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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 17:04

 

 

Le changement c’est maintenant ! Concernant la direction d’école, les principaux syndicats semblent s’être approprié le célèbre slogan de la campagne présidentielle du candidat socialiste.

Effectivement, le temps est révolu où le SE-Unsa et le SNUipp usaient et abusaient d’expressions alambiquées pour ne pas employer le mot « directeur », véritable tabou des années 2000. Ce tabou est tombé. Sous l’impulsion du GDiD, de multiples rapports ont, les uns après les autres, attiré l’attention des ministres sur le rôle essentiel des directeurs d’école dans le fonctionnement des établissements scolaires et la réussite des élèves. Les centrales syndicales ont fini par entendre le mécontentement grandissant et s’emparer du malaise des « instituteurs chargés d’école ». Ils en viennent maintenant à parler de métier et de nécessaire reconnaissance…

Les deux principaux syndicats se félicitent de l’ouverture de négociations par le ministre sur la direction d’école début 2013. Tels des frères jumeaux, l’un et l’autre revendiquent la paternité des enquêtes qui ont contraint le ministre Vincent Peillon à ouvrir ces discussions.

« Pour le SNUipp, qui demandait depuis longtemps la réouverture du dossier de la direction d’école, l’occasion est enfin là de faire entendre les préoccupations professionnelles des directrices et des directeurs pour qui le statu quo n’est tout simplement plus envisageable. »

« Le SE-Unsa a lancé l’opération DUER des directeurs qui a connu un véritable succès que ce soit au sein de la profession ou dans les médias. Cette action a permis d’arracher une ouverture de négociations avec le ministère début 2013. » 

Pour autant, les revendications portées par ces syndicats épousent-elles les attentes des directrices et des directeurs d’école ? 

Le SE-Unsa a listé les aspirations du terrain :

- reconnaissance morale effective de cette fonction

- amélioration forte du régime de décharge

- attribution définitive d’un secrétariat administratif

- revalorisation financière (traitement indiciaire et indemnités)
 
 

Pour le SNUipp, la question de l’amélioration des conditions de décharge est également posée. Ainsi que le dossier de l’aide administrative. Pour ce syndicat, « il s’agira là d’avancer sérieusement vers la création d’un véritable métier, qualifié et pérenne. »

Pour le métier de directeur, le SNUipp est beaucoup plus réservé : « Force est de constater que l'entrée par le seul statut mène vite à une impasse d'un point de vue réglementaire comme budgétaire. En quoi cela améliorerait-il le fonctionnement de l'école ? ».

Certes, le SNUipp, s’il réfute toujours la reconnaissance statutaire du directeur, accepte l’idée d’un « statut pour le travail de direction ». Conscient de ne pas être compris par les directeurs d’école, Sébastien Sihr précise la position du SNUipp et avance une proposition : « L'école doit rester à taille humaine... les maires sont très attachés à leur école qui est un élément important du projet communal. Pas question donc d'aller dans le sens des Epep ou des regroupements… On est contre l'idée d'un supérieur hiérarchique. Mais comme il est nécessaire de reconnaître la fonction, le Snuipp propose une " certification directeur". Obtenue comme la certification formateur, elle permettrait que la fonction soit reconnue ».

Cette idée de « certification » est alors reprise par le ministre : « La formation continue et « peut-être une cer­ti­fi­cation ou une reconnaissance qui pourrait justifier un certain nombre d'évolutions indemnitaires » feront également partie des négociations ». 

Certes, le SNUipp s’est rapproché du GDiD au point d'accepter enfin une rencontre. Il n’en était que temps. Ce faisant, il évoque maintenant le « rôle essentiel » du directeur d’école. Comme dans sa dernière tirade sur « l’impérieuse nécessité du travail en équipe. »

« Le paradoxe du travail en équipe, c’est qu’il est largement prescrit par l’institution mais considéré comme allant de soi, sans que rien, souvent, ne soit mis en place dans les écoles pour le favoriser. Pourtant, voilà longtemps que les enseignants du primaire s’y sont engagés parce qu’ils ont bien senti que la réussite de tous les élèves dépendait de stratégies communes à l’ensemble des enseignants. Au travail avec ses collègues de classe, de cycle, s’ajoutent les collaborations avec les membres des RASED, l’ATSEM, l’AVS, la participation aux équipes éducatives, aux nécessaires temps d’organisation s’ajoutent des temps de réflexion, d’échanges de pratiques ou de ressources, de constructions d’outils. Ce passage de la simple coordination à la collaboration voire à la coopération n’est pas facile. Il demande du temps, de la formation, de l’accompagnement. Il demande aussi une réelle reconnaissance de l’institution.
Le rôle du directeur est ici essentiel, lui qui fait vivre le conseil des maîtres comme une équipe partie prenante du fonctionnement de l’école et qui est l’interlocuteur reconnu des partenaires de l’école : la mairie, les parents, qui répond aux sollicitations administratives une fois définies les prérogatives de chacun…etc. Tout cela ne s’improvise pas et nécessite notamment du temps supplémentaire de décharge et une formation spécifique et reconnue.
 »


Hélas, aucune de ces centrales syndicales ne se prononce ouvertement pour la création d’un statut de directeur. Aucune n'en veut. Pire : elles continuent de le refuser et s’évertuent à masquer ce rejet par d’insupportables éléments de communication pas toujours faciles à décrypter si l’on n’y prend garde

Ainsi, le SNUipp qui demande « une réelle reconnaissance de l’institution »… Très bien, mais l’institution, c’est quoi ? C’est qui ? Ou encore lorsqu’il évoque le directeur qui « répond aux sollicitations administratives une fois définies les prérogatives de chacun…etc. » Quel magnifique exercice de langue de bois sans signification aucune ! 

Ainsi, le SE-Unsa qui utilise un artifice, lui aussi, pour ne pas exprimer ouvertement son refus de statut. En effet, « il a aussi tenu à rappeler [au ministre] que les directeurs ne revendiquaient pas un statut hiérarchique. » Soit. Mais a-t-il rappelé au ministre que les directeurs revendiquaient un statut ? Non !

Lorsque le SE-Unsa précise qu’il sera porteur de la « reconnaissance morale effective de cette fonction », il joue sur les mots. Ce n’est pas une simple « reconnaissance morale » que réclament les directeurs d’école. Ils veulent une vraie « reconnaissance juridique et institutionnelle ».
Ils ont besoin d’un statut qui reconnaisse leur métier, leurs compétences spécifiques, définisse leurs droits et devoirs, leur permette de travailler dans des conditions dignes, leur accorde des moyens humains et matériels. Alors, la reconnaissance statutaire s’accompagnera d’une reconnaissance financière et de surcroît d’une reconnaissance morale

Finalement, si les avancées syndicales sont réelles et accueillies favorablement, elles n’en restent pas moins très timides et largement insuffisantes. Paradoxalement, elles peuvent même constituer un frein à une véritable reconnaissance du directeur d’école et de son métier.
En effet, le dialogue que le ministre ouvrira prochainement « avec les associations de directeurs d’école et aussi avec les syndicats » doit être pleinement et efficacement mis à profit pour faire entendre les légitimes revendications des directeurs d’école. Nul doute qu’une fois refermé, il ne s’ouvrira plus de si tôt…

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Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
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commentaires

Guillaume 19/01/2013 13:55


Ce n'est pas un problème propre aux dirlos, quoique... Mais ça vaut le détour et ça fait réfléchir:


http://www.dirlo.fr/jac/?p=607

che 17/01/2013 17:50


La certification... Comme dit Pierrot, ce peut être un point de départ même si en effet, ce peut aussi devenir un solde de tout compte. Elle s'accompagnerait d'une augmentation indemnitaire?
Pourquoi pas.. A penser malgré tout que c'est un peu un attrape-nigaud. Les indemnités, ça va, ça vient... Les IMF, par exemple, ne les touchaient plus en Juillet, Aout ces dernières années. Je
ne parle même pas de la retraite où la baisse du maigre pécule est sauvage, les indemnités ne comptant pas.. (quoique cela puisse changer lors des futures négos sur les retraites en échange d'une
retraite indexée sur les 25 dernières années au lieu des 6 derniers mois)... Faut rester positif, Pierrot a raison... Mais pour le rester faut quand même avoir un sacré moral!

Pascal Oudot 17/01/2013 12:56


Les procès d'intention, c'est lassant. Les syndicats défendent les personnels, individuellement. C'est leur premier et irremplaçable rôle. Politiquement en revanche, le système syndical français
est déplorable, et nous a en partie amené là où nous sommes. Bien. Et le GDiD? Il est là pour quoi, alors? Pour demander un statut pour TOUS les directeurs d'école. Point barre. Marre de se voir
reprocher les conneries des autres. Si en dix ans l'association a réussi à être reconnue par tous, les bien-pensant et autres balayeurs d'idées toutes faites croient-ils que ce soit un pur
hasard? Pffff. Toujours ceux qui n'en fichent pas une rame pour le bien commun qui la ramènent de façon outrancière. Et anonymement bien sûr, c'est si facile. Lassant.

Pierre Lombard 17/01/2013 11:34


Zellof pffffffff.


Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit!


JAMAIS je n'ai prétendu, parce que je ne le crois pas, que la certification était la solution qui permettra de fermer le dossier, JAMAIS.


 


 


Le passage à l'établissement (je suis pour) induit des regroupements, donc la diminution (au moins par 2) du nombre de directions, donc la suppression de postes de directeur...


Le GDiD est mobilisé pour que PERSONNE ne soit laissé sur le bord du chemin.


Tu permettras d'examiner ce que les autres proposent...


Moira, on fera en sorte que ces discussions soient autre chose que du vent et surtout qu'elles ne soient pas le prétexte à fermer le dossier.


Tu sais, des témoignages comme celui de Ikingyo, on en reçoit au moins un par semaine… on n'a rien à perdre et la seule chose que l'on a à défendre ce sont les directrices et les directeurs.


 

Moira377 17/01/2013 10:26


Que peut-on ajouter à ce constat tellement juste pour dire que sans vrai statut style chef d'établissement rien ne changera dans l'école.


Refondation, rythmes scolaires de 4 ou 4 1/2 jours, allègement des programmes, socle commun, cycle CM2/6ème, projet d'école bidon, certification snupienne... rien n'y fera. Notre école
continuera à fonctionner cahin caha et affichera toujours les mêmes résultats décevants sauf à changer ou casser le thermomètre. Tout le reste, c'est du vent... de belles discussions pour
intellos.

lkingyo 17/01/2013 09:49


Le changement c'est maintenant? Oui, j'ai décidé de changer pour ne plus être directeur malgré que ce soit passionnant...mais trop épuisant! On est responsable de tout même si on n'est pas à
l'école ou sur le lieu du problème: responsable des atsems le mercredi alors qu'on n'est pas là, responsable des instits lors de la récré même si on n'y est pas en même temps, responsable des
enseignants (ou atsems) quand ils sont en classe avec leurs élèves ou quand ils parlent (mal) aux parents. Ensuite tout le monde nous tombe dessus s'il y a conflit. SAUF que les instits nous
disent: "tu n'as rien à dire car tu n'es pas mon chef"! Eh oui, le directeur n'est pas un chef d'établissement! Que faire si une atsem ne fait rien ou fait du mal à un enfant ou vous insulte ou
désobéit à des décisions d'équipe? Il faut le dire au Maire (alors on sert à quoi nous dirlos???). Si le Maire s'en fout, alors l'atsem continuera à vie son manège! Oui oui, je l'ai vécu! Si
un(e) instit insulte un parent ou ses élèves ou travaille très mal, il faut le dire à l'IEN (ce sera alors parole contre parole donc le dirlo ne sert pas à grand chose, l'IEN annonçant son
inspection, l'instit aura le temps de préparer une belle classe factice). Sans parler d'ouvrir le portail sans arrêt, de répondre au téléphone, aux représentants, au personnel municipal... on
enseigne comment alors? Dans le dérangement. Tout ceci pour 140€! C'est TRES peu pour un responsable et toutes les responsabilités (sécurité, dialogue avec les familles, pédagogie, motivation
d'équipe...). Alors pour moi, j'arrête et quand on aura un vrai statut je reprendrai peut-être. En attendant, je dormirai bien mieux je pense.

zellof 17/01/2013 09:01


Quelle ambition pour les dirlos ! Pierre Lombard.
"Je ne crois pas que des profs certifiés se plaignent beaucoup de leur certification..."

Qu'est-ce donc qu'un prof certifié ? Un prof comme un autre. Classé dans une catégorie d'enseignants qu'on appelle un corps. Le corps des PE, le corps des certifiés, le corps des agrégés. C'est
une simple question de recrutement catégoriel avec temps d'enseignement et salaires différents, le tout lié aux diplômes requis plus ou moins élevés, mais qui n'apporte
systématiquement rien de plus quant aux missions des uns ou des autres.


La meilleure preuve que ça ne change pas grand chose hormis ce que j'ai cité c'est que, malgré leur "certification" appelée agrégation, les profs agrégés râlent de se voir nommés en grand
nombre dans les collèges contrairement au statut censé leur réserver les lycées.


C'est dire qu'avec une certification du SNUipp, les dirlos auraient probablement une augmentation indemnitaire inversement proportionnelle à la crise qui touche le pays, une aide
administrative puis... "la reconnaissance morale" du SE-unsa...


Et on serait partis pour 10 ans de galère. C'est tout ce que veut le GDID, Pierre ? Tu as baissé le niveau de tes revendications. Alignement sur le SE ou le SNUipp ? Le communiqué commun ne
reprend même plus la demande de statut... C'est ce qu'on appelle le PPCM...

Pierre Lombard 17/01/2013 08:03


Les EPEP personne n'en veut... est-ce le seul modèle possible?


Le SE et le SGEN, qui sort un 4 pages, sont pour donner le statut d'établissement
aux écoles.


Le seul modèle possible? sans doute pas, mais il y a peu de choix sur la table.


> Si on va vers des Projets Éducatifs qui englobent le temps collectif de l'enfant, la question de l'autonomie
de l'école est impérative. Et cette autonomie comprend, bien entendu, une autonomie financière.


À partir de là, le modèle de "charpente" c'est le secondaire. l'habillage serait à déterminer avec
d'importantes questions à régler posées essentiellement dans 2 domaines:


- la gouvernance (composition et présidence d'un CA)


- la taille (regroupements)


Sur la gouvernance, les IEN, les principaux, es Maires... même la FCPE, se bousculent déjà au portillon.


Sur la taille, ce n'est pas la même chose que d'avoir à diriger un collège 250 sur 1 site, qu'un établissement
scolaire de 250 élèves répartis sur 2, 3 voire 4 sites.


Sur cela vient la proposition d'une "certification".


Coquille vide?


En tout les cas, on a une coquille, c'est déjà pas mal et  à remplir, puisque le promoteur ne semble pas encore vouloir s'engager plus loin, rien ne nous empêche de commencer à envisager
nous même un contenu.


Je ne crois pas que des profs certifiés se plaignent beaucoup de leur cetification...


De plus ça peut être une solution intermédiaire qui permettrait de reconnaître tous les dirlos avant (pendant?) un passage à l'établissement.


En tous les cas, la Refondation semble de plus en plus reposer sur 2 piliers:


- celui des rythmes scoalires


- et celui de la gouvernance des écoles

Anonymous 16/01/2013 22:30


Merci, je vais aller voir le Gdid.


Comme tu le dis Merlin, tu as bien résumé.


Je me sens bien seul. Même L'autonome est une fausse assurance professionnelle.


On paye, on paye et finalement... personne pour vous soutenir financièrement, hormis l'avocat, mais ça, si le recteur vous protège juridiquement, on y a le droit gratuitement.

merlin 16/01/2013 18:26


Les EPEP personne n'en veut... est-ce le seul modèle possible?


Les usines à gosses: quelle différence entre une école avec 250 élèves et un collège de même taille... si ce n'est les moyens?


Quel syndicat demande d'aligner le fonctionnement des collèges sur celui des écoles qui fonctionne si bien ..;lui?


 

françou 16/01/2013 15:25


Oui mais le statut du directeur présuppose que l'on donne la personnalité juridique aux écoles.Or les EPEP personne n'en veut.Les usines à gosses on en mesure assez les dégâts au niveau des
collèges pas question de se planter maintenant pour les plus jeunes. Reste à déterminer si les Français sont prêts à se payer pour éduquer leurs enfants de petites ou moyennes structures
autonomes et performantes avec des directeurs formés payés déchargés et juridiquement protégés par un statut. Si la réponse est non, nous devons choisir entre avoir une certification-début de
reconnaissance ou RIEN...

Pierre Lombard 16/01/2013 09:33


... et tu y trouveras des numéros de tél. pour un soutien plus direct.

merlin 16/01/2013 09:11


Ta solitude, tous ceux qui ont un peu d'ancienneté dans la fonction la connaissent. Les Cassandres qui sur ce site prônnent " le travail d'équipe et les responsabilités partagées" sont des
menteurs. Le " chef" est toujours seul... encore plus s'il n'est pas vraiment chef . La justice, lorsqu'elle est saisie ne s'adresse qu'au directeur et elle n'a que faire de nos explications
pédagocollégiales. Si le problème concerne un adjoint, ce sera lui ou elle qui sera défendu(e), pas le dirlo qui n'a pas de syndicat. La meute hurlera avec les loups.


Pour toutes ces raisons et d'autres , il serait juste que nous soyons reconnus et protégés pour l'exercice de notre métier qui n'est plus une fonction.Le Gdid se bat pour cela et ce n'est qu'en
rejoignant ses rangs que nous y parviendrons. Les syndicats ont fait un autre choix.


Bon courage à toi et si tu as besoin de conseils: consulte le site du Gdid.

Anonymous 16/01/2013 07:31


Etant victime d'un cas juridique important car étant le "responsable" puisque je suis le directeur, je peux vous dire que déjà, on se sent bien seul, personne ne vous aide réellement. Difficile
d'avoir des réponses, du soutien, de la compréhension.


Sans statut juridique, sans statut, finalement, la tête à abattre dans un procès, c'est le directeur.


Je pense qu'il faut que cela change.


Quand je vois ce qu'il m'arrive, je me dis que chaque directeur prend énormément de risques au quotidien, bien plus qu'on pourrait le penser.


Personnellement, je suis parti pour des années de procès, tout ça, car, le responsable d'une école, c'est le directeur, le tout-puissant aux yeux de beaucoup trop de monde, et qui pourtant, ne
demande juste qu'à remplir ses missions, mais subit tout dès qu'il y a un problème.


 

christian 15/01/2013 17:06


Non, Laurence et Moira, vous n'êtes pas les seules à être sur cette position. J'ai toujours pensé et souvent écrit que j'étais prêt à un statut hiérarchique et j'y suis plutôt favorable pour le
vivre au quotidien et en apprécier les vertus (et les vices aussi mais ça...) et aussi parce que je pense que le MEN serait davantage d'accord pour accorder un statut avec une monnaie d'échange
comme celle-là.


Je crois aussi que beaucoup parmi nous y sont prêts mais n'osent pas le dire clairement même si parfois on pourrait le penser à lire entre les lignes.


 


 

laurent 15/01/2013 13:05


Pour rappel sondage réalisé par "VousNousIls" en novembre dernier




Faut-il créer un statut hiérarchique pour les directeurs d'école ?       Oui,
si c'est leur fonction à temps plein et qu'ils n'enseignent plus  13 %
Oui, ils doivent pouvoir imposer leurs décisions pour développer des projets pour l'école  68
%
Non, leurs responsabilités ne justifient pas un tel pouvoir  8 %

Non, leur autorité est déjà tacitement établie, ils doivent faire approuver leurs idées démocratiquement  10 %
autre/nsp  2 %

merlin 15/01/2013 12:26


lLe danger existe bel et bien: le danger de se voir octroyer quelques demi journées de décharge ( merci Théo, Dedel and Co de préciser les seuils de décharge revendiqués par le Snuipp, histoire
d'éclairer tous les collègues sur les " grandes " avancées qui les attendent...), une certification " fonctionnelle", sorte de coquille vide n'apportant aucune amélioration de carrière, un
partage des tâches ( mais pas des responsabilités, faites attention!) qu'il faudra encore organiser avec des collègues qui botteront en touche..; et tout cela enterrera le sujet de la direction
pour quelques décennies. Il est bien évident que le Snuipp ne VEUT pas aborder le sujet par l'angle de la responsabilité et donc de la reconnaissance de l'école en tant qu'établissement. Pour
eux, la gouvernance doit rester en dehors de l'école. Il faut s'élever contre cette conception infantilisante de l'école.Il est encore temps.

Moira377 15/01/2013 10:35


Tu poses la vraie question, Laurence. Il y a longtemps que je plaide pour un vrai statut de directeur. Qu'il soit hiérarchique ne me dérangerait pas. Je l'ai déjà écrit et ça m'a valu une
volée de bois vert : nous devons assumer nettement notre volonté de devenir chef d'établissement et demander à faire partie du corps des chefs d'établissement. Tant qu'on se tortillera du popotin
pour ne pas déplaire aux syndicats ou à nos adjoints qui, faut bien le dire, n'en ont rien à cirer de nos conditions de travail... tant qu'on n'assumera pas, on sera toujours à la ramasse.
Je suis prêt à parier que si demain on nous accorde un vrai statut (pas une certification version SNUipp), les syndicats seront les premiers à vouloir nous récupérer en créant un "collège"
destiné aux dirlos pour éviter qu'on grossisse les rangs d'autres syndicats qui, eux, défendent les chefs d'établissement.
C'est d'ailleurs surprenant de voir qu'en privé la majorité de dirlos se disent favorables à un statut de chef d'établissement. Mais, Laurence a raison, quand il faut assumer, il n'y a plus
personne... Courage, fuyons...

Pierre Lombard 15/01/2013 10:31


Tu dis bien "enquête auprès des collègues" = adjoints + directeurs. Or Théo parlait lui des dirlos...


On pourra chercher ici les commentaires que nous avions fait lors de la sortie de cette enquête, mais je me rappelle que si on ne considérait que les dirlos on passait à + de 51% pour la demande
d'une reconnaissance statutaire...


Ce qui confirme que la demande de reconnaissance est bien première.


De plus, je ne vois pas pourquoi on oppose la demande de reconnaissance à celle des moyens.


L'une ne va pas sans l'autre, c'est ce que porte le GDiD. C'est parce qu'on refuse de "marcher sur nos 2 jambes"  (statut + moyens) que depuis 20 ans on boîte jusqu'à ne plus pouvoir avancer
car on ne nous attribue pas les moyens nécessaires pour assumer nos missions de directeur-que-certains-ne-veulent-pas-que-l'on-soit.


Je ne pense pas que c'est par hasard ou pour faire plaisir au GDiD que le SNUipp, le SE-UNSA et le SGEN, qui pour le coup représentent la majorité des ensignants du primaire, se positionnent pour
une reconnaissance du métier de directeur d'école.


Quand on sait la difficulté de piloter de tels paquebots, on mesure le chemin parcouru.


ça serait quand même fort de leur part s'il le faisait en contradiction avec ce que "pensent" les enseigants, non?


 

laurence 15/01/2013 09:20


Le problème majeur est qu'un grand nobre de directeurs se plaignent, râlent et ne font rien! Quand on parle de statut ils répondent qu'ils ne veulent pas être supérieur hiérarchique...idem pour
les syndicats qui placent le statut de directeur comme celui de chef d'établissement: il serait peut-être possible de créer un statut de "directeur". J'ai autant d'élèves que le collège de ma
ville, beaucoup d'adultes à gérer ( collègues, rased, aed, personnel municipal...et parents!!!), les liaisons mat-élémentaire et école-collège, l'ASH et j'en passe! Tout ça avec une 1/2 décharge:
de qui se moque-t-on?


Alors, oui il est temps de prendre des décisions et de trancher, on ne peut pas tergiverser encore des années, il faut se battre pour ce statut, avec des points obligatoires et d'autres
négociables (même si il n'est pas parfait, il aura le mérite d'exister)!

Dedel 15/01/2013 09:05


Puisque Pierre Lombard met en cause les dires de Théo, je voudrais rappeler ici les résultats de l'enquête réalisée en 2010.

"72,6% demandent un fonctionnement plus
collectif de l'équipe et 69,12 % plus d'autonomie pédagogique Pour 51,26% des répondants, c'est le pôle administratif et de
gestion de l'école qui semble être le plus
propice à un partage ou une délégation quelle que soit la taille de l'école. Ils sont 53,5 % à ne pas souhaiter la création d'un
statut relevant d'un autre corps ce qui
corrobore le peu de cas qu'ils font de devenir des pilotes institutionnels. 77,1 % des adjoints y sont opposés. A l’inverse, pour 45,78% des répondants, cette reconnaissance nécessite
un statut, terme qui recouvre des réalités très diverses selon les répondants (hiérachique/non hiérarchique/enseignants ou non). A noter que de 1 à 4 classes, ils ne sont que 38,5 % à souhaiter
un statut et 66,6 % pour les 13 classes et plus. Souvent, derrière les mots « autonomie juridique ou financière, statut
», se cachent des interprétations à géométrie
variable qui ne peuvent tenir lieu, en l’état, de réponses « toutes faites ».
Néanmoins, de cette enquête se dégagent trois
axes d’évolution :- Un fonctionnement plus
collectif de l’école et une structuration à clarifier - Des tâches exponentielles à redéfinir et même à
« borner » - Une reconnaissance de la direction d’école avec du temps de
décharge et des moyens matériels
Pour 72,53 % des enseignants, les EPEP ne sont
pas souhaités. Ce chiffre grimpe à 81,74 % pour les seuls
adjoints. Pour les directrices et directeurs, 69% ne désirent pas leur création. Par contre, à partir de 10 classes, ils ne sont plus que 44% à ne pas le souhaiter
contre 54%. 
C'est un temps de décharge plus
important, et ce pour toutes les écoles, qui est prioritairement demandé par les personnels qu’ils soient directeurs ou adjoints.
Avant tout, du TEMPS !


A partir de ces pistes, le SNUipp interviendra auprès du ministre pour faire changer la donne : plus de temps de décharge, plus de fonctionnement collectif avec le conseil des maîtres, une
meilleure reconnaissance financière, plus de temps de concertation pour tous..."

Voilà quelques résultats significatifs de ce qu'a montré l'enquête réalisée auprès des collègues et qui a reçu très bon accueil dans les écoles.

Félix 14/01/2013 23:55


Le Snuipp et Fo ce n`est pas la même  chose. Il y a  une différence de représentativité et c'est  ce qui compte aux yeux du ministère. De plus si les premiers sont une force de
proposition et les autres  une force d`opposition, espérons que  les décideurs sauront  faire la différence..... 


La principale barrière aux progrès dans notre condition de directeur reste sans doute notre super hiérarchie sans qui rien n'est possible en apparence. Mais quand on y regarde bien c'est
 nous avec les collèges  qui faisons tourner la boutique. Alors disons au ministre arrêter de conditionner tout changement aux validation des dasen sur validation des Ien car dans ce
cas rien ne changera. 


 


 


 

Lionel 14/01/2013 20:39


Une interrogation que j'ai posé à des syndicaliste du SNUipp et qui n'a toujours pas eu de réponse : qu'est-ce qu'exactement cette certification directeur que semble vouloir porter, pour un temps
au moins, ce syndicat ? On m'a parlé de quelque chose dans le genre du CAFIPEMF, mais sans rentrer dans les détails, dans le vague.


 


Personnellement, cela fait 12 ans que je dirige mon école, avec plus ou moins de bonheurs et de difficultés comme chacun je suppose, et croyez-moi, je n'ai pas le temps matériel lorsque je rentre
à la maison pour retrouver ma famille de me plonger dans le genre de lectures et de préparations que s'envoient les collègues candidats au CAFIPEMF. Alors si c'est pour nous pondre un énième truc
juste destiné à écrémer au maximum et que ne passeront que ceux qui ont le temps de se remettre à bachotter, non merci.


 


De plus Théo, il me semble que tu oublies quelque chose dans ta liste des revendications "valisées par les enquêtes de terrain" (faites par qui d'ailleurs ces enquêtes que l'on a jamais vues ?
Parce que moi, je n'ai jamais été enquêté par personne...). Si certes je prends dès demain d'éventuelles améliorations financières et temporelles, je maintiens que c'est l'absence de statut pour
les dirlos qui entraîne l'accroissement perpétuel des demandes administratives. Car, cette absence de statut entraîne de facto une absence de bornage administratif de ce qui peut nous être
demandé. Pourquoi renoncer à telle demande ou telle enquête puisque rien n'interdit de nous les faire ? Un exemple : ma femme, instit elle-aussi, a eu à répondre, sur son temps libre à la maison,
à une enquête transmise par sa directrice à qui l'IEN demandait de faire remonter les manières de noter/évaluer les élèves, suite à une demande faite par un IEN de la région parisienne pour une
enquête statistique quelconque. J'ai essayé de lui expliquer qu'elle n'était pas tenue d'y répondre, elle m'a répliqué qu'elle ne voulait pas se singulariser en étant la seule à ne pas faire
remonter sa réponse. Basta, je me suis tu parce que sinon... Donc cqfd : c'est bien parce que notre métier n'a pas de limite administrativement claires etd éfinies que l'administration peut nous
inonder de demandes rocambolesque ou farfelues.


 


Avec de l'ancienneté et un peu de répondant, on peut se permettre de faire soi-même le tri entre l'indispensable et le folklorique, mais je pense aux jeunes collègues qui débutent chaque année
dans le métier de drilos et pour qui il est très difficile, si ce n'est impossible, de faire ce tri et de ne pas répondre à la moindre requête saugrenue. Et hélas, ce n'est pas du côté des
syndicats qu'ils pourront trouver de l'aide. Un exemple : pas plus tard que ce soir, la section départementale de FO a expédié un courriel dans les écoles pour gémir sur la future répartition des
108h. En résumé, tout est à refuser, il faut dire non à tout, et gnagnagna et regnagnagna. Dernière ligne du courriel, je cite :"Et nous ne parlerons pas de la situation des directeurs." Même si
je saisis le sens de cette phrase arrivant après la litanie qui précédait, il est intéressant de noter qu'elle concluait leur lettre comme un "fermez le ban" et qu'effectivement, personne n'en
parle beaucoup dans les proses syndicales de notre situation l'an prochain avec tout ce qui va débarquer. Les RASED, les AVS, les EVS, là, oui, on en parle, on essaie de faire pleurer l'instit
desus. Mais les directeurs...

Pierre Lombard 14/01/2013 20:19


De toutes les manières ce que rapporte Théo est démenti par TOUTES les enquêtes.


Ce que réclament les dirlo c'est un statut qui l'installe en tant que tel dans l'école et "débloque" les moyens pour assuer son rôle.


Car renfin, pourquoi un "instit-comme-les-autres" demanderait "plus" de décharge et "plus" de salaire si ce n'est pour être "plus" dirlo, hein?

Spartacus 14/01/2013 20:00


D'accord avec Merlin, mais cela implque quelques conséquences de fait, si le directeur devient responsable de l'établissement:


- Il fait partie des personnels de direction


- L'école doit donc avoir un statut juridique


- Le conseil d'école devient un CA 


Et la liste n'est pas exhaustive, c'était à peu près le projet des EPEP..... honni par nos syndicats.... 

merlin 14/01/2013 19:41


Tous les collègues adjoints et directeurs souffrent du fait que leurs moindres faits et gestes doivent être soumis à l'arbitrage de l' IEN et bientôt du principal pour ceux en charge d'un Cm2.


Reconnaissons statutairement le directeur comme le responsable de son établissement ( ce qui revalorisera aussi le CDM et le CE) et nous aurons franchi le pas décisif;

Théo62 14/01/2013 18:48


Toutes les enquêtes et tous les contacts sur le terrain montrent que les collègues directeurs ont besoin avant tout de temps. Cela passe par une redéfinition et un allègement des multiples
enquêtes souvent inutiles qui leur sont demandées. Cela passe également par une amélioration importante du régime de décharge. Les mêmes contacts font état d'une forte et légitime revendication
financière, indiciaire et indemnitaire.