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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 09:26

Nous poursuivons la publication d'extraits du rapport de Jean-Pierre Obin, Inspecteur Général de l'Education. Nous abordons les questions spécifiques à l'attractivité de la fonction de directeur d'école, au malaise des directeurs et aux solutions à y apporter.

  

"On sait, par une enquête de la direction des personnels enseignants sur la rentrée scolaire de 2003, que l’adéquation entre l’offre et la demande est très imparfaite, puisque cette année-là 4675 postes (représentant à peu près 10% des écoles) étaient restés vacants et ont dû être pourvus par des intérimaires. Il semble que ce nombre soit depuis en diminution et qu’à la rentrée de 2006 il avoisinait 3900 postes. Les directeurs en fonction étaient 44 416 (5 581 instituteurs et 38 835 professeurs des écoles) en janvier 2006. 71,5% d’entre eux étaient des femmes, un taux sensiblement inférieur à celui des corps d’origine (81%). L’âge moyen des directeurs d’école était de 43 ans en 2004, 13% ayant moins de 30 ans et 33% plus de 50 ans.

En 2006, 8,8% des postes sont restés sans titulaires (9,8% en 2000) ; ils représentaient 12,2% des directions de petites écoles (2 à 4 classes) et 2,4% seulement de celles des écoles de plus de 9 classes ; ils sont également plus nombreux dans certains départements ruraux. On mesure à ces chiffres que le manque d’attractivité de la fonction est une réalité contrastée, qui touche principalement les petites écoles et donc la France rurale.

Les évolutions professionnelles. La fonction de directeur d’école comme le corps de personnel de direction représentent l’un et l’autre des positions de promotion pour les enseignants du premier et du second degrés. L’immense majorité de ceux qui accèdent à ces responsabilités y terminent leur carrière. Il existe donc une très grande stabilité dans les fonctions, qui permet peut-être de modérer l’ampleur du «malaise» des professions de direction dénoncé régulièrement par les organisations syndicales.

Le « malaise » des dirigeants scolaires et son traitement institutionnel.

Au-delà des différences réelles entre les métiers de directeur d’école primaire et de chef d’établissement secondaire, un même sentiment de malaise rapproche depuis quelques années ces deux catégories de responsables locaux de l’éducation : l’impression, largement partagée dans les deux professions, d’une accumulation de tâches nouvelles s’ajoutant aux anciennes, dans le cadre d’un environnement social ne cessant de se dégrader ; le sentiment aussi de ne plus pouvoir faire face à la fois aux attentes sociales et aux demandes de l’institution et, surtout, de ne plus pouvoir se consacrer à l’essentiel, à ce qui fait le coeur du métier, aux dimensions pédagogique et éducative de la fonction. Cette similitude des symptômes ne peut toutefois conduire à l’identité du diagnostic et encore moins du traitement, tant les métiers et leur inscription institutionnelle sont différents.

Dans le premier degré, en 1987, une tentative du ministre Monory d’imposer aux directeurs d’école la transformation de leur statut de fonction en un véritable statut, avec une responsabilité hiérarchique sur les instituteurs, tourne court devant la mobilisation organisée par les syndicats, très hostiles à l’éclatement du corps des instituteurs et à la création d’un échelon hiérarchique intermédiaire entre l’inspecteur et l’enseignant. Cet épisode est loin d’être oublié lorsque se développe, dans les années quatre-vingt-dix, le malaise professionnel évoqué ci-dessus, que les syndicats encadrent, à partir de 2000, par un mot d’ordre de « grève administrative », très largement suivi jusqu’en 2006.

En fait, et au-delà d’un accord apparent sur des revendications d’amélioration matérielle, comme sur les régimes de décharges et d’indemnités, la profession semble aujourd’hui divisée sur la question de la création d’un corps spécifique de directeur d’école. Si les syndicats y restent hostiles, ce n’est pas forcément le cas des directeurs eux-mêmes, très minoritaires en leur sein.
Un groupe de pression souhaitant les représenter exclusivement, le Groupement de défense des intérêts des directeurs, a commandé une étude à un institut spécialisé (IFOP), parue en octobre 2006, qui montre notamment que 93 % des directeurs seraient favorables à un nouveau statut, et que 73 % souhaitent qu’il débouche sur la création d’un nouveau corps. En outre cette enquête fait apparaître que 95 % des directeurs estiment que leur travail n’est pas reconnu par l’institution, et 47 % assurent que les syndicats ne défendent pas assez leurs revendications.
La négociation engagée entre le ministère et les syndicats a débouché sur la signature en juin 2006 par le SE-UNSA, syndicat minoritaire parmi les enseignants mais bien représenté chez les directeurs, d’un protocole d’accord qui a été mis en oeuvre dès la rentrée de 2006. Les principales mesures décidées par ce texte sont l’amélioration du régime des décharges d’enseignement, une revalorisation des rémunérations touchant à la fois le salaire de base et l’indemnité de sujétion et, surtout, le recrutement de 50 000 contractuels « emplois de vie scolaire », chargés d’apporter une aide administrative aux directeurs. Il s’agit là d’un effort important, mais dont l’efficacité est fortement contestée par le SNUIPP-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du premier degré, qui a refusé de signer le protocole : le support juridique de ces emplois est en effet un contrat de droit privé d’une durée de 10 mois, le « contrat d’avenir », qui vise spécifiquement une population de demandeurs d’emploi peu qualifiés, dans le cadre d’un plan gouvernemental de traitement social du chômage.
La grève administrative n’a donc pas totalement cessé et le ministre s’est trouvé contraint d’ouvrir en octobre 2006 de nouvelles négociations avec les syndicats. Trois groupes de travail ont été créés, dont l’objet montre les difficultés qui restent à traiter :

- les fonctions de directeur (conditions de travail, relations avec les enseignants, formation) ;

- l’éventuelle création d’un statut (création d’un corps de direction et régime indemnitaire) ;

- le fonctionnement des écoles et leur mise en réseau éventuelle.

Car la création d’un corps de directeur, outre à la culture égalitariste du monde enseignant, se heurte à deux difficultés majeures. D’une part elle renvoie à l’extrême diversité de la fonction et de la charge de travail, entre l’instituteur de l’école à classe unique et le directeur d’une école de plus de 20 classes ; de l’autre elle n’est pas sans rapport avec l’éventuelle création d’un statut d’établissement public pour les écoles primaires, rendue possible par la loi du 23 avril 2005, mais qui attend toujours un décret d’application, et qui se heurte au même type de difficulté, augmentée sans doute des réserves d’une partie des maires.

 

 

CONCLUSION

Au terme de cette étude, un premier constat s’impose : nombre de dispositions concernant les responsabilités, le recrutement, la formation et la gestion des dirigeants scolaires ont connu d’importantes évolutions depuis une vingtaine d’années, il est vrai davantage dans le second degré que dans le premier. Mais il existe au moins une raison objective à cette différence : le grand nombre d’écoles primaires et à la diversité de leur taille ne sont guère favorables à des évolutions statutaires analogues à celles qu’ont connues les chefs d’établissement secondaire en 1988. Pourtant, au-delà de ces différences, second constat, d’importantes revalorisations matérielles et financières sont venues améliorer sensiblement la situation des personnels qui dirigent les écoles primaires et les établissements secondaires. Du coup, les pénuries de recrutement, qui ont touché les deux fonctions il y a quelques années semblent maintenant résorbées dans le second degré et nettement atténuées dans le premier ; et, dans les deux niveaux d’enseignement, le « malaise » professionnel que manifestent les dirigeants doit être tempéré par leur étonnante stabilité dans les fonctions.

Ce n’est pas le cas en revanche dans le premier degré, où le statut de directeur d’école, comme celui des écoles primaires elles-mêmes, ne semblent pas encore avoir atteint ce point d’équilibre. Le directeur d’école ne dispose en fait d’aucune autorité pour assumer une réelle responsabilité pédagogique ; et il dispose de peu de moyens pour assurer ses responsabilités administratives. Vis-à-vis des instituteurs, il n’est ni franchement un pair ni vraiment un supérieur. Toujours à la recherche d’une transaction efficace entre ces deux positions, il est en outre constamment soumis à l’autorité proche des deux vrais responsables institutionnels de l’école, l’inspecteur de la circonscription, représentant l’Etat, et le maire de la commune, propriétaire des lieux et employeur des personnels non enseignants, deux personnages dont l’entente ne va pas toujours de soi. Sa position n’est donc objectivement guère enviable.

L’hypothèse de l’évolution du statut des directeurs d’école est donc aujourd’hui sérieusement posée. Elle semble soutenue par une majorité d’entre eux mais pas par tous les syndicats d’enseignants qui pourtant les représentent. Elle n’est de toute façon pas simple à mettre en oeuvre, notamment à cause des incertitudes qui pèsent sur le statut des écoles et l’hypothèse de leur transformation en établissements publics. C’est dire que le malaise actuel, qui n’est pas que corporatif, risque de durer un certain temps".

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Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
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DUPUIS 07/05/2008 11:55

Suivant avec intérêt les publications de votre site depuis quelques temps, permettez-moi de contribuer modestement au débat sur le statut des directeurs d’école au travers des propos qui suivent.
Précisons tout d’abord que je suis directeur à Paris, que ces propos sont à comprendre au regard de la situation particulière des directeurs parisiens et que par conséquent la réflexion développée ne saurait prétendre être pertinente pour l’ensemble des directeurs. Enfin, après avoir quelque peu hésité, je signe ce texte d’un pseudonyme, pratique dont vous faîtes allusion dans vos dernières productions tant il est vrai qu’il est encore imprudent à l’Education nationale d’exprimer des convictions à l’encontre de la pensée dominante.
Votre proposition de statut de directeur a ce double mérite de permettre une avancée importante vers la reconnaissance du métier de directeur d’école et de gagner l’approbation d’une majorité des personnels concernés. Tout ceci je le comprends bien dans l’intérêt de l’école et non pas pour satisfaire exclusivement les directeurs ce qui serait sommes toute louable mais insuffisant. Ceci étant votre statut peut être considéré comme inachevé car il écarte sciemment la question du rapport hiérarchique. Tout au plus peut il être compris comme une forme intermédiaire entre la situation présente et le statut de responsable d’établissement à l’instar de celui en vigueur dans le second degré. Notez qu’il est question de responsable et non de chef, c’est ce vocable qui a la préférence de l’institution. Peut-on en déduire que votre statut n’est pour vous qu’une étape dans ce qui deviendra à terme un statut hiérarchique ? Il convient en tout cas de constater que votre statut relève d’une démarche prudente et circonstanciée. Et sans doute pouvons nous expliquer vos précautions tout d’abord parce que le statut de responsable d’établissement ne fait pas l’unanimité au sein des directeurs, ensuite parce qu’il remet en question le rôle des ICC en l’état présent, enfin parce qu’il rencontre le scepticisme et parfois l’hostilité des enseignants et de leurs syndicats.
Pour les directeurs ce statut de responsable d’école, ou de chef d’établissement si vous préférez un langage plus dur, impliquerait des prérogatives proches de celles livrées dans vos propositions sans au demeurant préciser ce qui est caractéristique d’avantages personnels ou d’avantages fonctionnels, les deux étant parfois liés : reconnaissance sociale, revalorisation salariale, formation initiale et continue renforcée, logement de fonction, voire adjoint ou secrétaire pour les écoles les plus importantes ou si l’on se place dans l’hypothèse de regroupement d’écoles. Autant de bénéfices propres à satisfaire beaucoup de directeurs à l’exception toutefois des regroupements. Ajoutons à cela un pouvoir hiérarchique qui permettrait la délivrance d’une note non pas pédagogique, celle-ci restant du ressort de l’ICC, mais administrative. Cette note prendrait en compte non seulement la ponctualité mais aussi le respect des modalités de fonctionnement administratif : autorisation de sorties, d’absences, délais, tenue des cahiers de présences, gestion financière des coopératives … Qui est le mieux placé pour apprécier les enseignants selon ces critères sinon le directeur présent dans l’école, au plus proche des réalités de l’établissement, plutôt que l’inspecteur que les tâches multiples tiennent trop éloigné au sens propre comme au figuré du quotidien de la vie scolaire ? En outre, l’expérience fourmille de ces inspections centrées sur la pédagogie qui négligent d’autres exigences du métier de professeur des écoles : surveillance des récréations, circulation dans l’école (les fameuses montées et descentes des escaliers !), relation avec les parents, les personnels municipaux, esprit d’équipe, participation dans les divers conseils, encadrement des sorties, soins aux élèves … Ces lacunes ne sont pas, bien souvent, imputables à une quelconque incompétence des inspecteurs, mais à une culture qui privilégie « l’espace classe » au détriment du reste, à une charge de travail administratif qui pour les inspecteurs aussi ne cesse d’augmenter et à une proximité géographique qui nécessairement fait défaut. Faudrait-il pour autant dans le cadre d’un statut hiérarchique doter les directeurs d’un rôle d évaluation encore plus étendu moyennant sans doute pour ces derniers des outils supplémentaires et recentrer notamment les missions des inspecteurs sur les évaluations plus spécifiquement pédagogiques et la formation qui en découle, la question est posée. En tout état de cause, pour les inspecteurs aussi, un statut de responsable d’établissement bouscule.
Si un statut hiérarchique offre des avantages inédits, il n’en exige pas moins de nouvelles contraintes : extension des responsabilités, astreintes, quantité de travail accrue, professionnalisme, concours de recrutement par exemple, voire obligation de résultats. C’est pour l’essentiel sur ces points que le recul des directeurs est le plus fort. Sans parler d’une forme de pouvoir et de la distanciation qu’il demande avec lesquelles parfois les enseignants et même les directeurs peuvent entretenir des relations difficiles et ambiguës.
Pour les enseignants les plus farouchement opposés à un statut des directeurs et à fortiori un statut de responsable d’établissement, les considérations de nature idéologique, il est vrai attisées par la propagande syndicale, le disputent aux craintes du risque d’un syndrome du petit chef. Les modèles proposés pour prévenir les éventuels dérapages autoritaires et pour mettre en exergue la valeur et les vertus du collectif varient de l’autogestion au rôle dilué du directeur avec prédominance du conseil des maîtres en passant par la direction collégiale. Bien que la réalité des faits montre dans l’ensemble des fonctionnements moins marqués et des situations paisibles sans sacrifier les exigences de démocratie et de transparence, il n’en demeure pas moins chez nombre d’enseignants une défiance spontanée à l’égard des fonctions d’autorité à l’école. Ajoutons à ceci ce sentiment diffus propre au corporatisme, sentiment d’une trahison de classe en quelque sorte à l’encontre de ceux qui directeurs ont manifesté des velléités d’ascension sociale et nous serions bien en peine de distinguer dans les réactions des uns et des autres ce qui relève d’une réflexion sur la démocratie, la responsabilité et d’une  intention de se prémunir des abus d’autorité de ce qui appartient à l’irrationnel dans ses manifestations d’appartenance identitaire, de peur, d’outrance et de diabolisation. Enfin le tableau ne serait pas complet si nous omettions de signaler la perte d’influence sur les enseignants que subiraient les syndicats par la création d’un corps de chef d’établissement du 1er degré. Quels meilleurs relais d’opinions aujourd’hui que des milliers de directeurs « enseignants avant tout … ou après tout » recevant sur leur messagerie électronique et professionnelle les informations et appels à l’action des syndicats ? Nous ajouterons aux griefs des syndicats à l’encontre de la création de ce nouveau corps l’idée qu’une telle initiative diviserait la profession. L’existence même de ce corps, un de plus, serait de nature à briser l’unité d’intérêt et fragiliser ainsi le service public au point de le rendre plus sensible aux sirènes de la libéralisation : l’individualisation des carrières, les postes à profil et l’avancement au mérite.
Aussi un statut de directeur, y compris dans sa version la plus simple, constitue un défit important qui assurément dérange et met en jeu des facteurs multiples et complexes : personnels, psychologiques, sociaux, syndicaux et politiques notamment. Il concerne les enseignants, les directeurs, les inspecteurs.
Concerne-t-il pour autant les élèves et leurs familles ? En d’autres termes quelles conséquences un statut de directeurs ou bien même de responsable d’établissement pourrait avoir sur les élèves, leurs parents et sur la qualité de l’école ?
Ce sera, si vous en êtes d’accord, le sujet de mon prochain courrier.
Bien à vous
 
Albert Dupuis

Cedric58 17/11/2007 09:37

"Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on puisse rester syndiqué alors qu'il y a un tel gouffre entre les attentes de la base et les décisions d'En Haut"
Je crois qu'on n'est jamais totalement satisfait ou totalement déçu de ce qui se décide dans un parti politique ou dans un syndicat ou une association, d'ailleurs. On croit (on espère, devrais-je dire) toujours qu'on peut être utile ou infléchir le cours des choses. Pas facile, tu sais. Doit-on pour autant claquer la porte à chaque fois qu'on se trouve en désaccord avec la majorité des compagnons qui militent avec soi ? Il n'existerait plus rien si on agissait tous ainsi.
La bataille pour les directeurs ne peut pas être le seul objectif d'un syndicat, que qu'il soit. Les salaires, le pouvoir d'achat, les retraites, les conditions d'exercice du métier, la défense des plus faibles...etc. sont autant de points tous aussi importants les uns que les autres. Alors je reste malgré mes déceptions sur certains points. J'ai la fibre syndicale dans la peau. On n'obtient rien sans lutter. C'est ce que je pense.
 

LM 17/11/2007 09:15

Ce n'est pas après toi que j'en ai, Cédric, car je te trouve assez courageux de venir intervenir ici.Mais je suis si déçue, et comme j'ai la possibilité de m'apercevoir de la réalité du "terrain", je vois bien la différence entre les belles paroles et ce que vivent réellement les dirlos des petites écoles.Les directeurs syndiqués au se ou snuipp (et qui y sont restés) que je connais, ils sont dans des écoles totalement déchargées, parfois crées de toute pièce pour eux (regroupement), ou alors, ils ont des décharges syndicales qui ne leur permettent pas de se rendre compte de la réalité.J'en connais plein aussi, moins favorisés dans leur poste, qui ont déchiré leur carte. Après la signature du Protocole, pour le se, depuis le délire du "Conseil des Maîtres Décisionnaire", pour le snuipp.Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on puisse rester syndiqué alors qu'il y a un tel gouffre entre les attentes de la base et les décisions d'En Haut.Peut-être suis-je trop jeune !

Cedric58 16/11/2007 14:25

J'en conviens avec vous : ce que nous avons obtenu est TRES TRES TRES insuffisant. Croyez-moi, je n'ai pas été le seul à le dire en réunion de section.
MAIS, je ne suis pas sûr qu'on aurait obtenu mieux sans cet accord. Le ministère était-il décidé à lâcher du lest ? L'aurait-il fait ? Nos négociateurs pensaient que non. Et ils ont préféré "tenir que courir".
Alors d'accord avec vous pour dire que ce n'est pas grand chose. Néanmoins, pour les collègues directeurs de 4 classes, c'est un énorme soulagement. Il est vrai aussi que Robien n'a pas tenu ses engagements. Il était prévu de poursuivre les négociations. Il a choisi le mauvais camp pendant la campagne électorale et tout s'est arrêté. Il n'a jamais été question, comme tu le dis Merlin, "d'avancée définitive clôturant le sujet de la direction d'école". C'est faux.

merlin 16/11/2007 13:01

Tout à fait d'accord avec toi: on a " donné " aux uns des moyens inadaptés ( personnels en formation) et on a pris aux autres ( ceux dont tu parles), on a ajouté des contraintes ( formation de ces personnels non formés si on veut que la classe tourne ), les EVS....beaucoup en reviennent , les 30 euros...pas vraiment visibles sur la feuille de paie!
un seul gagnant: le MEN qui , de cet accord minoritaire ( 1 seul syndicat), fait une avancée définitive clôturant le sujet de la direction d'école.
le SE..... ces premières " avancées" devaient être le préalable à d'autres plus importantes et on allait voir ce qu'on allait voir!! .....oui, mais alors dans très, très , très longtemps.....peut-être!

LM 15/11/2007 23:06

Relis bien ce que j'écris : ceux qui ont plus de 4 classes, parce qu'il y en a un paquet, qui étaient déchargés au quart jusque là par un titulaire le sont maintenant une journée moins les stages par un stagiaire qu'il faut former, aux questions duquel il faut répondre ... Ne me dis pas que c'est une avancée !

Cedric58 15/11/2007 09:17

"Et les directeurs de plus de 4 classes à qui on a "refilé" un pe2 parce qu'il fallait bien les "caser" quelque part, ils ne disent pas merci non plus au se !"En es-tu certain LM ? Les 7135 directeurs d'une école à 4 classes apprécieront tes propos...
Je te rappelle qu'ils n'avaient rien, aucune aide, aucune décharge. Ils ont maintenant une journée par semaine et un EVS s'ils le veulent. Ce sont certainement les principaux bénéficiaires de cet accord. Et ce n'était pas un luxe pour eux.
 
 

merlin 14/11/2007 23:05

Cedric: " il n"est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir".
 J'ai fait grève contre le CPE, contre les emplois précaires...le SE aussi il me semble...pour réclamer ces mêmes emplois quelques mois plus tard!
Dans mon département, nous sommes quelqu'uns , résistants, à avoir refusé ces " cadeaux EVS" à tel point que l'IA a exercé quelques "pressions" discrètes pour que nous prenions ces EVS.... afin , je pense, de nous intégrer dans les stats des " heureux bénéficiaires".
Mes infos perso me disent que nombre de dirlos avec EVS...s'en passeraient bien aujourd'hui, vu le nombre de problèmes en sup que cela occasionne! ( tant pis pour eux, il fallait avoir les c...de refuser!)
Le MEN refuse tout dialogue tendant à améliorer notre condition , sous prétexe que nous avons été "richement" dotés avec 30 euros et un EVS!!!
Le SE devrait rentrer la tête dans les épaules de honte et raser les murs pour un tel gâchis!

LM 14/11/2007 19:52

Cédric, c'est sûrement à cause de ce protocole-là aussi, qu'on n'a pas obtenu mieux !Maintenant, quand un directeur se plaint auprès de ses collègues de la quantité de travail (qui n'a pas continué d'augmenter en deux ans), ces derniers le "rembarrent avec un : "De quoi te plains-tu, tu as une assistante ou/et tu es maintenant déchargé une journée ?"Ils ne voient pas (ou font mine de ne pas voir) que l'une comme l'autre demandent continuellement un travail d'explications, de concertation, de vérifications, qui n'ont pas vraiment amélioré l'ordinaire.Et je ne parle pas des stages pendant lesquels les pe2 ne viennent pas et ne sont pas remplacés.Que fait le directeur ? Il laisse le travail en suspens ?Et les directeurs de plus de 4 classes à qui on a "refilé" un pe2 parce qu'il fallait bien les "caser" quelque part, ils ne disent pas merci non plus au se !Le protocole était loin d'être la solution rêvée !

Cedric58 14/11/2007 18:31

Vous voyez qu'il n'est pas si facile d'obtenir quelque chose de sonnant et trébuchant avec ce gouvernement. La dernière entrevue au ministère n'a rien donné. Preuve, s'il en était besoin, qu'il n'est pas suffisant de clamer haut et fort ses revendications pour qu'elles soient satisfaites.
Quand je pense au déluge de critiques qui se sont abattues sur le SE quand il a signé le protocole... Avec le recul, on s'aperçoit que c'était une chance, finalement, qu'il y ait eu ces petites avancées. Sinon, on n'aurait rien eu du tout. On serait au point d'avant mai 2006. Plus qu'à l'augmentation de l'ISS, je pense surtout à la décharge des 4 classes. 

VALMORI Patrick 14/11/2007 13:58

"le statut hierarchique ne serait donc pas si problématique que cela". D'accord avec toi, Merlin. Mais ça ira encore mieux en le disant nettement et clairement, je crois.
Je pense que dans la profession nous avons encore beaucoup de collègues qui ont peur de franchir le pas de la hiérarchie. Pas parce qu'ils se sentent une âme de "caporal" mais parce qu'ils craignent les réactions des adjoints. Or, on le sait bien, les adjoints ne se posent même pas la question. Puis, il y a suffisamment de garde-fou dans la fonction publique pour ne pas craindre les "débordements agressifs" des directeurs...
Petit à petit, les esprits vont aller dans le sens d'une vraie reconnaissance de notre métier. Il faut les y aider, je pense, en demandant à intégrer le corps des chefs d'établissement. On n'a que cette perspective si on veut être entendus des pouvoirs publics. N'essayons pas de réclamer une usine à gaz, genre corps des directeurs. Soyons simples dans nos exigences. Il existe, selon la définition donnée par l'OCDE, des établissements scolaires différents mais qui ont chacun une direction reconnue comme telle. Alors, engouffrons-nous dans cette porte ouverte et demandons à être assimilés aux chefs d'établissement. Ne cherchons pas l'originalité à outrance car nous ne gagnerons rien à attendre le prochain train.

merlin 14/11/2007 11:19

L'idée de " hierarchie" n'était pas celle qui motivait les demandes des dirlos:: ceux-ci voulaient ( tiens, j'emploie le passé...) du temps, des sous, une reconnaissance institutionnelle ( le statut). N'ayant ( contrairement à ce que certains hurlaient) aucunement une âme de "petit chef" , la notion de NON hierarchique précisait la demande.
Qu'implique cette fameuse " hierarchie" honnie? la notation? elle est tellement encadrée qu'elle est symbolique et vit ces derniers instant, une réforme est prévue.
le pouvoir de rappeller à l'ordre le collègue qui arrive souvent en retard ? n'est-ce pas déjà le cas,? les collègues rappellant aussi à l'ordre le dirlo " laxiste" qui ferme les yeux....
 le statut hierarchique ne serait donc pas si problématique que cela. L'absence de statut et la création de coordinateurs le sera, ELLE!

VALMORI Patrick 13/11/2007 23:36

Ce que tu crains, Merlin, est tout à fait possible. Mais si tels sont les buts poursuivis par le ministère et s'il y parvient, alors on pourra n'en vouloir qu'à nous-mêmes. On doit affirmer avec plus de force notre volonté d'un statut. A nous de nous montrer crédibles. Ce n'est pas le cas, me semble-t-il, avec la position rigide de statut NON hiérarchique. On risque de passer pour des rigolos sans envergure. Que craignons-nous ? De qui avons-nous peur ? De la réaction de nos adjoints ? Nous en connaissons beaucoup qui tremblent de peur à l'idée d'avoir un supérieur hiérarchique ? Nous sommes tous des adultes responsables, que diable ! Pas des tyrans en puissance. Le seul risque : se heurter de front aux syndicats majoritaires. Mais c'est déjà le cas, non ? Tant que nous resterons le cul entre deux chaises, tant que nous serons timorés, nous n'obtiendrons rien. Finalement, l'entrevue du GDID au ministère aura le mérite d'ouvrir les yeux de beaucoup d'entre nous. Rien que pour ça, elle aura été utile.

merlin 13/11/2007 23:17

Le vrai danger n'est pas là: il est dans la création d'un coordinateur autre que les dirlos " traditionnels". Le MEN prendra des moyens pour ce nouveau poste sur ceux attribués aux dirlos " de base" et ceux-ci continueront de galérer au quotidien avec tous les em....de l'école mais avec moins de décharge et encore moins d'indemnités....et sous l'autorité hierarchique( elle!) d'un coordinateur de réseau.
  l'avenir n'est pas rose pour les dirlos; il est même fort probable que la majorité des syndicats se félicite de cet état de fait qui fera naître une grogne certaine , propice à susciter de nouvelles adhésions d'âmes en détresse! du pain béni( sic!) en ces périodes de désyndicalisation massive: ça ressemble assez à la politique de la terre brûlée mais la fin , pour certains, justifie probablement les moyens....

LM 13/11/2007 21:09

Comme tu le dis, Patrick : "en apparence".Peut-être est-ce dû, au départ, à une crainte des précurseurs dans la demande d'un statut de directeur (le sne, je crois) que les autres directeurs ne les suivent pas dans cette démarche.C'était une génération d'enseignants différente.Maintenant, le PE ont souvent déjà travaillé ailleurs, ils ont eu un chef, et ne sont pas plus affolés que ça qu'on en devienne un.Restent les plus anciens et l'arrière-garde politisée.Mais entre le statut non hiérarchique et les EPEP, peut-être y a-t-il quelque chose à proposer qui nous convienne.Mais il ne faut pas attendre, il faut agir.Merlin, il y a le sne, mais aussi le scenrac et "avenir et école", même si on n' entend parler de ces deux derniers que lors des élections professionnelles.Mais c'est sûr qu'il vaut mieux tous reporter nos voix sur un seul que s'éparpiller sur les trois.Et le sne est le plus implanté.

VALMORI Patrick 13/11/2007 08:56

Je l'ai déjà écrit sur ce site : entre ma direction d'une école à 12 classes avec les moyens tels qu'ils sont (notoirement très insuffisants) et une direction d'un EPEP même avec un statut hiérarchique, je n'hésite pas une seconde. Je suis preneur.
D'ailleurs, je me demande si on ne fait pas tout simplement fausse route avec cette volonté toujours réaffirmée de statut NON hiérarchique. C'est ce que semble dire le conseiller du ministre qui a reçu une délégation du GDID : "Mr David met l'accent sur la nécessité d'un positionnement autre, intégrant la supériorité hiérarchique envers nos collègues adjoints, allant vers un statut semblable à celui des chefs d'établissements du secondaire".
Je comprends la position du ministère. En haut lieu, on doit penser que nous voulons un statut de directeur tout en refusant d'en assumer les responsabilités. Faudrait peut-être réfléchir à cette contradiction qui nous place en porte-à-faux. A trop nous recroqueviller sur ce refus de hiérarchie, nous risquons de ne rien avoir du tout. Dans le secondaire, les principaux de collège et les proviseurs de lycée n'ont pas eu ces états d'âme. Et ça n'a pas traumatisé les profs, que je sache.
Les syndicats ne s'y trompent pas. Ils savent qu'un statut ne peut être que hiérarchique. D'où leur refus d'entrer dans cette revendication. Ils le feraient s'ils étaient certains qu'un statut NON hiérarchique est possible.
J'en viens réellement à  croire que nous faisons fausse route. Je dois probablement faire fausse route moi-même en prenant cette position si peu partagée par les collègues. Du moins, en apparence...

Fargnier J. 12/11/2007 23:10

Attention, chers collègues, on avance tout droit et à toute vitesse vers la mise en place des EPEP. Là, on l'aura LE statut ! mais à quel prix ! On ne sera plus maître chez nous même avec un statut hiérarchique. On deviendra le supérieur hiérarchique de nos adjoints et on sera le larbin des maires qui présideront le CA avec voix prépondérante puisque ce sont eux les financeurs. Tout cela sent la poudre. Et ça viendra plus vite qu'on ne le croit. Il sera trop tard pour réagir.

merlin 12/11/2007 22:58

LES syndicats qui nous soutiennent: le SNE je vois, mais ...les autres ?

LM 12/11/2007 21:12

Quel est l'intérêt de créer un syndicat supplémentaire ?Autant aider les syndicats qui nous soutiennent à être représentés dans chaque département et nationalement !

Pascale mat j. prévert 12/11/2007 16:12

De groupe de pression, il faut passer à l'étape supérieure : créer un syndicats de directeurs. Seul moyen de faire "pression" sur l'administration centrale et aussi et surtout, sur les syndicats favorables à ce que rien ne bouge.

J-Cl Berthier 12/11/2007 14:46

Sauf erreur de ma part, je crois que c'est la première fois que figure dans un rapport officiel remis au ministre le fait que directeurs et syndicats sont en opposition complète sur la direction d'école. Bien sûr, on peut penser que nos ministres successifs ont, un jour ou l'autre, pris connaissance des réactions des directeurs et des résultats donnés par l'Ifop. Mais cette fois, c'est écrit noir sur blanc par un organisme extérieur. On ne pourra pas dire que l'OCDE a subi une pression d'un lobby de directeurs... J'attends la réaction des syndicats à ce rapport.

F.Pillet_courrier_IA 12/11/2007 13:13

...Un groupe de pression souhaitant les représenter exclusivement...
C'est pas avec un groupe de pression qu'on lutte contre un gouvernement qui ne veut rien entendre ! C'est pas un groupe de pression qui peut s'improviser syndicat ! C'est dommage de voir la profession se diviser à cause de ça !

VALMORI Patrick 12/11/2007 11:07

Il n'y a plus que NOS syndicats pour ne pas prendre au sérieux les souhaits des directeurs. Un comble ! Même l'OCDE a entendu parler du sondage IFOP et l'a lu. Et nos dirigeants syndicaux, qu'attendent-ils pour en faire autant ?