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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 09:14

Dans le canton de Genève, la réorganisation de l'école primaire avance à grands pas. En septembre prochain, les 164 écoles du canton devraient constituer 94 établissements. Un directeur chapeautera chacun d'eux, à temps plein dans ceux regroupant seize classes et plus, à temps partieldans les autres. Les directeurs des plus grandes structures devraient être secondés par des maîtres adjoints. La création de six à huit postes de ce type est envisagée. «Certains établissements accueillent 600 élèves dans plusieurs bâtiments. Il paraît souhaitable que le directeur y soit épaulé. De plus, la présence d'un responsable dans chaque bâtiment devrait permettre d'éviter un effet capitale-périphérie», détaille Charles Beer. Enfin, une dizaine de secrétaires compléteront sans doute ce système.

Pour justifier ce qu'il a jadis nommé une révolution, le patron du DIP (Département de l'Instruction Publique) explique que «l'école est lieu de service public de très grande proximité». Pourtant, constate-t-il, au sein des établissements, «personne ne dirige, n'est apte à prendre de décision». Cette situation, il la juge désuète. A ses yeux, parents, élèves et enseignants ont besoin d'un responsable accessible et proche. Il en conclut que le système des vingt-cinq inspecteurs se partageant les écoles du canton «a vécu».
Hormis l'Association Refaire l'école (ARLE), cette refonte du système emporte l'adhésion de presque tous. L'argument principal de son président, André Duval, tient en une phrase. «Au lieu d'encadrer les enseignants, il serait plus utile de créer des appuis supplémentaires pour encadrer les élèves.» S'étonnant de la généralisation du système des directeurs, déjà en place dans les écoles en REP (Réseau d'enseignement prioritaire), «sans qu'une seule évaluation n'en ait été diligentée», il dénonce «la politique du fait accompli. C'est la même tactique qui avait été employée pour la rénovation».

Les députés sont séduits. Le parti libéral salue l'arrivée des directeurs, «une décision qui vise à renforcer l'autorité». Les socialistes sont peu ou prou du même avis. «Les directeurs gèreront les relations avec les parents. Il s'agit d'une bienvenue décentralisation du pouvoir.» Quant au financement de la mesure, il ne soulève pas d'objections. «Charles Beer a joué sur les doublons, sans rogner sur le personnel enseignant.» Le ministre relève qu'il a tenu ses deux promesses: procéder à une réforme «à zéro franc», et «maintenir le taux d'encadrement d'un adulte pour dix-sept élèves».

Nos voisins n'auraient-ils pas créé des EPEP un peu à la manière de monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir ? Partant des mêmes constats, «personne ne dirige, n'est apte à prendre de décision», nos gouvernants ne pourraient-ils s'inspirer du modèle gènevois ?

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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Stéphan 24/12/2007 12:06

Bonjour Cédric,

Justement, pourquoi ne pas s'appuyer sur l'exemple parisien pour revendiquer plus de... ?

Pourquoi rester très discret sur leurs conditions de boulot?

Je ne sais plus qui disait qu'il n'a appris les attributions du dirlo qu'après avoir été nommé (je suis comme lui), et bien je suis prêt à parier que très peu d'enseignants du primaire connaissent les avantages des dirlos parisiens.
Pourquoi si on veut réellement avancer sur nos conditions de travail?


On est bien d'accord sur le besoin de temps!
Ce n’est pas moi qu'il faut convaincre...


C'est ton syndicat, et le SNUipp...
Après plus de 7 ans de grève administrative, nous n'avons qu'un protocole que le SE lui-même aujourd'hui, essaie d'oublier (où en est-on du suivi et des nouvelles propositions, alors que la crise de vacation reste intense?).

Le GDiD prend acte de l'échec d'une stratégie uniquement basée sur l'AVOIR.
La force du GDiD ce sont justement le pragmatisme et les propositions.

Puisqu'il faut des moyens supplémentaires pour que nous puissions assumer nos missions et nos responsabilités.
Puisque ces moyens, on nous les refuse...
Comment débloquer cette situation?
Car c'est bien de cela dont il s'agit.
>En attelant les boeufs avant de vouloir faire avancer la charrue:
• Commençons par reconnaître le rôle pivot du dirlo au lieu de le nier (ce qui permet de lui refuser les moyens, ou, plus perfide, morceler ses tâches pour les répartir à moyens constants: le CMD).
Dans l'administration c'est un statut qui vient reconnaître les contours d'un métier...
•Une fois reconnu, on met les moyens qui vont avec.
Difficile à refuser quand on admet, et on contractualise, l'importance du dirlo dans l'école.

Joyeux Noël :-).

PS: il va sans dire Cédric que je respecte ton engagement, je dirais d'une manière tout à fait naturelle, normale.
Mais le militantisme ne doit pas étouffer notre esprit critique.
Sinon, vous donnez raison à ceux qui pensent qu'il est vain de lutter de l'intérieur.

Une dernière chose, je pense qu'il y a plus de courage à convaincre dans son camp plutôt que de toujours s'en prendre aux autres...



Cedric58 21/12/2007 14:40

Stephan,
Je n'ai jamais dit que le SE revendiquait le statut particulier des écoles de Paris. D'ailleurs, je ne suis que simple adhérent et militant du SE. Aucune responsabilité dans le syndicat et donc je ne suis pas son porte-parole. Je n'interviens qu'à titre personnel, je tiens à le préciser. 
Ce que j'ai écrit, c'était une analyse des besoins en temps de décharge. Et je n'ai fait que citer Paris pour bien montrer que le besoin de temps est une revendication majeure. Or, c'est bien ce que dit le SE et c'est aussi pour ça qu'il se bat : avoir davantage de décharges. D'ailleurs, tu as sans doute remarqué la volonté d'obtenir d'élargir ces décharges aux écoles de moins de 4 classes.
Tu ne peux quand même pas citer les luttes des collègues parisiens en exemple. Ils sont plutôt dicrets sur le sujet. En trouve-t-on beaucoup qui se manifestent sur les forums ? Il doit bien y avoir une raison, tu ne crois pas ?

Stéphan 21/12/2007 13:37

Cédric, quelle sérénade nous joues-tu?

Le SE revendiquerait le dispositif parisien pour le reste de la France?

Jamais tu ne trouveras le moindre texte allant dans ce sens.


De plus, tu rejoins ce que j'essaie de dire depuis quelques jours, et ce qu’évitent soigneusement et jusqu’au grotesque, les syndicats majoritaires:

>Il peut y avoir une reconnaissance par l'AVOIR si les moyens sont à la hauteur de l'attente.

>Il suffit d'être clair sur la plate-forme revendicative:
Décharge totale à partir de 5 classes, 1/2 pour les autres (c'est le tarif parisien, je crois).
Et le proutocole irait dans ce sens...
Sacré blagueur!

Le SE s’est fait avoir, il a voulu signer le premier, avant le SNUipp (qui était prêt à le faire, il n’y a qu’à relire les déclarations de Moindrot à l’époque), trop heureux de se débarrasser d’un bébé idéologiquement gênant.

Bien entendu que l'on a besoin de TEMPS (et accessoirement d'argent, les dirlos parisiens touchent une indemnité municipale de 500€ et sont logés)
Mais ce temps, continue à nous le refuser… Parce qu’on refuse de reconnaître le DIRLO en tant que tel.
Réclamer de l'AVOIR en niant l'ÊTRE ne marche pas, la preuve:
la seule chose que l'on a après plus de 7 ans de lutte syndicale (unique... encore!), c'est ce proutocole... (confusion entre décharge et formation, aumône indemnitaire, et., cerise sur le gâteau, un vade-mecum de 7 fiches)
La seule perspective, son suivi, ou le CMD... Vraiment rien de bien enthousiasmant, motivant, mobilisant...
Mais ne serait-ce pas le but recherché.

Mais on est là, et les choses bougent...
À L’ANNÉE PROCHAINE CAMARADES !

Henri 21/12/2007 11:34

"Quand le directeur est apaisé (...)"Disons vulgairement : "quand le directeur ferme sa g...." car on voit bien derrière la glorification du protocole ce qui se cache : encensement des initiatives (si l'on peut dire !) du SE et surtout permettre grâce à ces cache-misère (15 € de mendicité + miettes de décharge vite oubliée avec la mise en place des PE) faire en sorte que toute voix discordante soit tenue en échec !La revendication des directeurs est une demande de reconnaissance d'un métier spécifique que tous les partenaires gravitant autour de l'école publique ont reconnu depuis longtemps (Mairies, services sociaux et en interne certains IEN bien consciencieux)Un directeur n'est pas un enseignant comme les autres et tous les cataplasmes pour faire admettre le contraire ne trompent qui ceux qui veulent bien l'être !À cela, il faut bien considérer que seul un statut sera à même de mettre à plat cette réalité et tous les discours environnants n'y feront rien !La glose finit par devenir stérile à force de répétition !

Cedric58 21/12/2007 09:18

L'exemple, le modèle, comme vous voudrez... il existe en France. Il suffit de le voir et d'essayer de l'élargir. C'est à Paris.
Les entendons-nous les directeurs parisiens ? Font-ils partie des cohortes de mécontents ? Participent-ils dans les forums de discussion ? NON !
Pourquoi ? Parce qu'ils peuvent faire fonctionner leur école dans d'assez bonnes conditions. Et pourquoi ? Parce qu'ils ont du temps. Voyez leur système de décharges très avantageux sans rapport avec le reste de la France. Le temps, c'est l'élément essentiel dans la fonction du directeur. C'est toujours ce que disent les collègues. C'est la raison première pour laquelle nous avons signé le protocole : l'attribution d'1/4 de décharge aux écoles de 4 classes. Et ça ne doit pas s'arrêter là ! C'est cela notre priorité : donner les moyens en temps aux directeurs pour être plus disponible et mieux faire fonctionner leur école. Quand le directeur est apaisé, l'ambiance générale s'en ressent dans une école. Il nous faut du temps, du temps, du temps !

VALMORI Patrick 21/12/2007 09:03

Je suis en accord avec toi, Stephan. L'école a besoin, comme tout rouage de la société, d'avoir à sa tête un pilote. Je devrais même dire simplement qu'elle a besoin d'une tête.
Tu as raison de le souligner, tous les pays autour de nous ont modernisé leur école, l'ont doté d'un directeur voire d'un chef d'établissement comme en Angleterre. Les Suisses, après les Belges, s'y mettent à leur tour. Serons-nous, là encore , les derniers des mohicans ?
Tout est devenu plus complexe. A l'école comme ailleurs. Les usagers de l'école sont devenus plus exigeants. Les responsabilités et les contraintes se sont multipliées. La société est devenue procédurière. L'école n'est pas en dehors de la société. Tout concourt à ce qu'un interlocuteur formé, compétent, disponible puisse répondre aux exigences des lois, circulaires et faire fonctionner au mieux l'établissement dont il a la charge. Il est indispensable qu'il soit reconnu comme tel, par un statut qui lui accorde les moyens de ses ambitions. Et ça un n'est pas un CMD qui apportera un quelconque début de solution. Je ne comprends l'aveuglement de nos deux principaux syndicats.

Stéphan 21/12/2007 08:41

... Décidément Dédel, tu es incorrigible...

Quel modèle,existant (ne me refait pas le coup de l’utopiste) proposerais-tu?

Je n'aurais pas, pour ma part, mis en valeur:
«personne ne dirige, n'est apte à prendre de décision», Bien qu'il faille avoir une sacrée paire d'œillères pour n'y voir que la caporalisation de l'école, alors que c'est le constat qui est essentiel:
l'école est lieu de service public de très grande proximité
élèves et enseignants ont besoin d'un responsable accessible et proche.

Plus on va vers la mondialisation, plus on aura besoin de décentraliser, d'être réactif face à la pression des usagers.

Bureaucratiser l'école c'est faire l'histoire à l'envers, Un directeur d'école présent, proche, acteur promoteur du projet, restera un collègue dans les écoles.
Le nier, lui préférer un CMD, c'est accentuer la gestion des écoles par les IEN.
Je cite encore les Suisses:
le système des vingt-cinq inspecteurs se partageant les écoles du canton «a vécu».



Tout autour de nous, les pays prennent des mesures qui vont dans le même sens... Nous on se pare dans une culture bobo, on donne des leçons aux autres et nous sommes de moins en moins efficaces...

Je te souhaite, ainsi qu'à tous les posteurs, à tous les lecteurs, sans oublier les administrateurs, de passer de joyeuses fêtes.


PS: diriger à plusieurs sens:
>conduire, piloter, guider, orienter...
Mais jamais "commander"... pourtant on joue beaucoup là-dessus...

Froment 20/12/2007 10:21

Le modèle de Genève n'est pas transférable à la France. En Suisse, la décentralisation, ça n'a pas la même signification qu'en France. On le voit bien avec cette mesure pour les écoles qui est du ressort du canton de Genève. En France, on a le mammouth pour gérer le même problème !
Ensuite, du fait de l'étatisation, une telle mesure ne peut être que nationale, en France. Du coup, on se retrouve avec l'obligation de faire des regroupements en zone rurale qui n'ont rien de commun avec ce qui a été fait à Genève. Et le nombre d'établissements est tel que la mesure ne peut pas être une réforme "à zéro franc". Elle aurait forcément un coût important. Or, je suis déjà intervenu plusieurs fois ici pour rappeler que la France n'a pas les moyens d'une telle réforme. Pas de croissance, une dette abyssale, plus d'argent dans les caisses, même pas les moyens de maintenir le pouvoir d'achat des fonctionnaires (cf négociations en cours). Donc, malheureusement, aucune chance de voir le modèle Suisse être copié en France. Aucune chance !

Dedel 20/12/2007 09:50

«personne ne dirige, n'est apte à prendre de décision»
Voilà qui va dans le sens du collègue qui écrivait dans un post récent :
"ça aurait permis de résoudre moultes problèmes lors de Conseils des maîtres interminables :- parce  Riri voulait le cours simple, mais pas à trente, pas avec tous les vilains,  qu\\\'il revendiquait  une part égale de bons élèves face au jeune sortant IUFM qui allait se "taper" le cours double à nombre égal d\\\'élèves que Riri, avec le petit sourd et la grande autiste, le parent élu casse-pied de service ...- parce que Fifi refusait de faire une réunion de parents et ne signalait jamais les enfants en difficulté pour ne pas avoir à faire d\\\'équipes éducatives et remplir de dossiers,- parce que Loulou "lâchait" ses élèves à chaque récré dans le couloir, chaque soir sans les raccompagner à la grille, provoquant des accidents, le courrou des collègues,- parce que Zézette avait dépensé deux fois son budget car elle s\\\'était trompée dans les pourcentages de ristournes et que les collègues économes ou nouvellement arrivés ne pourraient pas utiliser le leur, commençant l\\\'année sans cahier ...Et que le directeur nouvellement parachuté sans formation n\\\'osait pas taper du poing sur la table".Le directeur dirige. Les adjoints obéissent et tout va pour le mieux dans la meilleure des écoles de France...
Quel modèle !