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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 18:38

L’affaire de Nogent sur Marne est révélatrice du désamour qui s’est installé dans les relations entre les directeurs d’école et les syndicats. Le « je t’aime, moi non plus » remplace la confiance et la croyance en un syndicalisme fort, efficace et écouté.

 

A Nogent, hormis le SNUDI-FO 94, combattant de la dernière heure, aucun syndicat n’a daigné s’intéresser peu ou prou au sort de l’école qui se voyait dépouillée d’un poste de direction par le fait d’une collusion entre la municipalité et l’inspection académique. Pas le moindre communiqué. Pas la moindre action… Rien que le silence.

Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour refuser le dictat de l’administration. Parents, enseignants et syndicats pouvaient se retrouver unis pour mener un légitime combat. Un poste de direction était en jeu. Le fonctionnement de deux écoles aussi.

 

Comment expliquer l’absence de réaction du SNUipp-FSU, du SE-Unsa, du SGEN-CFDT, du SNE-CSEN, du SCENRAC-CFTC et des autres ?

Imagine-t-on pareille indifférence s’il s’était agi de la suppression d’un poste de RASED ?

 

Le SNUDI, intervenu tardivement, bien après les parents d’élèves, craint essentiellement la mise en place déguisée d’un EPEP. Il dénonce donc le non respect de l’application de « l’article 1 du décret 89-122 du 24/02/1989 qui oblige à nommer un directeur d’école par école constituée. »

 

Suffit-il d’exiger la nomination d’un directeur par école pour considérer que problème de la direction d’école est réglé ? Cela reviendrait à laisser croire qu’il faut absolument désigner le besogneux de service pour accomplir les tâches administratives et s’occuper des corvées quotidiennes. Cela s’apparente fortement à du mépris !

 

Suffit-il d’exiger le respect des textes pour estimer que l’on a défendu la direction d’école ? Les directeurs d’école ne sont-ils pas dignes d’avoir leur situation améliorée par une reconnaissance statutaire et financière ?

 

Pourquoi cette différence de traitement de la part de tous les syndicats enseignants du premier degré selon qu’il s’agit de monter au créneau pour défendre des RASED ou des directeurs ?

Comment expliquer ce silence dans la tentative de coup de force de Nogent ?

Les associations de parents d’élèves seraient-elles plus soucieuses du bon fonctionnement de l’école que ne le sont les syndicats ?

Les associations de parents d’élèves seraient-elles plus efficaces que les syndicats enseignants pour obtenir le respect des textes qui régissent le droit des écoles ?

 

Autant de questions qui montrent à quel point le climat de confiance s’est dégradé entre directeurs et délégués syndicaux ! Les syndicats auraient tort de prendre ce désamour à la légère. C’est tout le tissu syndical qui part à vau-l’eau.

 

Rappelons-nous le temps, pas si lointain, où dès l’entrée à l’Ecole Normale d’instituteurs chaque élève adhérait quasi systématiquement à la MAIF, à la CAMIF, à la MGEN et au SNI-PEGC…

Et pour ceux qui attendaient un peu avant d’adhérer à un syndicat, dès leur première affectation, le directeur leur « conseillait affectueusement » de prendre leur carte syndicale… Depuis, le climat a changé. Les directeurs ont déserté les organisations syndicales. Ils ne délivrent plus les conseils d’adhésion. Les effectifs de syndiqués se tarissent dangereusement…

 

Qu’en sera-t-il, dans quelques années, lorsque les plus anciens militants auront pris leur retraite ? Ne nous le cachons pas, c’est encore sur eux que s’appuient les syndicats pour donner l’illusion de la puissance. Pour combien de temps encore ?

Il serait dommage que les « grands syndicats » subissent le sort de la défunte CAMIF par manque d’adhérents

 

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 13:34


Le SNUipp a diffusé un communiqué dont nous publions quelques extraits ci-après.

 

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La journée du 19 mars a marqué une augmentation de la mobilisation et du nombre de manifestants par rapport au 29 janvier.

 

Les fédérations de l’éducation, avec la FCPE, les associations, les mouvements pédagogiques ont décidé d’une nouvelle journée nationale d’action pour l’éducation, de la maternelle à l’université.

 

La situation de l’éducation est particulière et les fédérations, avec la FCPE, estiment qu’il faut proposer à la communauté éducative un nouveau rendez-vous de mobilisation avant les vacances de printemps. C’est pour cela qu’elles appellent à faire du 2 avril une " journée aux mille actions " avec l’idée de sortir des écoles et des établissements pour aller à la rencontre de l’opinion dans un maximum d’endroits et renforcer le soutien (déjà très important) que les différents mouvements rencontrent cette année. Les opérations de carte scolaire mettent en lumière, dans les départements, les effets désastreux des suppressions de postes de Rased et de MAD ainsi que les insuffisances des dotations au titre de l’augmentation du nombre d’élèves : la scolarisation des élèves de 2 ans est la première touchée. La mobilisation contre la réforme de la formation des enseignants se poursuit, même si le ministre a dû concéder quelques reculs. Dans les écoles, le manque de remplaçants, le devenir des Rased, les évaluations CM2, l’aide personnalisée, les appels pour les stages pendant les vacances, les modifications des règles des mouvements contribuent à entretenir un climat tendu.

 

Aide personnalisée

Le SNUipp appelle l’ensemble des enseignants des écoles à suspendre l’aide personnalisée durant la période du 11 au 23 mai. Il s’agit pour les enseignants de réaliser un 2e bilan d’étape, à l’issue duquel le SNUipp interpellera le ministère, afin d’obtenir la remise à plat du dispositif : prendre le temps de mesurer son efficacité, comparer les incidences des différentes organisations sur la vie des enfants et les conditions de travail des enseignants, élaborer des propositions.

 

2610 « désobéisseurs »

Dans plusieurs départements (Bouches-du- Rhône, Hérault, Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne…), des enseignants qui refusent publiquement et haut et fort d’appliquer les mesures Darcos sont sanctionnés. La presse s’en fait largement l’écho. Le SNUipp intervient pour obtenir la levée des sanctions.

 

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Le SNUipp liste un certain nombre de problèmes majeurs que nous ne cessons de dénoncer. Il en oublie un et qui est tout aussi important que les autres : la situation des directeurs d’école !

 

Ce syndicat n’omet pas de citer la suppression des MAD. Forcément, ça le concerne directement ainsi que les fédérations de l’éducation…

Faut-il rappeler à ce syndicat et aux « fédérations de l’éducation » que, chaque année, ce ne sont pas  quelques dizaines ou centaines de postes de direction qui ne sont pas pourvus mais plusieurs milliers !

Si les suppressions de postes de MAD sont préjudiciables aux syndicats et aux fédérations amies, que dire alors du fonctionnement des écoles dont la direction est assurée par un « faisant fonction » ou un débutant (sans formation ni expérience) à qui l’administration a imposé cette lourde charge !  

 

« Le ministre assure que les stagiaires de M2 ne seront pas utilisés " pour couvrir les besoins " en personnels (remplacement ou décharges de direction) et reconnaît les maîtres formateurs comme acteurs de la formation » ajoute le syndicat.

Le SNUIpp se préoccupe-t-il de s’assurer que ces « besoins » seront couverts et notamment ceux qui concernent les « décharges de direction » comme il dit ?

 

« Décharges de direction »… Lapsus ou état d’esprit ?

 

Rappelons au SNUipp que l’expression « décharges de direction » est inappropriée. Il conviendrait de parler de « directeurs déchargés d’enseignement » car la direction est toujours une charge. Très lourde. De plus en plus lourde ! Les responsables syndicaux ne semblent pas le savoir…

 

Le 2 avril approche. La « journée des mille actions » se prépare. Mais probablement est-il encore temps pour le SNUipp et ses amis d’ajouter une action supplémentaire en faveur de la direction d’école.

Certes, nous savons que le SNUipp a un faible pour les nombres ronds… Le 22 novembre 2006, il avait organisé un rassemblement : « 1000 délégués à Paris » hélas sans résultats et sans lendemain… Est-ce une raison pour ne plus rien tenter ?

 

Nous proposons au SNUipp de tester la formule suivante : « la journée aux mille et une actions ». Il verra qu’elle sonne bien, elle aussi… Et, de plus, les directeurs lui en sauront gré de les avoir associés à cette journée d’action.

 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 16:55

L’histoire se passe à Nogent sur Marne, petite ville rendue célèbre notamment par ses « guinguettes au bord de l’eau »… Deux écoles de 14 classes chacune… Tandis que la première perd une classe et donc sa décharge complète, la seconde en gagne une et passe à 15. Petit souci : pas de place pour accueillir cette ouverture. Qu’à cela ne tienne, elle sera hébergée chez la voisine victime d’une fermeture. Dans d’autres villes, une situation similaire a été réglée par une légère modification ou la mise en place d’une sectorisation de circonstance…

 

Autre bizarrerie, la direction de la première école (qui passe à 13 classes) se libérant, le maire (UMP) de Nogent propose le « regroupement » des deux établissements. Il est question, pour lui, de « mutualiser certains locaux ». Tollé général ! Enseignants et parents s’inquiètent du gigantisme de la nouvelle structure. Ce regroupement ne correspond pas à la création d’un EPEP et ne peut être assimilé à une fusion.

 

Le maire et l’IA dessinent les contours de la future usine à gaz. Le poste de la direction libérée est bloqué. C’est le directeur de la seconde école qui assurera la direction globale des 2 établissements secondé par un enseignant partiellement déchargé.

 

On mesure tout de suite les limites d’une telle construction. Un collège de même taille (environ 600 élèves) serait doté de nombreux postes administratifs : principal, principal-adjoint, conseiller principal d’éducation, secrétaire, infirmière, documentaliste, intendant, surveillants…

A Nogent, le directeur noiera sa grande solitude dans le stress de journées de travail longues et harassantes.

 

Mais comment réagissent les « puissants » syndicats enseignants ? Seul le silence assourdissant de leurs réactions parvient à nos oreilles…

Leur responsabilité est pourtant fortement engagée. En effet, leur refus de création d’Etablissements Publics laisse un vide juridique qui permet à des élus ou fonctionnaires zélés de créer, sans réflexion approfondie, des mastodontes tel celui de Nogent.

 

D’autant que le regroupement opéré à Nogent met à mal l’un des principaux arguments syndicaux : la municipalisation de l’école primaire. Ce coup de force montre bien que la municipalisation n’est pas la conséquence des EPEP puisqu’elle est peut devenir réalité hors EPEP.

Dans ce cas précis, le maire et l’IA interprètent de manière très personnelle l’article 34 de la loi de programmation pour l’avenir de l’école, qui prévoit des expérimentations organisationnelles dans le cadre du projet d’école.

 

Alors, n’est-il pas préférable et ne devient-il pas urgent de se doter d’un cadre juridique indiscutable pour limiter les abus ou déviances de certaines municipalités ?

Il est temps également que nos « grands » responsables syndicaux se débarrassent de « leurs habits post-soixante-huitards » et abandonnent le second argument qu’ils avancent en permanence : la caporalisation de l’école !

 

Cette caporalisation, que craignent nos principaux syndicats (le fameux p’tit chef), n’est autre que le fruit d’une idéologie dépassée teintée d’un zeste de démagogie.

 

Ne voient-ils pas nos « grands » syndicalistes qu’en l’absence de textes juridiques sur le statut de l’école tout devient possible même le plus ubuesque ?

 

Municipalisation et caporalisation : deux mots, deux arguments mais surtout deux notions qui bloquent toute réflexion sur l’avenir de l’école et annihilent toute réforme en profondeur de l’institution.

 

Il est temps que les Gilles Moindrot et Luc Bérille, plus habitués à fréquenter les cabinets ministériels que les salles des maîtres prennent conscience de la dégradation de notre école publique !

Il est temps qu’ils s’impliquent pleinement pour défendre l’école contre les assauts de l’Administration centrale et des élus municipaux !

 

Cette défense passe nécessairement par une réflexion sur le métier de directeur d’école. Il n’est plus possible d’éluder cette question. On le voit bien aujourd’hui encore, à Nogent.

Il est de la responsabilité de nos responsables syndicaux de s’emparer à bras le corps de ce problème. On ne leur demande pas de s’occuper en priorité et exclusivement de la direction d’école mais simplement de s’y intéresser aussi !

 

 

Blog des associations de parents d’élèves

M. le Maire s’explique

Article 34 de la loi de programmation pour l’avenir de l’école

 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 15:06

La RGPP pour « révision générale des politiques publiques », nos fidèles lecteurs connaissent bien.

Jusqu’à présent, Ministres et conseillers ne parlaient pas de rigueur mais de RGPP pour justifier les efforts budgétaires demandés aux Français.

La crise alourdissant de plus en plus les finances publiques au point de creuser un déficit budgétaire impressionnant et sans cesse croissant, le gouvernement est amené à prendre de nouvelles mesures et notamment dans la fonction publique.

 

Manifestement, les milliers de suppressions de postes ne suffisent pas à ralentir les dépenses. Les oppositions fortes conduites pas les syndicats ne permettent plus d’aller plus avant dans cette direction. On l’a vu avec les RASED : Xavier Darcos a supprimé moins de postes que prévu. On le voit encore avec la formation des maîtres.

 

L'Europe veut imposer la baisse des salaires des fonctionnaires.

 

Après avoir imposé la discrimination positive dans la fonction publique et la préférence étrangère, l'Europe réclame une baisse des salaires des fonctionnaires.

 

Cette info est donnée par le quotidien "Le Monde" du 8 mars 2009 en première page, qui ajoute: « Irlande, Lettonie et Hongrie réduisent les traitements du secteur public ».

En Irlande : le premier ministre Brian Cowen a décidé le 3 février, contre l’avis des syndicats, de réduire de plus de 7 % le traitement dans la fonction publique.

En Lettonie : une baisse de 15 % a été imposée aux revenus des fonctionnaires.

En Hongrie : le treizième mois a été supprimé dans la fonction publique  

 

Nicolas Sarkozy se refuse pour l’instant à appliquer la volonté de l’Europe. Il faut dire que la Fonction publique est beaucoup plus importante et plus réactive en France que dans les pays cités.

 

Cependant, il se voit contraint d’appliquer des « mesures nouvelles, originales et moins drastiques ». Pour combien de temps ? Nul ne le sait.

 

En visite dans une école parisienne, X. Darcos vient d’annoncer les mesures qui seront appliquées à son ministère dès la rentrée prochaine :

 

Suppression des postes de MAD (mis à disposition de syndicats, d’associations telles que l’OCCE, la FLASEN…).

 

Réduction des décharges accordées à certaines catégories d’enseignants.

Pour, les directeurs d’école le nouveau régime de décharges d’enseignement sera le suivant :

-       ½ décharge pour les écoles de 13 classes et plus

-       ¼ décharge pour les écoles de 8, 9, 10, 11 et 12 classes

 

Suppression de la NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire) jusqu’en décembre 2011.

 

Dans sa déclaration, le ministre se dit assuré de « pouvoir compter sur la compréhension des directeurs d’école ». Et d’ajouter : « Nous savons combien leurs missions sont capitales pour l’éducation de nos enfants. Dès la fin de la crise, le gouvernement devra revoir leurs conditions de travail et nul doute qu’il saura les récompenser de leur abnégation pendant cette période difficile ».

 

Lire la suite de la déclaration 


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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 18:17

Il est loin le temps où notre ministre déclarait haut et fort sa « volonté d'engager une réflexion d'ampleur sur les nouveaux contours du métier d'enseignant ». C’était il y a un an, lors de la remise du « Livre vert » par le Conseiller d’Etat Marcel Pochard. Xavier Darcos avait de belles envolées lyriques pour décrire la mission que lui avait confiée le Président de la République.

 

« Il est impossible de proposer un véritable projet pour l'école et une ambition renouvelée pour les enseignants si nous refusons de sortir des clivages idéologiques éternels que soulève cette question et si nous posons comme principe intangible le respect de règles élaborées dans les années 1950. Le statut qui régit aujourd'hui le métier d'enseignant a été conçu, en effet, dans une France qui ne connaissait pas le collège, qui ignorait les usages personnels de l'informatique, et dont l'économie était guidée par l'industrie plutôt que par les services ! Vouloir le perpétuer à tout prix, et au mépris de la forte aspiration au changement des enseignants eux-mêmes, serait une erreur manifeste, dont les professeurs seraient les premiers à payer le prix », déclarait alors solennellement Xavier Darcos.

 

Un mois plus tôt, en janvier, devant les IEN, Xavier Darcos avait évoqué « le statut du directeur et de l’établissement du premier degré, doté d’une autonomie financière ».

 

Quatre semaines après la remise de son rapport sur l’évolution du métier enseignant, Marcel Pochard est un homme en colère. Le conseiller d’Etat se dit victime d’«une certaine arrière-pensée tactique» du ministère. Il dénonce une collusion entre les syndicats et l’administration de l’éducation nationale qui préfèrent l’« iniquité au désordre », et craint que sa contribution ne passe à la trappe de l’histoire, et avec elle, une véritable occasion de réformer le système éducatif français.

 

Le 6 juillet 2008, les inquiétudes de Marcel Pochard étaient confirmées et nous pouvions titrer « On a perdu le rapport Pochard… ».

 

Un an plus tard, la volonté affichée par Xavier Darcos de redéfinir le métier d’enseignant s’est-elle traduite dans les faits ? Pour les directeurs d’école, hormis une revalorisation de l’ISS avec partie variable de 200 à 600 €, quel bilan peut-on en tirer ? Hélas ! Un mot suffit à le qualifier : nul !

 

Les rapports qui dénoncent la situation insupportable du métier de directeur d’école, qui en décrivent les difficultés, qui expliquent les raisons de sa désaffection s’accumulent sur le bureau du ministre. Les auteurs de ces rapports ont beau préconiser des solutions pour remédier à ce grave problème qui, depuis des années, nuit au bon fonctionnement de l’école primaire, rien n’y fait. Le ministre reste ostensiblement sourd et fermé à toutes les propositions de bon sens qui lui sont présentées.

 

Certes, en 2008, il a manifesté une réelle intention de mettre en place des EPEP. Une réforme qui avait le mérite d’accorder un statut à l’école et à son directeur. Ce projet mal ficelé, mal préparé, mal expliqué, établi sans la moindre concertation a fait long feu. Les 500 postes administratifs prévus au budget ont été retirés. La proposition de loi déposée par 3 députés UMP a été ajournée avant d’être « oubliée ».

Cette réforme ne présentait pas que des avantages pour les directeurs. Nous en avions dénoncé certains inconvénients majeurs notamment le fait que le directeur ne soit pas automatiquement président du CA. D’autres points méritaient débat. Il semblait possible d’apporter d’autres améliorations au texte. Au lieu de cela, face à la grogne ambiante, face au refus des syndicats qui se complaisent dans la situation de statu quo pour la direction d’école, le ministre a reculé.

*        

*       Depuis, bien des choses ont changé. Il y a les ministres pour qui « ça roule » et ceux qui sont « sur le toboggan ». C'est un ami du président qui divise ainsi les membres du gouvernement en deux. Mais les mots sont ceux du « chef ». Un chef préoccupé quand il se penche sur les performances de ses ministres.

Pour Xavier Darcos, cela a commencé avant la trêve de Noël. Décrit comme un « bon pro » par l'Élysée, le ministre n'a pas résisté à la crise lycéenne. Le voilà cornaqué par deux spécialistes de la jeunesse : Martin Hirsch et le médiatique directeur de Sciences Po, Richard Descoings.

 

Sa crédibilité s’est tellement dégradée que Xavier Darcos attend avec impatience l’heure de son départ pour le ministère de la Justice. Probablement lors d’un grand remaniement ministériel après les élections européennes du 7 juin prochain...

Un nouveau ministre sera alors nommé à l’Education nationale. Plusieurs noms circulent. Richard Descoings a laissé entendre qu’il n’était pas forcément intéressé. Prudence ou stratégie ? Il se murmure aussi que Nadine Morano est en attente d’un grand ministère et que celui-ci ne serait pas pour lui déplaire…

Le temps que la nouvelle équipe prenne connaissance des dossiers (après son retour de vacances), nous serons en automne. A mi-mandat, Nicolas Sarkozy insistera pour que les mêmes erreurs ne se reproduisent pas. Il incitera certainement le nouveau locataire de la rue de Grenelle à entretenir de meilleures relations avec les partenaires sociaux. Bref, il faudra compter avec le retour en grâce des syndicats. Si l’on ajoute les difficultés financières du pays, il y aura peu à attendre côté décharges, indemnités ou moyens supplémentaires. Quant au statut…

Pas de quoi rendre optimistes les directeurs d’école pour qui l’année 2009 aura été une année perdue… Une de plus !

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 09:55


Alors qu’en ce jour de grève, l’ensemble du système éducatif est mobilisé, des études sur l’Education nationale, habituellement rendues publiques, dorment toujours rue de Grenelle.

 

Chaque année, le ministère de l’Education nationale multiplie études et données statistiques sur l’état de l’école publique et notamment l’évolution des effectifs. Mais cette année, bon nombre de ces données pour 2008, n’ont toujours pas été publiées.

 

Pourtant les enquêtes ont été réalisées par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (D.E.P.P.). D’ailleurs, les salariés de la D.E.P.P. réclament la publication de la vingtaine de notes non publiées. A savoir notamment : le coût de l’éducation, le coût de la recherche, l’orientation après le bac (les entrées à l’université, dans les écoles…), les sorties sans diplôme du système éducatif et la validation des acquis.

 

Pour la CGT-FERC (Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture), qui lutte depuis des mois pour faire sortir les chiffres, il n’y a pas de doute, les études dorment tranquillement sur une étagère du ministère. Pour Daniel Blondet, de la CGT-FERC, « la publication au compte-gouttes des informations est inacceptable », précisant que « si 10 des 38 données manquantes ont été publiées en janvier dernier, c’est uniquement à cause de la petite pression médiatique. »

 

Le 28 janvier dernier, nous avons publié un article intitulé : « Evolution du niveau des CM2 (1987 – 2007) : l’étude cachée du ministère  ». Le lendemain, la D.E.P.P. était autorisée à rendre publique cette étude…

 

Au fil des mois, l’interrogation se transforme en accusation. Et cette accusation vise directement le ministre car, parmi les études en sommeil, se trouvent celles qui concernent la démographie. Soit les projections d’effectifs, c’est-à-dire l’évolution du nombre d’élèves inscrits dans le public d’une année sur l’autre.

Or,  Xavier Darcos s’est appuyé sur une baisse des effectifs prévue pour expliquer la suppression (ou « non remplacement ») des 13 500 postes d’enseignants à la rentrée prochaine. De là à soupçonner le ministre de dissimuler volontairement les données, il n’y a qu'un pas que certains n’hésitent pas à franchir…

 

Contacté par Bakchich, le ministère de l’Education nationale a expliqué qu’il était de bonne foi, les quelques retards n’étant dus qu’à des problèmes techniques au moment de la reproduction. « Ces problèmes arrivent de temps en temps, il y a parfois des incidents incontrôlables ». « Par ailleurs, ajoute l’interlocutrice du ministère, Mireille Sybille, ce ne sont pas des diffusions en temps réel. Il n’y a pas d’exacte adéquation entre la parution et la diffusion des textes. »

 

Le SNUipp s’engouffre dans la brèche :

 

« Comment comprendre que le ministère s’entête à supprimer 3000 postes d’enseignants en RASED et de diminuer de 3000 le nombre de postes au concours alors que, plus que jamais en temps de crise il est nécessaire d’investir dans la formation pour transformer l’école et assurer la réussite de tous les élèves ? Suppressions de postes d’autant plus inadmissibles que les écoles élémentaires et maternelles accueilleront 14 000 élèves supplémentaires en septembre 2009 ».

 

Publications retenues pour cause de « problèmes techniques » mais aussi absence de réactivité à la forte mobilisation du 19 mars. Le ministre peut-il rester sourd aux messages qui lui sont envoyés et que partagent largement les Français ?

 

« L’avenir de l’école et la réussite de tous les élèves nécessitent que le ministre prenne la mesure de la colère et du rejet que provoque sa politique éducative et budgétaire », déclare le SNUipp dans un communiqué à l’issue de cette journée.

 

Pour l’instant, aucun rendez-vous syndical n'est inscrit à l'agenda du ministre de l'éducation nationale. Faut-il y voir une forme d'autisme politique ? Ou s'agit-il déjà de laisser les dossiers à un successeur ?

 

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 18:51
Une charge féroce contre les enseignants


 

Dans « Côté Mômes » de mars 2009, un magazine gratuit qui se veut partenaire des parents, Laurent Rochut, éditorialiste, ne pratique pas la langue de bois… Il ne fait pas, non plus, dans la nuance… Dès le titre de son éditorial, le ton est donné…

 

 

Enseignants, gnants ! gnants !

 

« C‘est un usage en France de louer les enseignants pour leur courage, leur abnégation, la dévotion avec laquelle ils tiennent à bout de bras l’Education nationale. Les évaluations se succèdent, soulignant la médiocrité des performances de notre système éducatif ; on a beau démontrer que pour chaque euro dépensé, nombre de pays obtiennent de bien meilleurs résultats que le nôtre, rien n’y fait ! Aucun ministre ne peut tenir tête bien longtemps à la première armée de fonctionnaires de France. Si vous ajoutez à ça que les syndicats de parents d’élèves les plus influents sont assez mitoyens des syndicats enseignants quand il s’agit de mettre un bulletin dans l’urne, cela fait bien plus de connivences qu’il n’en faut pour que les choses changent dans la grande maison de la rue de Grenelle. Un ministre de l’Education, Lionel Jospin, faisant de l’éducation une priorité nationale en 1989, déjà, avait appelé à mettre l’enfant « au cœur du système éducatif ». On attend toujours !

Les professeurs des écoles, pour parler d’un corps que je connais bien pour en avoir fait partie près de dix ans, peuvent choisir l’école où ils enseigneront au privilège de l’ancienneté, à peine corrigé par une note de mérite qui, elle aussi, est largement indexée sur le temps passé dans la boutique. L’intérêt des enfants, selon les quartiers où on les oublie, à avoir en face d’eux des enseignants adaptés à leur situation est bien secondaire. Qu’importe, il y aura toujours un ministre ou un syndicaliste pour louer le mérite des enseignants, dans la masse, collectivement, pour ne pas avoir à faire le tri. Pourtant, c’est bien là que le bât blesse. L’Education nationale, dans ses grandes largeurs n’a pas de troupes à la hauteur de la bataille à mener. Elle compte des godillots à foison, mais, quand ils défilent, c’est pour clamer haut et fort les excuses qu’ils se trouvent de ne pas pouvoir faire mieux.

Concluons par un problème d’arithmétique. Sur 10 enseignants, quand vous avez retranché ceux qui font ce métier pour être chez eux à 17 h, ceux qui ont fini par ne plus pouvoir sentir les gosses, ceux qui ne les ont jamais aimés, ceux qui travaillent avec les mêmes fiches de préparation depuis quinze ans, ceux qui se sont arrêtés là parce qu’ils n’ont pas pu, ou pas su, épanouir sur le terrain de la recherche leur passion des maths, de la physique ou de l’histoire, ceux qui passent le tiers de leur temps à faire classe dans un labo de citoyenneté pour futurs syndicalistes, combien en reste-t-il pour faire de leur classe un creuset d’enthousiasme et d’appétit de connaître ? Pendant que vous cherchez, des instituteurs font la grève du soutien scolaire en salle des maîtres et la réforme des lycées est remise aux calendes grecques. »

  

 

Réponse de l’auteur sur son blog

 

« En réponse à ceux que mon édito de mars 2009 a choqué

 

Par quel mystère, ceux qui me répondent faire leur métier avec dévouement se sentent ils concernés quand je stigmatise, dans un éditorial, une disparité entre les enseignants dont les enfants sont les premières victimes ?

Pour l’exemple, je connais une école en Banlieue parisienne où 9 enseignants sur 10 refusent de mettre en place le soutien scolaire, faisant de la « résistance passive en salle des maîtres ». Le comble, c’est que celui qui s’occupe de ses élèves à la pause méridienne doit presque s’excuser ! des exemples comme ceux-là, j’en ai plein ! Malheureusement !


Mais, à lire les commentaires qui m'ont été adressés, s’il est une certitude dans laquelle je me sens raffermi à l’issue de ce édito, c’est que l’esprit de corps est plus que jamais une constante chez les instits. Il est dommage que ce soit plus pour se « couvrir » que pour faire avancer le bateau. Après 10 ans passés en ZEP, 10 ans sans aigreur et plein de beaux souvenirs, contrairement à ce que vous pouvez penser, 10 années que j’ai passées volontairement sur un terrain que beaucoup désertent pour se mettre à l’abri dans un centre ville bien bourgeois et paisible, je me permets d’avoir, moi aussi, un avis sur la question de l’Education nationale, ne vous en déplaise et quoi que ma vie m’ait conduit à faire depuis.

 

Beaucoup invoquent régulièrement le droit de manifester, je réclame pour ma part celui de me manifester. Affaire de style. Se noyer dans la masse ou se permettre de porter la contradiction, mais avec l’envie que les choses changent vraiment à l’Education nationale.

Mon propos est de dire que si bien des professeurs des écoles font un travail extraordinaire dans leur classe, j’en connais encore et ceux-là d’ailleurs ont trouvé aussi du vrai dans mon article, bon nombre, aussi, n’ont rien à faire dans une classe. L’égalitarisme absolu de notre institution permet à des gens de nuire aux gosses et d’attendre la retraite sans être inquiétés.

Peut-être n’en avez-vous jamais croisés dans votre carrière... Je suis même malheureusement certain que ceux qui réagissent le plus sont ceux qui devraient partager mon agacement.

On m’objecte que de taper sur l’EN est devenu un sport national et qu’à ce titre, quand on l’aime, il faudrait se taire !! Mais si l’Education nationale acceptait la contestation en son sein, si elle acceptait les réformes sans faire systématiquement bloc, on ne serait pas obligé de l’interpeler publiquement.


On m’objecte également que je voudrais faire le jeu d’une privatisation de l’enseignement, mais c’est déjà le cas ! La discrimination sociale permet aujourd’hui aux plus aisés de mettre leur enfant « à l’abri » dans le privé et se sent légitimer par le fait que l’Education ne sait pas se réformer.

 

On m’objecte enfin que dans tous les métiers il y a des moutons noirs et qu’à ce titre l’EN n’échappe pas à la règle. Mais elle devrait s’en faire un devoir car dans son cas, il s’agit d’éveiller des enfants au monde et de les préparer à l’avenir. Mais, et c’est ce que je souhaitais stigmatiser par mon article, il me semble que moins que les autres, l’Education nationale sait se protéger d’une erreur de recrutement et, par la suite, des défaillances professionnelles. Le recrutement, la formation professionnelle en privilégiant les contenus sur l’aptitude humaine à encadrer une classe sont à l’origine d’un tel malentendu. Ensuite, avec une inspection de 1h30 tous les 3 ou 4 ans et aucun encadrement par un semblant de hiérarchie, on accepte de faire courir un risque aux enfants qu’aucune autre branche professionnelle ne tolérerait. Autrement dit, on joue la liberté et l’indépendance des enseignants contre le principe de précaution auquel devraient avoir droit les enfants.


En résumé, je n’accuse pas les enseignants d’être nuls mais j’accuse l’institution de ne pas protéger assez les enfants et de ne pas permettre aux bons enseignants d’insuffler leur dynamique à l’institution.

Quoi qu’il en soit, j’ai aimé ce métier et l’aime encore bien assez pour me sentir le droit d’avoir un avis… mais j’oubliais, à l’école de la tolérance, dans certains syndicats, on ne veut pas voir une tête qui dépasse.

La mienne, de tête, certains l'aimeraient au bout d'une pique. Ils ont une conception assez Robespierriste du débat d'idées. Pour ma part, je tiens mon sens de la démocratie de Voltaire, celui qui disait "Je ne suis pas d'accord avec vos idées mais je serais prêt à mourir pour que vous puissiez les exprimer." »

 

 

« L’art de conférer » selon Xavier Darcos

 

« D'où vient ce soupçon perpétuel qui pèse sur nos gouvernements » interroge Xavier Darcos dans une tribune du Monde.

« Comment expliquer que dans un pays qui a magnifié à ce point l'usage de la raison ou l'examen des preuves, le rationnel semble exilé du débat public, tandis que la rumeur, l'outrance, la théorie du complot ou le déni de vérité s'instillent jusque dans les sphères les plus éclairées du monde intellectuel ? »

 

Toutes ces critiques irrationnelles sont colportées par Internet. « Il suffit, pour s'en convaincre, de fréquenter certains blogs ou certains forums dans lesquels les exposés les plus brillants sont parfois consacrés aux arguties de thèses les plus insensées, assorties de procès en sorcellerie ad hominem ».

 

« Comme ministre, mais aussi comme professeur, je crois que nous devons sortir le débat d'idées de ce registre polémique, sophistiqué et agressif, dans lequel il est actuellement tenté de s'enfermer. Les politiques ne sont pas les ennemis du savoir...

Bref, et si on retrouvait cette forme de l'excellence de l'esprit français, "l'art de conférer" ? »



Retour d'un vieux serpent de mer : le redoublement





Mai 2008 : Selon une information de la radio RTL, le ministre aurait donné des consignes aux chefs d'établissement pour limiter les redoublements. Plusieurs chefs d’établissement auraient reçu des lettres avec des objectifs chiffrés.

 

Raison invoquée : « le redoublement coûte trop cher et ne serait pas efficace

 

Une information aussitôt démentie par le ministre de l’Education, qui soutient n’avoir donné « aucune consigne » qui rappelle dans un communiqué que « seuls les professeurs réunis en Conseil de classe autour des chefs d’établissements sont habilités à décider du redoublement d’un élève ». Et le ministre de rétorquer : « La baisse du redoublement sera la conséquence de l’amélioration engagée du système scolaire. Elle ne se décrète pas

 

Mars 2009 : de nouveau, le sujet est d’actualité. Pour Xavier Darcos, « le redoublement n'est pas une solution satisfaisante, mais le limiter ne se décrète pas ». C'est la raison pour laquelle le ministre a, depuis son arrivée, multiplié les systèmes de soutien. « Pour y parvenir, nous avons mis en place des dispositifs d'aide personnalisée, notamment dans le primaire, avec les deux heures de soutien, mais aussi les stages de remise à niveau pendant les vacances, détaille Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire. Au collège, avec l'accompagnement éducatif qui concerne l'aide aux devoirs. »

 

Une chose est sûre : le ministère ne verrait que des avantages à limiter le redoublement. Pour des raisons pédagogiques, d’abord. Car, dit-on dans l’entourage du ministre, « enseignants et spécialistes de l'éducation considèrent que nombre d'élèves, en situation d'échec, ne profitent pas d'une année supplémentaire

 

Pour des raisons financières, ensuite, notamment en période de crise. Car le redoublement coûte cher d’autant plus que la France est championne en la matière : En moyenne, 38 % des élèves de 15 ans ont déjà redoublé une fois, contre 13 % pour la moyenne des pays de l'OCDE.

 

Selon Philippe Meirieu, supprimer totalement le redoublement permettrait d'économiser pas moins d'un milliard d'euros. La pratique n'existe déjà plus Norvège, Japon ou Corée.  Elle n’est que de 3 % en Finlande. Des pays figurant pourtant en bonne place dans les classements éducatifs internationaux.

 

Officiellement, au ministère, on affirme que le sujet est délicat, car « seuls les enseignants sont habilités à décider des passages en classe supérieure ».

Autre difficulté : en fin de troisième, les parents, eux, préfèrent toujours que leur enfant redouble plutôt que d'être envoyé vers une voie professionnelle ou technologique.

 

Le ministre compte bien prendre des initiatives afin que raisons financières et pédagogiques fassent bon ménage… La meilleure façon de faire des économies sans se voir reprocher une aberration pédagogique comme ce fut le cas pour d’autres réformes…

 

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 11:02


Formation des enseignants : Le gouvernement  modifie légèrement son projet initial.

 

 

X. Darcos propose l’étalement de la réforme.

 

"Pour la session 2010 des concours du second degré, une épreuve disciplinaire comparable à une des épreuves existantes précédemment se substituera à l’épreuve de connaissances générales du système éducatif qui était initialement prévue… Quant à l’agrégation, ses épreuves demeureront en l’état. Pour la session 2010 des concours du premier degré (CRPE), les épreuves écrites continueront de comporter une composante didactique".

"Dès la rentrée universitaire 2009, un dispositif de stages sera organisé pour tous les étudiants de M1 et de M2 se destinant à l’enseignement afin de permettre une préparation progressive à l’exercice du métier d’enseignant. Ces étudiants stagiaires seront encadrés, d’une part, par des professeurs d’accueil ou référents de l’Education nationale et, d’autre part, par des formateurs universitaires qui seront responsables de la validation des stages ainsi que de leur bonne insertion dans le cadre des masters. En M1, les étudiants se destinant à devenir enseignants pourront ainsi bénéficier de stages d’observation et de pratique accompagnée d’une durée de 108 heures. De même, des stages en responsabilité d’une durée également de 108 heures seront proposés aux étudiants de M2. Ces stages en responsabilité seront rémunérés".

A la demande d'une année d'entrée dans le métier en alternance, le ministre répond toujours par un "accompagnement". "Chaque jeune enseignant stagiaire sera accompagné par un tuteur dont la fonction sera reconnue et valorisée… Dans le premier degré cette fonction s'appuiera sur les professeurs des écoles maîtres formateurs (PEMF)".

 

 

Les propositions ministérielles rejetées

 

Constatant "l’absence de vision d’ensemble du dossier, l’empilement successif de mesures partielles", la Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM) juge le projet de réforme "incohérent".

Le Sgen-Cfdt estime que "enseigner est un métier qui s'apprend" et demande notamment une formation commune pour le 1er et 2d degré. Le Sgen demande lui aussi le report des concours.

Le Se-Unsa "ne voit pas de sortie de crise dans ces propositions ministérielles" qu'il qualifie de "leurres". Il demande le report et la remise à plat du projet.

Le Snes veut le report et "une année de stage après le recrutement".

Seuls les Autonomes sont satisfaits du renforcement des épreuves disciplinaires dans le projet de capes et ne s'affirment pas contre l'application en 2010.

 

 

 

Base élèves : Deux directeurs menacés

 

Dans l'Isère, Jean-Yves Le Gall, et Anne-Marie Pons en Haute-Garonne, sont menacés de sanction par leur inspection académique. Tous deux font partie du petit nombre d'enseignants qui refusent d'alimenter le fichier national Base élèves. En décembre dernier, un nouveau recours a été déposé contre ce fichier national pourtant largement remanié depuis 2 ans.

 

Samedi 14 mars à Notre-Dame de Vaulx (Isère), un rassemblement a réuni près de 300 personnes devant l’école dont Jean-Yves Le Gall, premier directeur menacé de retrait d’emploi en France pour son refus de Base élèves, est directeur.

Plusieurs organisations et individus ont pris la parole pour lui exprimer leur soutien. Puis, une table ronde a eu lieu en présence d’une centaine de personnes, avec les interventions d’un informaticien, d’une assistante sociale, d’une pédiatre et d’une représentante de la Ligue des Droits de l’Homme. La diversité de ces intervenants a permis de saisir la question du fichage d’une manière plus globale. Le débat qui s’en est suivi a permis d’élargir le questionnement au contrôle policier de la population et à la gestion technocratique de la société humaine, sans perdre pour autant de vue les questions concrètes telles que : “en quoi cela affecte-t-il nos vies” ou “comment pouvons-nous nous y opposer ?

 

 

 

Evaluations CM2 : vers une publication des résultats fin mars ?

 

Comment publier des évaluations amputées, c'est le casse-tête de la rue de Grenelle. Selon Le Figaro, les évaluations de CM2 devraient être publiées fin mars. Le Figaro cite Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire, qui affirme avoir reçu plus de 500 000 remontées (75% du total).

 

 

« Les directeurs d'école ne sont pas tous très pressés de faire remonter les notes au ministère. »

 

Depuis le début, ce test national a généré une polémique dont la France a le secret. Son but est simple : mesurer le niveau des élèves de CM2 en début de deuxième trimestre et mettre en place, au vu des résultats individuels, des solutions de soutien adaptées avant l'entrée des élèves en 6e.

 

Or ces évaluations ont été jugées trop complexes par nombre d'enseignants. D'autres ont crié à l'injustice en déplorant que les questions portent sur des parties du programme que les élèves n'avaient pas encore étudiées, puisque les professeurs des écoles ont la liberté de faire le programme selon leur propre rythme.

 

En début de semaine, à l'occasion de la réunion des recteurs, ont été transmis, académie par académie, le nombre d'écoles qui avaient transmis les résultats des évaluations. «Or certains directeurs d'école, en particulier dans les académies de Clermont-Ferrand et Lyon, avaient choisi de faire traîner les choses», confie Patrick Roumagnac, secrétaire général du SI.EN, syndicat de l'Unsa-éducation.

Jean-Louis Nembrini affirme de son côté que le délai de fin mars sera bien tenu. « Cela a pu inciter les inspecteurs d'académie des régions concernées à mettre une certaine pression sur les inspecteurs de l'Éducation nationale, des pressions que nous avons dénoncées et qui ont stoppé », explique Patrick Roumagnac, qui conteste en revanche fortement les suspicions de transformer les notes afin d'améliorer les scores des écoliers.

 

Or le syndicat FSU des inspecteurs de l'Éducation nationale dénonce aujourd'hui des pressions pour modifier les notes des élèves. Des affirmations vivement contredites par le ministère et le SI-EN Unsa.

Le syndicat (majoritaire) des inspecteurs Unsa (SIEN Unsa) confirme les pressions exercées par la hiérarchie pour faire rentrer des évaluations ou les manipuler.

 

 

« Non à la manipulation des statistiques sur les évaluations CM2 ! »

 

Selon le SIEN Unsa, "l’autorité hiérarchique locale n’hésite pas à solliciter les IEN pour des manipulations curieuses, discutables ou franchement malsaines ! Faire remonter des chiffres semble être devenu la priorité des départements et des académies. Tous les moyens semblent bons pour les obtenir : la menace (retrait de salaire, rappel des obligations des fonctionnaires…), la ruse (transformation des cotations inexploitables en un zéro qui ne veut rien dire mais qui est informatiquement exploitable) ou la « force » (« descente » d’un IEN éventuellement accompagné de ses conseillers pédagogiques)".

Le SIEN Unsa invite les inspecteurs à résister à ces pressions. "Veillons à pouvoir retourner dans les écoles la tête haute et sans qu’ait été entamé le contrat de confiance qui nous lie aux enseignants" écrit-il tout en promettant son appui aux IEN qui seraient inquiétés.

 

Le SNPI-fsu « appelle les inspecteurs à ne pas compromettre leur indispensable légitimité professionnelle au sein de leur circonscription, ainsi que la valeur de leur expertise institutionnelle nationale dans des opérations de manipulation des informations qu’ils ont à valider et à transmettre.

Ce genre de pratique déroge à l’évidence à la déontologie la plus élémentaire. Elle met à mal la neutralité du service public et la confiance des citoyens envers la fonction publique. Dans certains cas, les instructions délivrées par les IA-DSDEN s’apparentent à une demande de production de faux en écriture publique dénoncée par le Code de procédure publique et le Code pénal. Dans d’autres cas, les instructions sont accompagnées de menaces sur la carrière, voire sur la réussite au prochain oral d’un concours national de recrutement. Là encore, ce genre de pratique est dénoncée par la morale et les lois et il est susceptible de poursuites judiciaires ».

 

« Le limogeage spectaculaire de l’IA-DSDEN du Rhône a été à cet égard l’élément de trop dans cette gestion archaïque, irrespectueuse et contraire aux valeurs de notre république et de la démocratie. Désormais, tous les IA-DSDEN craignent de se voir renvoyés à tout moment. Une rumeur, plus ou moins fondée, nous est très récemment parvenue faisant état d’une « prochaine charrette » (sic). Dès lors, on ne peut s’étonner que certains IA-DSDEN perdent leur sang-froid et se livrent à des pratiques inadmissibles ».

 

 

 

Le SNUDI-FO obsédé par la « transformation des directeurs en supérieurs hiérarchiques »  

 

Tout, semble-t-il, est de nature à inquiéter les responsables du SNUDI-FO qui voient dans chaque réforme l’occasion pour le pouvoir de « transformer les directeurs en supérieurs hiérarchiques ».

 

 

Les EPEP

 

« Au bout de ce processus, la transformation des directeurs d‘école en chef de service d’un établissement autonome mutualisant plusieurs écoles aux ordres du maire/président de l’E.P.E.P., le transfert de l’enseignement spécialisé à l’équipe sans formation spécifique, sans qualification particulière. En un mot, la privatisation de l’école Publique ».

 

 

L’augmentation limitée de l’I.S.S. des directeurs  

 

« L’augmentation de l’I.S.S. pour les directeurs proposée aux organisations syndicales en échange d’un « statut » leur attribuant  « le pouvoir de ces personnels en matière de gestion des ressources humaines et budgétaires », « d’initiative pédagogique », dont la rémunération serait calculée selon le rapporteur de la loi de finance 2009, par la « prise en compte de la performance dans leur métier »vise à accompagner ce processus de transformation des directeurs d’école en chefs d’établissement dépendant du conseil d’administration de l’EPEP composé majoritairement d’élus locaux. »

 

 

Le renouvellement des EVS et AVS

 

Une délégation du SNUDI-FO 76 a été reçue par le Préfet le 23 mai 2008. Lors de cette entrevue, « FO a contesté l’avis demandé au directeur d’école dans les procédures de renouvellement. Celui-ci n’est pas l’employeur et ne saurait donc faire autorité. Ce n’est pas de leur responsabilité ».

Le Préfet estime que s’agissant d’emplois sensibles auprès de jeunes élèves, l’avis du directeur d’école ou du principal est non seulement légitime mais indispensable.

 

 

Stages de remise à niveau pendant les vacances

 

Le SNUDI-FO rappelle sa position  : « ce dispositif de prétendus "stages de remise à niveau" est un cheval de Troie pour la liquidation de l'enseignement spécialisé pendant le temps scolaire, pour la remise en cause des obligations de service des personnels, de leurs vacances, des modalités de leur rémunération... et pour la transformation des directeurs en supérieurs hiérarchiques ! »

 

 

60 heures d’aide personnalisée

 

Dans une motion, le SNUDI-FO 02 précise :

« Non à la transformation des directeurs en « chefs de service », ils n’ont pas à « viser » les tableaux de service, respect de leur indépendance professionnelle ».

 

 

Pour répétitive qu’elle soit, cette idée fixe doit être relativisée… Le SNUDI-FO ne représente qu’une infime minorité d‘enseignants. Rappelons qu’aux dernières élections professionnelles de décembre 2008, il n’a obtenu que 7,81 % des voix avec une participation de 62,6 %...

 

Cette rumination mentale qui occupe sans cesse le champ de la pensée de certains dirigeants de ce syndicat débouche sur une idée obsédante dont la persistance pourrait s’apparenter à ce que les médecins appellent « une névrose obsessionnelle ».

 

Nous tenons donc à rassurer nos collègues dirigeants du SNUDI-FO : NON ! Les directeurs d’école n’ont pas la volonté de se « transformer en supérieurs hiérarchiques » et il y a peu de risques que cela leur soit imposé « à l’insu de leur plein gré »…

 

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 14:20


La réforme en tempsde crise (chronique d'Alain-Gérard Slama).

« Après l'ajournement de la réforme du lycée, le grand débat est de savoir si l'aggravation de la crise est compatible avec la poursuite des réformes.

C'est que la réponse à la question de l'opportunité des réformes en temps de crise est vérifiée par l'expérience : dans les périodes d'inquiétude devant l'avenir, les réformes d'ordre économique et financier sont les plus nécessaires.

En revanche, les réformes qui touchent aux structures de la société et qui risquent de brouiller encore plus les repères sont, par définition, celles qui exigent le plus de prudence. […]

 

Deux parmi les meilleurs sociologues du système éducatif français, Christian Baudelot et Roger Establet, montrent, dans un précieux petit livre (1), que les contre-performances de notre école dans les classements internationaux ne résultent pas d'une infériorité dans la qualité des formations, mais précisément de ce que la crise de la cohésion nationale rejaillit sur l'école, qui en répercute les effets désintégrateurs sur les jeunes les plus défavorisés.

 

Que n'en concluent-ils à l'urgence de revenir aux fondamentaux de la méritocratie républicaine, au lieu d'en condamner « l'élitisme » ! Plus la République doute de son modèle, plus son système d'intégration fonctionne mal, et plus elle trouve de raisons de le condamner.

Notre école reste une des meilleures du monde. Ce qui lui manque, par rapport aux autres, c'est, selon la formule de Langevin, « l'entraînement à l'action ». Les autres pays y parviennent mieux, non certes parce qu'ils ont de meilleures élites, mais parce qu'ils ont confiance en eux-mêmes ».

 

(1) « L'Élitisme républicain. L'école française à l'épreuve des comparaisons internationales », de Christian Baudelot et Roger Establet, collection « La République des lettres », Seuil (à paraître le 12 mars).

 

 

La formation des enseignants

 

Le gouvernement maintient l’entrée en vigueur de la réforme de la formation des enseignants à l’année 2009-2010, affirment les ministres Xavier Darcos et Valérie Pécresse dès l’année universitaire 2009-2010.

 

La réforme prévoit que les futurs enseignants des écoles, collèges et lycées soient recrutés au niveau master (Bac + 5) et donc que leur formation soit confiée aux universités (et non plus aux IUFM, instituts de formation des maîtres).

Pour l’accompagner, "une commission de concertation et de suivi permanent sera constituée et coprésidée par un recteur et un président d’université", qui commenceront leur mission "dès le 16 mars".

Celle-ci fera des "recommandations" sur les conditions de sa mise en œuvre et "consultera régulièrement les organisations représentatives".

 

La première année d’exercice, les jeunes enseignants bénéficieront d’un "tutorat" et d’une "formation continue renforcée", permettant de "fortifier leurs connaissances disciplinaires ou professionnelles".

A ce sujet, des consultations entre le ministère de l’Education et les organisations professionnelles vont "prochainement" s’ouvrir.

Des précisions sont aussi apportées sur les stages : en master 1, les étudiants bénéficieront de stages d’observation ou de pratique accompagnée dans la limite de 108 heures et pourront avoir, en master 2, des stages en responsabilité jusqu’à un maximum de 108 heures.

 

En fait, rappelons-le encore, le véritable enjeu est l'emploi public. L’Éducation nationale économise ainsi l’année de formation rémunérée à plein-temps, soit de 500 à 700 millions d'euros ou près de 12 000 postes. Mais le temps presse pour que cette réforme entre en vigueur à la rentrée 2009.

 

 

Qui pour remplacer X. Darcos ?

 

Après les mouvements de lycéens fin 2008, à la demande de Nicolas Sarkozy, la réforme de la seconde a été reportée d’un an pour favoriser la concertation. Quelques jours plus tôt, le ministre répétait à qui voulait l’entendre qu’il ne reculerait pas sur ce dossier et se vantait de ne pas être « le ministre de l’Hésitation nationale ». Mais face à la contestation élyséenne croissante et après les « émeutes de la jeunesse » en Grèce, le chef de l’État a préféré revoir la copie. Et reprendre en main le dossier. X. Darcos a donc été recalé…

 

Subitement, le poste aux yeux de X. Darcos n’a plus la même saveur. Car pour la nouvelle année, Nicolas Sarkozy lui a fait un cadeau empoisonné : le flanquer de deux acolytes. Le premier Martin Hirsch a été nommé Haut-commissaire à la Jeunesse, le second, Richard Descoings, a été appelé en renfort pour relancer la réforme du lycée.

Un désaveu ? « Pas du tout », se défend le ministre de l’Éducation qui explique que R. Descoings est un ami et qu’il a proposé son nom à Nicolas Sarkozy. Ça ressemble à la méthode Coué !

 

Officiellement donc, aucun problème sous le soleil pour l’intéressé. « J’en vois qui écrivent que ma mission est terminée », a-t-il expliqué devant la presse le 22 janvier. Avant de se défendre : « Une lettre de mission c’est une rampe de lancement que vous donne un président. Sur cette rampe, une fusée ne s’arrête pas en cours de route parce qu’elle a décollé. Il faut continuer ».

 

N’empêche, X. Darcos marque le coup. Dur à avaler pour l’ex-favori de Sarkozy ! Car le ministre membre du « G7 » (les 7 chouchous du Président à savoir Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Xavier Darcos, Eric Woerth, Nadine Morano) commençait à rêver d’une promotion à Matignon qui serait venue récompenser ses dix-huit mois de gestion du « mammouth ».

 

« Il a fait jusque-là un sans faute », expliquait un conseiller du président, avant l’épisode de décembre. Mais voilà les temps ont changé. « Il ne parle plus de Matignon », raconte un de ses collègues ministres. « Darcos est défait », poursuit un autre. « Il comprend qu’il est assis sur une pétaudière. Il n’a qu’une envie, c’est quitter ce ministère. Mais pour aller où ? » Pour aller dans un bon gros ministère régalien avec de grosses responsabilités.

 

Selon l’Express, un conseiller à l'Elysée pour les questions de justice, Patrick Ouart est allé, dans la plus grande discrétion, rendre visite à Xavier Darcos à la fin de novembre 2008.

Très écouté par le chef de l'Etat, cet ancien magistrat souhaitait confier au ministre de l'Education nationale qu'il était le candidat perçu pour remplacer, au poste de garde des Sceaux, Rachida Dati,

 

Depuis cette visite, le départ de l'actuelle locataire de la Place Vendôme est devenu une certitude : elle quittera ses fonctions à l'occasion des élections européennes du 7 juin.

Voilà qui tombe bien, dit-on dans l’entourage du ministre de l’Education...

 

Se trouvera-t-il un « volontaire » pour occuper le fauteuil de Xavier Darcos à la tête du ministère de l’Education nationale. Un fauteuil inconfortable doublé d’un siège éjectable…

 

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 14:10

La première partie de notre annonce (recherche ministre) ne s’applique pas spécifiquement à l’Education nationale.

En effet, ainsi que le dit Stéphane Rozès, directeur général de l’Institut CSA et enseignant en Sciences politiques, « les ministres ne semblent pas exister ». Et d’ajouter que « le président occulte ses ministres qui en deviennent invisibles ».

Médiateurs, émissaires, missionnaires, commissionnaires, conseillers du Président : tout ce monde gravite autour de l’Elysée, communique sous son égide, met un peu plus sous l’éteignoir un gouvernement déjà très éclipsé par le Président.

Les ministres sont d’ailleurs classés en diverses catégories (grillés, mal-aimés…). Xavier Darcos qui a perdu tout crédit est rangé parmi les « ministres grillés ».

Pourtant, le ministre de l’Education nationale n’a ménagé ni sa peine ni son temps pour appliquer à la lettre et avec beaucoup de zèle les directives de Nicolas Sarkozy.

 

La seconde partie de notre annonce (…élaborer réformes de structure) concerne explicitement le ministère de l’Education nationale.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis sa nomination, Xavier Darcos n’est pas resté inactif. Il a pris énormément de mesures : politiques voire idéologiques (SMA), sociétales (suppression des cours le samedi) ou comptables (suppressions de postes par milliers).

La refonte des programmes découle logiquement de la réduction de la semaine à 4 jours, mesure prise sans réflexion et qui devra être révisée tant elle est décriée par les chronobiologistes.

Les stages de remise à niveau et l’aide personnalisée n’ont d’autre objectif que de « sédentariser » les RASED pour économiser des postes.

 

Dans le premier degré, une véritable réforme de structure semblait pouvoir aboutir : la création d’EPEP. Une proposition de loi était prête et 500 postes administratifs provisionnés. Patatras ! La voilà mort-née avant même que d'être discutée.

 

Par réforme de structure, nous entendons ce qui modifie en profondeur et durablement le fonctionnement de l’école. Pour ne prendre qu’un  exemple, dans le 1er degré, ce serait le cas des EPEP…

Par réforme d’aménagement, il faut comprendre ce qui touche à la refonte des programmes, à la modification de la semaine scolaire…

Même si les secondes réformes ont une incidence (en bien ou en mal) sur le travail des enseignants, elles n’engendrent pas de modification majeure, ni du fonctionnement de l’école, ni du statut de ses personnels.

 

On peut noter que toutes les réformes accomplies ou en voie de l’être ne sont guidées que par une approche comptable plutôt que pédagogique. Cette approche comptable est en fait dictée par l’Europe qui oblige tous ses membres à mettre en place la RGPP (relire nos nombreux articles traitant de ce thème). Et c’est là qu’il faut chercher le côté néfaste de la plupart des réformes mises en place. 

 

Sensée dégager 5 milliards d'économie dans le budget de l'Etat, la RGPP a lié impératif budgétaire, conservatisme éducatif et précipitation. Sous prétexte d'efficacité, le gouvernement a officiellement lié les réformes de structure qu'il envisage (organisation des enseignements et des filières, métier d'enseignant) à la défense d'un programme pédagogique traditionaliste (le recentrage de l’école sur les apprentissages fondamentaux).

 

Beaucoup pensaient que la nécessité de dégager des économies allait enfin amener de la raison et imposer des réformes de structure attendues depuis longtemps. La crise budgétaire pose les questions de l'efficacité de l'Ecole. D'une nécessaire refonte des programmes, des filières et des horaires, on pouvait espérer que le ministre saurait dégager des moyens pour se doter des outils d'encadrement et d'animation proches du terrain qui font défaut dans le système français. Enfin la même crise pouvait pousser à redéfinir le métier d'enseignant en lui redonnant toute sa dimension éducatrice et formatrice.

 

Au-delà des annonces sur l’organisation de la scolarité, la réforme Darcos était plus une réforme de comptable que d’Etat et, en ce sens, elle ne pouvait que manquer de souffle et d’ambition.

 

A coup sûr, ce que l’on retiendra le plus des mesures Darcos, ce sont les suppressions de postes par milliers (25 000 en 2 ans).

 

 
Le 4 janvier dernier, dans un article intitulé « Xavier Darcos englué dans la RGPP », nous insistions sur le fait que notre pays n’est pas le plus dépensier en matière d’éducation pour sa jeunesse.

 

Nous écrivions ceci :

 

Posant le postulat que personne ne souhaite affaiblir les résultats scolaires de la jeunesse de son pays, tout un chacun se pose alors la question suivante : « Les dépenses de la France pour l’éducation sont-elles à ce point supérieures à celles des pays voisins comparables et les résultats scolaires de ses enfants sont-ils jugés à ce point excellents qu’on puisse réduire fortement les coûts sans nuire à la qualité de l’enseignement ? »

 

Sur le plan des dépenses, la réponse est fournie par l’OCDE :

 

L’Education nationale française dépense 5430 euros en moyenne par élève en primaire et secondaire, les Etats-Unis et la Suisse (8580 euros), les pays scandinaves, l’Autriche, le Canada (6000 à 6400). La moyenne de l’OCDE est 5343.

 

Pour le primaire, la France dépense 3575 euros, les pays européens 3861. Pour les collèges, 5434 contre 4648. Pour les Lycées, la France, avec 7150 contre 5362, est à égalité avec l’Allemagne, au quatrième rang européen, n’étant dépassée que par le Luxembourg (12 368), la Suisse (10 723) et la Norvège (8576).

La France consacre au primaire et secondaire (BTS compris), 4,2% de son PIB, plus que la moyenne de l’OCDE (3,9%). Mais elle est parmi les pays dont la part scolarisable de la population (5-14 ans) est la plus élevée. La part du privé, 0,3%, est aussi à la moyenne, elle est nettement plus élevée en Suisse, Grande Bretagne et Allemagne.

Les 5-14 ans suivent, au total, 7500 heures de cours contre une moyenne OCDE de 6800; l’écart est surtout important dans le secondaire.

 

La France compte 19,4 élèves par enseignant dans le primaire (moyenne OCDE 14,1).

 

On voit bien que là où l’effort français est moindre, c’est dans le primaire. Dans l’ensemble, les temps d’enseignement imposés à nos enfants de 7 à 14 ans, sont parmi les plus élevés. Quant à la taille des classes, c’est encore le primaire, qui est moins bien loti en France qu'à l’étranger.

 

Les finances de la France imposent des économies importantes. Mais elles ne doivent pas être réalisées en priorité sur le dos de la fonction publique d’Etat.

D’ailleurs, durant la campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy avait bien expliqué que la gabegie provenait des doublons en fonctionnaires dans les collectivités territoriales

 

 
C’est très exactement ce que résume Franz-Olivier Giesbert sur RTL le 6 mars 2009 :

 

« Nos collectivités locales fonctionnent comme une usine à gaz. Nous avons empilé les échelons, ce qui évidemment renchérit les coûts, et dilue les responsabilités.

La preuve que ça cloche, c'est que le nombre des fonctionnaires territoriaux a pratiquement doublé en 20 ans, pour s'approcher des deux millions. Ils ne sont évidemment pas gérés du tout. Loin de moi l'idée de les montrer tous du doigt, et tant pis si je déclenche une tempête de protestations téléphoniques, mais il faut savoir que leur taux d'absentéisme, de 13%, pour raison de santé notamment, est beaucoup plus important que celui de la fonction publique d'Etat qui est de 7,3%, chiffre déjà plus élevé que celui du privé. Vous atteignez ainsi le chiffre de 22% d'absentéisme, 22% à Aix en Provence, on se frotte les yeux. Que voulez-vous, on a la santé fragile dans la territoriale.


L'économiste Jacques Marseille a d'ailleurs calculé qu'avec le taux d'absentéisme de la fonction publique d'Etat, la fonction publique territoriale aurait besoin de 100.000 fonctionnaires de moins.

Désolé, je sais que je vais me faire agonir, mais c'est la réalité, si les noms ont un sens, ça s'appelle de la gabegie.


Ce qui est sûr, c'est que le mille-feuilles composé par les différents échelons, régional et départemental, une particularité française, fabrique plus de bureaucratie et plus de surcoût. Il faut donc simplifier ce système, le rationaliser, et il y a quelque chose de comique à entendre nos politiciens entonner l'air des grands principes au nom de leur clocher ou de leur terroir, avec la même arrière-pensée, qu'ils soient de droite ou de gauche : "touche pas à mon mandat", dans les deux sens du terme, électoral et pécuniaire
 ». (Franz-Olivier Giesbert sur RTL – 6 mars 2009)

 

 

On le voit, le gouvernement a fait des « coupes sombres » dans les dépenses là où c’était le plus facile et le plus injuste. Evidemment, il n’est pas facile de « tailler » dans les effectifs des collectivités territoriales sans s’attirer les foudres des « baronnies » locales.

 

Certes, d’autres « réformes » toucheront l’Education nationale dans les mois à venir, mais ce ne seront, une fois de plus, que des mesures comptables (nouvelles suppressions de postes par milliers) ou des aménagements scolaires (classe le mercredi, horaire de l’aide personnalisée…).

Les indispensables réformes de structure seront reportées au prochain quinquennat.

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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