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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 16:22

Avec une année de retard sur le calendrier établi par le ministre, les groupes de travail sur les directeurs d’école ont enfin vu le jour. En toute bonne logique, le ministère devrait prendre appui sur les nombreux rapports qui s’entassent depuis des années sur les étagères de la rue de Grenelle. Tout a été dit et écrit sur le sujet. L’école primaire souffre d’une absence de gouvernance. Chacun le reconnaît et multiplie les exemples de dysfonctionnements de l’école liés à cette absence de pilotage. De la mise en place des cycles qui n’a jamais été effective au projet d’école assimilé à une coquille vide, les causes sont parfaitement connues. L’école primaire n’a pas de statut légal, elle n’a pas de leader pédagogique, elle n’est pas dirigée par un responsable dûment reconnu…etc.

Les causes étant bien identifiées, le malaise correctement décrit, le cap du groupe de travail devrait être clair : doter l’école d’un statut d’établissement et reconnaître le métier de directeur d’école. Les discussions ne devraient porter que sur les moyens d’exercer ce métier au mieux dans l’intérêt des élèves. Quant aux négociations, elles auraient pour objet de déterminer un calendrier compatible avec les finances publiques.  

Dans les faits, rien ne se passe ainsi. Le postulat de départ consistant à doter l’école d’un statut et d’une gouvernance n’a jamais été accepté par les syndicats enseignants. Il a également été repoussé par Vincent Peillon dès sa nomination dans le gouvernement.

Dès lors, il devient difficile de changer en profondeur le fonctionnement de l’école. Les discussions ne portent que sur une reconnaissance étriquée et quelques moyens pour rendre supportables le travail et la fonction de directeur d’école.

A la différence des négociations de 2006 (signature d’un protocole), le ministre actuel envisage de redéfinir les missions du directeur d’école :

 

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Redéfinition des missions actuelles en trois rubriques

1. Animation/pilotage/impulsion pédagogique

2. Organisation du fonctionnement de l’école

3. Relation avec les parents et les partenaires/l’environnement de l’école

 

Un référentielmétier sera rédigé, déclinant, pour chacune des rubriques cidessus, les activités propres au directeur d’école, les connaissances spécifiques requises et les capacités et compétences à développer par la formation.

Ce référentielmétier sera un outil pour le recrutement et la formation, ce qui amènera à réécrire la note de service du 17 mars 1997 qui sert de référence pour la formation des directeurs d’école.  

Le recrutement : le fonctionnement des commissions départementales qui préparent les listes d’aptitude ainsi que les critères pris en compte seront précisés et harmonisés entre les départements.

 

- L’affectation : pour mieux prendre en compte l’expérience et les compétences, il s’agira :

 

o D’intégrer dans le barème du mouvement des directeurs d’école l’ancienneté dans la fonction de directeur.

o D’affecter les directeurs d’école sur la base de postes spécifiques pour les écoles les plus complexes (notamment les écoles situées dans les zones les plus difficiles), après consultation des commissions administratives paritaires départementales (CAPD).

 

- L’accompagnement de la carrière sera abordé sous plusieurs angles :

 

o Prendre en compte la mission de directeur d’école dans la carrière, ce qui passera par la définition d’un protocole d’inspection spécifique. Ainsi, une partie de l’évaluation des directeurs reposera sur l’accomplissement des activités liées à la direction. Un cadrage national sera établi.

o Valoriser l’expérience professionnelle en étudiant avec les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) la possibilité d’une validation des formations et des acquis de l’expérience de directeur d’école. Cette validation permettra d’ouvrir aux directeurs d’école des possibilités d’évolution de carrière et de mobilité.

 

Simplification des tâches

 

a – L’aide à la direction d’école

Des contrats aidés peuvent être recrutés pour l’aide administrative aux directeurs d’école et l’appui éducatif dans les écoles. (15 202 contrats aidés affectés au 18 novembre 2013)

Les tâches de ces contractuels ont été définies de la façon suivante :

 

Aide administrative

Accueil (permanence téléphonique dans l’école, accueil des parents d’élèves et des personnels communaux pendant les heures d’enseignement, prise de contact avec les familles des élèves absents).

Communication interne (aide à la gestion des courriers administratifs, saisie de documents non confidentiels, réception du courrier électronique, classement des documents, photocopies et diffusion des courriers administratifs aux enseignants).

 

Aide éducative

Aide à la surveillance de la cour, sous la responsabilité et en présence des enseignants.

Accompagnement lors de sorties scolaires.

Aide aux enseignants dans les activités pédagogiques.


b – La mise en place de protocoles de simplification

De nombreuses tâches administratives, notamment la multiplication des enquêtes, viennent alourdir le travail des directeurs d’école et les détournent ainsi de leur mission première d’animation pédagogique et d’organisation de l’école.

Le premier objectif est d’alléger ces tâches, soit en les simplifiant, soit en les supprimant. Pour cela, un travail associant les directeurs d’école doit être effectué pour permettre une mise en œuvre effective à la rentrée scolaire 2014 :

Au niveau national : des groupes de travail associant l’administration centrale et l’administration territoriale de l’éducation nationale ainsi que les organisations syndicales (comportant, dans leurs délégations, des directeurs d’école) seront mis en place pour examiner les pistes de simplification (envisager, par exemple, la suppression du registre matricule). Les préconisations retenues dans le cadre de ces groupes de travail s’imposeront ensuite sur l’ensemble du territoire.

Au niveau départemental : des groupes de travail, respectant la représentativité des comités techniques spéciaux départementaux (CTSD), seront mis en place pour élaborer un protocole visant à organiser les différentes procédures administratives. Ce protocole veillera notamment à limiter le nombre des enquêtes demandées aux directeurs d’école sur les dispositifs existants et à venir (principe d’une charte de simplification).

 

  

c – Une recherche simplifiée des textes grâce à l’élaboration d’un guide juridique

La fonction de directeur d’école est définie par le chapitre 1er du décret n°89122 du 24 février 1989. Aucun texte règlementaire n’a actualisé cette définition, en dépit des évolutions que l’école primaire a connues depuis lors.

Les missions des directeurs ont fortement évolué au fil du temps en leur donnant des responsabilités dans tous les domaines. C’est pourquoi l’élaboration d’un guide juridique constituerait un outil particulièrement utile.

Le « vademecum » issu du protocole de mesures pour les directeurs d’école du 10 mai 2006 s’avère aujourd’hui insuffisant, incomplet et, sur certains aspects, dépassé.

Pour répondre à la demande de clarification des responsabilités juridiques et pour intégrer les évolutions récentes, le « vademecum » mentionné cidessus sera actualisé et fortement enrichi. En particulier, l’importance prise par la fonction de pilotage impose de fournir aux directeurs d’écoles des références sur les principes et finalités du service public d’éducation et sur la notion de responsabilité. En outre, les directeurs d’école ont besoin de références précises sur le droit des familles et les obligations en matière de sécurité.

Un guide juridique du directeur d’école sera donc élaboré, à l’image du guide juridique du chef d'établissement, en tenant compte du fait que le directeur d'école n’a pas le statut de chef d'établissement. Il faudra, bien sûr, ajouter les thématiques spécifiques au premier degré (par exemple : les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI), le droit d'accueil…) et supprimer les rubriques qui ne sont pas pertinentes pour l’école primaire (exemple : les organes de l’établissement, la gestion…).

Une personne référente sera identifiée par le directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN) au sein du département afin d’apporter une assistance juridique de premier niveau aux directeurs d’école.

 


Amélioration des conditions d’exercice

Cette amélioration passe par l’attribution d’un temps spécifique pour exercer la mission de directeur, notamment dans les plus petites écoles qui ne bénéficient que de peu, voire pas du tout, de temps de décharge.

Il s’agit donc de concentrer l’effort sur les directeurs des plus petites écoles. Pour cela, trois axes sont retenus :

 

I. Redéfinition du volume et du périmètre de la décharge de rentrée scolaire

 

Une décharge dite de rentrée scolaire de 2 jours fractionnables est attribuée1 aux directeurs d’école ne bénéficiant pas de décharge d’enseignement, c’estàdire assurant la direction d’écoles maternelles ou élémentaires de moins de quatre classes. Elle doit être utilisée dans les quinze jours qui suivent la date de rentrée des élèves.

Afin de tenir compte de la charge que représente la rentrée mais également la fin de l’année scolaire, il est décidé :

- de porter, en 2014, le volume de la décharge de 2 à 4 jours pour tous les directeurs d’écoles de 1 à 3 classes

- d’étendre la période en début d’année scolaire pendant laquelle cette décharge est mobilisable (jusqu’aux vacances de Toussaint)

- de permettre sa mobilisation, pour partie, en fin d’année scolaire (mai à juin).

  

II. Renforcement de la décharge sur le service des activités pédagogiques complémentaires (APC)

 

Les directeurs d’école bénéficient actuellement d’un allègement ou d’une décharge sur le service de trentesix heures annuelles consacrées aux APC (conformément à la circulaire du 13 mars 2013), définis comme suit :

les directeurs d'école ne bénéficiant pas de décharge d'enseignement bénéficient d'un allègement de service de 6 heures ;

les directeurs d'école bénéficiant d'un quart de décharge d'enseignement bénéficient d’une décharge de 9 heures de service ;

les directeurs d'école bénéficiant d'une demidécharge d'enseignement bénéficient d’une décharge de 18 heures de service ;

les directeurs d'école bénéficiant d'une décharge totale d'enseignement bénéficient d’une décharge de 36 heures de service.

L’amélioration de ces décharges permettra de dégager aux directeurs d’école un temps supplémentaire pour l’exercice de leur fonction. Les APC dont le directeur est déchargé seront assurées par les autres enseignants de l’école.

 

III. Revalorisation de la part complémentaire de l’indemnité de sujétions spéciales (ISS)

 

Pour les plus petites écoles, la mesure d’allégement des APC ne peut être totale, le nombre d’enseignants restants pour effectuer ces APC étant trop faible.

C’est pourquoi, pour compenser cette impossibilité de dégager toutes les APC, une revalorisation de la part complémentaire de l’indemnité de sujétions spéciales est décidée pour les directeurs d’écoles de 1 à 3 classes (passage de 300 à 500€) et les directeurs d’écoles de 4 classes (passage de 300 à 700€). Par ailleurs, la part complémentaire de l’ISS des directeurs d’écoles de 5 à 9 classes est revalorisée de 600 à 700€.

Ainsi, les écarts entre les trois taux de la part complémentaire de l’ISS sont réduits (passage de 300, 600 et 900 à 500, 700 et 900€).

 

IV. Les perspectives 2015 et 2016 d’amélioration du régime des décharges

 

Pour prendre en compte la charge de travail des directeurs d’école et leur libérer du temps pour réaliser leurs missions de direction, plusieurs mesures, réparties dans le cadre d’un plan pluriannuel 2015 et 2016, sont retenues :

- En 2015 :

Le volume de la décharge dite de rentrée scolaire est augmenté de 4 à 10 journées fractionnables, soit une journée par mois, pour les directeurs des écoles maternelles et élémentaires de 3 classes.

Un tiers de décharge d’enseignement (cf. régime de décharge d’enseignement défini par la note de service ministérielle n°2006104 du 21 juin 20063) sera accordé aux directeurs des écoles élémentaires de 9 classes, contre un quart de décharge actuellement.

 

- En 2016 :

Le volume de la décharge dite de rentrée scolaire est augmenté de 4 à 10 journées fractionnables, soit une journée par mois, pour les directeurs des écoles maternelles et élémentaires de 2 classes.

Un tiers de décharge d’enseignement sera accordé aux directeurs des écoles maternelles et élémentaires de 8 classes, contre un quart de décharge actuellement.

 

 

Amélioration des perspectives de carrière

 

L’exercice des fonctions de directeur d’école doit faire l’objet d’une meilleure reconnaissance en termes de carrière par un accès accru aux grades d’avancement.

 

I. Accès à la hors classe

L’accès à la hors classe doit prendre en compte les parcours professionnels des promouvables, en valorisant prioritairement la direction d’école. La redéfinition des critères retenus pour établir le tableau d’avancement, qui favorisent actuellement prioritairement l’ancienneté des personnels, peut accompagner l’élévation progressive du taux des promus/promouvables (passé de 2 à 3 % au 1er septembre 2013, il atteindra 4, 5 % en 2015).

Ces critères, fixés par la note de service n° 2006078 du 11 mai 2006, sont :

- l’échelon détenu (2 points),

- la notation (coef. 1),

- l’exercice des fonctions dans une école ou un établissement relevant de l’éducation prioritaire (1 point),

- et, depuis 2008, la fonction de direction d’école (1 point).

 

Afin que la mission de directeur d’école soit partout également reconnue, le barème supplémentaire de 1 point sera effectivement appliqué dans tous les départements.

Il est rappelé que, parmi les professeurs des écoles promouvables en 2012 au 10ème et 11ème échelon, les directeurs d’école représentent 22,9 % des promouvables mais 35 % des promus. Ils représentent par ailleurs en 2013 37,3 % des professeurs des écoles hors classe.

 

 

II. Accès au grade à accès fonctionnel (GRAF)

 

Dans le cadre de la création du GRAF dans le corps des professeurs des écoles, les fonctions de directeur d’école figureront parmi celles permettant l’accès à ce nouveau grade.

Les modalités d’accès à ce nouveau grade seront précisées dans le cadre d’un groupe de travail commun aux premier et second degrés.

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Il s’agit, bien évidemment, de premières mesures déterminantes qui vont, enfin, dans le sens d’une reconnaissance du métier de directeur d’école. Mais cette reconnaissance reste timide. Timide parce que sans création d’un statut spécifique. Ni pour l’école, ni pour son directeur. D’ailleurs, le texte ministériel le rappelle : « le directeur d'école n’a pas le statut de chef d'établissement ».

 

Hormis des modalités de recrutement, de la formation initiale et continue, de la validation des acquis de l’expérience (VAE)…certaines avancées ont été actées comme l’indispensable simplification des tâches. Sur ce dernier point, il conviendra d’être particulièrement vigilant quand on sait que les « chocs de simplification » annoncés par les gouvernements successifs sont régulièrement remis à l’ordre du jour… Signe que les précédents se sont révélés inefficaces. L’on voit mal l’administration se priver de telle ou telle enquête et l’IEN renoncer à tel ou tel tableau jugé indispensable pour l’efficience de son travail…

 

Les quelques moyens alloués aux directeurs d’écoles petites ou moyennes pour améliorer les conditions d’exercice de leur fonction ne sont pas négligeables mais restent très largement insuffisants. Le relèvement de l’ISS est dérisoire puisque l’augmentation variera de 8,33 € à 33,33 € par mois dans le meilleur des cas et sera nulle pour les écoles de 10 classes et plus.  

 

Parmi les avancées les plus notoires, la création d’un grade à accès fonctionnel (GRAF) dans le corps des PE réservé à certaines fonctions (directeur d’école et conseiller pédagogique). Le grade correspond théoriquement à l'exercice de fonctions ou de responsabilités de niveau différent. Les grades de chaque corps sont contingentés et ne peuvent représenter qu'une certaine proportion maximum du corps. Il s’apparente à une sorte de « super échelon » supplémentaire réservé notamment aux directeurs d’école mais auquel n’auront accès qu’un nombre restreint d’entre eux. Ainsi, par exemple, dans le corps des administrateurs civils, le pourcentage actuellement fixé à 15% passera à 20% en 2019. C’est dire que, comme pour la hors classe, la plupart des directeurs d’école partiront en retraite sans avoir accès à ce grade.

 

Néanmoins, toutes ces propositions, pour modestes qu’elles soient, vont dans le sens d’une volonté de reconnaissance du métier de directeur d’école. Elles sont le résultat du travail acharné et continu mené depuis des années par les responsables du GDID.

C’est parce qu’elle a réussi à se faire entendre des divers ministres de l’Education nationale, des partenaires syndicaux et des différents acteurs politiques ou professionnels que l’association des directeurs est devenue incontournable. Sans son influence, ce groupe de travail n’aurait jamais vu le jour.

 

Mais, parce que certains syndicats freinent des deux pieds et que d’autres ne manifestent pas un enthousiasme débordant, parce que le ministre n’a ni la volonté ni le courage d’affronter les partenaires sociaux et parce que les finances du pays sont délabrées, la reconnaissance du métier demeure très nettement Insuffisante car aucune place n’est laissée à l’autonomie indispensable pour animer et piloter efficacement un établissement.

Certes, ces mesures amélioreront sensiblement les conditions d’exercice de certains directeurs d’école. Changeront-elles globalement et fondamentalement l’idée que se font les directeurs de leur métier ? Probablement pas.

 

A la question « les mesures prises en faveur des directeurs d’école peuvent-elles contribuer à améliorer le fonctionnement des écoles et la réussite scolaire des élèves ? », à l’évidence la réponse est NON !

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 23:50

 

Pisa : Programme international pour le suivi des élèves 

 

Derrière cet acronyme se cache le Programme international pour le suivi des acquis des élèves. Il s’agit d’une vaste enquête menée depuis l’an 2000 par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), tous les trois ans, qui compare les compétences des élèves de 15 ans (en fin de scolarité obligatoire) dans trois domaines : compréhension de l’écrit, culture mathématique, culture scientifique. Une trentaine de pays avaient participé à la première enquête en 2000. En 2012, 65 pays (des pays membres de l’OCDE et des « entités économiques » comme Shanghai, Macao, Hongkong…) ont mis en œuvre cette enquête. 510 000 élèves — soit un échantillon représentatif de quelque 28 millions de jeunes de 15 ans scolarisés — ont planché sur les épreuves Pisa. 

 

Bien avant la parution officielle de cette dernière fournée de Pisa, Vincent Peillon avait annoncé la chute des résultats de la France. Une façon de préparer les esprits des Français du bienfondé de sa réforme sur la refondation de l’école… Depuis ce matin 11 heures, tout a été dit. Les commentaires se multiplient. Les politiques de droite comme de gauche se rejettent la paternité de la catastrophe.

Plutôt que de poursuivre dans cette cacophonie, nous avons choisi de retranscrire fidèlement et intégralement le débat qui a opposé l’ancien ministre de l’Education Luc Ferry (2002-2004) à son ami le publicitaire Jacques Séguéla. Ces deux compères et complices ont l’habitude de se retrouver dans le "face à face" de Ruth Elkkrief sur BFM. Ce lundi 2 décembre, ils débattaient gentiment des résultats annoncés de l’enquête Pisa…

 

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L. Ferry : « Ce que je dis, je le répète et je le maintiens... Moi, je dis simplement, dans l’état actuel de la France, quand les familles ne font pas le boulot, quand l’éducation n’est pas là avant l’enseignement… les mots ont un sens : l’éducation c’est les parents et les enfants, l’enseignement c’est les élèves et les professeurs… ça n’est pas la même chose. Et je dis simplement, quand l’éducation n’est pas là avant l’enseignement, l’enseignement est devenu impossible.

J’ai visité des centaines d’établissements scolaires et moi je peux vous assurer aujourd’hui que dans 15% des établissements scolaires, l’enseignement ça ressemble à du domptage et pas à de l’enseignement. Un spécialiste de l’évaluation, quelqu’un qui travaillait, je ne vais pas citer son nom, un chercheur qui travaillait à la direction de l’évaluation et de la prospective me disait que si on faisait abstraction, alors je vais dire un truc pas politiquement correct, c’est pas facile, c’est compliqué à dire mais c’est vrai, si on faisait abstraction des 15% d’établissements qui sont en perdition dans des quartiers en perdition, la France serait numéro 1 dans l’enquête Pisa. Voilà. Je pense que c’est globalement vrai. Ça demande à être vérifié mais c’est globalement vrai. Je pense qu’il y a une telle disparité entre les quartiers, entre les établissements, entre les familles, la sociologie de la France est telle aujourd’hui que les résultats ne m’étonnent pas. Et moi, je maintiens, quand je vois les maîtresses d’école de mes filles, ce sont des saintes laïques. Elles font mille fois moins de fautes de Français que les politiques. Elles sont cultivées, elles sont intelligentes. Elles n’ont qu’une envie, c’est de faire réussir les enfants. Aucun programme, aussi mauvais soit-il, n’a jamais empêché un bon prof de faire un bon cours.

 

J. Séguéla – Il faut reconnaître, c’est une catastrophe. (…) Qu’est-ce qui se passe ? C’est quand même le déclin scolaire d’abord de l’Europe. Parce qu’il y a quand même 10 ans, qui était n°1 ? La Finlande. Et puis on retrouvait la France, l ‘Allemagne, l’Angleterre… Aujourd’hui, qui est le n°1 ? La Chine. Qui est le n°2 ? La Corée. Qui est le n°3 ? Taïwan. Qui est le n°4 ? Hong Kong. N°5 ? Le Japon… Et vous pensez qu’il n’y a pas un déclin ? Vous croyez qu’on peut toujours avoir la tête haute ? Non ! ça ne va pas ! Et pourquoi ça ne va pas ? Parce que le système scolaire, il est compétitif et il est rébarbatif. Moi je le vois bien avec mes deux petites jumelles qui ont 14 ans. Moi, j’ai honte. A 11 h du soir, je plis mon crayon et mon papier, je vais me coucher. Elles vont travailler jusqu’à 1 h. C’est pas possible ! J’ai une proposition à faire au ministre : que les enfants travaillent moins et que les professeurs travaillent plus. A la condition qu’ils aient le respect, qu’ils aient la reconnaissance, qu’ils aient la sécurité…

 

L. Ferry – …qu’ils soient mieux payés…

 

J. Séguéla - …et qu’ils aient la rémunération.

 

L. Ferry – Au secours… D’abord, j’ai regardé évidemment toutes les enquêtes de Pisa avant de venir. Et puis je les connais, je les connaissais par cœur. Il y en a tous les 3 ans. 2003, 2006, 2009. C’est totalement faux qu’on était bien classés avant. J’ai regardé 2003. C’est très intéressant : il n’y avait que 40 pays à l’époque et on était exactement au milieu de la classe. On était, en gros, 20ème sur 40. On n’était pas très bien classés. On était derrière la Belgique et la Suisse. Et l’Allemagne était très mal classée…

Simplement, ce que je veux dire, c’est que, quand vous regardez les pays qui sont très bien classés, c’est très étonnant en effet (…) tous les pays, mais c’est pas un hasard, c’est quoi ? C’est Hong Kong, c’est la Corée, c’est la Chine, c’est le Japon, etc. C’est-à-dire des pays dans lesquels l’éducation traditionnelle, ils n’ont pas les 35 h là-bas, l’éducation traditionnelle, le goût du travail… et la force de la famille est là. Quand vous regardez, par exemple en Suisse, plus un canton est archaïque, plus vous allez vers le Valais… meilleurs sont les résultats. C’est-à-dire quand l’éducation précède l’enseignement, ça marche. Quand l’enseignement n’est pas précédé… encore une fois… Moi, je te mets dans une classe préprofessionnelle dans le 9 cube un peu délicate, tu ressors en tutu au bout d’un quart d’heure… C’est ça la réalité des choses…

 

J. Séguéla – Moi j’ai mis 8 ans à passer mes bacs… Mais moi, je veux tacler le ministre… Quel est le problème ? C’est qu’on a besoin d’une stabilité dans l’Education. Or, chaque ministre de l’enseignement a voulu faire sa loi pour avoir son dans le dictionnaire. Ça peut pas marcher comme ça. Moi, je propose de faire un Pisa pour les ministres…

 

L. Ferry - …et moi, je propose un Pisa pour les familles. Voilà, je propose un Pisa pour les parents. Je prétends que les parents ne font plus leur boulot et que quand les parents ne font plus le boulot, les profs ne peuvent plus faire le leur. Voilà…

 

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Prochain article : les discussions sur le métier de directeur d’école

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 22:51

mentir-tromper

 

La direction générale de l’enseignement scolaire lance un groupe de travail sur l’évolution des fonctions de directeur. Les problèmes soulevés sont d’abord juridiques. Le décret de 1989 qui fonde les missions du directeur précise que celui-ci n’est qu’un enseignant parmi les autres. Un pair parmi ses pairs qui ne dispose d’aucun pouvoir hiérarchique.

Ce défaut d’autorité conduit à diminuer d’autant l’efficacité pédagogique d’une école”, constatait voilà quelques années un rapport parlementaire sur l’enseignement scolaire. Rien n’a changé depuis.

À la différence du principal de collège et du proviseur de lycée, le directeur dirige une unité pédagogique qui ne bénéficie ni d’une personnalité morale et juridique ni de la qualité de représentant de l’État et n’a aucune autonomie financière. Le directeur doit rendre des comptes à l’inspecteur de circonscription et au maire. Le rapport parlementaire pointe ce “surencadrement” qui alourdit fortement le pilotage de l’école.

Bref, ça va mal pour les directeurs. Un constat sur lequel s’accordent syndicats et politiques de droite comme de gauche.

Et maintenant, que faire ? Les solutions des uns et des autres divergent. Pour le député UMP Frédéric Reiss, spécialiste des questions scolaires, c’est une évidence : il faut faire évoluer le métier de directeur vers un “vrai statut”. “Les directeurs sont devenus des managers, il faut que cela se traduise dans les textes”, estime-t-il. Il préconise leur détachement dans le corps des personnels de direction ou dans un emploi fonctionnel. Mais attention, prévient-il : la question de la direction ne saurait être traitée indépendamment d’une réflexion plus large sur l’avenir de l’école.

 

C’est donc le moment d’ouverture du chantier de la direction d’école qu’a choisi le SNUipp pour publier les résultats de sa dernière et énième enquête sur le sujet. Intention louable pour un syndicat qui déclare vouloir défendre au mieux les intérêts des personnels. N’est-ce pas le SNUipp qui a déclaré récemment : « En tout état de cause, le SNUipp-FSU participera à ces discussions sur la direction d’école et n’esquivera aucun sujet : formation, temps de décharge, aide administrative, revalorisation. Mais loin des effets d’annonce, car il ne s’agit pas de « vendre du vent » aux directrices et aux directeurs, il mettra sur la table ses exigences et n’exclut aucune action sur un dossier en souffrance depuis trop longtemps et qui devra déboucher sur des avancées concrètes »…

 

Intention louable certes, mais intention également de biaiser le débat par une enquête tronquée à la base et qui, donc, ne peut que donner des résultats faussés.

Le SNUipp annonce 9056 réponses dont 7499 directeurs et directrices (soit 15,65 % de ces personnels) sur 47672 écoles recensées.


Cette enquête porte sur différents thèmes soumis à question par le syndicat.

 

Du temps

Disposer de davantage de temps, c’est la priorité pour l’immense majorité des personnes ayant rempli l’enquête (87,69% à placer cette question en tête des sujets proposés pour faire avancer la direction et le fonctionnement de l’école). Qu’elles évoquent une exonération des heures d’APC ou une révision des règles d’attribution des décharges, la demande est très forte, alors que la liste des tâches et des missions attachées à la direction d’école ne cesse de s’allonger.

 

Une reconnaissance salariale

Reconnaître financièrement la charge de travail, c’est la deuxième priorité mise en lumière par l’enquête (84,22%). Pour le plus grand nombre donc, reconnaître la fonction c’est aussi la revaloriser.

 

Alléger la charge de travail administratif

Troisième enseignement fort de l’enquête, la demande pressante d’un allègement du travail administratif, qui empiète par trop sur les missions d’animation de l’équipe et la vie de l’école. Plus de 82% des personnes ayant répondu à l’enquête estiment qu’il faut prioritairement réduire et simplifier cette dimension du travail qui envahit aujourd’hui leur quotidien. En tout état de cause, le « choc de simplification » administrative que demande le SNUipp devra être au menu des discussions qui vont s’ouvrir avec le ministère.

 

La clarification des missions et des responsabilités

Quatrième grande préoccupation des directeurs et directrices : une demande de clarification de leurs missions. Ils sont 75% à estimer que c’est une priorité pour améliorer leurs conditions de travail et favoriser leur rôle d’animateur de l’équipe et de la vie de l’école.

 

Recentrer nos missions sur l’animation de l’équipe et la vie de l’école

Mettre à dispositions un vadémécum actualisé, bénéficier d’une assistance juridique dans chaque département, renforcer nos missions administratives.

 

La formation

Être directeur ou directrice d’école ne s’improvise pas. Plus de 82% des directeurs estiment qu’il faudrait proposer des formations en continu après leur prise de fonction. En plus d’un référentiel de la fonction, ils souhaitent aussi à 62% que soit proposée une formation initiale avant la prise de responsabilité, ce qui n’est pas toujours et partout le cas.

 

A propos du recrutement

Les directeurs et directrices ne font pas de la forme du recrutement une question importante. Ils ne sont que 19,64% à la juger prioritaire. En revanche, ils sont très peu nombreux à considérer que la voie d’accès à la fonction doive s’effectuer par concours. 


 

Les modalités d’affectation

Les modalités d’affectation ne sont pas au cœur des préoccupations.

 

"Cela fait trop longtemps que les directeurs d'écoles bricolent et s'épuisent dans des tâches chronophages, alors qu'ils sont aussi souvent chargés d'enseignement et bénéficient rarement d'une aide administrative." Pour Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU (principal syndicat du primaire), "le seuil de tolérance est atteint".

 

Les enquêtes sur la direction et le fonctionnement de l’école sont un véritable marronnier chez le SNUipp. Chaque année en apporte une nouvelle qui ne débouche jamais sur le moindre résultat pour les directeurs. Rien ne change. Tout semble figé malgré les belles paroles de ce syndicat. 

Pourtant cette énième enquête est quelque peu différente des précédentes. Alors que le moment est venu de parler enfin de la définition du métier de directeur, le SNUipp a semble-t-il « oublié » de poser la question du statut de l’école et de son directeur…Il a même oublié de parler de "métier"...


Oubli fâcheux si l’on se rappelle qu’une précédente enquête du même syndicat laissait apparaître le problème du statut… C’est qu’en 2010, « pour 45,78% des répondants, cette reconnaissance nécessite un statut, terme qui recouvre des réalités très diverses selon les répondants (hiérarchique / non hiérarchique / enseignants ou non). A noter que de 1 à 4 classes, ils ne sont que 38,5 % à souhaiter un statut et 66,6 % pour les 13 classes et plus. »

L’enquête Direction et Fonctionnement de l’école mise en ligne sur le site du SNUipp a recueilli 9 250 réponses (83 % de directeurs et directrices). A cette époque, le SNUipp déclarait : « Direction : Entre le statut et le statu quo, il y a tout à inventer…

La question d’un statut pour les directeurs d’école est souvent évoquée. L’enquête réalisée par le SNUipp fait apparaître que cette préoccupation est d’autant plus forte que la taille de l’école est importante. Ce qui n’est sans doute pas un hasard. Derrière cette question, il y a un légitime besoin de reconnaissance de la fonction et également l’exigence de clarifier les responsabilités juridiques et administratives de celles et ceux qui exercent les fonctions de directeur d’école. »

 

Oubli fâcheux si l’on se rappelle qu’en novembre 2012, le SNUipp écrivait ceci : « Le SNUipp, s’il réfute toujours la reconnaissance statutaire du directeur, accepte l’idée d’un « statut pour le travail de direction ». Conscient de ne pas être compris par les directeurs d’école, Sébastien Sihr précise la position du SNUipp et avance une proposition : « L'école doit rester à taille humaine... les maires sont très attachés à leur école qui est un élément important du projet communal. Pas question donc d'aller dans le sens des Epep ou des regroupements… On est contre l'idée d'un supérieur hiérarchique. Mais comme il est nécessaire de reconnaître la fonction, le Snuipp propose une " certification directeur". Obtenue comme la certification formateur, elle permettrait que la fonction soit reconnue ».  

Cette idée de « certification » est alors reprise par le ministre : « La formation continue et « peut-être une certification ou une reconnaissance qui pourrait justifier un certain nombre d'évolutions indemnitaires » feront également partie des négociations ».

 

Oubli fâcheux si l’on se rappelle qu’en juin 2013, Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp déclarait « Créer un statut de responsable hiérarchique est une mauvaise réponse à une vraie question. La question c'est la reconnaissance qu'être directeur est une fonction spécifique avec un travail particulier qui nécessite une reconnaissance et une formation. »

 

Et voilà qu’en octobre 2013, cette idée même de reconnaissance institutionnelle disparaît totalement de la dernière enquête du SNUipp… alors même qu’en 2010, « pour 45,78% des répondants, cette reconnaissance nécessite un statut »… Enquête tronquée, faussée et donc sans valeur !

Il est vrai qu’en 2010, c’était une question sans risque puisqu’aucune discussion n’était ouverte sur le sujet. En 2013, c’est différent. Les discussions sont ouvertes et il serait malvenu pour le SNUipp de donner de « mauvaises idées » au ministre… Aussi, exit ces questions de reconnaissance dans l’enquête…  On se contentera d’une « reconnaissance salariale »… et d’un "vadémécum actualisé"…

 

Le SNUipp a raison sur un point : pour les directeurs d’école, « le seuil de tolérance est atteint ». Et ce syndicat ne croit pas si bien dire… En effet, le seuil de tolérance est atteint, mais c’est aussi à son égard…

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 20:34

Dans le supplément au numéro 388 de « Fenêtres sur cours » de septembre 2013 intitulé « Direction et fonctionnement de l’école » selon l’expression consacrée, le SNUipp nous rappelle que « les discussions avec le ministère sont enfin ouvertes ». Il affirme que sur les trois dossiers ouverts : missions et responsabilités, accès à la fonction et accompagnement du parcours professionnel, valorisation de la fonction, le syndicat « ne manque pas de propositions » et conclut : « De vraies mesures pour la direction d’école, Monsieur le Ministre, c’est nécessaire et tout de suite ! »

Et d’ajouter : « Après l’effet d’annonce de l’ouverture de ce chantier, la montagne ne peut pas accoucher d’une souris. Il ne s’agit pas de « vendre du vent » aux directrices et aux directeurs, et ce d’autant que reconnaître et améliorer le travail des directeurs au service du fonctionnement de l’école nécessite des engagements budgétaires en postes et en mesures catégorielles…

Sur tous ces aspects, le SNUipp-FSU sera exigeant et attend des avancées concrètes ! »

 

Voilà qui est dit avec force et conviction… Le SNUipp bombe le torse et annonce ses propositions :

« Il faut un « choc de simplification » administratif. Il y a urgence à alléger la charge de travail des directrices et directeurs d’école. Les sollicitations et injonctions multiples doivent cesser…

Une redéfinition de leurs missions et une clarification de leurs responsabilités sont également nécessaires. Les textes réglementaires doivent être revus. Des ressources juridiques au sein des départements doivent être mises à disposition des directeurs d’école. »

 

Le SNUipp nous annonce même en avant première « les pistes envisagées par le ministère »…

Production d’un référentiel métier, réactualisation d’un vadémécum du directeur, réécriture de la note de service de 1997 définissant les missions. Le ministère confirme que la direction d’école restera dans le statut actuel.

 

Le SNUipp n’aura pas besoin de taper du poing sur la table tant il semble en phase avec le ministère sur le sujet… En effet, « les pistes envisagées par le ministère » ressemblent étrangement aux propositions émises par le syndicat. Certes, il y aura bien quelques accrochages ou escarmouches lors des discussions, voire même une menace d’action syndicale… Il faut savoir tenir son rang et jouer son rôle de défenseur des directeurs… Le SNUipp ne peut pas trop montrer qu’il approuve les mesures du gouvernement, ce dernier fût-il de gauche…

 

Le ministre, quant à lui, nous a déjà livré sa réponse : il n’est pas possible d’accorder un statut aux directeurs d’école. Ce ne sont pas les deux principaux syndicats du primaire qui s’en plaindront…

 

Et l’opposition, qu’en dit-elle ? Le 12 septembre dernier, L’UMP réunissait une convention intitulée « Libérons l’école pour libérer et épanouir les talents ! » pour  faire connaitre son programme pour l'école.

 

Dans la partie 6, « Une gestion trop centralisée », l’UMP écrit :

 

« La trop grande centralisation du système éducatif est néfaste tout autant pour les élèves que pour les établissements. Si l’Etat doit garder la maîtrise des programmes et des diplômes, une certaine marge de manœuvre devrait être accordée aux chefs d’établissements et aux professeurs.

Les enseignants ne peuvent adapter qu’à la marge leurs enseignements aux spécificités des élèves qu’ils ont en face d’eux. C’est cette trop grande rigidité de notre système éducatif qui pousse à l’échec de nombreux élèves. Il est nécessaire de réintégrer une forme d’autonomie pédagogique pour les enseignants. Ce surcroît d’autonomie pourrait être consacré à des approfondissements de programme, à un aménagement différent des horaires, à des travaux en sous-groupes d’élèves...

Au niveau de la direction, il peut être bénéfique d’accorder aux chefs d’établissement des prérogatives en matière de recrutement, d’évaluation, de gestion de budget et de remplacements temporaires... Ainsi, ils pourraient recruter librement une équipe enseignante et administrative en fonction des objectifs qu’ils se seront fixés. Une fois cette autonomie accordée il devient plus aisé de comparer et de récompenser les chefs d’établissement les plus méritants. »

 

Proposition 18 : donner un statut juridique aux établissements de premier degré et à leur directeur

 

« Cette mesure consiste donc à doter l’école, actuellement dépourvue de la personnalité morale à la différence des collèges et des lycées, d’un statut juridique qui en permette une gestion pédagogique moderne et efficace. Elle permettrait de créer un véritable statut d’emploi pour les directeurs d’Etablissements Publics d’Enseignement Primaire.

Les écoles de petite taille pourraient être associées en un seul établissement, éclaté, et permettre ainsi une émulation pédagogique et une mutualisation des moyens humains, pédagogiques et financiers au bénéfice des élèves. »

 

Combien de fois n’a-t-on entendu ce discours chez différents responsables de l’UMP dans la dernière décennie ! Que n’ont-ils jamais appliqué leur programme lorsqu’ils étaient à la tête du pays ?

 

« Les promesses n'engagent que ceux qui y croient » entend-on souvent.

 

Justement, que croire ? Le texte élaboré à l’issue de la convention de l’UMP ou les propos tenus par le député Benoist Apparu considéré comme l’un des spécialistes de l’école à l’UMP ?

 

Lors de cette convention sur l’école, il est intéressant de prêter une attention particulière à l’intervention de Benoist Apparu au cours d’une table ronde consacrée à l’autonomie des établissements scolaires.

 

« Pendant que nous discutions au Parlement de la loi de refondation, sortait un rapport de la Cour des Comptes disant que les deux points les plus importants dans une refondation, c’était justement le métier d’enseignant et l’autonomie des établissements.

… Ça fait 20 ans, 30 ans ou 40 ans que, à peu près dans tous les discours, notamment chez nous, faut pas se raconter d’histoires, nous mettons le mot autonomie, sans savoir jamais défini les contours et les pourtours de cette autonomie et sans jamais l’avoir mise en place…

J’attire simplement votre attention sur un point important : nous avons en France 60 000 établissements scolaires entre le primaire 55 000 et les les collèges et les lycées, en gros 10 000 en tout.

Donner l’autonomie à 65 000 établissements scolaires, ça va pas être facile. Parce qu’avec 65 000 cadres c’est à dire chefs d’établissements du primaire, du collège, du lycée, susceptibles de gérer des pouvoirs aussi importants, c’est pas facile. On a déjà du mal à le faire avec une centaine de facs, 65 000 établissements ça va pas nous faciliter la vie.

Donc, il faut de ce point de vue là, me semble-t-il, réorganiser nos établissements scolaires, et peut-être se dire, que le principal du collège doit, en même temps, être le principal, le chef d’établissement de ses écoles primaires de recrutement pour avoir des établissements plus conséquents et pouvoir leur donner l’autonomie dont nous parlions à l’instant… »

 

Voilà les directeurs d’école prévenus !

Finalement, l’opposition rejoint le gouvernement sur un point : les directeurs d’école sont un maillon gênant dont il faudra bien se passer pour les réformes actuellement dans les cartons de l’UMP et du PS.

Cela a déjà commencé… Dans le fameux conseil école/collège qui sera présidé par l’IEN et le principal de collège, exit le directeur. Dans la fumeuse école du socle commun, quid de la place du directeur. Dans les discussions qui s’ouvrent sur la direction d’école, une seule chose est assurée : pas de statut pour les directeurs. Dans le projet de l’UMP, disparition du directeur…

 

Quelles que soient les réformes proches ou futures, actées ou programmées, si les rôles respectifs du principal de collège et de l’IEN sont bien définis, celui du directeur d’école semble réduit à la portion congrue. Nulle trace de sa reconnaissance statutaire, de son implication administrative ou de sa responsabilité dans les divers projets.

Et si le directeur d’école reste en poste, il faudra toujours un factotum de service sur le terrain pour relever le courrier, lire et transférer les mails, recevoir les familles et assurer le fonctionnement quotidien de l’école, quelle serait sa place entre le principal de collège et l’IEN ? Serait-il en permanence court-circuité par l’IEN qui se verrait attribuer le rôle de super directeur ? Quelles seraient ses attributions, ses responsabilités, ses devoirs, ses moyens ?

Il est à craindre que le nombre de postes vacants reparte rapidement et de façon vertigineuse à la hausse. Les rapporteurs de tous poils qui se penchent régulièrement sur le malaise enseignant ne risquent pas de se retrouver au chômage et de pointer à pôle emploi…

Les résultats des divers organismes européens n’ont pas fini de nous annoncer des baisses continuelles de niveau des élèves…

Sans se concerter, le gouvernement par la voix du ministre de l’Education, l’UMP par celle de Benoist Apparu et le premier syndicat enseignant du premier degré qui fait semblant de défendre les directeurs pour mieux les étouffer, se retrouvent sur la même logique de dévalorisation et de non reconnaissance du métier de directeur d’école… Tous contribuent à sa disparition.

Refondation… Vous avez dit refondation ?

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 17:14

 

Le ministère de l’Education nationale a choisi le cœur de l’été pour présenter la grande nouveauté de cette rentrée : le conseil école-collège. Le CSE a donné son avis le 10 juillet, le décret est paru au J.O. du 28 juillet et le texte a été publié au B.O.E.N. le 5 septembre.

 

Que nous apprennent ces textes ?

 

« Art. D.401-1. - Le conseil école-collège, institué par l'article L.401-4, associe un collège public et les écoles publiques de son secteur de recrutement afin de contribuer à améliorer la continuité pédagogique et éducative entre l'école et le collège.

 

« Art. D.401-2. - I. - Le conseil école-collège comprend :

« 1° le principal du collège ou son adjoint ;

« 2° l'inspecteur de l'éducation nationale chargé de la circonscription du premier degré ou le représentant qu'il désigne ;

« 3° des personnels désignés par le principal du collège sur proposition du conseil pédagogique du collège prévu à l'article L.421-5 ;

« 4° des membres du conseil des maîtres prévu à l'article D.411-7 de chacune des écoles du secteur de recrutement du collège, désignés par l'inspecteur de l'éducation nationale chargé de la circonscription du premier degré dont relève l'école, sur proposition de chacun des conseils des maîtres concernés.

« Le conseil école-collège est présidé conjointement par le principal du collège ou son adjoint et par l'inspecteur de l'éducation nationale chargé de la circonscription du premier degré ou le représentant qu'il désigne.

« Le principal du collège et l'inspecteur de l'éducation nationale chargé de la circonscription du premier degré fixent conjointement le nombre des membres du conseil école-collège en s'assurant d'une représentation égale des personnels des écoles et du collège. "

...

 

Le SNUipp a obtenu des améliorations du décret : « la désignation des membres du conseil se fera sur propositions des équipes (et pas de l’IEN...) et les conseils d’écoles devront préalablement valider les actions qui ne débuteront qu’à la rentrée 2014. »

Le SE-Unsa a obtenu « que la structure du conseil école-collège soit suffisamment souple pour s’adapter à tous les cas de figure sur le terrain. Les enseignants qui y participeront seront proposés par les conseils de maîtres et le conseil pédagogique. Ils seront à parité entre l’école et le collège et les travaux seront présidés conjointement par le principal et l’IEN. »

Les syndicats sont satisfaits… De quoi rendre heureux le ministre qui n’en espérait pas tant.

 

Si l’objectif de ce texte est louable, si l’affaire a été rondement menée, il n’en reste pas moins que ce dispositif, avec l’aval des principaux syndicats, est d’abord caractérisé par l’absence remarquée des directeurs d’école.

Est-ce un hasard ou un oubli si, ignorés des textes, non prévus dans le dispositif, les directeurs se trouvent, de facto, écartés des manettes de ce conseil. Ils sont ainsi ouvertement assimilés à l’ensemble des enseignants du primaire. Enseignant-comme-les-autres, le directeur reste pair parmi ses pairs… L’on comprend mieux le silence assourdissant du SNUipp et du SE-Unsa sur le sujet. Cette situation les arrange bien !

 

Pourquoi le ministère a-t-il ainsi « shunté » les directeurs d’école ? Evidemment, il ne s’agit nullement d’un oubli. Vincent Peillon et ses collaborateurs n’ignorent pas l’échec de la mise en place des cycles voulue par Lionel Jospin. En 2007, le HCE (Haut Conseil de l’Education) écrivait dans son rapport : « L'organisation de l'école primaire en "cycles"… n’a jamais été vraiment mise en œuvre. Elle "reste en général un trompe-l'œil, et les familles, dans leur grande majorité, n'ont pas conscience de son existence".

En juillet 2010, la mission conduite par Frédéric REISS sur le statut des écoles déclarait : « Cette politique de cycles, mise en place par la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, n’a jamais été vraiment mise en œuvre si l’on en croit de nombreux rapports ou audits réalisés ces dernières années. Certains rapports récents vont même jusqu’à attribuer cet échec de la mise en place des cycles à l’absence de pilotage des écoles primaires»

 

Pour éviter que sa réforme portant sur la refondation de l’école ne subisse le même sort, Vincent Peillon doit alors en tirer toutes les conséquences. Le temps a passé. Les rapports alarmistes se sont multipliés. Les bonnes paroles aussi. Mais, hélas, la situation des directeurs n’a pas évolué, l’école n’est toujours pas dotée d’un statut. Elle n’a donc pas de « chef » pour porter la réforme…

Le ministre ayant répété à l’envi que le statut des directeurs n’était pas à l’ordre du jour, que ce n’était d’ailleurs pas la solution et que de toute façon, le pays n’en avait pas les moyens… quelle autre solution lui restait-il, pour assurer sa réforme, que de remplacer les directeurs par l’IEN à la tête du conseil école-collège ?

 

Rappelons-nous ce que déclarait déjà Vincent Peillon, nouvellement nommé ministre, le 11 juillet 2012 : « Parmi les questions qui sont plus particulières, la question des directeurs d’école reviendra sans cesse. Il y a beaucoup d’écoles en France. Nous n’avons pas aujourd’hui la possibilité de donner ce statut. Nous allons déjà, puisque la question n’a pas été posée, il y a des réponses du gouvernement, faire en sorte que ceux qui les aident, en particulier ces fameux contrats aidés, soient renouvelés…

Après, si l’on veut évoluer, il faut évoluer dans une réflexion qui est une réflexion quand même de coordination, je sais que c’est très difficile, mais entre le collège et l’école primaire. Il faut, là, qu’il y ait quand même une réflexion qui soit poursuivie. Il y a un certain nombre d’expérimentations qui existent, je ne les arrêterai pas… et je souhaite que la loi vienne reconnaître le statut de l’expérimentation… » 

 

Connaissant l’aversion profonde des syndicats à doter les directeurs d’école d’un véritable statut de chef d’établissement, Vincent Peillon savait qu’il ne rencontrerait aucune opposition de leur part en plaçant l’IEN à la tête du conseil école-collège… Il ne s’était pas trompé.

 

Force est de constater que le ministre joue finement. Il ne fait aucun commentaire concernant la mise sur la touche des directeurs. Autant éviter toute forme de provocation inutile… Dans le même temps, il fait savoir au GDiD sa volonté « à faire de la redéfinition et de la revalorisation du statut des directrices et directeurs d'école une de ses priorités, comme en témoigne l'ouverture des négociations à ce sujet. » Et, tout naturellement, le ministre souhaite que le GDiD y prenne part. 

On a envie de répondre au ministre : « prouvez-le en faisant du directeur d’école l’égal du principal de collège dans le conseil école-collège ! »

 

Les belles promesses sans lendemain, sans cesse reportées, contredites par les faits irritent de plus en plus les directeurs d’école. En plaçant l’IEN à la tête de ce nouveau conseil, le ministre veut imposer sa réforme, sans le dire, par un fonctionnaire d’autorité qui, hélas, n’est pas un homme de terrain capable de mener une équipe. L’ignorer, c’est assurément aller vers un nouvel échec comparable à celui rencontré par Lionel Jospin et ses successeurs dans la mise en place des cycles à l’école primaire.

 

Exaspérés par l’absence de volonté d’apporter une réponse à leur souffrance, les directeurs d’école se contenteront-ils de propos encourageants et prometteurs mais qui ne se traduisent jamais dans les faits ?

« Des paroles et des actes », voilà ce qu’ils attendent de leur ministre. Mais des actes en conformité avec les paroles… On en est loin…

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 22:43

BLOG-REUNION-CE-1 

Rappelons les faits : le 24 octobre 2012, le ministre de l’Education nationale annonce l’ouverture d’un dialogue avec les associations de directeurs et les syndicats. Que dit-il, ce jour-là, devant la commission des affaires Culturelles de l’Assemblée nationale ?

« Les directeurs d’école, c’est un sujet qui mérite d’être abordé avec beaucoup de responsabilité. Sinon, d’ailleurs, je ne comprends pas ce qui fait que leur situation n’a pas évolué depuis tant de temps et en particulier dans les dix dernières années.

Je rappelle quand même que les syndicats du primaire sont eux-mêmes attachés à un statut non hiérarchique. C’est la tradition de l’école primaire française et si vous vous risquez sur ce terrain, vous serez surpris des résultats.

Deuxièmement, que la question qui se pose, c’est aussi le statut de l’établissement puisque vous savez sans doute que l’école élémentaire n’est pas un établissement public local d’éducation.

Et vous savez que lorsqu’on entre dans le débat de les rattacher à d’autres établissements, soit vous en créez, sois vous les rattachez à d’autres établissements, nous avons là des oppositions importantes.

Cela étant, il est vrai que la question des directeurs d’école doit être traitée et là, avec beaucoup de sérieux et dans un dialogue avec eux que j’ouvrirai d’ailleurs au 1er trimestre 2013. A la fois avec les associations de directeurs d’école mais aussi avec les syndicats.

Les directions qui me semblent de ce point de vue-là devoir être suivies, c’est qu’il faut… c’est la question des décharges, du temps pour accomplir mieux les missions qui sont les leurs, qui sont des missions sans cesse plus complexes, plus diverses… Certaines avancées, d’ailleurs, avaient été faites, modestes de ce point de vue-là, mais quand même précédemment. Il faut reposer cette question sur la table. L’aide, ça a été dit, pour le travail administratif et dans les bons délais.

Je vous rappelle que, dans la suppression des emplois aidés et non budgétés par le gouvernement précédent lorsque nous sommes arrivés, il y avait les accompagnements qui servent aux enfants handicapés et il y avait, évidemment, l’aide aux directeurs d’école. Elle est pour nous indiscutablement une priorité, et donc s’il manque de l’aide administrative aux directeurs d’école, ce que j’entends, nous aurons à apporter des réponses en terme directement quantitatif.

De la formation, évidemment. Les directeurs d’école sont demandeurs aujourd’hui de formation, et vous venez d’évoquer la formation continue.

Peut-être d’une certification ou d’une reconnaissance qui pourrait justifier, d’ailleurs, un certain nombre d’évolutions indemnitaires.

Ces questions sont évidemment à débattre dans le temps que j’ai indiqué et nous connaissons la difficulté des uns et des autres à assumer leurs tâches. »

 

Tout est dit : pas de statut, ni pour l’établissement, ni pour son directeur, du temps de décharge pour accomplir des missions de plus en plus complexes et diverses, une aide administrative, une formation digne de ce nom, et peut-être une certification ou une reconnaissance qui pourrait justifier un certain nombre d’évolutions indemnitaires. Tout en précisant, naturellement, que nous n’en avons pas les moyens financiers… Fermez le ban !

 

Les discussions promises au premier trimestre ont d’abord été repoussées à l’automne avant que le ministre ne se ravise pour un rapide tour de table entre le 18 et le 20 juin pour faire mieux patienter les uns et les autres jusqu’en septembre prochain.

Les deux principaux syndicats se félicitent d’avoir poussé le ministre à ouvrir les discussions. Concurrence et flatteries obligent.

 

Le SE-Unsa dresse l’état des lieux et pistes identifiées par le ministère :


Missions et responsabilités

 
Le ministère convient de l’inadaptation du décret datant de 1989. Il propose de le compléter par le biais d’une circulaire de missions ou d’un référentiel métier pour appréhender la réalité de cette fonction sous trois chapitres : animation pédagogique, organisation de l’école, relation avec les familles et collectivités.

Le ministère est bien le dernier à convenir de l’inadaptation du décret de 1989. Tous les « experts » qui se sont penchés sur le problème ne cessent de le clamer depuis des années et des années.

 

Accompagnement dans le parcours professionnel


Le ministère souhaite revoir les modalités d’inscription sur liste d’aptitude et de formation. Il pourrait préconiser un entretien pour tous, que l’on soit faisant fonction ou non, mais en précisant les attentes de cet entretien par une circulaire. Il évoque la possibilité de formation pour préparer à cet entretien. Par ailleurs, il pointe l’absence d’accompagnement des enseignants qui assurent un intérim.

 

Rien de très neuf ni très original dans ces mesures de bon sens qui peuvent être décidées et mises en œuvre dès demain sans qu’il soit nécessaire de négocier durant 3 mois…

 

Valorisation de la fonction


Le ministère déclare vouloir reconnaître le service accompli et améliorer l’attractivité de la fonction. Il liste plusieurs options différentes : quotas de promotions au choix, faciliter l’accès à la hors-classe, grade à accès fonctionnel. Il préconiserait d’ailleurs un protocole d’inspection spécifique prenant en compte la double mission  d’enseignement et de direction.

Les décharges de service sont l’autre versant de la valorisation abordée par le ministère. Il annonce que les marges d’évolution seront étroites mais soumet à la discussion : la modulation des seuils par d’autres critères (nombre de personnes, dispositifs particuliers, Rased…), l’assouplissement des décharges de rentrée, la reconnaissance de la fonction de coordonnateur dans les RPI  et la redéfinition des 108 heures pour les directeurs (APC difficilement compatibles avec la fonction de directeur).

 

Vouloir reconnaître le service accompli… Que le ministère le fasse, personne ne s’y opposera. Il devrait savoir que « le protocole d’inspection spécifique prenant en compte la double mission d’enseignement et de direction » est déjà intégré par la plupart des IEN. De même, est-il réellement indispensable de soumettre à la négociation la dispense des APC pour les directeurs ? Une simple circulaire aux recteurs suffit.

Les seules mesures susceptibles de donner matière à une forme de reconnaissance (quota de promotions au choix, accès facilité à la hors-classe, grade à accès fonctionnel, décharges…) sont, prévient le ministère, soumises aux « marges d’évolution étroites »… Autant dire qu’il ne faut pas s’attendre à des avancées fracassantes sur le plan budgétaire… 

 

Le SNUipp souligne d’emblée que « le ministère précise qu’il n’est pas question d’aller vers un statut pour les écoles et les enseignants en charge de leur direction, mais d’avancer sur les missions, l’accès à la fonction, la formation et la valorisation de la fonction. » Elément important que le SE-Unsa avait omis de rappeler dans son communiqué…

 

Les discussions devraient s’étaler de septembre à décembre prochain. On imagine nos syndicalistes faire preuve d’un courage inhumain pour ne pas céder au sommeil au cours des longues nuits de discussions acharnées… Il faut bien faire semblant de négocier durement pour montrer que chaque camp a fait preuve de responsabilité, d’opiniâtreté et a réussi à arracher une avancée pour les directeurs d’école…

 

Le Scenrac CFTC résume probablement le mieux la situation : « Arrêtons l'hypocrisie ! Les directeurs d'école veulent un statut ! »

Ce syndicat n’est-il pas dans le vrai lorsqu’il s’étonne :

« Mais quelle mouche pique actuellement certains syndicats enseignants dits majoritaires ? Pourquoi, tout à coup, ce vif intérêt concernant la fonction de directeur d’école ? Pourquoi défendre aujourd’hui les directeurs d’école, sachant que pas un seul de ces dits syndicats majoritaires n’a demandé depuis la création des missions de 1989 la révision de cet unique texte ? »

 

Il est à craindre que les « marges d’évolution étroites » imposées par l’état des finances du pays ne permettent à Vincent Peillon de masquer son absence de volonté d’apporter de réelles et efficaces solutions au problème de la direction d’école. Il espère, néanmoins, que les responsables syndicaux lui sauront gré de les avoir conviés à la table des négociations et de les avoir traités en partenaires. Quant aux syndicats, ils pourront ainsi montrer qu’ils s’intéressent aux directeurs d’école…

Nul doute que des accords interviendront à l’issue de 3 à 4 mois de « négociations » tant il semble difficile d’aller à l’encontre de mesures aussi minimales et dictées par le bon sens.

Mais ces belles « avancées » suffiront-elles à améliorer le fonctionnement de l’école ? Rien n’est moins sûr…

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 17:07

A l’approche des discussions sur les missions du directeur d’école, il est bon de se remettre en mémoire les positions des uns et des autres.

Le 24 octobre 2012, devant la Commission des Affaires Culturelles de l’Assemblée nationale, Vincent Peillon déclarait :

« Les directeurs d’école, c’est un sujet qui mérite d’être abordé avec beaucoup de responsabilité. Sinon, d’ailleurs, je ne comprends pas ce qui fait que leur situation n’a pas évolué depuis tant de temps et en particulier dans les dix dernières années.

Je rappelle quand même que les syndicats du primaire sont eux-mêmes attachés à un statut non hiérarchique. C’est la tradition de l’école primaire française et si vous vous risquez sur ce terrain, vous serez surpris des résultats.

Deuxièmement, que la question qui se pose, c’est aussi le statut de l’établissement puisque vous savez sans doute que l’école élémentaire n’est pas un établissement public local d’éducation.

Et vous savez que lorsqu’on entre dans le débat de les rattacher à d’autres établissements, soit vous en créez, sois vous les rattachez à d’autres établissements, nous avons là des oppositions importantes.

Cela étant, il est vrai que la question des directeurs d’école doit être traitée et là, avec beaucoup de sérieux et dans un dialogue avec eux que j’ouvrirai d’ailleurs au 1er trimestre 2013. A la fois avec les associations de directeurs d’école mais aussi avec les syndicats.

Les directions qui me semblent de ce point de vue-là devoir être suivies, c’est qu’il faut… c’est la question des décharges, du temps pour accomplir mieux les missions qui sont les leurs, qui sont des missions sans cesse plus complexes, plus diverses… Certaines avancées, d’ailleurs, avaient été faites, modestes de ce point de vue-là, mais quand même précédemment. Il faut reposer cette question sur la table. L’aide, ça a été dit, pour le travail administratif et dans les bons délais.

Je vous rappelle que, dans la suppression des emplois aidés et non budgétés par le gouvernement précédent lorsque nous sommes arrivés, il y avait les accompagnements qui servent aux enfants handicapés et il y avait, évidemment, l’aide aux directeurs d’école. Elle est pour nous indiscutablement une priorité, et donc s’il manque de l’aide administrative aux directeurs d’école, ce que j’entends, nous aurons à apporter des réponses en terme directement quantitatif.

De la formation, évidemment. Les directeurs d’école sont demandeurs aujourd’hui de formation, et vous venez d’évoquer la formation continue.

Peut-être d’une certification ou d’une reconnaissance qui pourrait justifier, d’ailleurs, un certain nombre d’évolutions indemnitaires.

Ces questions sont évidemment à débattre dans le temps que j’ai indiqué et nous connaissons la difficulté des uns et des autres à assumer leurs tâches. »

 

Ce jour-là, le ministre reprenait à son compte le mot « certification »… Un mot emprunté au SNUipp. C’est ce que nous expliquions dans un article intitulé « La "certification directeur" du SNUipp... un ersatz de statut ? » :

« Chacun connaît les réticences des principales centrales syndicales voire l’hostilité récemment réaffirmée du SNUipp : « Force est de constater que l'entrée par le seul statut mène vite à une impasse d'un point de vue réglementaire comme budgétaire. En quoi cela améliorerait-il le fonctionnement de l'école ? ».

Certes, s’il réfute toujours la reconnaissance statutaire du directeur, le SNUipp accepte l’idée d’un « statut pour le travail de direction ». Conscient de ne pas être compris par les directeurs d’école, Sébastien Sihr précise la position du SNUipp et avance une proposition : « L'école doit rester à taille humaine... les maires sont très attachés à leur école qui est un élément important du projet communal. Pas question donc d'aller dans le sens des Epep ou des regroupements… On est contre l'idée d'un supérieur hiérarchique. Mais comme il est nécessaire de reconnaître la fonction, le Snuipp propose une " certification directeur". Obtenue comme la certification formateur, elle permettrait que la fonction soit reconnue ». 

 

Une belle trouvaille du SNUipp pour tromper le lecteur non averti. En effet, lorsque le SNUipp évoque « la certification directeur obtenue comme la certification formateur », il induit en erreur les collègues directeurs d’école. Certes, il existe bien une « certification formateur » mais elle ne concerne en rien le « maître formateur » auquel chacun pense immédiatement. Cette certification est, en réalité, destinée à valider la qualification des formateurs pour adultes dans le cadre de la formation des Greta… Le maître formateur justifie du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur et de professeur des écoles maître formateur (CAFIPEMF). 

Si le SNUipp sait parfaitement ce dont il ne veut pas (un statut), il continue de s’interroger sur ce que pourrait être la reconnaissance qui interviendra tôt ou tard…

« La fonction spécifique de direction d’école nécessite une meilleure reconnaissance en termes de formation, de conditions de travail et de rémunération. La direction d’école nécessite une formation spécifique : des compétences administratives, pédagogiques, de relations humaines et d’animation d’équipe sont aujourd’hui nécessaires. Tout cela ne s’improvise pas et nécessite une formation.

Devons-nous aller vers une formation qualifiante type CAPA-SH ou CAFIPEMF ? »

 

Il est vrai que pour le SNUipp, le directeur n’est rien d’autre qu’un enseignant comme les autres mais remplissant une « mission spécifique »…

« Les enseignants du premier degré sont amenés à remplir des missions spécifiques ou à exercer dans des conditions particulières : direction d’école, conseillers pédagogiques, coordonnateurs pédagogiques, remplacement, enseignants spécialisés, psychologues scolaires, enseignants référents, maîtres-formateurs, enseignants en éducation prioritaire… Ces spécificités ne sont pas suffisamment reconnues. Les conditions d’exercice de ces fonctions et leurs rémunérations doivent être améliorées. »

Mettre sur un pied d’égalité les enseignants dirigeant une école et ceux assurant des remplacements, c’est nier le « métier » de directeur.

Non, assurer la direction d’une école ne peut pas être assimilé à prendre en charge une simple mission spécifique ! Diriger une école est un métier à part entière reconnu par tous les acteurs ou usagers de l’Education nationale à l’exception de quelques syndicalistes restés au stade de post-soixante-huitard attardé.

 

Le SNUipp étant, par principe, hostile à une reconnaissance statutaire des directeurs d’école, s’il est favorable à une « certification », c’est forcément que cette « certification directeur » ne lui fait pas peur. C’est donc, qu’à ses yeux, elle n’a pas valeur de statut. Ce que confirme le ministre lorsqu’il reprend à son compte cette reconnaissance possible par certification, lui qui affirme que « nous n’avons pas les moyens de donner un statut aux directeurs d’école ».

 

« Un statut n’améliorerait en rien les conditions de travail. En quoi réglerait-il les difficultés actuelles liées à l’exercice de cette fonction ? », déclare le SNUipp.

Renvoyons-lui les questions : « Comment une certification améliorerait-elle les conditions de travail davantage qu’un statut ? En quoi la certification directeur réglerait-elle les difficultés actuelles liées à l’exercice de cette fonction ? »

En revanche, ce qui est certain, c’est qu’elle figerait pendant de longues années la question d’une vraie reconnaissance statutaire des directeurs d’école. Le précédent de 2006 est encore présent dans toutes les mémoires.

A-t-on oublié que la signature du protocole, qui a permis de faibles avancées, a eu pour conséquences de geler toute évolution du dossier jusqu’à ce jour ? On comprend mieux, également, pourquoi cette proposition syndicale recueille, semble-t-il, les faveurs du ministre de l’Education nationale. En effet, il peut « offrir » aux directeurs une forme de reconnaissance de leur métier sans déplaire au principal syndicat enseignant du premier degré. La certification lui permet surtout de ne pas s’engager dans une réforme de fond trop dispendieuse qu’il ne pourrait assumer financièrement en ces temps de contrainte budgétaire.

Le simple fait que cette proposition, si elle était adoptée, ne soit contraignante ni pour le ministre ni pour le SNUipp suffit à nous convaincre qu’elle ne serait qu’un ersatz de reconnaissance.

Ne tombons pas dans le piège tendu par ce syndicat qui s’est toujours montré résolument hostile aux directeurs d’école…

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 21:57

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La confirmation par le ministère de l’annonce de l’ouverture de discussions sur les missions des directeurs d’école a entraîné un moment de flottement voire de cacophonie chez certains responsables syndicaux.


Etape 1 : Le SE-Unsa interpelle le ministre Vincent Peillon pour demander l'ouverture de négociations et n’exclut pas d'appeler à la grève à la rentrée..

 

Etape 2 : Le ministère répond à la demande du SE-Unsa en faisant porter « les discussions sur la redé­fi­ni­tion des missions des directeurs, l'aide admi­nis­tra­tive, la rému­né­ra­tion, le régime des décharges, la valo­ri­sa­tion des parcours de carrière ». Le ministre précise que "cela se fait dans le cadre normal de l'agenda social conduit par le ministère".

 

Etape 3 : Le SE-Unsa annonce "l'ouverture de négociations" le 18 juin au ministère sur la situation des directeurs d'école confrontés à une multitude de missions, Christian Chevalier, secrétaire général, "prenant acte de cette première avancée".

 

Dans le même temps, La CFTC Education publie la réponse du ministre à son président, Gérard Olivier :

 

Vous avez appelé l’attention de Monsieur Vincent PEILLON, ministre de l’éducation nationale, sur la situation et les conditions de travail des directeurs d’école.

Sensible à cette question, le ministre m’a demandé de vous répondre.

Tout d’abord et en son nom, je tiens à saluer l’investissement remarquable des directeurs d’école.

Depuis de nombreuses années, les enseignants qui assument la fonction de directeur d’école n’ont pas la reconnaissance attendue alors même qu’ils sont essentiels au bon fonctionnement de nos écoles et qu’ils apportent la sérénité et l’écoute indispensables à tous les partenaires de l’école. Ils ont le sentiment de ne pas être considérés et de se heurter à des conditions d’exercice toujours plus difficiles.

L’évolution de la fonction et des missions de directeur est donc, aujourd’hui, devenue nécessaire. L’adéquation, entre la charge d’une classe et celle de l’école, doit être revue pour mieux l’adapter aux attentes scolaires et sociales.
Aussi, je vous informe que ces questions seront abordées dans le cadre de l’agenda social qui s’ouvrira dès le mois de septembre prochain.

 

Etape 4 : le SNUipp tente de rattraper le train en marche et se raccroche au dernier wagon… Dans un communiqué bizarrement intitulé « Direction d’école : la vérité des prix », il relativise la portée de cette première rencontre…

 

« […] Un premier tour de table devrait intervenir d’ici la fin juin, sans autre précision de calendrier.

Sur le contenu de ces discussions, à ce jour, seules « les missions des directeurs » sont officiellement évoquées. Pour le reste (aide administrative, formation, revalorisation, temps de décharge...), le ministère est beaucoup plus prudent et ne souhaite prendre aucun engagement à cette heure. Et pour cause, faire avancer ces différents dossiers pourtant essentiels pour reconnaître et améliorer le travail des directeurs au service du fonctionnement de l’école nécessite des engagements budgétaires en postes ou en mesures catégorielles...non-financés à ce jour.

Des évolutions concrètes à gagner

En tout état de cause, le SNUipp-FSU participera à ces discussions sur la direction d’école et n’esquivera aucun sujet : formation, temps de décharge, aide administrative, revalorisation. Mais loin des effets d’annonce, car il ne s’agit pas de « vendre du vent » aux directrices et aux directeurs, il mettra sur la table ses exigences et n’exclut aucune action sur un dossier en souffrance depuis trop longtemps et qui devra déboucher sur des avancées concrètes »

 

L’embarras du SNUipp est manifeste. Le « café pédagogique » dont on connaît les liens avec cette organisation syndicale en traduit bien les contradictions. On y retrouve, plusieurs fois, à dessein le terme « ambiguïté ».

 

La première ambiguïté porte sur l'ouverture ou pas de "négociations". Pour Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp, "ces discussions ne sont pas une surprise car elles étaient inscrites dans l'agenda social" du ministère. Mais "le ministère acte le principe de discussion sans préciser de date et de contenu », contrairement à ce qu'affirme le Se-Unsa. Le Snuipp parle de "cacophonie" et d'un dialogue social "brouillon" d'autant que le ministère utiliserait le mot de "discussion" et non de "négociation".

Mais l'ambiguïté porte surtout sur le fond. Quelle direction veut-on ? Pour le GDID, Pierre Lombard, secrétaire général, demande "une reconnaissance du métier" estimant que le mot "statut" "génère un blocage syndical". Mais pour le GDID, le directeur doit devenir un chef de service, un leader pédagogique capable de faire passer les réformes. Pour lui c'est le statut actuel qui explique les difficultés de la mise en place des cycles ou de l'aide personnalisée. "Il faut une contrainte pour que le pilotage marche", nous dit-il, tout en ajoutant que le directeur "incarne l'équipe". P. Lombard donne en exemple le rapport du député Reiss qui demandait la mise en place de chefs d'établissement dans le primaire. C'est ce modèle qui pèse dans les représentations.

 

Pour le Snuipp, "les études montrent que les chefs d'établissement du secondaire ont les mêmes problèmes que les directeurs : manque de temps, alourdissement des tâches, responsabilités peu claires". On récuse donc l'idée d'un directeur supérieur hiérarchique au profit d'un métier appuyé sur une certification. "Créer un statut de responsable hiérarchique", nous a dit S. Sihr, "est une mauvaise réponse à une vraie question. La question c'est la reconnaissance qu'être directeur est une fonction spécifique avec un travail particulier qui nécessite une reconnaissance et une formation".
 

Des discussions pour quoi faire ?

Mais comment avoir une même définition du métier alors que la situation des écoles est très variable ? C'est là un autre aspect de la question. Sur les 48 500 écoles françaises, 5 000 n'ont qu'une seule classe, 4 000 en ont plus de 10 et 19 000 ont moins de 4 classes. Difficile de regrouper sous la même appellation des personnels gérant de petits établissements avec du personnel et des enseignants isolés dans leur classe.

La portée des "discussions" ou "négociations" reste aussi à établir. Ni au Se-Unsa, ni au Snuipp on ignore les contraintes budgétaires. L'enveloppe des mesures catégorielle est déjà totalement absorbée par la revendication d'une prime pour les professeurs des écoles. Pour le Snuipp, "le ministère se garde d'avancer sur les questions qui ont un coût comme les décharges de direction, la formation, les aides administratifs". Pour Christian Chevalier, on veut poser la question alors que se discute le budget 2014 et "donner un vrai signal politique". Ce qui est certain c'est que sur le terrain les directeurs d'école souffrent et que la probabilité d'un mouvement de grève administrative n'est pas nulle.

 

Certes, la reconnaissance du métier de directeur d’école ou la définition de ses missions sont des priorités qui doivent être portées dans les discussions. Mais cette reconnaissance statutaire doit aller de pair avec les moyens nécessaires à l’exercice du métier et à la réalisation des missions.

Cela fera l’objet d’une phase de négociations dès l’automne. Des négociations qui s’annoncent ardues. En effet, le ministre de l’Education contraint par son collègue du budget ne manquera pas de rappeler l’état des finances du pays. Néanmoins, les directeurs d’école ne peuvent se contenter d’une belle reconnaissance qui ne se traduirait pas par des moyens substantiels pour faciliter leur tâche. Ils n’ont que trop attendu et comme le montre l’enquête du SE-Unsa, ils sont en souffrance au travail.

L’autre écueil à dépasser sera la probable réticence du SNUipp à accepter une véritable reconnaissance statutaire du métier de directeur d’école. Ce syndicat décrète que « les chefs d'établissement du secondaire ont les mêmes problèmes que les directeurs : manque de temps, alourdissement des tâches, responsabilités peu claires et récuse donc l'idée d'un directeur supérieur hiérarchique au profit d'un métier appuyé sur une certification… »

L’utilisation de la conjonction « donc » exprime une conséquence… Autrement dit, si les problèmes existent dans les collèges et lycées c’est parce que les chefs d’établissement ont un statut hiérarchique. CQFD. On a peine à comprendre comment et pourquoi il serait plus facile d’exercer un métier appuyé sur une certification plutôt que sur un statut.

S’il n’est pas évident de suivre les méandres de l’esprit tortueux de l’équipe dirigeante du SNUipp… ses mises en garde ne peuvent masquer le non-dit et les sous-entendus de l’idéologie de ce syndicat que les directeurs d’école ont appris à décrypter…

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 17:10

Un an déjà que le ministère de l’Education nationale a un nouveau titulaire… Rien n’a changé pour les directeurs d’école. Leurs conditions de travail ne cessent de se dégrader. De nouveaux rapports ont fleuri pour, de nouveau, souligner l’urgence de régler enfin ce problème de gouvernance de l’école primaire. Vincent Peillon avait promis d’engager des discussions dès le premier trimestre 2013. Elles sont repoussées à l’automne.

Les syndicats du premier degré, prompts à s’emparer de la grogne qui monte chez les directeurs d’école, rivalisent de déclarations et communiqués pour dénoncer le statu quo… Une course de vitesse s’est engagée entre les principales organisations syndicales pour apparaître comme celle qui sera la mieux disante et surtout la plus prompte à réagir sur le sujet.

 

Le 27 mai, le SNUipp décroche le pompon et publie le communiqué suivant :


« Le principe de reconduction des 12 000 contrats EVS intervenant dans l’aide à la scolarisation des élèves en situation de handicap et l’aide à la direction d’école, qui arrivaient à échéance en cette fin d’année scolaire, est acté par Matignon. C’est l’information que le ministre vient de transmettre au SNUipp-FSU qui lui avait demandé de prendre des mesures d’urgence à ce sujet. »

 

Le 31 mai, le Sgen-CFDT publie lui aussi son communiqué dans lequel il déclare :

« Le ministère de l'Éducation nationale a confirmé à la CFDT que les 12.000 contrats d'EVS et AVS chargés de l'aide à la direction d'école et à l'accompagnement des enfants handicapés à l'école sont maintenus pour la rentrée scolaire prochaine.

Le Sgen-CFDT et la FEP-CFDT regrettent qu'il faille attendre l'approche de la fin de l'année scolaire pour que la situation des salariés et les missions qu'ils remplissent soient sécurisées. Il est grand temps de sortir de la précarité.
L'aide à la direction d'école ne peut être indéfiniment traitée par des emplois précaires.
Les discussions qui s'ouvrent sur les missions et les métiers de l'Éducation nationale doivent permettre de généraliser et de pérenniser ces fonctions.
Au cours de l'année 2013, le groupe de travail sur la professionnalisation des accompagnants des enfants handicapés s'est réuni pour faire des propositions, reconnaissant enfin qu'il s'agit d'un métier à part entière, nécessitant une formation et des diplômes adaptés et un cadre juridique qui sécurise leurs parcours professionnels.
Le Sgen-CFDT et la FEP-CFDT attendent avec impatience les propositions issues de ce groupe de travail et leur mise en œuvre dans notre ministère pour construire des solutions pérennes et respectueuses des salariés
. » 

 

Le 3 juin, le SE-Unsa dépose une « alerte sociale ».

« Il est désormais urgent de répondre à la difficile situation des directeurs d’école. Il y a déjà un an, une enquête lancée par le SE-Unsa avait montré que leur malaise avait viré à la souffrance au travail.

Cette situation continue pourtant de s’aggraver. Aux tâches et missions qui ne cessent de croître et de se complexifier, s’ajoute désormais l’organisation de la semaine de quatre jours et demi qui place les directeurs en première ligne et vient alourdir encore des emplois du temps déjà largement surchargés.

Dans le même temps, les académies annoncent qu’à la rentrée prochaine, les rares emplois d’aide administrative qui subsistent encore ne connaîtront pas de renouvellement. Ce faisant, elles renvoient vers Pôle emploi des personnels pourtant indispensables au bon fonctionnement des écoles.

Depuis un an, le ministre de l’Education martèle que l’Ecole primaire est une priorité. Mais les discussions qu’il avait lui-même annoncées en octobre sur la direction ne sont toujours pas concrétisées. Ce choix de la priorité au primaire doit mobiliser tous les acteurs et toutes les équipes d’école. Les directeurs ont, dans ce cadre, un rôle majeur à jouer. Pour le SE-Unsa, ils doivent dès lors bénéficier de moyens en temps, en formation et en personnel administratif pour y parvenir. Au-delà, c’est la question même de l’évolution de la structure de l’école primaire qui doit être posée afin de répondre durablement et efficacement à cette problématique récurrente. »  

 

Le 6 juin, le SNUipp réagit par un nouveau communiqué de Sébastien Sihr, son secrétaire général, qui regrette publiquement que chaque organisation syndicale agisse en ordre dispersé. Il écrit dont à ses homologues du SE-Unsa et Sgen-CFDT pour que « chacun arrête de tirer la couverture à soi, de négocier seul dans son coin, d’intervenir seul sur un sujet brûlant… La recherche de l’unité a toujours été dans les gênes du SNUipp et la rentrée prochaine est un sujet trop grave pour qu’on n’arrive pas, ensemble, à montrer notre détermination et à faire évoluer dans le bon sens des dossiers trop longtemps restés en souffrance. »

 

Sébastien Sihr décide de rendre publique sa lettre au SE-Unsa et au Sgen-Cfdt :  

« Le ministère vient de confirmer la reconduction des 12 000 contrats EVS arrivant à échéance à la fin de l’année scolaire. Nous connaissons l’importance de ces personnels malheureusement précaires qui interviennent dans les écoles pour l’aide à la scolarisation des élèves en situation de handicap et l’aide à la direction d’école. Nous constatons que sur les 48 000 écoles primaires, moins de 5 000 bénéficient d’une assistance administrative aujourd’hui.

A côté de cela, la nécessité légitime de scolariser les enfants de moins de trois ans dans de bonnes conditions conduit les écoles à des réaménagements demandés dans la circulaire ministérielle. Sur ce point, ce sont uniquement les collectivités locales qui sont sollicitées.

Au final, ce sont de nouvelles charges qui pèsent sur les écoles et qui engendrent un travail supplémentaire pour les équipes enseignantes dans lesquelles les directeurs et les directrices d’école sont en première ligne. Le ministre doit passer à la vitesse supérieure et ouvrir enfin les discussions promises sur ce dossier. Les questions de temps de décharge, de formation, de clarification des responsabilités et de nouveaux métiers au service du fonctionnement de l’école ne peuvent plus attendre.

Si jusqu’ici nous nous sommes exprimés séparément sur le sujet, nous estimons qu’il est temps de montrer notre détermination au ministre de manière unitaire. Pour l’école, pour les directrices et directeurs, nous nous devons de nous exprimer ensemble pour l’ouverture rapide des discussions. Nous vous proposons donc de nous rencontrer pour construire une expression commune et envisager des actions unitaires. La priorité au primaire passe aussi par des évolutions sur le dossier de la direction et du fonctionnement de l’école. »

 

Devant tel assaut de « bonnes volontés », la balle est dans le camp du ministre… Il devrait trouver autour de sa table de discussion des responsables syndicaux d’accord au moins pour « construire des solutions pérennes et respectueuses des salariés » comme le dit le Sgen ou sur la question des « nouveaux métiers au service du fonctionnement de l’école », comme le rappelle le SNUipp.

Si les syndicats semblent en parfaite harmonie pour défendre la cause des EVS, Vincent Peillon ne rencontrera pas forcément la même unanimité lorsqu’il s’agira d’aborder les solutions à apporter à l’épineux problème de reconnaissance des directeurs d’école.

Un accord a minima n’est cependant pas à exclure puisque l’on sait que le ministre lui-même n’est pas favorable à la création d’un statut de directeur d’école. Certains parmi les syndicalistes présents autour de la table ronde lui seront acquis voire  reconnaissants de "ne pas aller trop loin" dans la reconnaissance institutionnelle… Entre gens de bonne compagnie, un terrain d’entente devrait donc être trouvé… au détriment des « enseignants chargés d’école », hélas…

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 23:25

                                                                   Pancarte-pb

 

Il n’est guère de semaine sans qu’on entende parler des difficultés rencontrées par les directeurs d’école… Partout, elles sont évoquées, rappelées, soulignées : rapports de parlementaires ou plus récemment de la Cour des Comptes, revues syndicales, articles spécialisés… Bref ! on en parle mais rien ne bouge.

Pour le SE-Unsa, « il est désormais urgent de répondre à la difficile situation des directeurs d’école. Le SE-Unsa vient donc de déposer une alerte sociale. »

Christian Chevalier, Secrétaire général, tire la sonnette d’alarme : « Depuis un an, le ministre de l’Education martèle que l’Ecole primaire est une priorité. Mais les discussions qu’il avait lui-même annoncées en octobre sur la direction ne sont toujours pas concrétisées. Ce choix de la priorité au primaire doit mobiliser tous les acteurs et toutes les équipes d’école. Les directeurs ont, dans ce cadre, un rôle majeur à jouer. Pour le SE-Unsa, ils doivent dès lors bénéficier de moyens en temps, en formation et en personnel administratif pour y parvenir. Au-delà, c’est la question même de l’évolution de la structure de l’école primaire qui doit être posée afin de répondre durablement et efficacement à cette problématique récurrente.

Dans le même temps, les académies annoncent qu’à la rentrée prochaine, les rares emplois d’aide administrative qui subsistent encore ne connaîtront pas de renouvellement. Ce faisant, elles renvoient vers Pôle emploi des personnels pourtant indispensables  au bon fonctionnement des écoles. »

Le SE-Unsa ne noircit-il pas un peu trop le tableau concernant les « rares emplois d’aide administrative qui subsistent encore ne connaîtront pas de renouvellement » pour mieux se targuer, dans quelque temps, d’avoir obtenu le renouvellement des aides aux directeurs d’école ?

En effet, le 27 mai dernier, le SNUipp annonçait que « Le principe de reconduction des 12 000 contrats EVS intervenant dans l’aide à la scolarisation des élèves en situation de handicap et l’aide à la direction d’école, qui arrivaient à échéance en cette fin d’année scolaire, est acté par Matignon. »

 

La première séance de discussion de la loi de Refondation de l’école de la République, ce 3 juin, a également donné lieu à quelques échanges sur le rôle essentiel du directeur au sein de son école. Nous en reproduisons les principaux extraits ci-après :

M. Frédéric Reiss (UMP). « …Les grands défis de l’école d’aujourd’hui ne trouvent toujours pas de réponse satisfaisante dans ce texte. La réussite de chaque élève nécessite des enseignants qualifiés, mieux considérés grâce à de meilleurs salaires ; plus d’autonomie et de responsabilisation pour chaque établissement ; un nouveau statut pour les écoles primaires et leurs directeurs ; {…}

Nos directeurs et directrices d’école sont les grands oubliés du projet de loi. Certes, on évoque leur rôle en référence à l’article L.311-3-1 du code, à propos des programmes personnalisés de réussite éducative, mais le métier de directeur d’école n’est toujours pas reconnu et reste une fonction.

Monsieur le ministre, ce n’est pas la première fois que je vous interpelle sur le sujet. Le 24 octobre dernier, devant la commission des affaires culturelles, vous m’avez répondu que la question des directeurs d’école devait être abordée avec un minimum de sens des responsabilités. Vous avez ajouté que vous ouvririez au premier trimestre 2013 un dialogue avec les associations de directeurs d’écoles et les syndicats. Pour l’instant, ils sont comme Sœur Anne et ne voient rien venir !

Le décret du 24 février 1989 modifié est toujours en vigueur. Le directeur d’école veille à la bonne marche de l’école et au respect d’une réglementation de plus en plus complexe. Les nombreux rapports publiés ces dernières années montrent à quel point les résultats des élèves du primaire sont liés au pilotage de leur école.

Or, si le directeur d’école endosse bien les responsabilités du dirigeant qu’il est en vertu des textes, cette charge ne s’accompagne pas de l’ensemble des prérogatives que d’aucuns imaginent et que le grand public ignore. Cela n’avait pas échappé au Haut conseil de l’éducation, une instance indépendante qui va malheureusement disparaître au profit du Conseil supérieur des programmes et du Conseil national d’évaluation du système scolaire. Selon le HCE, le directeur reste un pair parmi ses pairs, alors que l’institution lui confie des responsabilités croissantes et il n’a pas l’autorité nécessaire pour assurer pleinement la direction de son école. Sur le plan pédagogique, par exemple, le conseil d’école a un rôle souvent formel, faute de disposer des pouvoirs d’un conseil d’établissement ou d’administration.

Aujourd’hui, les directeurs d’école sont de véritables traits d’union entre les municipalités, les équipes enseignantes, les parents, les associations locales et, bien évidemment, les élèves. Demain, ils vont se retrouver en première ligne pour la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires.

M. Philippe Gomes (UDI). Rien sur les collèges ni sur les lycées, rien sur le statut des enseignants ni sur celui des établissements, rien sur les directeurs d’école, rien sur la liaison entre enseignement secondaire et supérieur !

Mme Annie Genevard (UMP). L’institut Montaigne a pour ambition de vaincre l’échec scolaire. Si cette ambition est de droite, alors je la revendique volontiers ! Le terme « vaincre » n’est d’ailleurs pas trop fort, car c’est bien d’une guerre qu’il s’agit !

Quand l’institut Montaigne {…} préconise de sélectionner et de former des directeurs d’école de qualité exerçant un réel pilotage de leur établissement, vous leur réservez dans votre loi une portion congrue : ils n’ont quasiment aucune autonomie.

Une vraie refondation de l’école aurait dû passer par une réflexion sur les missions des maîtres dans un monde qui, on l’avouera, a tout de même changé depuis 1950, date du dernier décret qui fixe ce statut. De cela, dans ce texte, il n’est pas question. Pas plus que de la question des directeurs d’écoles, qui aurait mérité un petit peu de considération.

Quatrième pierre d’achoppement, celle du statut et de l’autonomie des établissements. Celle-ci permettrait de donner une vraie réalité, et surtout une véritable efficacité, aux projets d’établissement – qu’il s’agisse des programmes ou du statut des enseignants –, le tout dans un cadre national. Ce sujet cardinal n’a pas été abordé par le projet de loi.

M. Vincent Peillon. Vous me reprochez de ne pas avoir avancé sur la question des directeurs d’école.

Mme Annie Genevard. En effet.

M. Vincent Peillon. Je le comprends, mais permettez-moi de vous indiquer les chiffres. Aujourd’hui, les directeurs d’école sont en difficulté.

M. Frédéric Reiss. C’est ce que j’ai dit.

M. Vincent Peillon. Ils sont en difficulté particulièrement parce qu’ils doivent assumer toutes les tâches. En 2008, on dénombrait 23 452 contrats pour l’aide à la direction d’école – très utiles pour les directeurs. En 2012, on en dénombrait 4 667, soit 19 000 suppressions de postes pour l’aide à la direction d’école. Nous allons les recréer.

S’agissant du primaire, vous me demandez où en est la priorité à lui accorder. Depuis des décennies, il est question de faire en sorte que les professeurs du primaire puissent, à l’instar des professeurs du secondaire, bénéficier d’une indemnité. Toutes les grandes revalorisations et les grandes lois que vous avez citées, je le rappelle, ont été portées par la gauche, notamment par Lionel Jospin. Aujourd’hui, nous créons cette indemnité dans le contexte budgétaire que vous connaissez. Les directeurs d’école qui n’ont pas accès à la hors-classe avec les 2 % aujourd’hui – 2 % après dix ans de votre gestion des enseignants – vont pouvoir y accéder.

M. Benoist Apparu (UMP). Ce n’est pas cela qui change fondamentalement les choses.

M. Vincent Peillon, ministre. Nous allons en effet porter l’accès à la hors classe à 7 %. Mais il faut de la négociation, de l’écoute, de la cohérence. »

 

Un débat qui n’apporte pas de réelles nouveautés dans les arguments des uns et des autres. Les années passent et rien ne semble avancer dans la bonne direction. Les propos échangés sont la copie conforme de ceux que l’on a l’habitude de lire ou d’entendre depuis trop longtemps… La situation semble figée malgré les paroles rassurantes des syndicats et des ministres…

Les directeurs d’école restent avec leurs difficultés… Ils s’impatientent… L’urgence de leur venir en aide se fait sentir chaque jour un peu plus.  

C’est ce que résume Alain Rei, président du GDiD dans une lettre ouverte à Vincent Peillon :

« {…} Pourtant, l'année scolaire se termine sans l'ombre d'une avancée concrète sur le dossier de la direction. Conséquence directe : le mouvement se conclut cette année encore par un nombre inquiétant de postes de direction vacants dans un contexte où le nombre d'écoles lui diminue !
Cette vacance de postes, unique dans la fonction publique, est la face visible, mesurable, de l'état de souffrance professionnelle des directeurs d'école, établie par plusieurs études et dénoncée par le SE-UNSA qui vient de déposer une alerte sociale.

La rentrée prochaine marquera l'An I de la Refondation et ce sont les directrices et les directeurs qui seront en première ligne pour la mise en œuvre «réelle», sur le vrai terrain, du renouveau. Or, sans signal fort, c'est la défiance qui se généralisera et les mesures décidées pour changer l'école resteront, une fois de plus, sous forme d'une liste d'intentions… si bonnes soient-elles. »

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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