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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 10:43

Xavier Darcos le 11 décembre 2007

Au cours de sa conférence de presse, le mardi 11 décembre 2007, Xavier Darcos a annoncé son programme de travail et d'action pour le second trimestre de l'année scolaire 2007-2008. Plusieurs annonces concernent directement l'école primaire. Nous les relatons ci-après.  

Un nouvel horizon pour l'école primaire

Aujourd'hui, environ 15 % des élèves qui quittent l'école primaire connaissent de graves lacunes dans les domaines de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Cette proportion est d'autant plus préoccupante qu'elle souligne une forme d'exception française : dans l'enquête internationale PIRLS, dont les résultats ont été publiés fin novembre, la France se classe en dessous de la moyenne des pays comparables de l'O.C.D.E. et en dessous de la moyenne européenne, alors même qu'elle est l'un des pays où le nombre d'heures de cours est le plus élevé et la scolarité la plus précoce.

Cette situation peut être expliquée par la conjonction de trois facteurs :

  • L'institution scolaire ne parvient pas à corriger efficacement les inégalités liées à l'origine sociale des élèves ;
  • L'école a connu une inflation considérable du nombre de ses missions, au détriment des savoirs fondamentaux ;
  • Les moyens d'évaluation dont dispose aujourd'hui l'institution scolaire ne sont pas assez fiables pour lui permettre d'analyser ses propres difficultés et d'y répondre.

La lutte contre l'échec scolaire doit être le premier objectif de l'école primaire. Les mesures proposées par le ministre de l'Éducation nationale visent un objectif précis : diviser par trois le nombre d'élèves en difficulté au cours des 5 prochaines années. Cela suppose de poursuivre trois grands axes :

Réorganiser le temps scolaire pour le mettre au service de la réussite des élèves
  • A la rentrée 2008, la semaine des élèves s'étendra du lundi au vendredi. Elle se composera d'un socle de 24 heures d'enseignement obligatoire consacrées aux apprentissages fondamentaux et de 2 heures complémentaires d'aide personnalisée qui sera destinée aux élèves en difficulté.
  • Les deux heures d'aide personnalisée, libérées grâce à la suppression des cours le samedi matin, font toujours partie de l'obligation de service des enseignants. Des discussions se tiennent actuellement avec les représentants des personnels enseignants du premier degré pour déterminer la manière dont le service des enseignants intègrera cette réorganisation. Les textes de cadrage national seront arrêtés au 1 er trimestre 2008 et seront mis en œuvre à la prochaine rentrée.
  • Les élèves qui, à la fin d'école primaire, rencontrent de grandes difficultés dans la maîtrise du langage, de la lecture ou de l'écriture, auront la possibilité de participer à des séquences de remise à niveau entre la fin du C.M.1 et le commencement de la scolarité au collège. Ces séquences vont être expérimentées dès cet été dans le cadre de l'école ouverte.
Donner à l'école des objectifs clarifiés

Les programmes scolaires du primaire sont en cours de réécriture afin de donner à l'école des programmes clairs, lisibles par tous, favorisant la liberté pédagogique des maîtres tout en définissant avec précision des objectifs d'apprentissage pour chaque année scolaire. Ces nouveaux programmes seront présentés dans le courant du premier trimestre de l'année civile 2008.

  • Ces programmes donneront une priorité absolue à l'apprentissage de la langue française, de la lecture et de l'écriture tout au long de la scolarité primaire.
  • Ils feront l'objet de toutes les consultations nécessaires et seront, en outre, soumis à l'avis de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l'Assemblée nationale et de la commission des Affaires culturelles du Sénat. Ils seront publiés en mai 2008 et mis en œuvre à la rentrée 2009 pour l'ensemble des niveaux.
Donner à l'école les moyens de connaître son efficacité
  • Il est nécessaire de disposer d'un véritable système d'évaluation des performances afin de mesurer les acquis des élèves, d'informer les familles et de permettre aux écoles et aux enseignants de se situer et de déterminer les objectifs attendus.
  • Les deux évaluations nationales témoins qui serviront à mesurer les acquis des élèves au C.E.1 et au C.M.2 seront en place pour l'année scolaire prochaine. Leurs constats seront rendus publics par école dès la rentrée 2009 et pourront servir de référence à tous les élèves et à tous les enseignants pour la maîtrise des objectifs fondamentaux en français et en mathématiques.

Incitation à la création d'un service minimum d'accueil en temps de grève

Le droit de grève reconnu aux enseignants est un droit fondamental, qui doit être reconnu et garanti. Mais la défense des intérêts professionnels, dont la grève est un des moyens, ne saurait cependant remettre en cause le droit des familles de poursuivre leur activité professionnelle lorsque leurs enfants n'ont pas cours.

Dans les établissements du second degré, les personnels d'encadrement organisent l'accueil des élèves durant les jours de grève. Les élèves peuvent donc, ces jours-là, fréquenter normalement leur établissement scolaire. La situation, cependant, est différente pour les écoles primaires, pour lesquelles l'opportunité de la mise en place d'un accueil est laissée à l'appréciation des municipalités et des équipes enseignantes.

Il existe par conséquent une très forte variété de situations sur le territoire français, dont résulte une très forte inégalité entre les familles qui bénéficient d'un service minimum d'accueil pour leurs enfants, et celles qui doivent assurer elles-mêmes leur garde ces jours-là, parfois au détriment de leur vie professionnelle.

En prévision du mouvement de grève du 20 novembre dernier, Xavier Darcos avait demandé aux recteurs de veiller, en liaison avec les services départementaux de l'Éducation nationale et les collectivités locales, à ce que les familles disposent de l'information la plus rapide et la plus complète sur l'état de fonctionnement de l'école ou de l'établissement scolaire de leur enfant. Il avait également indiqué le souhait qu'une solution d'accueil des enfants soit mise en place, chaque fois que possible.

Pour la rentrée 2008, Xavier Darcos souhaite rendre possible un service minimum d'accueil dans les écoles. Pour cela, le ministère de l'Éducation nationale engagera, au cours des prochaines semaines, une discussion avec les représentants des collectivités locales, des familles, et les partenaires sociaux, pour définir les modalités de ce service minimum

Ces discussions porteront notamment :

  • Sur la manière de prévenir les conflits afin que la grève ne constitue que le moyen d'ultime recours
  • Sur l'information des familles et des collectivités qui ont le droit de connaître suffisamment de temps à l'avance si l'enseignant de leur enfant est présent ou en grève
  • Sur la mise en place du service minimum d'accueil qui pourra être assuré lors des grèves.

Afin que la mise en place du service minimum d'accueil ne coûte ni aux contribuables, ni aux collectivités locales, tout ou partie des retenues sur salaires opérées les jours de grève pourront être reversées aux communes volontaires qui participeront à l'organisation de ce service minimum d'accueil.

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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Jean-Michel Mauro 13/12/2007 09:34

Avec les évaluations, on peut noter un changement de cap. Jusqu'à présent, on se refusait à faire une comparaison entre les établissements. Les résultats des évaluations n'étaient pas publiés à l'ensemble des écoles. Maintenant, on envisage de les rendre publics. C'est une nouvelle étape franchie dans la concurrence. C'est dangereux et et c'est la porte ouverte à toutes les manipulations (bachotage, tricheries dans les corrections ou la saisie...). Il peut y avoir une exploitation douteuse. Pourra-t-on en déduire que telle école travaille mieux parce qu'elle a de meilleurs résultats ? C'est très dangereux.
La mesure suivante sera-t-elle la publication d'un rapport d'évaluation du directeur ? C'est ce qui se passe en Angleterre. Chaque année, les directeurs et chefs d'établissement sont évalués. Le rapport est publié dans les journaux locaux. Les parents peuvent alors se faire une idée sur la façon dont les établissements sont conduits. On n'en est pas là  en France, mais... prudence !

Cedric58 13/12/2007 09:15

Les réactions se font entendre. Pour info, celle du SE :
Le SE-UNSA n’est pas hostile par principe à l’organisation de garderies. Mais, dès lors qu’en cas de grève, le principe d’un accueil obligatoire par des enseignants serait retenu, cela signifierait remettre en cause automatiquement leur droit de grève.
 

L’idée d’un financement étatique des garderies municipales via le salaire non versé aux grévistes révèle une vision perverse. L’Etat employeur, contre lequel la grève s’exerce, se verrait ainsi confier le beau rôle. Il s’émanciperait à bon compte, aux yeux du public, de ses responsabilités dans le déclenchement du conflit. Le comble de la perversion serait que ce système ferait des grévistes les financeurs de cette posture !
 

Le SE-UNSA souhaite que les discussions annoncées par le ministre permettent de lever ces ambiguïtés. Il rappelle que le meilleur antidote à la grève est encore le dialogue social. Le ministre de l’Education nationale pourrait ainsi utilement donner l’exemple en s’engageant tout simplement à appliquer enfin la loi : « Pendant la durée du préavis, les parties intéressées sont tenues de négocier » (article L521-3 du code du travail).

Cedric58 12/12/2007 14:23

Les centrales syndicales ont réagi sur le service minimum que le gouvernement voudrait mettre en place. J'espère qu'on va se mobiliser et ne pas laisser les communes mettre un pied supplémentaire dans l'école.

merlin 12/12/2007 12:38

Au-delà des phrases creuses et déclarations de principe sur l'institution scolaire, on peut facilement comprendre 2 ou 3 choses:
 qui dit " évaluations" signifie exploitation, réunions, tableaux de synthèse...du travail en plus pour les adjoints et les dirlos.
qui dit " cours de rattrapage" signifie planification, organisation, répartition  donc du boulot en plus pour les dirlos. ( en plus des 2 heures de soutien comme les collègues).
qui dit: " service minimum" dit organisation et information...merci les dirlos!
qui dit: " résultats rendus publics": dit grosse pression, porte ouverte à bien des dérapages et comparaisons. ien entendu, les aprents vont éplucher à la loupe les " performances" public -privé ( sans se soucier si les conditions d'accueil sont les mêmes) et écoles publiques entre elles aussi.
Bonne ambiance dans les équipes ( cherchez le maillon faible) , bon accueil pour les parents dont l'enfant " candidat" à l'inscription n'aura pas un bon " dossier" ( au fait, on continue d'inscrire tout le monde ou on sélectionne?)
 Sous un discours qui peut paraître anodin, c'est toute notre école publique qui est remise en cause. Il faudra que nous réagissions et seule la base de tous les enseignants est en mesure de le faire.