Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 19:31

Le 23 puis le 26 février dernier, les "directeurs en lutte" reproduisaient le courrier de Marie-Hélène Colovos. Cette directrice avait écrit au Président de la République avec copies au ministre, au recteur, à l'IA, à l'IEN, au député-maire du Touquet et aux syndicats ainsi qu'aux principaux candidats à l'élection présidentielle.

 

Notre collègue nous transmet, ce jour, les différentes réponses qu'elle a reçues.

 

1 - de la Présidence de la République

 

Par courrier du 9 mars 2007.
Présidence de la République,
Le Chef adjoint de Cabinet, Monsieur Gérard Marchand :
 
" Chère Madame,
 
Le président de la République m'a confié le soin de répondre au courrier que vous lui avez adressé le 27 février 2007.
 
Je puis vous assurer qu'il a été pris attentivement connaissance de vos préoccupations avant de les signaler au Ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche que vous avez déjà saisi, et qui vous fera connaître la suite susceptible d'y être réservée.
 
Je vous pris d'agréer, Madame, l'expression de ma considération distinguée."
 
 
 
2 - du ministère de l'Education nationale
 
 
Par courrier du 28 février 2007.
Ministère de l'Education Nationale,
Le Chef du bureau du Cabinet, Monsieur Hervé Célestin :
 
"Madame la Directrice,
 
Le Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche a pris connaissance de la correspondance que vous lui avez adressée le 23/2/2007 et qui est enregistrée sous la référence ....
 
La question que vous évoquez relève de la compétence de Monsieur l'Inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'Education nationale du Pas-de-Calais.
 
Le Ministre m'a donc chargé de lui transmettre votre courrier, en lui demandant de l'examiner avec attention et de vous répondre directement dans les meilleurs délais.
 
Je vous prie de croire, Madame la Directrice, à l'assurance de ma considération distinguée."
 
 
 
Marie-Hélène raconte par le détail les conversations échangées avec divers interlocuteurs :
 
 
Oralement par mon IEN venu inspecter une collègue le 15 mars 2005.
 
" Ca ne se fait pas d'écrire sans passer par la voie hiérarchique, maintenant votre histoire va retomber en cascade... "
" La grève est terminée, les syndicats ont retiré leur mot d'ordre..."
" Vous êtes la seule à continuer cette grève administrative..."
" Pourquoi êtes-vous gréviste, vous n'êtes même pas syndiquée ? "
 
Je n'ai bien sûr pas pu m'empècher de répondre :
1) Je suis une citoyenne libre avant d'être une enseignante, et j'écris à qui je veux quand je le veux.
2) Un seul syndicat a signé un accord contre l'avis de tous les autres et ceux-là n'ont pas levé leur mot d'ordre de grève.
3) Nous sommes encore une vingtaine dans le Pas-de-Calais et bien plus nombreux en France.
4) Il n'est pas utile d'être syndiqué pour adhérer à une cause, et encore moins pour suivre un mouvement de grève.
 
 
ET C'EST TOUT.
 
Les syndicats : néant
L'Inspection académique : néant, malgré les promesses faites dans la lettre du ministère.
Les candidats à la Présidence : ils ont sans doute d'autres préoccupations en ce moment.
 
 
A NON, C'EST PAS TOUT.....
 
Le GDID et la bouteille à l'encre à qui je dis un grand merci, sans vous je me serais sentie bien seule.
Je remercie aussi les collègues qui m'ont envoyé leurs encouragements.
Mais le constat est dur : les problèmes des directeurs n'intéressent que les directeurs.
Enfin nous le savions déjà, ce n'est pas une réelle surprise.
 
Juste pour le fun, je précise :
Le président a saisi le ministre... le ministre a saisi l'Inspecteur d'Académie... et l'Inspecteur d'Académie du Pas-de-Calais avait dit aux représentants syndicaux qu'il était obligé d'appliquer des sanctions envers les directeurs parce qu'il était harcelé par le ministère... QUI EST LE MENTEUR ? 
 
Heureusement, nous choisissons en principe ce métier pour le plaisir de cotoyer les enfants, le monde des adultes n'est vraiment pas fréquentable.
 
Encore merci pour votre soutien et je ne manquerai pas de vous faire parvenir tout autre réponse qui pourrait m'être transmise.
 
 
 
Marie-Hélène a également écrit au SNUipp 62 (Pas-de-Calais) :
 
 
Aux représentants du SNUIPP 62.
 
Je viens de recevoir votre courrier me proposant une lettre modèle à envoyer à l'Inspection Académique pour quémander un recours gracieux.
 
Comme vous le savez déjà, puisque je vous l'ai envoyé, j'ai de mon côté rédigé un courrier directement à Monsieur le Ministre, pour lui faire part de mon idée sur le sujet, et lui dire que je ne demandais aucun recours de quelque nature qu'il soit, mais simplement la justice : "retirez moi une journée de mon "salaire" de directrice, soit un peu moins de 5 euros".
 
Mendier aujourd'hui un recours gracieux me semble donc hors sujet en ce qui me concerne, et j'avoue être un peu surprise que vous me fassiez cette proposition, plutôt que de nous soutenir en réclamant pour nous le droit qu'a tout instituteur à être payé pour un travail qu'il a effectué.
 
La tâche de directeur est un supplément de travail que nous acceptons d'assumer presque bénévolement, elle ne doit pas en plus être la cause d'une perte de salaire. 
 
Le ton de ce courrier vous paraît peut-être un peu désagréable, mais il est le reflet de ma déception. Je pensais naïvement que les syndicats, et particulièrement le SNUIPP, avaient pour raison d'être la défense des intérêts des travailleurs,  et au lieu de ça, vous me proposez d'implorer la clémence... pardon, de solliciter un recours gracieux.
 
De plus vous précisez que celui-ci sera sans doute refusé, et que nous pourrons alors faire une démarche auprès du Ministre...
 
Je l'ai déjà faite cette démarche, et je connais la réponse : ce problème n'est pas de son ressort, mais de celui de l'Inspecteur d'Académie du Pas-de-Calais. Je vous transmettrais une photocopie de la réponse intégrale si vous le souhaitez.
 
Je trouve que tout cela manque de courage... Nos grands-parents qui se sont battus en 1936 doivent se retourner dans leurs tombes.
 
Que sont devenus les syndicats ????
 
Dernière précision, si vous fouillez dans les archives du SNI, puis du SNUipp, du Val d'Oise et de Seine et Marne, vous y découvrirez que j'ai été syndiquée des années (sous le nom de Colovos, ou celui de Hourriez lorsque j'étais mariée).
 
Ne cherchez pas trop loin pourquoi je ne le suis plus. 
 
 
Marie-Hélène Colovos.
 
 
Voilà où nous conduit l'irresponsabilité de syndicats tel le SE-Unsa qui a signé le protocole contre l'avis quasi unanime de la profession !
Voilà les conséquences de l'irresponsabilité de syndicats tels le SNUipp, Sgen et Cie qui refusent d'entendre les 93 % de directeurs qui se sont exprimés lors de la consultation IFOP - GDID !
Continueront-ils, droits dans leurs bottes, à s'opposer à l'ensemble des directeurs ? Rappelons qu'ils se disent "syndicats"...
 

Partager cet article

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
commenter cet article

commentaires

Armelle Koulay 31/03/2007 22:36

Mais où vont-ils chercher toutes ces idées, nos braves syndicalistes ? Ils doivent être crevés le soir d'avoir tant cogité...

Romuald Terreyn 29/03/2007 15:38

Pour Sophie :
Accédez à l'intégralité de cet article sur Lemonde.frhttp://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-888176,0.html
Vous verrez, c'est très instructif.

Sophie Fontenoy 29/03/2007 15:29

Merci à Romuald pour cette info car on entend souvent les politiques nous dire que la dette... Bayrou n'arrête pas d'utiliser cet argument.
Avez-vous les références de l'article ?

Romuald Terreyn 29/03/2007 15:20

Myriam,
Attention de ne pas vous laisser mener en bateau avec cette histoire de dette. Elle a bon dos la dette ! Elle est un formidable prétexte à ne pas engager de nouvelles dépenses et à surtout elle permet de justifier les coupes sombres dans les effectifs de fonctionnaires.
Dans le Monde du 26/03,  Eric Heyer, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE déclare :
"En Europe, nous avons décidé de ne pas dépasser 60 %, et au nom de cet engagement, la France pourrait réduire son déficit. Mais en aucune manière la France ne serait en faillite ou en banqueroute avec 64,6 % de dette. Rappelons que c'est un niveau qui est inférieur à la moyenne des pays de la zone euro, que l'Italie a une dette qui dépasse les 100 %, que l'Allemagne se situe aux environs de 70 %, et que ces pays ne sont pas en banqueroute. Donc la réduction de la dette ne doit pas être un objectif prioritaire, mais au nom de nos engagements vis-à-vis de Bruxelles, nous pourrions revenir à un niveau inférieur à 60 %".
Donc, ne nous culpabilisons pas avec le "trou" que creuserait dans le budget l'augmentation des dépenses liées à un statut des directeurs. C'est une goutte d'eau dans l'océan des dépenses de notre pays.
 

Serge Walrand 29/03/2007 00:39

Je ne ferai pas de polémique sur le premier commentaire, il montre simplement le manque de connaissance de notre "fonction".
J'ai lu avec la plus grande attention le courrier d'Hélène. J'ai  été aussi menacé de sanctions comme elle, comme elle, j'ai trouvé le procédé insultant. Mais pas comme elle je n'ai pas eu le courage de poursuivre cette "grève" administrative, j'ai renvoyé à coeur défendant cette fameuse enquête 19...
Méa culpa et toute ma sympathie pour cette collègue.
Serge Walrand

Myriam Houley 28/03/2007 22:39

J'apporte mon soutien sans réserves à Marie-Hélène. Comment accepter une sanction inique, injuste et injustifiée. J'admire et je respecte son courage. Elle affirme des valeurs qui sont tout à son honneur.
Mais je ne peux pas accepter votre conclusion. Les syndicats seraient, selon vous, responsables des malheurs des directeurs. Ce n'est pas honnête de dire cela.
Savez-vous que la dette publique de la France est de 1 200 milliards d'euros ? Ce qui représente environ 18 000 € par habitant ! Imaginez que chaque année, ce sont 40 milliards d'euros du budget qui sont consacrés au service de la dette...
Dans ces conditions, impossible de faire des miracles. Aucun gouvernement, ne peut nous donner satisfaction. On réclame un statut. Moi aussi. Ou plutôt, je le réclamais. Parce qu'en ces temps difficiles où tant de gens sont au chômage, tant d'autres un contrat précaire et tellement doivent se contenter de salaires de misère, je pense qu'on doit faire preuve de solidarité.
Je suis persuadée qu'aucun gouvernement ne nous accordera ce statut car il faudrait l'accompagner de mesures budgétaires très lourdes : indemnités, salaires, décharges... C'est impossible. Dans ces conditions, est-il irresponsable d'avoir signé le protocole ? Nous n'avons pas eu beaucoup, j'en conviens. Mais 2 fois 15 €, 1/4 de décharge pour les 4 classes et des EVS, c'est mieux que rien. Mieux que rien car nous n'aurions rien obtenu sans cette signature.
Je pense aussi que le GDID a sa part de responsabilités dans les ennuis qui arrivent aux directeurs. En leur faisant miroiter un statut, le GDID maintient les directeurs sous pression contestataire et surtout, il les détourne des syndicats. C'est grave car le ministre en joue. Sans compter les désillusions qui se feront jour. Car, je le répète, ce combat est perdu d'avance du fait de la situation financière critique de notre pays. La politique des petits pas n'est finalement pas si mauvaise.