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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 22:02

Nous avons souvent eu l’occasion de l’écrire sur ce blog : les divers gouvernements de ces dernières années n’ont fait qu’aggraver la crise de l’école. La politique conduite par les différents ministres n’est que la résultante de choix budgétaires et n’est en rien dictée par une quelconque volonté d’améliorer le fonctionnement de l’institution.

Nous l’avons souvent déploré : quasiment toutes les mesures prises ces dernières années n’ont d’autre objectif que de réduire le nombre de postes. De la semaine de quatre jours à l’aide personnalisée, de la suppression des postes de RASED à la formation des enseignants…etc. tout n’est que calcul imposé par la RGPP et la décision dogmatique de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

 

Le 18 février dernier, sur France Inter, Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel « Alternatives économiques » a consacré sa chronique du matin à la crise de l’école. Nous avons décidé de la retranscrire dans son intégralité.

 

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« Ces derniers jours l’école a beaucoup défrayé la chronique. Surtout autour de l’insécurité avec une série d’incidents souvent montés en épingle par les médias. Il n’empêche ces problèmes illustrent aussi un malaise plus profond qui traduit la dévalorisation de l’école. Elle a cessé en effet d’être une priorité pour ceux qui nous gouvernent.

L’insécurité s’accroît à l’école ? Ce n’est pas surprenant : en 2004 l’Education nationale employait encore 50 000 personnes pour assurer la « surveillance » sous différents statuts. Aujourd’hui ils ne sont plus que 28 000, quasiment moitié moins… Mais ce qui se passe sur ce plan ne fait qu’illustrer un désinvestissement plus général. La part des richesses produites chaque année, autrement dit le fameux PIB, consacrée à l’éducation était de 7,6 % en 1996. En 2008 elle n’était plus que de 6,6 %, en baisse une fois de plus par rapport à 2007. Eric Woerth veut limiter à l’avenir la part des dépenses publiques dans le PIB. En matière d’éducation c’est déjà le cas chaque année depuis près de 15 ans…

Que déduire de cette baisse des dépenses d’éducation ?

1 point de PIB en moins, cela parait sans doute très abstrait pour nos auditeurs. Cela veut dire en fait qu’il manque 20 milliards d’euros au budget de l’éducation pour que l’effort de la nation soit équivalent à ce qu’il était en 1996. 20 milliards en moins sur 129 milliards c’est un trou de 15 %, un euro sur six. Ces 20 milliards représentent plus de dix fois ce que l’Etat dépense chaque année pour son action à l’étranger ou encore deux fois ce que dépense le très grand ministère de Jean Louis Borloo pour l’écologie, le développement et l’aménagement durable… Cela se traduit par des reculs très significatifs : en 1996, 84 % des jeunes de 18 ans étaient scolarisés, on est redescendu aujourd’hui en dessous de 80 %. Et à 20 ans la chute est encore plus prononcée, de l’ordre de 6 points… Tandis que 150 000 jeunes sortent toujours du système scolaire sans aucun diplôme. L’école française apparaît aussi dans les comparaisons internationales menées par l’OCDE comme une de celles qui reproduisent le plus les inégalités sociales…

Est-ce seulement une question d’argent ?

Ces difficultés ne relèvent évidemment pas seulement de questions de moyens. Les racines du mal sont plus complexes et profondes. Il n’empêche, il n’existe aucune possibilité d’améliorer les choses dans un contexte d’austérité budgétaire accrue. Or, l’école a été la principale cible des politiques de maîtrise des dépenses publiques ces dernières années. En 2010 sur les 30 000 suppressions d’emplois publics programmées par le gouvernement, 16 000, plus de la moitié, sont prévues dans l’Education. Avec des conséquences absurdes comme la réforme de la formation des enseignants. On va les recruter un an plus tard et les envoyer faire cours sans qu’ils aient suivi quasiment aucune formation pédagogique ni stages pratiques. Simplement parce que cela permettra d’économiser quelques milliers de postes…

Ces aberrations illustrent un contresens total sur la notion d’« investissements d’avenir » régulièrement mise en avant par le gouvernement : il vient en particulier de lancer une (coûteuse) campagne de communication pour justifier le « grand emprunt ». Celui-ci « n’est pas une dépense courante, affirme cette campagne, C’est un programme qui… financera des investissements dans des secteurs d’avenir… ». Mais cette distinction entre « dépenses courantes » et « investissements d’avenir» n’a aucun sens dans des sociétés de la connaissance. L’investissement a cessé en effet de s’y mesurer en tonnes d’acier ou de béton. En s’attaquant en priorité aux dépenses d’éducation, qui sont censées être des dépenses courantes, le gouvernement hypothèque au contraire lourdement l’avenir de notre société et de notre économie. »

 

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Ainsi que nous l’écrivions le 17 décembre 2009 dans un article intitulé « La règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans le collimateur de la Cour des Comptes » ce sont près de 140 000 emplois d’enseignants qui ont disparu entre 2000 et 2009.

Dans ce rapport, Philippe Seguin déclarait : « Les personnels de l'État, des collectivités et des hôpitaux sont la principale force du service public. Nous ne pouvons leur offrir comme seule perspective une rationalisation froide et permanente ».

Il déplorait que « cette règle forfaitaire de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux "résulte d'une démarche purement quantitative", sans évaluer la qualité des missions de service public ».

Et d’ajouter : « Au moment où l’Etat réussit à trouver trois milliards pour les restaurateurs, il fait payer une addition particulièrement salée à l’Education nationale : les 16 000 emplois économisés représentent une économie de 500 millions d’euros. »

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

Pierrot 26/02/2010 08:24


... Et alors, Théo, on supprime l'Europe?
On supprime la France, puisque la gouvernance des régions est soumise aux choix gouvernementaux...
La droite et la gauche c'est pareil parce qu'une majorité de Français le pense? 
On se fie à ce que pense la majorité des français... Quand ça nous arrange.

Allons...

Dans une société complexe il est normal que les différences soient plus nuancées. Mais cela demande plus d'efforts, moins d'arrogance, et sans doute plus de courage.
Basé son discours sur la force de conviction, de propositions, c'est un exercice d'un autre genre que d'agiter les craintes et les peurs.

Tu as entendu le délégué CGT qui a "suspendu" le mouvement chez total, sans revenir devant ses militants et lâchant Dunkerque... où c'est DUD est majoritaire?
C'est ça la gauche?




Théo62 25/02/2010 17:20


Lionel, je suis en grande partie d'accord avec toi pour rejeter la politique de l'équipe en place. Si la situation financière est à ce point catastrophique c'est à ce pouvoir qu'on le doit. C'est
une évidence (sauf pour Oudot).
Mais en partie seulement car pas d'accord avec ton affirmation selon laquelle :
"La droite et la gauche, ce n'est pas la même chose."
Un récent sondage a révélé que le Français pensaient que la gauche ne ferait pas mieux que Sarkozy...
Et on vient encore d'en avoir un bel exemple. Les nominations de Charasse à la Présidence du Conseil Constitutionnel, Migaud comme Premier Président de la Cour des Comptes après celles de Kouchner,
Bockel, et Besson montrent qu'il n'y a plus de différence majeure entre la droite et la gauche. Tous sont interchangeables.
Philippe Seguin avait une bonne formule pour le dire :
"la gauche et la droite sont des détaillants qui ont le même grossiste : l'Europe".


Lionel 25/02/2010 16:46


Théo, tu écris la phrase suivante dans ton commentaire précédent :
"D'ailleurs, les citoyens français ne s'y trompent pas puisqu'ils qualifient les deux plus grands partis de UMPS..."
Tous les citoyens français ? Non, certainement pas. Je n'ai entendu cette qualification de UMPS que dans la bouche de Marine Le Pen Tu as de drôle de références pour un fervent soutien du SNUIPP !

Arrêtons de tout amalgamer. La droite et la gauche, ce n'est pas la même chose. Si notre pays connaît des déficits recors, la politique menée depuis l'élection de notre empereur d'opérette y est
pour beaucoup, entre le bouclier fiscal et les cadeaux accordés à diverses corporations proches du pouvoir. L'Etat, c'est à dire nous tous, a été privé de milliards d'euros de rentrées fiscales
sans que cela ne se traduise par le respect d'aucune promesse (où sont les dizaines de milliers d'emplois promis par les syndicats de restaurateurs ? où sont les emplois que devaient créer les
baisses de charges successives ?...).


Pascal Oudot 24/02/2010 19:10


Pour ma part je trouve les propos de Duval dignes de ce qu'il est, un zigoto altermondialiste qui joue sur les mots et sur les chiffres. C'est très drôle de lire toujours comparés les mêmes
chiffres de 1996 avec ceux de 2010. Pour quoi pas ceux de 1980 ou 1985? Parce que c'est bien pratique quand on veut orienter son discours.
 
Voilà le tableau parlant de la Dépense Intérieure d'Education (DIE) dans le PIB depuis 1980, histoire de remettre les discours pré-élections dans le bon sens:
http://sciences.blogs.liberation.fr/.a/6a00e5500b4a64883301287767efc1970c-pi


Pierrot 24/02/2010 18:08


Ben, Grégoire... Tout pareil!!!!


grégoire 24/02/2010 16:16


Toi tu évoques "de nouvelles bases du type...". Excuse-moi mais je ne comprends plus du tout ce que tu veux dire. Donc, je ne peux pas commenter davantage.

Et pour finir l'illiustration du GDID est significative des nouvelles bases à définir  pour cette raison : devant une absence de projet politique alternatif et des syndicats enkylosés par des
divisions, des idéologies "anarcho syndicaliste" d'un autre temps ,et la perte de leur mission première de défense de tous les personnels dont les directeurs , une poignée de
gaulois ont voulu faire émerger une force de propositions, de ressources mutualisées et de pression vis à vis de leurs propres syndicats. C'est pour moi l'émergeance d'une vitalité démocratique
bien loin de l'idée pougadiste qu'on veut lui accoler. L'idée à terme est d'être acteur de notre destin et peut être d'orienter le débat vers ce que nous considérons comme essentielle : la
reconnaissance d'un métier  : le nôtre directeur trice d'école .
Le débat politique et syndical  ( au sens noble et global ) est pour l'instant accaparé par des élites plus soucieuses de leur préservation mais je crois que l'immense majorité des gens
aspirent à un changement de têtes comme de pratiques. Regarde ce qui se passe lorsque les syndicats consultent la base ; SE SNUIPP sur les besoins des directeurs. Les réponses sont édifiantes et
très embarassantes pour eux. Prenons le SNUIPP : le CMD est très très loin de convaincre et la demande d'un statut est majoritaire à chaque fois que les gens sont interrogés. Alors pourquoi cela ne
se traduit pas dans les revendications syndicales ? Bien sûr l'avant garde sait mieux quels sont les besoins des pauvres péquenots que nous sommes. Il y a là une forme de mépris qui
conduit parfois à des dérapages verbaux. Mais il faut s'interroger là dessus et lire autrement les courbes de désyndicalisation. Mon avis est plutôt de dire que l'offre ne correspond plus
à la demande.Le GDID n'est pas la solution, il lui faudra sûrement se fondre dans les futures structures qui respecteront les revendications des dirlos. C'est pourquoi il ne s'est pas
constitué en syndicat et c'est très significatif des intentions des fondateurs. Mais il aura contribué à faire entendre la parole de la société civile puisque les appareils
étaient sourds à celle-ci.Mais ceci n'engage que mon opinion .


grégoire 24/02/2010 14:14


La chute du  mur de Berlin en 89 a sonné le glas du communisme et de ses satellites. La crise des subprimes et ses conséquences a démontre l'absurdité de la foi en l'invincibilité de la main
invisible du marché donc communisme et libéralisme ont failli devant l'histoire.
Il reste à défricher de nouvelles perspectives sans tabous ni passéisme.


Théo62 24/02/2010 14:07


@ Grégoire

Je te suis sur un aspect de ton commentaire :

"La
politique c'est faire des choix. C'est pour cela que le débat sur la fin des idéologies m'a bien fait rire"

Oui, mais voilà... LES idéologies dont tu pales, en réalité, elles se ressemblent assez. Je m'explique. Dans les débats, gauche et droite s'étrillent joyeusement (et encore pas toujours..). Mais
dans les actes, il en est autrement.

Tu sais que plus de 80% des lois votées par le parlement français sont des transpositions de lois votées par le parlement européen.
En 2008, une étude a montré que sur 535 textes adoptés par le parlement européen, seuls 10 ont reçu un vote différent des parlementaires français.
En fait, 97% des lois votées par le parlement européen le sont par le PSE (parti socialiste européen auquel appartient les socialistes français) ET le PPE (parti populaire europée auquel appartient
l'UMP).
C'est dire que l'idéologie des discours reste au vestiaire du parlement.
D'ailleurs, les citoyens français ne s'y trompent pas puisqu'ils qualifient les deux plus grands partis de UMPS...

La fin de ton propos, j'avoue ne pas très bien la comprendre.

"un
jour ou l'autre on va redécouvrir les vertus des confrontations idéologiques mais pas sur les bases du passé mais de nouvelles bases du type de celles que veut initier le GDID : vérité réalité
humanisme pragmatisme utopie ( il en faut )."

On va redécouvrir les vertus des confrontations idéologiques. Je l'espère à condition qu'elles ne soient pas que verbales et qu'elles se traduisent dans les actes. Je l'espère car c'est le relais
qui manque aux syndicats pour se faire entendre. Toi tu évoques "de nouvelles bases du type...". Excuse-moi mais je ne comprends plus du tout ce que tu veux dire. Donc, je ne peux pas
commenter davantage.


grégoire 24/02/2010 11:58


La politique c'est faire des choix. C'est pour cela que le débat sur la fin des idéologies m'a bien fait rire : tous les jours des choix sont faits appuyés sur un type de grille d'analyse. Disons
que ce gvt utilise celle du management économique pour une institution qui historiquement cultutrellement concrétement ne peut s'y plier.
Lisez le 3ème  rapport de la RGPP : http://www.rgpp.modernisation.gouv.fr/fileadmin/imgs/RGPP-Fevrier2010-complet.pdf
La suppression des postes de fonctionnaires est vécue comme un gain de productivité. Mais quid du service offert par ces personnes. Peu à peu on voit ici ou là émerger la réalité des effets de
cette suppression : pôle emploi, sécurité, lycée collège, bientôt défense nationale...
Ben oui derrière ces postes il y avaiyt un service mais cela n'apparait pas dans les statistiques. Question de culture encore...

Ce qui me console dans cette affaire est qu'un jour ou l'autre on va redécouvrir les vertus des confrontations idéologiques mais pas sur les bases du passé mais de nouvelles bases du type de celles
que veut initier le GDID : vérité réalité humanisme pragmatisme utopie ( il en faut ).


thierry fabre 24/02/2010 11:13


Froment, tu reviens une fois de plus à la charge sur la même argumentation:
- c'est la crise
- y'a pas de sous
- un statut, ça coûte cher
- on n'aura donc wallou
- et il ne reste plus qu'à se couvrir la tête de cendres et entonner les tristes mélopées de nos espoirs déçus

Or, comme je te l'ai humblement signalé, deux éléments manquent à ce beau raisonnement:
- le gouvernement sait fort bien trouver des sous quand il le veut
- il saura fort bien trouver des sous si nous le voulons.

Sur le premier point, on a déjà évoqué, l'article en reparle d'ailleurs, l'exemple des restaurateurs et de leurs 3 milliards. On peut, plus proche de nous, trouver d'autres exemples:
Le nombre de postes aux concours du privé (CAFEP) a en effet été publié
Alors que le nombre de postes au CAPES externe (enseignement public) est en lègère diminution (5006 postes cette année contre 5095 l'an dernier), et toujours largement inférieur au nombre de
départs en retraite, le nombre de postes au CAFEP-CAPES (concours externe du privé), lui, est cette année multiplié par deux et même plus (1260 postes contre 569 l'an dernier) !
Répartition 2010 : http://www.education...afep-capes.html
Répartition 2009 : http://www.education...ssion-2009.html

Preuve s'il en fallait que le gouvernement sait trouver des sous, s'il le veut

Second point, et petite remarque: c'est quand même bizarre cette position permanente d'attentisme. Certains attendent le statut comme d'autres espérent Noël, en décomptant les jours. Effectivement,
à vivre nos espoirs sur des calendriers de l'avent, on est toujours déçu. Faudrait-il donc continuer, en bonnes poires que nous sommes, à continuellement attendre du gouvernement, d'un député, de
l'air du temps, qu'ils se décident à nous faire justice ?
Cela ne ferait que déclencher d'autres désillusions.
Grands absents donc de ton propos, Froment, les petits dirlos que nous sommes...

P'tits dirlos qui obtiendront ce qu'ils veulent, non en discutant doctement à longueur de forums de leurs espoirs déçus, mais en allant le chercher...

La réalité, de gouvernement en gouvernement, depuis 10 ans, est la même: chaque ministère dispose de dirlos sous-payés, dont il charge un peu plus la barque année après année, le tout sans guère
d'opposition.

Pourquoi irait-il donc dépenser plus pour les dirlos, s'il n'y était contraint ?

Ce fichu statut, nous l'aurons si nous irons le prendre. Pas de Noël à attendre pour nous...

C'est triste, hein ?

Thierry fabre


PouK 24/02/2010 10:10


D'accord aussi avec Merlin. Evidemment qu'on est dans le domaine de la décision politique. D'accord aussi Froment, on est dans une situation financière catastrophique. Mais pas seulement
à cause de la crise mondiale. C'est ce que disait Ph. Seguin dans un de ses derniers rapports. La politique de Sarkozy y a sa part de responsabilité et pas la moindre. Le bouclier fiscal, la baisse
de la TVA pour les restaurateurs... J'en passe et des meilleures. Et tout dernièrement l'aide aux banques sans la moindre contrepartie. Et encore plus récemment la fameuse ou fumeuse taxation des
dividendes et avoirs des banques françaises dans les paradis fiscaux. Vous vous souvenez ? On allait moraliser le capitalisme...
Voici un article paru dans Marianne qui dénonce l'entourloupe.

"Le gouvernement a publié sa liste « noire » des
paradis fiscaux. Les dividendes, intérêts et redevances issues de ces 18 « Etats et territoires non coopératifs » en matières fiscales seront taxés à 50 %. En mars 2008, ces pays
accueillaient pour moins de 3,1 milliards de dollars d’avoir des banques françaises, soit moins de 0,6% de leurs actifs dans les paradis fiscaux à cette date.En
mars dernier, Marianne publiait cette mappemonde des paradis fiscaux, où figurait le montant des avoirs des banques françaises dans les 46 pays listés comme états non coopératifs par le
FMI. En mars 2008, les actifs présents dans ces pays pesaient pour 532 milliards de dollars. Après deux G20, qui avaient pointé les paradis fiscaux comme une des causes de la
crise, les gouvernements s’étaient engagés à faire rendre gorge à ces pays. Du moins, les pays de l’OCDE promettaient d’appliquer une taxation ultra-dissuasive. On allait voir ce que l’on allait
voir.

Eh bien… pschitt. L’arrêté signé de la main de Christine Lagarde, le ministre de l’Economie et d’Eric Woerth, le ministre du Budget et des Comptes publics, est loin de cet objectif. Les 18 pays qui
y sont pointés du doigt figurent parmi les nains des paradis fiscaux au sens du FMI. La liste est on ne peut plus light. En fait, elle ne reprend que 15 pays de la liste du FMI et en ajoute
trois : le Brunei, le Guatemala et les Philippines. Ensemble ces18 pays ne concentraient en mars 2008 que 3 milliards de dollars de dépôts des banques, autant dire une broutille. La Suisse et
ses 70 milliards de dollars de dépôt n’y figure pas. Pas plus que le Luxembourg, bon premier avec 130 milliards d’actifs. Pas de quoi faire peur aux banques." 

Est-ce que les JP Pernaud, Laurence Ferrari, David Pujadas, JP Elkkabach ou autres Alain Duhamel et Serge July en ont parlé aux citoyens électeurs ?
Seul le message de taxation est passé dans les médias.
Alors, comment s'étonner que le gouvernement ne s'intéresse pas aux "mal votants" que sont les enseignants ? Il a d'autres chats à fouetter.


Pierrot 24/02/2010 09:48


Je partage tout à fait l'analyse de Merlin.
Dans l'article on peut lire:
Ces difficultés ne relèvent évidemment pas seulement de questions de moyens. Les racines du mal sont plus complexes et profondes. Il
n’empêche, il n’existe aucune possibilité d’améliorer les choses dans un contexte d’austérité budgétaire accrue.
Monter un budget est un acte d'abord politique. Il doit être éclairant sur les choix opérés.
Faire des économies, sans se poser la question des missions de l'école dans la société n'est pas une posture politique.
Donner des moyens sans se poser la question de l'efficacité de l'école, n'est pas une posture politique non plus. 


merlin 24/02/2010 08:47


Delphine,

 Mon questionnement, volontairement lapidaire, n'avait pour but que de faire ressortir ce que tu conclues: la création d'un statut n'est pas directement liée à un problème économique (
autrement dit financier). On ne peut pas argumenter en disant , comme le fait avec beaucoup de compétence Froment, " il ne peut y avoir de statut car trop cher dans la période actuelle".
Je pense que la volonté politique prime l'économique en la matière. Si cette volonté existait, Bercy serait alors mandaté pour trouver des économies ailleurs.

  C'est ce qui me fait dire qu'en l'absence de volonté syndicale ( les " Grands" ne veulent pas d'un statut") et de nécessité politique ( on fait à peu près le même boulot pour peanuts ,
on en rajoute tous les ans et " nos " syndicats détournent pudiquement les yeux), nous ne sommes pas prioritaires, loin de là!

 Le statut arrivera le jour où le politique aura besoin de " vrais" dirlos à la tête des écoles ( EPEP) et où il élaborera le cadre d'emploi nécessaire ( pas forcément celui que nous
défendons) , où lorsque les forces syndicales unies (peut-être sous l'impulsion d'un Gdid fort de quelques 5000 membres!!) défendront le projet d'un vrai statut pour l'école et les dirlos.

   Et là, Froment, nous sommes d'accord, il y a encore du boulot .


Delphine IA78 23/02/2010 23:14


Merlin, je ne sais pas si on peut poser les questions comme tu le fais. Elles sont tout à fait logiques. Là n'est pas le problème. En fait, elles ne peuvent pas être dissociées, notamment les deux
premières.

"les
ressources financières pour mieux doter l'école et les dirlos existent-elles? oui."
"la
volonté politique de le faire est-elle réelle? Non"

On peut répondre comme tu le fais (oui et non) ou selon le point de vue des économistes (non et oui).
Je crois que ta seconde question induit les deux réponses. Effectivement, on peut toujours trouver un financement pour ce qu'on considère prioritaire. Mais tu le sais bien, à Bercy, on va te
répondre que l'emploi, les retraites, le pouvoir d'achat... c'est plus prioritaire que le statut des dirlos. En ce moment les salariés de Total s'estiment plus prioritaires que nous.
Bref, pas facile de répondre à tes questions si elles sont dissociées.



merlin 23/02/2010 22:49


Je poserai plutôt le problème en ces termes:

* les ressources financières pour mieux doter l'école et les dirlos existent-elles? oui.

* la volonté politique de le faire est-elle réelle? non

* la pression syndicale pour pousser le MEN à le faire est-elle forte? non

Voilà, je pense aussi que le combat est loin d'être gagné , mais surtout pour des raisons autres qu'économiques. ( on est b... quand même!) 


Grégoire 23/02/2010 18:36


Ca cause. Il est bon de laisser de côté les slogans les discours les explications de texte parfois et de n'écrire que des faits. Après chacun se détermine :

108h retirées aux élèves c'est:
1 mois d'école en moins pour tous les élèves sur l'année
5 mois sur une scolarité primaire

1 point de PIB c'est 20 milliards en moins pour l'école soit -15% en 14 ans

Le pire n'est pas tant le fait qu'il s'agit d'une volonté mais plutôt d'une une ignorance d'un manque complet d'intérêt sur l'école.

Même pas de la haine mais de l'indifférence. C'est pire.


                                       


Moira377 23/02/2010 09:42


"il [le gouvernement] vient en particulier de lancer une (coûteuse) campagne de communication pour justifier le « grand emprunt
». "

On sait que cette campagne de com' a coûté 975 000 euros... Une bagatelle ! Comme quoi quand y a plus de sous, y en a encore...


Froment 23/02/2010 09:01


Très bonne annalyse de G. Duval. Il nous montre bien l'hécatombe année après année. Une véritable saignée dans les emplois de l'Education nationale. Après cela, difficile d'imaginer une quelconque
création de postes pour les directeurs d'école et une rallonge budgétaire significative. Or un statut s'accompagne obligatoirement de dépenses importantes en termes d'emplois de décharges, d'aide
administrative et matérielle, de revalorisation salariale et indemnitaire... C'est ce qui me porte à croire que nous n'en verrons pas la couleur avant de nombreuses années. Sauf à nous doter d'un
statut qui ne fasse qu'accroître nos responsabilités, notre charge de travail et nos contraintes sans contrepartie. Cela est tout à fait plausible.