Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 22:23

Notre article relatif au congrès du SE-Unsa au cours duquel "la liste conduite par Luc Bérille, secrétaire général sortant, a été réélue avec 98,59% des voix et 1,41% d'absention" a suscité beaucoup de réactions (commentaires et courriers). Nous avons donc décidé de revenir sur ce sujet qui semble passionner de nombreux collègues.

 

Le SE-Unsa a publié un supplément (n° 105) de 15 pages à sa revue "l'enseignant". Les deux dernières pages sont consacrées à des témoignages de participants au congrès. L'un d'eux est particulièrement intéressant. C'est celui du Secrétaire académique de la branche jeunes enseignants à Amiens :

"Ce qui m'a le plus impressionné, c'est l'aspect très démocratique des commissions, à travers les amendements et les votes.J'apprécie la disponibilité des uns et des autres, d'appartenir à un syndicat ouvert à la discussion. Je ne m'attendais pas à une telle démocratie !"

 

Nul doute que ce représentant du SE-Unsa est très sincère dans sa déclaration. Il prend pourtant soin de citer à deux reprises le terme "démocratie". Manifestement, il en a été très surpris. Comme si c'était presque anormal qu'un syndicat soit démocratique...

Page 13, un dessin nous montre un Jacques Chirac ébahi par le score de la liste de Luc Bérille et qui déclare : "Alors là, moi je dis... RESPECT !!" Il est vrai que notre président n'avait été élu qu'avec 82 % des voix en 2002... 

 

On trouve donc dans ce journal à la fois une grande fierté de ce score (que nous avions qualifié d'albanais) et une grande surprise de tant de démocratie.

 

Un tel résultat ne peut que laisser perplexe. Cette élection est une caricature de la démocratie. L'organisation d'élections ne vaut pas garantie de démocratie.

Jusqu'en 1989, les pays du bloc de l'Est se disaient démocraties populaires. La Chine se dit démocratique. Les Etats-Unis qui pratiquaient l'esclavage puis la ségrégation se considéraient comme des démocraties.

Comme nous l'indiquions dans notre précédent article, une démocratie a besoin d'une opposition forte pour être vivante.

 

Michel, directeur Parisien, nous reprochait notre article et nous a écrit : "... Il est malsain de jouer la division syndicale à l'heure où le syndicalisme se porte mal... Tous ensemble, disait-on autrefois ! La fraternité n'est pas qu'un concept. Elle est une valeur qui se démontre chaque jour surtout avec ceux qui sont différents de nous...".

N'oublions pas, Michel, que le SE-Unsa s'est mis à dos la quasi totalité des directeurs et l'ensemble des syndicats du premier degré lorsqu'il a décidé de signer, seul, le protocole en mai 2006.

N'oublions pas, Michel, que 93 % des directeurs se sont exprimés clairement en faveur d'un statut dans la consultation Ifop organisée par le GDID en septembre dernier.

La fraternité, certes, mais pas à sens unique. La fraternité suppose d'abord le respect. Or, l'attitude du SE-Unsa envers les collègues directeurs est pour le moins irrespectueuse pour ne pas dire injurieuse.

 

Un autre collègue a laissé le commentaire suivant : "...Attention, après l'antiparlementarisme, l'antisyndicalisme fait le lit de l'extrêmisme que ni vous ni moi ne souhaitons voir arriver. On peut avoir des idées différentes sur la direction, sur la signature du protocole..."

Il est sain, dans une démocratie, de dénoncer les incohérences ou les dysfonctionnements des assemblées, du gouvernement ou des syndicats. Et, ce n'est pas faire preuve d'antisyndicalisme que de contester les représentants syndicaux et leurs orientations néfastes à notre profession.

Il est tout de même extraordinaire que dans le supplément de 16 pages consacré au congrès de La Rochelle, ne figure aucun paragraphe relatif au problème des directeurs. Ce fut pourtant l'un des points importants de cette année scolaire : signature du protocole, réunions de travail au ministère sur les EPEP et le statut d'emploi, retenues sur salaire... Que sont devenus les directeurs d'école, adhérents du SE-Unsa, qui avaient crié au scandale lors de la signature du protocole par leur syndicat ? Ont-ils préféré le quitter sachant qu'ils ne pourraient le réformer de l'intérieur ni, peut-être même, s'y faire entendre ? Ceux qui sont restés ont-ils changé d'opinion ? Ont-ils été convaincus par l'équipe dirigeante ? On n'ose imaginer qu'ils aient été hypnotisés lors du vote du congrès...

Page 10, dans le paragraphe concernant la demande d'une négociation, on trouve en tout et pour tout l'expression suivante : "les revendications pour la direction d'école... ont été au coeur des débats".

Encore faut-il savoir de quelles revendications exprimées il s'agit : celles du SE-Unsa, nous les connaissons ; elles ne nous satisfont pas. Celles des directeurs, elles sont connues, elles ont été confirmées lors de la consultation Ifop. Le SE-Unsa continue de les ignorer superbement, faisant fi de toute fraternité et de démocratie.

 

Comment ne pas penser à ce joli mot de Woody Allen, repris par Michel Audiard : "La dictature c'est "ferme ta gueule !", la démocratie c'est "cause toujours !" ?

Cette conception de la démocratie serait-elle celle du SE-Unsa ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
commenter cet article

commentaires

georges 18/04/2007 18:12

Bonjour Gérard !Je te cite : "On ne peut pas comparer un directeur et un chef d'établissement du secondaire. Nos établissements n'ont rien de comparable. Nos responsabilités non plus. Les écoles sont de petites entités disparates disséminées sur l'ensemble du territoire."Directeur d'une école urbaine de 12 classes comptant environ 270 élèves, je souhaiterais que tu m'expliques en quoi :- mon établissement n'a rien  de comparable avec un collège ;- en quoi mes responsabilités ne sont pas les mêmes (je "gère" l'ensemble de ces élèves + les familles + près de 24 intervenants qui sont sous ma responsabilité + tous les partenaires du monde éducatif, socio-médical, et j'en passe qui gravite autour) ;- en quoi mon école est une "petite entité".Peux-tu également m'indiquer s'il n' y a pas dans ton propos (je te cite à nouveau :"Quoi de commun entre une école à classe unique et une école urbaine de 15 classes ?") comme une légère contradiction.Par ailleurs, je te félicite pour tes dons de Cassandre puisque tu/vous avez été capable de voir les conséquences (désastreuses, évidemment désastreuses) d'un statut non-hiérarchique des directeurs d'école avant que celui-ci ne voit le jour(je te cite encore, désolé :"On s'est vite rendu compte qu'on casserait les équipes pédagogiques en accordant un statut particulier à l'un de ses membres. Le directeur se retrouverait isolé dans son établissement et c'est la convivialité, la vie de l'école et donc les enfants qui en subiraient les conséquences. ")Pour terminer, je t'invite à relire si tu en as le temps, le post de T. Fabre que tu as certainement lu rapidement et dans lequel il n'écrit pas ce que tu prétends lui faire dire...Mais les lecteurs plus avisés peuvent aller sur le site du GDID et prendre connaissance par eux-mêmes de ce qui as été écrit.Au plaisir de lire tes réponses à mes quelques petites questions.

Diabolicus 18/04/2007 16:16

les corps des PE: contre
concours interne: contre
les aides- éducateurs: contre
les EVS: contre
le protocole direction: contre
...: contre
Il s'agit des positions du syndicat majoritaire, je suis curieux de savoir quelles avancées on peut mettre à son actif , à part être... contre ?
Heureusement qu'il existe à côté au moins un syndicat réformiste (et/mais minoritaire) le SE qui a le courage de signer quand il estime qu'il s'agit d'une avancée (car lui n'a pas signé le protocole sur les retraites où il n'y avait aucune avancée) et permet à toute la profession d'engranger les acquis (on est presque tous PE, on a presque tous pleuré quand on a supprimé les AE, on a presque tous pris les EVS, on prend tous les 360€/an...) pour réclamer ensuite d'autres avancées, comme par exemple sur la direction d'école

Pierrot 17/04/2007 17:43

S@lut à... tous.

"Tu es peut-être nouveau dans le métier et avec la fougue de la jeunesse (c'est un atout), tu veux casser ce qui existe"
Ben, non, 51 balais, ancien militant au SNI (que j'ai quitté en 80 suite à leur mollesse sur le dossier des premiers TM) puis militant au SGEN, (après les coordinations aux sujets des maîtres-directeurs et après avoir constaté que les listes d'aptitude étaient remplies des militants du SNi O6)...

Non, je ne veux rien casser, c'est le fonctionnement syndical français qui "casse" et divise car il ne supporte pas la contradiction.En créant une association, nous donnons la possibilité d'un consensus, un "ensemble" à l'intersection des syndicats.
Corporatistes! petit chef! ne sont que des anathèmes éculés:
-Quand il a fallu organiser la revalorisation des instits, n'a-t-on pas créé un nouveau corps (classe A, alors qu'instit c'est classe B).
On nous avait promis les mêmes éclatements des fameuses équipes pédagogiques, j'y avais cru!

-Les spyscos sont-ils corporatistes? (répondez-moi!)
-Les Conseillers Pédagogiques sont-ils corporatistes? (répondez-moi!)
-Est-ce que l'on doit revenir sur le statut particulier des profs de Gyms?
-Les ATSEM sont-elles devenues les sup. hiérarchiques des Agents d'entretien?

Les dirlos existent, ils ont un rôle pivot dans l'école et un niveau de responsabilité qui n'a pas d'égal dans le 1°.
Les dirlos demandent une reconnaissance, on crie au salaud!
(Mais l'enquête de la MGEN ne vous fait pas douter ne serait-ce qu'un petit peu?).


Je crois possible une reconnaissance par l'AVOIR... Mais tu crois vraiment qu'elle est du niveau du protocole?
Et cet AVOIR, on nous l'accorderait au nom de quoi si ce n'est parce que le dirlo n'est pas un instit comme les autres...

Le protocole a été rejeté par 12 syndicats sur 13.
Et on l'applique, et on le suit... Et c'est démocratique!

Et les corporatistes inconscient sont au GDiD...


Patrice Louray 17/04/2007 15:10

Salut Che
Je réponds à ton commentaire n° 20 dans l'article précédent.
1) Tu dis que le statut de dirlo proposé par le GDID n'est pas corporatiste. Qu'est-ce qu'il te faut ? C'est quand même bien un statut fait proposé par des dirlos pour des dirlos ! Et toutes les mesures n'ont d'autre but que d'aider le dirlo : droits du dirlo, décharges du dirlo, indemnités du dirlo... Soit je comprends mal, soit tu ne l'as pas lu.
2) Tu dis qu'avoir signé le protocole tue la lutte pour des années. Pourquoi ? Est-ce que le se-unsa est muet ? Non, il continue à demader encore et toujours à améliorer la situation des directeurs. D'ailleurs, si GdR nous a octroyé 15 € supplémentaires, on le doit à qui, d'après toi ? Il y aura un suivi du protocole, ça a été dit dès le début.

Rémi Baudens 17/04/2007 15:01

Ami Pierrot,
Tu crois qu'on les aurais eus les 360 € si le SE n'avait pas signé ? Je suis d'accord avec toi, ce n'est pas suffisant mais c'est quand même un acquis.
Les EVS aussi, il me semble. Bien sûr, tu préfèrerais sans doute une secrétaire formée chez Kienz. Moi aussi.
Les décharges, tu as l'air de dire que c'est moins bien qu'avant pour les écoles de 5 à 8 classes. C'est vrai. Mais faut relativiser. C'est 6 samedis en moins sur l'année. Pas la mer à boire, non plus. Si dans le même temps ça peut aider les collègues à 4 classes qui eux n'avaient rien, on peut partager, tu ne crois pas ?
Le vade-mecum, je te dirai que je m'en fous. Je ne l'ai pas attendu pour me débrouiller. Heureusement !

Gérard 17/04/2007 14:17

@ Pierrot
Tu es peut-êtr nouveau dans le métier et avec la fougue de la jeunesse (c'est un atout), tu veux casser ce qui existe.
Moi, j'ai adhéré au SNI. J'ai regretté son éclatement. Et crois-moi, je n'ai pas envie que ça recommence. Tu sais bien qu'on en serait les premières victimes.
Vous pensez toujours que c'est par idéologie que les syndicats du primaires (je parle des principaux) refusent un statut aux directeurs. Th. Fabre l'a encore écrit hier sur son forum. Erreur de jugement !
On ne peut pas comparer un directeur et un chef d'établissement du secondaire. Nos établissements n'ont rien de comparable. Nos responsabilités non plus. Les écoles sont de petites entités disparates disséminées sur l'ensemble du territoire. Quoi de commun entre une école à classe unique et une école urbaine de 15 classes ?
J'ai participé à des commissions qui ont abordé ces problèmes. On s'est vite rendu compte qu'on casserait les équipes pédagogiques en accordant un statut particulier à l'un de ses membres. Le directeur se retrouverait isolé dans son établissement et c'est la convivialité, la vie de l'école et donc les enfants qui en subiraient les conséquences. Crois-moi, le thème a été abordé sans tabou.
Toi, tu vois tout ça de l'extérieur et tu ne le comprends pas. C'est un peu la faute des syndicats. Ils n'ont pas assez communiqué à ce sujet et ils en subissent des critiques acerbes. Les secrétaires départementaux devraient organiser des réunions publiques ouvertes à tous pour évoquer leurs arguments. Ils ne le font pas. Je le déplore car cela conduit à penser ce que tu penses et à écrire ce qu'a écrit Th. Fabre. Dommage. Malheureusement, je ne suis qu'un adhérent lambda. Je n'exerce aucune responsabilité et je ne peux rien faire changer. 

Pierrot 17/04/2007 11:47

Je poste ici, puisque l'article est la suite du précédant.


S@lut Gérard,
Tu poses beaucoup de questions, mais tu éludes les miennes.
Je ne cautionne pas l’anti-syndicalisme et tu fais un contre-sens (volontaire ?) en assimilant des critiques, même si elles sont virulentes, avec la négation de l’importance d’un dialogue social organisé.
En critiquant le système, nous acceptons ce système, nous agissons à l’intérieur de ce système que nous voulons voir bouger, le voir devenir efficace…
Là est notre crime de lèse Majesté… J’assume ! et je ne vois pas d’autres solutions.


Car, qu’est-ce que le SE ?
C’est le résultat de l’impossibilité à faire vivre la contradiction, à accepter la Démocratie à l’intérieur d’un grand syndicat qui avait pour sigle le SNI.
En ce sens, le score du bureau du SE n’est pas surprenant, puisque de scission en scission, l élimine la contradiction, on reste entre gens de bonne compagnie… C’est sûr que le GDiD fait un peu désordre dans ce club somme toute très fermé.

Que les membres du SE se réjouissent, quoi de plus normal, mais il faudrait être devenu un sacré troupeau de moutons si la très grande majorité des enseignants, qui ne sont pas au SE, avait le même lyrisme.
Tu m’expliqueras, j’espère, en quoi le GDiD est « ultra-corporatiste » ?
(anti, ultra, tu aimes biens les extrêmes.)
Pourquoi l’association des Psyscos qui réclame avec le SE un statut ne l’est pas ?
Pourquoi l’association des Conseillers Pédagogiques qui réclame un statut avec le SE, ne l’est pas ?
Tu caricatures et tu t’offusques quand le SE l’est.

S@lut Diabolicus,
Je vais reprendre l’image du mouton, je n’en vois pas d’autres… car pour considérer comme des avancées le fait que
-des stages filés quart-décharge des dirlos jusqu’à 8 classes (ce qui est un recul pour ces derniers).
-que des EVS (après la mobilisation autour du CPE), viennent soulager le dirlo de certaines tâches (ahurissant !), et tu me dis qu’il n’est pas certain de les conserver ?
-360 €/an
et tu oublies le Vade-mecum, bizarrement toujours pas sorti…

Tu crois vraiment que, si on avait dit que l’on se mobilisait pour cela, on aurait fait 7 ANS DE GRÈVE ADMINISTRATIVE ?

En signant SEUL le protocole, le SE ne s’est positionné que dans le jeu, la stratégie, syndicale, et tu viendrais me faire un cours sur la Démocratie ou l’anti-syndicalisme ?
-Le Se avait promis une suite des actions, où sont-elles ?

La solution serait de prendre la carte en remerciant notre-bon-maître ?

Josy 17/04/2007 00:03

Evidemment que le SE-Unsa (mais les autres syndicats du primaire aussi) pratiquent la formule de Woody Allen : "cause toujours"...
Qui pourrait en être dupe  sinon le représentant des jeunes qui parle tant de démocratie... La démocratie était si présente qu'il en a été ébloui...