hétérogène, facteur d’inégalité des chances, doit être abandonné au profit d’une conception plus réaliste du groupe – classe". 
 
Pages 23-24 
  
"De l’avis général, dans les collèges, un petit nombre d’élèves, le plus souvent des garçons, pas plus de deux ou trois par classe, perturbent gravement son fonctionnement. Par idéologie, faiblesse de l’institution, blocages divers, les chefs d’établissement et les professeurs sont désarmés pour casser le phénomène qui, au contraire, s’accentue. L’égalité des chances offerte à tous les élèves est ainsi gravement compromise. La mise en place de classes de remotivation pourrait être de nature à résoudre ce problème. Il s’agit de regrouper une dizaine d’élèves venant de plusieurs établissements et solidement encadrés avec un programme centré sur les éléments fondamentaux susceptibles de donner une confiance nouvelle à l’élève". 

                                                               

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 22:32

Qui est Xavier Darcos ? Quelles sont ses idées ? Quel est son programme ?

Nous poursuivons la découverte du nouveau ministre de l'Education en revisitant son blog créé en 2005 et alimenté jusqu'au 20 mai 2007.

Une pensée sur l'Ecole : extraits du blog de X. Darcos 
 
Sur la Mission de l'Ecole : "souviens-toi de te méfier". A méditer...
 
A lire avec attention, et éventuellement entre les lignes : devant quel spectacle médiatique M. Darcos nous demande-t-il d'apprendre la vigilance aux élèves ? 
 
"Regardons ce qui se passe dans nos écoles, tout simplement : parce qu’il est soumis au despotisme de l’actuel, où la culture, au sens classique, a peu de poids, l’enseignement tend à moraliser plus qu’à instruire. Obsédé par l’éveil des consciences, il évolue dans l’incertitude de sa mission, doute de la vérité de ce qu’il doit inculquer, se sent invité à repousser toute hiérarchie des savoirs. C’est alors la société du spectacle qui infuse ici ses manies et son vocabulaire, ses coups de cœur et son aphasique grandiloquence. Pourtant l’école a un devoir exactement inverse : celui de résister à la puissance de l’opinion, de délivrer les jeunes des subordinations culturelles du moment, des idéologies girouettes ou des médiatisations dominantes. Ennemie du préjugé, de la mode, de l’inconstance événementielle, des versatiles sondages liés aux audiences ou à la popularité, l’école, loin d’épouser toutes les causes emphatiques et tous les prêchi-prêcha du moment, devrait faire sienne la devise de Mérimée : "souviens-toi de te méfier". Car c’est moins la liberté d’opinion qui est ici menacée que l’aptitude à penser. Pour former des esprits libres et aptes à la critique, il convient auparavant de les mettre à distance de ce qu’ils perçoivent et reçoivent, de les protéger des purs impératifs d’un jour, de l’arbitraire et du relatif. Ils apprendront ainsi à gérer leur futur statut de personne juridiquement libre, civiquement responsable, moralement structurée. Ils sauront qu’une vraie tolérance suppose d’abord une difficile adaptation à l’inconnu, à l’incompris, à l’autre, et non une adhésion dogmatique à l’amour universel. Face au culte de la sensation et de l’émotion, l’enseignement est un contre-pouvoir. Certes, il rappelle l’interdépendance des êtres, dans le présent comme dans la chaîne des temps, mais il récuse le préjugé." 
 
Sur l'Ecole et la Culture 
 
"Dans le domaine des politiques culturelles, la vraie priorité, ce sera toujours l’enseignement artistique. Car c’est avec les jeunes que tout se joue. Si on ne leur donne pas le goût de la lecture, si on ne les rend pas curieux de ce qui est beau, si on ne les met pas en contact avec les grandes œuvres de la sensibilité et de l’esprit humain, si on ne leur transmet pas une culture commune, on les privera d’un trésor inestimable. (...) 
 
Dans cette action culturelle, l’école a beaucoup à donner aux territoires. Qu’elle soit un lieu ouvert, un lieu de ressource à l’usage de toute la population, à l’image de ce qu’est aujourd’hui une bibliothèque, un centre culturel, ou un équipement associatif. Il est dans la mission de l’école républicaine d’être une maison du citoyen, pour que n’importe lequel des citoyens puisse utiliser le CDI, les équipements, et mieux encore partager avec la communauté éducative le goût pour le savoir, l’innovation et la culture.(...) Il faut travailler à cette nouvelle donne. Les projets d’établissements, les contrats éducatifs locaux, ne sont en rien contradictoires dans leur principe avec une plus large place faite aux exigences éducatives territoriales.
 
Ce que nous voulons donc, c’est la culture à l’école et une école plus proche, plus ouverte à la population. Nous voulons lui donner toute sa dimension de chose publique, de maison républicaine, de maison de la « culture » dans toute la pluralité du mot. Voilà un beau projet pour le quinquennat ! 
  
Sur les missions de l'Ecole et les "pédagogistes" prédicateurs...
 
"L’enquête devient sans fin ni direction, ce qui fait les choux-gras des inféconds chercheurs en sciences de l’éducation. On doit ensuite se demander pourquoi l’appropriation du savoir, dès l’école, devrait privilégier la concurrence individuelle et la compétition, au détriment des formes de travail en équipes et de coopération entre les élèves ; pourquoi même le professeur devrait détenir un niveau universitaire élevé, qu’il n’a guère l’occasion de mobiliser au quotidien ; pourquoi enfin ne pas se contenter d’une formation professionnelle, initiale et continue ; ou même la réduire à des stages répétés dans les établissements « sensibles » ou dans les zones dites « prioritaires » (cruels euphémismes), pour qu’ils s’accoutument à la doctrine minimale et à l’école des pauvres. Autant dire qu’il faut tout lâcher, pour aboutir à l’inverse de ce que nous croyons être la mission de l’école. 
  
C’est au carrefour de ces inusables casse-tête que se place le discours sur la pédagogie, synthèse d’une capacité disciplinaire et d’un art de faire partager le savoir. Mais ne nous leurrons pas : le primat de la nécessaire transmission des connaissances n’est discuté que par les seconds couteaux ou par les commentateurs professionnels des officines exclusivement « pédagogistes ». La seule question qui vaille, une fois qu’on a ergoté et tournicoté autour de faux problèmes, est celle-ci : pourquoi l’armada éducative produit-elle tant d’ignorants, d’illettrés, et de jeunes dégoûtés du savoir ou infantilisés ? À quoi sert l’assemblée foisonnante et bavarde des experts, des évaluateurs, des réformateurs, des prêcheurs ou des inquisiteurs ? Car l’élève ne semble pas être mieux traité que naguère, malgré l’armée des prédicateurs : il meurt en bonne santé". 
 
L'enseignant, la classe
 
"Chacun des 1 100 000 agents de l’éducation nationale a son rôle. Mais le succès de l’ensemble repose sur le professeur dans sa classe. C’est lui seul qui constitue le point fort de notre système éducatif, la cellule de base d’où tout procède. Changez les théoriciens de la pédagogie, les sociologues de tout acabit, les commentateurs avisés, les illisibles docimologues, les professionnels du cours théorique, les énarques de l’administration centrale, les pondeurs de circulaires, les harceleurs textuels, les ministres de passage : vous ne toucherez pas l’essentiel. Installez un mauvais professeur dans une classe : tout s’écroule. D’ailleurs les utilisateurs de l’école ne s’y trompent pas : la qualité des maîtres est généralement reconnue. Mais, dans un monde où les résultats mesurables et comptables dominent de plus en plus la représentation sociale, cette image favorable n’est pas acquise une fois pour toute. Il suffit de se rappeler la facilité avec laquelle Claude Allègre avait construit sa notoriété sur la dénonciation du « professeur fainéant et/ou absent ». Ségolène Royal véhicule encore le même insultant préjugé, en invitant les enseignants à « faire leurs 35 heures »." 
 
Professeurs : respect et respiration...
  
"La question centrale qui se pose est celle-ci : comment replacer, mieux qu’aujourd’hui, la relation enseignant/enseigné dans une dynamique de confiance et de succès, donc comment revaloriser matériellement et moralement la fonction enseignante ? Les professeurs ont besoin de respect et de respiration. Pour des raisons démographiques, la moitié des professeurs devra être remplacée dans les dix années qui viennent. L’attente de ces nouvelles générations fait que l’Etat doit être en mesure de leur proposer plus d’ouverture dans leurs perspectives professionnelles. Il est souhaitable de leur offrir par contrat la possibilité de passer une année complète en dehors de leur établissement, de voyager, d’échanger. Une formation universitaire en France ou à l’étranger, un travail dans une collectivité locale, une entreprise, une association, une organisation internationale etc. peuvent constituer dans une carrière un élément important de consolidation ou de nouvelle orientation." 
  
Salaires
  
"La politique quantitative a atteint ses limites : ni l’économie ni la démographie de notre pays ne demandent d’augmenter le nombre de professeurs. Le recrutement nécessaire au remplacement des départs massifs en retraite sera d’ailleurs difficile. Mais il ne faut plus éluder la question des salaires : est-il normal qu’un professeur certifié, qui a passé un concours de bon niveau scientifique avec une chance sur 10 ou 20 d’y être admis, commence avec un salaire qui équivaut à 1,3 Smic ? Je ne le crois pas." 
  
Carte scolaire
 
« Nous savons tous que le système de la carte scolaire ne fonctionne plus. Conçue comme un outil de mixité sociale lors de sa création, elle produit aujourd’hui les conditions de la ségrégation sociale. 
 
Il n’y a de sectorisation que pour ceux qui ne savent pas comment on peut la contourner. Les stratégies d’évitement se raffinent d’année en année. L’achat immobilier, le choix des options, ou l’inscription dans un établissement privé par exemple sont des moyens qui ne peuvent être déployés que par les familles aisées ou diplômées. 
 
(...) Il faut remplacer la carte scolaire par une multitude de solutions adaptées aux besoins locaux. Car le problème de l’évitement ne se pose pas de la même façon dans une petite ville ou à Paris. A Périgueux, ville où je suis maire, la carte scolaire n’est pas un problème. Je pourrais même m’en passer car les demandes s’autorégulent. Ce n’est pas le cas dans les grandes villes.
  
Aujourd’hui, la carte scolaire n’offre pas de seconde chance aux parents, soit ils doivent la contourner, soit si ça ne marche pas ils partent vers des établissements privés. Il faut casser de façon radicale cette illusion de règle générale. »
 
dimanche 20 mai 2007
 
Carte scolaire: Xavier Darcos espère un nouveau système dès la rentrée 2008

 

PARIS (AP) - Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a affirmé dimanche qu'il espérait "peut-être dès la rentrée 2008" avoir un nouveau système concernant la carte scolaire, sujet largement évoqué pendant la campagne électorale.

"Il faudrait que nous puissions assouplir dès la rentrée prochaine (...) de l'ordre de 10 ou 20% des affectations qui sont concernés par cette carte pour montrer notre bonne volonté", a-t-il expliqué sur France Info, en notant qu'à moyen terme, il faudrait "supprimer" la carte scolaire.

Pour le ministre, "la carte scolaire, ce n'est pas en soi, dans son principe, une mauvaise décision, sauf que ça ne marche plus. Ne subissent la carte scolaire que ceux qui n'ont pas les moyens d'y échapper, ceux qui n'ont pas des parents qui connaissent les systèmes ou qui ont beaucoup d'argent. Donc c'est un système très injuste".

"Ce seront les établissements scolaires qui veilleront à la diversification sociale et géographique de leurs effectifs par des dispositifs nouveaux qui seront beaucoup plus justes", a-t-il ajouté.

 

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