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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 21:42

Depuis 1991, la Direction de l’évaluation et de la prospective conduit régulièrement des enquêtes auprès des enseignants du premier et du second degré public afin de mieux connaître leur appréhension du métier.

Cette large enquête, d’une très grande richesse, couvre de nombreux aspects des parcours des enseignants du premier degré et confirme des traits récurrents de la profession.

 

 

 

Interrogés sur l’existence d’un «malaise » qui serait véhiculé par la presse ou les médias, 9 enseignants sur 10 ont le sentiment qu’il existe, et 63 % se sentent personnellement concernés.

La première cause de ce sentiment de malaise serait, à leurs yeux « la non-prise en compte des difficultés concrètes du métier » (68 %).

Au deuxième rang se situe « la dégradation de l’image des enseignants dans la société » (50%).

Et, enfin, la troisième raison qui expliquerait ce malaise est « le sentiment d’impuissance face à l’idéal de réussite de tous » (48 %).

Parmi les autres raisons, « l’accumulation des tâches administratives » concerne logiquement beaucoup plus les directeurs d’école (55 % contre 29 % en moyenne).

 

Rester professeur des écoles toute sa vie ?

Un tiers des professeurs des écoles a le projet de cesser d’enseigner de façon temporaire ou définitive, à une échéance moyenne de neuf années. Les jeunes envisagent de cesser d’enseigner à une échéance moyenne de quinze ans environ et les 32-40 ans de dix ans.

Pour ceux qui envisagent de quitter le métier d’enseignant du premier degré, la première raison tient d’abord au sentiment de « dévalorisation du métier » (40 %). Le « comportement des élèves » vient ensuite (36 %). En troisième raison, le « manque de reconnaissance de leurs capacités et de leur investissement » (35 %). Au quatrième rang des raisons qui pourraient justifier le départ de l’enseignement primaire, l’« absence de perspectives d’évolution de carrière » touche également les 32-40 ans (48%).

 

L'enquête le fait apparaître très nettement : Les principales raisons évoquées par les enseignants qui projettent de quitter l'enseignement du premier degré sont avant tout le manque de reconnaissance du métier, que ce soit de la part de la société ou des membres de l'Éducation Nationale, puis l’absence de perspective d’évolution de carrière, l’évolution du comportement des élèves et enfin, la recherche d’un salaire plus élevé. On remarquera à nouveau la prégnance des questions de reconnaissance.

 

Ces considérations concernent l'ensemble des enseignants du premier degré. L'enquête Ifop réalisée par le GDID montre que les directeurs sont encore plus sensibilisés à cette notion de reconnaissance, de considération et d'absence d'évolution de carrière.

 

Directeur d’école, une fonction liée à l’ancienneté et à la situation géographique

Un peu plus de un enseignant sur cinq assure des fonctions de directeur, dont 55 % sans aucune décharge, 29 % avec un quart de décharge, 10 % une demi-décharge et 6 % avec une décharge totale. La fonction de directeur apparaît reliée avec l’ancienneté, le sexe, la localisation : ainsi, 32%des enseignants âgés de 49 ans et plus sont directeurs d’école, proportionnellement davantage les hommes que les femmes, surtout dans l’élémentaire. En milieu rural, 28 % des directeurs exercent leur fonction sans décharge, contre 7 % en milieu urbain, mais le nombre de classes à cours multiples y est deux fois plus élevé qu’en milieu urbain. La taille des classes diffère également : 64 % ont entre 10 et 24 élèves en milieu rural, contre 48%en milieu urbain.

 

Le 29 mars dernier, dans un article relatif à la revalorisation des carrières, nous avions évoqué la percée importante des directeurs d'école dans le corps des chefs d'établissement du second degré. Ces collègues seraient-ils enclins à quitter leur corps d'origine si leur fonction était correctement reconnue, valorisée, aidée et mieux payée ? 

 

Le rôle capital des syndicats enseignants

Les syndicats enseignants gagneraient à réfléchir à ces notions qualitatives exprimées par les enseignants en général et les directeurs en particulier. Leur rôle est d'essayer d'apporter des remèdes au malaise profond qui traverse le corps enseignant. 

La création d'un corps de directeurs permettrait, pour le moins :

 - de mettre un terme à la crise de la direction d'école et de pourvoir les milliers de postes vacants

 - d'offrir une perspective d'évolution de carrière à l'ensemble des enseignants du 1er degré

 

Cette première mesure ne suffirait pas à elle seule à guérir le malaise enseignant, mais elle contribuerait, sans aucun doute, à le réduire. Cependant, pour réussir dans cette noble entreprise, nos syndicats doivent commencer par se mettre véritablement à l'écoute de la base et faire fi de toute idéologie. Ce n'est pas vraiment dans leur culture. Une vraie révolution reste à faire. Nous devons les y aider ou les y contraindre.

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

Lydie 19/04/2007 18:53

Lutter pour permettre une véritable évolution de carrière (autre que passer hors classe) devrait être la priorité des priorités. Qu'on puisse rester dans l'enseignement mais avec une fonction différente.

Stef 06/04/2007 08:19

Moi j'ai résolu le problème, après 10 ans,je quitterai très vite l'éducation nationale pour aller travailler dans le privé. Trop c'est trop !

Herbert V. 05/04/2007 09:09

J'apprécie de pouvoir trouver ce genre d'informations. Voilà un rapport qui est probablement disponible sur le site du ministère. Qui va le lire ? Faut d'abord savoir qu'il existe avant de le chercher. Dommage que notre administration ne publie pas les rapports qu'elle commande. Je me doute que ce serait un gouffre financier. Mais, pourquoi ne pas nous indiquer qu'on peut le consulter sur Internet ? On nous donne tant d'infos inutiles.
Il est vrai que le ministère préfère sans doute préserver la confidentialité de ce type de rapport. Trop gênant !

Jocelyne maternelle 78 05/04/2007 09:03

J'ai lu ce rapport. Très intéressant. Vous auriez pu ajouter une donnée qui en dit long sur la perception du malaise :
Alors que 63 % des enseignants le ressentent, les collèges attachés à un poste de remplacement (Zil ou Brigade) ne sont que 49 % à en faire mention. C'est déjà beaucoup mais on peut en déduire que plus on s'implique dans la vie d'une école, plus on ressent ce malaise. Et, bien naturellement, c'est le cas des directeurs.
Bonne journée et surtout bon courage à tous.
Jocelyne
 

Yves Guttay 05/04/2007 08:46

Ce qui mine le moral des enseignants, c'est cette absence de perspective d'évolution de carrière. Vous avez raison de souligner ce problème. Il est réel et capital. Vous entrez dans la carrière active vers 22 ou 23 ans et vous savez que vous ne pourrez plus en sortir. Des carrières parallèles (conseiller pédagogique, directeur..) devraient être attractives : elles ne le sont pas. Comment expliquer autrement le fait que de nombreux directeurs demandent à finir Zil ou brigade après avoir galéré des années ?

Sandrine Bouterre 04/04/2007 16:09

On découvre jour après jour qu'il existe des rapports sur tous les maux dont soufrrent les enseignants et en particulier les directeurs. MGEN, consultation IFOP, cette enquête que vous citez...).
Bref, tout est dit, tout est écrit. Comment comprendre que nos gouvernants (de gauche comme de droite puisqu'ils n'ont pas cessé de se succéder) ne fassent rien, strictement rien pour nous sortir de ce bourbier ?
Pire, car il y a pire ! Les syndicats enseignants (je n'ose plus dire "NOS" syndicats) ne s'occupent absolument pas des améliorations qualitatives à apporter de toute urgence au monde enseignant ! C'est incroyable ! Dans quelle société vivons-nous pour accepter cet état de fait ? Comment peut-on être assez stupides (je suis polie) pour apporter nos voix à ces inutiles ou incompétents à chaque élection professionnelle ? Je me pose vraiment et de plus en plus souvent la question : A quoi servent les syndicats enseignants du premier degré ? Pas même à limiter la casse lors de la carte scolaire. Les postes supprimés sont ceux que l'administration a accepté de fermer (à de rares exceptions près). Ils n'ont pas su éviter les retenues sur salaire. Ils n'ont pas été capables de s'entendre dans la triste mascarade du protocole et des groupes de travail organisés par le ministère. A part annoncer les résultats du mouvement 24 h avant l'IA, à quoi servent-ils ?