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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 18:48

Marie-Hélène Colovos nous avertit qu'elle a été amenée à rédiger plus simplement, pour davantage de clarté, la lettre destinée à Gilles de Robien.

Nous publions cette seconde version correspondant au courrier définitif qu'elle adresse au ministre. Nous en profitons pour remercier tous les collègues qui lui ont témoigné leur soutien. Certains l'ont fait sous forme de commentaires à la fin de notre article. D'autres nous ont écrit directement.

 

Nous profitons de cette nouvelle publication pour appeler tous les directeurs et toutes les directrices qui se reconnaissent dans le courrier de Marie-Hélène, à faire un "copié-collé" de la seconde mouture de sa lettre et à l'adresser au député de leur circonscription, accompagné d'un mot explicatif et d'une demande de soutien de nos élus.

Pour trouver l'adresse de son député, suivre le processus décrit en haut de la page d'accueil de notre site.

 

Le Touquet, le 23 février 2007 
 

Objet : Retenue sur salaire pour grève administrative. 
 

Monsieur le Ministre, 
 

J’ai reçu un courrier de l’Inspection Académique, me précisant que je ferai, en mars, l’objet d’une retenue d’un trentième de mon traitement pour service non fait, n’ayant pas transmis l’enquête 19. 

Monsieur le Ministre, ma profession est : « institutrice ». J’aime ce métier, et je l’exerce au quotidien avec beaucoup d’assiduité depuis trente ans. 

Accessoirement j’occupe aussi la fonction de directrice de l’école, qui n’est pas réellement rétribuée, elle n’apporte qu’une très légère indemnité mensuelle, pas réellement reconnue, elle ne fait l’objet d’aucun statut, et pas réellement respectée, les décharges des écoles à cinq classes prévues par décret en 1992, sauf erreur de ma part, n’ont été appliquées qu’en 2006 comme si cela n’était ni important, ni urgent, quelque soit le gouvernement en place durant ces quatorze années. 

C’est surtout ce dernier point concernant les décharges qui m’a amenée à manifester mon mécontentement en bloquant les enquêtes 19. 

Par la suite je me suis ralliée à d’autres revendications, concernant en particulier la reconnaissance de la « profession » de directeur d’école, qui malgré son caractère astreignant n’existe pas vraiment, et c’est pourquoi j’ai continué le mouvement national de blocage des enquêtes. 

Quoi qu’il en soit, à ce jour, je ne suis toujours qu’une institutrice de l’école publique exerçant la fonction de directrice en plus de mes obligations professionnelles d’enseignante. 

L’envoi des enquêtes 19 ne relève pas de ma tâche d’institutrice, et je ne comprends donc pas que cette partie de ma rémunération soit mise en cause. 

Pourquoi la retenue d’un trentième ne concerne-t-elle pas uniquement l’indemnité de direction ?  

Il est vrai que celle-ci se situerait alors aux environs de la somme dérisoire de cinq euros, mais c’est pourtant bien à cette valeur quotidienne qu’est estimée aujourd’hui la fonction de directeur d’école. 

Pourquoi faire tant de cas de cette enquête 19, puisque les chiffres dont le ministère a besoin lui ont été transmis directement, via mon Inspection Départementale, à qui je les ai donnés, j’en veux pour preuve les fermetures de classes qui sont à l’ordre du jour dans mon école, et qui ne pourraient être envisagées, si l’Inspection n’avait pas ces données ? 

Pourquoi me précise-t-on, par téléphone, que si je renvoie immédiatement l’enquête 19, les sanctions seront annulées, alors que cette enquête n’a plus aucune utilité ? 

A ce jour, je n’ai plus cette enquête. N’étant personnellement pas syndiquée, j’ai suivi le mot d’ordre commun des syndicats qui soutiennent encore la grève administrative des directeurs : je la leur est transmise. 

Depuis l’an passé, je suis enfin déchargée un jour par semaine. Cette journée de décharge pourrait être considérée comme jour de direction, et être alors l’objet d’une retenue sur salaire, mais dans ce cas, cela supposerait que je ne suis pas directrice les autres jours.

Ne devrais-je plus, alors… recevoir les familles, répondre au téléphone, veiller à la sécurité et au bien-être des enfants, me rendre aux diverses réunions, traiter le courrier, consulter les mails, organiser l’élaboration des projets de l’école, les rédiger, rester en contact avec la Mairie du Touquet, avec l’Inspection, centraliser les besoins des collègues, travailler avec les partenaires de l’école, gérer le personnel municipal travaillant au sein de l’école, régler les problèmes quotidiens d’entretien des locaux et du matériel, gérer l’argent de la coopérative, organiser les sorties pédagogiques, remplir les enquêtes et bien d’autres tâches…

… qu’un seul jour par semaine ?  

Etant donc chaque jour directrice, je suis aussi chaque jour institutrice, y compris mon jour de décharge. De plus, les collègues directeurs confrontés comme moi à cette sanction, ne sont certainement pas tous déchargés. 

Comment réagirait Monsieur le Maire d’Amiens, s‘il faisait l’objet de sanctions financières, au titre de Maire, pour répondre d’un acte commis par Monsieur le Ministre de l’Education Nationale. 

Je ne sollicite aucun recours gracieux, hiérarchique, ou contentieux, comme cela m’est proposé par courrier.  

Je demande simplement justice.  

Ne sanctionnez pas l’institutrice, qui n’est pas responsable, mais simplement la directrice, effectivement coupable de n’avoir pas honoré une infime partie de sa fonction. 

Je pense aussi à tous les collègues directeurs, qui sont aujourd’hui dans la même situation et qui éprouvent sans doute les mêmes sentiments de frustration. 
 

Je porte ce courrier à la connaissance des personnes concernées par le fonctionnement de l’Ecole de la République, dans l’espoir qu’un jour, des réponses apaisantes soient apportées au grand malaise des directeurs d’école. 
 
 

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à mon profond respect, ainsi qu’à mon grand dévouement à la cause du service public et à l’épanouissement scolaire des enfants. 
 
 

                                                      Marie-Hélène Colovos 

 

Copies :

Monsieur le Président de la République.

Monsieur le Député Maire du Touquet.

Monsieur le Recteur de l’Académie de Lille.      

Monsieur l’Inspecteur d’Académie du Pas-de-Calais.   

Monsieur l’Inspecteur de la Circonscription de Montreuil-sur-Mer. 

Madame Royal, Monsieur Bayrou, Monsieur Sarkozy, candidats à la Présidence de la République.            

Mesdames et Messieurs les responsables syndicaux soutenant la grève administrative.

Le GDID, Directeurs en Lutte

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Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
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commentaires

Martine Paillez 26/02/2007 19:56

Bravo Marie-Hélène.
C'est fait, j'ai envoyé ce courrier à ma députée. Je compte le faire à l'ensemble de ses concurrents qui vont se présenter en juin prochain.

Jean-Yves 26/02/2007 19:30

Comme certains de mes collègues, j'allais vous proposer de nous servir de ce courrier très bien écrit pour "relancer" nos élus. Vous en avez pris l'initiative et c'est très bien. J'en profite pour exprimer mes félicitations à Marie-Hélène.