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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 23:49

L’annonce d’un éventuel dépôt de proposition de loi visant à la création d’EPEP met en émoi les syndicats enseignants du premier degré et les contraint à engager une réflexion « en interne » pour la plupart d’entre eux. Le SE-Unsa va plus loin et met en ligne un questionnaire sur l’opportunité de créer des EPEP.

Il aura suffi que le député Frédéric Reiss (UMP, Bas-Rhin) indique à l’agence de presse AEF le jeudi 15 octobre qu’il compte déposer une nouvelle proposition de loi sur la création d’Epep « dans l’année quand le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel sera prêt » pour que les états-majors syndicaux fassent connaître leurs réactions.

Réaction d’abord face à l’initiative du GDID qui a lancé une pétition couronnée de succès appelant les syndicats à « ouvrir enfin un vrai débat, sans tabous, sans exclusivités, sans préjugés » sur le métier de directeur. Réaction ensuite sur la création d’EPEP.

Le Scenrac-CFTC réaffirme son soutien à la création d’un statut pour le directeur d’école, éventuellement dans le cadre d’un établissement public du premier degré. « Il est urgent de prendre une décision [...] De plus en plus de directeurs occupent les fonctions sans formation et le rapport de l’Igen publié en septembre montre bien qu’il manque un maillon dans le premier degré », estime Michel Trudel, président du Scenrac-CFTC. Le syndicat plaide pour la création d’un statut non hiérarchisé : « L’école a besoin d’un pilote, mais en tant qu’animateur de l’équipe pédagogique, il ne doit pas être le supérieur de ses collègues », explique-t-il. Le modèle proposé par le syndicat impliquerait la création d’un concours, la mise en place d’une formation initiale et, « pourquoi pas, l’intégration des directeurs d’école au corps de direction du second degré ».

 

Le SE-Unsa prend ses distances avec les positions du GDID, ne soutiendra pas la pétition, mais aborde la question à travers une publication et un questionnaire électronique sur la création des Epep. « Quelle structure administrative et pédagogique, avec quels objectifs, quels modes opératoires, quelle architecture financière et juridique mais aussi quel pilote sont les plus à même, aujourd’hui, de répondre efficacement aux nouveaux défis que doit relever l’école primaire ? », s’interroge le syndicat, invitant notamment ses adhérents à se prononcer sur l’opportunité de créer des établissements publics dans le premier degré. En proposant ce questionnaire, le syndicat a conscience d’avoir « franchi un cap ». « Avant, la réflexion était menée en interne, certains collègues refusaient d’en parler, c’était épidermique, déclare Stéphanie Valmaggia, déléguée nationale du SE-Unsa. Mais quand Frédéric Reiss a annoncé qu’il voulait déposer une nouvelle proposition sur les Epep, nous avons voulu prendre la température de la profession. Et nous avons beaucoup, beaucoup de réponses », affirme-t-elle. « Sur un peu plus de 400 retours, 97 % des interviewés constatent que ça va mal, et à la question ‘’faut-il créer un établissement public dans le premier degré’’, 84 % répondent ‘’oui’’ », rapporte la syndicaliste, précisant que la majorité sont « des directeurs d’école ». Le syndicat, qui n’est pas opposé par principe à la création d’établissements publics dans le premier degré, veut laisser à ses adhérents la possibilité de trancher la question lors de son congrès de Brest (Finistère) à la mi-mars 2010. « Le GDID a tendance à prendre le problème uniquement sous l’angle de la fonction de directeur ; au SE nous partons de l’organisation de l’école pour définir ensuite les conditions d’exercice adéquates », explique Stéphanie Valmaggia.

Pour le syndicat, dans un contexte de « resserrement des corps », la création d’un nouveau statut de directeur d’école n’est pas pertinente : « Un nouveau statut signifierait recréer des concours, des corps, il y en a déjà beaucoup trop. » En tant qu’animateur de l’équipe pédagogique, le directeur d’école doit garder un pied dans la classe et surtout ne pas être transformé en « administratif pur ».

 

La déléguée nationale du SE-Unsa se félicite du taux de retour de l’enquête « nous avons beaucoup, beaucoup de réponses » avant d’en préciser le nombre ridiculement bas : 400 réponses… Elle enfonce également des portes ouvertes lorsqu’elle déclare qu’il y a déjà beaucoup trop de corps… Qu’elle se rassure, le gouvernement ne créera pas de corps supplémentaire puisque sa politique consiste à les fusionner et à les rapprocher par familles de métiers comme nous l’avons expliqué le 19 août dernier dans l’article intitulé : Quid du statut des directeurs dans la réforme de la fonction publique ?

A noter que le SE-Unsa rompt le silence prudent qu’il s’était imposé sur la question du statut du directeur et déclare tout de go que « Les collègues ont beaucoup souffert ces deux dernières années de la pression des IEN, ce n’est pas le moment de leur imposer un chef supplémentaire. » Dont acte.

 

Le Sgen-CFDT, qui a ouvert « le débat longuement en interne » sur la « direction d’école », « le fonctionnement de l’école » et « la création des Epep », « communiquera prochainement sur le sujet », explique Joël Devoulon, secrétaire national. « Nous ne sommes pas hostiles à la mise en place d’un établissement public dans le premier degré, mais le précédent projet d’Epep transférait la responsabilité de l’école au maire sans régler les problèmes de gestion quotidiens », explique-t-il. Wait and see…

 

Rien de nouveau au SNUipp-FSU qui reste hostile à toute modification du statut de l’école et continue d’évoquer le « fonctionnement collectif de l’école ». Selon Gilles Moindrot, l’établissement public ne constitue pas « une solution en soi » aux problèmes de fonctionnement de l’école primaire, si ce n’est en matière de gestion financière. Au contraire, l’Epep risque d’accroître la pression administrative sur les directeurs d’école. La profession, « globalement hostile » à ce type de structure, demande « plus de temps » pour effectuer son travail. « Aujourd’hui, les relations entre les collectivités et les directeurs d’école se passent bien. »

Le SNUipp demande une « clarification des missions afin d’en tirer toutes les conséquences en termes de moyens, de décharges, le temps de formation et tout ce qui peut améliorer le fonctionnement collectif de l’école ».

 

Aux yeux du Snudi-FO, les Epep représentent un « danger de transfert de la compétence éducation de l’État aux collectivités locales », et, pour, les élèves des « inégalités de traitement ». « On le voit déjà avec les MDPH, en fonction du budget des conseils généraux, les différences de traitement sont très importantes », assure Norbert Trichard, secrétaire général du syndicat.

Le Snudi craint aussi que les enseignants du premier degré ne perdent leur statut de fonctionnaire d’État.

Pour lutter contre les difficultés des directeurs (multiplication des tâches annexes, surcharge de travail, relations avec des partenaires « imposés », etc.) le syndicat demande au ministère l’ouverture de négociations pour l’amélioration du temps de décharge des directeurs et la revalorisation des indemnités. Il est également favorable à la création de postes d'administratifs. « Pour l'instant, ces tâches administratives sont assurées par des EVS, pas formés et mal payés », conclut-il.

 

Bref, on le pressent, beaucoup d’eau va encore couler sous les ponts avant que les directeurs d’école ne soient reconnus par un statut professionnel.

D’abord parce que la proposition de loi visant à la création d’EPEP ne sera déposée que lorsque le ministre « sera prêt ». Le sera-t-il un jour ?

Ensuite parce que l’impopularité grandissante de l’exécutif n’est pas de nature à lui faire assumer de nouveaux risques sociaux.

Enfin parce que les syndicats affûtent leurs arguments et retardent ainsi le moment où le ministre « sera prêt » à entreprendre de telles réformes…

 

Certes, hormis le SNUipp, les syndicats ont évolué sur la notion d’établissement public du premier degré mais force est de constater qu’ils sont loin d’être favorables à un statut de directeur d’école…

Leurs positions de dialogue tiennent davantage du geste pour la forme que d’une réelle avancée vers la reconnaissance de notre métier…

Un pas en avant, deux pas en arrière ?

 

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 12:00

Selon le Se-Unsa et le SNUipp, le dossier des EPEP (établissement public de l'enseignement primaire), gelé depuis 2008, devrait rebondir. Les syndicats annoncent le dépôt cet automne par l'UMP d'une proposition de loi visant leur création.

Une précédente proposition avait été déposée sur le bureau de l’Assemblée Nationale par trois députés UMP, Benoist APPARU (Marne), Frédéric REISS (Bas-Rhin) et Guy GEOFFROY (Seine-et-Marne) le 25 septembre 2008.
Relire nos articles dans la catégorie "EPEP".


Cette proposition de loi relative à la création d'EPEP avait été préparée en étroite collaboration avec le ministère de l'Éducation nationale puisque, dès le lendemain, Xavier DARCOS acte la création des EPEP, en attribuant dans son budget 2009, 500 postes administratifs aux écoles constituées en EPEP. Dotation qui n’était que prévisionnelle et qui fut donc retirée sans modification de la Loi de Finances.

Cette proposition prévoyait la création automatique d'un EPEP à partir de 15 classes et la possibilité de l'ouvrir à partir de 13 classes. A la tête de chaque EPEP un directeur chef d'établissement assisté d'un conseil d'administration où les enseignants seraient minoritaires.

De report en report, du fait de l’affaiblissement et de l’usure de Xavier Darcos, ce texte avait été remisé dans les cartons dans l’attente de jours meilleurs…

Le 13 mai 2009, Eric Woerth présente en conseil des ministres un second rapport d’étape sur la RGPP (le premier bilan avait été rendu public le 3 décembre 2008). Il pointe la mise au point mort de la création des EPEP et alerte le Ministère de l’Education Nationale.

Depuis, Benoist Apparu (l’un des auteurs de la proposition de loi de 2008) est entré au gouvernement, et Luc Chatel a remplacé Xavier Darcos.

Selon une dépêche AEF, « À la fin du mois de septembre », Frédéric Reiss devait s’entretenir avec Luc Chatel, afin de connaître sa position sur le dossier des EPEP. « Je ne veux pas le mettre en difficulté s'il n'y croit pas », indiquait-t-il.

Cette seconde proposition de loi distinguera de façon plus claire « le cas des communes rurales et celui des villes moyennes », précise Frédéric Reiss. « Il existe de petites écoles rurales qui fonctionnent très bien et auxquelles il n'est pas question de toucher », explique-t-il. « Mais il sera sans doute nécessaire de revoir les cartes scolaires dans certaines agglomérations », ajoute-t-il.

 

Les réactions syndicales n’ont pas tardé. Le SNUipp rappelle ses positions de fin 2008. Une sorte de statu quo dans la réflexion…

Voici ce que qu’écrivait ce syndicat lors de la présentation de la proposition de loi visant à créer les EPEP :

« Décryptons…
A l’heure actuelle, les écoles maternelles et élémentaires n’ont pas de statut « juridique ». Elles ne peuvent par exemple gérer d’argent, aucune hiérarchie n’existe en leur sein. Elles sont donc « irresponsables » d’un point de vue comptable et administratif.
Financièrement parlant, elles dépendent des subventions de fonctionnement attribuées par les municipalités tout en ayant développé des associations coopératives regroupées au sein de l’OCCE par exemple.
Pédagogiquement parlant, aucun compte n’est à rendre aux mairies, le premier échelon de la hiérarchie ne se trouve pas au sein des écoles, mais à l’extérieur : c’est l’inspectrice ou l’inspecteur de la circonscription (IEN).
Ce qui est remarquable dans ce statut « d’irresponsabilité », c’est que malgré les difficultés de tous ordres, cela fonctionne plutôt pas mal depuis près de 100 ans !
 »

 

Le SE-Unsa semble avoir une position moins rigide et plus pragmatique.

« Pour le SE-UNSA, l’existence, en soi, d’établissements publics du primaire ne signifie pas la fin du service public. Cependant, faut-il aller vers une césure entre urbain et rural comme cette proposition de loi y mènerait ? Si on voit bien l’intérêt gestionnaire qui anime les auteurs de ce texte, faut-il faire l’impasse sur le pédagogique ? Des structures de plus de 350 élèves sont-elles une norme acceptable pour accueillir des enfants ? Quelles seront les conséquences pour les enseignants des écoles ? C’est ce que le SE-UNSA a tenté de faire valoir auprès du ministère et des parlementaires.

Le SE-UNSA a rencontré divers interlocuteurs, notamment l’ANDEV et le groupe socialiste à l’assemblée nationale. Nous avons aussi été conviés directement par Frédéric REISS, un des rédacteurs du texte. Nous lui avons fait part de nos interrogations et de nos doutes sur la mise en place de telles structures qui visent davantage à satisfaire des visées gestionnaires qu’à améliorer le fonctionnement de l’école.

Enfin, la création automatique d’EPEP, sans avis préalable de la communauté éducative, nous semble de nature à créer des tensions dans les écoles. » (2008)

 

« Le SE-UNSA ne considère pas que la situation actuelle des écoles primaires est satisfaisante. Conscient que des changements sont nécessaires, il impulsera une réflexion sur l’évolution du fonctionnement de l’école, de sa structuration juridique et son autonomie financière avec pour seul objectif l’amélioration de l’efficacité pédagogique. Cette réflexion doit clarifier la nature des relations avec les collectivités territoriales, les niveaux de responsabilité et la place de chacun. »

Le SE-UNSA ne fait pas partie de ceux qui considèrent que l’Ecole Primaire française fonctionnerait parfaitement. Entre la fin du XIXème siècle où la République l’a imposée en France et 2007, son fonctionnement a beaucoup évolué, tout comme la société dans laquelle elle agit. Les collègues, qu’ils soient adjoints ou directeurs, nous le disent : ils ne trouvent pas forcément dans sa structure actuelle toutes les réponses satisfaisantes pour faire face aux nouvelles missions, aux nouvelles pratiques qui sont les leurs. Le SE-UNSA ne pense donc pas qu’il faille ignorer ces réalités : le statu quo ne saurait constituer une solution satisfaisante. Le fonctionnement en réseau autour d’un collège, la nécessité de développer le travail en équipe, les partenariats font notamment partie des véritables questions à approfondir. Pour le SE-UNSA, c’est de l’intérêt des élèves, du projet de l’école, de l’efficacité pédagogique que doit découler tel ou tel mode de gestion et non l’inverse.

Nous vous invitons ainsi à participer au débat en répondant à l’enquête ci-contre. » (2009).

 

Et, de fait, le SE-Unsa donne la parole aux enseignants (adjoints et directeurs) sous la forme d’un questionnaire :

 

Quelle évolution du fonctionnement et de la direction d’école ?

1. La situation actuelle vous paraît-elle satisfaisante ? OUI NON

Si non, pourquoi ?

…………………………………………………………………………………………...............

 

2. Pour vous, la création d’un établissement public dans le premier degré est-elle envisageable ?

OUI - NON

 

Si non, précisez pourquoi …………………………………………………………………………………..............

 

Si oui, indiquez ses avantages (numérotez par ordre de priorité) :

........ : une meilleure reconnaissance des directeurs d’école

........ : une meilleure autonomie

........ : une structuration juridique plus assurée

........ : une meilleure efficacité pédagogique

........ : une organisation financière et administrative plus opérationnelle

........ : autres ? Précisez : ....................................................................................................................................................

…………………………………………………………………………………………………………………………………………....

3. Quelles autres structurations de l’école vous paraissent envisageables ?

- un EPLE comme dans le 2nd degré

- des regroupements pédagogiques en milieu rural

- des fusions d’école en milieu urbain

- le statu quo

- autres ? Précisez : ...........................................................................................................................................

 

4. Pour vous, quelles exigences doivent présider à la création d’un établissement public dans le 1er degré ?

………………………………………………………………………………………………………………………

 

5. Autres remarques

………………………………………………………………………………………………………………………

 

Enquête à remplir pour le 3 novembre 2009 en cliquant ICI

 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 13:27
 

Le 7 octobre, c'est la journée mondiale pour le travail décent. Les syndicats se mobilisent dans plus de 100 pays pour exiger une action plus ferme des gouvernements par rapport à la reprise et à la réforme économique, a indiqué la Confédération syndicale internationale (CSI).

 

Si l’on se bat pour le travail décent, alors, les directeurs d’école français devraient être aux premières places des préoccupations syndicales.

 

Le SNUipp participera à ce « 7 octobre intersyndical » avec pour slogan : « Et si l’éducation avait besoin d’idées neuves ». Il se base sur de récentes études de l’OCDE qui indiquent « qu’avec 5,9 % de son PIB consacré à l’éducation, elle [la France]  se classe au 11ème rang des pays de l’OCDE. Bien en deçà de la moyenne qui s’élève à 6,1 %. Loin derrière des élèves apparemment plus innovants comme le Danemark, l’Islande, les Etats-Unis ou la Corée qui dépassent les 7 % du PIB. »

L’OCDE précise également que « la taille des classes constitue le principal déterminant de la différence de coût salarial moyen par élève en pourcentage du PIB ».

 

C’est le moment qu’a choisi Luc Chatel pour annoncer des premières propositions en la matière conscient de la nécessité « d’améliorer les conditions de travail, le statut social et les revenus » des enseignants.


C’est dans cette perspective que la FSU et 6 autres organisations appellent les enseignants des écoles à participer à la journée internationale sur le travail décent prévue le 7 octobre. Des rassemblements, meetings, manifestations, conférences de presse, sont programmés un peu partout en France.

Le SNUipp, quant à lui, n’entend pas en rester là et annonce que dans les prochaines semaines, il souhaite débattre avec les enseignants de la notion de « travailler mieux, travailler autrement »

 

Différentes questions seront ainsi étudiées :

-          comment travailler avec des petits groupes ?

-          Quelles utilisations possibles du « plus de maîtres que de classe » ?

-          Quelles missions pour la maternelle ?

-          Comment renforcer les collaborations avec les RASED ?

-          Quels besoins en formation ?

-          Quelles nouvelles organisations élaborer pour la direction ?

Autant de questions à explorer avec les enseignants pour inventer d’autres fonctionnements et débattre des modalités d’action pour obtenir les moyens de cette nouvelle école.

 

Non, nous n’avons pas rêvé, le SNUipp envisage bel et bien de rechercher de « nouvelles organisations pour la direction ». Prise de conscience que le statu quo ne mène à rien ? Amorce de réflexion sur la reconnaissance du métier de directeur d’école au XXIème siècle ?

 

Si nous saluons la volonté syndicale de s’intéresser enfin au problème des directeurs, il convient de ne pas nous réjouir trop vite… En effet, le SNUipp évoque la « direction » et non le « directeur ».

Les mots ont un sens. Ils reflètent la pensée et leur choix est rarement le fruit du hasard, notamment chez les responsables syndicaux.

 

Est-ce un premier pas timide vers une reconnaissance institutionnelle du directeur d’école ? Une sorte de revirement discret pour ne pas effrayer les tenants de la ligne dure « anti-p’tits chefs » ?
La direction nationale du SNUipp devra notamment convaincre ses sections départementales, à commencer par celle de l’Oise qui conteste les textes régissant l’organisation de l’école.

 

Ainsi, dans ce département, le SNUipp 60 publie le communiqué suivant :

« …dans l’Oise, l’Inspecteur d’Académie utilise les résultats départementaux [des évaluations CE1-CM2] pour remettre en cause l’organisation pédagogique des équipes dans certaines écoles, en demandant aux directeurs d’exercer une « responsabilité pédagogique globale », tête de pont aux prémices d’un statut hiérarchique : en effet, il fait injonction à ces directeurs de « juger de la pertinence de l’attribution des classes de cycle 2 » en la modifiant autoritairement, alors que cette organisation incombe réglementairement au conseil des maîtres. »

 

Le Décret n°89-122 du 24 février 1989 relatif aux directeurs d'école est pourtant clair et notamment son article 2 qui définit les fonctions du directeur :

 

Il [le directeur d’école] répartit les élèves entre les classes et les groupes, après avis du conseil des maîtres. Il répartit les moyens d'enseignement. Après avis du conseil des maîtres, il arrête le service des instituteurs et professeurs des écoles, fixe les modalités d'utilisation des locaux scolaires pendant les heures et périodes au cours desquelles ils sont utilisés pour les besoins de l'enseignement et de la formation.

 

L’IA de l’Oise ne fait que rappeler les prérogatives des directeurs et l’on voit mal en quoi ce rappel des textes serait une « tête de pont aux prémices d’un statut hiérarchique »…

 

On peut donc légitimement se demander si l’objectif annoncé de rechercher « quelles nouvelles organisations élaborer pour la direction » n’est pas, au contraire, une façon déguisée d’amener les adhérents à se prononcer pour un « conseil des maîtres décisionnaire » ? On sait la direction nationale du SNUipp très attachée à ce concept.

Pour l’instant, pas de procès d’intention mais une clarification s’impose. L’ambiguïté doit être levée au plus tôt.

Si, comme le dit  le slogan, l’éducation a besoin d’idées neuves, il serait bon de commencer par la gestion des écoles et la reconnaissance du directeur.
Comme le rapporte le SNUipp, « les vieilles recettes ne font plus fortune… » Alors, souhaitons que ce 7 octobre, journée mondiale pour le travail décent, on pense un tant soit peu aux directeurs d’école…

 

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 22:43

L'Education nationale paiera le plus lourd tribut aux suppressions d'emplois en 2010, avec 16 000 postes en moins après 13 500 en 2009 et 11 200 en 2008.

 

Les 16 000 emplois supprimés concernent essentiellement des postes de fonctionnaires stagiaires, effet direct de la réforme de la formation des enseignants. Celle-ci prévoit un recrutement au niveau "master 2" (bac 5) et une formation incombant aux universités et non plus aux IUFM. Pour la première année d'application, à la rentrée 2010, les étudiants qui auront réussi le concours d'enseignant ne seront donc plus affectés en IUFM mais directement en classe, ce qui permettra d'économiser les postes de stagiaires.

 

"La poursuite de suppressions qui viennent s'ajouter à d'autres déjà intervenues va dégrader les conditions de travail et réduire les possibilités du service public de faire face aux besoins et de lutter contre l'échec et les inégalités", a réagi à l'AFP le patron de la FSU, Gérard Aschieri. Il fustige "des mesures très marquées par l'idéologie, et paradoxales : hier, Nicolas Sarkozy faisait un discours sur la jeunesse, mais ces suppressions, ce sont des postes en moins pour les jeunes ».

 

Les effets négatifs sont connus : classes surchargées, manque de remplaçants, baisse de la scolarisation des moins de trois ans en maternelle, déficit de personnels accompagnant les enfants handicapés, etc.

Perspectives peu reluisantes également pour les directeurs d’école qui ne pourront bénéficier d’EVS en nombre suffisant et voient s’éloigner tout espoir de meilleures conditions de décharges de cours.

 

Ces suppressions de postes ne préparent pas l’avenir. Pourtant, les démographes ont alerté le gouvernement : à partir de 2010 et surtout 2011, le boom démographique ayant débuté en 2000 se fera sentir au collège et la France risque de manquer d’enseignants (relire notre article du 7 août 2009 intitulé « Suppressions de postes d’enseignants : une faute, une tromperie ».

 

Les suppressions d’emplois dans la Fonction publique d’Etat sont présentées comme un remède indispensable au redressement des finances de notre pays. En réalité, elles ne représentent que 500 millions d’euros d’économies sur les 140 milliards du déficit public !

En 2008, grâce au bouclier fiscal, 834 contribuables dont le patrimoine est supérieur à 15,6 millions d’euros ont profité chacun d’une baisse d’impôt de 368 261 euros. Au total, 14 000 redevables ont bénéficié du bouclier fiscal, pour un coût total pour la collectivité de 458 millions d’euros.

 

Pour Gérard Aschiéri, "Si l'on compare ce que rapportent les suppressions de postes, environ 500 millions d'euros par an, et les mesures fiscales qui réduisent les recettes de l'Etat, par exemple 2,5 à 3 milliards pour la baisse de la TVA dans la restauration, c'est sans commune mesure", et il déplore qu'il n'y ait "jamais de débat sur l'efficacité comparée de ces choix".

 

N’existe-t-il donc d’autre solution que le démantèlement des services publics pour combler le déficit public ? Pourtant, des sources d’économies importantes sont possibles et connues : la lutte contre la fraude fiscale, la suppression des niches fiscales, la chasse au gaspillage exorbitant des décentralisations et du train de vie des collectivités locales… Il conviendrait également de redéfinir la contribution budgétaire de notre pays à l’Europe. La France verse chaque année au budget européen 7 milliards d'euros de plus que ce qu'elle en reçoit en retour, aides agricoles de la PAC comprises. En 2013, la perte sèche atteindra 10 milliards d'euros par an.

 

Nous l’avons maintes fois écrit : la RGPP est avant tout une réforme idéologique. Ses conséquences sont néfastes pour les services publics et en particulier pour l’Education nationale.

 

Les directeurs d’école sont aussi victimes de cette politique. Tous les ministres savent que l’amélioration du fonctionnement de l’école passe par des mesures en faveur des directeurs. Tous les rapports, sans exception, le confirment. Le refus des syndicats enseignants de reconnaître statutairement leur métier n’est qu’un prétexte rêvé pour tout ministre contraint de serrer son budget.

 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 12:00

Un de nos collègues a attiré notre attention sur la lecture sélective que fait le SE-Unsa 59 du « rapport sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ».


Effectivement, la page 3 de "la lettre de l'enseignant du Nord" envoyée le 25/09 à toutes les écoles, est consacrée à la critique de la note de synthèse de l’IGEN.

 

Dans ce  "4 pages", Betty Guillaume commente abondamment "le rapport sur la mise en œuvre de la réforme de l'enseignement primaire". Elle y apporte ses commentaires mêlés d’ironie et d'humour souvent drôle...

 

« L’année scolaire 2008-2009 a été une année exceptionnelle de réforme de l’enseignement primaire.

Qu’on se le dise ! »

 

Elle passe ainsi en revue différents sujets abordés dans ce rapport :


- l'aide personnalisée : « L’aide aux élèves en difficulté c’est vachement bien mais maintenant on va essayer d’avoir des résultats… »


- le pilotage des circonscriptions : « Les IEN ont fait un boulot remarquable, véritable courroie de transmission des attentes ministérielles, mais il faut maintenant qu’ils fassent le lien entre l’évaluation et le pilotage pédagogique ; ils devaient jusqu’à présent piloter sur des simulateurs de vol ! »


- la semaine de 4 jours : « Tout le monde a applaudi le passage à la semaine de 4 jours, fortement conseillé par l’IA en juin 2008… Proposition des IGEN : que le ministère impose qu’on travaille le mercredi matin ! »


- les évaluations CE1-CM2 : « On pourrait croire que les auteurs parlent du taux de réussite des élèves. Mais non, ils parlent des remontées des résultats : d’abord 70% des résultats ont été remontés au niveau CM (c’est une victoire ?) ! Et 85% au niveau CEUn vrai succès quand on sait qu’il n’y avait pas de consigne de blocage ! »


- les nouveaux programmes : « il n’y a plus de refus de principe de ces nouveaux programmes » ! Sans rire ! »


- les stages de remise à niveau : « Ils ont connu une forte progression cette année et… personne n’est capable de dire s’ils ont une utilité puisque, curieusement, rien n’a été envisagé pour mesurer leur efficacité ! »


- la relation entre l'encadrement et les enseignants : « … Il a fallu beaucoup de réunions de directeurs d’école et de visites dans les écoles pour expliquer les réformes, pour persuader les sceptiques, pour contrer les opposants.

La relation hiérarchique s’est renforcée tout autant que la relation personnelle et individualisée ».

So sexy ! »


Et pis c'est tout !!! Comme dirait un très médiatique entraîneur de natation.

 

Vous l'aurez compris : pas un mot sur la partie du rapport intitulée : « Les écoles, la gestion du temps et la direction d’école »

 

Pourtant, la note de synthèse des IG ne se limitait pas au seul catalogue des réformes en cours. Aussi, Nous aurions aimé connaître le point de vue de Betty du SE-Unsa sur les autres points importants abordés dans leur rapport…

 

Ainsi que pense le SE-Unsa de Betty des propos de Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation nationale, et Odile ROZE, Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche ?

 

« Le besoin d’asseoir la réforme de l’enseignement primaire dans un cadre institutionnel plus solide est manifeste. »

« L’élargissement du rôle du directeur, le système de décharges qui devient obsolète et inéquitable du point de vue de l’adaptation de la décharge à la réalité des fonctions exercées, la position du directeur en coordonnateur de ses pairs qui n’est pas toujours facile…

 

Le statut de l’école : La création de l’établissement public d’enseignement primaire (EPEP) donnerait aux inspecteurs un relais au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration et elle leur permettrait de retrouver du temps pour le pilotage pédagogique et l’encadrement personnalisé des enseignants. »

 

Bref ! Il est vraiment dommage que Betty du SE-Unsa se soit arrêtée à l’examen des réformes en cours et qu’elle n’ait pas poursuivi son exercice aux propositions des rapporteurs… Dommage car les sujets abordés sont d’actualité et nous intéressent beaucoup.

Oui, nous restons sur notre faim et nous regrettons qu’elle n’ait pas utilisé son talent de commentatrice avisée pour traiter l’ensemble des points du rapport…

 

Plusieurs hypothèses pour expliquer cette copie incomplète :

 

On peut imaginer un problème technique obligeant le SE-Unsa à limiter à 4 pages « la lettre de l’enseignant » ou encore le manque de temps qui a contraint Betty à stopper net son travail d’écriture…

 

Il est possible aussi que la décision initiale était de ne commenter que les éléments du rapport qui chagrinent le SE-Unsa et de passer sous silence les points qui ne posent pas problèmeCe qui sous-entendrait que le SE-Unsa est en accord avec les constats du rapport sur le rôle des directeurs et les diverses propositions sur le statut de l’école…

 

Autre hypothèse encore : le SE-Unsa n’a pas osé donner son point de vue sur les sujets qui fâchent (rôle du directeur et statut de l’école) afin de ne pas se mettre en position délicate vis-à-vis des directeurs d’école…La signature du protocole lui ayant valu une volée de bois vert, le SE-Unsa se montrerait désormais plus prudent lorsqu’il s’agit d’aborder les problèmes liés à la direction d’école…

 

Pour ce qui nous concerne, nous aurions tendance à privilégier la dernière hypothèse… A nos lecteurs de se faire leur propre idée sur la question…

 

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 11:41


Les directrices et directeurs d’école, réunis à Paris le 23 Septembre, appellent l’ensemble de leurs collègues, de France et de Navarre, de métropole et des DOM-TOM à signer cet appel adressé à tous les syndicats enseignants :

 

« … Les directrices et directeurs d’école existent !

Leur travail, leur métier n’est pourtant pas reconnu…

La direction d’école existe !

Elle ne reste à ce jour qu’une simple fonction, sans moyens véritables, sans temps nécessaires, sans réel salaire, sans la moindre reconnaissance statutaire…

 

Pour les parents d’élèves, pour les mairies, pour nos IEN, pour nos IA, pour nos collègues adjoints, pour nos élèves, nous sommes directrices et directeurs d’école. Pour notre Ministère, cela dépend…

Notre administration nous considère comme Directeurs lorsqu’il s’agit de nous confier, d’année en année, toujours plus de tâches, toujours plus de charges, toujours plus de responsabilités. Quand il s‘agit de nous donner les moyens de faire ce travail, le temps pour l’accomplir, le salaire de nos efforts, la reconnaissance de notre métier, elle s’y refuse…

 

D’année en année, la désaffection croissante pour notre métier s’accentue.

En 10 ans, ce sont plus de 30 000 directrices et directeurs d’école qui ont renoncé à cette fonction. Près de 10 % des écoles, régulièrement, sont « dirigées » par des collègues désignés « volontaires », sans formation, sans expérience, sans envie ni attrait pour cette responsabilité. Au travers de cette vacance de la direction d’école, se pose, des maintenant, la question de la réalité du pilotage éducatif de nos écoles, et se joue, à terme, la question de l’existence même de l’Ecole Publique.

 

Face à cette situation, le choix n’est pas d’ETRE ou d’AVOIR.

 

On ne résoudra pas la crise de la direction d’école par le seul AVOIR. Les mesures catégorielles (AVOIR un peu plus de décharge, AVOIR quelques d’indemnités supplémentaires, etc ) ne répondent pas, ne répondent plus à nos demandes.

 

On ne résoudra pas la crise de la direction d’école par le seul ETRE. Obtenir un statut, ETRE reconnus directeurs,  est à notre portée, mais cela serait vain si ce statut ne correspond pas à nos attentes.

 

Nous devons aujourd’hui conjuguer ETRE ET AVOIR, et ceux qui nous représentent paritairement, ceux qui ont vocation à nous défendre, doivent conjuguer ceci avec nous, à tous les temps, à tous les modes.

Notre combat n’est pas celui de l’égoïsme, du corporatisme, c’est celui de la dignité de notre travail, c’est, celui du devenir de l’Ecole Publique, laïque et républicaine…

 

- Nous appelons l’ensemble des syndicats enseignants à écouter la voix, les demandes, les revendications des 50 000 directrices et directeurs d’école

 

- Nous appelons l’ensemble des syndicats enseignants à comprendre l’urgence d’agir avec nous. Au travers de la direction d’école, c’est le sort de l’Ecole Publique qui se joue.

 

- Nous appelons l’ensemble des syndicats enseignants à diffuser sur leurs sites et dans leur presse cet appel. Nous les appelons à soutenir cet appel et à le contresigner.

 

- Nous appelons l’ensemble des syndicats enseignants à reconnaître que le directeur d’école n’est plus un enseignant comme les autres, qu’il a, au sein de l’école et des équipes pédagogiques, une place, un rôle, un travail, des responsabilités différents de ceux de ses collègues adjoints.

 

- Nous appelons l’ensemble des syndicats enseignants à ouvrir enfin un vrai débat sur la direction d’école, sans tabous, sans exclusives, sans préjugés.

 

- Nous appelons l’ensemble des syndicats enseignants à entamer avec les 50 000 directrices et directeurs d’école, avec leurs associations, un échange et un dialogue permanent et constructif. Que plus un seul syndicat n’agisse sans nous, mais que tous soient désormais avec nous.

 

- Nous appelons l’ensemble des syndicats enseignants à établir avec nous une démarche commune auprès de notre Ministère qui tiendrait compte, et de nos conditions de travail (l’AVOIR) et de l’indispensable reconnaissance de notre métier (l’ETRE)

 

Directrices et Directeurs d’Ecole, nous sommes et serons désormais les acteurs de notre propre métier…

 

Pour signer la pétition, c’est ici : http://petition.dirlo.info/php/index.php

 

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 12:03

Dans le dossier des EVS destinés à l’aide administrative des directeurs d’école, on ne sait trop comment qualifier le SNUipp… L’arroseur arrosé ? Le pompier pyromane ? On pourrait l’affubler d’autres qualificatifs si les premières victimes n’étaient pas, avant tout, les directeurs eux-mêmes.

 

Le SNUipp-FSU Nord a été reçu le lundi 21 septembre en audience par l’IA du Nord… A l’issue de cette audience de rentrée qu’il qualifie de « riche en échanges mais pauvre en moyens pour améliorer les conditions d’exercice », ce syndicat nous dresse l’état des lieux sur un certain nombre de « dossiers des personnels ». Nous avons retenu celui des EVS qui nous concerne directement.

 

-----------------------------------------

 

« EVS-AVS : état des lieux

Depuis 1998, avec la création des premiers contrats précaires et l’apparition des aides éducateurs, le besoin de personnels supplémentaires pour l’aide administrative, la vie scolaire, puis l’accompagnement des élèves en situation de handicap est réel. Malheureusement depuis cette période l’état n’a cessé de multiplier le recrutement de personnels sous contrats précaires. Alors que le SNUipp-FSU demande que ces personnels soient recrutés sur des emplois pérennes sous statut public. Nous déplorons qu’à cette rentrée trop d’écoles et d’élèves pâtissent du désengagement de l’Etat.

Le nombre global d’EVS, pour l’aide à la direction, n’a pas augmenté. Les écoles qui font la demande d’un EVS ne sont pas satisfaites. Qu’en est-il ? »

 

Réponse de l’IA

« Lors de la mise en place de ce dispositif en 2006, toutes les écoles n’avaient pas répondu.

Depuis les nouvelles demandes posent problème.

Pour satisfaire les quelques 60 écoles qui réclament une aide administrative, nous devons « redéployer » les contrats d’EVS. Pour ce faire il faut anticiper les fins de contrats, élaborer une carte cible faisant apparaître les nouvelles demandes (nouveaux besoins) et les écoles qui ont plusieurs EVS. La contrainte supplémentaire est de redéployer ces moyens sur un même secteur d’emplois.»

Commentaires du SNUipp

« Concrètement, le SNUipp-FSU regrette que les écoles qui ont fait une demande postérieure à 2007 n’auront pas satisfaction.

Le SNUipp a dénoncé cette gestion de la crise. Elle fait apparaître que malgré la signature d’un protocole d’accord signé par deux organisations syndicales minoritaires (SE-Unsa et Sgen-Cfdt) en 2006, l’Etat ne tient pas ses promesses et ne cesse de se désengager.

Le SNUipp Nord appelle les écoles qui ont fait ces demandes à les renouveler à l’Inspection

Académique et d’en envoyer un double au SNUipp-FSU. Dans le même temps, il invite les écoles qui bénéficient de plusieurs EVS de rappeler leurs besoins légitimes (puisque reconnus en leur temps) et qui risqueraient de faire les frais du redéploiement.

Pour le SNUipp-FSU c’est la création en nombre suffisant d’emplois pérennes sous statut public dont les écoles et le service public ont besoin. »

 

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En 2006, nous avons dénoncé la signature du protocole par le SE-Unsa qui a eu pour conséquence le gel des revendications des directeurs d’école.

Nous avons estimé que les « avancées » n’étaient pas à la hauteur de nos espérances. Certes, nous avons salué l’obtention d’une journée de décharge pour les écoles à 4 classes, mais on sait que les moyens mis en place ont posé de nombreux problèmes aux écoles de 5 à 9 classes.

L’augmentation de 15 euros de l’ISS était inférieure au coût d’un timbre par jour. Les EVS, bien qu’apportant une aide significative, ne nous semblaient pas la solution la mieux adaptée à la situation difficile vécue par les collègues insuffisamment déchargés de cours. D’ailleurs, plus de 10 000 directeurs ont mis en avant leurs revendications dans l’enquête IFOP commandée par le GDID.

 

Beaucoup de directeurs ont cependant demandé et obtenu un(e) EVS. Certains ont refusé pour des raisons très respectables et continuent d’assumer leur choix. D’autres, enfin, ont suivi le SNUipp fer de lance de l’opposition au protocole, et ont donc refusé les EVS.

Problème pour cette dernière catégorie : depuis 2006, le SNUipp a changé d’avis et ces collègues éprouvent maintenant les pires difficultés à obtenir le moyen convoité.

Il nous semble que le SNUipp n’a pas adopté une attitude responsable vis-à-vis de ces collègues. En effet, il suffit de relire les nombreux textes qu’il a publiés en 2006 pour dénoncer le recrutement des EVS et encourager les directeurs à les refuser.

 

Quelques exemples :

 

Extrait du courrier destiné à l’IEN et l’IA (SNUipp 21)

« Les EVS ne correspondent en aucun cas à cette attente qui est la nôtre et à notre conception du service public. Nous avons donc choisi de ne pas en accueillir dans notre école. »

 

Texte de la résolution à rédiger en conseil des maîtres (SNUipp 22) :

« Le conseil des maîtres de l’école de ................................... réuni le ................... dénonce le recrutement d’Emploi de Vie Scolaire qui amplifie et aggrave la précarité dans les services publics de l’Education nationale. Les enseignants revendiquent un temps de décharge pour toutes les écoles sans que cela porte atteinte à la formation initiale et continue. »

 

« Il [SNUipp 83] suit en cela les instructions de ses membres, hostiles à 61% au texte même si une majorité de mesures sont approuvées, comme la décharge partielle. Les adhérents ont refusé les EVS et la revalorisation salariale.

Les mesures ne sont assorties d’aucune création de postes et remettent en cause la formation continue et initiale.

En outre le recrutement d’un EVS (Emploi de Vie Scolaire) renforce la précarité et ne correspond pas aux besoins de personnels aux fonctions pérennes et qualifiées. Pour la même somme qu’il s’apprête à dégager afin de recruter 50 000 EVS, le gouvernement pourrait créer 27 000 emplois de fonctionnaires. »

 

Aujourd’hui, trois ans plus tard, le SNUipp déplore que les postes d’EVS ne soient pas en nombre suffisant… encourage les directeurs à réclamer une aide administrative et invite ceux qui en ont plusieurs à lutter pour les conserver.

Les collègues qui ont suivi ce syndicat dans ses pérégrinations ont bien des raisons d’être mécontents car, malgré ses efforts, le SNUipp ne parvient pas à leur faire obtenir ce qu’il leur a demandé de ne pas accepter en 2006.

La volte-face du SNUipp, dès 2007, sur les EVS souligne, une fois de plus, l’absence de réflexion sur le métier de directeur d’école. Il faut en effet rappeler que les EVS ont d’abord été créés pour apporter une aide administrative aux directeurs.

Il serait temps que le SNUipp se libère de sa vision idéologique du « p’tit chef » et adopte une position claire, réfléchie et pragmatique sur la nécessaire reconnaissance institutionnelle du directeur d’école, véritable moteur de notre école publique.

 

Hélas, le SNUipp n’en prend pas le chemin. Dans un « chat » au Monde.fr, le 2 septembre dernier, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU se prononce clairement contre un statut de directeur d’école.

 

Question : Pourquoi êtes-vous contre un statut pour les directeurs d'école ?

 

Gérard Aschieri : Cet avis est partagé par la masse des collègues du premier degré, qui considèrent important que le directeur d'école soit un de leurs pairs et à franchement parler, je ne vois pas en quoi mettre une étagère supplémentaire dans la hiérarchie de l'éducation nationale permettrait d'améliorer la lutte contre l'échec des élèves. En revanche, ce qu'il faut, c'est donner à ces directeurs les moyens d'exercer correctement leurs fonctions en termes de temps, mais aussi de personnels, par exemple de secrétariat.

 

Question : Quand vous dites que les écoles doivent être dirigées par un "pair", cela veut-il dire qu'il ne doit pas il y avoir d'autorité hiérarchique ?

 

Gérard Aschieri : Le directeur, sans avoir de pouvoir hiérarchique, a en général une autorité sur ses collègues. Mais il n'y a pas besoin pour cela de statut. Il y a d'abord besoin de conditions de travail qui lui permettent d'exercer sa fonction.

 

Décidément, le SNUipp reste enfermé dans ses certitudes passéistes et idéologiques. Et l’on comprend mieux « pourquoi les syndicats ne pèsent plus vraiment sur l’évolution de l’Education nationale » comme le déclare un internaute.

 

La réponse de Gérard Aschieri sonne comme un aveu d’impuissance :

« …là où nous ne faisons pas bouger de manière sensible la politique gouvernementale, c'est sur la question des suppressions de postes, mais aussi, sans doute, sur la conception même de l'école et de son organisation … »

Cher Monsieur Aschieri, la politique du statu quo n’a jamais fait évoluer les choses… dans quelque domaine que ce soit.

 

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 17:18


Début septembre, Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation nationale, et Odile ROZE, Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, remettent un rapport intitulé «Troisième note de synthèse sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ». Cette note permet à l’Inspection générale de donner son avis sur "la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire". (relire notre article)

 

Parmi les points abordés, les rapporteurs insistent sur les nombreux inconvénients de « la généralisation de la semaine de 4 jours ».

 

« La situation n’est pas satisfaisante. Les conséquences du resserrement du temps scolaire se font sentir :

                 

Sur la fatigue des élèves et des enseignants : les constats effectués dès le premier trimestre scolaire ont été confirmés à l’issue de l’année, conduisant parfois à la suspension de l’aide personnalisée les semaines précédant les vacances scolaires.

 

Sur la réduction du temps de dialogue avec les parents : le samedi matin est supprimé, les enseignants, pris par l’aide personnalisée ou par une autre activité, ne sont plus disponibles à la sortie de l’école le soir.

 

Sur le temps de concertation des enseignants : des doutes sont exprimés par l’encadrement sur la qualité (voire la réalité) des concertations qui ont lieu le vendredi soir à la fin d’une semaine chargée.

 

Enfin, et surtout, sur le temps consacré aux enseignements : au terme de l’année scolaire, il se confirme que, de l’avis général des enseignants, le temps manque pour faire tout le programme d’enseignement, ce qui était d’ailleurs prévisible. L’année scolaire n’est plus que de 144 jours théoriques (quatre jours pendant 36 semaines), et 140 jours en fait, alors que la moyenne européenne est de 185 jours (Regards sur l’éducation - OCDE 2008). »

 

Cette note de synthèse rappelle également que « l’évolution souhaitable de la situation n’est pas dans le retour au samedi matin, que personne ne revendique, mais dans la scolarisation du mercredi matin, en vue d’alléger la journée de travail scolaire dans une semaine rééquilibrée. »

 

Les Inspecteurs généraux abordent également l’aide personnalisée. S’ils reconnaissent l’adhésion des familles et des élèves, ils sont davantage sceptiques sur les bienfaits de cette mesure : « Les effets sur les apprentissages et les acquis sont plus difficiles à mesurer. » [L’aide personnalisée] « ne permet pas, selon les enseignants, de compenser les difficultés lourdes, elle ne permet donc pas d’infléchir l’organisation du cursus scolaire des élèves. »

 

La FCPE milite également pour le retour de la semaine de quatre jours et demi. Pour son président, Jean-Jacques Hazan, il faut juste expliquer aux adultes que c’est pour le bien-être des enfants : "Si les chronobiologistes et chronopsychologues, depuis plus de vingt ans, ont expliqué qu’il fallait baisser le nombre d’heures de classe et étaler ça sur plus de journées, c’est pour une raison. Il faut que les parents comprennent pourquoi ce n’est pas bon pour leurs enfants ni pour la réussite scolaire."

 

Les contestations de la semaine de quatre jours se font plus nombreuses et s’alimentent de l’avis des experts de terrain. Pas très réjouissant pour Luc Chatel, nouveau ministre et qui, nous dit-on, est en place pour « gérer les affaires courantes » avant le prochain grand changement de gouvernement.

Il est évident que Luc Chatel aura suffisamment à faire avec les suppressions de postes  et la réforme des lycées décidées par son prédécesseur. Lorsqu'un nouveau ministre de l'éducation est nommé à mi-mandat, c'est généralement pour calmer le jeu. D’ailleurs, chose maintes fois vérifiée à l’Education nationale : à une période agitée à cause de réformes mal acceptées, succède souvent une période d’apaisement. Comme une sorte de trêve…

 

Il devenait donc urgent d’allumer un contre-feu pour faire oublier les contestations. Pour ce faire, quoi de mieux que d’utiliser l’opinion dont on sait qu’elle est favorable à la suppression des cours le samedi

En effet, beaucoup apprécient ce réaménagement du rythme hebdomadaire, notamment les familles recomposées. Il suffisait donc de canaliser les bonnes opinions pour donner une belle image de cette réforme.

C’est ce que confirmera l’enquête commandée par le Ministère de l’Education nationale à l’Institut de sondage Ipsos.

 

On y apprend, sans surprise, que « 77% des Français jugent que la suppression des cours le samedi matin à l’école primaire pour mettre en place un dispositif de soutien aux élèves en difficulté est une bonne chose » et que « 88% des parents d’élèves considèrent que la suppression de l’école le samedi est une bonne chose pour les familles ».

 

Cependant, la question la plus « intéressante » pour le ministère est la suivante :

 

« De manière générale, considérez-vous que la suppression de l’école le samedi matin en primaire est une bonne ou une mauvaise chose pour assurer un enseignement de qualité aux élèves ? »

Réponse positive à 76%.

 

Cette question, au demeurant innocente, appelle les remarques suivantes :

-       C’est une question fermée qui n’offre que peu de possibilités aux parents d’apporter une réponse autre que celle attendue

-       Cette question découle tout naturellement des autres. Les parents approuvent la suppression de l’école le samedi ; ils répondent prioritairement à cette partie de la question

 

Si la question a été posée ainsi, c’était avant tout pour la réponse induite qu’elle ne manquerait pas de fournir. A question fermée, réponse évidente…

 

Les parents auraient-ils répondu aussi massivement si la question avait été posée différemment :

« Pensez-vous que la suppression de l’école le samedi permet d’assurer un enseignement de qualité aux élèves ? » Il est permis d’en douter.

 

En effet, les parents sont-ils en mesure de juger de la qualité de l’enseignement du fait de la suppression de classe le samedi ? Les professionnels sont déjà bien en peine de le faire. Y avait-il nécessité impérieuse à leur poser cette seconde partie de la question ?

 

Bien connue des pompiers qui luttent contre les incendies, la technique du contre-feu est également très utilisée par les politiques. Elle permet souvent de détourner l’attention d’un sujet brûlant…

Nous avons là un nouveau et bel exemple de stratégie de communication gouvernementale. Puisque les « gens de terrain » critiquent la semaine de quatre jours, il faut leur montrer que cette réforme est plébiscitée par les familles.

 

Deux semaines après la publication de la synthèse de l’IGEN, le sondage tombe à pic pour enfoncer le clou : non seulement les familles adhèrent à la semaine des 4 jours mais, en plus, elles estiment à 76% que c’est une bonne mesure pour « assurer un enseignement de qualité aux élèves ». CQFD.

 

Hélas, si le ministère tire son épingle du jeu par cet artifice, il nous faut déplorer qu’une stratégie de communication tienne lieu de réflexion sur des sujets aussi importants. Ce n’est pas de cette façon que l’on pourra progresser et améliorer le système scolaire qui en a pourtant un besoin urgent.
 

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 12:10


L’on pouvait s’attendre à de nombreuses et fortes réactions syndicales suite à la publication du rapport établi par Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation nationale, et Odile ROZE, Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Il n’en est rien.

Manque d’intérêt ou embarras des syndicats de l’enseignement primaire ? En effet, rien de très significatif, hormis un entretien de Gilles Moindrot pour le SNUipp et un communiqué du SE-Unsa...

 

Dans son entretien, Gilles Moindrot, estime que « le rapport confirme bien les analyses du SNUipp ». Le Secrétaire général du SNUipp passe en revue chacun des thèmes évoqués dans la note de synthèse : l'aide personnalisée, les évaluations de CM2 et CE1, la semaine de 4 jours, les réformes de 2008-2009, les réformes qui passent bien et le bilan positif de l'année passée malgré les oppositions syndicales…

 

Cependant, il est un paragraphe important de ce rapport que Gilles Moindrot n’aborde pas dans son entretien, celui qui concerne le statut des écoles (EPEP) ou la valorisation du rôle du directeur… Curieusement, le responsable syndical, si disert sur les autres thèmes, n’a manifestement rien à dire sur cette partie, pourtant importante, de la note de synthèse des deux inspecteurs généraux. D’ailleurs, il est tout aussi curieux qu’aucune question ne lui ait été posée sur ce sujet pourtant très sensible au SNUipp… Souci de l’intervieweur de ne pas mettre mal à l’aise Gilles Moindrot ou volonté de l’interviewé de ne pas envenimer ses rapports avec les directeurs d’école ?

 

Côté SE-Unsa, la réaction est tout aussi convenue. « Les auteurs du rapport concluent leur introduction en affirmant qu’il est évidemment nécessaire de poursuivre la mise en œuvre de toutes les réformes. Le reste du rapport est loin de confirmer cette évidence. »

 

« Le succès des réformes a apaisé les tensions et permet d’envisager de progresser dans la modernisation de la gestion des enseignants sur deux points en particulier, celui du suivi des services et celui de l’individualisation de l’affectation ». L’inspection générale est-elle vraiment allée dans les écoles pour conclure ainsi son rapport sur les réformes en cours ? Nos collègues sont sous pression pour mettre en œuvre des réformes qui n’apportent pas d’amélioration significative de la réussite des élèves et qui sont ressenties comme une détérioration des conditions d’exercice de leur métier.

« Pour le SE-UNSA, que des réformes « éducatives » servent d’alibi à des modifications fonctionnelles n’est pas acceptable. La gestion des personnels doit faire l’objet d’une concertation spécifique et ne peut pas s’imposer comme un simple corollaire. »

 

Mais les inquiétudes du Se-Unsa se portent surtout sur la réforme du statut des enseignants.

"La note affirme que toutes ces réformes « comportent en elles-mêmes de profondes modifications dans la définition du service des enseignants », l’individualisation du service, la différenciation des activités du service obligatoire, la possibilité de faire des heures supplémentaires… Pour le SE-UNSA, que des réformes « éducatives » servent d’alibi à des modifications fonctionnelles n’est pas acceptable. La gestion des personnels doit faire l’objet d’une concertation spécifique et ne peut pas s’imposer comme un simple corollaire."

Comment peut-on prétendre qu’il faut aller plus loin encore ? Et, en particulier, imposer à l’occasion de ces réformes « pédagogiques » qui complexifient résolument le fonctionnement des écoles, des réformes « structurelles » et « statutaires », dont on ne voit pas en quoi elles constitueraient une réponse à la difficulté scolaire ? Peut-on faire remarquer que si la réussite des élèves dépendait de la structure juridique et administrative des établissements et si l’établissement public « type EPLE » était la solution, nous n’aurions plus depuis longtemps d’élèves en échec au collège…

 

Si le SNUipp a « oublié » de commenter la proposition des IG sur le statut de l’école (EPEP) et la reconnaissance du rôle du directeur, le SE-Unsa laisse transparaître son opposition à des « réformes structurelles et statutaires dont [il] ne voit pas en quoi elles seraient une réponse à la difficulté scolaire ». Cette petite phrase mériterait d’être développée car elle intéresse fortement les directeurs d’école.

Le SE-Unsa ne voit manifestement pas la nécessité de doter les écoles d’un « statut juridique et administratif ». Ne pas y croire, c’est une chose, mais s’y opposerait-il ?

La réforme du statut des enseignants semble également lui poser problème. L’utilisation d’expressions telles que « modifications fonctionnelles » ou « gestion des personnels » s’apparente beaucoup à une forme de « langue de bois » syndicale. Des précisions seraient les bienvenues, là-aussi…

 

Manifestement, certains thèmes semblent bigrement embarrasser les responsables syndicaux de l’enseignement primaire. Les directeurs d’école attendent du SNUipp et du SE une prise de position moins ambiguë, moins fuyante et surtout plus clairement exprimée sur la question du statut de l’école et celui de leur propre reconnaissance institutionnelle.

 

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 10:04

Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation nationale, et Odile ROZE, Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, viennent de remettre un rapport intitulé «Troisième note de synthèse sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ». Cette note permet à l’Inspection générale de donner son avis sur "la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire".

 

La semaine de quatre jours.

 

Elle fatigue élèves et enseignants. Les temps de dialogue avec les parents sont plus difficiles.

il se confirme que, de l’avis général des enseignants, le temps manque pour faire tout le programme d’enseignement. Le rapport invite le ministre à agir en installant la classe le mercredi matin. « Il est indispensable de lutter contre les habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures, qui déconcentrent les élèves et qui font perdre beaucoup de temps sur les apprentissages ».

 

Les 60 heures d’aide personnalisée.

 

"Le bilan est positif ", mais… les effets sur la réussite des élèves ne se voient pas franchement. Les directeurs, les enseignants et les parents sont contents ("sauf quelques centaines d’opposants déclarés"). L’aide est "vécue comme un privilège", mais "l’apport pédagogique de l’encadrement n’a certainement pas été à la hauteur des attentes". L’aide personnalisée ne permet d’infléchir que les difficultés légères.

Le rôle des directeurs d’école a été localement déterminant pour faire en sorte que la réflexion des enseignants soit d’abord pédagogique. La mission avait recommandé de supprimer, après cette première année de mise en place, le temps accordé pour l’organisation, sauf pour les directeurs d’école. Ce temps peut en effet être pris sur le temps de concertation institutionnel.

 

Les évaluations CM2 et CE1

 

L’IG concède que l’opposition syndicale a rencontré un "écho indéniable" auprès des enseignants. Mais grâce à l’investissement des IEN (et malgré les "points faibles" de l’application nationale), 70% des résultats sont remontés pour les CM2, 85% pour les CE1.

 

Les nouveaux programmes

 

S’ils ne sont plus remis en cause, dit le rapport, il apparaît que les enseignants ne maîtrisent pas l’organisation du travail en « modules » de temps dont la durée et le rythme n’entrent pas dans les routines hebdomadaires. Les enseignants ne programment pas assez  "rigoureusement" les répartitions.

 

Les stages de remise à niveau

 

Les enseignants "prennent conscience de l’intérêt financier et pédagogique" de ce dispositif, même si certains se comportent en "mercenaires". Mais l’IG confesse qu’aucun bilan qualitatif ni quantitatif n’est disponible, sauf quelques "bilans déclaratifs". "Il conviendrait donc d’évaluer l’effet de ces stages"…

 

Les relations IEN / enseignants

 

Les IEN étant fortement incités à aller au contact des enseignants pour la mise en œuvre de la réforme ou pour "contrer les opposants",  la "relation hiérarchique s’est renforcée" et "le succès des réformes a apaisé les tensions" malgré la "désinformation" des élus du personnel hostiles "par principe" aux réformes…

 

Aide aux élèves en difficulté

 

Le  rapport pointe la plus grande confusion dans l’articulation entre les différentes aides : aide individualisée, prise en charge par les RASED désormais "recentrés", autres dispositifs subsistant (PPRE, accompagnement éducatif, réussite éducative…). Les RASED ne jouent pas assez "le rôle de conseil auprès des enseignants attendu d’eux". Le rapport rappelle donc que le PPRE doit être davantage une "référence du projet d’aide global" qu’un dispositif spécifique et supplémentaire.

 

L’organisation de l’enseignement primaire

 

L’IGEN constate que les IEN croulent sous les tâches administratives et les injonctions, et souhaite qu’ils se recentrent sur leurs missions de contrôle et d’animation pédagogique, dans le cadre d’une circonscription où leurs conseillers seraient mieux reconnus par une "évolution de leur cadre réglementaire" et de leurs indemnités.

Le rapport recommande de "déconcentrer" une partie de leurs tâches sur les écoles, en modifiant le statut des écoles pour leur donner une existence juridique d'établissement  (les EPEP).

Les IG notent également l’évolution du rôle du directeur d’école et sa difficulté à arbitrer les conflits et à jouer un rôle plus grand dans la "mise en œuvre de la politique de l’Etat", faute de statut hiérarchique.

 

Ci-dessous, l’extrait du rapport concernant la création des EPEP et le rôle du directeur d’école.

 

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Cette année exceptionnelle par le nombre et la simultanéité des réformes a été d’une exigence exceptionnelle pour l’implication personnelle des cadres qui ont mobilisé toute leur force d’engagement, de loyauté et de conviction.

Jusqu’où peut-on aller encore dans la mobilisation des IEN, pour mener de front les tâches d’encadrement pédagogique induites par les nouvelles mesures, le suivi des organisations des écoles et des services des enseignants, l’affinement des inspections à la suite des évaluations, l’accroissement des journées de formation à organiser, la négociation avec les autorités locales sur les temps scolaire et péri-scolaire, le dialogue avec les équipes sur les projets d’école, le suivi des élèves qui relèvent d’un projet particulier ou d’une autorisation, le dialogue avec les parents en situation de conflit avec l’école, etc. ?

Sachant que toutes les réformes aboutissent à augmenter l’information disponible à traiter et la demande d’individualisation de la relation ? Sachant que la qualité de la mise en œuvre des réformes dans la durée est étroitement liée à la qualité de la présence et de l’exigence de l’inspecteur auprès des directeurs d’école et des enseignants ?

 

La réponse est dans la « déconcentration » d’une partie de leurs tâches au niveau des écoles, à la condition de donner à ce niveau une existence juridique et fonctionnelle, qu’il n’a pas actuellement, et dans la consolidation des équipes de circonscription.

 

Les écoles, la gestion du temps et la direction d’école

 

Le besoin d’asseoir la réforme de l’enseignement primaire dans un cadre institutionnel plus solide est manifeste.

Les premières observations faites à ce sujet sont confirmées par le constat de l’élargissement du rôle du directeur, de l’absence de maîtrise de l’institution sur la gestion du temps à l’école et de l’accoutumance des esprits à l’idée de donner un statut à l’école.

 

Le rôle du directeur évolue et le système de décharges devient obsolète.

Les nouvelles mesures élargissent le champ du travail en équipe : pour la répartition des enseignements des nouveaux programmes, pour l’organisation de l’aide personnalisée, pour l’utilisation de l’évaluation, pour les projets de remédiation, pour la réorientation des projets d’école, pour les échanges de service qui sont en augmentation.

 

Or la position du directeur en coordonnateur de ses pairs n’est pas toujours facile. Aux conflits habituels sur la constitution des classes et sur la répartition des services s’ajoutent désormais les divergences sur le positionnement horaire de l’aide personnalisée, sur le maintien des intervenants extérieurs dans le temps scolaire.

 

Le système de décharges devient obsolète et sans doute inéquitable du point de vue de l’adaptation de la décharge à la réalité des fonctions exercées. Est-il justifié que le directeur d’une école primaire de neuf classes en regroupement pédagogique concentré (RPC), qui accueille de l’accompagnement éducatif, un stage de remise à niveau, peut-être bientôt un jardin d’éveil, n’ait qu’un jour de décharge comme le directeur d’une simple école de quatre classes qui ne fait rien de particulier ?

Par ailleurs, est-il encore acceptable que le directeur d’école ait plusieurs « employeurs » et souvent au moins deux, l’Etat et le maire, et que, dans cette circonstance, le maire puisse s’opposer à ce que le directeur mette en œuvre une politique de l’Etat ?

 

La gestion du temps à l’école se complique.

Le temps d’ouverture de l’école comporte actuellement des activités sous responsabilité de l’éducation nationale et des activités sous responsabilité municipale ou associative, des activités sur temps scolaire (jours de classe) et hors temps scolaire (mercredi et vacances scolaires). Toutes ces activités mobilisent des enseignants, à titre obligatoire (temps de service) ou facultatif (heures supplémentaires et vacations), dans un cadre public ou privé.

La participation des directeurs à ces activités, indépendamment de leur participation personnelle en tant qu’enseignant, pose le problème de leur mobilisation involontaire (induite par le volontariat des autres) et de leur responsabilité pendant le temps d’ouverture de l’école au-delà du temps de classe et d’aide personnalisée.

Il devient nécessaire de redéfinir le temps de l’école. Au-delà des aspects juridiques, c’est bien d’un problème politique qu’il s’agit : celui de la cohérence pédagogique et éducative que l’on veut donner à l’ensemble des activités organisées pour les élèves au sein de leur école.

 

Le statut de l’école

 

La création de l’établissement public d’enseignement primaire (EPEP) donnerait aux inspecteurs un relais au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration et elle leur permettrait de retrouver du temps pour le pilotage pédagogique et l’encadrement personnalisé des enseignants.

Des inspecteurs, constatant que le temps disponible pour les inspections se réduit, sont en attente de la création d’EPEP dans leur circonscription ; des projets sont préparés, en lien notamment avec des créations de RPC dans les zones rurales.

 

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Ce rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale est important. Il ne se contente pas de dresser un bilan des réformes entreprises par Xavier Darcos, il fait également des suggestions pour améliorer le fonctionnement de l’école.

A noter, d’ailleurs, que cette note de synthèse met, une nouvelle fois, l’accent sur la nécessité de doter l’école et son directeur d’un statut. En ce sens, elle relance le débat et contraint le nouveau ministre à réfléchir sur une réforme qui s’avère indispensable malgré les fortes oppositions syndicales. Espérons que ce énième rapport sur les difficultés rencontrées par les directeurs d’école ne restera pas, comme les précédents, lettre morte. Il en va de la survie de notre école publique.  

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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