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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 12:29

Le débat actuel ne cesse de tourner autour de ce que les médias et analystes appellent « la politique du chiffre ».

Politique du chiffre dans les reconduites aux frontières.

La polémique est permanente. De multiples reportages nous ont montré le va-et-vient des Roumains qui reçoivent une prime de départ volontaire pour mieux revenir quelques mois plus tard avant d’être de nouveau « expulsés », comptant ainsi plusieurs fois dans les statistiques…

 

Politique du chiffre dans le domaine de l’insécurité.

Libération nous confirme ce que chacun pressentait, à savoir que la politique sécuritaire mise en place par Nicolas Sarkozy passe par des chiffres et des quotas.

Ainsi, apprend-on qu’à Châlons-en-Champagne, le « chef de l’unité de sécurité de proximité » détaillait les « objectifs chiffrés en matière de voie publique pour l’année 2009 ». Le capitaine de police y fixe des quotas à atteindre. « Chaque brigade de roulement de jour devra à minima procéder à 65 interpellations hors IPM (ivresse publique et manifeste) et délits routiers, à 10 interpellations de personnes faisant l’objet de fiches de recherches, établir 230 TA (timbres-amende) pour des infractions au code de la route hors stationnement et 75 TA pour comportement dangereux », etc. La brigade anti criminalité de Châlons-en-Champagne avait pour ordre de réaliser « 162 interpellations » et de retrouver 24 personnes recherchées.

Bref, l’essentiel étant de faire du chiffre en multipliant les élucidations « faciles » au détriment des enquêtes longues et pas toujours couronnées de succès.

 

Politique des quotas pour atteindre 30% de boursiers dans les grandes écoles.

Une politique qui peut paraître « juste » à première vue mais qui pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Hakim El Karoui, normalien, président et fondateur du club du XXIe siècle, qui réunit les élites issues de la diversité souligne la complexité du débat et la nécessité d'agir en amont.

« Il faut aller vers plus de boursiers en grandes écoles, c’est une évidence. Mais je ne suis pas favorable aux quotas. Si l’on veut 30 % d’élèves boursiers à HEC, l’ENA ou Polytechnique, avec la méthode des quotas, cela signifie de fait qu’il faut mettre en place un concours parallèle.
Par exemple, Polytechnique garderait les 400 premiers reçus à son concours et irait chercher ensuite les boursiers dans les rangs suivants. Il y aurait donc un concours pour les riches et un pour les pauvres, fondé en outre sur un critère assez fluctuant : celui des bourses.
 »

 

Politique du chiffre encore dans la Fonction Publique.

Nous n’avons cessé de dénoncer le non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux qui n'est pas la meilleure façon de résorber le déficit public quand on sait que la gabegie en postes se situe essentiellement dans les collectivités territoriales.

L’Education nationale en est d’ailleurs la première victime avec des incidences parfois inattendues comme le rapporte le SE-Unsa 59.

« Le Ministre pourra toujours claironner que l’Académie du Nord/Pas de Calais gagnera 55 postes à la rentrée prochaine ; la réalité sur le terrain sera toute autre.

En effet, ces 55 postes devront compenser la perte des moyens de décharge des directeurs à 4 classes  assurés par les PE2 lors de leur stage filé.

Les PE2 sont cette année près de 600 (392 pour le Nord, 210 pour le Pas de Calais) et occupent dans les écoles 150 postes (sur 1/4 de décharge). 150 - 55 = près de 100 postes que le 1er degré de l’Académie du Nord perdra à la rentrée 2010.  

Où seront récupérés ces postes ?

Dans les écoles maternelles ou élémentaires ou dans les brigades de remplacement puisque le département ne compte quasiment plus de postes hors classes (ceux-ci ayant déjà été largement supprimés ces dernières années) ? »

 

On le voit, la politique menée dans le but de réduire le déficit public est davantage la traduction d’une idéologie libérale que le fruit d’une véritable réforme réfléchie et concertée.

C’est ce que déplore Jacques Marseille lorsqu’il déclare "Sarkozy n'a pas engagé les réformes structurelles"

Jacques Marseille avait salué le programme et l’élection de Nicolas Sarkozy et accompagné le besoin d’une rupture. Aujourd’hui, l’essayiste libéral regrette "le temps perdu" et "l’autosatisfaction".

Et lorsqu’on lui demande si « La suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux va dans le bon sens », Jacques Marseille répond :

« C’est un slogan, ce n’est pas une réforme. Il fallait analyser chaque fonction, supprimer des services qui ne servent à rien, quitte à en créer d’autres. Il fallait revoir totalement notre système de formation, seul sésame pour retrouver une dynamique d’emploi. Ces actions n’ont pas été engagées et je crains qu’elles ne le soient pas avant 2012. »

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

Pascal Oudot 13/01/2010 11:36


Il est vrai qu'il devient de moins en moins supportable de voir les syndicats se mobiliser pour tout et n'importe qui, sauf pour le maillon indispensable de la chaîne. J'imagine que la
rsyndicalisation doit être très faible chez les directeurs, à l'inverse des instits spécialisés et autres enseignants d'IUFM, pour que ayons un si faible écho chez ceux qui se prétendent nos
représentants.


merlin 13/01/2010 11:02


Ne soyons pas naïfs: le gouvernement est convaincu que la présence d'un " vrai" dirlo à la tête des écoles améliorerait le fonctionnement. Pour lui cela signifie une  meilleure prise de
décision dans divers domaines, allègement des charges des IEN qui peuvent alors être utilisés pour des missions plus en adéquation avec leur qualification, ... cela suffit-il à pousser le MEN vers
un statut? certes pas car les syndicats sont soit opposés à un statut , soit trainent des pieds sur ce sujet se contentant de réclamer une fois l'an " plus de ... " sans conviction d'ailleurs.
Hors le MEN ne se prive pour autant pas de charger la mule que nous sommes, faisant ainsi exécuter les tâches dont il a besoin sans débourser beaucoup d'euros et avec la bénédiction syndicale
totalement désintéressée de nos conditions de travail. On nous a même accordé une petite augmentation que personne ne demandait vraiment chez les syndicats, premiers surpris.

  Alors oui, tant que les dirlos ne seront pas regroupés en une force  identifiée ( Gdid) et représentative de leurs demandes, tant que les syndicat ne feront pas de la demande d'un
statut et d'un nouveau projet de fonctionnement de l'école une priorité, nous n'avons rien à attendre du MEN . Le jour où ces forces seront unies et revendicatives , je pense que nos demandes
auront de grandes chances d'aboutir. 


jeanroger 12/01/2010 20:13


Ah les "sciences" humaines... tout un programme... ;-))


Pierre Lombard 12/01/2010 19:53


écho de la valorisation excessive de la science au détriment de la conscience
Oui Pascal, la France à quand même la prétention de pratiquer la  Science dans pas mal de domaines où elle n'a pas sa place: polititique, sociale, de l'éducation... Alors qu'ailleurs on parle
plus facilement de "philosophie"...
@ Froment,
Le GVT (celui-là comme les autres) sait très bien que le manque de pilotage de l'école, sur le terrain, est la source des mauvais chiffres qui guide ses décisions, et des moyens à l'EN, il en reste
encore pas mal.
Pour dire que les réticenses, en ce qui concerne le primaire et les dirlos, sont d'abord politiques, pire même, politiciennes...



Cedric58 11/01/2010 08:46


"Les
mots "politique du chiffre" n'ont aucun sens. (commentaire 7)"


Désolé, Pascal, mais tu verras à la rentrée que cette expression
est tout à fait appropriée et n’a jamais eu autant de sens que cette année.


Dans l’article, les auteurs citent le SE-Unsa 59 qui décrit une
belle entourloupe, chiffres à l’appui. Le SE vient de publier la carte des académies avec la réalité des chiffres, les officiels (ceux des beaux discours rassurants) et les chiffres qu’on
constatera sur le terrain. Belle différence !


Pour ceux qui n’en auraient pas eu connaissance, je cite le
communiqué du SE.


 


Au premier regard, les chiffres de la carte scolaire 2010 paraissent mesurés :
1650 postes distribués dans le premier degré, zéro suppression dans le second ; c’est du jamais vu depuis longtemps ! La réalité est plus triviale : chiffres cachés, statistiques
« arbi­trées », ponctions dissimulées… tout y est pour faire de la rentrée 2010 une très mauvaise rentrée.


Dans le premier degré, depuis l’annonce de la création de 2182 emplois par le ministre en septembre, 510
ont disparu. Le Sénat a transféré 50 emplois à l’ensei­gnement agricole et 400 sont réservés pour Mayotte et la Polynésie.
Enfin, 38 postes de Pe permettront la création d’autant de postes d’Ien.


La répartition de 1650 emplois camoufle mal la diminution importante des moyens pour les écoles. En effet, dans le contexte de la réforme de la formation des
enseignants, ce sont 9182 emplois de stagiaires qui disparaissent. Chacun d’eux exerçait à quart-temps devant les élèves. Ce sont donc près de 2300 équivalents temps plein (Etp) qui se volatilisent ainsi. La carte ci-contre présente un bilan (optimiste) de l’évolution du solde des postes à la rentrée prochaine.


Dans le même temps, on annonce l’arrivée de 5400 élèves supplémentaires dans les écoles. Moins de postes pour plus d’élèves. En matière de préparation de la rentrée,
l’imagina­tion n’est pas fertile : c’est encore la scolarisation des deux ans et les remplacements qui vont payer leur écot à cette politique !


Dans le second degré, la disparition des 6733 stagiaires qui assuraient chacun un demi-service
d’enseignement fait perdre 3366 Etp. La carte présente les effets cumulés de leur disparition et du redéploiement qu’opère le ministère entre les
académies. Au final, la rentrée présentée à moyens constants se traduit par une perte sèche de plus de 3500 emplois !


Dans le même temps, les effectifs repartent nettement à la hausse. 17 200 élèves supplémentaires sont attendus en 2010 dans les lycées et les collèges. Embrouille
ministérielle, les documents classent « dans le rouge » quatre académies qui voient leurs effectifs augmenter (Caen, Lille, Limoges et Paris). Des académies vont se voir retirer des
emplois en nombre important, et cela malgré une progression de leurs effectifs. Remplacements plus difficiles, classes surchargées, baisse de l’offre d’Éducation sont donc au menu. Au moment où
l’État réussit à trouver trois milliards pour les restaurateurs, il fait payer une addition particulièrement salée à l’Éducation nationale. À titre de comparaison, les 16 000 emplois supprimés
représentent une économie de 500 millions d’euros.


Pour le SE-Unsa, cette stric­te politique budgétaire, qui
ne voit dans l’Éducation nationale qu’un gisement d’économies d’emplois, va à rebours d’une ambition : celle de l’investissement dans l’Éducation.
Le SE-Unsa appelle les personnels à se mettre en grève le 21 janvier pour obtenir d’autres moyens pour l’École.



Tu vois, Pascal, la politique des chiffres, ça existe malheureusement. On arrive même à leur faire dire ce que l'on veut. Ce que je regrette, c'est que les journalistes ne jouent pas leur rôle
d'analyste et qu'ils ne décortiquent pas les informations qu'on leur donne. Ils se contentent trop souvent de relayer l'info officielle. C'est d'autant plus grave que l'on retrouve la même
manipulation dans les statistiques du chômage, de l'emploi, de l'insécurité, l'achat et la revente de vaccins...etc.



Froment 10/01/2010 22:58



Moralité : lorsqu’il y a une volonté politique, les sacro-saints dogmes de l’économie libérale sont vite remisés aux oubliettes…. Autant leur donner l’importance qu’ils méritent
réellement


Qui pourrait prétendre le contraire ?
Mais attention de bien hiérarchiser les choix qui sont faits.
Je passe sur le cadeau fiscal fait aux restaurateurs, promesse de Chirac à une catégorie sociale connue pour être une clientèle électorale de droite.
L'histoire des vaccins, tout scandaleuse qu'elle soit, relève d'un autre calcul. C'est le principe de précaution poussé à l'extrême. Il suffit de se rappeler l'affaire du sang contaminé et la
mise en examen de Fabius pour mauvaise politique sanitaire. Qui aurait envie d'être un nouveau Fabius ?
Tout cela n'excuse pas R. Bachelot mais permet d'expliquer sa décision qui va nous coûter cher, très cher. Avait-on besoin de ces dépenses supplémentaires ?
Pour en revenir à ce que coûterait un statut digne de ce nom accordé aux directeurs d'école, je ne crois pas que le gouvernement soit prêt à faire un tel geste en notre faveur. On n'entre dans
aucune des conditions citées précédemment.
Et je ne crois pas à une éventuelle volonté politique qui viendrait nous doter d'un statut. Nous sommes trop ou trop peu.
Trop parce qu'accorder une vraie reconnaissance financière et matérielle à plus de 45 000 personnes, c'est une dépense considérable.
Trop peu parce que nous ne représentons pas suffisamment pour faire vraiment pression sur le gouvernement et lui imposer nos revendications.
Et comme on n'est pas considéré comme clientèle électorale et qu'on n'a pas les moyens de faire pression, je ne vois pas comment on pourrait "susciter" ou "provoquer"
une "volonté politique".



PouK 10/01/2010 21:50


"lorsqu’il y a une volonté politique, les sacro-saints dogmes de l’économie libérale sont vite remisés aux oubliette"

D'accord, Lucien. Mais crois-tu à une volonté politique pour reconnaître les dirlos ? Pas moi. Du moins, je pense que nous l'aurons, le statut. Mais uniquement pour nous donner l'autorité
nécessaire à faire appliquer les programmes ou circulaires de nos ministres. C'est ce que souhaitait REISS dans l'avant-propos de sa proposition de loi. Ce statut sera accompagné d'un petit
"geste", du genre 15 € comme au temps du protocole...
Est-ce que ça changera fondamentalement notre façon de travailler ? Est-ce que ça nous sera d'un grand réconfort si ce statut n'est pas accompagné de décharges conséquentes ? Et si ce n'est pas
pour le plus grand nombre d'entre nous, n'y aura-t-il pas une démobilisation, voire une fonction à 2 vitesses ?
Et si on se retrouve "reconnus" pour obéir et jouer un rôle de sous-IEN mais sans la reconnaissance financière, est-ce qu'on pourra dire qu'on a gagné ?
Je comprends mieux "l'optimisme désespéré" de Grégoire... 


denis08 10/01/2010 21:43


Queqlues réflexions comme ça, en passant...
80% d'une classe d'âge, au niveau bac, finalement, n'était-ce pas aussi une "politique du chiffre" ? Et était-elle a priori idiote ? Je n'en suis pas certain, même si ce ne fut pas non plus une
totale réussite...
Depuis la loi organique relative aux lois de finances, dans le fonctionnement de l'administration de l'Etat, on est passé d'une obligation de moyens à une obligation de résultats. Après tout,
pourquoi pas... D'où la fixation d'objectifs chiffrés qui peuvent se comprendre, dès lors que ça ne devient pas n'importe quoi. Quand, dans notre projet d'école, on vise 100% de réussite des élèves
au B2i, par exemple, c'est intéressant de voir si on a atteint l'objectif et si non, pourquoi; et dans ce cas comment faire mieux. Si, pour y arriver, on "file" le B2i à tous les élèves, quel que
soit leur niveau, histoire que l'indicateur soit bien vert (pour tout un tas de raisons que l'on peut imaginer), là ça devient n'importe quoi. Idem avec les taux de maintiens (ou redoublements),
etc.
Bref, si on appelle "politique du chiffre" le dévoiement (pervers) d'une politique par objectifs : OK. Sinon, on risque de jeter, à mon avis, le bébé avec l'eau du bain.
Les quotas. Pas toujours une bonne solution, mais toujours à de vrais problèmes. Mais que vaut-il mieux : une solution un peu bancale ou le statu quo, quand on n'a pas trouvé LA solution à un
problème ? Vaste débat.
Une dernière chose concernant Marseille (Jacques). Attention aux cautions plus que douteuses. Certes il fut, il y a longtemps, plus proche du PC que de l'UDR. Ca ne suffit pas pour en faire
aujourd'hui une caution valable à une critique de la politique sarkozyste. Il est devenu depuis belle lurette ultralibéral et pense que la politique de Sarko est trop molle. Avec lui, notre
problème de statut serait vite réglé : nous deviendrions tous directeurs d'écoles... privés car pour lui, les missions régaliennes de l'Etat doivent se cantonner à la justice, la police et la
défense. Une belle façon de faire mieux que Sarkozy et son "non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite" !... Et en termes de "politique du chiffre" : imbattable !
Pas sûr que ce soit ce que veulent les habitués de ce blog.
En tout cas, très peu pour moi.
Pour finir, oui, le statut que nous souhaitons ne dépend que d'une chose : une volonté politique forte.
A nous d'essayer de trouver comment susciter cette volonté. Et quand on a dit cela, tout reste à faire. Souhaitons nous donc une bonne année 2010. C'est un bon début, sur cette longue route qui
doit mener au statut !...


LUCIEN 10/01/2010 18:41


Froment , je ne te suis pas du tout là-dessus :

Un statut coûterait forcément cher, comme le dit Grégoire. Et sans même évoquer la question d'un secrétariat, les décharges nécessitent un nombre considérable de
créations de postes. Inenvisageable dans l'état actuel de nos finances.

Pouvais-tu imaginer, il ya quelques mois seulement, lors de la crise financière qui vient de nous toucher que tout d'un coup l' Etat mette en place un Plan de 360
milliards afin d'aider les banques pour garantir leurs crédits et renflouer leurs fonds propres.

A ce jour , l' Etat a déboursé près de 118 milliards sur ce plan . Tous les spécialistes s'accordent à dire, Cour des Comptes en tête que les sommes empruntés par l' Etat ne seront pas totalement
remboursées à cause du décalage entre les taux du marché  pour l' emprunt et le taux pratiqué aux banques pour le prêt par l' Etat.

Ce sont déjà plusieurs centaines de millions perdus par l' Etat. Une évaluation autour des 700 à 800 millions de perte semble correcte.

Donc avancer constamment l' argument de l' état de nos finances ne tient pas , et nous pourrions trouver bien d'autres exemples des gabégies des finances publiques .

Ma conclusion rejoint celle de T.Fabre :
lorsqu’il y a une volonté politique, les sacro-saints dogmes de l’économie libérale sont vite remisés aux oubliette

La décision de non-création d'un statut tient plus à une volonté politique qu' à une réalité comptable.

Nous y arriverons par conviction, lorsque le politique viendra enfin ou sous la pression de l' opinion publique au secours d'une Education nationale bien mal en point et qu' il faudra sauver comme
les banques.


grégoire 10/01/2010 18:36


Je voulais préciser que mes propos ne voulaient absoluement pas dire qu'il fallait baisser les bras  . Disons pour plagier un monsieur décédé récemment que je reste sur ce sujet d'un optimisme
désespéré. Thierry a raison : lorsque la volonté politique  est là, ( ou le besoin impérieux ) on sait trouver l'argent et surtout 'il sera de plus en plus intenable d'exiger de nous sans nous
donner les moyens d'agir.


Pascal Oudot 10/01/2010 11:29


Les mots "politique du chiffre" n'ont aucun sens. La mathématique est un outil, pas une fin. Quand un état fait appel à des statisticiens pour établir sa politique -au sens premier du
terme-, on touche le fond. Malheureusement, ce n'est qu'un écho de la valorisation excessive de la science au détriment de la conscience, que ce pays pratique depuis quarante ans, et qui permet de
s'épargner l'élaboration de projets au profit de calculs invérifiables lancés par de soi-disant scientifiques, au profit d'anathèmes écologistes absurdes, et autres principes de précaution
ridicules. C'est bien notre faute, notre très grande et collective faute, que l'absence d'âme de notre nation, nous qui avons peu à peu abandonné au nom de la République les grandes
valeurs de notre pensée, qu'elles furent religieuses ou philosophiques.


thierry fabre 10/01/2010 11:09



Dis donc, Froment, ça ne tournerait pas à l’obsession, ton truc ?


Moi, je veux bien entendre répéter à longueur de commentaires que :


- c’est fichu…


- il n’y a pas de sous…


- les caisses de l’état sont vides…


- il n’y a rien à espérer


- on n’aura jamais de statut avant l’an 3000


Tout cela est bel et beau, mais ne fait que consacrer l’idée d’un primat de l’économie sur le politique. Ce qui est faux…


 


On nous a seriné des années durant que le traité de Maastricht nous obligeait à une limitation de la dette. Cela était censé nous aider à accepter les nombreux sacrifices exigés. Crise financière
aidant, on a gentiment oublié ces critères et le sens de rotation du globe terrestre ne s’en est pas inversé pour autant…


 


Plus près de nous, on apprend qu’en ces périodes de solde, notre bon gouvernement veut brader 50 des 94 millions de doses de vaccin anti-grippal. Il y a quand même bien eu une dépense, pour ces
vaccins de quelques 879 millions d’euros. En gros, ça fait dans les 440 millions d’euros de gaspillés en vain… De quoi offrir un quart de décharge à chacun des 50 000 dirlos de ce doux pays.


 


Faut-il citer aussi la note plutôt salée de l’abaissement de la TVA pour les restaurateurs ? Plusieurs milliards d’euros…


 


Moralité : lorsqu’il y a une volonté politique, les sacro-saints dogmes de l’économie libérale sont vite remisés aux oubliettes…. Autant leur donner l’importance qu’ils méritent réellement


 


Thierry Fabre




Dedel 10/01/2010 00:21


Je souscris à l'objet de l'article et au commentaire de Grégoire qui parle de l'effet d'annonce. Il suffit d'un examen approfondi pour constater la différence entre l'annonce gouvernementale et la
réalité sur le terrain à la prochaine rentrée.
Le ministère vient de faire connaître la répartition académique des 1620 postes créés dans le 1er degré (le SE 59 y fait référence).
Première remarque : le budget 2010 permettait 2182 créations de postes. Economie habituelle...
Seconde remarque : le chiffre communiqué ne tient pas compte de la suppression des 9182 enseignants stagiaires (décharges de direction, remplacement lors des stages de formation continue,
compléments de temps partiels).
Cette année, le volume d'enseignement assuré par les PE2 représente l'équivalent de 3764 postes budgétaires. En fait de créations de postes, nous aurons droit à une diminution de moyens alors
même que le nombre d'élèves supplémentaires à la prochaine rentrée est estimé à 5766 par le ministère.
On est donc dans la situation dénoncée par le SE 59 et Grégoire a raison lorsqu'il évoque l'effet d'annonce. Et malheureusement, le grand public n'ira pas analyser ce que cache cet effet
d'annonce... 


Froment 09/01/2010 22:04


Je pense, chers collègues, qu'il ne faut rien attendre côté statut avant de très longues années. Un statut coûterait forcément cher, comme le dit Grégoire. Et sans même évoquer la question d'un
secrétariat, les décharges nécessitent un nombre considérable de créations de postes. Inenvisageable dans l'état actuel de nos finances. Aucun gouvernement ne pourra nous donner satisfaction avant
longtemps. Au minimum une dizaine d'années, probablement davantage. C'est une triste réalité mais c'est LA réalité.


merlin 09/01/2010 17:53


Avec la décharge complète, je veux bien me passer de la secrétaire , je n'en vois pas l'utilité dans un premier temps.


Grégoire 09/01/2010 16:32


Rien de neuf sous le soleil ; ce gouvernement est en cohérence avec son, idéologie et son public. Qui lit les analyses qui illustrent des chiffres?  Seule compte l'annonce choc et c'est ce que
retiens l'électorat. Le cas des chiffres de création de poste du Nors Pas de Calais est un exemple type.

Ce qui nous éloigne de notre statut car forcement gourmand en poste pour compenser notre décharge complète sans compter le poste de secrétaire. Bref la Seine coule toujours à Paris et nous on rame
toujours dans nos écoles. Bonne année quand même.


J.M-M 08/01/2010 13:09


A propos des quotas, cet excellent article trouvé dans Le Monde, écrit par Sébastien Fath, chercheur au CNRS :


France, année 2025. Que ce fut dur ! Mais finalement, le lobbying de la droite libérale et de la gauche
communautariste a payé. Désormais, les équipes de football de division d'honneur auront droit à un quota d'accès de 30 % à la sélection de l'équipe de France.


Il y a bien eu quelques protestations, ici et là. Mais le président de la République et ses ministres
avaient bien rodé leur rhétorique, portés par plus de quinze ans de pratique quasi générale en haut lieu. Toute contestation de ce nouveau mode de sélection des joueurs était déclarée
"profondément choquante".


 


Les joueurs de football de division d'honneur ne sont-ils pas aussi méritants que ceux de Ligue 1 ? Sont-ils
moins capables de courir, moins dignes ? Non évidemment ! Alors pourquoi faudrait-il perpétuer cette pratique scandaleuse qui consiste à ne recruter les meilleurs que parmi les clubs de Ligue 1
?


La France populaire, nourrie de jeux télévisés rassembleurs et de fast-food informatique numérique,
applaudit en majorité. Après tout, les clubs de division d'honneur étant bien plus nombreux que les clubs de Ligue 1, pourquoi leur refuserait-on l'accès à la sélection nationale ? Les
intellectuels français bien en vue et bien en cour se réjouissent, pour la plupart. Quel bonheur d'engranger, au travers de cette décision symbolique, les dividendes de quinze années de combat
pour la justice !


Cela avait commencé dès 2010, lorsque le gouvernement et ses affidés avaient décrété que 30 % des étudiants
boursiers devraient obligatoirement réussir les concours d'entrée aux grandes écoles, au grand dam du principe républicain d'égalité d'accès au concours (boursier ou non, Blanc ou Noir, fille ou
garçon, les critères d'entrée sont les mêmes).


Beaucoup avaient alors protesté, osant jusqu'à suggérer qu'il s'agissait d'une solution antirépublicaine. De
misérables pisse-froid, justement brocardés par Richard Descoing sur toutes les radios, s'étaient même permis de dénoncer une mesure démagogique et bon marché, qui cache derrière de grands mots
un trivial souci d'économie. Il est moins coûteux d'établir des quotas pour les défavorisés dans les concours, que de lutter en amont contre les discriminations sociales par un encadrement
scolaire plus ambitieux et un système renforcé de bourses.


Mais la révolution vers la justice a suivi son cours. Une fois réglé le sort de l'école républicaine, on
s'est attaqué à d'autres domaines. En 2014, des pressions croissantes sur la Fédération française de football avaient conduit à diversifier le recrutement des sélectionnés de l'équipe de France à
tous les clubs de Ligue 1, renonçant au favoritisme scandaleux qui voyait les grands clubs privilégiés par rapport aux petits. En 2019, ce fut le tour de la Ligue 2.


Désormais, l'équipe de France est plus juste et belle que jamais : avec 30 % de recrutés au niveau division
d'honneur, quelle meilleure image de l'excellence du modèle français ? Que les grincheux prennent garde : gare à eux s'ils osent protester au cas où la France perde 12 à 0 contre le Brésil à la
prochaine Coupe du monde ! Toute allusion à une baisse de niveau à cause des nouveaux quotas de sélection sera poursuivie devant les tribunaux comme "profondément choquante".
Sébastien
Fath est historien, chercheur au CNRS (laboratoire Groupe sociétés religions laïcités), ancien élève de l'Ecole normale supérieure lettres et sciences humaines.