Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 08:44

Eh bien, voilà, c'est fait ! Le problème de la direction d'école est réglé... La solution n'était pourtant pas bien loin. Elle était, là, à portée de main et nous ne le savions pas... Et, elle a un nom : Philippe Meirieu. Oui, le grand, le super pédagogue, Philippe Meirieu himself.

 

Mais comment diantre, n'y a-t-on pas pensé plus tôt ? Depuis le temps que chacun réfléchit... Tant de réunions d'experts mis à contribution, tant d'énergie gaspillée, tant de rapports volumineux, des années de grève administrative, une consultation Ifop par le GDID, des menaces de sanctions, des retenues sur salaire pour absence de service fait... Bref tout cela aurait pu, aurait dû être évité.

Que n'a-t-on pensé à cet homme providentiel ? Grand conseiller de Claude Allègre, de Jack Lang, universitaire, auteur de nombreux ouvrages de pédagogie, directeur d'IUFM...  Lui, modeste, ne s'est jamais manifesté.  

 

Heureusement, dans une interview à la revue "Fenêtres sur Cours" (n° 294), il nous livre enfin son analyse sur le problème de la direction d'école. Sauvés ! Nous sommes sauvés !

 

 

La clé du problème ? un fonctionnement coopératif ! "Face à un défi collectif, c'est par du collectif qu'il faut répondre". Tout simplement. Suffisait d'y penser...

Et notre sauveur de développer sa recette...

"Aujoud'hui, la direction, ce n'est ni fait, ni à faire, une espèce d'entre-deux insatisfaisant. Le directeur est une sorte de mandataire administratif sans la totalité des prérogatives qui restent à l'IEN, et sans avoir véritablement les moyens d'animer une équipe. Les modèles se construisent dans chaque école en fonction des personnalités de chacun, de la marge de manoeuvre laissée par l'IEN, et de l'entente et de la solidarité qui peuvent se créer entre les collègues. C'est un fonctionnement aléatoire et souvent rocambolesque.

Je penche pour un modèle plus coopératif : si on confie un ensemble d'élèves à un collectif d'adultes, il faut comptabiliser dans ce collectif d'adultes les tâches qui relèvent de la direction.

On pourrait parfaitement laisser les collègues s'organiser et voir comment ils assument ces tâches, quitte à ce que, dans certains cas, ils se les partagent, et dans d'autres cas, ils confient provisoirement à l'un d'eux la responsabilité de les exercer, qu'il y ait un interlocuteur identifié par les familles, mais sans forcément passer par des modalités faussement pyramidales".

 

 

 

 

 

"C'est l'idée forte de l'intelligence collective : on est plus intelligent à plusieurs que seul". Trop modeste, notre cher pédagogue... Eh oui, à lui seul,  il s'est montré plus intelligent que toute une cohorte d'experts, de conseillers et même de ministres...

 

Certes, comment l'empêcher, il se trouvera toujours de beaux esprits chagrins pour exprimer quelques doutes sur la faisabilité du modèle coopératif.

Aussi, dans le cas fort improbable où des problèmes viendraient à se poser dans la répartition des tâches (improbable car tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), que Philippe Meirieu ne s'en offusque pas, les "directeurs en lutte" ont une proposition à faire pour procéder, éventuellement, à des tirages au sort :

 

Nous suggérons que les actuels directeurs d'école puisent dans la cagnotte qu'ils se sont constituée avec la revalorisation de l'ISS et qu'ils utilisent les 51 centimes à l'achat d'un jeu de dés.

En l'absence de cagnotte, une autre solution existe, moins coûteuse : se procurer quelques tiges de blé pour effecteur un tirage au sort à la courte paille... 

 

Heureux Gilles de Robien qui va pouvoir mettre un terme aux groupes de travail sur la direction d'école. Il lui suffit de nommer Philippe Meirieu à la tête de tous les IUFM de France afin qu'il généralise la formation qu'il n'a sans doute pas manqué de mettre en place à l'IUFM de Lyon lorqu'il le dirigeait... 

Retour

Partager cet article

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans directeurs en lutte
commenter cet article

commentaires

Béatrice Huray 17/01/2007 10:29

Dès que j'ai pris connaissance de l'interview publiée par le snuipp-fsu, j'ai eu envie de réagir violemment. Comment un soi-disant expert de l'éducation peut-il dire autant d'absurdités ! Ma première réaction : lui écrire. Mais, la classe, les élèves... Manque de temps. Après je me suis calmée et je me dis qu'il était préférable d'en sourire et de traîter ce non événement par l'humour comme vous l'avez fait dans votre article.
Merci pour cette soupape anti stress.
Béatrice
Directrice maternelle 5 classes - depuis 9 ans

Lucie 16/01/2007 13:54

On voit bien que ce monsieur ne connaît pas le travail du directeur. (C'en est même inquiétant pour tout ce qu'il écrit par ailleurs...). Qu'il vienne dans une école, ne serait-ce qu'une semaine... C'est pas un problème d'intelligence collective, c'est que dans tout groupe, il y a ceux qui sont actifs et il y a ceux qui ne pensent qu'à une chose : fuir l'école dès la sonnerie. Et qui peut leur jeter la pierre ? Ils font leur boulot de classe. Le reste, ils ne veulent pas en entendre parler. Pas leur problème, comme ils disent. Ils ont peut-être raison, vu le remerciement qu'on a dans cette profession !

Pierre-Antoine 16/01/2007 13:09

Il est complètement à côté de la plaque quand il parle de la direction. Son discours sur l'élève, bon..., d'accord. Effectivement, c'est du bon sens. Mais, sur la direction d'école, il est en retrait par rapport à ce qu'il a affirmé dans le dernier fsc. Dans sa réponse à Bruno Martin, il n'a plus d'idées sur la question. Bizarre, vous ne trouvez pas ? D'autant qu'il reconnaît n'avoir pas étudié la question. Alors, n'importe qui peut dire n'importe quoi sur n'importe quel sujet ? Et parce que c'est MONSIEUR MEIRIEU, il faudrait y prêter attention ?
Imaginez cette même proposition venant d'un quidam, on n'en aurait même pas parlé.

Bruno MARTIN 16/01/2007 11:19

réponse de Philippe Meirieu que j'ai interpellé sur cet entretien:
transmis sur le forum de dirlo.
(Ne soyons pas aussi sectaire que le SNUipp, vérifions les sources avant!)
Cher collègue, Merci de votre message... A la suite de la parution du numéro de Fenêtres sur cours, j’ai reçu plusieurs réactions inquiètes, irritées ou révoltées de collègues directeurs. Il est difficile, dans le cadre d’un court entretien, d’apporter les nuances que l’on voudrait et de préciser suffisamment sa pensée, nécessairement complexe sur ce sujet difficile et passionné. Quelques points, donc, pour clarifier mon point de vue et tenter d’éviter des malentendus...

Bien sûr, je m’exprime, ici, en dehors du champ de mes recherches et travaux universitaires. Contrairement à d’autres universitaires, je n’ai pas particulièrement étudié cette question de la direction d’école. J’avais précisé ce point aux collègues qui m’ont interrogé... C’est important, parce que cela veut dire que mon point de vue est totalement discutable. C’est une simple contribution au débat.
Par ailleurs, je connais suffisamment de directeurs d’écoles et d’écoles pour savoir la difficulté de leur tâche, les multiples sollicitations dont ils sont l’objet et le peu de temps et de moyens qu’ils ont pour y répondre. Je sais aussi à quel point leur travail est déterminant dans la réussite du fonctionnement de l’école et dans la qualité de son travail pédagogique. Je ne mets nullement cela en question. Bien au contraire.
Sur le fond, et pour l’ensemble du système scolaire (de la maternelle à l’université), je crois que nous vivons encore trop dans un fonctionnement qui ne fait pas assez de place au travail d’équipe et qui répond trop systématiquement aux difficultés rencontrées par des propositions “verticales” ; cela entérine un mode de travail que je trouve dommage (“une classe / un enseignant / un cours, etc...”). Je pense qu’il faudrait systématiquement confier un groupe d’élèves à un groupe d’adultes en leur donnant les possibilités de s’organiser au mieux : ainsi, dans le secondaire, pourquoi imposer quatre heures de mathématiques en sixième pour tous les élèves, alors que certains en ont besoin de sept et d’autres pourraient fonctionner avec deux ? Pourquoi ne pas donner une enveloppe horaire à des enseignants en leur permettant d’organiser l’enseignement au plus près des besoins des élèves ? Et cela devrait, pour moi, valoir partout : non pour laisser se faire n’importe quoi, mais parce que le rôle de l’Etat est de garantir les FINALITES et de faire en sorte que les acteurs déterminent LES MODALITES les plus adaptées. Aujourd’hui, il fait le contraire ! (voir mon dernier ouvrage – Ecole : demandez le programme -  et mon chapitre : “Moins de bureaucratie, plus d’Etat”, voir le petit document :  http://www.meirieu.com/MANIFESTESETPROPOSITIONS/dixrenversements.htm ). Vous conviendrez – sans polémique aucune – que mon exemple sur les mathématiques en sixième ne peut guère laisser penser (contrairement à ce que disent certains messages) que je me suis inféodé à la FSU !
Ce que je propose n’est pas incompatible avec un statut de directeur, mais est complètement incompatible avec la croyance de certains (pas les directeurs!) selon laquelle le statut va tout régler. C’est pourquoi ma préférence va vers d’autres solutions.
Sur “le modèle coopératif” que je suggère, c’est, pour moi, une constante : je crois qu’il existe une sortie possible pour les hommes en dehors des modèles traditionnels de “l’autoritarisme” et du “laisser-faire”. Je sais que ce modèle n’est pas en vogue aujourd’hui, et que se revendiquer de la “coopérative de travailleurs” au temps du “mangement” fait un peu ringard. Mais je crois quand même qu’il ne faut pas céder au discours ambiant... et je regrette que certains soient revenus de tout avant même d’y être allé.

Voilà, ce ne sont que de modestes remarques... Le débat continue.Bien cordialement.Philippe Meirieuhttp://www.meirieu.com
 

Françoise Burtoux 16/01/2007 10:23

Super-pédagogo au secours des dirlos !
Magnifique !