Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 10:07

                                                                 

Vendredi 5 octobre, lors de l’inauguration d’un collège à Issy-les-Moulineaux, Nicolas Sarkozy a prononcé un important discours sur les réformes en cours et à venir dans l’Education nationale.

A plusieurs reprises, il a accordé un satisfecit à Xavier Darcos qui « fait un excellent travail », qui « a vraiment pris toute la dimension de sa responsabilité »…

Dans son allocution, le Président de la République a passé en revue de nombreux chantiers : « la scolarisation en milieu ordinaire de 10 000 enfants handicapés supplémentaires », « l’assouplissement de la carte scolaire » (« ce n’est pas pour choisir le meilleur établissement, comme je l’entends dire. Ça n’existe pas le meilleur établissement. Le meilleur établissement, c’est l’établissement où votre enfant est heureux… »), « l’instauration d’un accompagnement éducatif dans tous les collèges de l’éducation prioritaire »…

« J’ai demandé à Xavier Darcos de travailler à la réforme de l’école primaire parce que c’est à l’école primaire que se scelle une partie du destin de nos enfants. Moi, je ne peux pas accepter que 15 % des élèves entrent en 6e sans maîtriser les bases de la lecture et du calcul, parce que si on ne maîtrise pas les bases de la lecture et du calcul en sixième, on a aucune chance de rattraper son retard et nous devons nous imposer une exigence de résultats et avoir comme ambition au minimum de réduire par deux, de diviser par deux l’échec scolaire. Il va travailler également sur la restructuration du système des filières au lycée. Elles sont remises à plat et repensées.

Enfin, la refonte de l’offre éducative ne fera pas l’économie d’une réflexion sur les rythmes scolaires. La suppression du samedi matin à l’école primaire me semble une excellente mesure, qui permettra aux écoliers de souffler pendant deux journées pleines et de passer du temps avec leur famille. Et puis, comme je l’ai écrit dans ma lettre aux éducateurs, je vais m’engager personnellement sur la revalorisation du métier d’enseignant, parce qu’un pays qui ne mets pas ses éducateurs au centre de ses ambitions, qui ne leur accorde pas la reconnaissance due à leur rôle éminent, est un pays, je le dis sans ambages, qui sacrifie son avenir et qui subira.

En France, nous n’avons pas réfléchi à la nature des missions du professeur depuis près de 60 ans. Moi, je me suis amusé à regarder les programmes des campagnes électorales sous la IIIe République. C’est très intéressant. On débattait alors du programme scolaire. Qu’est-ce que veut dire le mot « éduquer » ? Qu’est-ce qu’on doit mettre dans le contenu des programmes ? Alors chacun avait son idée, mais c’était débattu. Maintenant on ne débat plus du programme, on ne débat plus du contenu, on débat du statut ! C’est important le statut ! Mais ce n’est pas tout, parce que le métier d’enseignant, c’est d’abord un métier qui repose sur la qualité professionnelle, le dévouement et l’engagement de femmes et d’hommes qui ont une expérience, qui ont une connaissance, qui ont une compétence, et c’est notre devoir de débattre de leur place dans la société, du rôle qui est le leur.  

Je veux que l’on travaille à une vraie redéfinition du métier d’enseignant, le premier Ministre vient à cette fin d’installer une commission de spécialistes, dirigée par le conseiller d’Etat Marcel Pochard, dont Michel Rocard est membre. A l’issue des travaux préparatoires de la commission, Xavier Darcos rédigera, un livre blanc qui définira les nouveaux contours du métier d’enseignant. Je veux que le professeur soit restauré dans sa dignité ; soit responsabilisé, que vos établissements aient une plus grande autonomie et que les enseignants ne soient pas jugés sur leur capacité à appliquer la dernière circulaire ministérielle mais sur les résultats qu’ils obtiennent. Avec les enfants qui leur sont confiés, parce que l’expérience cela compte et je ne suis pas persuadé qu’un enseignant qui a vingt ans d’expérience, cela soit une bonne chose que de lui interdire d’utiliser son expérience pour apprendre à lire, pour apprendre à écrire ou pour enseigner la matière qu’il a à enseigner. C’est cela, l’autonomie ». Faire confiance, c’est un peu de liberté aux uns et aux autres. Voilà ce que nous allons mettre en oeuvre".

                                                                           

 

 

Comme on le voit, le Président a distribué des bons points à son ministre de l’Education et a fait preuve de beaucoup d’autosatisfaction.

« C’est important, le statut ! Mais ce n’est pas tout. » Déclaration rassurante et inquiétante à la fois pour les 50 000 directeurs d’école qui sont en attente, eux, d’un statut. Certes, le statut, ce n’est peut-être « pas tout », mais pour les directeurs d’école, c’est la condition sine qua none d’une véritable reconnaissance de leur métier.

                                                                                                           Retour à la page d'accueil

Partager cet article

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des élus
commenter cet article

commentaires

merlin 11/10/2007 23:08

Le Snuipp est favorable à un Conseil des Maîtres décisionnaire et contre toute création d'un statut des directeurs, pourtant , il organise les " Etats généraux de la direction d'école"!
 Paradoxe seulement apparent: la direction d'école ce n'est pas " les directeurs" pour ce syndicat....mais il le laisse un peu croire....hé oui les élections professionnelles approchent et un peu d'attrape-mouche est nécessaire car le nombre de syndiqués est en chute libre!
     Cela répond peut-être un tout petit peu à ta question, maintenant ce n'est que ma modeste analyse!

Marie-Christine 11/10/2007 17:00

C’est la première fois que je laisse un commentaire sur un site et je ne sais pas si je réussirai cette « entreprise » qui va au-delà de mes compétences en informatique…
 

Je suis novice dans la direction (2ème année). Comme j’étais la plus ancienne dans l’école (22 ans d’ancienneté), mon IEN n’a pas trouvé mieux que de me proposer le poste resté vacant après le départ de notre directrice. N’ayant pas osé dire non, je le reconnais, et un peu tentée de vivre autre chose que mon travail habituel d’institutrice de CP, j’ai accepté ce poste. Je bénéficie d’1/4 de décharge par un PE2 dont je suis très satisfaite.
 

Si je me permets de m’immiscer dans vos débats, c’est parce qu’une réflexion m’est venue à l’esprit en vous lisant.
 

Dans le commentaire 6, Gaël évoque les « Etats généraux de la recherche » suite à un long conflit avec les directeurs de laboratoire du CNRS, je crois. Ces Etats généraux ont été organisés, dit-il, par le gouvernement. Alors que chez nous, c’est un syndicat qui les organise. Et ça change tout. Surtout si l’on ajoute que ce syndicat est très ouvertement hostile à une véritable reconnaissance des directeurs d’école par un statut approprié.
 

Pourquoi ce syndicat organise-t-il ces Etats généraux ? Quels sont ses objectifs avoués et inavoués ? Prendra-t-il la peine de convier tous les directeurs, syndiqués ou non ? Que veut-il prouver ? Je ne peux que me poser toutes ces questions. Et je dois dire que je reste perplexe et sans réponses.
 

Cedric58 10/10/2007 23:05

Merlin, on ne va pas refaire l'histoire du syndicalisme en France et dans le monde. Ni même nous interroger sur ce que le syndicalisme enseignant a pu apporter à l'ensemble des usagers de l'Education nationale.
Le problème que tu soulèves, c'est celui du procès qu'on a longtemps fait aux syndicats, surtout français, d'ailleurs : tomber dans le corporatisme en "oubliant" trop souvent l'intérêt général.
Si on suit ton raisonnement, on trouvera toujours un corps de salariés mécontent de son syndicat. Et c'est vrai dans toutes les centrales syndicales.

merlin 10/10/2007 19:21

Si je te lis bien Cedric, nous devons donc en conclure que les dirlos et dirlettes de France ne sont pas assimilés au statut de travailleur.... parceque côté défense de leurs conditions de travail et reconnaissance de leur mission à haute responsabilité ( je ne te ferai pas l'affront d'égrener nos multiples missions) on est toujours dans l'attente de notre défense!

Cedric58 10/10/2007 18:55

On peut envisager plusieurs formes de lutte comme tu le dis Gaël (grève du zèle, grève administrative, grève générale, pétition, manifestation...). Mais de toutes façons, ça passe inévitablement par les syndicats. C'est leur rôle. C'est la raison même de leur existence : la défense des travailleurs.

Gaël 10/10/2007 14:14

En 2004, les directeurs de labos de recherche avaient signifié leur démission collective. Il faut savoir que celle-ci n'a pas été acceptée par leur autorité de tutelle. Ils ont cependant cessé de signer certains actes qui ont perturbé le fonctionnement des labos. Pour eux, c'était une manière de se faire entendre sans prendre de grands risques. Pourquoi ? Parce qu'ils ont un statut de directeur de recherche qui fait qu'en cas de démission, il n'est pas possible de les remplacer par un faisant fonction, voire d'imposer quelqu'un à leur poste. Suite à ce mouvement, le gouvernement a organisé "des Etats Généraux de la recherche"...
Si une certaine ressemblance avec notre mouvement semble se dessiner, elle n'est que virtuelle.
Comme le dit Merlin, une démission collective des directeurs ne ferait que conduire l'administration à mettre en place des "faisant fonction". Comme nous n'avons pas de statut, notre poste serait vite comblé. Le seul aspect positif qu'on en tirerait : le caractère médiatique. Mais on sait que ça s'estompe vite. Il suffit d'une nouvelle actualité brûlante pour chasser la précédente. Les médias ont besoin de renouvellement permanent. Les pauvres dirlos que nous sommes seraient bien vite oubliés.
Notre lutte passe par d'autres formes que la démission collective. D'ailleurs, combien seraient prêts à risquer leur poste ?

merlin 10/10/2007 11:27

Que veux-tu dire ? une démission collective? Notre absence de statut fait que nous serions remplacés par des " faisant fonction".
Les écoles seraient désorganisées ? Certes mais ça tout le monde s'en fout en haut lieu, seuls les adjoints et les IEN trinqueraient.
Ce qui est dommage, c'est que les syndicats se soucient beaucoup du sort des Rased, de l'absence de statut des CP et psy , mais qu'ils sont opposés ( pas tous!) à la moindre reconnaissance statutaire des dirlos au mépris d'ailleurs de la réalité du terrain.
  Alors, il y a les associations de directeurs, les élections professionnelles qui permettent de faire entendre sa voix et son mécontentement. Il est préférable de lutter en restant un c.... de dirlo que de jetter l'éponge dans l'indifférence générale!

LM 08/10/2007 22:18

Deux petites réflexions inspirées par les déclarations ministérielles et les commentaires précédents :- Il y a quand même des syndicats enseignants qui ne reçoivent pas de subventions et vivent réellement des cotisations de leurs syndiqués .- Entendu d'un collègue remplaçant lors d'une discussion sur les difficultés des TR comparativement à celles des directeurs :"S'il y a des collègues encore assez XXX pour rester directeurs dans ces conditions ! ..."Quelque part, il n'a pas tout à fait tort ... Ne serait-ce pas un moyen de pression ?

VALMORI Patrick 08/10/2007 21:44

Et nos "chers" syndicats, ils en disent quoi de la revalorisation du métier ? Ils sont bien silencieux...
Faut dire qu'ils doivent raser les murs en ce moment avec la bombe de la "caisse noire" du Medef qui pourrait, paraît-il, servir de pompe à finances...
"Des milliers de salariés gracieusement mis au service des syndicats par des entreprises publiques ou des administrations. En termes voilés, cela donne l'analyse suivante des inspecteurs de l'Igas:

"Il est pourtant de notoriété publique que de très nombreux permanents syndicaux sont mis à disposition par l'Etat, les organismes de Sécurité sociale et des entreprises privées ou publiques sans aucune base juridique. Cette situation met en péril non seulement les employeurs, qui financent des emplois fictifs, mais aussi les représentants syndicaux eux-mêmes, alors que leur dévouement à l'activité syndicale est généralement incontestable. Dans ces conditions, la mission de l'Igas souhaite attirer l'attention du ministre sur la nécessité impérieuse d'adapter le cadre juridique très rapidement afin de légaliser ces situations puis, à moyen terme, de réfléchir à l'opportunité de diminuer voire supprimer cette pratique."

Le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie est alors Nicolas Sarkozy. Mais trop tard: il quitte ses fonctions le 29 novembre 2004. Et lui non plus ne fait rien pour arranger la situation.
D'après les éléments rassemblés l'an dernier par le conseiller d'Etat Raphaël Hadas Lebel, les syndicats ont des budgets très variables. En extrapolant, la revue Société civile parvient aux évaluations suivantes:
CGT: 220,6 millions d’euros de budget dont 145 millions hors cotisations.CFDT: 138 millions d’euros de budget annuel dont 69 millions hors cotisations.FO: 61 millions d’euros de budget annuel dont 26 millions hors cotisations.CFTC: 60 millions d’euros de budget annuel dont 48 millions hors cotisations"
Que des mauvais esprits qui font courir ces rumeurs...
 

Christophe_école 08/10/2007 15:32

Si on peut espérer un petit quelque chose (pourquoi pas un statut...), ça ne pourra venir que de la commission de revalorisation du métier d'enseignant. L'espoir est mince mais ce qui me pousse à y croire, c'est 2 éléments :
1- Il y a Michel Rocard. Il doit connaître nos difficultés, nos problèmes, nos demandes. J'ai vu que Hollande avait écrit pour réclamer un statut.
2- Il y a Christian Forestier qui est membre du HCE. Il a donc pris fait et cause pour les conclusions du rapport du HCE qui demandait de ne plus éluder le problème des directeurs.
Alors, si on ne voit poindre aucune proposition de cette commission, c'en sera fini de nous pour je ne sais combien d'années. J'imagine mal, en cas de non proposition d'un statut pour les directeurs, notre ministre prendre cette initiative à  son compte. Surtout qu'en 2008, on aura les élections professionnelles et que le gouvernement ne voudra pas heurter les syndicats.

VALMORI Patrick 08/10/2007 11:20

« C’est important, le statut ! Mais ce n’est pas tout. » Déclaration rassurante et inquiétante...
Pour moi, c'est carrément le signe que nous n'avons rien à attendre de cette redéfinition des métiers. C'est une façon de nous préparer à une mauvaise nouvelle. Nous serons, une fois de plus, les éternels oubliés du système.
Si on n'obtient pas un statut, une vraie revalorisation financière et de véritables moyens matériels notamment en décharge, je me vois mal continuer à me foutre la santé en l'air pour ce boulot.