Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 17:03


Un marronnier en journalisme est un article d'information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible.

Les syndicats majoritaires (SNUipp et SE-Unsa) nous ont habitués à lancer ou relancer le débat sur la direction d’école. A cette rentrée 2009, le SNUipp revient sur le sujet et lance sa petite complainte qui pourrait s’apparenter à la définition du « marronnier ».

 

Alors, cet article syndical sur la « demande d’ouverture de négociations sur la direction et le fonctionnement de l’école », un nouveau marronnier ?

Probablement. Cependant, nous ne le traiterons pas comme tel et accorderons crédit à ce syndicat de sincèrement vouloir rouvrir les négociations sur le métier de directeur d’école.

 

Sans illusion, certes, mais pour mieux surveiller les éventuelles discussions que ce syndicat pourrait ouvrir avec le nouveau ministre pour parvenir à ses fins qui, nous le savons, ne sont pas favorables aux directeurs. En effet, le SNUipp n’a pas renoncé à imposer « la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ».

 

Comme nous le faisons régulièrement, nous avons décidé de retranscrire, dans son intégralité, le texte du SNUipp concernant la direction.

 

---------------------------------------------------------

 

La nouvelle organisation de la semaine, la mise en œuvre de l’accompagnement éducatif ou des stages de remise à niveau ont complété la liste de plus en plus longue des tâches des directeurs et directrices d’école. L’annonce de l’augmentation des indemnités de sujétions spéciales et le report de l’étude de la proposition de loi sur les EPEP, s’ils sont des signes positifs de la reconnaissance d’une véritable activité syndicale nous laissent pourtant sur notre faim. L’ouverture rapide de négociations sur la direction et le fonctionnement des écoles reste d’actualité.

D’autant que le renouvellement des personnels EVS, arrivés au terme de leurs possibilités contractuelles, ne sert pas la continuité de l’aide administrative et que la réforme de la formation des maîtres laisse en suspens la question des décharges des directions d’école de quatre classes.

 

Les réformes confirment le rôle primordial du conseil des maîtres et la place centrale des directeurs et directrices d’école de par leur mission d’animation de l’équipe pédagogique. L’autoritarisme qui s’est manifesté en certains endroits pour imposer ces réformes se sont traduit par des sanctions à l’encontre de celles et ceux qui s’y opposaient. Des directeurs et directrices qui ont refusé d’entrer dans base élèves subissent des retraits de salaires et/ou sont empêchés d’exercer les fonctions de directeur d’école. Le SNUIPP exige la levée des sanctions.

 

Au titre de leur contribution à l’organisation et à la coordination de l’aide personnalisée, chaque directeur peut bénéficier d’une décharge, mais cette mesure reste très insuffisante. Les décharges nécessaires vont d’une demi-journée hebdomadaire pour les écoles à classe unique à une décharge complète à partir de 10 classes. Les suppressions de postes, notamment de stagiaires, ne vont pas dans le sens d’une amélioration de la situation des décharges de direction.

 

Si le SNUIPP se félicite du retrait de la proposition de loi sur les EPEP de l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée Nationale, il n’exclut pas une réflexion sur l’évolution du statut des écoles et revendique le renforcement des prérogatives du conseil des maîtres.

 

Depuis l’année 2000, l’indemnité de sujétion spéciale a été multipliée par quatre pour les écoles à classe unique (de 350 euros à 1500 euros) et par plus de deux pour les écoles de 10 classes et plus (de 800 euros à 1900 euros). En 2003, le Ministère a répondu à notre demande de mise en place d’une indemnité unique indépendante de la taille de l’école. Les mesures annoncées en septembre dernier réintroduisent un élément de différenciation avec l’apparition d’une part variable (de 200 à 600 euros selon le nombre de classes).

Pour le SNUIPP, cette augmentation ne peut compenser la faiblesse des moyens attribués à la direction et au fonctionnement de l’école. D’autant que les personnels chargés de l’aide administrative à la direction connaissent chaque fin d’année scolaire, l’incertitude de la non reconduction de leurs contrats, voire de leur poste.

C’est pourquoi le SNUIPP maintient sa demande de pérennisation des emplois de vie scolaire sous la forme d’emplois stables et statutaires permettant de reconnaître les spécificités de leurs missions.

 

L’école et la réussite de tous les élèves sont au carrefour des préoccupations des enseignants et des familles.

La fonction de directeur et directrice doit être mieux reconnue, les missions clarifiées et la charge de travail allégée. C’est pourquoi nous réitérons notre demande d’ouverture de négociations sur la direction et le fonctionnement des écoles.

 

Pour la direction et le fonctionnement de l’école, le SNUipp demande :

 

• du temps supplémentaire de décharge pour la direction et le fonctionnement de l’école

• la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ;

• une définition claire des tâches demandées et un allègement significatif de celles-ci ;

• une revalorisation des bonifications indiciaires des directeurs d’école et une amélioration des  rémunérations ;

• la création de postes administratifs et des emplois statutaires

• une réelle formation relative à la prise d’un poste de direction ;

 

 Indemnité Direction d’école

 

L’arrêté fixant les modalités de l’augmentation de l’indemnité de charge administrative est paru.

L’arrêté du 12 septembre 2008 a fixé les nouvelles modalités et les nouveaux montants de l’indemnité de sujétions spéciales attribuée aux directeurs d’école.

Cette indemnité se compose dorénavant d’une part fixe commune à toutes les écoles et d’une part variable liée à la taille de l’école :

                            

 

Nombre de classes de l’école

Part fixe

Part variable

De 1 à 4 classes

1295,62 € (107,97 € / mois)

    200 €

De 5 à 9 classes

1295,62 € (107,97 € / mois)

    400 €

10 classes et plus

1295,62 € (107,97 € / mois)

    600 €

   

La part fixe est versée mensuellement (soit 107,97 € brut par mois), la part variable payée en une seule fois au cours du premier trimestre de l’année scolaire.

L’indemnité est majorée de 20 % pour les écoles en ZEP.

Une réponse qui reconnait que rien n’est réglé.

La réponse attendue sur la question de la direction d’école est loin de pouvoir se limiter à cette indemnité. Le dossier reste donc entier.

 

---------------------------------------------------------

 

Comme nous le voyons, cette fois, le SNUipp utilise les mots tabous « directeur » et « directrice ». Il évoque « la liste de plus en plus longue des tâches des directeurs et directrices d’école ». Il reconnaît que les directeurs ne disposent pas d’une décharge suffisante pour « leur contribution à l’organisation et à la coordination de l’aide personnalisée ». Pour la première fois, sans doute, le SNUipp estime que « la fonction de directeur et directrice doit être mieux reconnue, les missions clarifiées et la charge de travail allégée ». Dont acte.

 

A quand la prochaine étape qui conduira ce syndicat à transformer l’essai et à réclamer la reconnaissance de la fonction par un statut ? On peut l’imaginer puisque le SNUipp « n’exclut pas une réflexion sur l’évolution du statut des écoles »… On se pince pour s’assurer qu’on ne rêve pas…  

Mais il faut vite déchanter car ces belles formules sont, hélas, suivies d’autres qui, elles, ne trompent pas sur les véritables aspects de la réflexion menée par les responsables syndicaux. Ils le clament ouvertement : leur volonté reste inchangée. Il s’agit bel et bien de déposséder les directeurs de toute forme d’existence réelle en revendiquant « la reconnaissance institutionnelle du conseil des maîtres comme instance de décision ».

 

Le SNUipp n’a pas varié d’un iota dans sa volonté d’imposer cette réforme à la profession qui non seulement ne le demande pas mais n’en veut pas.

Les responsables de ce syndicat font preuve d’une idéologie d’un autre temps et seraient bien inspirés de prendre le pouls des salariés qu’ils sont censés représenter.

S’ils ne veulent pas continuer à se couper un peu plus encore de la base, nous ne saurions trop leur conseiller de relire les résultats de l’enquête IFOP commandée par le GDID en 2006. Cette enquête, bien que datant de trois ans, reste complètement d’actualité comme le confirment les nombreux rapports qui s’entassent sur le bureau du ministre.

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
commenter cet article
19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 15:11

En cette période d’actualité réduite inhérente aux vacances d’été, nous poursuivons notre publication de sujets de réflexion plus généraux. Après « le bac » et « la suppression de postes d’enseignants », nous livrons un dernier volet : « la réforme de la fonction publique ».


Cette réforme risque d’avoir des conséquences inattendues pour les directeurs d’école qui réclament un statut particulier. En effet, comme nous le lirons ci-dessous, l’un des objectifs de la réforme est de réduire fortement le nombre de statuts particuliers et de rassembler les corps dans des filières professionnelles. Autant dire que les directeurs d’école, s’ils obtiennent un jour satisfaction, pourraient se retrouver dans un corps élargi regroupant l’ensemble des métiers de direction…

 

 

Comme la réforme de l’Etat, la réforme de la fonction publique est perpétuellement à l’ordre du jour. La raison principale étant de nature économique : le poids de la fonction publique dans les finances nationales.

 

Bilan des deux dernières années

Lorsqu’il dresse le bilan de l’action du gouvernement en matière de fonction publique, Eric Woerth relève que l’engagement de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux a été tenu et que l’économie ainsi réalisée a été reportée pour moitié sur les fonctionnaires en exercice.

Il rappelle également les mesures prises pour moderniser la carrière des fonctionnaires : professionnalisation des concours, remplacement progressif de la notation par l’évaluation et suppression des entraves à la mobilité.

Enfin, il insiste sur la poursuite des travaux pour promouvoir une fonction publique de métiers.

 

L’avenir de la fonction publique

Le statut actuel de la fonction publique date de 1983. Un Livre blanc sur l’avenir de la fonction publique fait ressortir un fort attachement au modèle français de service public mais aussi une grande attente de rénovation.

Un accès modernisé à la fonction publique, des parcours professionnels plus diversifiés, une gestion des carrières plus individualisée et plus personnalisée, une adaptabilité plus grande à la demande du public : tels sont les objectifs que le débat public a fait apparaître et que le Livre blanc remis au gouvernement a retenus en proposant de construire une fonction publique de métiers.

 

 

Une fonction publique de métiers

 

Réduire le nombre de corps

Il s’agit de supprimer des corps pour créer de véritables « filières professionnelles », inter-administrations, par niveau de qualification.

Selon le rapport, le nombre de corps et de statuts d’emplois, qui était d’une centaine en 1946, a été porté à 1500 à la fin des années 90 et ramené à environ 700 aujourd’hui.

S’agissant de l’organisation statutaire de la fonction publique d’Etat, le gouvernement a prévu, d’une part, de ramener dès la fin de cette année le nombre de corps de 680 à 380, par suppression des corps en voie d’extinction ou à effectifs très réduits et, d’autre part, d’engager un programme de fusion de corps, l’objectif étant de les rapprocher par familles de métiers et de développer leur caractère interministériel..

A terme, il est proposé, comme pour la fonction publique territoriale, 50 à 60 cadres statutaires pour la fonction publique d’Etat.

 

Réduire le nombre de statuts

Selon Jean-Ludovic Silicani, Conseiller d’Etat et auteur du Livre blanc, la « pulvérisation corporatiste » n’a aucun sens fonctionnel et aucune justification. Non seulement, elle complique la gestion et rigidifie la carrière et la mobilité des agents, mais elle empêche l’adaptation et parfois la continuité même du service public : elle est contraire à l’intérêt général et aux intérêts particuliers.

Il recommande donc de réduire fortement le nombre de statuts particuliers et surtout de changer leur signification. Un statut particulier doit être défini en fonction du domaine (la filière professionnelle) et du niveau de qualification professionnelle des agents qu’il régit et non plus de leur appartenance à telle ou telle administration.

 

Des statuts fondés sur la qualification des agents et ayant tous une vocation inter administrative : telle est la définition de la fonction publique de métiers.

 

 

Quelques chiffres…

 

Fonction publique

Effectifs

ETP

 

 

 

d'Etat

2 524 440

2 396 934

Territoriale

1 662 501

1 508 036

Hospitalière

1 014 142

937 033

 

 

 

Total (au 31/12/2006)

5 201 083

4 842 003

     

ETP : équivalent temps plein

 

 

 

Si la revendication des directeurs d’école demeure une exigence incontournable, légitime et toujours d’actualité, la réforme de la fonction publique constitue une nouvelle donne qu’il convient d’intégrer dans la demande de reconnaissance institutionnelle du métier.

Une réflexion doit s’engager dans la profession si l’on veut éviter deux écueils. Le premier écueil serait d’apparaître décalés et en porte-à-faux par rapport aux réformes entreprises, et donc de perpétuer le statu quo actuel qui n’a que trop duré.

Le second écueil, tout aussi redoutable, consisterait à nous emporter comme dans un tourbillon, sans possibilité de peser sur une réforme, ce qui nous éloignerait fortement et durablement de notre demande de statut.

  

Il convient d’analyser l’évolution en cours, d’en mesurer la portée et de revoir notre stratégie pour mieux adapter nos revendications aux effets induits par la réforme de la fonction publique.

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article
7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 22:24

Comme annoncé précédemment, nous profitons des vacances pour aborder différents thèmes relatifs à l’Education nationale. Après « le bac », nous abordons aujourd’hui « les suppressions de postes d’enseignants ». Ce sujet, hélas récurrent, qui touche tous les enseignants de la maternelle au lycée n’est pas sans conséquences sur les difficultés rencontrées par les directeurs d’école.

 
 

La suppression de postes d’enseignants : une faute

 

Après 4664 en 2007, 11 200 en 2008, 13 500 en 2009, ce sont 16 000 postes dans l'Education Nationale qui seront supprimés en 2010.

 

Maintenant, ça suffit !

 

Pas question de refuser bêtement toute suppression de postes. Ce serait tout aussi absurde que de réclamer encore et toujours plus de créations. Mais arrive le moment où « trop, c’est trop ! ».

 

L’ouverture ou la fermeture de classe doivent répondre à une nécessité professionnelle et non à un impératif purement comptable. Ce doit être une mesure d’ajustement en fonction de seuils fixés et admis selon certains critères (type de public, spécificités locales, âge des élèves, déplacements…).

Ce n’est hélas plus le cas depuis quelques années. Le nombre de postes à supprimer est décidé en fonction des difficultés financières du pays ou des obligations liées à la R.G.P.P. (relire nos différents articles sur le sujet).

Les mesures de carte scolaire ne répondent plus aux ajustements rendus nécessaires par les flux des effectifs mais participent à la maîtrise des dépenses publiques.

 

Pourtant, la D.E.P.P. effectue des études prévisionnelles pour aider les services du ministère. Seulement, voilà, il arrive qu’elles ne correspondent pas aux décisions prises par le ministre. Qu’à cela ne tienne, ces études ne sont pas publiées… et le ministère peut alors justifier les suppressions de postes comme il l’entend.

Xavier Darcos a toujours dit que les suppressions de postes ne se voyaient pas. Selon lui, le taux d’encadrement est resté inchangé. De quoi justifier les mesures prises... Pourtant, tout n’est pas aussi simple et ne répond pas à une logique mathématique.

Il manque des enseignants dans l’enseignement primaire pour assurer les remplacements, permettre à la formation continue de fonctionner et offrir des décharges supplémentaires aux directeurs d’école.

 

Les remplacements des congés et absences sont de moins en moins assurés. « Plus un seul élève sans maître », promettait Claude Allègre. Trop souvent, les élèves des maîtres non remplacés se retrouvent dispersés dans d’autres classes, parfois pendant plus d’une semaine.

De plus en plus de stages de formation continue sont annulés faute de personnels pour remplacer les maîtres soucieux de se former.

Des milliers de postes seraient nécessaires pour augmenter les décharges des directeurs et leur permettre simplement d’effectuer leur travail convenablement.

 

Oui, il manque des milliers d’enseignants à l’école primaire. Contrairement à ce qu’affirme le discours officiel, la baisse des effectifs n’apparaît nullement justifiée. L’évolution démographique plaide plutôt en faveur d’un plan pluriannuel d’augmentation des recrutements.

 

Deux causes s’additionnent actuellement.

La première est liée à une augmentation massive des départs à la retraite du fameux « papy-boom ».

La seconde est consécutive à la forte poussée démographique que la France connaît depuis les années 2000. Pour le premier degré, les chiffres officiels indiquent que le nombre d’élèves a atteint son minimum en 2003, et a progressé de 4% sur la période 2003-2007. Une hausse de plus de 8% est prévue entre 2003 et 2014.

Il y a donc urgence à recruter plus d’enseignants. Le ministère aurait dû prévoir un plan pluriannuel d’augmentation du nombre de postes aux concours.

Dès les prochaines années, un problème majeur va se poser, résultant de la combinaison d’un afflux massif d’élèves et d’une politique récurrente de réduction des effectifs enseignants. Le gouvernement semble l’ignorer.

 

En 2007 déjà, l’Europe tire la sonnette d’alarme sur le nécessaire investissement en faveur de l’enseignement. La Commission Européenne plaide pour « promouvoir la pleine participation des jeunes à l’éducation, à l’emploi, à la société ». Les coûts sociaux et économiques de l’inactivité sont élevés.

L’inclusion de tous les jeunes a une importance sociale forte. C’est aussi un enjeu économique. Un jeune sur six est en décrochage scolaire alors que la moitié des nouveaux emplois créés nécessite un niveau de qualification élevée. Le développement du capital humain, en tant que facteur clé de la réussite économique de l’Union Européenne, est devenu une nécessité. Il devrait induire une politique d’investissement dans le domaine social et éducatif. De la petite enfance à l’enseignement supérieur, la commission préconise une meilleure efficacité du système, tantôt pour assurer l’inclusion sociale de tous, tantôt pour mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi.

 

Ce sont les sirènes économiques qui viennent souligner l’absurdité de restrictions budgétaires appliquées à l’éducation. Moins d’enseignants, moins de moyens, des classes surchargées, des dotations horaires réduites, des projets en manque de budget : la logique de Bercy fait fi de la notion de capital humain, pourtant libérale, et l’Europe se contorsionne entre politique de rigueur et nécessité d’investir dans sa jeunesse.

 

 

La suppression de postes d’enseignants : une tromperie

 

L’Education nationale paie le plus fort tribut au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Naturellement, puisqu’elle représente le plus fort contingent de fonctionnaires.

Nous l’avons souvent écrit : le Président de la République s’éloigne de l’analyse qu’il faisait lors de la campagne électorale de 2007. A l’époque, lorsqu’il évoquait la réduction des dépenses publiques, il avait déjà en tête le non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 mais il dénonçait également la gabegie des emplois dans la fonction publique territoriale. Il faisait allusion aux doublons consécutifs à la décentralisation et à la déconcentration des pouvoirs.

La création de multiples étages (communes, communautés de communes, agglomérations, départements, régions…) s’accompagnait trop souvent de nouveaux postes sans que les précédents, devenus inutiles, soient supprimés. Cela reste vrai en 2009 et le pouvoir en place n’a pas encore osé ou voulu s’attaquer aux « baronnies locales ».

Les parlementaires qui votent la Loi de finances, et donc les suppressions de postes d’enseignants, ne s’appliquent pas à eux-mêmes, lorsqu’ils reprennent leur casquette de maire, conseiller général ou régional, les mesures qu’ils imposent à la Fonction publique d’Etat.

 

Le récent « Rapport sur l’état annuel de la fonction publique » vient de mettre à nouveau l’accent sur les incohérences de la politique nationale : concernant les fonctionnaires, l’Etat maigrit et les collectivités territoriales grossissent.

Le nombre de fonctionnaires a augmenté de 0,8 % en France entre 2006 et 2007, mais la hausse concerne seulement les collectivités territoriales et les hôpitaux. La Fonction publique d'Etat, elle, enregistre une forte baisse de ses effectifs, selon ce rapport.


Ce rapport souligne que, entre fin 2006 et fin 2007, le nombre de fonctionnaires dans les trois Fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière), hors contrats aidés, a augmenté de 41 100 personnes (+0,8 %). Mais « à un rythme nettement ralenti par rapport à l'année précédente » (+ 1,2 % en 2006).

La Fonction publique d'Etat (FPE) par contre a connu une forte baisse des effectifs (- 2,4 %, soit -61 000 agents), notamment dans les ministères (- 3,5 %, soit - 78 400 personnes), pour atteindre aux alentours de 2,484 millions d'agents. Cette diminution, qui touche surtout l'Education nationale, est liée aux non remplacements de départs à la retraite, mais aussi aux transferts de personnels vers les collectivités locales.

La Fonction publique territoriale (FPT), à l'inverse, a connu sa plus forte augmentation d'effectifs en 2007 (+ 86 000 emplois, soit + 5,2 %), pour atteindre 1,750 million d'agents « dans un contexte de développement de certaines missions dévolues aux collectivités territoriales ».

 

Le lourd tribut payé par l’Education nationale est le résultat d’une règle dogmatique, celle du 1 sur 2. Une règle qui consiste à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. Pourquoi pas 2 sur 5 ou 1 sur 3 ?

La question peut sembler inconvenante pourtant elle pourrait prendre une coloration moins transparente dans quelque temps. Dans son discours de Versailles (devant le Congrès), Nicolas Sarkozy avait lancé la chasse aux « dépenses inutiles » à la grande satisfaction de François Fillon, avide de penser « la France de l’après-crise ».

Le revers de la médaille de l’emprunt « d’avenir » sera une rigueur accrue, même si le mot est farouchement nié. L’UMP projette ainsi de priver du statut de la fonction publique les 2 millions d’agents de l’Etat, dont les enseignants, qui ne remplissent pas de fonction régalienne (armée, justice, impôts, police). Et de ne plus remplacer qu’un agent des établissements publics (CEA, CNRS, agences diverses…) sur trois partant à la retraite.

1 sur 2, 2 sur 3… ? Pas d’explication logique. Nous restons dans le cadre d’une règle dogmatique… « Sitôt la reprise passée, il n’y aura plus que de mauvais déficits », pronostique Nicolas Baverez.

 

En faisant supporter à l’Education nationale l’essentiel des suppressions de postes de fonctionnaires, le gouvernement commet plus qu’une erreur : une faute. Parce qu’il ne donne pas toutes les chances à l’école de former correctement des citoyens, l’Etat risque de payer chèrement les choix économiques de ces dernières années.

On a coutume de dire que ce qui est rare est cher ; la jeunesse est un bien trop précieux pour la sacrifier sur l’autel d’une gestion à court terme.

 

En ne remplaçant pas un fonctionnaire d’Etat sur deux, le gouvernement laisse croire qu’il réduit fortement et durablement les déficits publics de notre pays. Ce ne sera qu’une mesure en trompe-l’œil puisque le nombre de fonctionnaires ne cesse globalement de croître comme l’atteste le Rapport annuel sur l’état de la fonction publique.

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article
16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 15:43


En cette période de vacances scolaires, l’actualité des directeurs d’école est plongée dans un profond sommeil. Ministre et syndicats se reposent et fourbissent leurs projets ou leurs armes pour affronter la rentrée de septembre…

 

Aussi, avons-nous décidé de profiter du calme de ces mois d’été pour aborder quelques thèmes de réflexion.

Aujourd’hui : le bac.

 

 

Cette année, 86 % des candidats ont décroché leur baccalauréat. Nouveau record de réussite ! Ce pourcentage, à lui seul, montre que ce diplôme ne vaut plus grand-chose. Et, si pour l’instant, les nouveaux bacheliers fêtent leur succès, dans quelques mois, beaucoup d’entre eux déchanteront. Quand les moins doués, les moins travailleurs ou les plus mal orientés d'entre eux échoueront à l'issue de leur première année d'université. C'est le cas de 50 % des étudiants.

 

 

Question taboue : le bac est-il bradé ?

 

Le bac, institution bicentenaire, a longtemps été le symbole de l'égalité, de la méritocratie à la française. Il était le même pour tous. Ceux qui l'avaient étaient, en principe, promis à un bel avenir professionnel. Ce n’est hélas plus le cas. Beaucoup d’analystes considèrent même qu’il est aujourd’hui une arnaque.

 

Certains se raccrochent encore aux mentions… Pourtant, même la mention « très bien » semble bradée tellement elle est généreusement accordée.

 

A qui la faute ? Difficile d’en exempter les responsables politiques. Certains, ces trente dernières années, n'ont pas su ou voulu réformer notre système de formation. D'autres ont fait preuve d'une grande démagogie. Comme cette idée défendue par Jean-Pierre Chevènement d’amener 80 % d'une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Louable mais après ?

 

Il se trouve encore des politiques pour ne pas voir la réalité en face. Ainsi, l'an dernier un rapport sénatorial s'inscrivait en faux contre les Cassandre : « Non, le bac n'est pas dévalué puisqu'un tiers d'une génération ne le présente pas ou le rate.» Et ceux qui n'obtiennent pas le diplôme ne peuvent plus prétendre à un emploi d'enseignant ou de cadre, comme il y a trente ans. Enfin, la France reste en dessous des pays développés de l'OCDE.

 

Pour Jean-robert Pitte, ex-président de la Sorbonne, « C'est plutôt un certificat de fin d'études un peu bidon, un diplôme de complaisance. Les jeunes ont aujourd'hui accès à tout très facilement grâce aux outils de communication modernes. Mais ils n'ont pas toujours les bases de lecture, d'écriture ou bien encore de calcul pour utiliser ces outils. Il n'est pas normal qu'un adolescent ne s'exprime pas parfaitement. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'acquérir ces bases dans leur famille, c'est bien à l'école de les enseigner. »

 

Le bac général, lui, est-il vraiment plus facile qu'avant ? Oui, répondent les enseignants. Les copies sont truffées de fautes d'orthographe, racontent-ils. « Sur un paquet de cent vingt copies, une dizaine sont rédigées en langage texto », s'exaspère un professeur de philosophie. Des études comparatives l'ont démontré : dès le primaire, le niveau est en forte baisse, comme le montrent les résultats à une même dictée à vingt ans d'intervalle. Lors des réunions d'harmonisation des notes, pour stabiliser les taux de réussite, les correcteurs peuvent être amenés à relever leurs appréciations. Un pourcentage important des copies voit leurs notes augmentées. D'ailleurs, dans certaines disciplines, le barème est au-dessus de 20, avec au final des notes surévaluées.

 

Même le niveau du bac S, le plus prestigieux, est remis en cause. Pour le recteur de l'académie de Versailles, « il est devenu l'un des bacs les plus faciles à obtenir ». Selon un professeur en classe prépa scientifique, « depuis les années 1980, une grande part des réformes a eu pour but de rendre les sciences d'assimilation plus faciles. Ceci s'est payé par une baisse du niveau ».

Les responsables d'écoles d'ingénieurs s'inquiètent d'un bac qui serait devenu « moins scientifique » car depuis dix ans, le nombre d'heures de maths a été revu à la baisse.

 

Un rapport de la Banque mondiale explique la mauvaise position des universités françaises dans les classements internationaux par l'absence de sélection à l'entrée. Cette question reste taboue mais la sélection existe de façon larvée puisque seuls 64 % des inscrits obtiennent une licence, souvent après avoir redoublé.

 

 

Autre sujet tabou : le coût du bac

 

Jacques Marseille, historien, économiste et professeur à la Sorbonne, était l'invité de "RTL Matin" le 14 juillet. Voici ses déclarations :

 

Jacques Marseille, est-ce que pour vous ce nouveau record, c’est une bonne nouvelle ?

 

C’est dans la logique des choses. C’est surtout dans l’hypocrisie généralisée du bac dont moi je pense qu’il ne sert plus à rien et qu’il mériterait d’être supprimé. Je me réjouis pour les familles et je m’inquiète pour les finances car on a calculé que le bac ça coûtait tout compris avec les salles inoccupées pendant ce temps 200 millions d’euros. Donc j’estime que les recalés au bac, les malheureux 10%, coûtent au contribuable 3 000 euros chacun c'est-à-dire la moitié de ce que coûte un étudiant à l’université. Voilà ce qu’on pourrait affecter comme des crédits plus utiles qu’à continuer à faire passer le bac.

 

Pour vous, ça veut dire que ce diplôme n’a plus de vraie valeur ?

 

Non, non, c'est-à-dire qu’il reste quand même le premier grade de l’université ce qui est une hypocrisie supplémentaire, c'est-à-dire que tout bachelier peut s’inscrire à l’université puisque c’est un grade universitaire. Mais dans l’ensemble, aujourd’hui, si vous n’avez pas de mention, eh bien le bac en soi, ça ne vaut pas grand-chose.

 

Est-ce que ça veut dire que pour les 14% qui l’ont raté, pour eux c’est foutu ?

 

Non, pas du tout, heureusement d’ailleurs, heureusement. Je pense que dans le monde d’aujourd’hui, ce n’est pas le bac qui détermine l’essentiel de l’avenir, mais c’est la prise en main de son destin, c’est d’essayer d’entreprendre, c’est d’essayer de trouver sa voie dans sa vie, …, mais pas de répondre à un rituel d’épreuves qui ont été instituées du temps de Napoléon mais qui, deux siècles après, sont souvent particulièrement stériles.

 

Vous avez aussi une théorie intéressante, vous dites aussi que le taux de réussite au bac augmente grosso modo au même rythme que les mouvements lycéens. Ça veut dire quoi ? Il y a une consigne du ministère auprès de ceux qui corrigent le bac en leur disant, bon voilà cette année les élèves sont allés peu en cours, il faut leur donner le bac ?

 

Ce qui est amusant, c’est effectivement que ça fait 5 ans que le taux de réussite augmente régulièrement et ça fait 5 ans que tous les ans il y a des mouvements lycéens qui font qu’il y a de moins en moins de cours… Il y a 3, 4, 5 semaines d’agitation qui les privent de cours. Et c’est formidable puisque, du coup, le taux de réussite augmente. C'est-à-dire qu’effectivement, on pourrait se poser la question du manque d’efficacité des cours sur la réussite de ceux qui le passent.

 

Mais il y a des consignes d’après vous ?

 

Non, il y a des consignes de clémence, c'est-à-dire, que là encore, il y a une sorte d’hypocrisie généralisée sur l’ensemble du système de ne pas désespérer les familles, de ne pas désespérer les élèves, ne pas faire du bac ce qu’il était autrefois et ce qui fatalement n’était pas si bon,  mais d’en faire une sorte de passeport généralisé qu’on donne un peu à tout le monde. C’est ça qu’il est devenu en fait.

 

Vous dites que le bac coûte trop cher. Cet argent il faudrait le mettre dans l’étape d’après, à l’université par exemple ?

 

Bien sûr. Mais je crois que tous les pays normaux, c'est-à-dire les autres, leur politique c’est d’avoir un examen final qui soit basé sur un contrôle continu, par les établissements, ça marche partout ailleurs, et un examen d’entrée à l’université. Parce que je rajoute que le taux d’échec aujourd’hui à l’université, c’est de 50%. C'est-à-dire que 50% des jeunes qui entrent à l’université en sortent sans rien. Alors que dans les pays qui, eux, ont un examen d’entrée à l’université, 100% de ceux qui y entrent ont quelque chose, avec des vraies bourses, pendant 4 ans et un emploi à la fin.

 

Jacques Marseille, 86% de taux de réussite au bac, est-ce que ça veut dire que les bacheliers, cette année, sont mieux armés pour affronter le monde économique qu’on ne l’était il y a 10 ans ou 15 ans ?

 

Non, pas du tout, je crois que maintenant ils ont tout à démontrer et ils ont tout à construire dans leur parcours. D’ailleurs, il faut bien voir que la plupart ont compris puisque, rien que dans la région parisienne, 1/3 seulement ont demandé une inscription à l’université. Les autres s’inscrivent dans les IUT, dans les BTS, dans les classes préparatoires, c'est-à-dire dans les formations sélectives. Comme le bac n’est plus du tout un instrument de sélection, eh bien les gamins et les parents ont parfaitement compris qu’il fallait, après, aller dans les filières sélectives. C’est ce qu’ils font : 1/3 vont à l’université, 1/3 seulement ce qui pose un grave problème pour l’avenir du pays.

 

Pourquoi cette évolution ? C’est moins de connaissances d’après vous ?

 

Non, c’est pas moins de connaissances, c’est surtout un examen aujourd’hui qui est devenu très formaté. J’ai dirigé des manuels scolaires pendant 20 ans, je me rends compte que l’épreuve d’histoire-géographie c’est devenu une vraie bouffonnerie. Au lieu d’apprendre les élèves à réfléchir, on leur demande de répondre à des questions. Simplement c’est très formaté, pas formateur. Je pense que le bac n’éveille pas à l’intelligence. Il est une sorte de quizz généralisé qui fait que si vous avez compris la mécanique, avec des correcteurs un peu cléments, eh bien vous avez 90% de réussite au bac.

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article
2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 10:28

Au moment de partir en vacances, il nous a semblé intéressant d’avoir une pensée pour le nouveau titulaire du ministère de l’Education nationale… Xavier Darcos, grillé, Richard Descoings ayant décliné l’offre, aucun volontaire ne se manifestant à l’horizon, Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment eu le choix pour ce poste à haut risque…

L’Express nous propose un ensemble de témoignages d’anciens ministres de l’Education nationale. Certains ont accepté de se livrer, d’autres non. Luc Chatel ne peut pas ignorer ce qui l’attend dès la prochaine rentrée scolaire…

 

Nous reproduisons un extrait de cet article intitulé « Bienvenue en enfer ».

 

Luc Chatel récupère le portefeuille le plus redoutable du gouvernement. De leur arrivée à leur départ de la Rue de Grenelle, cinq anciens tenants du titre livrent leurs souvenirs sur cette maison si spéciale. Et sur ce poste ingrat qui ne se refuse pas.

 

C'est un métier où l'on récolte plus de coups que de gloire. Où l'on noue une relation sadomasochiste avec les syndicats - tu me cèdes, je te méprise, tu me résistes, je te grille.

Un ministère avec 1,1 million d'âmes inconnues et suspicieuses, enseignants et administratifs. Un maroquin que l'on n'a pourtant guère le choix de refuser : on y manie les plus nobles des matières, le savoir, l'avenir, l'esprit républicain. Et les dossiers les plus roboratifs: réformes du primaire, du lycée, des programmes, revalorisation des carrières.

"C'est l'un des portefeuilles les plus difficiles, parce qu'il y a 60 millions de ministres de l'Education en France, mais c'est aussi l'un des plus beaux". Et puis François Fillon m'a dit: "On en sort vivant, regarde-moi !", confie à L'Express Luc Chatel, en poste depuis le 23 juin.

 

Cinq ministres "rescapés", Jean-Pierre Chevènement, Jack Lang, Luc Ferry, Gilles de Robien et Xavier Darcos, ont accepté de raconter leurs souvenirs. François Bayrou et Lionel Jospin ont refusé de répondre. Claude Allègre s'est contenté d'un : "Jamais plus je ne voudrai être ministre de l'Education nationale. J'ai gagné mon paradis une fois, je ne tenterai pas ma chance une seconde fois." Car, si ce ministère peut mener au paradis, il faut, le plus souvent, passer d'abord par l'enfer.

 

Lire l’ensemble des témoignages sur " l’Express.fr ". La lecture des commentaires de certains des ministres interrogés montrent que Claude Allègre n’est pas le seul à manier l’ironie et l’amertume voire l’insulte…

A lire également, dans ce même journal, la chronologie des manifestations étudiantes depuis plus de 30 ans. De quoi assombrir un peu plus le moral de Luc Chatel…

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article
29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 10:02

Le numéro 77 de juin 2009 de « snuipp-infos » est presque exclusivement consacré à faire le point sur les RASED, les CLIS et la psychologie scolaire.

Le SNUipp revient sur « le formidable mouvement qui a contraint le ministère d’annoncer le maintien de 1500 personnels E et G dont les postes devaient être fermés ».

Il décrit dans le détail les nouveaux textes issus de la circulaire de 2002, l’un pour les réseaux, l’autre pour les CLIS.

Certes, ces textes sont intéressants, mais, ce qui a retenu notre attention concerne les « échos de la C.A.P.N. » (Commission Administrative Paritaire Nationale). L’occasion pour le SNUipp de s’intéresser à certaines catégories de personnels de l’Education nationale.

 

Le SNUipp nous fait part de ses « inquiétudes pour les psychologues ». En effet, sachant que « régulièrement, 10% des postes ne sont pas pourvus, la tentation d’employer des vacataires va être grande pour les IA au vu des besoins ». Et le SNUipp en tire les conséquences que « la qualité du service public risque de ne pas être au rendez-vous ».

 

Le SNUipp a les mêmes inquiétudes pour les directions spécialisées (IME, EGPA, EREA…). Les capacités d’accueil sont supérieures au nombre de candidats en liste principale. Les départs en formation ne cessent de baisser depuis 2005…

« Le SNUipp a alerté sur les trop nombreuses Segpa qui fonctionnent sans directeur ou avec des directeurs à temps partiel. Il a rappelé l’exigence du respect de la circulaire de 2006, très explicite sur les missions des directeurs, confortée par la circulaire sur les orientations pédagogiques récemment parue ».

 

Saluons la démarche de ce syndicat qui s’inquiète de la situation de ces personnels. Il est tout à fait dans son rôle dans la dénonciation d’un dysfonctionnement nuisible au fonctionnement de l’école.

 

Nous aimerions toutefois que le SNUipp ne s’arrête pas en si bon chemin et qu’il poursuive son action en faveur d’autres personnels qui connaissent les mêmes difficultés : les directeurs d’école.

Le même constat peut être établi : plusieurs milliers de postes non pourvus chaque année, la qualité du service public qui n’est pas au rendez-vous, la définition des missions qui reste vague…

Notons aussi que le SNUipp utilise le terme approprié  « directeur » pour désigner le responsable d’établissements spécialisés et qu’il ne le fait pas lorsqu’il s’agit des écoles maternelles et élémentaires… Dans ce cas, il choisit d’évoquer « direction et fonctionnement de l’école ». Curieux, non ?

 

Le SNUipp appelle à la vigilance sur un arrêté paru au Bulletin Officiel en avril dernier sur les Unités d’Enseignement dans les établissements spécialisés.

« Les termes de ce texte peuvent amener à réduire considérablement les moyens en personnel de ces établissements, notamment en ce qui concerne la direction pédagogique (qui disparaît au profit d’une « coordination pédagogique »).

Le SNUipp a saisi le ministère « des conséquences de ce texte concernant la situation statutaire des personnels ».

 

Cette fois, on croit rêver ! Le SNUipp exige une « direction » pédagogique et surtout pas une « coordination ». Il défend la situation « statutaire de ces personnels ». Soit exactement le contraire de ce qu’il prône pour l’école primaire… A savoir un directeur sans statut soumis à un conseil des maîtres décisionnaire !

Il devient indispensable que le SNUipp nous explique ce qui motive des choix si opposés dans des situations analogues !

 

Mêmes contradictions et mêmes incohérences à réclamer et obtenir que les enseignants de CLIS soient déchargés des obligations d’aide personnalisée.

« Les enseignants de CLIS, comme nous le demandions, ne sont pas concernés par les heures consacrées à l’aide personnalisée ».

On peut comprendre que ces collègues de CLIS, comme ceux des RASED, bénéficient de ce temps pour la concertation et les relations avec les parents. On comprend moins que le SNUipp n’ait pas demandé que la mesure soit étendue aux directeurs d’école qui, eux aussi, et peut-être davantage que les enseignants de CLIS et du RASED ont besoin de temps de concertation avec leurs adjoints et les parents pour organiser et assurer le suivi de l’aide personnalisée.

 

Contradictions, incohérences mais également mépris.

 

Dans le chapitre III intitulé « Organisation des aides spécialisées dans l’école », le SNUipp passe complètement sous silence le rôle du directeur pourtant membre à part entière de l’équipe de suivi scolaire des enfants en difficultés notamment dans les écoles abritant une CLIS.

 

« Les enseignants spécialisés apportent une aide directe aux élèves en difficulté, selon des modalités variées, définies en concertation avec le conseil des maîtres, sous l’autorité de l’IEN, et s’inscrivant dans le projet d’école. Le conseil d’école est informé des modalités retenues, conformément à l’article D411-2 du code de l’Education ».

 

Ce paragraphe est révélateur de l’état d’esprit des principaux responsables nationaux et départementaux du SNUipp. Dans ces quelques lignes, ce syndicat cite le conseil des maîtres, l’autorité de l’IEN, le projet d’école et le conseil d’école. N’y manque qu’un « petit élément », un tout « petit élément » : le directeur qui n’est même pas cité.

 

Pourtant, n’est-ce pas le directeur qui réunit les différents conseils ? N’est-ce pas lui encore qui définit les « modalités retenues » ? N’est-ce pas lui qui impulse, coordonne, rédige le projet d’école ? N’est-ce pas vers lui que se tournent les parents confrontés aux rouages complexes des aides spécialisées ?

 

Oui, ces quelques lignes témoignent d’un profond mépris pour les directeurs d’école. Les oublier de façon aussi ostensible, c’est nier leur existence et leur rôle dans le fonctionnement de l’école.

 

Plus généralement, c’est afficher clairement une idéologie qui n’a pas sa place dans l’école du XXIème siècle. Comment ne pas qualifier d’irresponsables les délégués nationaux ou départementaux qui cautionnent de telles idées sur la direction d’école ? Comment peuvent-ils justifier que leurs positions résultent d’un quelconque mandat imposé par un congrès ? Comment expliquent-ils que les enseignants de SEGPA accepteraient plus facilement que les adjoints des écoles primaires d’avoir, à leur tête, un « p’tit chef » ?
Comment un syndicat digne de ce nom peut-il assumer autant d’incohérences, de contradictions et de mépris à l’égard d’une catégorie de personnels qu’il est censé défendre ?

 

Il est plus que temps que le SNUipp prenne conscience qu’il fait fausse route et commet une grave erreur en ignorant superbement les directeurs d’école et en niant aussi ostensiblement leur rôle. Ceux-ci acceptent de moins en moins d’être ainsi méprisés.

Ce syndicat encourt le risque de voir enfler la contestation qui pourrait rapidement se transformer en véritable rébellion anti-SNUipp et se traduire par une perte importante de ses adhérents.

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
commenter cet article
25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 10:08

La semaine aura été marquée par le discours du Président de la République le 22 juin à Versailles et le lendemain par le remplacement de Xavier Darcos par Luc Chatel.

 

Devant les parlementaires, Nicolas Sarkozy n’a fait qu’effleurer le domaine de l’Education en citant la réforme du lycée. Par rapport aux discours précédents, le propos est un peu court. Les syndicats n’ont l’affirment : le gouvernement ne considère plus l’Education nationale comme une priorité.

 

Pour le Sgen-CFDT, "la seule véritable annonce pour les secteurs de l'éducation, la jeunesse et la recherche, c'est le maintien de l'objectif comptable de non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Cette décision contredit dans les actes la volonté d'investir sur l'Éducation que prétend porter le discours".

Les réactions de l’Unsa vont dans le même sens : « l’Ecole n’est plus une priorité : elle devra faire plus avec des moyens diminués. Le président de la République a parlé de changement : l’Ecole n’en connaîtra pas. Sa situation, par les choix budgétaires imposés, ne peut que se détériorer. Le prochain budget l’annonce déjà : c’est une mauvaise nouvelle pour l’avenir ».

 

Il est vrai que les inquiétudes des syndicats sont confortées par les déclarations de Xavier Darcos dans un entretien à La Tribune :

« L'Éducation nationale a le premier budget de la nation, avec 60,4 milliards d'euros de crédit en 2010, et 1,2 million de fonctionnaires », souligne-t-il. « Cette dimension nous donne une responsabilité particulière lorsqu'il s'agit de participer à la maîtrise des dépenses publiques. C'est pourquoi j'ai proposé de ne pas renouveler 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. »

Sur l'ensemble d'une carrière, un poste d'enseignant représente un coût cumulé de 1 million d'euros. Les 16.000 postes supprimés constituent donc près de 16 milliards d'euros de dépenses en moins sur quarante ans, souligne-t-on rue de Grenelle. Précisément, "il s'agit de 600 postes d'agents administratifs et de 14.000 postes d'enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l'enseignement privé (à hauteur de 1.400)".

 

Ces propos, tenus le jour du remaniement ministériel apparaissent aux yeux des commentateurs comme une ultime provocation de Xavier Darcos. Luc Chatel, nouvellement nommé ministre de l’Education, se serait bien passé d’un tel message d’accueil.

Le nouveau locataire de la rue de Grenelle ne peut espérer compter sur la bienveillance des syndicats enseignants. Ces derniers l’ont tout de suite fait savoir.

Le Snes parle de "provocation", évoque "une dégradation de la formation" puisque les emplois supprimés correspondent aux stages IUFM et calcule que "les stagiaires dans le second degré assurent aujourd’hui 8 heures de cours hebdomadaires, soit l’équivalent de 4.500 emplois". Le SNES appellera les personnels à se mobiliser dès la rentrée pour construire un mouvement d’ampleur contre ce projet de budget et recherchera en ce sens la plus large unité syndicale possible.

Le Snuipp s'indigne : "Comment comprendre que la formation professionnelle des enseignants soit réduite à la portion congrue, que les lieux de formation que sont les IUFM soient remis en cause, que la formation en alternance risque d’être réduite à un simple compagnonnage au moment où le métier d’enseignant requiert une plus grande professionnalité pour favoriser la réussite de tous les élèves ? Comment comprendre que des lauréats des concours 2010 puissent être responsables de classes sans avoir jamais effectué de stages en responsabilité dans leur cursus ?"

L'Unsa relève les contradictions des discours présidentiels. "L'investissement éducatif devrait être une priorité : il aura été, de budget en budget, abandonné. Les budgets traduisent la réalité des convictions".

Pour le Sgen "le ministre change, les suppressions de postes s'aggravent. Plus que jamais le Sgen-CFDT sera mobilisé dès la rentrée prochaine pour obtenir les conditions nécessaires aux réformes de progrès social qui s'imposent pour l'École et les personnels de l'Éducation. »

 

Reste la personnalité de Luc Chatel dont la nomination a créé la surprise. A l’inverse de son prédécesseur, le nouveau ministre n’est pas un homme du sérail. Il ne s’est d’ailleurs jamais exprimé sur l’éducation.

Sa nomination comme ministre de l’Education nationale et le maintien de sa mission de porte-parole du gouvernement sont interprétées comme la récompense d’une fidélité sans faille au service de Nicolas Sarkozy.

Il a sans aucun doute bénéficié également du peu d’attrait de ce poste très risqué dans lequel « on est grillé au bout de deux ans », selon Richard Descoings, le très médiatique directeur de Sciences-Po Paris.


Pour l’instant, Luc Chatel n’est connu du grand public que pour ses interventions ponctuées de « euh… euh… » et de longs silences… lors de points de presse en tant que porte-parole du gouvernement largement rapportés par Canal+ dans son « Grand journal ».

Une autre vidéo a fait le tour d’Internet en février 2008. On y voyait Luc Chatel, Secrétaire d’Etat à la consommation, brandissant la revue « 60 millions de consommateurs », et semblant apprendre par ce média l’envolée des prix…

« Comme vous, j’ai été extrêmement choqué par les résultats de l’enquête de 60 millions de consommateurs. J’ai été choqué parce que évidemment je fais mes courses comme vous, à Chaumont, et je me suis rendu compte que les prix augmentent. » Une image pas très valorisante.

 

La désignation de Luc Chatel a tout pour surprendre. Son parcours, sa méconnaissance des sujets et du monde de l’éducation… font que sa nomination peut être interprétée comme le fait que l'Éducation Nationale n'est plus une priorité pour le gouvernement.

Impressionné par Nicolas Sarkozy, formé à son école et s’inspirant dans sa ville de la stratégie présidentielle, Luc Chatel est considéré comme un « proche » du Chef de l’Etat.

 

De fait, beaucoup considèrent déjà que la politique éducative n'est plus décidée rue de Grenelle mais Faubourg Saint Honoré.... Et la feuille de route est déjà connue : 16.000 suppressions de postes à l'Education en 2010.

D'aucuns estiment pourtant que l'élu de province a les compétences requises pour gérer les dossiers délicats. Il a su mener à bien le plan automobile pour tenter de sortir ce secteur du marasme économique et œuvrer pour une sortie de crise chez Heuliez, l'équipementier automobile des Deux-Sèvres en redressement judiciaire, et Continental, le fabriquant de pneumatiques de Clairoix. A son actif, également, la gestion du dossier délicat de La Poste, qui s'apprête à devenir une société anonyme malgré la crise.


Le passage de l'Industrie à l'Education, deux mondes où le dialogue avec les syndicats est primordial mais souvent tendu, devrait donc être plus facile. Lors de la cérémonie de passation de pouvoir ce mercredi le tout nouveau ministre de l'Education nationale a affirmé qu'il prendrait «le temps de l'écoute».

Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour savoir si le gouvernement considère l’éducation comme une priorité nationale, selon les promesses du candidat Sarkozy durant sa campagne présidentielle. Les premières décisions de Luc Chatel seront décisives de ce point de vue.

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
commenter cet article
23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 16:43
 

Le projet de loi relatif à la rénovation du dialogue social dans la fonction publique constitue la première étape de la mise en œuvre des accords de Bercy conclus le 2 juin 2008 entre le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, le secrétaire d’État chargé de la fonction publique et six des huit organisations syndicales représentatives de la fonction publique (CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires, CGC). Relire notre article du 20 mai sur le paysage syndical français.

 

Les règles et les pratiques datent d’un compromis issu du statut de 1946. Elles ont très peu évolué depuis, alors que la fonction publique a connu dans le même temps des changements profonds.

Pourront désormais se présenter aux élections professionnelles les syndicats qui, dans la fonction publique où celles-ci sont organisées, sont légalement constitués depuis au moins deux ans et satisfont aux critères de respect des valeurs républicaines et d’indépendance.

 

Comme les comités techniques de la fonction publique territoriale et les comités techniques d’établissement de la fonction publique hospitalière, les comités techniques de l’État seront désormais élus directement par les agents qu’ils représentent. Cette évolution doit garantir une représentation plus complète des personnels au sein de ces instances, notamment des personnels non titulaires des administrations.

Dans cette même logique, les conseils supérieurs de la fonction publique de l’État, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière seront désormais composés à partir des résultats agrégés des élections aux comités techniques, et non plus aux commissions administratives paritaires.

 

Afin de marquer l’importance des élections professionnelles, les cycles électoraux seront harmonisés dans les trois versants de la fonction publique. Pour ce faire, les mandats de l’ensemble des instances de consultation de la fonction publique seront fixés à quatre ans, afin de permettre la tenue simultanée des élections professionnelles dans les trois fonctions publiques.

 

Avec la réforme, la représentativité des syndicats, qui n'était jusqu'ici mesurée qu'au moment de l'élection des commissions administratives paritaires (chargées de suivre la vie des agents), se fondera désormais également sur un nouveau vote, celui des comités techniques (chargés de suivre la vie des administrations).

 

Dans les comités techniques ministériels, les places seront chères. Les premières rumeurs font état de 15 sièges : aucune organisation ne peut donc envisager de siéger avec moins de 6 % des suffrages. Une formalité pour les grandes fédérations (FSU, Unsa, CFDT), mais une perspective plus inquiétante pour FO (6,7 % aux dernières élections professionnelles) et SUD (6 %), voire une mort assurée pour six organisations (CSEN, CGT...) en deçà de ce seuil fatidique. Pour calmer le jeu, le gouvernement pourrait laisser chaque ministère moduler les sièges en fonction du nombre de ses agents.

Autre motif d'inquiétude : l'organisation du scrutin. Contrairement aux élections des commissions administratives organisées par corps (primaire, secondaire, non-enseignants...), les comités techniques seront élus par l'ensemble des personnels. Certains syndicats leaders sur un secteur « de niche », mais indépendants des grandes fédérations, redoutent d'être noyés. C'est le cas du SNALC (troisième dans le secondaire) ou du Snetaa-eil (premier dans l'enseignement professionnel). D'autant que la réforme prévoit que tout accord devra être signé par des organisations représentant 20 % des voix pour être valable.

 

Le projet de loi sur la représentativité dans la fonction publique, qui sera présenté cet automne au Parlement, risque de bouleverser un paysage syndical dominé depuis quinze ans par la puissante FSU. Les petits syndicats ont tout intérêt à s'unir, mais la chose est délicate, en raison notamment de vieux clivages. Un mariage d'appareils contre-nature pourrait déboucher sur une crise interne voire des départs massifs.

Depuis la scission de la FEN, on a rarement vu telle effervescence chez les syndicats de l'éducation. Le Snetaa-eil, parti avec fracas de la FSU il y a quelques années, lorgne du côté de FO. La FAEN (Fédération autonome de l’Education Nationale) qui regroupe 6 syndicats, frappe à de nombreuses portes.

La CFTC peine à se trouver des alliés dans ce bastion laïc. Quant au SNALC, étiqueté à droite, même s'il se dit apolitique, il fait le pari de l'autonomie et veut redonner un deuxième souffle à la FGAF (fédération de fonctionnaires).

Les grandes fédérations ont, elles aussi, entrepris les grandes manœuvres, conscientes que le bouleversement va dépasser la seule Education nationale.

Après avoir compté leurs troupes et plus d’une année de contacts, la CGC et l’Unsa ont finalement échoué dans leur tentative de fusion.

La FSU, qui n’a pas réussi à se diversifier hors de l'éducation, a multiplié les appels du pied à la CGT lors du récent congrès du SNES. On est encore bien loin d'une fusion, mais des groupes de travail communs ont été constitués. Objectif : ne pas donner le sentiment que le projet se limite à une simple manœuvre d'appareil. Reste à savoir si les enseignants accepteront de rejoindre la CGT.

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
commenter cet article
18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 21:49

Notre collègue Froment, bien connu des habitués de ce site, nous livre un nouvel article que nous publions bien volontiers dans son intégralité.

L’analyse qu’il fait de la situation économique est sombre et inquiétante, mais elle rejoint les positions prises par les experts français et européens ces dernières semaines.

 

-------------------------------------------------------------
 

A chaque jour son lot de mauvaises nouvelles. Le 27 mai 2009, sur la radio BFM, Eric WOERTH, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, déclare :

 

« A ce jour, les recettes fiscales tirées de l’Impôt sur les Sociétés sont de 1 Milliard d’euros contre 10 à 12 Milliards l’année dernière à même date ».

 

Cette annonce fait l’effet d’une bombe tant elle est significative de l’état de nos finances. Si l’on replace cet élément dans le contexte plus général des rentrées fiscales recensées au premier trimestre 2009, les prévisions du déficit du budget devront être revues à la hausse.

Rappelons que, fin avril, le ministre du budget avait évalué à 6 % du PIB le déficit du budget. Compte tenu des nouveaux éléments, le déficit pourrait s’élever à hauteur de 10 % en 2009, dépassant probablement les 150 milliards d’euros.

 

Le 15 juin dernier, le déficit des comptes de la Sécurité Sociale a été évalué à 20 milliards. Cette donnée peut, à elle-seule, creuser encore un peu plus le déficit du budget général de notre pays.

 

 

Ces mauvaises nouvelles s’accompagnent, hélas, d’autres perspectives peu engageantes. Au cours du second semestre 2009, le risque d’une augmentation des matières premières n’est pas à exclure. Déjà, depuis quelques semaines, le cours du baril de pétrole repart à la hausse malgré une demande en décroissance du fait de la crise industrielle.

La situation au Pakistan et en Iran risque de créer des tensions qui pourraient provoquer un nouvel emballement. Toutes raisons de craindre pour le pouvoir d’achat des Français.

 

Une autre source d’inquiétude est à prendre en compte : celle qui touche les collectivités locales. Beaucoup d’entre elles présentent une situation de comptes très difficile. Certaines ont recours à des emprunts très risqués pour simplement assurer leurs seules charges de fonctionnement. Il n’est pas impossible que l’Etat soit contraint d’assumer les défaillances de certaines communes, ce qui aurait pour effet immédiat d’aggraver encore le déficit global du budget de la France.

 

 

Les conséquences pour la France

 

Les disponibilités financières disponibles sur le marché n’étant pas infinies, se profile l’hypothèse d’une difficulté voire d’une impossibilité à placer un emprunt à taux fixe comme cela a été le cas en mars dernier pour la Banque d’Angleterre.

Si la capacité à emprunter à l’Etranger atteint ses limites et si la dégradation des comptes de l’Etat se poursuit, à échéance de deux ou trois ans, faute de couverture de financement, le risque d’une faillite des comptes de l’Etat est envisageable.

 

Une forte hausse des impôts ne peut être exclue même si les prélèvements obligatoires sont déjà très importants dans notre pays (de l’ordre de 44 %). Toute augmentation pénaliserait l’investissement et la consommation, affectant le retour à la croissance.

Certains commencent à envisager la possibilité d’une réduction des salaires et des pensions dans la Fonction Publique comme cela se pratique déjà dans le secteur privé. Cette orientation provoquerait une situation sociale extrêmement dangereuse.

 

 

Les conséquences pour l’Education nationale

 

Les suppressions de postes vont probablement s’accroître plus vite et plus fortement que prévu. Les grandes réformes coûteuses seront renvoyées à des jours meilleurs, forcément lointains. La modernisation du système éducatif, la revalorisation des carrières seront mises entre parenthèses pendant une durée assez longue.

 

Les regroupements de petites écoles de 1 à 3 classes se poursuivront pour une meilleure mutualisation des besoins entre les communes.

La création d’EPEP envisagée puis abandonnée ne pourra voir le jour avant longtemps. L’objectif de déplacer des compétences vers les communes reste d’actualité mais ces dernières n’ont plus les moyens financiers de prendre en charge financièrement les transferts pas toujours compensés intégralement par l’Etat.

 

Concernant plus précisément les directeurs d’école, il est difficile d’imaginer la mise en place d’un statut professionnel. Celui-ci nécessite des moyens budgétaires importants pour accompagner la reconnaissance institutionnelle : création de postes de décharges, d’aide administrative et revalorisation indiciaire.

Ces préoccupations catégorielles ne présentent pas le même caractère d’urgence pour les comptables du Trésor ou les directeurs d’école.

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article
16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 17:13


Puissant levier de réforme de l'État, la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) enclenche un processus de transformation radicale des règles budgétaires et comptables de l'État - qui n'avaient pas évolué depuis plus de 40 ans. L'ambition de cette loi est de réformer la gestion de l'État tout entière, c'est-à-dire la façon dont l'argent public est utilisé par chaque ministère. Cette réforme vise à instaurer une gestion plus démocratique et plus efficace des dépenses publiques.

Dans ce cadre, chaque ministère doit déclarer les objectifs atteints en fonction des programmes de la LOLF.

 

L'exercice vient d'être fait par l'éducation nationale qui publie ainsi un nombre important d'indicateurs. En effet, derrière les chiffres, se profile une question essentielle : L'Ecole est-elle performante ?

 

Les documents du ministère donnent un sens particulier au mot « performante ». Il faut l’entendre et le comprendre « du point de vue du contribuable » comme le souligne « le bilan stratégique du rapport annuel de performances ».

 

 

Le rapport fourmille d’éléments qui situent les objectifs atteints en matière éducative.

 

Ainsi, apprend-on que 87% des élèves de fin de primaire "maîtrisent les compétences de base" en français, 90% en maths. A la fin du collège les taux sont de 78 et 88%.

Les taux d'absentéisme sont particulièrement faibles : 2 % d'heures perdues, à comparer aux 3 % perdues par indisponibilité des enseignants ou des locaux.

 

Si les taux de redoublement baissent, ils restent supérieurs aux objectifs fixés du primaire à la seconde.

 

Les indicateurs révèlent également pas mal de surprises, voire des décalages avec les discours officiels… Notamment dans le domaine de la violence scolaire.

 

Les mêmes indicateurs nous apprennent également que le ministère de l’Education nationale a embauché bien en dessous de ses autorisations de programme sans rien dire

Ainsi, par exemple, dans l’enseignement primaire, Xavier Darcos s’est livré à une réduction supplémentaire de 2 194 postes alors même qu’il promettait d’en créer un millier du fait de l’augmentation des effectifs entre 2007 et 2008 !

 

 

Nous avons relevé quelques aspects significatifs de ce bilan…

 

 

Les réformes

 

Devant la persistance de résultats décevants des élèves à plusieurs évaluations (notamment les évaluations internationales PISA et PIRLS), à la rentrée 2008, l’éducation nationale a mis en place une importante réforme dont l’objectif est de diviser par trois le nombre d’élèves qui sortent de l’école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d’élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité en cinq ans.

Comme lors de la rentrée scolaire 2007, il a été décidé de maintenir ou d’augmenter toutes les dotations en emplois d’enseignants du premier degré aux académies, que le nombre de leurs élèves baisse ou non, notamment afin de favoriser la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ; de plus, la part des moyens d’enseignement consacrés aux postes permanents en classe progresse, ce qui suppose des efforts accomplis en matière de gestion des fonctions qui ne sont pas de manière permanente face aux élèves, opérations généralement poursuivies dans le cadre de la mise en place de la rentrée 2009.

Enfin il faut remarquer, comme pour le second degré, que la diminution générale du nombre d’enseignants de l’éducation nationale s’est traduite par une amélioration de leur situation financière en rendant possible différentes améliorations catégorielles et générales.

 

 

Le remplacement des enseignants absents

La diminution du taux de rendement du remplacement a un impact sur la couverture des absences pour congés de maladie et maternité comme en témoigne la baisse du taux de remplacement. (77,8 % en 2008 contre une prévision de 83%)

 

 

Le regroupement des petites écoles (de une à trois classes)

 

La prévision pour 2008 était de 40,5 %. La réalisation a été de 39,6 %. L’objectif 2010 est de 39 %.

 

 

Les dépenses de personnels

 

Le point de vue du contribuable et celui du citoyen se rejoignent dans cet objectif d’optimisation des moyens qui est aussi d’équité. Il s’agit en effet de faire en sorte que les moyens alloués au programme soient répartis le mieux possible entre les territoires et mobilisés effectivement au service des élèves.

 

La part du potentiel enseignant en responsabilité d’une classe est en progression par rapport à l’année précédente ce qui témoigne de l’effort fait pour affecter devant les élèves le plus grand nombre d’enseignants. La loi de finances pour 2009 confirme cette orientation en prévoyant la réaffectation de 500 enseignants n’assurant pas un service d’enseignement mis à disposition d’autres activités ; par ailleurs, à la rentrée scolaire 2009, le Ministre s’est engagé à ce que les 500 créations de postes d’enseignants soient essentiellement consacrées à l’ouverture de classes supplémentaires.

 

 

Evolution des emplois

 

Enseignants du 1er degré                   Personnels d’encadrement (IEN)

 

Plafond 2008                319 243                                    1 488

Exécution 2008             317 049                                    1 396

Ecart                            -  2 194                                     - 92

 

Les emplois sont exprimés en équivalent temps plein travaillé (ETPT). On distingue les effectifs physiques qui correspondent aux agents rémunérés, quelle que soit leur quotité de travail et les ETPT (équivalents temps plein travaillé) correspondant aux effectifs physiques pondérés par la quotité de travail des agents. A titre d’exemple, un agent titulaire dont la quotité de travail est de 80% sur toute l’année, correspond à 0,8 ETPT ou encore, un agent en CDD de 3 mois, travaillant à temps partiel à 80% correspond à 0,8 x 3/12 ETPT.

 

 

Principales mesures catégorielles

 

Revalorisation de l’indemnité de sujétions spéciales des directeurs d’école       16 450 000

Revalorisation de l’indemnité de circonscription des IEN                                    2 010 000

 

 

Coûts moyens par catégorie d’emplois

INDICATEUR 4.3 : Proportion d’écoles de une à trois classes

Les coûts moyens correspondent au traitement indiciaire moyen de la catégorie, auquel s’ajoute une évaluation des indemnités perçues en moyenne par chaque agent ; les taux de cotisations en vigueur sont appliqués (hors CAS pensions). En 2008, ces coûts moyens sont :

 

- Enseignants du premier degré : 34 617 €,

- Enseignants stagiaires : 25 131 €,

- Personnels d’encadrement : 58 649 €.

 

 

Les principaux événements ayant marqué la gestion 2008

 

L’Etat verse une compensation financière à chaque commune qui a mis en place le service minimum d’accueil. Cette compensation s’élève soit à 110 € par jour et par groupe de 15 élèves accueillis, soit à 9 fois le SMIC horaire par enseignant ayant participé au mouvement de grève, sans que le montant de la compensation ne soit inférieur à 200 € par jour. Pour 2008, la dépense au titre du droit d’accueil s’est élevée à 2,56 M€. Sur la base d’un coût forfaitaire de 90 € par groupe de 15 élèves de janvier à août et de 110 € de septembre à décembre, cela représente environ 363 000 élèves accueillis.

 

Ce remboursement est assuré à partir des retenues sur salaire pour service non fait et nécessite des mouvements de fongibilité asymétrique au niveau déconcentré.

 

 

Frais de déplacement : 6,4 M€

 

Les dépenses de l’action « Pilotage et encadrement pédagogique » portent sur les frais de déplacement des personnels de direction et d’inspection et des conseillers pédagogiques.

 

Le montant des crédits consommés en 2008 fait apparaître un écart supérieur de 0,6 M€ au regard des crédits inscrits, résultant de l’augmentation du nombre des déplacements des IEN (objectif d’inspecter les enseignants tous les 3 ans) : 1 250 prévus pour 1 350 constatés, soit au total une augmentation de 8% du nombre d’agents à indemniser par rapport au nombre prévu. Ce constat a conduit à porter cette enveloppe à 7 M€ dans la LFI 2009.

 

 

Le renouvellement des contrats aidés

 

Il s’est concentré en 2008 sur la reconduction de la totalité des contrats des personnels affectés à l'accompagnement des élèves handicapés et à l'assistance administrative des directeurs d'écoles.

 

  

 

Commentaires :

 

Eric Woerth se réjouit d’avoir dépassé ses objectifs cette année. La manne ainsi récupérée en 2008 correspond à « 400 millions d’économie » et « 400 millions de prime ».  

"Les 22.700 suppressions de postes de fonctionnaires permettront de dégager 700 à 800 millions d'euros d'économies en année pleine, a déclaré le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth".

Soit environ 80 euros brut par fonctionnaire sur l’année. A peu près 60 euros net, donc 5 euros par mois…

Tout ça pour ça ?

Voilà qui relativise les termes du rapport : « la diminution générale du nombre d’enseignants de l’éducation nationale s’est traduite par une amélioration de leur situation financière en rendant possible différentes améliorations catégorielles et générales ».

 

Les suppressions de postes ont été plus nombreuses qu’annoncées. Le premier degré a été particulièrement et injustement touché. Non seulement le ministre n’a pas créé le millier de postes promis pour faire face à la hausse démographique, mais il s’est livré à 2 194 suppressions supplémentaires. Le ministère s’est bien gardé de communiquer sur cette économie non programmée. Personne n’a rien vu, personne n’a rien dit : ni les syndicats, ni les médias.

 

Conséquence ou cause de cette source d’économies, le remplacement des maîtres absents n’a pas atteint l’objectif fixé… Au détriment des élèves et des autres enseignants.

 

Les revalorisations indemnitaires sont très inégales selon qu’elles concernent les directeurs d’école ou les IEN… 16 millions d’euros pour presque 50 000 directeurs contre 2 millions pour 1 396 IEN…

 

 

Retour à la page d’accueil

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article