Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 09:17

Dans nos colonnes, nous avons souvent dénoncé les contorsions du SNUipp pour éviter d'utiliser le mot "directeur". Tous les termes du dictionnaire des synonymes ont été employés : "collègue chargé de la direction", "la direction", les responsables des écoles"... Bref, tout y est passé.
A Paris, la section départementale du SNUipp utilise, quant à elle, le terme "directeur". Elle en définit même les responsabilités, son rôle et passe en revue les divers aspects du métier. Certes, le texte n'est pas nouveau puisqu'il émane du dernier congrès SNUipp 75 (juin 2005) mais ce sont, pour ce syndicat, les "Tables de la Loi" valant mandat jusqu'au prochain congrès.
Il nous a donc paru utile de publier ces textes de congrès car ils font apparaître la différence de discours entre la direction nationale du SNUipp et sa section départementale parisienne. La situation particulière à Paris contraint le SNUipp à être moins arrogant avec les directeurs sauf à se priver d'adhérents. Ceci explique sans doute cela...
 

 

Textes du congrès du SNUipp 75 (juin 2005)   -  Le rôle du directeur

 

1- Le directeur/directrice est avant tout un enseignant, et c'est bien comme cela

Même si, bien entendu, il assume un grand nombre de tâches administratives, il ne saurait être question de le remplacer par un personnel administratif ni même de l'assister de ce même personnel. Les aspects administratifs de cette fonction comporte tout le temps des aspects éducatifs sous-jacents. Ces tâches administratives ne peuvent être correctement effectuées que grâce à sa connaissance de la réalité des classes étant lui-même un enseignant. (On peut d'ailleurs s'interroger sur la disparition d'une AGS minimum pour postuler aux fonctions de directeur/directrice). Cette connaissance de toutes les facettes administratives, sociales et pédagogiques de la réalité lui permet d'effectuer ces tâches dans l'intérêt de l'école et de ses personnels, des élèves et de leur famille. Cette conception du rôle du directeur/directrice doit bien évidemment s'organiser dans le cadre des textes réglementaires qui confient aux directeur/directrices des responsabilités particulières et spécifiques.

2- Le directeur/directrice n'est pas un supérieur hiérarchique des enseignants, et c'est tant mieux
De plus en plus, le travail collectif de l'équipe est une nécessité. Le directeur/directrice est et doit rester pleinement partie prenante de cette équipe. Un statut hiérarchique créerait une fonction supplémentaire de " jugement " et de " rapport " sur le travail des adjoints, fonction incompatible avec l'égale et libre circulation de la parole et des idées au sein du Conseil des Maîtres. N'oublions pas que le travail d'équipe c'est essentiellement ce qui se passe entre les adultes (entre maîtres et/ou entre les différents personnels éducatifs) sans les élèves.

3- Le temps de décharge est un temps au service de l'école

Ce temps est et doit être du temps pour les équipes pédagogiques et éducatives, pour les élèves, pour les familles (Aide à la réalisation de projets pédagogiques, lien écoute des familles, liens entre tous les intervenants…). Autant de tâches qui exigent une personne qualifiée et disponible. Dans le cadre parisien tellement envié par tous nos collègues de France, les moyens en temps donnés par la Ville de Paris ne sont pas des cadeaux faits aux directeur/directrices ni du temps accordé pour remplir des tâches administratives communales supplémentaires à celles prévues par les textes. La décharge totale à partir de 5 classes et la demie décharge pour les autres écoles sont un plus pour tout le monde et notamment pour les enseignants et les élèves. Il est à noter que certaines écoles parisiennes ont plus d'élèves que des collèges alors qu'elles n'ont pas de personnel supplémentaire. Un accroissement des décharges dans ces écoles devrait être envisagé sous la forme d'une décharge de service pour un collègue de l'équipe.

4- Le Directeur/directrice - animateur - notamment pédagogique - de toute l'équipe

Cette formule doit s'entendre en premier lieu pour les enseignants de l'école. Il coordonne, fédère, facilite les actions pédagogiques menées par les enseignants. Les PVP en école élémentaire font bien évidemment partie intégrante de l'équipe enseignante. Si la spécificité parisienne des PVP est " un plus " pour les écoles élémentaires, les directeur/directrices doivent pouvoir les considérer comme des membres à part entière des équipes d'écoles, constitutifs des projets pédagogiques de classes et/ou d'école . Les ASEM en école maternelle, de par leur rôle et leur formation (CAP petite enfance), font elles aussi totalement partie intégrante de l'équipe éducative. Les animateurs périscolaires enfin, de par leur présence dans ces temps complémentaires du temps scolaire, sont à associer pleinement à l'équipe de l'école pour sa part éducative indispensable dans la vie cohérente et harmonieuse des élèves/enfants.
 
5- Le directeur/directrice est un acteur important du lien social

Une école est dans un quartier un lieu important pour les liens sociaux. Ces liens que les directeur/directrices assurent entre l'Ecole, les familles, les associations péri ou post scolaires, les instances municipales… sont très importants. C'est pourquoi les directeur/directrices qui le souhaitent doivent pouvoir être logés dans leur école. Ce rôle social est également assuré par les autres enseignants qui doivent aussi, pour ceux qui le souhaitent, être logés dans le quartier de leur école.

6- La formation initiale et continue des directeur/directrices doit être améliorée

La multiplicité des tâches et des partenaires des directeur/directrices nécessite une formation bien plus longue et bien plus complète que celle actuellement proposée. Cette formation devrait s'entendre comme une réelle mise à niveau permanente et pourrait même prendre la forme d'une formation en alternance. Elle devrait aussi prendre en compte les relations institutionnelles et obligatoires avec la Ville.
 
7- Le directeur/directrice n'est pas un enseignant supplétif

On le voit dans notre esprit, le directeur/directrice est un maillon essentiel de la vie des écoles. Il ne doit donc nullement être considéré comme enseignant supplétif par l'administration pour assurer le remplacement des enseignants absents, voire même des animateurs absents, non remplacés.

 

 

 

 

 

Suppression de 10 000 postes d'enseignants à la rentrée 2008

 

 

 

 

 

 

L'annonce par X. Darcos de la suppression de 10 000 postes d'enseignants à la rentrée 2008, auxquels il faudra ajouter 8 000 emplois sous contrats aidés, principalement dans le secondaire, suscite de vives réactions.

Le Snpden, qui regroupe la majorité des chefs d'établissement, estime que le préalable serait "avant toute annonce de cette ampleur, de définir ce que l’on attend de l’Ecole au XXIe siècle en répondant concrètement aux interrogations que l’ensemble de la population devrait se poser.  Quels moyens  mettre en oeuvre pour que chaque élève à la fin de la scolarité obligatoire au collège puisse acquérir le socle commun de connaissances et de compétences sans organiser un enseignement à plusieurs vitesses ?  Comment assurer la cohérence d’ensemble de la scolarité ?... Comment annoncer de multiples suppressions de postes sans avoir commencé le débat sur les missions des enseignants ? " interroge P. Guittet. Le Snuipp estime inacceptable la suppression de postes alors que le nombre d'élèves augmente.

La Fcpe demande "comment le gouvernement peut-il, comme il l’a annoncé, lutter contre l’échec scolaire, améliorer la scolarisation des enfants handicapés, organiser les études dirigées le soir, tout en supprimant cette année encore plusieurs milliers de postes ?"

 

 


Xavier Darcos : "Il faut rétablir l'Éducation nationale"

(entretien publié par Le Figaro Magazine le 29/06/2007)

 

«Qu'est-ce qui faisait autorité à l'école ? D'abord un consensus social. Jusqu'au dernier tiers du siècle dernier, dans la famille paysanne comme dans la famille bourgeoise, le père et le fils respectaient une même vision du savoir scolaire. Et les parents donnaient toujours raison au maître dont personne ne contestait le droit à exercer une autorité même contraignante. Ensuite, c'est le savoir lui-même qui faisait autorité parce qu'il représentait une garantie de progression, de carrière, d'insertion. C'est le savoir scolaire qui a permis la progression sociale de la première génération de fils de paysans éduqués, puis celle des enfants d'instituteurs qui sont devenus plus tard énarques, polytechniciens ou normaliens. Enfin, la cohérence du savoir ne se discutait pas. La culture comportait une cohérence interne, au fond sans rivale. Aujourd'hui, ces trois données fondatrices ont volé en éclats : le consensus a été mis à mal ; la garantie d'intégration liée au savoir n'est plus assurée ; la cohérence du savoir est concurrencée par les technologies de la communication. Cette dispersion a affaibli l'institution scolaire. Que faire alors ? Il est difficile de répondre par une solution simpliste. Il faut avant tout repersuader les jeunes et l'institution de l'autorité du savoir, constitutif de liberté. Après les événements de 68, on a considéré la liberté comme un point de départ, une éclosion en rapport avec l'enfance qui devaient être sauvegardés. Je ne suis pas d'accord avec cette illusion. La liberté est l'aboutissement d'un long parcours d'acquisitions et de contrainte. Je crois à l'école de la verticalité, à l'école de la transmission. Car communiquer, ce n'est pas transmettre. Il faut aussi reséparer la sphère politique de la sphère privée, dont l'école fait partie. L'irruption perpétuelle des grèves, du militantisme, des débats sociaux dans l'enceinte de l'école ne sont pas de nature à favoriser la relation maître-élève. L'école devient une sorte de forum agité par trop d'activisme et pas assez de citoyenneté authentique. Voilà pourquoi il faut rétablir l'éducation civique. C'est-à-dire enseigner ce que sont les institutions mais surtout inculquer le respect d'autrui. J'ai l'impression que l'on assiste à une petite dérive citoyenne depuis que l'on a mondialisé les débats. On promeut à juste titre dans les écoles un amour de l'humanité, on y aborde des questions comme celle des enfants soldats ou du sous-développement, ce qui est très bien, mais on finit par ignorer son voisin immédiat. Il y a une forme d'altruisme à distance et de misanthropie de proximité. Mais, sur ce sujet comme sur d'autres, l'école n'est que le reflet de ce qui se passe ailleurs. Un creuset. Alors que la famille vole en éclats, que la police se fait caillasser, que les juridictions sont discutées, on demande à l'école de faire autorité entre 8 h30 et 16 heures. On nous demande de vider la cuvette alors qu'il faudrait d'abord fermer le robinet !» Propos recueillis par K. C.

 

Retour à la page d'accueil

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
commenter cet article

commentaires

vous_êtes_qui 02/07/2007 23:49

Vous êtes qui ?

Liebert F. 02/07/2007 10:48

Grandes incantations que tout cela, Monsieur Darcos...
Et les directeurs ? Y pensez-vous ? Vous avaiez promis de redéfinir les métiers des enseignants. Pour nous, ça peut aller très vite : il suffit de reprendre les rapports entassés dans les armoires du ministère (Desco, Mgen, propositions de loi des députés...). Tout va dans le même sens : création d'un statut de directeur.

Béatrice 02/07/2007 09:44

Il est vrai qu'à Paris, les syndicats ont intérêt à faire profil bas. Qu'ils évitent de provoquer les directeurs parce qu'entre le statut particulier que leur confère la Ville et les atermoiements syndicaux, le choix des collègues sera vite fait...
Ce qui explique les propos des syndicats et notamment du SNUipp qui va dans le sens du poil...