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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 17:54

 

Le 29 mai dernier se déroulait la CAPD pour l’accès à la Hors Classe dans l’académie de Lille. L’occasion pour les syndicats de rappeler leur opposition à la proposition ministérielle donnant aux IA la possibilité d’accorder un point supplémentaire aux directeurs d’école.

 

Nous avons consacré deux articles sur ce thème :

-       Directeurs d’école : Point supplémentaire pour accès à la hors classe (le 18 avril 2009)

-       Accès des directeurs à la HC : le point de la discorde… (le 28 mai 2009)

 

En préambule de la CAPD du 29 mai, le SNUipp a tenu à faire la déclaration suivante :

 

 

Monsieur l'Inspecteur d'Académie,

 

Avant l’ouverture de la CAPD du 28 mai dernier la délégation du personnel dans son ensemble (Sgen, SNUipp et SE) avait demandé le report à l’ordre du jour du point sur la Hors classe arguant du fait que « La note de service ministérielle du 2 avril dernier indique que les IA peuvent attribuer aux directeurs un point supplémentaire pour le calcul du barème du passage à la hors classe. »

Vous avez fait le choix d’appliquer dès cette année, cette possibilité.

 

Pourtant, lors du groupe de travail du 12 mai dernier, la délégation du personnel, dans son intégralité, vous avait déjà fait part de son opposition et avait demandé la suspension de cette application par respect et solidarité envers les collègues ayant reporté leur départ à la retraite l'an dernier pensant de bonne foi pouvoir accéder à la hors-classe.

Où est la prise en compte de l’avis unanime des délégués du personnel ?

 

Avant l'ouverture de cette CAPD, nous attirons votre attention sur le fait que cette bonification est loin
d’être appliquée sur tout le territoire tant au niveau des départements qu’au niveau des académies.

De plus, nous considérons que ce point à l’ordre du jour ne peut être traité sérieusement que si nous avons communication préalable de toutes les informations complètes concernant tous les collègues inscrits au tableau d’avancement à la HC, informations promises le 12 mai puis le 28 mai, en vain.

C’est pourquoi le SNUipp réitère sa demande : « appliquez le barème classique pour cette année, suspendez la possibilité qui vous est offerte d’augmenter d’un point le barème hors classe de tous les directeurs

 

Aujourd’hui l’Inspecteur d’Académie a maintenu sa décision d'attribuer un point supplémentaire dans le barème de la Hors-classe aux directeurs d’école.

 

Le SNUipp-FSU a demandé un vote à bulletin secret de la CAPD sur cette question. Les dix représentants de l’administration et les dix représentants des personnels (5 SE, 4 SNUipp, 1 Sgen) ont voté de la manière suivante à la question : « Etes-vous favorable à l’application d’un point supplémentaire au barème de l’accès à la hors-classe des professeurs d’écoles pour les directeurs ? »

       

Pour : 10             Blanc : 4         Contre : 6

 

Pour le SNUipp, la seule solution à l'avancement dans la carrière doit être la transformation de la HC
en un 12ème échelon. C'est le seul moyen pour que tous les collègues aient la possibilité d'accéder à l'indice terminal de 783.

La Hors Classe telle qu'elle existe est injuste et inaccessible pour près de 9 enseignants sur 10 !

 

 

L'analyse des résultats du vote secret demandé par le SNUipp fait apparaître que les 10 voix « pour » sont celles des représentants de l’administration. Les 4 délégués SNUipp ayant voté « contre », cela signifie que les 6 délégués restants (5 SE et 1 SGEN) se sont répartis en 2 « contre » et 4 « blanc ». En tout état de cause, au moins 1 SE a voté « contre ». 

 

Le SNUIpp-FSU a profité de cette CAPD pour demander à l’Inspecteur d’académie :

 

-       de fournir à tous les délégués du personnel les documents leur permettant de remplir le mandat pour lequel ils ont été élus

-       d’arrêter le principe de groupe de travail sur les règles départementales qui définissent les départs en stage CAPA-SH, le mouvement, la formation continue, l'inspection/notation.

 

L’IA a répondu favorablement à ses demandes et les documents tant réclamés devraient être envoyés.

 

 

La CAPD sur le point de s’achever, quelle ne fut pas la surprise des participants d’entendre le SNUipp intervenir sur un sujet n’ayant strictement rien à voir avec l’ordre du jour de la réunion…

Nous reproduisons, ci-après, intégralement le communiqué du SNUipp :

 

-------------------------------------------------------------

 

« Avant la clôture de la CAPD, le SNUipp-FSU a posé une question innocente :

« Qui arrête la répartition des classes au sein des écoles ? »

 

Réponse de l’IA :

 

« La répartition des moyens est arrêtée par le directeur de l’école après avis du conseil des maîtres. Par ailleurs les IEN rappelleront les principes sur les classes ne devant pas être attribuées aux T1, les postes langues et les temps partiels.

Toutefois cela n’est pas systématique et les réalités de chaque école doivent être prises en compte.»

 

Pour le SNUipp, la répartition des classes et des élèves se fait donc en conseil des maîtres où chacun compte pour un. Ce n'est qu'à l'issue du débat où chacun peut développer son avis que les décisions sont arrêtées. »

 

-------------------------------------------------------------

 

Mais pourquoi, diantre, cette question a-t-elle été posée ? Quel intérêt le SNUipp avait-il à questionner l’Inspecteur d’académie sur ce sujet précis ?

Il est pourtant évident que le SNUipp connaît les textes qui régissent les attributions du directeur d’école… Etait-ce pour envoyer un message subliminal à un collègue directeur qui ne respecterait pas la procédure ? Etait-ce pour lancer un avertissement à un IEN souhaitant s’immiscer dans le processus ? Nous savons que dans certaines écoles, l’IEN a été appelé à la rescousse du directeur qui ne veut ou ne peut trancher dans un conflit qui l’oppose à ses adjoints sur l’attribution de classes…

Autre hypothèse : ayant mal vécu sa défaite sur le point supplémentaire accordé aux directeurs pour l’accès à la Hors Classe, le SNUipp a-t-il tout simplement voulu montrer sa mauvaise humeur en rappelant qu’il n’a pas renoncé à instituer un Conseil des Maîtres Décisionnaire ? Etait-ce, pour lui, une manière de relancer le débat ?

 

Toujours est-il que, ce 29 mai, le SNUipp a manifesté, à deux reprises, son hostilité à la reconnaissance du rôle éminent du directeur dans son école.

Une première fois, en refusant de lui accorder un avantage de carrière. L’aurait-il refusé de la même façon aux psychologues ou aux conseillers pédagogiques s’il s’était agi d’eux ?

Une seconde fois en rappelant inutilement que « chacun compte pour un ».

 

Que le SNUipp se rassure, les directeurs ne demandent rien d’autre que de « compter pour un » car, pour l’instant, ils ont trop souvent le sentiment ou l’impression de ne « compter pour rien ».

 

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 10:22

Il aura suffi d’une annonce sur la messagerie de l’IA 59 pour mettre le feu aux poudres. Le 2 juin dernier, l’Inspection académique du Nord adresse le message suivant aux directeurs d’école :

 

-------------------------------------------------------------

 

J'ai l'honneur de vous transmettre une information de l'IRA qui ouvre une classe préparatoire à son concours aux  jeunes diplômés défavorisés.

Cette mesure pouvant intéresser l'assistant d'éducation ou la personne en contrat aidé de votre école, je demande de bien vouloir lui apporter cette information en urgence


Ouverture d’une classe préparatoire intégrée à l’IRA de Lille le 1er septembre 2009

L’Institut régional d’administration de Lille met en place à la rentrée 2009 une classe préparatoire intégrée (CPI) à destination des étudiants ou demandeurs d’emploi de condition modeste, afin de les préparer au concours externe de l’IRA.

 

La classe préparatoire intégrée est une aide à la préparation de l’écrit et de l’oral du concours externe d’attaché d'administration de la fonction publique d’Etat. Elle a pour but d’apporter un soutien pédagogique renforcé, un appui financier et un accompagnement particulier. La CPI se déroule au sein de l'IRA en coordination avec les instituts de préparation à l’administration générale (IPAG) de Lille et de Nanterre.

 

Les bénéficiaires de la CPI sont sélectionnés parmi les étudiants ou demandeurs d'emploi qui

• possèdent une licence, un autre titre ou diplôme classé au moins au niveau II, ou une qualification reconnue au moins équivalente à l'un de ces titres ou diplômes ;

• répondent à certains critères (plafond de ressources, études en ZEP, domiciliation, etc.) ;

• témoignent d'une réelle motivation pour la CPI, évaluée lors d'un entretien de sélection.

 

L'aide apportée par la CPI

• Un soutien pédagogique, un soutien méthodologique, un entraînement aux épreuves, un accompagnement personnalisé ;

• Un soutien matériel avec une aide financière via les allocations pour la diversité et la possibilité d'obtenir une bourse d'enseignement ;

• Un stage d'observation de 15 jours dans une administration.

 

 

-------------------------------------------------------------

 

Dans les heures qui suivent, la messagerie des écoles est envahie de messages d’EVS dont l’inquiétude légitime grandit à l’approche de leur fin de contrat. En effet, nombre d’EVS expriment leur crainte de se trouver sans emploi si leur contrat n’est pas renouvelé.

 

Le premier courriel provient de l’APCPMS (Association pour la Pérennisation des Contrats Précaires en Milieu Scolaire) qui met un forum à disposition des « Assistants de Direction d’Ecole ».

 

« Que de mépris ..............

Comment peut-on se sentir valorisé (s) après avoir reçu vos deux derniers mails ?

Le premier tout d'abord qui nous envoie "réviser" pour préparer un concours pour lequel on sait qu'il y a 20 000 candidats pour 4 postes ?

Offre de formation qui n'est pas valide n'est-ce-pas ? Vous deviez nous faire des propositions dès la rentrée 2006.

Le second mail avec l'attestation de compétences est le reflet de la façon dont vous nous (dé)considérez.
Qui parmi les EVS aurait eu l'incorrection d'envoyer un document aussi mal présenté, aussi sale ?

Cette attestation bordée de noir n'est vraiment pas acceptable.

Pouvons-nous espérer avoir une copie "propre" ? Merci »

Jeanne LE COROLLER

Présidente de l'APCPMS (Association pour la Pérennisation des Contrats Précaires en Milieu Scolaire)

 

 

En réaction, les interventions des EVS se multiplient. Nous avons décidé d’en publier quelques-unes. Les messages sont repris sans modification. Seules les fautes nuisant à la compréhension ont été corrigées.

 

 

« De plus, que pourra nous apporter cette attestation pour un futur emploi ? Ceci n'est pas un diplôme, est-ce qu'elle nous ouvrira d'autres portes, d'autres petites annonces qui demande généralement des bac+2. Je ne le pense pas malheureusement.»

 

« En ce qui me concerne, je ne souhaite aucunement avoir une attestation de compétences, je ne sais pas à quoi cela me servirait avec un BTS d'assistante de direction, je n'ai rien appris de nouveau loin de là !!

De toute façon, ce genre de contrat n'est jamais pérénisé, on se sert de nos compétences et on nous jette au final

je vous souhaite à tous de trouver un job qui paie correctement. »

 

« Ça, on le savait en signant, ce sont des contrats sans rien au bout. Ce sont les mêmes contrats qu'emploi-jeune, la différence c'est que ce ne sont plus des 35 heures mais des 26 ou 20 h. Ce sont des contrats qui font tourner le chômage et malheureusement pour nous qui ne nous rajeunissent pas car les contrats changent de nom et de durée mais nous végétons tout en prenant de l'âge. »

 

« A tous mes collègues EVS. Je pensais terminer en juin mais je suis renouvelé jusqu'au 31 octobre (j'ai commencé à l'origine un 1er novembre). Je pourrais donc prétendre à la VAE car j'aurais 36 mois. Si vous terminez en juin je pense que vous pouvez prolonger jusqu'en aout. Prenez contact avec votre collège employeur.»

 

« Pour info rien n'est encore décidé, il nous faut tenir bon car certains députés nous défendent et que tout peut encore changer d'ici la semaine prochaine... à suivre et gardons notre poste!!! »

 

« Je suis EVS administratif et aussi délégué syndical du Snudi FO section EVS AVS (et oui ça existe aussi...). Mon contrat, comme pour 32 000 EVS en France, se fini le 30 Juin. Pour information à toutes ces personnes qui se disent gêné par tous ces mails, il faut savoir que l'état avait obligation de nous former et de nous donner une qualification à la fin de nos 3 ans. Mais nous n'avons rien eu de tout cela. Et même pire, nos contrats sont des contrats privés qui obéissent aux règles du code du travail et qui dit que pour valider nos acquis il faut exercer le même travail sur le même lieu pendant 36 mois; nous n'avons que 32 mois validés. 

CONCLUSION: Nous attendons toujours les formations utiles, nous voulons que l'état tienne ses promesses en nous permettant d'aller jusqu'à 36 mois pour avoir la VAE et nous aimerions que tous le personnel de l'Education Nationale nous soutienne.

A ce jour beaucoup d'action sont en cours:

Une pétition intersyndicale circule (avec plus de 25 000 signature à ce jour) pour empêcher la précarité de nos emplois.

Plusieurs dossiers partout en France sont aux Prud'hommes (car nous avons des contrats privés) pour obliger l'état à corriger ses fautes.

Des manifestations ont été faites et vont encore avoir lieu avant la fin de l'année.

La lutte n'est pas encore fini, soutenez nous ! »

Loic Amédro EVS et Délégué syndical Snudi FO

 

 

D’autres réactions continuent d’arriver sur la messagerie. Certaines plus favorables émanant de directeurs compréhensifs…

 

 

« je n'aime pas encombrer la boite et je comprends que ça puisse agacer, mais tout de même !!! mettons nous à leur place!

ce n'est pas parce qu'on signe pour 3 ans qu'on n'a pas l'espoir de sortir avec un diplôme valable ou qu'on puisse espérer que les statuts changeront et qu'on nous gardera

je suis directrice d'école, mon EVS m'est devenue indispensable car je ne suis pas déchargée, de plus elle fait partie intégrante de notre équipe, elle s'est investie a fond pour l'école et je trouve injuste et dommage qu'elle doive nous quitter après 3 ans de bons et loyaux  services!

alors ils ont droit a la parole tout de même pour laisser sortir leur mécontentement, même si en vérité ça ne servira pas a grand chose, j'en ai peur!!

Soyons un peu indulgent pour nos collègues EVS et n'acceptons pas la précarité des emplois sous prétexte qu'on le savait au départ !!! c'est trop facile ! Nous sommes fonctionnaires et nous avons la chance énorme d'avoir nous la sécurité de l'emploi ! alors madame la directrice, votre mail m'a quelque peu énervé face a des personnes bientôt sans emploi, qui ont ouvert votre boite mail pendant 3 ans pour 800 euros par mois, un peu de compassion, s'il vous plait !!

merci, une collègue directrice d'école qui souhaite bonne chance aux EVS!!! »

 

« Savez-vous que d'anciens emplois jeunes sont devenus enseignants? Et que, EUX, je ne les ai jamais entendu râler ? » 

« MOI, moi, moi .......

voilà ce qui nous réduit à l'état d’esclaves, Mesdames et Messieurs.

Le jour ou chacun aidera l'autre n’est pas encore venu, et à lire vos messages, je crains fort qu’il n’arrive jamais.

j' ai hésité à "encombrer" les boites mails de ces chers directeurs dont je suis, mais l' égoïsme qui suinte à travers certains mess m' écœure : bien sûr qu' elles ne sont destinées qu' au travail et non à la revendication, (çà , tout le monde le sait alors pas besoin de l' écrire ) , mais un peu de compréhension ne fait de mal à personne :

moi, je dis : merci, les AVS, pour tout le travail que vous avez fait ! »

 

« Merci beaucoup madame pour cette considération !
Une EVS qui est encore là pour 2 ans mais qui aimerait rester bien plus longtemps.
 »

 

 

Comme cela s’était déjà produit en 2006 avec à la signature du protocole par le SE-Unsa, quelques collègues directeurs ne supportent pas de voir la messagerie transformée en forum. Ils réagissent vigoureusement à cet « envahissement »…

 

 

« MERCI DE NE PAS UTILISER LA BOITE MAIL ACADEMIQUE COMME UN FORUM ! »

 

« Merci de bien cibler votre correspondant, les écoles qui ne sont pas concernées par votre courrier sont noyées de mails !!!!!!! Attention à cliquer au bon endroit !!!!!! »

 

« OH Ras le bol ! »

 

« Serait-il possible d'éviter d'encombrer les boites de vos plaintes ou autres; pour infos; il n'a jamais été question de titularisation de vos emplois, de plus en signant vous étiez au courant qu'il n'y avait possibilité que de 2 renouvellements et que vous ne postuliez que pour un contrat de 26 h et pas plus. Ce n'est pas 3 ans après qu'il faut vous plaindre mais dès le début. A ce que je sache vous n'avez pas craché que sur l'emploi proposé. SVP éviter d'encombrer notre messagerie réservée aux mails venant de l'inspection. Une directrice d'école qui n'a jamais rien dit pendant 3 ans mais qui cette fois ci en a marre (16 messages, que des d'EVS, il y en a marre !!!)
ps : bon courage quand même à ceux et celles qui doivent retrouver du travail
 »

 

« Tous les ans depuis qu'existent les EVS, à la même époque, les boîtes aux lettres des écoles sont surchargées par des messages personnels. Tous les directeurs sont conscients des difficultés des EVS ; pour autant, les boîtes aux lettres des écoles ne sont pas le lieu requis pour tous types de récriminations. C'est une véritable inondation, et nous, directeurs d'école, sommes impuissants à vous aider dans cette lutte. De grâce donc, ne surchargez plus nos boîtes OFFICIELLES...

Une directrice d'école...parmi d'autres »

 

 

C’est alors qu’entre en scène un délégué du personnel SNUipp pour prendre la défense des EVS et s’insurger contre les quelques réactions négatives.

 

 

« C'est pitoyable d'entendre un discours pareil de la bouche d'une directrice d'école publique !

et je m'arrête là ...........

Pascal B. délégué du personnel SNUipp-FSU »

 

 

C’était prévisible… Toute intervention syndicale est désormais saluée de réactions hostiles de directeurs qui n’acceptent plus les rodomontades de responsables syndicaux. Du coup, la discussion change de sujet. C’est haro sur le syndicaliste !

 

 

« Vous avez dit pitoyables ????

Ah, il existe des délégués du personnel pour les écoles publiques ?

C’est une nouvelle…

On devrait peut-être leur signaler que les directeurs (trices) mériteraient aussi que l’on s’intéresse à eux (elles).

Je m’arrête là…..

Un directeur d’école qui, comme beaucoup, se sent bien seul !!!!! »

 

« NON, cher collègue directeur, tu n'es pas seul, la majorité silencieuse te soutient. Comme pour les élections, l'abstention l'emporte TROP souvent. »


« Ce qui est pitoyable, c'est que le délégué du personnel réagisse si vivement pour un mail de directeur; Les directeurs ont besoin de temps de décharge supplémentaire, pour ne pas avoir à cautionner des emplois précaires.

Pas souvent vu cette demande dans les revendications. »

 

« Tout à fait d’accord avec toi, du temps, c’est ce qui nous manque. »

 

 

Nous ferons l’impasse sur les nombreux courriels de soutien aux EVS ou de colère contre la transformation de la messagerie en forum pour ne retenir que le message d’un collègue qui fait preuve d’humour pour railler les « râleurs »…

 

 

« Chers tous, et surtout chers râleurs indignés par les, comment vous dites : "encombrements" ? Oui, c'est ça...

Je suis désolé... mais j'ai des problèmes de compréhension... de syntaxe ou de vocabulaire, je ne suis pas sûr de moi...

Car ça veut dire quoi "encombrer"... Comme un embouteillage sur la route où on se traîne pendant des heures ? Encombrer comme pour les voies respiratoires lors d'une méchante grippe aviaire ? Encombrer comme encombrants, ces vieilleries qu'on pose sur les trottoirs pour les revendre à une brocante ? Mais non, ça signifie qu'il y a des messages qui encombrent et d'autres pas, des messages qui nous flanquent la grippe aviaire et nous font perdre du temps dans les embouteillages des boites mail...

Ciel, perdre du temps, vérifions :

1. Je saisis la souris (2 sec)

2. Je clique sur le message à lire (1sec)

3. Je lis le message (10 sec)

4. Je clique sur effacer (1 sec)

5. Je repose la souris (2 sec)

6. Et allez, soyons généreux, appuyons sur "vider le dossier éléments supprimés" (2 sec)

Total 18 secondes... Ah zut... quel gâchis... 18 secondes précieuses et ultimes... dans la vie tourmentée d'un haut responsable du plus beau métier du monde...

Et au fait, combien de temps pour écrire un message pour dire que ces messages nous encombrent : je ne sais pas, mais réflexion comprise (c'est-à-dire en comptant le temps pour réfléchir... ), j'ai mis 3 minutes environ pour rédiger celui que vous lisez...

Ah pardon, "réflexion comprise"... Il faut sûrement compter moins... 

Car pour ce genre de message digne d'une éruption d'acné juvénile, d'un éternuement ou de toute manifestation spontanée d'intolérance, je pense que le temps d'un aboiement suffit...

Il faudrait que la S.P.A adopte enfin les nombreux abandonnés de l'Education Nationale et qu'elle vaccine d'urgence ceux qui ont attrapé la rage... surtout qu'à l'approche des vacances... on va en retrouver beaucoup attachés aux arbres...

Mr Lefebvre, directeur »

 

 

Cette passe d’armes n’est pas sans nous remettre en mémoire la chanson de Brassens « l’hécatombe »

 

« Au marché de Brive-la-Gaillarde, à propos de bottes d'oignons,
Quelques douzaines de gaillardes se crêpaient un jour le chignon.
A pied, à cheval, en voiture, les gendarmes, mal inspirés,
Vinrent pour tenter l'aventure d'interrompre l'échauffourée.

Or, sous tous les cieux, sans vergogne, c'est un usage bien établi,
Dès qu'il s'agit de rosser les cognes tout le monde se réconcilie.
 »

 

 

Le parallèle avec cette chanson est évident. Chaque fois qu’un responsable syndical intervient auprès de directeurs, la réaction ne se fait pas attendre : il est immédiatement contré et fait quasiment l’unanimité contre lui.

C’est dire le climat délétère qui s’est instauré entre syndicalistes et directeurs d’école…

 

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 22:58
C03-40.jpg

Dépenses éducatives en chute libre, inégalités dans leur répartition : une étude de la D.E.P.P. (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) vient confirmer le sentiment général. Contrairement à ce qu’ont longtemps affirmé plusieurs ministres de l’Education nationale, la dépense intérieure d'éducation ne cesse de diminuer.

De 7,6% en 1995 elle est descendue à 6,8% en 2006 puis à 6,6% en 2007.  La part de l'Etat dans la DIE (dépense intérieure d’éducation) qui était de 61% en 1980 ne représente plus que 55% en 2007. Inversement celle des collectivités locales est passée de 14 à 23%.

 

En 2007, la dépense intérieure d’éducation (DIE) – mesure de l’effort consenti par la collectivité nationale pour le fonctionnement et le développement du système éducatif de la métropole et des DOM – est estimée à 125,3 milliards d’euros, ce qui correspond à 1 970 euros par habitant, ou encore à 6,6 % du produit intérieur brut (PIB).

Globalement, de 1980 à 2007, la dépense intérieure d’éducation, avec un taux de croissance annuel moyen de 2,3 %, a crû légèrement plus vite que le PIB (2,2 %).

 

De multiples facteurs expliquent la croissance du coût de la DIE sur le long terme : l’accroissement du nombre d’élèves et d’étudiants, les modifications de la structure de cette population scolaire, avec une augmentation des filières plus coûteuses (enseignement supérieur, filières technologiques…) et surtout l’augmentation du coût unitaire de chaque élève (en fonction des taux d’encadrement, des revalorisations salariales des enseignants…).

 

Depuis 1996, la dépense d’éducation progresse moins vite que le PIB et sa part au sein du PIB décroît régulièrement, atteignant 6,6 % en 2007.

 

 

Evolution de la part de la dépense intérieure d'éducation (DIE) dans le PIB

           

 

DIE

 

DIE

Croissance

Croissance

 

en prix courants

Part

aux prix 2007

annuelle*

annuelle*

 

(milliards

DIE/PIB

(milliards

de la DIE

du PIB

 

d'euros)

(en %)

d'euros)

prix 2007 (en %)

prix 2007 (en %)

1980

28,5

6,4

67,9

 

 

1985

50,7

6,7

78,8

3,0

2,0

1990

68,0

6,6

90,4

2,8

3,2

1995

91,3

7,6

111,1

4,2

1,2

2000

104,9

7,3

121,5

1,8

2,8

2001

107,3

7,2

121,9

0,3

1,9

2002

110,8

7,2

122,9

0,8

1,0

2003

113,1

7,1

123,1

0,2

1,1

2004

115,6

7,0

123,8

0,6

2,5

2005

117,5

6,8

123,4

-0,3

1,9

2006

122,1

6,8

125,1

1,4

2,2

2007

125,3

6,6

125,3

0,2

2,2

 

 

 

Les dépenses de personnel représentent les trois quarts de la dépense d’éducation : 52,6 % pour le personnel enseignant (soit 53,8 milliards d’euros) et 22,4 % pour le personnel non enseignant (soit 22,9milliards d’euros). Les autres dépenses de fonctionnement représentent 16,2 % de l’ensemble et les dépenses d’investissement 8,8 %.

 

Mais on constate des différences selon le niveau d’enseignement. Les dépenses en personnel non enseignant, par exemple, sont nettement plus importantes dans l’enseignement préélémentaire (32,3%de l’ensemble) que dans l’enseignement élémentaire (22,5 %) ou dans l’enseignement du second degré (18,5 %) en raison de la présence des « agents territoriaux spécialisés d’écoles maternelles » (ATSEM) rémunérés par les communes.

 

La dépense moyenne par élève du premier degré (1) s’élève à 5 350 euros (y compris les dépenses concernant les élèves relevant de l’adaptation scolaire et la scolarisation des élèves handicapés, ASH). Le coût d’un élève scolarisé dans le préélémentaire (4 970 euros) reste inférieur à celui d’un élève scolarisé dans l’élémentaire (5 440 euros) : le coût des ATSEM encadrant les enfants du préélémentaire est largement compensé par le coût de classes à plus faible effectif dans l’élémentaire et par les autres dépenses de fonctionnement plus importantes pour ce niveau d’enseignement.

 

De 1980 à 2007, la dépense moyenne par élève du premier degré a augmenté de 79% en prix constants, soit 2,2 % en moyenne par an. Cette forte croissance résulte d’une baisse des effectifs d’élèves du premier degré et d’une revalorisation des carrières des enseignants (avec la création du corps des professeurs des écoles).

 

 

Comparaisons internationales

 

La France se positionne différemment selon le niveau d’enseignement. Pour l’enseignement élémentaire, la France se situe en dessous de la moyenne (avec une dépense de 5 370 PPA dollars (2) contre 6 250 pour la moyenne des pays de l’OCDE), nettement en retrait par rapport aux États-Unis, à la Suède, à l’Italie…mais au-dessus de l’Allemagne.

 

 

L’État finance 55%du système éducatif, les collectivités territoriales 23%, notamment grâce aux transferts de crédits.

 

Le financement « initial » de l’Éducation (3) – c’est-à-dire ce qui est à la charge effective des financeurs avant transferts entre les différents agents économiques – est assuré essentiellement par l’État (63 %). Ce poids de l’État dans le financement s’explique par sa part prépondérante dans la prise en charge des rémunérations des personnels, de loin le premier poste de dépenses du système éducatif. Par ailleurs, l’État transfère des subventions d’investissement vers les collectivités territoriales au titre de la décentralisation et des bourses d’études vers les ménages.

Au sein de l’État, le ministère de l’Éducation nationale est le premier financeur initial, avec 55 % de l’ensemble de la DIE, en incluant les charges sociales rattachées correspondant aux charges sociales employeur de l’État.

 

Les collectivités territoriales occupent la deuxième position, assurant 22,8 % du financement initial de la DIE, dont 12,6 % pour les seules communes.

 

L’effort des collectivités territoriales pour les établissements dont elles ont reçu la charge est nettement supérieur aux dotations qui leur sont transférées. Ainsi, par exemple, en 2007, les régions et les départements ont dépensé pour l’équipement, la rénovation et la construction des établissements du second degré, six fois plus que le montant perçu (5,7 milliards d’euros contre 0,94 milliard d’euros).

Les communes assurent 39,2 % du financement initial du premier degré, en rémunérant les personnels non enseignants qui interviennent dans les écoles, ainsi que les dépenses de fonctionnement et d’investissement de celles-ci.

 

 

(1)    La dépense moyenne d’éducation par élève pour l’année est calculée en rapportant la totalité des dépenses et des activités dans les établissements publics et privés, à l’exclusion des activités de formation continue ou extrascolaires.

 

 

(2)    PPA dollars : la parité de pouvoir d’achat exprimée en dollars est un indicateur qui permet d’établir une comparaison, entre pays, du pouvoir d’achat des devises nationales en neutralisant les différences de prix. Pour ce faire, il est défini un panier de consommation type.

 

 

(3)    La distinction entre financement initial et financement final sous-entend l’existence de transferts entre les différentes unités de financement. Par exemple, les bourses d’études constituent un transfert entre l’État et les ménages. En financement initial, les bourses seront affectées à l’État qui les verse, déterminant la charge effectivement supportée par cet agent, tandis que les dépenses des ménages seront évaluées après déduction des bourses reçues. En revanche, si cette dotation est comptabilisée dans les dépenses des ménages, on parlera de financeur final, notion qui permet d’étudier la relation entre le dernier financeur et le producteur, ou l’activité.

 

 

Xavier Darcos, à la suite de Nicolas Sarkozy, martèle un slogan : « moins mais mieux », c’est-à-dire moins d’heures de cours et moins d’enseignants. La formule incantatoire laisse dans l’ombre les conséquences réelles de la diminution de l’encadrement sur la formation. En fin de compte, quel sera le prix de la suppression de dizaines de milliers de postes de professeurs, et qui en supportera les conséquences ?

 

Dans un entretien au Monde, Xavier Darcos justifiait la diminution des dépenses dans l’éducation en disant que « notre devoir est de continuer à alléger le fardeau que nous léguons aux générations futures » (Le Monde, 7 novembre 2008).

 

Certes, on ne peut indéfiniment charger la dette. Ce sont nos élèves actuels et leurs enfants qui devront s’en acquitter. Cependant, notre devoir n’est-il pas de donner aux nouvelles générations plus encore qu’hier les moyens de comprendre le monde ?

Condorcet ne disait rien d’autre, quand il écrivait que « l'instruction publique est un devoir de la société à l'égard des citoyens ». Oui, ce « devoir de justice » a un prix. Refuser de le payer aujourd’hui, c’est courir le risque de devoir en payer chèrement les conséquences demain.

 

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 15:35

Depuis septembre, les cours ont été supprimés le samedi matin dans les écoles. Pour les élèves, c'est la semaine de quatre jours. Cette réforme, promesse de campagne de Nicolas Sarkozy pour laisser un « vrai week-end » aux familles et permettre, notamment à celles recomposées de se retrouver plus facilement, a été décidée et réalisée très rapidement. Le Président de la République l’a mise en œuvre sans concertation, pas même avec son ministre de l’Education qui, lui, ne cachait pas sa préférence pour une semaine étalée sur quatre jours et demi.

 

Antoine Prost, historien de l’éducation, et Hubert Montagner, directeur à l’INSERM, s’accordent à le dire : « la semaine de 4 jours est une très mauvaise formule pour les apprentissages des élèves les plus en difficulté. »

 

Pour Antoine Prost, si les 840 heures d’enseignement désormais dispensées à l’école primaire correspondent bien à une moyenne européenne, le nombre de jours d’enseignement, 140, est bien inférieur à la moyenne. « Si l’on veut obtenir de bons résultats scolaires, il faut que les élèves travaillent. Certes, on pourrait sans doute aussi les faire travailler mieux, mais ce n’est pas la question d’aujourd’hui. On se préoccupe beaucoup trop du « dire » des profs et pas assez du « faire » des élèves, pourtant essentiel. C’est la conjonction des deux qui garantit les résultats. »

 

Selon Hubert Montagner, depuis plus de 20 ans, les scientifiques et les médecins s’accordent à dire qu’une journée de 6 heures est beaucoup trop longue pour la plupart des élèves de CP et pour les élèves en difficulté scolaire. Lui non plus ne croit pas à l’efficacité d’un soutien scolaire coupé de la classe et il craint qu’avec une semaine de 4 jours, les maîtres n’augmentent la part des fondamentaux au détriment d’activités de découverte et d’expression.

 

 

De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer cette réforme.

 

Marianne Baby, du Snuipp, estime que la décision du ministre a été brutale et n’a pas laissé le temps de la réflexion. Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT, souhaite qu’une conférence nationale se tienne sur cette question des rythmes scolaires, « centrale par rapport à l’organisation de l’école pour la réussite scolaire ». Le SE-UNSA rappelle que la semaine de 4 jours a considérablement dégradé les conditions de travail des enseignants.

Selon le président de la FCPE Jean-Jacques Hazan, « la semaine de quatre jours, imposée par le ministre Darcos, densifie la journée de travail et est beaucoup trop fatigante pour les enfants ». Son association a lancé une campagne nationale pour un rythme scolaire en primaire de 4 jours et demi, avec trois heures de cours le mercredi matin, au lieu de la semaine actuelle de 4 jours.

 

Alors, faut-il maintenir la semaine de quatre jours ? Ou rétablir la classe une demi-journée supplémentaire ? Le débat revient sur le devant de l’actualité depuis quelques semaines. Des élus, des enseignants et des parents s'interrogent.

 

Xavier Darcos, lui-même, a déclaré qu'il ne voyait « aucun inconvénient » à ce que les écoles primaires repassent à un rythme de 4 jours et demi par semaine, avec 3 heures de cours le mercredi matin.

« J'y vois même beaucoup d'avantages », a déclaré le ministre. « Je rappelle que j'ai laissé le choix aux conseils d'école de choisir soit quatre jours, soit quatre jours et demi. Dans le conseil d'école, vous avez les parents, vous avez les enseignants et vous avez les élus, et notamment les fédérations de parents d'élèves dont la FCPE. »

« Je le répète, ce n'est pas moi qui ait choisi (...) ce sont les conseils d'école qui ont majoritairement choisi la semaine des quatre jours », a-t-il insisté.

 

Dans plusieurs grandes villes de France, les municipalités ont relancé le débat et affirmé leur préférence pour la semaine de 4 jours et demi.

 

L’adjoint socialiste de Brest, Marc Sawicki est amer : l'an dernier, 67 % des conseils d'écoles publiques avaient voté pour la semaine de quatre jours. « C'est le choix des adultes au détriment du bien de l'enfant ».

 

À Saint-Nazaire, les parents FCPE ont lancé le débat. Leur fédération est favorable à la semaine de quatre jours et demi. La municipalité a créé une commission. Les résultats de la concertation pourraient être connus en juin.

 

La ville d'Angers n'a pas ménagé sa peine depuis six mois. « Ce système de quatre jours est aberrant : les enfants sont fatigués et la semaine est hachée », martèle Luc Belot, adjoint au maire socialiste.

En mai, les conseils des écoles publiques et privées ont été invités à débattre de la semaine scolaire. La ville verrait d’un bon œil un retour à la semaine de 4 jours et demi. Cette possibilité permettrait, par exemple, de raccourcir la journée d'école de 45 minutes, en proposant des activités culturelles ou sportives à la place.

Les résultats des votes sont maintenant connus. 77 % des conseils d'écoles qui se sont prononcés ne sont pas favorables à la classe le mercredi. Ni pour la rentrée 2009 ni pour celle de 2010.

 

A Lille, même préoccupations, mêmes résultats. La semaine de quatre jours, en vigueur depuis la rentrée, la municipalité de Martine Aubry n'en voulait pas. Elle a lancé une vaste concertation sur la réorganisation du temps scolaire, basée sur l'ouverture des classes le mercredi matin, « dans l'intérêt des enfants, des familles et des enseignants ».

Comme à Angers, la réponse est négative. « Les parents ont dit "non" car cela les désorganisait. Les enseignants ont dit non car l'Éducation nationale ne leur en donnait pas les moyens », déplore-t-on à la mairie de Lille.

 

Pourtant, une majorité d'enseignants ou de représentants de parents d'élèves en élémentaire font le même constat : l'actuelle journée de six heures est trop longue, d'autant plus pour les enfants qui bénéficient des deux heures d'aide personnalisée par semaine. Contradictoire ?

 

D’abord, le contexte explique pas mal de choses. Les réformes Darcos ont provoqué un vrai malaise dans les écoles. D'où une position radicale de beaucoup de syndicats. « Accepter un aménagement de la semaine, c'est renoncer au retour aux vingt-six heures d'enseignement hebdomadaire pour tous (avant la mise en place de l'aide personnalisée), et donc entériner les réformes », martèle Christophe Rabin, co-secrétaire départemental du syndicat Snuipp du Maine-et-Loire.

 

Ensuite, des questions se posent quant à l’égalité de traitement sur le plan national. Seules les villes dont le budget le permet peuvent opter pour la classe le mercredi. Comment des communes à petit budget pourraient-elles proposer des activités éducatives sur le temps libéré en semaine ?

 

Enfin, il ne faut pas exclure d'autres raisons, plus personnelles. Faire cours le mercredi n’enchante pas nombre d’enseignants habitués à profiter de cette coupure du milieu de semaine. Cela perturberait aussi les parents d'élèves dont l’organisation de la semaine tient compte des activités et des loisirs des enfants.

 

Et pour les écoles qui ont dit oui ? « Avec l'inspectrice d'académie, nous allons voir si une expérimentation est souhaitable », répond Luc Belot, l'adjoint au maire d’Angers. « Personnellement, j'y suis favorable. »

A Lille, on tente de faire contre mauvaise fortune bon cœur : « Ce n'est pas un échec, mais une première étape. Je ne travaillerai plus de la même manière après cela, on n'est jamais allé aussi loin dans la concertation. On va faire un Plan éducatif global (PEG) participatif » déclare Pierre de Saintignon, premier adjoint de Martine Aubry.

 

« Le malheur, conclut Antoine Prost, c’est que le ministère ne mène aucune recherche pédagogique et considère même les chercheurs en sciences de l’éducation comme des brebis galeuses. L’école ne fabrique-t-elle pas elle-même des élèves inadaptés en ne tenant pas compte de leurs rythmes circadiens ? »

 

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 21:42

Le 18 avril dernier, nous avons consacré un article à l’annonce faite par le ministre d’accorder un point supplémentaire aux directeurs d’école pour favoriser leur accès à la Hors Classe.

Les syndicats ont immédiatement réagi à la circulaire ministérielle. Sujet brûlant, en effet, que celui d’accorder un « avantage » aux directeurs d’école.

 

Si le SNE-CSEN s’est félicité « d’avoir obtenu un avantage substantiel dans l’accélération de la carrière des directeurs d’école », la CGT Educ’Action et le SNUipp ont entonné le thème de « la division pour mieux régner »…

 

Un mois plus tard, il nous a semblé intéressant de faire le point sur la façon dont cette mesure s’est traduite dans les faits lors des CAPD.

 

Selon les informations qui nous sont parvenues à ce jour, les IA semblent avoir largement suivi la circulaire ministérielle leur offrant la possibilité d’accorder ce point supplémentaire aux directeurs d’école.

Dans la plupart des départements, les syndicats ont tenté de dissuader l’IA d’user de cette prérogative. En vain, le plus souvent.

 

 

Nous publions, ci-après, quelques-unes des réactions significatives des principaux syndicats au moment où se tiennent les CAPD :

 

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SNUipp – Hauts-de-Seine

 

« L’inspecteur d’académie a répondu défavorablement à notre demande (alors qu’il en avait la possibilité) de ne pas modifier le barème pour l’accès à la hors classe. Au barème existant, sera ajouté un point direction.

Ce point supplémentaire renforcera l’injustice entre les fonctions. Sur les 50 premiers de la liste, 74% sont des directeurs, 14% des adjoints et 12% des enseignants spécialisés. Si l’ancien barème avait été maintenu 30% de directeurs auraient été promus 34% d’adjoints et 36% d’enseignants spécialisés. Nous avons rappelé, avec force, que la fonction occupée ne devait pas influer sur l’accès à la Hors Classe.

Est-il déméritant à ce point de faire le choix de rester en classe ? De plus, nous avons souligné et regretté que les fonctions de directeur ne soient autrement reconnues que par l’ajout de ce point qui ne répond nullement aux préoccupations et difficultés actuelles de ceux-ci. La reconnaissance de la spécificité de la direction d’école passe par des mesures qui concernent l’ensemble des directeurs et non 36 d’entre eux ! »

 

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SE-Unsa – Nord

 

« Ainsi, notre Inspecteur d’Académie, à « l’invitation » du cabinet du ministre, nous a annoncé qu’il bonifiait d’un point le barème hors-classe des directrices et directeurs.

Bien sûr, les collègues concernés par ce point ne seront pas mécontents de l’avoir obtenu. Mais fallait-il déshabiller Paul pour habiller Jacques ? Si l’on compte les collègues au barème maximal bénéficiant d’un point supplémentaire (enseignants REP et directeurs), on arrive à 121. Or il y aura 120 promus.

Autant dire que pour les collègues qui pouvaient raisonnablement prétendre accéder à la hors-classe au regard du barème 2008, ce sera peau de chagrin. Bien sûr, un certain nombre des 120 premiers préfèreront maintenir leur projet de partir à la retraite que de passer à la hors-classe et les 40 ou 50 collègues qui ont refait un an pour accéder à la hors classe seront sans doute « repêchés »…

Il n’empêche. Un certain nombre d’entre eux sans doute le devront à l’accord obtenu auprès du ministre par le SE-UNSA l’an dernier : l’amélioration du ratio hors-classe qui s’était traduit en 2008 par 30 promus supplémentaires dans notre département. Nous continuons de nous battre pour que ce ration soit une nouvelle fois amélioré : la hors-classe, ça doit être pour tout le monde.

Pour mémoire, le rapport Silicani rendu en avril 2008 au président de la République proposait que le traitement des enseignants soit composé d’une part fixe (75%) et d’une part variable (25%). Il préconisait aussi que « l’accès au dernier grade de chaque cadre statutaire ou d’emploi soit conditionné au fait d’avoir occupé, pendant au moins trois ans, un ou plusieurs postes comportant des responsabilités ou des sujétions particulièrement lourdes », en d’autres termes que l’accès à la hors-classe soit interdit aux adjoints travaillant en milieu ordinaire.

Imparable pour tenir l’engagement de faire accéder 15% des collègues à la hors-classe (1,6% actuellement !) :

Plutôt que d’augmenter le nombre de promus, il suffit de réduire le nombre de promouvables

 

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SNUipp - Cantal

 

« L’administration avait fait le choix de modifier le barème pour l’accès à la hors classe en donnant un point aux directeurs d’école, et ce, sans concertation avec les délégués du personnels ni même en avoir informé les collègues.

Nous avons rejeté ce manque de transparence et noté que si la fonction de directeur doit être revalorisée, ce n’est pas au détriment des autres enseignants. Or, le choix de majorer d’un point le barème des directeurs bouleverse considérablement les conditions d’accès à la hors classe et freine le passage à tous les non directeurs.

L’IA a tenu compte de notre demande et propose un nouveau classement sans ajouter de point aux directeurs ».

 

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Sgen -Alsace

 

« Bonification des directeurs pour l’accès à la hors-classe des PE : Le ministère a informé l’IA de la possibilité de donner un point de bonification aux directeurs pour accéder à la hors-classe. Pour le Sgen-CFDT, cette mesure n’est pas la bonne manière de répondre à la nécessaire amélioration des conditions de travail et de rémunération des directeurs. En effet, elle aurait pour conséquence de réduire considérablement la possibilité pour un PE adjoint d’accéder à la hors classe.

Le Sgen-CFDT revendique une reconnaissance de l’engagement des directeurs par une augmentation des décharges et des indemnités. De plus, une aide administrative doit être envisagée pour les écoles maternelles et élémentaires.»

 

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SNUDI-FO - Vienne

 

« Un point supplémentaire de barème pour la hors-classe pour certains directeurs d’école « méritants », mesure qui met en place « le salaire au mérite » !

Sur le fond, si le SNUDI-FO prend acte du fait que le Ministère reconnaît que les directeurs sont amenés à fournir un investissement personnel, force est de constater que compte tenu du nombre extrêmement limité d’accès à la hors classe, il y aura très peu de collègues directeurs qui pourront bénéficier de cette promotion.

De plus cette mesure apparaît comme une mesure discriminatoire et inégalitaire aux yeux des professeurs des écoles qui n’exercent pas sur des postes de direction et qui demandent également que leur investissement professionnel soit reconnu à travers une augmentation salariale conséquente, notamment par l’augmentation du point d’indice pour tous.

Au contraire ces collègues seront fondés à considérer que non seulement ils sont exclus définitivement du passage à la hors classe, mais que cette proposition est prise à leur détriment. En effet, la mesure préconisée n’aboutit qu’à la répartition différente de la somme globale consacrée au passage à la hors classe puisque aucune place supplémentaire n’est créée. De fait, elle conduit à rompre l’unité du corps des professeurs des écoles et à instaurer un système de promotion uniquement fondé sur le critère du « mérite » et sa reconnaissance par l’IA, ce que notre syndicat ne peut accepter.

Cette mesure d’octroi d’un point supplémentaire apparaît comme un effet d’annonce quelque peu démagogique ».

 

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SNUDI-FO – Oise

 

« Le ministère prévoit d’accorder un point supplémentaire aux directeurs d’école. Il appartient aux IA de « choisir » d’attribuer ou non ce point à tous les directeurs ou partiellement (selon quels critères ?).

De facto, la généralisation d’attribution du point aurait pour conséquence d’intégrer uniquement les directeurs en fin de carrière au détriment de tous les collègues. Sans vouloir opposer telle ou telle catégorie de personnel, c’est un choix politique du ministère qui est contestable en rompant une égalité de traitement entre les personnels dans l’accès à la hors classe. »

 

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On le constate, les syndicats acceptent mal l’idée d’accorder un avantage (si minime soit-il) aux directeurs d’école. Division pour les uns, injustice pour les autres… Manifestement, l’IA du Cantal s’est laissé convaincre…

Certes, les dirigeants syndicaux accompagnent leur protestation d’un couplet sur la « nécessité de reconnaître l’engagement des directeurs » mais, hélas, on ne les voit guère donner suite à leurs propos généreux et mener une action vigoureuse dans ce sens… « Paroles, paroles, paroles… ».

 

 

Autre préoccupation et nouveau sujet de colère : les syndicats n’ont plus le privilège d’annoncer aux enseignants le résultat du mouvement du personnel (mutations et nominations).

 

Jusqu’à présent, les jours de CAPD, les délégués du personnel tenaient des permanences téléphoniques pour informer les collègues en attente d’un poste. C’était le bon temps : celui où le syndicat se montre au service des enseignants, de tous les enseignants. Planait alors le doux parfum d’une cogestion tranquille. Les représentants du personnel apparaissaient comme garants de la régularité des opérations. Ils étaient donc très logiquement « payés de retour ». Le champ de syndicalisation attirait nombre de débutants convaincus de pouvoir compter sur l’aide utile, voire indispensable des syndicats. Et, cerise sur le gâteau, ces derniers jouissaient du privilège exclusif de la communication des résultats du mouvement.  

 

Xavier Darcos en a décidé autrement : « Informer les enseignants, cela fait partie des missions de l’Administration » avec probablement, en arrière-pensée, l’idée de faire croire que les syndicats ne seraient que des porteurs d’informations.

 

Les responsables syndicaux y ont vu une « attaque déguisée » contre les organisations qu’ils représentent et une volonté de minimiser l’action des délégués du personnel. Ils considèrent qu’il s’agit d’une véritable « négation du paritarisme ».

 

Les syndicats sont d’autant plus en colère qu’ils sont court-circuités par les IA qui communiquent les résultats provisoires avant même la tenue des CAPD.

En effet, dans certains départements, les enseignants peuvent prendre connaissance de leur future nomination sur iProf « sous réserve de vérification par la CAPD ».

Dans d’autres départements, l’annonce de l’IA se fait par mail, téléphone ou même SMS comme en Loire-Atlantique… Jamais, l’Education nationale n'aura autant été à la pointe du progrès…

 

Ainsi, le déplore le SNUDI-FO de l’Oise :

 

« Le SNUDI FO a appris avec une grande surprise, mardi 5 mai dans la journée, par des collègues, que les résultats du mouvement départemental étaient déjà divulgués aux enseignants concernés par un message de l’administration sur leur boîte I-PROF !  Ce procédé qui, de plus, n’a pas été soumis à l’approbation des commissaires paritaires, est une nouvelle remise en cause du paritarisme, après la suppression envisagée des CAPD des 2e et 3e phases du mouvement ».

Pour l’IA, « la divulgation du projet de mouvement sur I-Prof suit clairement les consignes ministérielles portées dans la circulaire des permutations et mutations. L’IA ne renie pas pour autant la position de confidentialité qu’il défendait auparavant. Il remarque que plusieurs syndicats informaient les collègues avant la CAPD depuis des années et que cette nouvelle mesure a au moins le mérite d’informer tous les collègues alors qu’ils ne s’adressaient pas tous aux syndicats avant ».

 

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 21:58

Les premiers recrutements de professeurs des écoles par « Pôle Emploi » ont débuté !

 

En mai 2008, le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, annonce la création d'une "agence nationale de remplacement dès la rentrée 2009" pour pallier les absences des enseignants.

Dans Le Parisien du 16 mai 2008, il affirme, qu'avec cette agence, il "va aller plus loin: les parents se plaignent souvent que les remplacements tardent, quand un professeur est absent, malade". "Nous avons pourtant 50.000 enseignants à disposition pour cela".

 

En réalité, le ministre va encore « plus loin » puisqu’en avril 2009, le recrutement se fait non pas par une « agence nationale » créée pour les besoins mais tout simplement par « le Pôle Emploi ».

Le Pôle emploi, c’est le « grand service public de l'emploi » voulu par Nicolas Sarkozy et entré en fonction le 5 janvier 2009. Il consacre la fusion d'un organisme public (l'ANPE) et d'un organisme privé (les Assedic, gérées par le patronat et les syndicats) et donne naissance à une « institution nationale publique » autonome.

L'objectif avoué de la fusion est la création d'un service anti-chômage « performant », privilégiant « une culture de résultat ».

 

Les premiers recrutements d’enseignants par vacation, sans exigence de formation et sans concours … sur des contrats à durée déterminée sont lancés pour effectuer des remplacements à l’école maternelle ou élémentaire.

 

Certes, le recrutement d’étudiants pour effectuer des remplacements ponctuels voire annuels dans les établissements secondaires n’est pas nouveau. Nommés vacataires ou contractuels, ils se retrouvent sans avoir passé aucun concours (capes, agrég) responsables de classes.

 

Mais, c’est la première fois en école primaire.

 

 

Nous publions ci-dessous, 3 offres telles que publiées par le « Pôle emploi » dans 3 départements différents (Sarthe, Gard, Oise).

 

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Numéro d’offre 445404A                              Offre actualisée le 03/04/09

 

PROFESSEUR DES ECOLES H/F

(Code métier ROME 22111)

 

VOUS AVEZ EN CHARGE DES CLASSES D’ECOLE MATERNELLE ET DE PRIMAIRE. VOUS ASSUREZ L’APPRENTISSAGE DE LA LECTURE ET DE L’ECRITURE ET DU CALCUL. VOUS PREPAREZ ET ORGANISEZ LE TRAVAIL DES ELEVES.

POSSIBILITE D’ETENDRE LE CONTRAT JUSQU’EN JUIN.

 

 

                                    Lieu de travail     72 – LE MANS

                                  Type de contrat     Contrat à durée déterminée de 7 jours

                                    Nature d’offre     Contrat de travail

                                        Expérience     Souhaitée de 1 mois

               Formation et connaissances     Niv. 2 (BAC+3, +4) Exigé(e)

                                                              Déplacement dans les écoles du Mans

                        Autres connaissances

                                      Qualification     Employé qualifié

                                  Salaire indicatif     Horaire 8,71 Euros (57,13 F)

           Durée hebdomadaire du travail     35H00 hebdo

                                    Déplacements     Dans les écoles du Mans

                            Taille de l’entreprise     20 à 49 salariés

                               Secteur d’activité     Autre orga. par adhésion volont.

 

 

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Numéro d’offre 877327R                              Offre actualisée le 03/04/09

 

INSTITUTEUR REMPLACANT / INSTITUTRICE REMPLACANTE H/F

(Code métier ROME 22111)

 

ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS A DES CLASSES DE CE ET CM (13H30) ET DELEGATION DE DIRECTION (6H).

EXPERIENCE DE L’ENSEIGNEMENT AUPRES D’ENFANTS DU PRIMAIRE VIVEMENT SOUHAITEE. PAIEMENT EDUCATION NATIONALE

 

 

                                    Lieu de travail     30 – NIMES

                                  Type de contrat     Contrat à durée déterminée de 2 mois

                                    Nature d’offre     Contrat de travail

                                        Expérience     Souhaitée de 1 à 3 ans

               Formation et connaissances     Niv. 2 (BAC+3, +4) Sciences Humaines souhaité(e)

                                                              Culture générale exigée

                        Autres connaissances

                                      Qualification     Employé qualifié

                                  Salaire indicatif     Mensuel 900 Euros (5 903,61 F)

           Durée hebdomadaire du travail     19H30 hebdo

                                    Déplacements     Jamais

                            Taille de l’entreprise     3 à 5 salariés

                               Secteur d’activité     Enseignement primaire

 

 

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Numéro d’offre 600745P                              Offre actualisée le 02/04/09

 

PROFESSEUR DES ECOLES H/F

(Code métier ROME 22121)

 

RECHERCHE SUPPLEANT POUR ENSEIGNER EN MATERNELLE (1 POSTE) ET EN PRIMAIRE (1 POSTE). RECRUTEMENT URGENT

 

 

                                    Lieu de travail     OISE

                                  Type de contrat     Contrat à durée déterminée de 1 mois

                                    Nature d’offre     Contrat de travail

                                        Expérience     Débutant accepté

               Formation et connaissances     Niv. 2 (BAC+3, +4) exigé(e)

                        Autres connaissances             

                                      Qualification     Technicien

                                  Salaire indicatif     Mensuel 1 450 Euros (9 511,38 F)

           Durée hebdomadaire du travail     30H00 hebdo

                                    Déplacements    

                            Taille de l’entreprise     10 à 19 salariés

                               Secteur d’activité     Autre orga. par adhésion volont.

 

 

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L’objectif de « Pôle emploi » est d’être performant en permettant de recruter plus rapidement. Tant mieux pour les demandeurs d’emploi qui (re)trouveront peut-être plus rapidement un emploi.

 

La question que nous nous posons est quelque peu différente : les enseignants intérimaires recrutés sans concours, sans formation et sans véritable expérience seront-ils performants dans la classe, devant les élèves ? Comment croire à un enseignement de qualité dans ces conditions ?

 

 

A Nîmes, le profil demandé est plus surprenant : « enseignement du Français à des classes de CE et CM (13h30) et délégation de direction (6h) ».

 

Qui enseignera les autres matières (mathématiques, sport…) ? Les élèves en seront-ils privés ? Le budget ne permet-il le recrutement que pour l’enseignement de la langue ?

 

Qu’est-ce qu’une « délégation de direction » ?

 

La délégation est le fait de confier une tâche à une autre personne, généralement un subordonné. La délégation ne désengage pas le délégataire de sa responsabilité.

En droit, une délégation de pouvoirs, est un acte juridique par lequel une autorité (le délégant) se dessaisit d'une fraction des pouvoirs qui lui sont conférés et les transfère à une autorité subordonnée (le délégataire) 

 

Entendrait-on par « délégation de direction » le fait de confier à un intérimaire une « direction vacante » ? Jusqu’à présent, en cas de vacance de la direction, la fonction était « confiée » à un adjoint « volontaire » avec le titre de « faisant fonction »…

Faut-il croire que le ministère n’arrive même plus à « convaincre » les adjoints à assurer le remplacement du directeur en cas d’absence de celui-ci ?
 

Le silence des syndicats sur ces recrutements par « Pôle emploi » est incompréhensible et surtout très inquiétant. Il est également de leur devoir d’exiger que la direction soit exercée par un enseignant confirmé, expérimenté et volontaire.

Faute de ne pas se saisir du dossier, ce serait admettre et accepter une nouvelle dévalorisation du métier de directeur d’école.

 

Il est urgent que les responsables des grandes organisations syndicales réagissent pour mettre un terme immédiatement à cette nouvelle dégradation du service d’éducation.

On aimerait aussi connaître la position de Richard Descoings, pressenti pour succéder à Xavier Darcos à la tête du ministère de l’Education nationale.

 

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 21:59


Des manifestations syndicales et un premier mai unitaire. Des actions et des grèves tous les deux mois : 29 janvier, 19 mars, 1er mai, 26 mai. Autant de démonstrations de force présentées comme des succès par les dirigeants syndicaux et par la presse sans que se pose la question de savoir si les revendications aboutissent réellement.

 

Que cache cette unité syndicale que chacun s’accorde à juger exceptionnelle en France alors qu’elle est de mise dans beaucoup d’autres pays ?

Quelles conséquences pour la France dont la situation reste pratiquement sans équivalent au monde avec des divisions historiques, confessionnelle ou datant de la guerre froide ?

 

 

La situation peu brillante du syndicalisme français

 

Un sondage récent réalisé par la Sofres montre que les salariés estiment qu’il y a « trop de syndicats » (53%) et « trop de concurrence » entre ces derniers (67%) qui pourtant se ressemblent « à tel point » qu’on « ne voit pas ce qui les distingue » (60%). Cette confusion explique en grande partie la réticence des salariés à adhérer à une organisation. Et pour 79% d’entre eux, l’idéal serait d’avoir un ou deux syndicats nationaux, comme souvent ailleurs en Europe. 

 

Une étude de la DARES (Direction des études et des statistiques du ministère de l’emploi) du deuxième semestre 2007, donne aussi des précisions intéressantes sur la situation du syndicalisme en France.

Il y aurait 1,7 million de syndiqués parmi les 22,5 millions de salariés français, soit un taux de syndicalisation d'environ 7% de la population active. La syndicalisation continue de reculer (même si c'est moins net qu'entre les années 70 et 90) dans pratiquement tous les secteurs d'activité, y compris dans ses bastions traditionnels comme l’Éducation nationale (24 %), la RATP (18 %) ou La Poste-France Télécom (18 %).

 

Toujours d’après la DARES, le taux de syndicalisation atteint 5,2% dans le secteur privé, soit le taux le plus bas des pays développés. Si quelques bastions subsistent (entreprises publiques et parapubliques, administrations…), le taux de syndicalisation n’atteint que 3,2% dans les entreprises de moins de 50 salariés.

 

Malgré les chiffres officiels communiqués par les différentes confédérations et l’idée d’une re-syndicalisation, on constate au contraire que le taux de syndicalisation est faible et que les syndicats continuent à perdre des adhérents.

 

Les effectifs globaux sont sensiblement inférieurs aux chiffres officiels communiqués par les différentes confédérations :

 

  - CGT : 523 800 (contre 720 000 officiellement)

  - CFDT : 447 100 (contre 803 000)

  - FO : 311 350 (contre 800 000)

  - CFTC : 106 000 (contre 141 000)

  - CGC : 82 000 (contre 140 000)

  - UNSA : 135 000 (contre 360 000)

  - SUD : 80 000 (contre 90 000)

  - FSU : 120 000 (contre 165 000)

 

 

Quelles sont les causes de ce désamour ?

 

Les auteurs de l'étude soulignent la situation paradoxale de la France, qui "est, parmi les grands pays industriels développés, celui où il y a le moins de syndiqués et le plus grand nombre de fédérations et de confédérations syndicales".

Ces deux réalités sont sûrement liées: le grand nombre de syndicats rend difficile la compréhension de ce qui les divise et les différencie les uns des autres. Cela nuit certainement à la lisibilité de leurs actions et à leur capacité d'attraction, dans un monde du travail par ailleurs de plus en plus individualiste.

 

1ère cause : la représentativité

 

Cinq syndicats étant de manière irréfragable représentatifs, les salariés ne sont pas encouragés à se syndiquer : pourquoi adhérer à un syndicat qui n’a pas besoin de votre adhésion pour vous représenter ? De leur côté, les syndicats n’ont aucun intérêt à recruter de nouveaux adhérents puisque quel que soit leur nombre, ils peuvent négocier au nom de l’ensemble des salariés ? Les seules personnes à adhérer sont donc les plus radicalisées, les plus politisées.

 

2ème cause : le financement

 

L’opacité du financement syndical nuit également à l’image des syndicats. Alors que les entreprises et les partis politiques sont tenus de faire certifier leurs comptes et de les publier, aucune obligation ne pèse sur les syndicats. Nul ne peut savoir d’où vient l’argent, ni où il va. On a vu le principal syndicat de mineurs britanniques être, un temps, financé par la Libye. En France, plusieurs scandales ont éclaté…

Cette situation explique aussi le peu d’empressement des syndicats à chercher des adhérents : quand on peut se financer de manière opaque, pourquoi se fatiguer à encaisser des cotisations d’adhérents ?

 

Dans l’Education nationale, les syndicats enseignants, trop nombreux, peu représentatifs, ne parviennent plus à attirer de nouveaux adhérents.

Coupés de leur base, minoritaires et radicaux, les syndicats ne remplissent plus leur rôle premier : défendre les salariés.

L’exemple le plus significatif concerne, sans conteste, les directeurs d’école. Ces derniers, autrefois fers de lance de l’adhésion syndicale, ont déserté les organisations syndicales. De plus en plus nombreux ils préfèrent se tourner vers le GDID dont ils se sentent plus proches et mieux soutenus.

 

En panne d’idées, contre tout changement, toujours en retard d’une guerre, les syndicats passent leur temps à courir derrière les réformes qu’ils ne voient pas venir : base élèves, SMA, évaluations CE1 – CM2, semaine de quatre jours, aide personnalisée, stages de remise à niveau, EPEP, stages filés, point supplémentaire pour accès à la hors-classe, le blocage des salaires, les primes au mérite…etc.

 

 

De réformistes, ils sont devenus conservateurs. Bien campés sur leurs positions, ils favorisent le statut quo.

 

Curieusement, rien ne peut les faire sortir de leur léthargie dès lors qu’il s’agit des directeurs. Pourtant, les signes qui devraient les alerter ne manquent pas : les milliers de directions vacantes à chaque rentrée depuis des années et des années, les multiples rapports qui attirent l’attention sur le moral des directeurs, l’empilement des tâches, les responsabilités nouvelles qui les assaillent, la difficulté sans cesse croissante de faire correctement leur métier d’enseignant tout en assurant la fonction de directeur…etc.

Pourtant encore, les directeurs ne restent pas silencieux. Il suffit de les écouter. En septembre 2006, le GDID a commandé une étude à l’IFOP. Tous les directeurs de France ont été consultés et les résultats publiés. Un taux de réponse jugé exceptionnel par l’institut de sondage : 10 094 collègues se sont exprimés. 93 % d’entre eux se sont déclarés favorables à un statut et 76 % souhaitaient que l’école soit dotée d’un statut d’établissement.

Aucun commentaire de nos syndicats qui auraient dû se saisir de cette enquête pour ouvrir des discussions, animer des débats, organiser des assemblées générales et faire vivre la démocratie à l’intérieur de leurs organisations. Rien qu’un silence méprisant !

 

En novembre 2006, le SNUipp souhaite répondre au SE-Unsa unique signataire du protocole dénoncé par l’ensemble des directeurs. C’est l’opération « 1000 délégués à Paris »… Une petite promenade de santé dans les rues de la capitale, sans résultats et sans lendemain.

 

 

En 2007, le SNUipp lance « les Etats généraux de la direction et du fonctionnement de l’école » desquels il n’est absolument rien sorti. Pas même un communiqué !

 

 

Lorsqu’on évoque le statut du directeur, la réponse des syndicats est invariablement la même : notre congrès n’en a pas reçu le mandat. Ce qui est exact et comment pourrait-il en être autrement ?

En effet, les membres présents lors des congrès sont toujours les plus politisés et les plus radicaux, comme nous l’avons dit précédemment. Les autres adhérents se répartissent en deux catégories : d’une part les collègues syndiqués par tradition, habitude et conviction, et d’autre part les jeunes qui espèrent que LE syndicat les aidera dans leur carrière (mutation, nomination, avancement…). Ces deux catégories d’adhérents ne présentent pas un profil de militant acharné. Les motions et contributions du congrès ne peuvent alors être déposées et défendues que par la partie la plus radicale des adhérents-militants. Ceux qui ne peuvent pas même envisager que l’école soit « dirigée par un p’tit chef ».

 

Bref, c’est peu de dire que nos syndicats ne défendent nullement les directeurs. Pire, ils les ignorent. Ce qui s’apparente à du mépris. Et il faudra une véritable révolution culturelle pour que les choses changent…

 

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 12:48


Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, rapporteur général de la révision générale des politiques publiques (RGPP), a présenté mercredi lors du conseil des ministres le deuxième point d’étape de la mise en œuvre des 374 décisions prises dans ce cadre.

 

Ce 2ème rapport d’étape rend compte de la conduite de chaque réforme, mais aussi de son degré d’ambition et de ses premiers résultats, dans l’intérêt des citoyens, des fonctionnaires et des finances publiques.

 

« 95 % des mesures adoptées par le Président de la République et le Gouvernement, lors des conseils de modernisation des politiques publiques, sont en cours de mise en œuvre. 75 % respectent le calendrier prévu. 20 % connaissent des retards ou des difficultés. Pour ces dernières, ainsi que pour les 5% de décisions encore non appliquées, des décisions correctrices et un nouveau calendrier ont été décidés ».

 

Eric Woerth a souligné qu’une nouvelle phase de la RGPP était en cours de lancement, parallèlement à ce dispositif de suivi de la mise en œuvre. Cela concerne notamment la gestion des opérateurs de l’Etat et une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement. « Il est particulièrement nécessaire, pour préparer la France à la sortie de la crise, de dégager des marges de manœuvre et de concentrer les moyens publics sur les enjeux prioritaires ».

 

Le rapport fait le point sur l’avancement de la RGPP dans chacun des ministères. Nous nous arrêterons à la présentation qui concerne l’Education nationale et plus précisément l’école primaire.

 

Malgré un budget en progression sur les quinze dernières années et le dévouement de ses personnels, de nombreuses études françaises et internationales montrent une dégradation des résultats de notre enseignement scolaire.

Les réformes engagées au ministère de l’Éducation nationale ont donc pour objectif d’améliorer la performance du système éducatif et s’organisent autour de quatre axes :

 

La réforme de l’école primaire vise une amélioration sensible de la réussite scolaire.

 

Concrètement, il s’agit de mettre en place un système qui permettra de diviser par trois le nombre d’élèves en situation d’échec lourd à la sortie de l’école primaire. L’organisation de la semaine scolaire a été adaptée, permettant entre autres un renforcement de l’accompagnement des élèves en difficulté.

 

« Ce qui a déjà changé »

 

Des résultats ont d’ores et déjà été atteints sur plusieurs réformes.

 

-       La semaine scolaire a été aménagée, et de nouveaux programmes ont été instaurés. L'organisation de la semaine scolaire a été revue : d'une durée de 4 jours ou 9 demi-journées, la semaine scolaire réserve désormais 2 heures aux élèves qui connaissent des difficultés dans chaque classe. Plus d’un million d’élèves connaissant des difficultés scolaires, soit 19,13%, sont désormais pris en charge dans les écoles primaires selon les modalités qui ont été proposées par le conseil des maîtres et validées par l’inspecteur de circonscription. Cette mesure doit directement permettre de réduire le recours au redoublement. Les résultats de la première évaluation nationale ont été rendus publics pour les CM2.

 

-       Depuis la rentrée 2008, l’accompagnement éducatif est monté en puissance et des stages de remise à niveau sont proposés pendant les vacances scolaires.

 

-       Comme les familles ont pu le constater, l’accueil des plus jeunes élèves lors des journées de grève est désormais généralisé.

 

-       La disparition de la carte scolaire permet de plus en plus souvent de répondre positivement aux familles qui souhaitent inscrire leur enfant dans un autre établissement que celui de leur secteur.

 

Le rapport fixe également les objectifs qui ont pris du retard et doivent avancer prochainement. C'est le cas des EPEP, de la réforme des lycées, du développement de l'autonomie des établissements.

 

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Ce rapport d’étape appelle plusieurs commentaires.

 

Il énumère un certain nombre de réformes lancées par le ministère, certaines dans la douleur, sans qu’à aucun moment il ne soit fait état des difficultés rencontrées dans leur application sur le terrain.

Ainsi, le rapport se contente de citer la mise en place du SMA en cas de grève sans préciser qu’il a été nécessaire de l’adapter.

 

Il est faux de prétendre que la carte scolaire a disparu et il serait honnête de mentionner les conséquences néfastes de son assouplissement pour certains établissements (collèges) qui se sont vidés ou qui se transforment en ghettos.

Aucune allusion non plus aux nombreuses critiques émanant des parents et des municipalités sur l’organisation de la semaine de 4 jours. Plusieurs grandes villes souhaitent d’ailleurs modifier cette organisation et consultent actuellement enseignants et parents.

 

Curieusement, Eric Woerth passe sous silence les principaux résultats pourtant tangibles de l’application de la RGPP :

 

-       les dizaines de milliers de suppressions de postes

-       la disparition de 1500 postes de RASED

-       la réduction de l’accueil en maternelle

-       la suppression de stages de formation continue

-       la difficulté de remplacement des maîtres absents

-       la modification des règles de nomination (postes à profil)

-       la valorisation et la modernisation du métier d’enseignant

-       …etc.

 

Quant à la mise en place des EPEP, il s’agit davantage d’une longue « pause » que d’un retard. En effet, le retrait de la loi de finances des postes administratifs et la mise en sommeil de la proposition de loi portant création d’EPEP et pourtant déposée sur le bureau de l’Assemblée Nationale signifient plutôt abandon que recul. Comme nous l’avons déjà écrit, il est peu probable que cette réforme voie le jour avant la prochaine échéance présidentielle de 2012.

 

Sur ce site, nous n’avons cessé de rappeler que la RGPP correspond à une demande de « Bruxelles » et qu’elle n’a qu’une vision comptable des réformes qu’elle impose aux gouvernements de l’Union Européenne. (relire nos multiples articles sur la RGPP)

 

Nous continuerons donc d’observer ses implications dans les différents domaines de l’Education nationale et d’en dénoncer les effets pervers chaque fois qu’ils se feront sentir.

 

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 23:07


Depuis sept ans, René Dosière, député de l’Aisne (apparenté PS) traque les dépenses de l’Etat. En 2006, il s’était fait l’expert des comptes de l’Elysée après avoir permis de lever le secret qui régnait sur le budget du Palais présidentiel.

 

En 2008, ce député a interrogé les ministères sur leurs dépenses de fonctionnement de l’année 2007. Alors qu’un délai d'un mois est prévu pour répondre aux questions écrites des députés, il aura dû patienter 9 mois pour obtenir les réponses aux questions posées.

 

Manifestement, les consignes de rigueur ont été appliquées en matière de logement de fonction. L’affaire « Hervé Gaymard » du nom du ministre contraint de démissionner de son poste de ministre de l’économie en 2005 a servi de leçon.

 

Les réponses apportées par les ministres sont riches d’enseignements. Ainsi, apprend-on que Rachida Dati dispose pour elle et les 20 membres de son cabinet de 20 véhicules de fonction et de 19 chauffeurs.

 

La ministre de la justice voyage beaucoup : 416 370 euros en frais de déplacements aériens (incluant les membres de son cabinet), ce qui la place en "pole position" des ministres baladeurs, si l'on excepte les membres du gouvernement qui, de par leurs fonctions, sont appelés à de fréquents déplacements à l'étranger : affaires étrangères (2,24 millions), commerce extérieur (1 million), économie (893 107 euros), coopération et francophonie (763 579 euros). La palme revient toutefois à la ministre de la culture qui, avec un budget de 562 346 euros, se montre particulièrement attirée par les voyages.

 

Le ministère de la Justice a également d’autres grosses dépenses : 269 012 euros de frais de représentation, 3,177 millions d’euros de dépenses de communication, d’études et de sondage, 213 124 euros pour l’organisation d’événements, 315 910 euros pour l’achat d’outils de communication, 159 252 euros pour l’achat de journaux (soit 436 euros de journaux achetés chaque jour).

 

 

Et le ministère de l’Education nationale…

 

Le ministre dispose de 2 voitures de fonction et 2 chauffeurs et son cabinet de 8 véhicules. En 1987, les dépenses du ministère étaient les suivantes :

 

Frais de représentation : 399 898 euros.

Frais de déplacement aérien du ministre et de son cabinet : 386 684 euros.

Dépenses de communication, d'études et de sondages : 4 770 936 euros (dont 767 725 euros au titre des études et des sondages) sachant que l'exécution de ces dépenses a été commune au ministère de l'éducation nationale et au ministère de l'enseignement supérieur.

 

 

La transparence…

 

Le député précise que le cabinet du premier ministre a fait savoir à tous les ministres qu'il ne fallait pas lui répondre directement mais passer par le SGG (Secrétariat Général du Gouvernement) pour que les réponses puissent être "harmonisées".

René Dosière déclare encore : « Il y a beaucoup de disparités entre les ministères, pas toujours justifiées par l'activité des ministères ».

Ainsi, un gros ministère comme la santé affiche de très faibles dépenses de communication (387 798 euros), moins que les 647 888 euros consacrés par le secrétariat d'Etat aux sports qui lui est rattaché.

 

Et de conclure que « nos administrations ne sont pas encore habituées à la transparence ».

 

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 22:53


Eric Woerth, en charge du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, vient d’entamer les discussions avec les principaux ministres du gouvernement. Il s’agit de fixer les plafonds d’emploi à respecter en 2010 pour chacun des ministères
.

 

Nicolas Sarkozy a été clair : la résorption du déficit public en sortie de crise ne passera pas par des hausses d'impôts mais par une baisse de la dépense. Ce principe trouve une première traduction concrète à l'occasion des négociations entamées à Bercy.

 

Les débats risquent d’être encore plus compliqués que les années précédentes : pour la première fois, le gouvernement entend appliquer strictement le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. « La France doit réduire ses frais de fonctionnement pour accroître ses capacités d'investissement. Quelles que soient les difficultés, je ne reviendrai pas sur mon engagement de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite », a rappelé Nicolas Sarkozy fin mars, lors de son déplacement à Saint-Quentin.

 

 

Le tableau ci-dessous montre clairement les objectifs fixés en 2010.

 

 

L'évolution des effectifs de la fonction publique

 

2008

2009

2010

       

Départs à la retraite (en ETP)

68 411

68 740

68 500

Suppressions de postes (en ETP)

22 791

30 529

34 250

Soit taux de non remplacement

33%

44%

50%

Economie nette (en millions d'euros)

233

388

478

       

ETP : en équivalent temps plein

     
       

 

Bercy estime à 68 500 les départs à la retraite l'année prochaine. Ils pourraient être un peu moins nombreux que prévu du fait de l'allongement des durées de carrières.

La stricte application du non-remplacement d'un départ sur deux doit donc porter le nombre de suppressions de postes « entre 33.000 et 35.000 ». L'économie générée atteindrait alors 956 millions d'euros, dont la moitié allouée au pouvoir d'achat des agents, soit une économie nette de 478 millions d’euros.

 

Très peu de ministères seront épargnés par la règle du « 1 sur 2 ». Parmi les  exceptions : les universités, qui conserveront l'an prochain les 450 postes qui devaient être supprimés, suite à la mobilisation des enseignants-chercheurs. La Justice qui poursuit la modernisation de l'administration pénitentiaire, devrait être, elle aussi, partiellement exonérée.

 

Pour conserver la moyenne du « 1 sur 2 », d’autres ministères perdront plus de la moitié des postes libérés par les départs à la retraite. Ce sera le cas des ministères des Finances, des Affaires étrangères, du Développement durable (MEEDDAT) et de la Défense.

 

Quant à l’Education nationale, il lui sera demandé de faire un effort significatif. En 2009, 62% des départs à la retraite ont encore été remplacés. Beaucoup trop, estime Bercy. 21 200 postes pourraient être supprimés. Ce serait nettement plus qu'en 2008 et 2009 (11 000 et 13 500).

 

Le cap fixé en 2010 sera le même en 2011. Les salaires et retraites des fonctionnaires représentant 43 % des dépenses de l'Etat, la réduction des effectifs est, pour le gouvernement, la pierre angulaire de la maîtrise des dépenses publiques.

 

 « La fonction publique n'est pas la plus exposée à la crise », a rappelé Eric Woerth.

 

Autant dire que le budget consacré à améliorer les carrières sera réduit à la partie congrue. Or, on sait qu’un statut passe inévitablement par un effort budgétaire conséquent. En effet, pour nécessaire qu’elle soit, la  reconnaissance statutaire des directeurs d'école doit s’accompagner d’une amélioration en moyens (des décharges, notamment) et d’une revalorisation indiciaire.

 

Alors, 2009, 2010 et 2011… Faudra-t-il attendre la sortie de la crise ou la prochaine élection présidentielle pour espérer un engagement en notre faveur ? L’espoir fait vivre, dit-on… à condition d'être patient. Probablement, nous faudra-t-il prendre en main notre destin et nous rappeler au bon souvenir de nos élus et de nos ministres si nous ne voulons pas attendre trop longtemps au risque de désespérer certains de nos collègues directeurs.

 

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