Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 11:10

Première évaluation des ministres...

"Près de quatre mois ont passé depuis son accession au pouvoir et Nicolas Sarkozy est peut-être en train de se confronter à la réalité d'un pouvoir qu'il a voulu entièrement concentré entre ses mains: "Le président fait tout, et le gouvernement fait le reste", pourrait-on dire, plagiant Renaud Muselier quand il était le secrétaire d'Etat de Villepin, ministre des Affaires étrangères. L'agenda du Premier ministre n'affiche ainsi pour la semaine à venir que des activités lundi - deux rendez-vous dont un avec Oliver Stirn - et mardi, essentiellement des entretiens avec ses ministres. "Il savait ce qu'il faisait en acceptant Matignon", rappelle certains zélateurs de Sarkozy, même si François Fillon, amer, a réfuté, "en tant qu'élu", le qualificatif de collaborateur dont l'avait affublé le président lui-même...

Souvent traités de nuls, avec une mention spéciale pour MAM

Et certains, comme ce ministre de parler "d'une ambiance de merde". D'autres, parmi les conseillers, de rapporter que selon l'humeur du jour, le chef de l'Etat serait prêt à virer la moitié de son gouvernement, brandissant la menace d'un remaniement en janvier, avant les municipales, ce que les troisièmes démentent. Pourtant au passage en revue des ministres, peu sont couverts de louanges. Ceux de l'ouverture sont jugés les plus loyaux et les plus compétents. Xavier Darcos à l'Education est unanimement jugé excellent, les secrétaires d'Etat Christian Estrosi, Alain Marleix, Roger Karoutchi sont loués pour leur fidélité, Luc Chatel est fort apprécié. Quant aux autres, ils sont souvent traités de nuls, avec une mention spéciale pour Michèle Alliot-Marie que le président serait satisfait de voir partir au plus vite. Seule Rachida Dati, malgré ses démêlées de plus en plus voyantes avec les magistrats, jouit toujours de l'impunité présidentielle. "Le président en a fait un symbole, il ne peut que la protéger et la soutenir", analyse un proche. Un autre résume la situation au sommet du pouvoir: "Il n'est pas content de ses ministres, il n'est content que de lui-même." Sera-ce suffisant pour contenter les Français ?"
(Florence MURACCIOLE - Le Journal du Dimanche - 09/09/07)

Xavier Darcos est crédité d'avoir su gérer la rentrée scolaire, avec calme, franchise et loyauté...

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article
10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 08:56

« Il nous faut peut-être faire une forme d’aggiornamento sur la manière de nous poser dans le débat éducatif », a déclaré Philippe Meirieu lors du congrès du SNUipp-FSU.

 

L’aggiornamento prôné par l’ancien directeur de l’IUFM de Lyon devrait passer par une « révision » du discours sur le « niveau » des élèves.

 

Selon lui, les récents travaux de Daniel Manesse et Danièle Cogis montrent, par exemple, que le niveau en orthographe des élèves comme des adultes baisse depuis une vingtaine d’années. « Notre rapport à la norme grammaticale baisse », résume-t-il. Cependant, cette baisse n’est pas univoque.

 

Philippe Meirieu souligne aussi que le niveau culturel augmente. Le chercheur estime que ce n’est pas tant le niveau des élèves qui baisse que leur niveau d’attention : « Ils ne tiennent pas en classe ! Nous avons des élèves dont la capacité d’attention est diminuée de moitié par rapport à celle d’il y a 50 ans […]. Ce n’est pas à cause de mai 1968, mais parce qu’ils sont fatigués, qu’ils reçoivent une multitude de stimuli et une surcharge d’informations », explique-t-il.

 

 

Ceci dit,  Philippe Meirieu, grand pape du « pédagogisme », tête pensante du SNUipp en la matière, ne s’exonère en rien des erreurs d’analyse qu’il a pu faire et des dégâts commis au nom de ses thèses auprès de générations d’élèves.

 

Dommage qu'il lui ait fallu tant d'années pour admettre ce que nombre d’enseignants dénoncent depuis si longtemps. Mieux vaut tard que jamais… D’ailleurs, le « Grand Homme » continue d’avoir son heure de gloire puisque l’on vient d’inaugurer, ce samedi 8 septembre, la première école Philippe Meirieu à Plougoumelen, une commune de 2400 habitants, située dans le Morbihan, entre Vannes et Lorient.

 

 

                                                  

On se met, du coup, à rêver à l’aggiornamento que pourraient faire le SE-Unsa et le SNUipp sur la manière de considérer la fonction de directeur. On rêve d’entendre Gilles Moindrot et Luc Bérille, lors de leurs congrès, annoncer une « révision » de l’immobilisme dont ils font preuve sur ce sujet…

 

                                                     Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article
7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 08:52

Suite à la publication du rapport du HCE sur l'école primaire, le SNUipp a immédiatement "réagi" et réclamé d'être reçu par le ministre de l'Education nationale. Sitôt demandé, sitôt accepté. Le SNUipp allait jouer les gros bras et venger l'honneur bafoué des enseignants mis à mal dans le fameux rapport...

Une délégation de la FSU a été reçue le jeudi 6 septembre par le ministre. Au cours de cette audience, tous les sujets ont été abordés. Aucune réponse n'a été fournie. Et surtout pas concernant le dossier de la direction d'école.

 

Compte rendu de cette réunion

Composition de la délégation FSU : Gérard Aschieri, Gilles Moindrot (Snuipp), Fredérique Rollet (Snes), Arlette Lemaire (Snasub), Jean Lafontan (Snep), Jean Fabbri (Snesup), Jean-Claude Duchamp (Snuep)

Le Ministre de l’Education Nationale a introduit la réunion. Il a fait part de sa « volonté de respecter les personnels, de les considérer, de les revaloriser, de mieux accompagner et de trouver, au delà des désaccords, des ambitions partagées ». Il a annoncé la mise en chantier d’un livre blanc à échéance d’octobre sur le métier d’enseignant. Il procèdera la semaine prochaine à des annonces précises (particulièrement sur le décret de 1950) après avoir rencontré l’ensemble des syndicats.

La FSU a affirmé la nécessité d’un véritable dialogue qui ne se limite pas à des consultations et ensuite à des décisions unilatérales.

Elle a demandé notamment :
- de prendre des mesures qui rétablissent la confiance des personnels et des parents : rétablissement dès la rentrée des moyens supprimés et la création des postes nécessaires (premier degré, assistants sociaux, personnels administratifs ...), abrogation des décrets de 50, annulation des sanctions prononcées à l’encontre des directeurs d’école, méthodes.
- d’ouvrir des discussions sur des dossiers comme l’intégration des IUFM, la précarité et les ZEP, ...
- d’entendre nos positions sur des sujets source de conflits : carte scolaire, service minimum...

Si au final tous ces sujets ont été abordés, le Ministre ne s’est engagé concrètement sur quasiment rien et il est apparu très vite que la question des moyens et des postes ne recevrait pas de réponse positive :
- rentrée scolaire : aucun moyen supplémentaire n’est envisagé.
- décret de 50 dans le second degré : une annonce sera faite la semaine prochaine qui annulera une partie du dispositif mais conservera certains points du décret.
- Apprentissage : le Ministre a rappelé que pour lui la scolarité obligatoire allait jusqu’à 16 ans et qu’il considérait que l’Education Nationale devait l’assumer et qu’il était hostile à l’apprentissage à 14 ans.
- reconnaissance professionnelle : le Ministre s’est démarqué de la polémique sur la lecture et a affirmé qu’il n’imposerait pas de méthodes. Il a dit qu’il ferait sur ces questions des déclarations apaisantes.
- Direction d’école : pas de réponses sur les sanctions, possibilité éventuelle de rouvrir le dossier Direction.
- EVS : l’aide aux enfants en situation de handicap ne sera pas diminuée. Le Ministre renvoie les décisions sur ce dossier qui dépend de décisions interministérielles à la fin juin…
- Service minimum : le Ministre a confirmé que l’Education Nationale était concerné en affirmant que le droit de grève des enseignants ne serait pas mis en cause, qu’il pensait que dans de nombreuses municipalités, un accueil était organisé et qu’il mènerait une étude juridique poussée.
- Carte scolaire : le but, pour lui est d’améliorer la mixité scolaire en utilisant des critères objectifs. Ceux-ci n’ont pas été détaillés : par exemple comment se mettrait en place l’assouplissement de la carte scolaire qui toucherait environ 20% des élèves dès la rentrée ?
- ZEP : le Ministre s’est voulu rassurant en affirmant qu’il ne souhaitait pas remettre en cause ce qui marche mais en développant les initiatives partant de « L’établissement ».

 

Bilan de cette entrevue : RIEN, rien de chez rien...

 

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
commenter cet article
5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 13:57

Chacun y va de son petit couplet sur la direction d'école. Le sujet est porteur... En 2006, avec la signature du protocole, ministère et SE-Unsa croyaient avoir réglé le problème pour de longues années. C'était sans compter sur la réaction des directeurs et le résultat de la consultation IFOP organisée par le GDID avec le résultat que l'on sait : 93 % des directeurs favorables à un statut !

Le SNUipp a donc saisi la balle au bond pour contrer son adversaire préféré et tenter de le marginaliser tout en essayant d'apparaître comme le défenseur de "la profession"... Avec le succès que l'on sait puisque, pour la première fois, des retenues sur salaire pour "service non fait" ont été appliquées aux directeurs ayant suivi les consignes de "blocage administratif" du SNUipp !

Conscient du malaise, le SNUipp poursuit son "combat" teinté d'une certaine ambiguïté puisqu'il évoque dans le même temps "le conseil des maîtres décisionnaire"... Des "Etats Généraux de la direction et du fonctionnement de l'école", selon la formule consacrée seront donc prochainement organisés par le SNUipp.

Le Haut Conseil à l'Education (HCE) vient de rendre public un rapport extrêmement sévère sur l'efficacité de l'école primaire dans lequel il met en lumière la difficulté de diriger une école et demande "d'ouvrir le débat sur la fonction de directeur d'école".

C'est également le moment que choisit le SGEN-CFDT pour évoquer le problème de la "démocratie et du fonctionnement de l'école".

"L’exercice solitaire de la direction conduit à une déresponsabilisation des adjoints et à des dérives qui ne laissent que peu de pouvoir réel au conseil des maîtres. Les directeurs sont exaspérés : on ne les prend pas au sérieux ; méprisés par les gouvernements successifs, ils éprouvent un véritable ras-le-bol face à des tâches toujours croissantes qui les submergent et qui sont si peu reconnues… La mise en place cette année des contrats d’avenir, sans formation préalable, n’a pas apporté l’aide professionnelle dont l’école avait besoin. Il est urgent de redéfinir les missions du directeur d’école, acteur central pour un renouvellement de nos pratiques collectives.

 

Le débat est vif au sein de nos syndicats. Les approches et les réalités sur le terrain entre les départements sont variées. Dans les départements très urbanisés comme les Hauts-de-Seine où la majorité des directeurs sont déchargés (plus de 13 classes, parfois 16 ou 17), une structuration différente semblerait répondre à l’attente de nos collègues.

 

En revanche elle ne semble pas convenir à la réalité de départements avec de plus petites écoles et des secteurs ruraux (l’Essonne par exemple) où très peu de directeurs ont une décharge complète.

 

La majorité n’ayant qu’une journée, voire deux, pour toutes les tâches qui leur incombent. Pour ceux-là, c’est avant tout le temps qui manque pour gérer la vie de l’école au quotidien, animer l’équipe, être le relais pédagogique, le référent dans les relations école/famille, la gestion des équipes éducatives et les relations avec les autres partenaires de l’école… Avec un quart ou une demi-décharge tous disent leur mal-être et le sentiment de ne rien mener correctement, faute de temps.

 

Il n’en reste pas moins que la gestion hors les murs de l’école a progressivement entraîné les personnels chargés de la direction à chercher en vain leur place dans une école « moderne » (mais qui reste sur le modèle Jules Ferry), dans un improbable espace entre IEN (inspecteur de l’Éducation nationale), enseignants et municipalité.

 

L’expérimentation des Épep (établissement primaire d’enseignement public) de l’ancienne administration De Robien ne répond en rien aux changements attendus. Si des dispositifs de mutualisation sont sans doute nécessaires, l’ajout de structures qui se superposent aux anciennes n’est pas une solution. Transférer les missions des conseils des maîtres et du conseil d’école vers un conseil d’administration où les élus locaux auraient une majorité absolue sur les choix pédagogiques et la répartition des moyens est inacceptable pour le Sgen-CFDT.

 

Nous ne prétendons pas avoir une solution toute ficelée à apporter mais ne serait-il pas temps de mettre les acteurs de l’école en situation de responsabilité en les associant aux décisions qui concernent leur site en créant des espaces de négociation.

 

Le projet d‘école deviendrait un contrat d’école, donnant aux acteurs les moyens d’anticiper de décider pour l’école. Faire en sorte que l’école soit gérée au plus près par une instance démocratique plus pertinente, plus opérationnelle et qui mettrait fin à la gestion à distance déconnectée de la réalité est une des pistes de travail de notre fédération pour sortir le dossier de la direction de l’école de l’impasse.

 

Lors de notre dernier congrès fédéral à Lille en mai 2007, le syndicat Sgen-CFDT de l’Isère ouvrait le débat en proposant le vote d’un amendement dans lequel le statut d’un EPLE (établissement public local d’enseignement) premier degré serait une piste de travail pour sortir de l’immobilisme.

 

Rejeté d’une courte majorité par 43 % des voix contre l’amendement et 40 % pour, les syndicats  s’opposant à cet amendement excluent le recours à un conseil d’administration à l’image des établissements du second degré.

 

Mais avec un vote aussi partagé, les délégations des Sgen-CFDT donnent un signal à notre conseil fédéral pour redessiner d’urgence un projet de fonctionnement pour nos écoles. Des pistes existent, réseaux fonctionnels de plusieurs petites écoles, regroupement dans une même structure de plusieurs écoles avec un collège dans un même bassin d’éducation. Dans ce projet, il faut préserver :

 

la proximité du directeur avec les familles ;

 

du temps supplémentaire de décharge et une aide professionnelle à la gestion administrative ;
une instance démocratique où peuvent siéger les différents partenaires de l’école".

 

                                               

Que retient-on de ce long texte du Sgen-CFDT ? D'abord qu'il est un bel exemple de langue de bois ("la gestion hors les murs de l’école a progressivement entraîné les personnels chargés de la direction à chercher en vain leur place dans une école « moderne »)...

 

Chacun peut y trouver ce qu'il y cherche. Les tenants d'une évolution de la direction et d'une véritable reconnaissance de la fonction seront servis ("Il est urgent de redéfinir les missions du directeur d’école, acteur central pour un renouvellement de nos pratiques collectives"). Tout le premier paragraphe dresse un constat sévère de la situation... ("Les directeurs sont exaspérés : on ne les prend pas au sérieux ; méprisés par les gouvernements successifs, ils éprouvent un véritable ras-le-bol face à des tâches toujours croissantes qui les submergent et qui sont si peu reconnues…").

 

Les partisans d'une gestion plus "démocratique" (comprenez collective) y trouveront motifs de satisfaction ("L’exercice solitaire de la direction conduit à une déresponsabilisation des adjoints et à des dérives qui ne laissent que peu de pouvoir réel au conseil des maîtres").

 

Bref, "Opération de communication", "propos contradictoires", "pas à la hauteur des défis", pour reprendre les termes employés par les syndicats après lecture de la lettre envoyée aux enseignants par le président de la République.

 

 

A noter : Xavier Darcos présentera fin octobre un projet pour l'école primaire - PARIS (Reuters)

 

"Il faut à nouveau un grand projet pour l'école primaire. Je l'annoncerai d'ici la fin du mois d'octobre", a déclaré le ministre de l'Education nationale sur LCI.

Xavier Darcos a notamment l'intention de mettre en place, en fin de CM2, "un dispositif de vérification, de remédiation" sous forme de petits groupes de travail "pour faire en sorte que tous les élèves qui rentrent en sixième ne soient pas (en) difficulté".

Selon un rapport remis le 27 août au président Nicolas Sarkozy, quatre élèves sur dix sortent de l'école primaire avec de graves lacunes et 15% sont en grande difficulté.

Autre constat des experts dans ce document : l'école primaire n'aide pas à gommer les inégalités de départ entre les enfants et "semble s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances".

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
commenter cet article
4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 14:25

Dès la parution du rapport du HCE sur l'école primaire, les principaux syndicats ont multiplié les déclarations sur le contenu de ce texte. Le rapport du Haut Conseil de l’Education (HCE) dresse, en effet, un constat sévère du fonctionnement de l’école primaire française.

Ainsi, le SE-Unsa ne manque pas de pointer les contradictions entre le constat du HCE et la politique du gouvernement.

"Si le SE-UNSA partage nombre de ses analyses, il constate cependant que la rigueur scientifique n’est pas toujours au rendez-vous.

Les éléments chiffrés et leurs sources manquent souvent à l’appui des affirmations, tandis que certaines reposent sur des statistiques datant de près de dix ans. Les taux d’encadrement dans le primaire sont ainsi présentés comme en constante amélioration… alors qu’ils ne cessent de se détériorer depuis 2001 ! De même, le rapport mélange parfois constats et jugements de valeur, voire procès d’intention.

Il n’en reste pas moins qu’en mettant en avant la proportion de 15 % d’élèves sortant de l’école primaire sans maîtriser les compétences de base, le HCE ne fait que rappeler un état de fait connu depuis plusieurs années.

Redoublements contreproductifs, mise en œuvre partielle du fonctionnement en cycles, pratique insuffisante de l’évaluation, formations initiale et continue défaillantes, sous-estimation de l’importance et de la spécificité pédagogique de l’école maternelle : le HCE pointe des causes. Pour le SE-UNSA, cette identification est d’autant plus pertinente qu’il n’a lui-même cessé d’attirer l’attention des autorités publiques sur ces sujets depuis des années.

L’écart entre ce constat alarmiste et les politiques gouvernementales est donc particulièrement accusateur. Les orientations budgétaires annoncées par le ministre Xavier Darcos pour 2008 n’en sont que plus consternantes". 

Pour le SNUipp, "ce rapport est décevant : il est uniquement composé d’extraits de textes antérieurs déjà connus et publiés. Il n’apporte véritablement aucune idée nouvelle. On serait en droit d’attendre beaucoup mieux du travail d’un Haut Conseil.

 

Le rapport se borne à énumérer des points négatifs et ne trouve à l’école élémentaire et maternelle aucun point d’appui pour aller vers une réussite de tous les élèves.

 

Si l’école connaît des insuffisances réelles et peine à faire réussir tous les élèves ce n’est pas ce texte qui peut constituer un outil utile pour tracer des pistes pour transformer l’école".

 

Cependant, il est un thème abordé dans ce rapport qui n'a fait l'objet d'aucun commentaire de ces syndicats si prompts à dénoncer les contre-vérités : le rôle du directeur d'école et son statut !

Etonnant, tout de même ce silence assourdissant du SE-Unsa et du SNUipp ! Partageraient-ils les conclusions du HCE qui déclare que "même s'il s'agit d'un sujet sensible, le débat sur la fonction de directeur d'école primaire, dotée de compétences explicites, ne devrait plus être éludé" ?

Manifestement, ce silence traduit une gêne incontestable dans les appareils syndicaux... dont les responsables n'osent aborder directement ce "sujet sensible"...

Pourtant, des articles ou commentaires "extra-syndicaux" laissent planer de sérieux doutes sur le mutisme étrange des centrales syndicales.

Analyse de Patrick Picard du "Café Pédagogique" concernant la partie du rapport traitant du statut du directeur d'école :

"Du côté des contre-vérités, l’analyse à la serpe du rôle du directeur est un régal : globalement, tout irait mieux si le directeur d’école avait un vrai statut hiérarchique, pouvait imposer des modifications pédagogiques à ses adjoints et piloter son conseil d’administration comme un vrai patron. On se demande sur quelle étude ce genre de propos peut être étayé : chacun sait combien, dans le second degré où ces conditions sont réunies, le chef d’établissement obtient des résultats spectaculaires sur la mobilisation pédagogique de ses enseignants, unifie les pratiques au service des élèves à la dérive et met en œuvre la différenciation pédagogique…"

Mais qui est donc Patrick Picard ? Un journaliste spécialisé dans le domaine de l'éducation ? Une sommité universitaire ? Une personnalité éminente du monde éducatif ? S'appuie-t-il sur des recherches personnelles, des études reconnues, des rapports confidentiels...?

A la vérité, il faut le dire, Patrick Picard est un ancien responsable national du SNUipp, toujours membre de ce syndicat, reconverti, voilà quelques années, instituteur de base par la grâce de la rotation des mandats... 

Entre autres fonctions, il s'occupe notamment de la "rubrique primaire" du "Café Pédagogique", organe d'information et de réflexion sur l'enseignement et l'éducation (l'actualité pédagogique sur Internet).

Ainsi, le SNUipp, d'ordinaire si disert sur "la direction et le fonctionnement de l'école", ne réagirait-il pas par porte-parole officieux, paré des vertus de la presse spécialisée lorsqu'un sujet est trop sensible pour être abordé de façon abrupte au point de heurter les collègues ?

Alors, le "Café Pédagogique" serait-il le porte-voix du SNUipp au travers des analyses de Patrick Picard ? Il y va de la crédibilité de ce média dont nous n'osons croire qu'il se prête à ce jeu, fut-ce de façon involontaire. Le SNUipp partage-t-il l'analyse de son illustre adhérent ? Et plus généralement, que pense le SNUipp des conclusions du rapport du HCE sur le (non) statut du directeur d'école ?

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
commenter cet article
1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 08:37

Liste arrêtée au 12/12/2007

PC  -  1

Bocquet Alain  -  Nord

PS  -  19

Adam Patricia  -  Finistère
Boisserie Daniel  -  Haute-Vienne
Bono Maxime  -  Charente-Maritime
Darciaux Claude  -  Côte-d'Or
Emmanuelli Henri  -  Landes
Gaillard Geneviève  -  Deux-Sèvres
Glavany Jean  -  Hautes-Pyrénées
Hollande François  -  Corrèze
Imbert Françoise  -  Haute-Garonne
Jibrayel Henri  -  Bouches-du-Rhône
Kucheida Jean-Pierre  -  Pas-de-Calais
Lamy François  -  Essonne
Lignières-Cassou Martine  -  Pyrénées-Atlantiques
Mesquida Kléber  -  Hérault
Paul Christian  -  Nièvre
Peiro Germinal  -  Dordogne
Roy Patrick  -  Nord
Terrasse Pascal  -  Ardèche
Viollet Jean-Claude  -  Charente

UDF - Majorité Présidentielle  -  3

Abelin Jean-Pierre  -  Vienne
Lachaud Yvan  -  Gard
Perruchot Nicolas  -  Loir-et-Cher

UMP  -  21

Birraux Claude  -  Haute-Savoie
Blessig Emile  -  Bas-Rhin
Garrigue Daniel  -  Dordogne
Hamel Gérard  -  Eure-et-Loire
Lecou Robert  -  Hérault
Le Fur Marc  -  Côtes-d'Armor
Masdeu-Arus-Jacques  -  Yvelines
Mathis Jean-Claude  -  Aube
Mourrut Etienne  -  Gard
Nesme Jean-Marc  -  Saône-et-Loire
Perrut Bernard  -  Rhône
Philippe-Armand Martin  -  Marne
Pons Josette  -  Var
Raoult Eric  -  Seine-Saint-Denis
Remiller Jacques  -  Isère
Schreiner Bernard  -  Bas-Rhin
Tabarot Michèle  -  Alpes-Maritimes
Thomas Jean-Claude  -  Marne
Vialatte Jean-Sébastien  -  Var
Victoria René-Paul  -  Réunion
Voisin Gérard  -  Saône-et-Loire

Divers Droite  -  1

Vanneste Christian  -  Nord

Ces parlementaires ont adressé une question écrite au ministre de l'Education nationale pour manifester leur volonté de création d'un statut de directeur.

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des élus
commenter cet article
31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 17:41

S'adressant à la presse le mercredi 29 août à l'occasion de la rentrée scolaire 2007, Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, a réaffirmé les grands engagements du projet présidentiel pour le système éducatif. Des libertés et des droits nouveaux pour les parents, un meilleur accueil des élèves, une place plus grande accordée au sport et à l'éducation artistique et culturelle, une orientation plus performante, des enseignants mieux considérés et dont le métier sera prochainement redéfini, tel est l'horizon de l'année scolaire qui commence.

Nous publions de larges extraits du discours prononcé par Xavier Darcos devant la presse

"La pratique sportive, en effet, ne saurait être réservée aux quelque 10 000 jeunes sportifs de haut niveau engagés dans un parcours scolaire adapté. Pour chaque élève, elle doit être l'occasion de se confronter aux valeurs d'effort, de respect d'autrui, de dépassement de soi.

Les études dont nous disposons montrent que le temps effectif consacré à la pratique sportive à l'école primaire est inférieur d'une heure, en moyenne, à celui qui est prévu par les textes. Je veux rendre aux élèves cette heure qui leur est due et je demande aux inspecteurs de l'éducation nationale de veiller à ce que ce soit le cas.

 

La mise en place d'une véritable éducation culturelle et artistique constitue également l'une des priorités de cette rentrée. Beaucoup d'actions ont d'ores et déjà été engagées pour cette rentrée.

Mon objectif est que d'ici 5 ans, chaque école ou établissement scolaire ait établi, dans le cadre du projet d'école ou d'établissement, un partenariat suivi avec une institution culturelle. Je rendrai compte régulièrement de l'avancée de la progression de cet objectif, et je demanderai aux recteurs de prendre toutes les dispositions nécessaires à sa mise en oeuvre.

Je souhaite également que les établissements scolaires puissent disposer de ressources numériques de qualité pour assurer la diffusion des grandes œuvres de notre patrimoine artistique et culturel.

 

La transmission des savoirs fondamentaux reste plus que jamais l'objectif prioritaire du système scolaire. Elle repose sur la mise en œuvre du socle des connaissances et des compétences fondamentales créé par la loi d'orientation et de programmation pour l'école du 23 avril 2005.

Pour cette année scolaire, la prise en compte effective du socle par les enseignants reposera sur trois grandes orientations de travail :

L'adaptation des programmes de la scolarité obligatoire aux exigences du socle sera poursuivie. Une première adaptation a été réalisée pour les programmes de l'école primaire (avril 2007).

Je souhaite, ensuite, continuer la réflexion sur la certification des paliers du socle situés en classe de C.E.1, C.M.2, 6ème, 3ème. Des grilles de références pour évaluer l'acquisition des connaissances et compétences du socle commun seront mises à la disposition des enseignants à titre expérimental.

Enfin, j'entends généraliser la mise en place des programmes personnalisés de réussite éducative (P.P.R.E.) pour aider les élèves qui éprouvent des difficultés dans l'acquisition des compétences du socle. Au début du C.E.1 et, de façon expérimentale cette année au début du C.M.2, une évaluation diagnostique des élèves sera effectuée afin d'aider les enseignants dans la mise en place des P.P.R.E. pour les élèves les plus en difficulté.

Parce qu'elle est le lieu où se jouent souvent bien des destins, l'école primaire est la clé des succès de l'école.

C'est la raison pour laquelle elle fait souvent l'objet d'analyses passionnées, qui n'échappent pas toujours au double écueil de l'auto-satisfaction et du catastrophisme.

Je crois aussi que l'école primaire a besoin d'une nouvelle organisation pour relever les nouveaux défis qui lui sont proposés. Je propose donc d'avancer, en partenariat avec les collectivités locales, dans la constitution d'établissements publics d'enseignement primaire.

Je souhaite mener, au cours de cette année scolaire, une réflexion approfondie avec les représentants des parents d'élèves sur les moyens de renforcer la place des parents au sein des établissements scolaires.

Je ne me satisfais pas de ces élections où près d'un parent sur deux ne juge pas utile de se déplacer et je veux leur redonner des raisons le faire. Je crois notamment que les parents devraient pouvoir bénéficier d'un pouvoir de décision concernant la vie scolaire, car elle est la poursuite du cadre de vie qu'eux-mêmes s'efforcent d'apporter à leurs enfants.

Enfin, je crois que les familles doivent pouvoir compter sur la continuité du service public d'éducation.

Elles doivent pouvoir bénéficier d'un service minimum en cas de grève des personnels. Si chacun comprend bien qu'il n'est pas possible, ces jours-là, d'offrir les cours habituels, il me semble choquant en revanche que des parents doivent cesser de travailler parce que l'école n'est pas en mesure d'accueillir leurs enfants.

 

Les nouvelles missions de l'école n'empêcheront pas sa participation à l'effort de maîtrise de l'emploi public

Premier employeur de l'État, l'Education nationale ne se dérobera pas dans l'effort de non-renouvellement des fonctionnaires partant à la retraite poursuivi par l'ensemble du gouvernement.

Avec un effectif qui représente plus d'un fonctionnaire sur deux, elle y prendra part à hauteur de son importance numérique. Elle devrait donc réaliser la moitié des 22 700 non-renouvellements de postes annoncés par le Premier ministre au mois de juillet dernier, soit 11 200 postes, ce qui représente moins de 1% des emplois publics du ministère de l'Education nationale. C'est donc un objectif tout à fait réaliste et réalisable.

Ce chiffre n'est pas le fruit d'un savant calcul comptable. Il repose sur la prise en compte de trois grandes caractéristiques du ministère de l'Education nationale.

En premier lieu, la démographie scolaire laisse envisager un recul de 25 000 élèves dans le second degré, contre une évolution légèrement positive dans le premier degré. C'est donc dans le second degré que les postes d'enseignants ne seront pas renouvelés, ceux du premier degré continuant à progresser d'environ un millier.

Ensuite, la gestion du système éducatif comporte un important potentiel d'économies, comme l'ont d'ailleurs noté tous les rapports publics disponibles sur la question. Je pense, notamment, aux surnombres d'enseignants dans des disciplines qui manquent d'élèves, comme c'est le cas par exemple pour les professeurs d'allemand. Je tiens à rappeler, d'ailleurs, que le rapport de la Cour des comptes d'avril 2003 montrait que si chaque emploi actuellement payé dans l'Education nationale était effectivement travaillé, il y aurait 32.000 personnes de plus en activité, soit l'équivalent d'une académie. En ne renouvelant pas le tiers de cette académie fictive, nous avons donc encore de la marge devant nous.

Enfin, nous voulons proposer aux enseignants une nouvelle façon de travailler qui participera à l'effort de réduction de la dépense publique tout en bénéficiant à la revalorisation de leur pouvoir d'achat. Ils doivent pouvoir, lorsqu'ils le souhaitent travailler plus pour gagner plus en sollicitant davantage d'heures supplémentaires, ce qui constitue une économie de postes non négligeable.

Moins nombreux, mais mieux payés, les enseignants sont en effet nombreux à demander une revalorisation de leur condition qui s'est considérablement dégradée au cours des dernières décennies".

 Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 16:02

Le ministre Xavier Darcos a assuré vendredi 24 août, sur Europe 1 qu'il allait "s'inspirer" du rapport du Haut Conseil de l'Education. Ce rapport, on le sait, dresse un constat très sévère sur l'école primaire. Le HCE fait également des propositions pour améliorer le fonctionnement et l'efficacité de l'école.

En 1998, un rapport similaire avait déjà été rendu à Ségolène Royal. Il n'avait donné lieu à aucune suite. Comme la plupart des publications de ce type, il avait reçu les honneurs d'un enterrement de première classe. En sera-t-il de même cette fois-ci malgré les promesses ministérielles de s'en inspirer ?

Rien ne permet d'en être assuré. En effet, plusieurs faits n'incitent pas à un optimisme démesuré...

Certes, le ministre a déclaré :

"Il est toujours intéressant d'avoir un avis extérieur, c'est stimulant et nous allons nous inspirer évidemment de ce que nous dit le HCE pour faire en sorte que l'école primaire soit plus réactive, plus centrée sur les fondamentaux et surtout qu'elle se préoccupe de ceux qui sont le plus en difficulté".

MAIS, il a également rappelé que le contenu du rapport s'appuyait sur "les années antérieures à 2004" et que, "depuis, la loi Fillon a répondu à une partie des difficultés que rencontrait l'école primaire".
"Nous savions déjà ce que dit le HCE", a-t-il précisé, en référence au constat que 15% des élèves du primaire rencontrent de très grandes difficultés dans les apprentissages fondamentaux et que 25% ne sont pas en mesure de suivre au collège.
"Les enfants dont les difficultés sont repérées assez tôt ont parfois du mal à se récupérer, jusqu'à la 6ème", a-t-il confirmé, en ajoutant que "c'est un domaine sur lequel nous allons travailler".

 

Autrement dit, ce rapport, pour intéressant qu'il soit, est presque caduc puisque la loi Fillon a en partie résolu les problèmes dénoncés.

Ensuite, il faut garder à l'esprit que le président de la République a hésité jusqu'au dernier moment entre Xavier Darcos et Michel Barnier pour le poste de ministre de l'Education nationale. Nicolas Sarkozy ne faisait pas confiance à Xavier Darcos pour réformer ce ministère sachant qu'il est issu du sérail...

Enfin, il convient de noter que le ministre de l'Education nationale ne figure qu'en 9ème position protocolaire du gouvernement, ce qui ne le place pas au rang des priorités.

Si l'on ajoute qu'il devra se heurter aux syndicats dits majoritaires notamment pour ce qui concerne le statut des directeurs, il y a malheureusement à craindre que ce rapport connaisse la même destinée que ses prédécesseurs et qu'une fois encore, la montagne accouche d'une souris...

 

Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
commenter cet article
24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 22:27

Finalement révélé jeudi 23 août par des "fuites", le rapport du Haut conseil de l'éducation (HCE) consacré à l'école primaire est conforme à ce qu'en décrivaient certains de ses auteurs et destinataires : il critique les performances insuffisantes de ce maillon de la scolarité, qui englobe l'école maternelle (ou "pré-élémentaire") et l'école élémentaire. Le HCE s'exprime sans langue de bois mais sans agressivité. "Notre école primaire, peut-on lire dès l'introduction, se porte moins bien que l'opinion publique ne l'a cru longtemps. En particulier, elle ne parvient pas, malgré la conscience professionnelle de son corps enseignant, à réduire des difficultés pourtant repérées très tôt chez certains élèves et qui s'aggraveront tout au long de leur parcours scolaire".

Le rapport constate que chaque année "quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, entrent au CM2 avec de graves lacunes", que "près de 200 000 d'entre eux ont des acquis insuffisants en lecture, écriture et calcul", dont "plus de 100 000qui "n'ont pas les compétences de base dans ces domaines". Ces estimations sont par la suite reprises en pourcentages, le HCE opérant une distinction entre 60 % des élèves qui "ont des résultats acceptables ou satisfaisants", 25 % qui "ont des acquis fragiles" et 15 % qui "connaissent des difficultés sévères ou très sévères". L'école semble "s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances" et "se révèle globalement incapable de mettre en place un soutien et un rattrapage efficaces". Il est "urgent d'agir", commentent les auteurs du rapport, soulignant qu'avec la prolongation de la durée de la scolarité obligatoire et l'instauration du collège unique, "la finalité de l'école a changé".

Le problème clé est que "les chances d'accomplir une scolarité sans heurts et conduisant à une qualification réelle sont très fortement liées au niveau initial des compétences au cours préparatoire". Non seulement "le niveau à l'entrée au CP pèse très fortement sur les chances d'un cursus scolaire régulier", mais au lieu de se résorber "les difficultés identifiées dès le début de la scolarité, s'aggravent avec le temps". "Ainsi, les élèves qui sont en difficulté dès leur entrée au CP le sont toujours, dans leur quasi-totalité, par la suite". A mauvais départ, mauvaise arrivée : le HCE ajoute que "le problème s'amplifie tout au long du parcours scolaire", conduisant aussi à l'échec au collège.

Le redoublement est-il un bon moyen de résoudre ces difficultés ? Pour le HCE, la réponse est négative. Citant "deux enquêtes effectuées à plus de vingt ans d'intervalle", le rapport juge le redoublement précoce "inefficace" car les écarts de performance sont "spectaculaires" entre ceux qui redoublent le CP et les "promus de justesse" en CE1 : parfois du simple au double en faveur des seconds. De plus, "l'inefficacité du redoublement  se prolonge" plus loin dans la scolarité.

Abordant l'organisation de l'école primaire en "cycles" (cycle des apprentissages premiers  : école maternelle ; cycle des apprentissages fondamentaux  : grande section de maternelle, CP et CE1 ; cycle des appronfondissements  : CE2, CM1 et CM2), le rapport déplore qu'elle n'ait jamais été vraiment mise en œuvre. Elle "reste en général un trompe-l'œil, et les familles, dans leur grande majorité, n'ont pas conscience de son existence". Le rapport souligne que "la mise en œuvre du socle commun, si l'on veut qu'elle soit effective, exige que l'école primaire donne un véritable contenu aux cycles" et insiste sur la nécessité d'une meilleure utilisation par les enseignants des évaluations des acquis des élèves.

Concernant l'école maternelle, le HCE estime qu'"elle ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir l'école élémentaire", alors que depuis 1994 "presque tous les enfants sont scolarisés en petite section dès l'âge de trois ans". "La question de la responsabilité de l'école maternelle dans l'échec scolaire à long terme ne peut être éludée", dit le texte. "L'école maternelle est une véritable école", affirme le HCE, dont les programmes visent "certaines acquisitions cognitives" (principalement le langage oral) ainsi que "l'initiation aux règles de la vie commune ". Bien que les particularités de l'école maternelle soient affirmées dans les programmes, dans la réalité ses méthodes d'apprentissage et d'évaluation "s'alignent très souvent sur celles de l'école primaire", déplore le HCE regrettant aussi "la pression des familles pour que le petite école ressemble à la grande".

Enfin, le rapport relève une insuffisance générale en termes de "pilotage" du primaire  : il met en cause une mauvaise répartition des ressources humaines, une formation initiale et continue "inadaptée aux besoins" et une "direction d'école sans véritable statut".

Luc Cedelle (Le Monde)
 
Extraits :
 
L'organisation de l'école pénalise aujourd'hui son efficacité
 
Des écoles très dispersées
La France comptait 56 000 écoles maternelles et élémentaires à la rentrée de 2006 pour 62 000 dans les années 80. Ce réseau se caractérise par sa forte disparité et par son émiettement : 50% des écoles ont moins de 5 classes ; Il reste encore un peu plus de 7 000 écoles à classe unique, quasi exclusivement prises en charge par le service public d'éducation. <un peu moins de 3 000 écoles atteignent ou dépassent 11 classes : mons de 300 d'entre elles parviennent au seuil des 15 classes ou le dépassent. L'effectif moyen par école est d'un peu plus de 100 élèves ; il peut varier de 3 à 4 élèves pour une école à classe unique, à plus de 600 pour les plus grandes.
[...]
 
Une direction d'école sans véritable statut
La direction d'une école est assurée par un instituteur ou un professeur des écoles nommé par l'inspecteur d'académie. Le directeur peut, selon la taille de l'école, être partiellement ou totalement déchargé d'enseignement. L'institution lui confie des responsabilités croissantes, mais il reste pair parmi ses pairs, et l'on constate à chaque rentrée de nombreux refus d'exercer la responsabilité de directeur, les inspecteurs d'académie devant alors recourir à des réquisitions.
 
Les responsabilités de la direction d'école sont triples : administratives (veiller au respect de la réglementation, procéder à l'admission des élèves, définir le service de ss collègues et répartir les moyens d'enseignement...), pédagogiques (assurer la coordination entre les maîtres, réunir l'équipe éducative, veiller à la diffusion de l'information auprès des maîtres...), relationnelles (travailler avec la commune, les parents, les agents économiques, les associations et les autres services de l'Etat...).
 
Le titulaire de la fonction n'a pas l'autorité nécessaire pour assurer pleinement la direction de son école. Sur le plan pédagogique par exemple, le conseil d'école, qui définit et conduit le projet d'école, a un rôle souvent formel, faute de disposer des pouvoirs d'un conseil d'établissement ou d'administration.
 
Une grève administrative des directeurs, consécutive au débat sur leur statut, prive le système éducatif de statistiques pour l'école primaire depuis bientôt dix ans - le nombre exact des élèves du primaire n'est même pas connu - rendant son pilotage d'autant plus incertain. La durée et l'ampleur de ce mouvement constituent une anomalie sans équivalent dans la fonction publique.
 
Même s'il s'agit d'un sujet sensible, le débat sur la fonction de directeur d'école primaire, dotée de compétences explicites, ne devrait plus être éludé.
 
Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
commenter cet article
24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 15:33

La mise en cause officielle des performances du primaire n'est guère fréquente. Il y a toutefois un précédent, qui figure parmi les sources avérées du HCE : le rapport remis en 1998 à Ségolène Royal, alors ministre déléguée à l'enseignement scolaire, par l'inspecteur général Jean Ferrier.

Sur l'école élémentaire, il dénonçait notamment le "flou" des horaires d'enseignement, le défaut de pilotage des réseaux d'aides spécialisées et le caractère "embryonnaire" du travail d'équipe. Il jugeait aussi que la réputation avantageuse de l'école maternelle n'était étayée par "aucun état des lieux rigoureux" et qu'elle manquait d'objectifs précis adaptés à ce niveau de la scolarité.

Publié, ce rapport n'en a pas moins été enterré, restant sans conséquences.

 

 

Or, Jean Ferrier, aujourd'hui à la retraite, a été une des premières personnalités auditionnées par le HCE et "devrait tout à fait se retrouver dans notre texte", assure un des auteurs du rapport remis le 27 août au président de la République.

 

Il nous a semblé intéressant de relire ce qu'écrivait Jean Ferrier en 1998 à Ségolène Royal notamment à propos de la direction d'école puisque le prochain rapport du HCE fait état du "statut trop flou des directeurs d'école"...

Nous avons donc rassemblé ci-après les constats et propositions contenus dans le rapport de 1998 :

  

"Le travail en équipe au sein de l’école, dans le cadre d’un projet, et plus spécifiquement la collaboration avec des personnels spécialisés, doivent être plus efficaces. Le rôle des directeurs, animateurs de l’équipe pédagogique, doit être précisé à condition que l’on réexamine d’abord la définition de l’école, en particulier en milieu rural où le tissu scolaire, en de nombreux secteurs, a besoin d’une restructuration.

Les rencontres entre titulaires des classes et membres des réseaux à propos des enfants en difficulté sont rares. Elles devaient être organisées par les directeurs d’école ; ceux-ci n’ont, en fait, qu’un rôle assez effacé dans le dispositif global.

 

Une fonction essentielle : celle de directeur d’école

 

Par référence à ce qui se passe dans l’enseignement secondaire où le chef d’établissement a un rôle déterminant pour faire du projet d’établissement une véritable charte de fonctionnement collectif respectée et efficace, on est tenté de rapporter la faiblesse des projets d’école à l’absence d’un véritable chef d’orchestre. Le directeur d’école, qui devrait avoir ce rôle là, est aujourd’hui encore, alors que l’école s’est profondément transformée, un maître sans statut particulier; il exerce pourtant une fonction dont on reconnaît qu’elle est de plus en plus complexe. Le cadre réglementaire limite le rôle institutionnel alors que les conditions dans lesquelles les tâches sont effectuées génèrent des exigences toujours plus grandes.

 

Les charges spécifiques afférentes à la direction d’école s’ajoutent au temps d’enseignement pour plus de la moitié des directeurs ; rares sont ceux qui n’assurent plus de service d’enseignement, le temps de décharge étant fonction du nombre de classes de l’école. Quelles que soient leurs qualités et leur disponibilité, les personnes concernées ne peuvent, dans ces conditions, se consacrer vraiment à une amélioration du fonctionnement de l’équipe pédagogique au service des progrès des résultats des élèves.

 

 

Le rôle des directeurs est devenu plus ingrat parce que les parents d’élèves, dont le niveau d’études égale, voire dépasse aujourd’hui celui des maîtres, interviennent beaucoup plus que par le passé dans la vie des écoles : vigilance compréhensible puisqu’il s’agit de leurs enfants mais parfois tatillonne, récriminations, demandes d’informations, besoin de médiation avec les maîtres quand les désaccords sont patents, demandes de comptes sur tel ou tel point.

 

 

Ce rôle est aussi devenu plus complexe du fait de la décentralisation qui a induit un style nouveau de relations avec les collectivités, même si elle n’a pas bouleversé les répartitions de compétences fort anciennes pour l’enseignement primaire. Enfin, il s’est enrichi, avec la mise en place des projets d’école et des cycles et avec la multiplication des partenariats de toutes sortes, dans les zones d’éducation prioritaires tout particulièrement. Non seulement la fonction traditionnelle d’interface avec l’administration, les usagers et les collectivités exige aujourd’hui davantage de temps et d’attention, mais la tâche prioritaire doit être l’animation de l’équipe pédagogique élargie aux réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté. Et dans ce domaine, le directeur d’école ne doit sa plus ou moins grande efficacité qu’à ses qualités propres d’imagination et de conviction pour mobiliser ses collègues et à la bonne volonté que ceux-ci veulent bien mettre à entrer dans une logique de travail collectif ; les textes ne l’y aident guère.

 

Le directeur doit pouvoir être aussi un conseiller de proximité, en particulier  pour les débutants mais aussi pour tous ceux qui rencontrent des difficultés. Plus que par le passé, il doit être un fédérateur, un catalyseur et rester garant de la réalisation des projets.

 

 

Il ressort d’une enquête effectuée par l’inspection générale de l’éducation national que les directeurs situent leurs difficultés dans ce secteur pédagogique, plus précisément en matière de gestion de l’hétérogénéité des élèves, d’élaboration des projets d’école et, surtout, de conduite pédagogique de l’équipe des maîtres. C’est une tâche délicate, on l’a vu, en raison de la culture des maîtres du premier degré dont on ne peut pas ne pas tenir compte.

 

 

L’analyse établie dans le cadre de cette enquête éclaire le problème de la direction d’école en identifiant les termes d’un "quadruple paradoxe" affectant l’école :

- l’école n’existe pas juridiquement mais elle est une entité fonctionnelle reconnue : elle a un numéro d’identification, elle est une unité de gestion des emplois et des personnes, elle a des organes de concertation (conseils d’école et de maîtres) mais son absence d’identité spécifique génère des effets pervers, en particulier avec la création d’associations à des fins de gestion de fonds ;

- les directeurs d’école n’ont pas de statut et, cependant, exercent des pouvoirs non négligeables.

Ils sont attributaires de compétences ès qualité, en matière de surveillance, de sécurité, de sorties scolaires, d’agréments d’intervenants par exemple. Ils ont des responsabilités sans disposer de la légitimité ni des moyens correspondants et, dans l’impossibilité d’effectuer certains arbitrages, ils deviennent souvent les porte-parole des maîtres, faisant alliance avec eux " contre l’administration " plus qu’ils n’assument la responsabilité de l’école ;

- le directeur est recruté, sauf dans les cas de décharge totale, comme instituteur chargé d’école mais on lui demande de plus en plus d’être un directeur chargé de classe, tant les tâches administratives et les obligations relationnelles se multiplient ;

- les dispositions issues de la loi d’orientation visent à mieux prendre en compte l’identité de chaque école et pourtant aucun texte ne définit précisément en quoi consiste une école. Les écoles à une classe fédérées dans des regroupements pédagogiques intercommunaux, les écoles administrativement distinctes mais accolées sur un même site (survivance des écoles de filles et de garçons) qui sont devenues parfois des " demi écoles", chacune rassemblant les classes d’un cycle, ces entités sont toutes dénommées " école " mais ne se ressemblent pas ; en termes de projet, il ne peut pas ne pas y avoir de conséquence.

 

 

Le maillage du territoire et la définition juridique et fonctionnelle de l’école sont à revoir avant que les fonctions des directeurs soient clarifiées. Des évolutions sont absolument indispensables.

En milieu rural, des groupements de classes maintenues sur des sites différents - 8 classes au minimum - sous l’autorité d’un directeur constitueraient des unités pertinentes pour l’animation pédagogique même s’il y a un maître "chargé d’école" dans chaque site, pour assumer les urgences. Le directeur, totalement déchargé de classe, pourrait à la fois administrer l’ensemble de l’unité, animer l’équipe pédagogique et apporter un soutien aux maîtres, qu’il s’adresse aux élèves en difficulté pour pallier les défaillances des réseaux d’aides spécialisées, ou qu’il prenne en charge des groupes d’élèves dans des moments de travail différencié. Cette fonction pédagogique lui permettrait de conserver un rôle d’enseignant et favoriserait le travail avec les maîtres chargés de classe.

Outre la disponibilité nécessaire qui ne peut être trouvée que dans un temps de décharge pour tout directeur, il convient d’approfondir la formation spécifique des directeurs d’école, de l’entretenir.

Ce peut être sous forme de stages spécifiques mais aussi sous la forme d’une participation à des groupes de travail locaux organisés en fonction des problèmes réels à résoudre dans les écoles. Dans la mutualisation des expériences, dans la réflexion en commun avec des pairs, la professionnalisation serait en situation de se développer de manière moins théorique que par des stages parfois trop éloignés des réalités qu’assument les acteurs. Le plan départemental de formation continue devrait faire la part belle à des sessions regroupant les directeurs d’un secteur géographique donné ou qui s’affrontent aux mêmes types de problèmes ; c’est assez dire l’étape essentielle que constitue l’analyse des besoins dans la planification des actions de formation.

 

 

Synthèse des propositions

 

Relancer la dynamique des projets d’école.

. Rappeler leur finalité : conduire chaque élève à son niveau d’excellence.

. Demander aux inspecteurs de s’assurer que le projet permet de traiter les problèmes de l’école et qu’il met en oeuvre une continuité et une cohérence des expériences scolaires.

. Préciser les recommandations en matière d’attribution de crédits qui doivent bénéficier aux projets de qualité et non être dispersés au prorata du nombre de classes ou d’élèves.

. Donner des directives pour que la formation initiale prépare au travail en équipe et pour que la formation continue entretienne cette capacité.

 

 

Clarifier la définition de l’école et revoir la structuration du réseau scolaire, en particulier en milieu rural

. Revoir la structuration du réseau scolaire : distinguer l’école au sens administratif (la maison d’école) de l’école au sens fonctionnel : ensemble de classes qui constituent un cursus scolaire entier, maternel ou élémentaire ou global, à l’égard duquel le projet d’école a un sens.

. Fédérer les petites structures dans des unités plus larges mais cohérentes quant aux caractéristiques de la population. Faire animer ces groupements de classes par un seul directeur en milieu rural.

 

 

 

Conforter les directeurs d’école dans leurs attributions et améliorer leur situation en matière de décharges d’enseignement.

. Après clarification du statut de l’école, préciser les missions des directeurs en confortant ceux-ci dans leurs attributions en matière d’animation de l’équipe pédagogique.

. Rappeler l’importance d’une formation continue spécifique pour les directeurs.

. Améliorer les décharges en fonction de critères quantitatifs (nombre de classes et d’élèves) et qualitatif (caractéristiques de la population accueillie)". (Jean Ferrier)

 

 

                                                             Retour à la page d'accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
commenter cet article