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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 22:27

Finalement révélé jeudi 23 août par des "fuites", le rapport du Haut conseil de l'éducation (HCE) consacré à l'école primaire est conforme à ce qu'en décrivaient certains de ses auteurs et destinataires : il critique les performances insuffisantes de ce maillon de la scolarité, qui englobe l'école maternelle (ou "pré-élémentaire") et l'école élémentaire. Le HCE s'exprime sans langue de bois mais sans agressivité. "Notre école primaire, peut-on lire dès l'introduction, se porte moins bien que l'opinion publique ne l'a cru longtemps. En particulier, elle ne parvient pas, malgré la conscience professionnelle de son corps enseignant, à réduire des difficultés pourtant repérées très tôt chez certains élèves et qui s'aggraveront tout au long de leur parcours scolaire".

Le rapport constate que chaque année "quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, entrent au CM2 avec de graves lacunes", que "près de 200 000 d'entre eux ont des acquis insuffisants en lecture, écriture et calcul", dont "plus de 100 000qui "n'ont pas les compétences de base dans ces domaines". Ces estimations sont par la suite reprises en pourcentages, le HCE opérant une distinction entre 60 % des élèves qui "ont des résultats acceptables ou satisfaisants", 25 % qui "ont des acquis fragiles" et 15 % qui "connaissent des difficultés sévères ou très sévères". L'école semble "s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances" et "se révèle globalement incapable de mettre en place un soutien et un rattrapage efficaces". Il est "urgent d'agir", commentent les auteurs du rapport, soulignant qu'avec la prolongation de la durée de la scolarité obligatoire et l'instauration du collège unique, "la finalité de l'école a changé".

Le problème clé est que "les chances d'accomplir une scolarité sans heurts et conduisant à une qualification réelle sont très fortement liées au niveau initial des compétences au cours préparatoire". Non seulement "le niveau à l'entrée au CP pèse très fortement sur les chances d'un cursus scolaire régulier", mais au lieu de se résorber "les difficultés identifiées dès le début de la scolarité, s'aggravent avec le temps". "Ainsi, les élèves qui sont en difficulté dès leur entrée au CP le sont toujours, dans leur quasi-totalité, par la suite". A mauvais départ, mauvaise arrivée : le HCE ajoute que "le problème s'amplifie tout au long du parcours scolaire", conduisant aussi à l'échec au collège.

Le redoublement est-il un bon moyen de résoudre ces difficultés ? Pour le HCE, la réponse est négative. Citant "deux enquêtes effectuées à plus de vingt ans d'intervalle", le rapport juge le redoublement précoce "inefficace" car les écarts de performance sont "spectaculaires" entre ceux qui redoublent le CP et les "promus de justesse" en CE1 : parfois du simple au double en faveur des seconds. De plus, "l'inefficacité du redoublement  se prolonge" plus loin dans la scolarité.

Abordant l'organisation de l'école primaire en "cycles" (cycle des apprentissages premiers  : école maternelle ; cycle des apprentissages fondamentaux  : grande section de maternelle, CP et CE1 ; cycle des appronfondissements  : CE2, CM1 et CM2), le rapport déplore qu'elle n'ait jamais été vraiment mise en œuvre. Elle "reste en général un trompe-l'œil, et les familles, dans leur grande majorité, n'ont pas conscience de son existence". Le rapport souligne que "la mise en œuvre du socle commun, si l'on veut qu'elle soit effective, exige que l'école primaire donne un véritable contenu aux cycles" et insiste sur la nécessité d'une meilleure utilisation par les enseignants des évaluations des acquis des élèves.

Concernant l'école maternelle, le HCE estime qu'"elle ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir l'école élémentaire", alors que depuis 1994 "presque tous les enfants sont scolarisés en petite section dès l'âge de trois ans". "La question de la responsabilité de l'école maternelle dans l'échec scolaire à long terme ne peut être éludée", dit le texte. "L'école maternelle est une véritable école", affirme le HCE, dont les programmes visent "certaines acquisitions cognitives" (principalement le langage oral) ainsi que "l'initiation aux règles de la vie commune ". Bien que les particularités de l'école maternelle soient affirmées dans les programmes, dans la réalité ses méthodes d'apprentissage et d'évaluation "s'alignent très souvent sur celles de l'école primaire", déplore le HCE regrettant aussi "la pression des familles pour que le petite école ressemble à la grande".

Enfin, le rapport relève une insuffisance générale en termes de "pilotage" du primaire  : il met en cause une mauvaise répartition des ressources humaines, une formation initiale et continue "inadaptée aux besoins" et une "direction d'école sans véritable statut".

Luc Cedelle (Le Monde)
 
Extraits :
 
L'organisation de l'école pénalise aujourd'hui son efficacité
 
Des écoles très dispersées
La France comptait 56 000 écoles maternelles et élémentaires à la rentrée de 2006 pour 62 000 dans les années 80. Ce réseau se caractérise par sa forte disparité et par son émiettement : 50% des écoles ont moins de 5 classes ; Il reste encore un peu plus de 7 000 écoles à classe unique, quasi exclusivement prises en charge par le service public d'éducation. <un peu moins de 3 000 écoles atteignent ou dépassent 11 classes : mons de 300 d'entre elles parviennent au seuil des 15 classes ou le dépassent. L'effectif moyen par école est d'un peu plus de 100 élèves ; il peut varier de 3 à 4 élèves pour une école à classe unique, à plus de 600 pour les plus grandes.
[...]
 
Une direction d'école sans véritable statut
La direction d'une école est assurée par un instituteur ou un professeur des écoles nommé par l'inspecteur d'académie. Le directeur peut, selon la taille de l'école, être partiellement ou totalement déchargé d'enseignement. L'institution lui confie des responsabilités croissantes, mais il reste pair parmi ses pairs, et l'on constate à chaque rentrée de nombreux refus d'exercer la responsabilité de directeur, les inspecteurs d'académie devant alors recourir à des réquisitions.
 
Les responsabilités de la direction d'école sont triples : administratives (veiller au respect de la réglementation, procéder à l'admission des élèves, définir le service de ss collègues et répartir les moyens d'enseignement...), pédagogiques (assurer la coordination entre les maîtres, réunir l'équipe éducative, veiller à la diffusion de l'information auprès des maîtres...), relationnelles (travailler avec la commune, les parents, les agents économiques, les associations et les autres services de l'Etat...).
 
Le titulaire de la fonction n'a pas l'autorité nécessaire pour assurer pleinement la direction de son école. Sur le plan pédagogique par exemple, le conseil d'école, qui définit et conduit le projet d'école, a un rôle souvent formel, faute de disposer des pouvoirs d'un conseil d'établissement ou d'administration.
 
Une grève administrative des directeurs, consécutive au débat sur leur statut, prive le système éducatif de statistiques pour l'école primaire depuis bientôt dix ans - le nombre exact des élèves du primaire n'est même pas connu - rendant son pilotage d'autant plus incertain. La durée et l'ampleur de ce mouvement constituent une anomalie sans équivalent dans la fonction publique.
 
Même s'il s'agit d'un sujet sensible, le débat sur la fonction de directeur d'école primaire, dotée de compétences explicites, ne devrait plus être éludé.
 

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Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
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Laurent 26/08/2007 20:30

Oui mais, Catherine, si on en est là aujourd'hui dans le secondaire, ne serait-ce pas parce qu'on ne s'est pas assez occupé du primaire auparavant ?Et puis, question grèves et investissement revendicatif, il me semble, sans penser trop me tromper, que les collègues du primaires se sont plus souvent battus aux côtés de ceux du secondaire que l'inverse !Donc permettez-nous, vu notre situation, de vous sembler un peu égoïstes, mais il y a urgence .Et les professeurs du secondaire, qui sont souvent nos parents d'élèves et connaissent bien la situation des directeurs du primaire, on attend avec impatience leur réaction à nos côtés .

Catherine 26/08/2007 09:40

En tant qu'ancien professeur de lycée, à la retraite depuis 4 ans mais passionné par les problèmes d'éducation, vous me permettrez chers collègues d'intervenir dans votre débat.
Vous avez raison de réclamer un statut. Toute structure a besoin d'être pilotée et le pilote doit être reconnu et pouvoir être responsable de ses moyens. Surtout dans le domaine éducatif.
Cependant, si votre cause est importante, elle ne représente qu'un des aspects de la crise que traverse le service public d'éducation qu'il ne faudrait pas regarder seulement par le petit bout de la lorgnette.
Je n'en prends qu'un exemple mais ô combien dramatique pour nos jeunes : la situation catastrophique de notre université !
Je vous invite à lire à ce sujet les textes de Jean Daumont sur son blog "convergences" rubrique éducation.
Je me permets de vous en livrer un article concernant la réussite au baccalauréat.
"Ainsi donc, comme les années précédentes, et vraisemblablement comme les années suivantes, on s'extasie devant un nouveau progrès de la réussite au Baccalauréat, qui atteint 83,3 % - toutes séries confondues - en 2007, soit 1,4 % de mieux qu'en 2006 et 3,3  % de mieux qu'en 2005... Décidément les "chers petits" -même si à cet âge ils sont déjà grands - deviennent de plus en plus intelligents. Du moins, on peut le croire...
   En fait, il faut apporter des "correctifs" sinon aux chiffres - qui "sont ce qu'ils sont" - du moins à leur interprétation :

   - D'abord, les élèves sont "inégalement intelligents" suivant les types de Baccalauréat : le "Bac.Général" atteint un sommet avec 87,8 % , soit 1,1 % de mieux qu'en 2006, ...et dans le détail, la série S (scientifique) est à 88,4 % , la série ES (économique) à 88,3 %, et la série LK (littéraire) "seulement" à 84;3 %... Le "bac.Technologique" grimpe à 79,5 % contre 77,2 % en 2006... et le "Bac.Professionnel" n'en est encore qu'à 77,9 % au lieu de 76;8 % ... Les résultats sont donc les meilleurs dans les séries jugées socialement les plus "gratifiantes"...

   - Ensuite, les élèves sont "inégalement doués" suivant les régions : l'Académie de Grenoble est en tête avec 91,8 % au Bac.Général, devançant ainsi l'Académie de Rennes qui est détrônée... Paris, Lyon, Aix-Marseille et Bordeaux sont seulement dans la moyenne de 87 %  ... et ne sont "à la träîne" que les DOM-TOM, la dernière place étant à la Guyane...D'ici à parler de ..."racisme" dans les commentaires, il n'y a peut-être pas loin...

   - Enfin, les élèves sont "inégalement productifs" dans le temps : En l'an 1966 (la préhistoire dans l'enseignement...), la réussite au Bac.Général n'avait été que d'environ 50 %... Il est vrai qu'en 1968, elle était montée à 80 % (déjà...) pour retomber ensuite à environ 65 % entre 1969 et 1984... Et puis alors elle n'a plus cessé de monter de 70 à 84 % de 1985 à 2000... Bizarre...Bizarre... Les jeunes d'autrefois n'étaient pourtant pas des "demeurés", et les psychologues patentés ne manquent pas de souligner que la répartition des jeunes suivant leur "Q.I." est restée globalement la même depuis un demi-siècle, même si on peut admettre une légère progression due à de meilleures conditions de santé physique et morale... Alors ?...

   Alors, il faut bien admettre qu'il y a d'autres raisons à la réussite croissante au Baccalauréat que les "aptitudes" des jeunes... Chacun a déjà pu noter la "pointe anormale" de succès en 1968... Et, à partir de 1984, on a lancé le fameux slogan "des  80 % d'élèves au niveau du Baccalauréat avant l'an 2000"... On y est... et on a même dépassé à la fois ...l'an 2000   ...et les 80 % de réussite au Baccalauréat... Ce n'est donc ni un hasard ni un miracle si on parvient à un tel résultat, et les Proviseurs et Professeurs de Lycée le savent bien, car il y a des "incitations" plus ou moins discrètes à "l'indulgence"... Dans les jurys, les notes et appréciations "extrêmes" sont parfois mal vues, au point qu'il est convenu de ne pas en tenir compte... Par ailleurs, la "médiatisation" des résultats et notamment des performances des Académies et des Lycées est telle que, de façon plus ou moins consciente, on se soucie de "garder son rang"...

   Quant aux élèves, que deviennent-ils ?... Normalement, ils devraient réussir sans problème dans l'enseignement supérieur puisque, contrairement à ce que pense l'opinion courante, le Baccalauréat n'est pas l'examen terminal de l'enseignement secondaire, mais l'examen certifiant l'aptitude à entrer dans l'Université... D'ailleurs, les jurys de Baccalauréat sont en principe présidés par un Professeur d'Université... Or, dès les 2 premières années d'Université, une proportion variant entre 30 et 50 % d'étudiants est éliminée ou abandonne sans diplôme... Avec les conséquences qui peuvent en résulter pour la difficulté à trouver un emploi,  ... alors qu'une formation spécifique au Lycée, en liaison avec les entreprises, leur aurait ouvert des portes en temps utile... Les responsables d'Université le savent bien, puisque certains se soucient de "rattraper" des étudiants, en organisant des niveaux d'adaptation...
 
    Dans ces conditions, il convient non pas de se réjouir mais de s'inquiéter des "progrès" constants de la réussite au Baccalauréat... Il est même franchement scandaleux de laisser croire à des jeunes et à leurs parents de condition dite "modeste"- compte tenu des sacrifices consentis - qu'ils vont s'élever grâce à ce succès "dans l'échelle sociale", alors qu'ils ont parfois été conduits dans une impasse par une orientation déficiente... Qui sait où l'écoeurement peut alors les mener ?..."
Bon courage pour votre cause et n'oubliez pas l'ensemble du problème.
AmicalementCatherine