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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 10:18

             

«Travailler plus pour gagner plus», c’était le slogan le plus porteur de Nicolas Sarkozy. C’est devenu le nouvel adage de la politique économique. Quelle est la validité de cette théorie ?

Il semble facile à admettre que si quelqu'un travaille plus, il puisse gagner effectivement plus. Ce n'est pas la situation la plus fréquente. Cette proposition, pour le moins, comporte de fortes restrictions.

Par définition, la cible de la mesure est les salariés ou fonctionnaires qui effectuent des heures supplémentaires (c’est-à-dire des heures effectuées au delà de la durée légale qui reste fixée à 35 heures hebdomadaires ou 1607 heures par an).

Seraient donc exclus : 
    > les chômeurs, ça va sans dire
    > les salariés pour lesquels il n’y a pas de décompte horaire du travail et notamment les nombreux cadres ou les salariés ayant été considérés comme tels dans les accords de branche ou d’entreprise. Pour ces salariés bénéficiant de forfaits jours par an, la durée du travail se compte en jours travaillés et non en heures travaillées. Par exemple, un cadre ayant un contrat avec un forfait à 215 jours ne déclare pas d’heures supplémentaires (même si de fait, il travaille beaucoup plus que 8 heures par jour dans son entreprise). 
   > les travailleurs indépendants (chefs de petites entreprises par exemple qui se paient sur les bénéfices réalisés et n’ont pas de décompte horaire du travail) 
   > bien sûr les professions libérales.

Les directeurs font partie de cette catégorie de salariés exclus du dispositif des heures supplémentaires ou des récupérations (RTT).

Travailler plus…

Les directeurs d’école n'ont pas attendu cette belle maxime pour s'y mettre... au boulot. Ou plutôt, leur administration n’a pas attendu pour leur en donner du travail supplémentaire… non rémunéré. On peut considérer que la charge de travail de ces « responsables d’école » n’a cessé d’augmenter ces 20 dernières années.

Longtemps, les directeurs ont courbé l’échine, accepté sans sourciller les tâches qui, au fil des ministres, se sont accumulées. Longtemps, ils ont endossé les responsabilités de plus en plus lourdes qui leur ont été imposées au gré d’événements, de réformes, d’accidents parfois, … toujours  suivis de nouvelles réglementations.

Puis, un jour, la lassitude, le ras-le-bol… S’en suit une longue, très longue grève administrative de plusieurs années. Mollement soutenu pas les syndicats, ce mouvement sans précédent fait long feu. Néanmoins, sa durée exceptionnelle attire l’attention de quelques élus. Notamment celle du député Guy Tessier qui dépose le 19 janvier 2000 à l'Assemblée nationale une PROPOSITION DE LOI d'orientation relative au statut, à la formation et à la protection juridique des enseignants exerçant des fonctions de directeur d'école.

« …Les enseignants qui assument ces responsabilités sont les premiers interlocuteurs des parents d'élèves, des élus locaux et de nombreux intervenants sociaux ou organismes divers...
…L'ouverture de l'école sur le monde extérieur et, par exemple, l'organisation de sorties et de séjours de classes à la montagne, à la campagne ou à la mer exigent d'eux une grande disponibilité qui dépasse fréquemment le temps scolaire stricto sensu... 
…Au regard des perspectives de carrière et des traitements auxquels ils peuvent prétendre, les tâches se sont considérablement alourdies au fil des années... 
…Le ministre exige toujours plus des directeurs d'école, en leur demandant d'être des gestionnaires, de favoriser l'innovation pédagogique et de remplir une mission de médiation sociale pour laquelle ils n'ont pas reçu de formation adaptée et qu'ils exercent, le plus souvent, en dehors de tout cadre réglementaire précis… ».

Proposition de loi rejetée par le gouvernement de l'époque. Nouvelles tâches supplémentaires… Poursuite du mouvement de grève… Signature du protocole par un seul syndicat contre l’avis quasi unanime de la profession… Consultation IFOP – GDID qui met en évidence la fracture entre syndicats et directeurs puisque ces derniers infligent un terrible camouflet aux dirigeants syndicaux en affirmant, très nombreux, à 93 % leur désir d’être reconnus par un véritable statut toujours refusé par les organisations syndicales.

Bref, « travailler plus… », les directeurs connaissent. D'ailleurs, ils n’en peuvent plus de toujours « travailler plus… ». Ils aimeraient bien, maintenant, passer à la seconde partie du slogan « …pour gagner plus ».
Et cela passe, ils le savent, ils le disent, cela passe par un statut.

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

J-Cl Berthier 28/09/2007 10:26

Je confirme, Stephan. On a longtemps joué volontairement ou involontairement les recruteurs des syndicats surtout au temps du SNI. Et on le faisait aussi pour la MAIF, la MGEN...
Les temps ont bien changé. Il ne reste pratiquement plus de directeurs syndiqués et ceux qui le sont encore restent souvent très discrets. Comme s'ils avaient honte d'adhérer à une organisation qui joue contre son camp.
Alors faut-il s'étonner de constater que leurs effectifs ont fondu comme neige au soleil ? Et ça va continuer s'ils persistent à nous ignorer et à nous mettre des bâtons dans les roues. L'ont-ils compris ? Peut-être. Est-ce que ça les dérange ? pas sûr. Ils peuvent faire leur petite cuisine entre eux, sans opposition interne. Position plutôt confortable même si elle ne mène pas bien loin.

stéphan 28/09/2007 07:39

Mais il y a eu, dans un passé récent beaucoup de directeurs syndiqués! C'était d'ailleurs des agents recruteurs efficaces et respectés.

Il serait peut-être utile de se poser la question inverse.
Comment se fait-il que les français n'ont jamais été aussi nombreux à s'engager dans des associations (où ils militent avec ardeur et sincérité) et si peu à adhérer à un syndicat?

Henri 28/09/2007 07:04

@ Cédric58 !"Imagine qu'il y ait 3 fois plus de directeurs syndiqués, ils arriveraient à faire entendre leur voix."Tu fais partie de quelle troupe de comiques ?

Cedric58 27/09/2007 22:38

@ J-Cl Berthier
Faut pas trop taper sur les syndicats. On a les syndicats qu'on mérite. Si on était plus nombreux, on pourrait se faire entendre d'une manière beaucoup plus forte. Le phénomène est général : les gens pestent contre les syndicats (dans toutes les professions, c'est pareil), mais ne veulent pas donner de leur temps (je ne parle même pas de la cotisation) pour le faire vivre. Ils attendent que les syndicats leur apportent tout ce qu'ils veulent mais s'en aller eux-mêmes au charbon.
Imagine qu'il y ait 3 fois plus de directeurs syndiqués, ils arriveraient à faire entendre leur voix.

merlin 27/09/2007 22:04

Pour avoir connu l'époque encore récente où il n'y avait pas de blogs, de forums et où les seules infos sur la grève administrative et le dossier de la direction étaient distillées par le SE et le Snuipp pour ne citer qu'eux , je trouve l'actualité bouillonnante avec les réflexions des uns et des autres, les réactions sur les élucubrations syndicales arrivant à traiter de la direction sans nommer les directeurs et j'en passe.
  Certes pas plus de sous ni de temps pour l'instant, mais au moins l'isolement dans lequel nous étions rompu et la possibilité en nous regroupant de ...........transformer l'essai!!!

Alain de Temmerman 27/09/2007 21:51

"ça bouge quand même depuis 2 ans". Je te trouve bien optimiste.
Ce qui m'intéresse, vois-tu, c'est la reconnaissance sonnante et trébuchante. De ce côté-là, je ne vois rien bouger. Ah, si... les 2 fois 15 € !!! Belle revalorisation ! C'est ça le "gagner plus" ? 
Ce qu'il me faut aussi, c'est du temps. Pour mieux faire mon boulot d'enseignant et de directeur. J'ai beau m'organiser, rien à faire ! J'ai l'impression de tout bâcler !
Du temps et de l'argent, c'est ce qu'attendent les collègues !

merlin 27/09/2007 18:29

Bonne analyse Jcl Berthier, sauf la conclusion: ça bouge quand même depuis 2 ans: sondage Ifop, syndicat en faveur du statut hierarchique ( SNE) , association en faveur du statut NH ( Gdid), les tenants de l'immobilisme ou du CDMD sont de plus en plus sur la défensive.
    Chacun doit alors rejoindre le syndicat ou l'association le ou la plus proche de ses idées et ...on fonce!! c'est l'année des élections professionnelles ne l'oublions pas non plus.

J-Cl Berthier 27/09/2007 14:53

Faut pas se bercer d'illusions, c'est pas demain qu'on l'aura le statut. Tous les prétextes sont bons : Fillon et la France en situation de faillite, Sarko et le cadeau fiscal... Avant l'heure, c'est pas l'heure et après l'heure, c'est plus l'heure.
Pourquoi, on l'a pas encore eu et pourquoi on l'aura pas de sitôt ? tout simplement parce tout le monde s'en fout de nos conditions de travail ! Et à commencer par ceux qui devraient nous défendre. Comment voulez-vous qu'un ministre nous écoute si nos représentants disent le contraire de ce que l'on demande ! Y a-t-il une autre profession où des syndicats vont s'opposer avec un tel culot à leurs ouailles ? Et nous, comme des pauvres c... on se laisse faire !

mas-de-roman-mat - Nimes 27/09/2007 10:06

mais non pas vraiment... en fait c'est quasi l'inverse, nous le savons. Personnellement aprés 17 années déjà de direction, j'en ai ma claque. le travail en ville surtout est devenu jobard - je vois pas d'autre mot. Un petit exil rural,peut-être serait plus doux. Directeur t'as la tête qui tourne dans tous les sens et des sollicitations ( toujours gratuites) permanentes. Allelujah! T'en connais toi des braves gens comme les directeurs? Qu'on les protége donc! Ah bon, c'est pas le cas ???? WWAFFFF! et alors super les CAV à demi dans les vappes qu'on nous a si généreusement attribués comme aides trés trés spéciales ! GE-NI-AL! Fallait y penser: des gars et des filles sans formation,à demi-largués etc...on remet en selle , donc ? En plus Directeur,maintenant, t'es une sorte d'Abbé Pierre, finalement. Tu fais aussi tes bonnes oeuvres, tu soutiens ton prochain , tu le sors du ruisseau....BAsta.

stéphan 27/09/2007 09:06

Oui, t'as raison, c'est parce que l'on se plaint sur un blog que l'on a une mauvaise image!

Pourtant, personnellment, côté "image" ça va. Élèves, Parents, élus, collègues... Tous sont à peu près conscients de mon rôle et de l'amplitude horaire qui m'est nécessaire pour l'assumer.

C'est collectivement que ça craint...

Donc adresse tes conseils à ceux qui ont en charge notre "collectif".

Merci.

Ecole Condorcet Roubaix 27/09/2007 08:15

Bonjour
 
Arrêtons de se plaindre. Bientôt la semaine à quatre jours. En vacances deux semaines toutes les sept semaines. Du 10 juillet au 25 août en vacances. J'en ai assez de cette image négative que nous offrons en partie nous même à l'opinion publique.
Je sais nous ne sommes plus dans une société de travail valorisé. Mais enfin, positivons. Je suis Directeur depuis plus de 13 ans à Roubaix, en REP

Christophe_école 26/09/2007 22:30

Je relisais un commentaire récent de Froment qui disait que la France était sans le sou... Tout dépend pour qui et à cause de quoi.
Lu ce jour dans Libé :
Edifiant: 2398 contribuables, parmi les plus aisés, ont touché chacun 50.000 euros en moyenne grâce au bouclier fiscal. C’est ce qu’on appelle un télescopage. Alors que le budget présenté aujourd’hui par Christine Lagarde et Eric Woerth serre la vis, notamment sur le nombre de suppression de postes de fonctionnaires, un document, que Libération s’est procuré, donne les premiers résultats du bouclier fiscal. Ce dispositif plafonne à 60%, puis à 50% des revenus d’un contribuable le montant de ses impots, commence à fonctionner. Depuis le premier janvier, les contribuables les plus aisés peuvent demander aux services fiscaux une restitution, c’est à dire un chèque de remboursement de trop-perçu de leurs impôts. Et les premiers résultats, sont assez édifiants: 2398 contribuables ont bénéficié de cette restitution. 2398 contribuables qui se partagent 121 107 041 euros. Soit en moyenne, un chèque de 50 000 euros par personne. Les dossiers viennent majoritairement de contribuables parisiens, puis de la région PACA, du Languedoc Roussillon et du Nord pas de Calais. A l’époque de la création du premier bouclier à 60%, le gouvernement ciblait une grande partie des 335 000 contribuables assujettis à l’ISF (Impôt sur la fortune.) La gauche avait dénoncé cette saignée pour les finances publiques, expliquant que le dispositif n’était finalement qu’un cadeau de plus aux plus aisés. Affirmation validée par les premiers chiffres.

Ce cadeau fiscal n'aurait-il pas été plus utile pour d'autres ? N'aurait-il pas permis de supprimer moins de postes, voire de créer quelques décharges de directeurs ?